RENTREE LITTERAIRE

Le roman commence par une folle chevauchée. Miou porte sur son cheval la tête de son grand-père Hugon de Burequ’elle a décapité . L’histoire se déroule au temps des Croisades dans les montagnes des Hautes Alpes, paysage sauvage avec une forêt enchantée : Benevent.
Laurine Roux, née à Gap, a puisé dans la toponymie locale pour nommer ses personnages. Un château fort sur un éperon rocheux, un monastère bénédictin, les Crots, un village.
Quand l’ordre engendre le désordre, l’homme juste désobéit. Abel pantelle, Ici, aucun endroit n’est sûr, c’est
se jeter dans la gueule du loup ! Éphraïm s’avance au-devant de la pente, regard vers l’est. Il existe pourtant
des confins où personne ne les cherchera. Et il désigne les arbres à perte de vue. Abel ne veut y croire. L’oblat
est-il devenu fou ? Ne prêtant oreille au frère, Pietro rejoint Éphraïm, sonde la masse des houppiers peluchés
de blanc. Le gaillard est peut-être fou, mais la folie a du génie. Abel n’a d’autre choix que de capituler. Ses
amis pourront toujours compter sur lui, qu’ils en soient certains. En retour, ils l’adjurent de faire attention – et
de trouver une bonne excuse pour justifier son absence. • Éphraïm dégringole le talus, s’enfonce dans la neige,
pour en jaillir aussitôt dans un panache poudré. Parvenu à la lisière, le jeune homme s’arrête. Ferme les
paupières et inspire. Derrière l’abrasion du froid, il laisse la forêt coloniser son être, isole mille nuances :
spores, résines, sèves, débris de poils, d’écorce. Quand ses poumons sont si lourds qu’il lui semble impossible d’avancer, il ouvre grand les yeux – vert iridescent, marron cuivré. Pietro ne reconnaît pas ce regard. N’y tenant plus, Éphraïm fuse. Allonge ses muscles, grimpe tel ressaut, puis se rétracte, esquive les branches. À la traîne, griffé de partout, le franciscain le supplie, Moins vite, par pitié ! L’impétueux coule sous les ronces – serpent , bondit de pierre en pierre – renard. Les fugitifs atteignent une arche creusée dans la roche. Au-delà, unecascade drape la falaise, figée dans le froid. L’eau a été piégée en méduses bleutées, dont les filaments, tantôt bulbes, tantôt épées, attendent le printemps pour fondre en une bruyante cataracte. Pietro ahane. Il n’ira pas plus loin, foi de Lombard. Le jeune homme observe le rideau de glace, croit apercevoir un orifice et franchit l’arche. De l’autre côté, les trombes ont façonné une vasque dans la pierre. Autour, des blocs épars, des
mélèzes.L’endroit paraît tiré d’un conte. Autrefois, un voyageur était passé sous la même voûte. Il cherchait
refuge après avoir erré pendant des jours dans la forêt. Le vagabond avait atteint cette clairière, n’en était
plus jamais reparti. Ainsi avait-il vécu en ermite jusqu’à sa mort, baptisant les lieux la Porte sans Retour.
Le châtelain a pour fils Hugon de Bure, une véritable brute, incontrôlable, violent, paillard, la terreur de toute la vallée. Le prieur du monastère, Guillaume, érudit et pieux, travailleur pratique l’hospitalité, il accueille successivement un bébé abandonné, un moine franciscain, puis une famille en fuite, des Vaudois poursuivis par Hugon de Bure. Dans la forêt, Joseph Piot, bûcheron élève sa fille Gala, ils seront aussi victimes du terrible seigneur. Et pourtant personne ne se rebelle devant l’autorité .
Trois générations vengées d’un coup d’épée, trois fois la colère. Ne sachant que penser, on interroge ses
voisins
Laurine Roux est une conteuse qui entraîne le lecteur dans cette folle saga sur 3 générations avec des personnages bien marqués. Je l’ai suivie avec grand plaisir dans toute ces aventures. J’ai aimé la proximité avec la nature. Certains personnages sont de très belles personnes.
Un beau moment de lecture!
je me méfie de cette écrivaine, grande déception pour moi avec « Une immense sensation de calme »
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J’avais surtout apprécié sa manière de manier la langue dans ce roman de sang et de fureur. Une bien belle lecture en effet.
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j’avais bien aimé !
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