MASSE CRITIQUE DE BABELIO

120 pages, une aimable promenade à travers les livres et les films de Duras sur les trace de la très élégante dame en fourreau noir ou en robe rouge qui a pour moi le visage de Delphine Seyrig…De Calcutta à Lahore, de Savannakhet à Venise, bicyclette appuyée au grillage du tennis vide, salons brillants avec la musique de Carlos d’Alessio. Je suis toujours hantée par les films vus et revus, India Song, Son nom de Venise dans Calcutta déserte…
Il vaut mieux bien connaître l’œuvre de Duras pour ne pas s’ennuyer dans toutes les répétitions et les nuances. Heureusement l’enquête est bien menée et le livre est court. En tout cas, il m’a donné envie de revenir à l’original.
La première partie, les pas d‘Anne-Marie Stretter et Ses Visages m’ont enchantée. La seconde Eurydice : Aimer après Auschwitz, est moins légère. Lourde de significations, les sens cachés m’avaient complètement échappé quand j’ai découvert autrefois les textes. Les associations « lèpre-Juifs » m’ont mise mal à l’aise. Les allusions à la colonisation, surtout dans le Barrage contre le Pacifique m’avaient paru évidentes. Encore une fois la lecture de l’essai de Sylvie Thorel éveille une nouvelle curiosité et un besoin de retour au texte.
Si vous n’avez jamais lu Duras, ce livre n’est pas pour vous, mais si vous êtes fan, c’est une belle occasion d’approfondir et une lecture intéressante.
J’en ai lu deux ou trois, mais je ne suis pas fan. Ah, la classe de Delphine Seyrig !
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