Bosa et les villages des environs de Cuglieri

CARNET SARDE

les maisons colorées de Bosa

En route

Sur la route de Bosa,  S’Archittu et Santa Catharina de Pittinuri sont de petites stations balnéaires avec des rochers blancs. La route quitte ensuite le littoral. Sur des kilomètres elle traverse une zone desséchée, calcinée, témoignant de l’énorme incendie de Juillet 2021 qui a ravagé la région de Cuglieri. Certains chêne-liège reprennent des feuilles vertes, quelques oliveraies ont été épargnées, les oliviers semblent très vieux.

Cuglieri domine le paysage avec sa grande église qui se voit de très loin. Après Cuglieri les traces d’incendies sont plus erratiques, ici tout est mort, à côté c ’est tout vert. Un arbre a été épargné et pas son voisin. La route de Cuglieri à Sennariolo fait de nombreux virages. Un panneau routier signale que les équipements spéciaux sont nécessaires en cas de neige, on descend de 479 m à 274 m en 5 km.

De Sennariolo à Tresnuraghes, partout des vignes du vin de Malvoisie, cru réputé. Il y a même un Musée du vin.

Bosa Marina

Bosa marina

Avant d’arriver à Bosa, la route longe la mer. Une île reliée par une digue porte une grosse tour ronde Torre del Porto – tour aragonaise XVIème siècle. La digue est nommée via Muraglione  Cadute di Cefalonia rappelant un épisode meurtrier en 1943. A l’abri de cette digue, une très belle plage : grande, à l’eau claire très tranquille aux rares installations balnéaires. Chacun s’installe à sa guise sous son parasol. Il y a aussi des restaurants de plage. L’un d’eux est installé dans un galion.

Bosa

Arrivée sur Bosa de l’autre côté du fleuve

La ville de Bosa est bien cachée, on ne la découvre qu’après avoir passé le fleuve Temo. Elle se dévoile enfin, colorée, coiffée d’un grand château en haut de sa colline. Le Castello Malaspina fut édifié en 1112 par une famille toscane. Je ne le visiterai pas, il est fermé pour restauration (quand ce n’est pas le Covid, ce sont les travaux) je regrette l’église peinte à fresques et les remparts que je peux voir… de l’extérieur.

Bosa fleuve et château

Le panorama est magnifique : la petite ville aux maisons colorées, étroites, peintes de vives couleurs est à mes pieds.

Bosa les petites maisons peintes

Des escaliers et une rampe passent par des ruelles. Sur les fenêtres et la rambarde on a disposé des jardinières fleuries. Le moindre carré de terre est occupé par de gros massifs de lauriers roses. Je ne me lasse pas de prendre des photos.

Une dame travaille dans la rue à sa dentelle : le filet de Bosa. Le cadre est carré d’environ 50 cmx50cm, le fil écru est tendu en formant une trame, la brodeuse remplit les petits carrés avec une aiguille. Au mur elle a épinglé sa production. Comme toutes les dentelles artisanales, elle est chère ! Et d’ailleurs que puis-je faire de la dentelle ? l’offrir ?

la dentelière de Bosa au travail

Plus je descends, plus les maisons sont bourgeoises, moins colorées, plus sophistiquées avec de belles parures de pierre, des plantes vertes en pots le long des murs.

La Chiesa Madonna del Carmine est assez sobre avec son encadrement de trachyte rouge. A l’intérieur, elle est baroque et les lustres de cristal m’étonnent toujours. L’autel de marbre est impressionnant.

Je retrouve Dominique garée Place Jean XXIII, facile à trouver avec son grand monument et ses tilleuls.

De la place part le Corso Vittorio Emanuele II, la rue principale de Bosa animée avec de nombreuses boutiques, des bars et restaurants qui ont installé leurs terrasse suir la Piazza della constituzione. Emplettes de touristes : cartes postales, souvenirs, spécialités sardes, pâtisseries, vin de Malvoisie. Etonnante, cette église coincée entre les maisons ; l’Oratorio Madona del Rosario, portail Renaissance et Horloge de la Ville. D’une façade dégouline de la vigne.

Tanneries

Un vieux pont en pierre volcanique enjambe le fleuve Temo ainsi qu’une élégante passerelle pour piétons et cyclistes. Sur la rive opposée, Sas Conzas les ateliers des tanneurs, aux façades étroites, oranges, jaunes, vertes à un étage et un toit à double pente forment un alignement pittoresque. Un musée de la Tannerie occupe l’un d’eux : en rez de chaussée les grosses cuves rondes creusées dans la roche sont recouverte d’un plancher de verre. Tout le processus de tannerie est expliqué avec des machines pour affiner les peaux et des photographies anciennes montrant que l’activité a perduré jusque dans les années 50. A l’étage, on voit d’autres machines, le système pour épiler les peaux, les outils à main pour les finitions.

Musée de la Tannerie

Baignade très agréable à Bosa Marina l’eau est tiède, calme, limpide et même profonde. Je prends pour cap une bouée orange. Avoir un but me motive.

Nous trouvons l’emplacement du piquenique sur la place de l’église de Santa Maria del Mar. L’église est minuscule, une petite coupole peinte en rouge surmontée d’une croix la distingue des maisons environnantes. Porter close (pas de porche). Cette église est le centre d’un important pèlerinage. Les abords sont aménages avec une sorte d’amphithéâtre avec une scène et des gradins, belles dalles en pierre volcanique ? une banquette de pierre court tout autour et surplombe la mer.

Porto Alabe a une très belle plage accessible en voiture.

Nous repassons par Tresnuraghes, bourgade tranquille avec sa grande église Saint Georges, sombre au plafond jaune décoré d’une frise.

Punta di foghe tour

10 km d’une route très étroite, sur la fin d’une mauvaise piste nous conduisent à Punta di Foghe : cette pointe très fine s’avance dans la mer dans un environnement très sauvage de falaises sombres et très hautes. Une grosse tour en basalte se dresse dans le maquis. Au retour on remarque la vallée très profonde taillée dans la roche.

Punta di Foghe falaises

S’Archittu : sa petite « croisette » lungomare domine les plages. Quelques restaurants y sont installés. Plus loin, une très belle promenade piétonne permet d’admirer l’arche creusée par la mer dans une roche blanche éblouissante. Malheureusement le ciel est gris et la lumière ne met pas en valeur le site. Il faudra revenir !

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

Une réflexion sur « Bosa et les villages des environs de Cuglieri »

  1. La dernière fois que j’ai vu une dentellière travailler dans la rue c’était au Puy en Velay. Aujourd’hui il n’y en a peut-être plus du tout. J’ai eu l’occasion de passer dans une zone qui venait de brûler et je me souviens de cette désolation totale, avec une odeur de brûlé encore dans l’air. Il est superbe ce village coloré.

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