Mary Cassatt à Orsay

Exposition ytemporaire jusqu’au 31 janvier 2027

jeune fille au Banjo

Arrivée à Orsay avec des réticences et des préjugés. Il me semblait que Mary Cassatt  peignait des maternités et des portraits d’enfants. Je craignais la mièvrerie qu’Eva Gonzalez et les chaplinades en rose doux et bleu pastel puisque Mary Cassat a aussi été l’élève de Charles Chaplin.

Femme et enfant devant une tablette avant la toilette

Un cartel prévient le visiteur : Mary Cassatt est restée célibataire sans enfant, les « mères » sont le plus souvent des nourices. Elle désacralise le thème de la Vierge et l’Enfant. Les enfants sont très réalistes.

Mary Cassatt se présente comme une artiste

« nous, professionnels méprisons les amateurs »

Elle vit de son art, finance son voyage en Europe grâce à ses talents de copiste. Elle gagne sa vie aussi avec ses portraits et souvent des portraits d’enfants. Elle utilise souvent le pastel, technique convenant bien pour ses jeunes modèles qui tiennent difficilement la pose longtemps

Clarissa – pastel

Les traits vigoureux de pastel, comme dans la jeune fille au banjo, confèrent du caractère à ces portraits, ni estompés ni léchés.

« je suis indépendante » –

Femme moderne; rejointe par sa soeur Lydia qui lui sert souvent de modèle, elle peint les sujets de la vie parisienne, promenades au Bois en voiture, réunions pour le thé

En voiture

vie mondaine, certes mais remarquez l’anomalie dans le tableau Driving, c’est bien la femme qui tient les rênes, le valet étant relégué à l’arrière.

Femme dans la loge

La femme dans la loge n’a pas besoin d’être accompagnée. Cette autre élégante est rayonnante

Native d’Alleghany en Pennsylvanie, elle s’installe à Paris en 1865 et restera 60 ans en France. Elle rentrera aux Etats Unis pendant la guerre francoDès 1877-prussienne de 1870. Dès 1877, elle expose avec les Impressionnistes. Comme les Impressionnistes, elle accorde une grande attention aux fleurs et aux jardins

Lydia faisant du crochet dansl jardin

J’ai aussi beaucoup aimé le portrait de sa soeur Lydia

Automne portrait de lydia

J’ai rencontré une femme moderne, indépendante, même féministe qui a organisé une exposition pour financer la campagne des suffragettes pour le vote des femmes. Le référendum à New York en 1915 a malheureusment échoué. A l’Exposition Universelle de Chicago en 1893, elle a réalisé dans le Palais de la Femme, une décoration géante de 70 m2 sur le thème de la Femme Moderne. Le panneau central représentait des femmes dans un verger cueillant des pommes, pas sous la tentation comme Eve, non ce sont les pommes de la connaissance scientifique qu’elle s’approprient. Malheureusement après l’Exposition de Pavillon a été démantelé et le fresque perdue.

Artiste, conseillère collectionneuse

Le Câlin du soir

Avec ses portraits d »enfants, Mary Cassatt avait de nombreuses commandes  qui lui permirent d’acheter le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus et d’acheter des tableaux impressionnistes. Dans l’expostion on voit deux Pissaro, deux Manet dont un grand portrait de Clémenceau. Tout en dirigeant son domaine, elle poursuivit une activité de « consultante » pour les collectionneurs et les marchands, faisant connaître les Impressionnistes aux Américains. Ce fut une « passeuse » entre la France et les Etats Unis.

 

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Auteur : Miriam Panigel

professeur, voyageuse, blogueuse, et bien sûr grande lectrice

3 réflexions sur « Mary Cassatt à Orsay »

  1. Il y a quelques années, Jacquemart-André avait exposé plusieurs de ses estampes, d’inspiration japonisante, absolument de toute beauté. Une artiste remarquable, très estimée de Degas.

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