Aux Origines, Défaire le Racisme – Palais de la Porte Dorée

Exposition temporaire jusqu’au 23 Aout 2026

Roméo Mivekannin La Vénus Hottentote 2020 (série Barnum)

COMMENT LE RACISME ET LES DISCRIMINATIONS S’INSCRIVENT-ILS DANS LES SOCIETES CONTEMPORAINES?

COMMENT FAIRE MONDE COMMUN SANS EFFACER LES DIFFERENCES?

L’Exposition Aux Origines tente de répondre à ces deux questions en montrant comment Esclavage et Colonisation ont produit des images, des récits, des catégories, des hierarchies et comment défaire cet ordre du regard n’est pas effacer le passé ou accuser le présent. 

William Adjeté Wilson Toussaint Louverture et le Révolution Haïtienne

Cette exposition est très ambitieuse puisqu’elle intègre le projet de recherche DETERRED qui étude les mécanismes de discrimination auprès de jeunes de 18 à 35 ans, dans l’éducation, la recherche d’emploi et de logement. Ce projet, très louable, avec beaucoup de panneaux à lire, de vidéos m’a semblé plus difficile à appréhender et j’ai zappé le compte-rendu pour me concentrer sur les oeuvres d’art plastique, difficile aussi de raconter les vidéos que j’ai regardées avec attention. 

Le visiteur entre dans l’exposition, interpellé par le très grand tableau de Roméo Mivekannin : La Venus Hottentote : 3 portraits en pied de Saatjie Baartmann qui fut exhibée à travers l’Europe sans aucun égard pour sa dignité. Portraits? pas vraiment, puisque le peintre a substitué sa tête à la tête de la femme et il regarde le regardeur avec défi. Roméo Mikevennin qui traville entre la France et le Bénin a revisité des tableaux classiques comme Le Radeau de la Méduse. Il nous retourne son regard d’Africain sur des images  habituelles. 

William Adjeté Wilson : Les Négriers et la traite des esclaves

William Adjeté Wilson , également béninois montre Toussaint Louverture portant un drapeau vaudou. 

Rayan Yasmineh : Le Calife (2023)

Rayan Yasmineh, né à Paris mais de mère Libanaise et père Palestinien nous conduit à Bagdad et confronte la chute de la ville sous les mongols et l’invasion américaine en 2003. Le fond en tissus de camouflage militaire est traversé par les personnages de miniatures orientales. 

Malgorzata Mirga (Pologne) Out of Egypt 2021

En face le magnifique panneau textile raconte l’errance des Roms, patchwork et broderies à partir de tissus de la communauté  et rappelle l’origine (mythique??) des gitans d’Egypte. Lila Loisse (Bruxelles) présente une installation sonore retrçant l’errance des Roms. Le petit tableau de Ceija Stijka,  survivante des camps nazis montre les Allemands face aux roulottes . On retrouve les roulottes dans le tableau Caravanes sous deux cyprés, inspiré de Van Gogh mais traversé par une série de roulottes blanches. 

les soeurs Chevalme : Mama Whita à la française

Dans un registre très différent, l’amusante installation des Soeurs Chevalme montre un intérieur raffiné aux motifs de Toile de Jouy, vaisselle porcelaine. Curieux mortier et pilon décorés des mêmes motif. Il faut s’arrêter un moment et découvrir parmi les motifs des militaires en uniforme ,armés, et des barbelés.

Kara Walker (2005): Harper’s pictorial History of Civil War

Kara Walker – plasticienne américaine – raconte à sa façon la Guerre de Sécession utilisant les gravures du Harper’s pictorial History of civil War, publié en 1866 et en ajoutant des personnages qui détournent le récit originel. l’installation de 15 grandes gravures est tout à fait impressionnante. 

Bouba Touré

Bouba Touré filme son appartement, colle des affiches illustrant « Aimer, Lutter, Vivre » avec des personnages célèbres comme Nelson Mandela, Obama, Allende, Jean Rouch,des femmes d’un village au Mali. On l’entend célébrer ces luttes et aussi les luttes des femmes anonymes. 

La suite de l’exposition montre de très belles photos, des vidéos et même un extrait d’Atys dansé filmé par Cogitore (mais pas dans la version de l’Opéra Bastille). Difficile pour moi de tout décrire. 

 

Cabane-bibliothèque d’Hamadine Kane

Pour conclure cette exposition , j’ai beaucoup aimé la Cabane-bibliothèque orné de portraits au fusain d’écrivains, d’affiches, de couvertures de livres où j’ai retrouvé Ousmane Sembene,Jean Genet, Edouard glissant, Chester Himes. les livres sont posés en paquets ficelés, un tabouret suggère qu’on peut s’asseoir lire. Hamadine Kane est maurétganien-sénégalais, plasticien et réalisateur. 

Je sors étonnée de toutes ces rencontres avec des artistes reconnus, exposés dans de grands musées comme le Louvre-Lens, dont je n’avais jamais entendu parler. Mettre en lumière ces artistes est aussi le rôle de Aux Origines pour décaler notre regard.

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

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