Sallertaine et le Moulin de Rairé

NOIRMOUTIER 2026

Sallertaine : maisons vendéennes et roses trémières

Sallertaine est situé à une quinzaine de kilomètres du Gois après avoir traversé Beauvoir-sur-mer. Sallertaine a reçu le label Ville des Métiers d’Art : une trentaine d’artisans et artistes ont installé ateliers et boutiques. Le village est très fleuri et décoré. Les poteaux indicateurs sont  remplacés par de vieux vélos peints de couleur vive : orange, rose, violine et portent les écriteaux touristiques.

Sallertaine : église romane

Le village possède deux églises : la plus ancienne romane (1080) appartenait à un prieuré bénédictin qui a joué un rôle important en asséchant les marais et drainer de nouvelles terres agricoles. Elle fut agrandie en 1173 puis au XIVème siècle. Au XVIIème siècle les peintures murales sont badigeonnées de chaux, quatre baies sont agrandies. Au XVIIIème siècle 3 retables sont ajoutés. A la Révolution, l’église sert d’entrepôt.

Le culte est transféré à la grande église construite en 1910.

L’église romane sert de galerie d’exposition. J’ai été plus intéressée par l’art roman que par la peinture exposée. J’étais un peu gênée vis-à-vis de l’artiste qui cherchait à engager la conversation avec les visiteurs.

Sallertaine église romane : coupole

La coupole est remarquable, très haute. Le dépliant qualifiée l’architecture de style Plantagenêt. Les chapiteaux en calcaire très blanc sont d’une grande simplicité. Le porche roman très simple est orné de cordages et de tresses.

Les petites venelles sont bordées de maisons vendéennes blanches fleuries de roses trémières et de roses roses.

En quête de pain (le seul boulanger est en vacances) je trouve seulement une épicerie. Les restaurants sont bien tentants mais complets. Contrairement aux villages environnants où les boutiques ont disparu des centre-bourgs, à Sallertaine, on peut faire du lèche-vitrine chez la céramiste, la couturière qui propose de jolies robes fleuries, ou dans la maroquinerie….

Le Jardin de Vaulieu

Sallertaine : le jardin dans l’ancienne carrière

En centre-bourg, ce jardin a été aménagé dans une ancienne carrière. Occasion d’un peu de géologie. La Pierre de Sallertaine est un  calcaire Eocène(Lutétien) gréseux, fossilifère (gastéropodes et foraminifères) . On peu déduire de la stratification que le sédiment s’est déposé dans un milieu marin agité et trouver le sens du courant de dépôt. Ce jardin est très fleuri. Des espaces ont été aménagés pour des ateliers et des animations, on peut également pratiquer le canoë-kayak.

Au hasard de ma visite, j’entre dans la boutique d’une céramiste Terre d’ âmes. >la potière est très aimable. Son travail est d’une grande finesse ; Elle propose également des stages de cuisson raku hors saison, deux séances espacées d’une semaine.

Moulin de Rairé

Le Moulin de Rairé avec ses ailes de bois

Il est déjà 13 heures, 34°C au thermomètre. La chaleur est accablante et je dois arrêter mon exploration des ateliers d’artisans. Nous pique-niquons dans le parking herbu et ombragé du Moulin de Rairé qui se trouve à 2.8 km de Sallertaine. Isolé dans le marais. Le moulin est accompagné de plusieurs bâtiments avec des expositions et même un alignement de menhirs.

La visite commence à 14 heures.

En introduction, une vidéo raconte la dernière révision du moulin. Construit en 1555, il y a près de 500 ans, il n’a pas cessé de moudre de la farine. Seul changement notable : en 1864 on a remplacé les voiles par des ailes de bois réglables, un peu comme des éventails. De temps en temps, il faut remplacer certaines pièces qui s’usent. La prochaine révision est prévue dans 60 ans ! A l’occasion de cette vidéo, j’apprends un nouveau mot Amoulangeur qui désigne le charpentier de moulins. La machinerie d’un moulin à vent est hautement sophistiquée. Le meunier du moulin de Rairé qui est également amoulangeur, vient à notre rencontre et nous invite à grimper au premier étage.

Moullin de Rairé :Engrenages

Ses premiers mots : « il n’y a pas de vent, aujourd’hui, le moulin est à l’arrêt » . pas de moteur au Moulin de Rairé, la seule force motrice est le vent qui détermine tout. A l’extérieur les nombreuses girouettes indiquent la direction du vent. Il y en a même à l’intérieur du moulin : de petites plaquettes de bois.

« Veiller au grain » est une expression courante semblant venir de la meunerie, mais surtout du domaine maritime ou le grain est une tempête violente imprévisible.

Le grain est moulu entre deux meules de pierre dont un est fixe et l’autre mobile. Les meules sont en silex de La Ferté-sous-Jouarre, de la meilleure qualité.

Nous découvrons les engrenages. La plupart sont en bois. Les dents sont en bois de cormier, arbre devenu rare depuis que le remembrement a fait disparaître les haies. Certaines pièces sont métalliques. L’association bois/métal confère de la souplesse au mouvement. En plus des mécanismes moteurs des meules, de nombreuses pièces améliorent le travail du meunier comme le régulateur qui assure la régularité du mouvement qui peut prévenir le meunier si les ailes s’emballent « meunier tu dors, ton moulin va trop vite ! » .

Le meunier du moulin de Rairé

Autrefois le grain était moulu en permanence, de jour comme de nuit. Maintenant le moulin ne tourne plus que le jour. Sa production est minime : un quintal par jour, alors que les minoteries industrielles fabriquent des tonnes et des tonnes. C’est un rendement d’un autre temps : du temps où il n’y avait pas de routes dans le marais et qu’il fallait deux heures pour rejoindre Sallertaine en barque par les canaux.

Le moulin  est plutôt un monument patrimonial qu’il convient de garder vivant comme témoignage historique. Tant de générations se sont succédées et le meunier est très fier de nous dire que la relève est assurée : son fils ! La production du moulin est commercialisée : des farines d’agriculture biologique moulues artisanalement sont vendues ; elles ne se conservent pas forcément, il est conseillé de les congeler.

Le travail le plus pénible serait d’acheminer des sacs de 100 kg de grain. Le problème est résolu par un système de chaînes, de sangles et de poulies. Les trappes s’ouvrent toutes seules à la montée. Le grain s’ »enfourne dans la trémie d’alimentation. Sophistiqué et délicat : un simple geste permet de faire tourner le tout pour présenter les ailes au vent ;

Pour terminer la visite : une belle crêpe cuite sous mes yeux.

Il y aurait beaucoup à voir dans les expositions des bâtiments annexes mais il fait très très chaud, 34°C et beaucoup plus dans la voiture, nous préférons écourter ;

 

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

Une réflexion sur « Sallertaine et le Moulin de Rairé »

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