Les Impressionnistes à Londres (1870-1904) au Petit Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 14 octobre au Petit Palais

Parcours de l’expo ICI

Corot : Le Rêve Paris Incendié

1870 – 1871  La Guerre franco-Prusse, puis l’écrasement de la Commune de Paris ruinent Paris et la vie artistique qui était brillante.

En 1870  Durand-Ruel s’installe à Londres suivi de Daubigny, Pissaro, Monet, Sisley rejoints en 1871 par Tissot, Carpeaux et Dalou.

Ces artistes feront de fréquents allers et retours entre 1871 et 1905. Certains comme Tissot feront carrière à Londres.

la Place du Carrousel l’incendie des tuileries
Siebe Johannes ten cate .

L’exposition commence dans une salle rouge « Paris en Guerre » illustré par un tableau de  Gustave Doré, les carnets de croquis de Carpeaux, un siège de Paris de Meissonnier, des aquarelles d’Isodore Pils représentant la Colonne Vendôme renversée,  et un très beau Corot presque onirique d’ailleurs titré Le Rêve-Paris incendié. 

On quitte la salle rouge pour une demi-lune bleue où la Traversée de la Manche par Monet est projetée sur un écran incurvé sous forme d’animation. Les voiliers tanguent, les nuages traversent le ciel, les vagues soulèvent leur écume.

Londres

L’arrivée à Londres avec ses fumées, son brouillard est dans une salle grise: on y voit la foule, le port les industries deux belles gravures de Gustave Doré m’ont bien plu.

Le cercle des futurs Impressionnistes est bleu: Claude Monet peint Hyde Park, Daubigny , la Tamise avec des tableaux jaunes, voiliers et marais, vis à vis de Monet, 3 Pissaro ensoleillés qui rappellent ses tableaux de Louveciennes.

Pi

PissaroL’exil économique de Carpeaux : une grande salle vert foncé accueille les marbres de Carpeaux.

carpeaux flore

Avec la chute du IIIème Empire, Carpeaux a perdu ses commandes; Il vient à Londres faire le portrait de Napoléon III en exil.

Eugénie et le Prince Impérial peints par Tissot
eugenie et le prince par Tissot

La salle suivant est violette et nommée James Tissot, l’anglophile : de grands tableaux illustrent la vie des salons victoriens, des scènes de genre…

Tissot :Chut

En plus des belles robes des élégantes des maharadjas indiens portent des tenues chamarées. Tissot excelle dans la représentation des tissus, des physionomies.

Tissot le pique-nique

Tissot partage la salle avec Giuseppe de Nittis (ami de Degas)

Tissot : sur la Tamise

Une salle bleu nuit ou noire met à l’honneur Legros (1837-1911) que je ne connaissais pas et dont la peinture pompeuse avec ds thèmes religieux n’est pas ma tasse de thé.

En revanche la rencontre avec Jules Dalou (ou l’art du modelage) est une excellente surprise.

Dalou

La fin de l’exposition est beaucoup plus impressionnistes, les salles s’intitulent Retours à Londres

Pissaro et Sisley se font face merveilleux tableaux mais sans surprise.

Monet est précédé de James Abbott Mc Neill Whistler dont le traitement de l’eau diffère de celui des impressionnistes français

whistler

Une salle entière tendue de bleu est consacrée à la série du Parlement de Londres par Monet, face à Monet  Westminster de Giuseppe de Nittis

Westminster Giuseppe de NIttis
Westminster Giuseppe de NIttis

l’exposition se termine par une salle consacrée à Derain qui rendait hommage à Monet

Derain Westminster

Les Impressionnistes à Londres m’a laissé l’impression étrange de ne pas apporter grand chose de plus que ce que je connaissais de Monet, Pissaro ou Sisley qui sont vraiment les Impressionnistes et que les artistes pas spécialement impressionnistes sont mieux représentés et m’ont plus marquée. Rencontre intéressante avec Tissot ou Whistler, sans parler de Jules Dalou que je découvre.

MIlos : Musée minier d’Adamas et Klima

CARNET DES CYCLADES – MILOS

klima et les sirmatas colorées

La journée commence très bien avec une baignade sur la plage de Pachaina. J’ai mis les chaussons chinois parce qu’il y a quelques galets. Je nage jusqu’à la deuxième plage délimitée par des trois rochers qui émerge de l’eau. Je découvre à l’arrière une troisième plage rocheuse et n’ose pas m’y aventurer. La baignade est plus courte qu’à Naxos, la baie est ouverte sur la mer. L’eau est hérissée de vaguelettes, il faut lutter pour ne pas se laisser entraîner par le courant, pas bien fort, mais quand même, je n’ai pas la même confiance et évite de m’éloigner trop du bord.

Avant l’ouverture du Musée des Mines de Milos (10h) nous allons choisir sur le port un bateau pour l’excursion en mer. Captain Yiangos – gros bateau de bois avec de vrais sièges confortable et une passerelle facile– propose une sortie en mer de 9h à 19h tout autour de Milos avec une escale à Kimolos vers 14h pour déjeuner au restaurant sur la plage.

Musée « Metallico » d’Adamas ou Milos Mining Museum

Cqrte géologique de Milos

Musée géologique mais aussi historique.

Depuis l’antiquité on a retrouvé des traces de galeries et de puits d’exploitation minière.

11.000 ans d’Histoire minière

7000 – 2800 ans av.JC : Néolithique . Utilisation de l’Obsidienne pour faire des outils et des armes

2800 – 1100 ans av.JC : Age de Bronze : Commerce de l’Obsidienne, carrières de kaolin pour la poterie, colonie de Filakopi

1100 – 750 av.JC : Période Géométrique Obsidienne, kaolin

750 – 480 av. JC : Période Archaïque

480 – 323 av. JC : Période classique: aux activités ci-dessus s’ajoute la confection de meules pour les céréales en trachyte, l’exploitation de l’alun et du soufre dans des buts pharmaceutiques, et de la bentonite pour le savon.

323  – 146 av. JC : Période hellénistique

146 – 330 Après JC : Période Romaine exploitation de l’argent et du plomb, de la pouzzolane pour les constructions, de la ponce pour polir le marbre. Construction de salines (salt-pans)

330 – 1204 : Période Byzantine exploitation des minéraux argileux, de la ponce de l’alun et du sel.

1204 – 1566 : Francs et Vénitiens début de l’exploitation du gypse

1566 – 1821 : activité minière limitée principalement kaolin pour la porcelaine

1862 – 1958 Epoque moderne

1884 Galène argentifère

1890 Manganèse (jusqu’en 1928)

1899  Kaolin

1934 Barytine

1952 Bentonite

1954 Perlite

1984 Pouzzolane

Ce tableau énumère les richesses de l’île. Il est précieux pour moi parce qu’il donne un cadre historique avec des dates précises.

La carte géologique de Milos montre une géologie particulièrement complexe. Quelques cratères sont visibles ainsi que des dômes. La coupe met en évidence de nombreuses failles. C’est un volcanisme d’arc insulaire de magma acide (rhyolite, dacite, andésite) Les matériaux pyroclastiques et les dépots de cendres sont en quantité impressionnantes. L’altération de ces cendre en14 argile a donné du Kaolin, de la Bentonite. La Perlite est un matériau vitreux formé par refroidissement.

Sur un mur d’images : 12 photos des mines de Soufre ou plutôt des vestiges qui en restent après leur abandon.

Deux productions sont racontées en détail : celle du Manganèse à Vani et celle du soufre près de Paléochori

Il y a des millions d’années, la région était un cratère submergé le manganèse s’est graduellement déposé dans la boue. Les premières tentatives d’exploitation datent de 1871. En 1898, la compagnie français Serpieri occupait 250 ouvriers. 70% de la production était exportée en Angleterre, en France et aux Etats Unis.

Wagonnets et outils des mineurs

Les mines de Soufre furent exploitées à la fin du 19ème siècle en 1893, 220 personnes y étaient employées. Le souffre était exporté en France pour sulfater la vigne.

Le musée présente la coupe d’un volcan, accompagné des photographies du tuf volcanique blanc de Kleftiko, des prismes de l’Andésite en prisme de Glaronissa , de bombes et les formations pyroclastiques de de rhyolite.

L’activité volcanique s’est étalée de 3 millions d’années à 90.000ans dans le cadre de la subduction de la plaque africaine dans l’arc volcanique sud Egéen.

A l’étage dans des vitrines on peut admirer une collection de minéraux et de très jolis fossiles conservés délicatement dans les cendres.

L’obsidienne a voyagé à partir du 3ème millénaire av. JC dans tout le monde grec jusqu’à l’âge de bronze.

Perlite : pendant des siècles la perlite a été utilisé comme élément de décor : elle se sculpte bien, d’autres usages ont été trouvé récemment : insonorisation, culture dans les serres (petites billes blanches), filtration de jus de fruits, ciments… la Perlite est expédiée par bateau dans le monde entier.

Bentonite : est une argile plastique générée par l’altération in situ des cendres volcaniques. Elle sert pour faire la litière pour les chats, mais aussi dans les forages pétroliers….

Les témoignages de mineurs des mines de soufre et de femmes des carrières de kaolin racontent la vie sur des vidéos passionnantes.

Klima

klima : méduses,

Klima est un village de pêcheurs bâti sur les sirmatas : maisons de pêcheurs bâties sur des garages à bateaux creusés dans la roche. Les pièces d’habitations sont au-dessus et on y accède par un escalier extérieur. Escaliers, fenêtres portes et balcons sont peints de couleurs vives, bleu, rouge orange, rose, violet. Quelques maisons sont transformées en boutiques (2), un artisan fabrique des objets décoratifs, des mobiles avec des méduses en fine céramique blanche et mate dont les filaments sont des dentelles détricotées.

Brin de causette avec une touriste française qui a loué une sirmata (110€/la nuit) joliment décorée ambiance pêche mais confort minimum.

Une vie authentique subsiste encore. Un homme découpe le poisson qu’il a pêché pour un barbecue entre copains ; Une femme repeint la rambarde. Un riverain ramasse des sacs plastiques qui flottent, la voisine le congratule en anglais « l’environnement te le revaudra ! ». Des canards qui viennent se baigner posent pour la photo.

Klima

Déjeuner à la terrasse du restaurant Astrakas (le seul sur place) qui a installé des tables et des parasols près de l’eau. Le menu est assez chichiteux et les prix plus élevés que d’habitude. Boulettes de tomates et sardines à la tomate (10€)Les sardines sont excellentes la tomate est fraîche servie avec des olives et des câpres. On nous offre le dessert :yaourt avec un coulis et un crumble de speculoos(23€ sans eau ni café) Raisonnable !

 

 

 

 

 

 

La Verrerie – Mènis Koumandarèas

LIRE POUR LA GRECE

Koumandarèas est l’auteur d’un charmant livre Le fils du concierge

que j’avais bien aimé. La Verrerie est de la même veine quoique, plus long et plus abouti. La Verrerie est un magasin de luminaires à Athènes situé dans le quartier de l’Usine à Gaz encore en activité, tenu par un couple Bèba et son mari Vlassis. Quand ils étaient jeunes Béba et Vlassis étaient militants. Au début du roman, c’est un couple tranquille qui s’ennuie un peu, vie une vie tranquille avec deux amis célibataires un peu décalés. Vacances à Nèa Makri, samedi soir au restaurant La  Petite Friture, une vie un peu monotone que des tournées chez les fournisseurs en province, Lamia, Patras, Volos ou Thessalonique tendent de ranimer. Parfois Bèba va seule dans une pâtisserie, elle est séduisante et le sait.

Il semble que rien ne peut se passer. Et pourtant Vlassis est hospitalisé, victime d’une grave dépression. Bèba se trouve un amant. Spyros et Vassos se retrouvent aux commandes de la Verrerie. Croyant faire des affaires, ils mènent le commerce à la faillite. Bèba, tentera de sauver son entreprise. Malgré tout, c’est une femme énergique!

C’est donc surtout le portrait de cette femme courageuse. Les personnages secondaires ne sont pas négligés. C’est aussi le portrait d’une époque, de la  Grèce sous la botte des colonels.

C’est un livre tout en finesse. D’où vient son charme? difficile à dire et ce charme opère. Une lecture bien agréable!

 

 

Première journée à Milos, installation, course à Adamas, Pollonia

CARNET DES CYCLADES – MILOS

Vue du balcon du studio : la Plage de Pachaina

La maison d’Hôtes Vesleme surplombe la plage. Les vagues nous ont bercées amis nous n’avons pas encore vu la mer. Du balcon je découvre deux petites plages de sable sur une baie tranquille à moins de 20 m. Une femme sort de l’eau les fesses à l’air, se croyant peut-être sans témoin.

Petit déjeuner sur le balcon de Vesleme : la plage de Pachaina

Notre studio est clair avec des meubles simples et élégants. Le grand lit repose sur un socle de pierre colorée blanche avec des bandes blanches, oranges, roses qui sont les roches de l’île que nous découvrirons bientôt. Le coin-cuisine est tout neuf, plaques vitrocéramiques, le frigo possède un vrai congélateur. Il y a une petite table, un bureau écritoire, et un support pour poser deux valises. Pas de ventilateur, mais un climatiseur. Le balcon est parfait, la vue, bien sûr, avec une jolie table carrée décorée avec des galets et des coquillages sous une plaque de verre. Gentille attention : il y a des sachets de thé, de nescafé du lait du sucre et des biscuits- maison délicieux.

Adamas

Le port s’appelle Adamas ou Adamantas. La capitale historique de Milos est Plaka perchée sur une colline mais l’essentiel des commerces pour les touristes sont autour du port. Port de ferries mais aussi marina accueillant de très gros Yachts et de nombreux voiliers.

Nous avons découvert avec consternation que les 2/3 de l’île sont inaccessibles aux petites voitures de location. Il nous est formellement interdit de nous aventurer sur ces pistes « dangereuses »  « vous n’y serez pas dépanné, vous risquez d’endommager le véhicule ». Au kiosque périptère, j’achète une carte avec les sentiers de randonnée et le relief.

Courses de base chez Vidalis qui a un parking (chaine grecque qui vend des produits Carrefour). On y trouve de tout mais bien cher. Fruits et légumes viennent de Crète, pêches dures et tomates sans goût.

Les petits commerces sont luxe et chers. Les prix des chapeaux, serviettes sont le double de ceux de Naxos. Les cafés du port sont aussi chics et chers.  Milos avec ses yachts est une île chère. Le tourisme est bien développé (beaucoup d’hébergement récents et élégants) peu d’hôtellerie classique.

La carrière de bentonite

Après avoir traversé Pollonia 4km  au nord de Pachaina nous continuons la route au hasard et arrivons dans une énorme carrière à ciel ouvert, découpée en gradins dans une roche colorée du jaune à l’orange en passant par le beige. De grands tapis-roulants conduisent la roche à des silos qui la déchargent dans un bateau. Etranges, ces énormes engins qui ressemblent à des chasse-neiges géants qui étalent la roche plastique en un tapis lisse. Passées ces installations, une très large route est parcourue par de nombreux très gros camions qui foncent. Des panneaux préviennent que, par temps de pluie, la chaussée est très glissante. Evidemment ! elle est enduite d’argile. Heureusement, il n’a pas plus depuis des semaines et la croûte est bien sèche. Du Milos chic des yachts, nous arrivons dans un site industriel moderne. Des maisons cycladiques aux grands silos !

Les couleurs des roches sont inattendues. Le tuf est parfois blanc éblouissant, des roches rouges et oranges, jaunes parfois noires sont intercalées. Certaines sont rubanées. L’extraction a bouleversé le site naturel. J’attends avec impatience la visite au Musée géologique d’Adamas qui m’éclaircira.

Dantesque! l’exploitation minière révèle des roches multicolores

Une jeep blanche tourne sur une piste fléchée Kastanas. Nous avons « oublié » la carte du loueur de voiture et ne savons pas si nous avons pénétré dans la « zone interdite ». En bas nous voyons d’autres voitures, même des petites. La piste est parfois très lisse, parfois traversée par des roches dures en relief. Dans les pentes elle est creusée d’ornières. Quelques voitures sont garées sur un petit plateau, on en voit d’autres en bas mais ce sont toutes des 4×4, sauf une petite Fiat Panda.

roches colorées!

Le site est tout à fait extraordinaire avec toutes ces couleurs vives, les formes étranges, parfois creusées parfois en relief. En bas, des gens se baignent sur une toute petite plage hérissée de rochers bizarres. Ils sont à poil, cela me gêne de photographier.

La remontée est cauchemardesque, surtout vers le début dans la montée escarpée sur un chemin pulvérulent hérissé de blocs qui dépassent. La voiture patine. Nous avons compris le sens de « zone interdite ». On ne nous y reprendra pas. Il faut reculer, prendre de l’élan pour franchir l’obstacle sans s’enfoncer dans un nouveau trou. Finalement cela passe ; Après c’est moins difficile.

Pollonia, dans un endroit très touristique mais tout à fait merveilleux. Dans les rochers des piscines naturelles sont reliées par des digues rocheuses qui avancent dans l’eau. Une résidence toute neuve est installée, on a pratiqué des cheminements, posé des jarres chaulées de blanc, installé des bancs face au coucher du soleil. Tourisme luxueux et séduisant.

J’entre dans un petit bureau de tourisme Travel me to Milos j’ai consulté leur site Internet qui est très bien fait. Très bon accueil : la jeune fille qui parle très bien anglais mais avec le débit d’une mitraillette, me détaille les curiosités de l’île. Comme le loueur de voiture, elle définit une zone interdite, à l’ouest comme à l’est de l’île. Les plus beaux sites de Milos ne sont accessibles que par mer ; elle me convainc donc de faire une excursion en bateau, nous indiquant les prix et les horaires de départ. Une journée en voilier coûte environ 80€ (repas compris), mais i existe aussi des tours en bateau de bois 35€ sans le repas. Pour Dominique, elle nous conseille le bateau en bois plus confortable.

Kastanas

Dîner sur le balcon, attendant le coucher du soleil qu’un nuage a avalé au dernier moment. La lune et l’étoile du berger se reflètent dans l’eau. Milos, la sauvage, peu éclairée nous offre les étoiles.

 

 

 

De Naxos à Milos sur l’Artemis

CARNET DES CYCLADES

10 h nous rendons la Fiat Panda – bien sale – au loueur, souriant. Le bateau pour Milos part à 15h40.

Il reste donc beaucoup de temps pour revoir Hora, me promener dans le Kastro, découvrir de nouvelles rues, des boutiques chics, des arcs gothiques, des portes vénitiennes surmontées d’un blason armorié…Le kastro était un quartier aristocratique où demeuraient Francs et Vénitiens catholiques. Les grecs, arméniens et juifs logeaient ailleurs. Je reviens aux murailles et découvre les tours éclipsées par des bâtiments plus récents comme le couvent des Ursulines qui confère à la citadelle une allure moderne. Je comptais visiter le Musée Vénitien dans la Tour Della Rocca- Barozzi, fermé ! Fermé aussi le Musée Byzantin !

Chora : Kastro, porte vénitienne

Je passe donc mon temps à faire du lèche-vitrines il y a de bien jolies boutiques. Choix d’un restaurant, j’épluche les menus (katalogo). Plus on s’éloigne du port plus le rapport qualité/prix est intéressant ; Mais avec les valises ce sera compliqué. A l’extrémité du quai, un parasol rouge, quelques tables. Le vent est rafraîchissant.

Endroit idéal pour attendre le ferry en regardant passer les bateaux ; Le port de Naxos est animé. Le Sea Jet Champion relie Le Pirée, Mikonos et Heraklion c’est un katamaran hydroglisseur à gueule de requin genre Les Dents de la mer, sous pavillon chypriote. Blue Star Paros et Blue Star Naxos arrivent presque en même temps, puis un bateau de marchandise double le port des voyageurs, des bateaux de croisière…C’est amusant de voir tout ce trafic.

Hora vue du débarcadère des ferrries

Les plats que nous avions choisis n’existent pas en cuisine, on commande une petite friture (excellente) et un « bistec » de chair à saucisse mal cuite, infect.

L’Artémis est en retard ! C’est un relativement petit ferry, presque vide. Le bar est fermé. Nous nous installons sur le pont sur des sièges plastiques oranges en compagnie de touristes jeunes couple ou 3ème âge. Les Grecs, dans des salons confortables regardent le foot à la télé.

l’Artémis

La navigation sur la Mer Egée est un spectacle permanent. Le bateau longe Naxos, j’essaie de retrouver « notre » plage, la petite île de Panaghia Parthena ; on s’approche de Paros. Je me rends compte qu’après 4 ans, je suis incapable reconnaître la côte.

Ios parait bien rocheuse. Le port de Ios est gardé par des falaises sur lesquelles on a construit un complexe touristique avec des palmiers ridicules, et un phare. Le bateau se vide à Ios.

 Sikinos, peu de passagers descendent dans le port minuscule, les propriétaires des chambres viennent chercher les touristes, brandissant des pancartes « chambres à louer » comme autrefois. Nostalgie d’une époque où on avait l’impression d’avoir été « choisi » par l’hôte. Quelques barques de pêche, 2 bateaux de plaisance seulement.

19h il fait drôlement frais sur le pont, on rentre et je lis Le Sourire D’Homère de Jean Soler en attendant l’escale suivante à Folegandros. Le bateau a accumulé les retards. Il s’arrête encore une fois dans la nuit à Kimolos.

L’arrivée à Milos à 23h est chaotique.   Les officines de location de voiture sont encore ouvertes sur le port.   Notre loueur a son bureau ailleurs- fermé.  Son numéro de téléphone est affiché sur sa porte. Les formalités sont interminables, à l’aide de la torche du smartphone on scrute la moindre égratignure sur la carrosserie. Je demande une voiture plus petite. Retour au bureau,  une petite Hyundai  est disponible– re-papier, re-examen …il est presque 1h du matin. Le loueur décide qu’en pleine nuit, on ne trouvera jamais notre hôtel à Pachaina et prend le volant. Il ne le connaît pas non plus. Exceptionnellement j’ouvre les données mobiles sur le téléphone et nous laissons guider par Goggle-maps. Arrivée à passé 2h, nous nous installons épuisées

Offshore – Petros Markaris

LIRE POUR LA GRECE

Je lis avec toujours grand bonheur les polars  de Petros Markaris pour le plaisir d’un bon polar, bien sûr., il n’est pas obligatoire de connaître Athènes et  la Grèce pour suivre l’intrigue bien conduite.

Je me suis attachée au Commissaire Charitos, humain, perspicace, mais surtout tenace, qui ne lâche pas l’affaire même si, plus haut,  on lui intime l’ordre d’abandonner. J’ai vu Katarina, sa fille, se marier, faire carrière comme avocate et juriste, Adriani, sa femme, parfaite maîtresse de maison, mitonner ses petits plats pour réjouir sa famille, même dans les moments les plus difficiles. J’ai suivi Zissis, l’ancien communiste, toujours au service de la bonne cause… Tous ces personnages racontent une Grèce actuelle, plutôt traditionnelle pour Adriani, plus moderne pour Katarina et son mari, aux prises avec la Crise. Comme souvent, l’auteur de polar fait mieux sentir le quotidien que le sociologue ou le journaliste.

Justement! quand Offshore débute, la Crise est terminée!

Par quel miracle économique, le salaire des fonctionnaires est-il augmenté? L’optimisme gagne les consommateurs. Les voitures ressortent et les embouteillages de fin de week-end paralysent les routes comme au bon vieux temps d’avant la Crise.

Ainsi commence le roman, dans l’enthousiasme béat de la Croissance retrouvée. Sauf que les homicides suspects se succèdent : Lalopoulos, impliqué dans des affaires de pots de vin, de marinas et de blanchiment d’argent est une victime bien ordinaire et l’affaire ne semble pas très compliquée. la seconde victime est un armateur, gros poisson, cet assassinat est une affaire plus délicate.

« C’était qui ce Hardakos? – L’un des grands armateurs que nous ayons; Enfin, façon de parler. Ce n’est pas nous qui ‘avons, mais les Anglais.[…] -On se tue à réclamer les marbres d’Elgin aux Anglais. C’est nos armateurs qu’on devrait récupérer. Si nous avion deux sous de cervelle, c’est ça qu’on leur proposerait : gardez les marbres, rendez les armateurs »

Mais quand on trouve mort un journaliste qui, justement enquêtait sur ces disparitions, ces meurtres qui s’enchaînent embarrassent la hiérarchie et Charitos est démis de l’enquête…..Je n’en dirai pas plus.

Roman prémonitoire! En Grec, Offshore est paru en 2016. Les Panamas papers sont parus presque en même temps!

Et pour une coïncidence, ce n’est pas la seule. « La Grèce est sortie de la Crise! » a-t-on pu lire récemment dans la Presse. Sortie, peut être mais exsangue! La TVA à 24% sur les denrées alimentaires, cela plait peut être aux créanciers, moins au consommateur!

Et si on veut continuer le jeu des ressemblances : que dire de ces politiciens quadragénaire du mouvement ETSI qui ont quitté tous les partis, ni-droite/ni-gauche…jeunes affranchis de toute idéologie….qui subventionnent les entreprises , mais pas les retraités…

« tu as des nouvelles pour les retraites? demande Zissis-« elles attendront. On dit qu’on va d’abord stimuler les investissements, pour doter la croissance et l’emploi, quant aux retraites on verra plus  tard. »[….]-« Lambros, toi qui as tout vu et tout vécu, lui dis-je plaisantant à moitié, as-tu découvert quelque part d’où vient l’argent? » – « Toi qui es chrétien, tu ne devrais pas me poser cette question, » répond-il sérieusement – Pourquoi? – « parce que les Écritures saintes ne cessent de répéter qu’on n’a pas besoin de savoir. « crois et ne cherche pas » qu’est-ce que cela veut dire? crois que tu vas recevoir et ne te demande pas d’où. Et « Donne-nous notre pain quotidien »? Seigneur, donne-moi à manger, peu m’importe où tu trouveras mon pain demain …. »

Non seulement Markaris décrit avec vivacité le quotidien des Athéniens, mais il le fait avec humour, et j’ai beaucoup souri et même ri.

 

 

 

 

Lionas

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Lionas

Halte à Halki, dernière occasion de visiter cette ancienne capitale de Naxos. Petites ruelles aux maisons blanches, dallées et ornées. Jolis restaurants et kafénéios qui ont installé les tables dans les ruelles. Boutique de produits locaux : herbes de Naxos conditionnées comme des thés de Luxe, sous de beaux emballages tous les mélanges d’aromates : pour le poisson, pour les grillades, tisanes….Textiles artisanaux. Cartes postales. Il y a même une belle galerie qui expose des photos d’art. Pots de basilic. Un village parfait pour le tourisme.

jardins sur le bord de la route

Nous reprenons la route touristique par Moni, Koronos, Stavros…A Sifones (village invisible de la route) au-dessus de Moni, je m’arrête pour admirer les jardins : haricots ramés, courgettes en fleur, patato naxou, sur des terrasses suspendues. Je me gave du parfum des genêts qui domine. Après Stavros Keramotis une pléiade d’îles se découvrent à notre vue. De là, la petite route descend en lacets vers Lionas.

Tunnels d’émeri

Galeries de l’émeri

Dès les premières centaines de mètres nous passons devant l’ouverture des tunnels des mines d’émeri. Un peu plus loin, nous découvrons les installations similaires à celles de Moutsouna, cables, et bennes, tas de roches noires. La montagne est un véritable gruyère. On imagine entendre les pics résonner. Ce ne sont que les clochettes des chèvres qui recherchent l’ombre. Un chevreau est installé sur le banc de l’abribus. La route dévalle 650 de dénivelé en quelques kilomètres. Je descends à pied pour profiter du paysage ; A un détour, du vert et les maisons blanches agrippées aux pentes : le minuscule village de Lionas.

les mines d’émeri

Le Guide Vert est très injuste. Il expédie son commentaire en une seule expression « la décevante plage de Lionas ». nous n’avons pas été déçues, au contraire ! Des petis galets blancs parsèment le sable gris et le sable noir. L’eau est merveilleuse. Il y a quelques tamaris pour l’ombre. Rien ne vient troubler l’harmonie naturelle.

Deux tavernes ont perché leurs tables sur une estrade. Du haut de la première la patronne nous fait de grands gestes de bienvenue pour nous attirer, nappes rouges à carreaux La seconde carreaux bleus et blancs est mieux placée, plus près de l’eau…

Trois dames du village devisent tranquillement dans l’eau, elles m’accueillent cordialement. Elles sont remplacées plus tard par trois messieurs qui se rafraîchissent pendant que les dames sèchent sous le tamaris. Un peu plus tard, deux jeunes, masques et tubas, nagent le long des rochers. Je fais le « tour de la piscine » de la plage aux rochers qui bornent la baie, puis en face vers les dernières maisons du village. Calme absolu. L’eau ne frémit même pas.

plage de Lionas

Nous choisissons la taverne bleue plus proche de l’eau appelée NTOYZENIA (traduction ?) ; le couple qui tient le restaurant est aux petits soins :  nous apporte deux verres de raki deux grand verres d’eau. Nous commandons tomates et poivrons farcis et un demi kilo de retsina dans une mesure métallique rouge, une carafe d’eau fraiche ; Nous visitons la cuisine décorée de photos des enfants, bébés puis adultes, 5 grands garçons avec des fusils (chasseurs ou militaires ?). Des photos délavées montrent un tsunami qui a envahi la baie. La musique et entraînante comme nous filmons la dame fait mine de danser. On nous offre le dessert : de la pastèque coupée ; c’est un peu gênant : nous n’avons pris que des tomates farcies (5.5€) : On se quitte avec des embrassades Nous avons passé un excellent moment ; Le tourisme de masse n’a pas encore gâché ce coin perdu.

L’arbre sec : notre repère sur la route de Sagri

Grande lessive avant de faire la valise. Je fais mes adieux à l’épicerie Kolona où on nous offre des magnets de frigidaire .

Dernier coucher de soleil sur Paros. Demain le départ !

 

 

« Les racines poussent aussi dans le béton » Kader Attia au MACVAL

Exposition temporaire au MACVAL (Vitry) jusqu’au 16 septembre 2018

Skyline

Ne laissez pas filer cette exposition tout à fait passionnante.

Prévoyez du temps et de la disponibilité : deux vidéos de chacune 46 minutes vont sérieusement allonger le temps de la visite. D’autant plus que les autres installations sont aussi intéressantes et ce serait dommage de manquer de temps. C’est donc une exposition tout à fait copieuse.

On entre d’emblée dans le vif du sujet : dans le béton de Sarcelles ou de sa voisine Garges-les-Gonesse où Kader Attia a grandi. Architecture du béton : référence au Corbusier qui se serait inspiré de l’architecture du Sud Algérien pour inventer sa cité radieuse, ayant survolé en avion Ghardaïa.

Coïncidence? Le plasticien est justement d’origine algérienne, comme beaucoup des habitants des cités, de Sarcelles ou de Marseille. Ces racines algériennes trouvent-elles un écho dans les cités-dortoirs? Où de nouvelles racines ont-elles poussé dans ces quartiers? Occasion de faire des montages de photo que j’ai beaucoup apprécié, mix d’architecture de Sarcelles et de Ksour, montages de photos de banlieusards ou d’Algériens. Et pour illustrer ces rapprochements deux films avec Jean Gabin, Pépé le Moko (Duvivier 1937) avec la présentation de la Casbah comme d’une architecture inquiétante et Mélodie en sous-sol(H. Verneuil 1960) et la construction de Sarcelles. Qui de plus enraciné que Gabin avec son pavillon rue Théophile Gautier qui demande son chemin aux maçons immigrés dans le chantier?

couscous

Un paysage de couscous fait comme un tapis circulaire dans une pièce de transition, référence aux racine, le couscous , comme du sable, matériau de construction? Tapis ou paysage? Un peu plus loin, nouvelles références aux origines mélangées que cette bétonnière – allusion au père de l’artiste, constructeur – qui tourne chargée de clous de girofle censé embaumer l’exposition(elle ne tournait pas quand nous sommes passées). Autre référence odorantes, ce plateau de piment rouge entouré de feuilles de menthe. Des pains en galette de semoule sont fichées dans le mur. Univers familial de l’enfant de Garges-les-Gonesse.

cube de sucre

Encore une référence à l’architecture à base de cubes que cette vidéo impressionnante de Sucre et de pétrole où un empilement parfait de sucre blanc est contaminé par une giclée de pétrole noir, s’en imbibe et s’écroule

arrive le pétrole
écroulement

Un autre thème est la réparation; des objets et des corps.

Une vidéo passionnante montre la vidéo de l’arrestation violente de Théo par les forces de police, commentée par 3 personnes, un acteur algérien, un philosophe antillais et un autre antillais. Discours sur le corps de l’émigré, comme il est perçu, à travers le prisme colonial. Comment la vidéo peut être lue, par la presse, par Marine Le Pen, par les habitants des banlieues….comment la violence est perçue. Comment une lecture neutre de la vidéo est impossible. Le corps de l’esclave mis en scène, le corps du danseur, le corps du travailleur. Vidéo très dense, difficile à résumer, d’autant que je n’ai pas pris de notes.

mobilier urbain : barrière anti-migrant

cette barrière symbolise la violence des installations du mobilier urbain faite aux migrants. L’installation doit être envisagée avec des danseurs qui se faufilent dans les interstices, qui s’affrontent à la barrière. Malheureuse nous n’avons vu la performance que filmée (les danseurs ne peuvent pas être présents tout le temps).

Je n’ai pas cité les grandes photos de trans, ni celles des chibanis, ni la vidéo sur la douleur des membres manquants, sur la réparation…. Cette exposition est riche, trop riche, cela nuit un peu à la cohérence. Appréhender le travail d’un artiste dans sa diversité demande un effort au visiteur. Après 2 heures de visite je me sens fatiguée.

Les plages du sud de Naxos

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

Studios Kolonna sur la plage de Mikri Vigla
La plage de Mkri Vigla

 

Au sud de Mikri Vigla les plages de sables alternent avec les rochers qui abritent de jolies petites criques à l’écart de la route principale de Hora à Agiassos. Nous longeons la côte par des petites routes et des pistes.

Kastraki

Deux belles plages : Zahara et Glyfada. Les maisons de vacances sont dispersées sans logique apparente dans des jardins ; A l’arrière de Glyfada une lagune asséchée ouo des marais salants s’interposent entre la plage et la route.

Alyko bay

Alyko

La forêt de cèdres

Ce cap rocheux portant une « forêt de cèdres » de 88 ha . Ces cèdres (ceddar en anglais) ne sont pas des cèdres mais des genévriers. Ils ont un tronc épais (jusqu’à 1m de diamètre et 6 m de haut) et une silhouette d’arbre. Du genre Juniperus est-ce un Genévrier cade ou un Genévrier de Phénicie ? les deux sont cités dans la littérature. J’aurais plutôt qualifié de maquis cette « forêt ». Pendant le régime des Colonels dans le début des années 70, le terrain a été cédé illégalement -semble-t-il – à une compagnie étrangère qui a construit une résidence hôtelière ; Après maints procès, le projet touristique a été abandonné mais il reste les structures de béton.

Street-Art

Les graffeurs se font emparés de ce lieu pour y peindre des graffs, des tags et des œuvres de Street-Art. j’ai vu hier à la Tour Bazeos, une photographie d’une installation de WD à Alyko. J’étais loin d’imaginer qu’Alyko était un site naturel à une douzaine de km de la Tour. J’imaginais une banlieue glauque, des usines en déshérence.

Alyko bay

Le baiser des deux singes, à l’entrée du bâtiment est tout à fait saisissant. WD a consacré une de ses œuvres aux migrants. Sur les murs de l’hôtel abandonné, la bienvenue aux migrants est clairement énoncée. Une série montre un cœur sur le drapeau grec, puis un graffiti affirme :

« L’Europe fait naufrage, l’Afrique se noie » suit le dessin d’un bateau de papier plié et enfin une femme entourée de têtes de morts.

Tous les graffitis sont-ils de cette facture ? j’en doute. Cet endroit étrange donne envie d’écrire une dystopie raconter la fin de la civilisation du tourisme. Ou une histoire de migrants qui échouent et s’installent.  Après avoir filmé les murs, je m’engage sur une piste, découvre les falaises et surtout, nichées dans les falaises, les plus jolies petites criques qui soient. Vides parce qu’il est encore très tôt. Une procession de baigneurs arrive, charriant parasols, chaises pliantes et glacières…

Alyko

 

Plus loin, dans la Baie d’Alyko, il y a encore une grande plage de sable. L’urbanisation est en cours, anarchique, accumulation de cubes blancs ou gris.

La piste fait alors un grand détour autour d’une colline (228 m). On devrait voir une Tour. A l’aller comme au retour nous ne l’avons pas trouvée ;

Aghiassos

La plage d’Aghiassos

Fin de la route venant de Hora et fin de la piste côtière carrossable. Théoriquement elle continue jusqu’à Kalados. Elle doit être en bien mauvais état. Nous ne voulons pas infliger cette épreuve à la petite Fiat Panda.

La plage de sable d’Aghiassos est bordée par des roseaux. Le classement Natura 2000 limitera peut- être la construction. La plage est encore vierge d’installations ; Une buvette a installé deux tables, un petit restaurant, sa terrasse à l’écart. Je me baigne sans craint. L’eau est peu profonde, même loin du rivage.

Psilli Ammos

Sable doré, très fin, plage aménagée avec des lits et des parasols tenue par le restaurant élégants à l’arrière de la piste. Après un bain un peu agité par des bourrasques nous faisons une pause apéro. Café frappé que j’attendais depuis longtemps.

Tour Oskelos

Tour Oskelos

Tour carrée d’architecture vénitienne 17ème siècle, la petite sœur de la Tour Bazeos. Carrée puissante maison fortifiée en cours de restauration. On n’en saura rien de plus.

Déjeuner sur la terrasse ; Nous voulions acheter des feuilletés aux épinards du boulanger, Il n’en reste plus. Dolmas en boîte et salade d’aubergine (en barquette), grosse tomates et olives.

Après-midi balnéaire.  Le vent est tombé. Je peux reprendre mes aller-retours à la nage.

 

Naxos -Tour Bazeos – Exposition du Festival de Naxos

CARNET DES CYCLADES – NAXOS

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Tour Bazeos

La Tour Bazeos est située après Halki sur la route d’Agiassos. L’édifice carré se voit de loin.

Elle est encore ouverte à 16h45 ?

Construit vers 1600, le Monastère Sainte Croix (Timios Stavros) fortifié, d’architecture vénitienne, impressionnant.  Abandonné par les moines en 1834, racheté à l’Etat Grec par la famille Bazeos qui l’a restauré vers 1990.  il accueille le Festival de Naxos.

Dans le cadre du Festival de Naxos, une exposition se tient du 27 mai 2018 au 27 septembre 2018. Cinq plasticiens inspirés par Naxos ont investi la Tour pour une installation intéressante en parfaite harmonie avec le monument.

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Tour BazeosLes artistes :

  • WD -Wild-Drawing vit à Athènes et vient du Street-Art, Patricia Garcia Gomez (USA) photographe, vidéaste s’est intéressée aux sons et « invite les gens à écouter le monde »,
  • Lisa Marie Kaftori (USA) se définit comme sculptrice, sociale et artiste écologique,
  • Aris Marakis (Italie)est un sculpteur qui explore la sculpture et le son en créant des « vasophones » produisant des sons d’après l’intraction entre la forme et les vibrations, il vit entre Pavie, Milan et Naxos.
  • Laurent Reynes (Franceà mélange les Arts Plastiques et l’Architecture, combine peinture et sculpture s’inspirant de l’architecture et du paysage.

L’installation

vasophone : Notos
aerophone : Notos

Sur le mur en face de la tour on est accueilli par les aérides : les trois vents Notos, Boreas et zephyrus perchés sur le mur face à la tour sont des vasophones. Boreas aurait dû vibrer aujourd’hui peut être lui faut-il plus que la « Jolie Brise » pour produire un son perceptible.

temple des dieux oubliés

Le travail de Laurent Reynes occupe la pièce d’entrée dans la tour. J’aime beaucoup ses temples aux dieux oubliés,. Alors que les dieux de l’Olympe ont leurs sanctuaires, certains « dieux » – héros de notre culture n’ont pas d’édifice qui leur serait dédié. Reynes a donc construit trois maquettes en belles plaques de marbre blanc en l’honneur de Sisyphe, Ulysse et Ictinos (l’architecte du Parthénon). Volumes élégants, matière séduisante (marbre blanc de Naxos). L’ensemble est coloré par le Diptyque de Naxos : deux tableaux dans les bleus et les verts évoquant la mer, les algues, les poissons. J’ai moins aimé la seconde installation à l’étage : l’artiste a suspendu des galets par des fils de nylon aux poutres du plafond.  quoique le texte les accompagnant m’a bien intéressée.

Diptyque de Naxos

Aerials

Les pierres voyagent dans le temps et l’espace. L’érosion les déplace, modifie leur aspect physique, les pousse à aller plus loin [….]

La forme et l’histoire des cailloux contiennent notre terre et plus que cela encore

Ghost of Medusa

A ‘arrière des temples aux dieux oubliés, une pièce aveugle est occupée par Ghost of Medusa de Collin Mura-Smith (USA) : un bateau blanc repose sur un océan de bouteilles d’eau dans la pénombre. L’installation est sonorisée par la vidéo de Patricia Garcia Gomez, bruits de vagues accompagnant trois images de vagues et de baigneurs. Un accompagnement très planant pour ce fantôme blanc.

Le travail de Lisa Marie Kaftori  Winged Word s’inspire de la calligraphie

Des sortes de calligrammes sont gravés sur des plaques de marbre blanc

Winged words

Words

Fly

Fly

La Foret Naxienne de Patricia Garcia Gomez est accompagnée par une vidéo. Cette « foret » sèche est composée d’épineux, de chardons, une vieille porte et des débris de jarre cassée l’accompagnent. Mon impression de Naxos est beaucoup plus verte. Ceci correspond peut-être à une saison plus tardive et desséchée.

Forêt naxienne

La visite se termine au deuxième étage dans une grande salle exposant les tableaux très colorés de WD que je n’ai pas beaucoup apprécié en dehors de la photo prise à Alyko.

WD – Street-Art à Alyko
WD Street art à Aliko