Douleur – Zeruya Shalev

LITTÉRATURE ISRAÉLIENNE

Avec un titre pareil : Douleur, on ne s’attend pas à une bluette, ni à un de ces feel-good-books, nouvelle catégorie de livres que je fuis.

Iris a été victime dix ans plus tôt d’un attentat à Jérusalem. Ne vous attendez pas à un livre sur le terrorisme,  aucun voyeurisme  du genre de celui qui s’étale à longueur de journée à la télévision. On neconnaîtra pas ni l’identité des terroristes, ni leurs revendications. Ce n’est pas le sujet. S’il y a culpabilité, c’est plutôt les membres de la cellule familiale qui l’endossent, si le gamin n’avait pas traîné aux cabinets, si la gamine n’avait pas réclamé une coiffure sophistiquée, si le mari avait conduit les enfants à l’école ce matin là, Iris ne se serait pas trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment…..

Le corps brisé, Iris mettra de longues années à se reconstruire. Dix ans plus tard la douleur est telle qu’elle retourne consulter. Et qu’elle reconnait dans le médecin, Eithan, son premier amour. Douleur est un livre d’amour. L’amour sous différentes facettes, premier amour adolescent, amour conjugal raisonnable et routinier, amour-passion, amour maternel, filial. Tous ces amours se conjuguent, se contrarient, s’additionnent.

La douleur d’Iris, est elle celle de son corps meurtri? Ou celle de la rupture à dix-sept ans qui l’a plongée dans une profonde dépression?

Zeruya Shalev dissèque avec une précision d’entomologiste les rapports familiaux. Elle démonte les ressorts de la psychologie d’une femme mûre avec son passé familial, ses déceptions et ses réussites professionnelles. Déjà, à la lecture de Ce qui reste de nos vies (2011 en hébreu, 2014 Prix Fémina), j’avais ressenti le livre comme agaçant, à la manière d’un fruit trop vert, trop acide. J’ai lu deux fois Théra qui s’attache plus au séisme de la rupture d’un couple qu’à l’archéologie de Santorin. Deux lectures loin d’être aimables, et pourtant deux très bons livres.

Zeruya Shalev met en scène le quotidien plutôt banal, elle n’oublie ni les repas, ni les contingences professionnelles. Iris est une amoureuse, mais c’est surtout la directrice d’une école qui cherche à réconcilier la multiculturalité, une fille dont la mère devint gâteuse, la mère d’un grand adolescent, la mère d’une jeune fille enrôlée dans une secte…L’auteur nous fait sentir la complexité et construit une intrigue addictive, comme dans un thriller haletant. Cédera-t-elle à la passion ou à la routine conjugale? arrivera-t-elle à renouer le dialogue avec sa fille?

j’ai lu le gros livre (400 pages) presque d’un trait.

Lire aussi la chronique de Dasola

 

Ille-sur-Têt

CARNET CATALAN

 

46 km de Céret, 50 minutes en passant par l’autoroute A9 du Boulou à Perpignan sud N116 jusqu’à Ille-sur-Têt. Trajet sous le soleil,  avec un vent latéral très gênant sur l’autoroute.

Les orgues de l’Ille-sur-Têt

Les orgues d’Ille-sur-Têt

Les Orgues de l’Ille-sur-Têt sont très bien indiquées. C’est un site très pittoresque. Cheminées de Fées, Demoiselles coiffées, j’affectionne ces curiosités géologiques. J’en ai fait une leçon pour mes élèves de 5ème avec les diapositives de Bulgarie et celles de Théus non loin de Gap. Nous avons visité ce site autrefois et avions rapporté des dizaines de photographies.

Les orgues d’Ille-sur-Têt

Le petit livret d’accompagnement est très bien fait. Il explique, bien sûr, le processus de formation des orgues; il donne aussi des renseignements sur la faune, la flore. Le parking se trouve éloigné de près d’un kilomètre du site. Occasion d’une promenade tranquille sur un sentier qui suit le cours d’un ruisseau à moins que ce soit plutôt le ruisseau qui ait envahi la piste. Le site a été enclos et protégé par un dispositif de cordes qu’il ne faut pas franchir, je n’ai pas le souvenir de tout cela autrefois. Il est entretenu comme un parc avec des bancs de pierre, une maquette et des buissons de pistachiers taillés. La lumière est belle même si du côté des Corbières le ciel soit gris menaçant. Vers le Sud le massif du Canigou étincelle sous le soleil.

Les orgues sur un ciel menaçant

Les orgues sont composés de sable jaune et d’argile blanches. Le conglomérat qui les protège est plus brun- gris. Les arbres poussant au sommet confèrent une touche asiatique comme dans les peintures chinoises. Quelquefois, on voit des perforations, des fenêtres tandis qu’une colonne se sépare de l’ensemble, formant les colonnes isolées des orgues.

Casesnoves

La chapelle de Casesnoves dans les oliviers
La chapelle de Casesnoves

Au rond-point, une flèche indique la chapelle de Casesnoves. Le nom m’inspire, il me semble l’avoir rencontré quelque part. La petite route s’engage le long de la rivière Têt qui est large et ressemble à un plan d’eau avec des rochers ronds et blancs qui émergent. De grands arbres bordent la rivière et cachent le ravin de sable et d’argile analogue à l’affleurement des orgues. On débouche dans les vergers de pêchers en fleurs roses. Le hameau de Casesnoves domine les plantations, une tour carrée, des maisons en ruine. Dans les oliviers, on découvre la petite église Saint Sauveur avec son mur-clocher. La chapelle st fermée. Il n’y a plus rien à y voir, les fresques ont été vendues ! L’église fut construite en 1050 et la tour à la fin du 11ème siècle. Ravies de cette petite excursion, nous retournons à Ille-sur-Têt.

Ille-sur Têt

la ville de l’Ille-sur-Têt

Du pont qui enjambe le Têt, on découvre la petite ville et sa  grande tour carrée de l’église. La circulation automobile est impossible dans le centre historique, nous laissons la voiture au parking près de la Fontaine de la ville à l’extérieur des remparts construits de cailloux roulés. Les Hospici de Illa sont bien fléchés, mais un peu loin. J’ai donc l’occasion de tournicoter dans les ruelles sinueuses qui contournent la grande église Saint Etienne. Je passe devant une grosse tour : la Tour Alexis, découvre la charmante petite place del Ram avec la fontaine adossée au mur latéral de l’église. Un curieux personnage El Cagaïre, d’après sa position intéressante, j’arrive aux hospices.

El Monuments : décors amovibles pour Pâques

Les Hospices d’Ille

Ces hospices ont été fondés au 13ème siècle. Ils étaient destinés à héberger les indigents et les voyageurs. Une trentaine de personnes étaient logés et nourris gratuitement par des religieux et des laïcs. En contrepartie ils devaient prier pour les âmes des donateurs. Des cellules étaient alignées sur deux étages de part et d’autre d’une allée. Les expositions sont installées dans les alcôves. A l’étage les collections permanentes d’objets divers, liturgiques ou profanes

Le rez de chaussée est dédié aux retables catalans. Le visiteur saura tout sur les retables baroques, aussi bien les symboles religieux que les techniques de sculpture ou de dorures. Les personnages sculptés témoignent de l’importance du culte des saints, les grappes de raisin figurant le sang du Christ, les colonnes torses typiques des retables catalans…

Une exposition temporaire présente El Monuments ces décors amovibles de la Semaine Sainte que les hommes installaient le mercredi saint tandis que els femmes décoraient l’église. Jeudi Saint les cloches étaient muettes, ls enfants annonçaient l’office avec des crécelles. Aux mots « Matar el Jueis » un vacarme épouvantable retentissait dans l’église destiné à chasser les Juifs considérés responsable du martyr du Christ. Ces pratiques se sont déroulées jusqu’en 1940 dans les années 50 et 60 elles cessèrent en contradiction avec les nouvelles idées.

Les Monuments éteint des décors de type théâtral, des toiles peintes sur des châssis, en forme d’arc de triomphe.

Dans la sacristie on a installé des répliques des fresques de Casesnoves. Un vidéogramme raconte l’histoire de la vente de ces fresques découvertes en 1953 et vendues et dispersées. Cette histoire me fait penser à celles des chapiteaux de Saint Genis !

Retour sous le soleil déclinant, la chaîne des Albères a été saupoudrée la nuit dernière de neige, le Canigou en est couvert. Nous nous arrêtons sur l’aire d’autoroute du village catalan pour filmer les crêtes.

 

Céret, premières promenades

CARNET CATALAN

Céret

Samedi, la pluie a gâché cette arrivée à Céret, c’est donc une exploration.

J’ai franchi le Tech sur le Pont du Diable très haut, très fin et très arqué (belle description de Mérimée) fermé à la circulation et piétonnier.

Persuadée de trouver le centre de la ville en montant, je suis allée au hasard et je me suis perdue. Céret est un village très pittoresque qui a inspiré les fauves et les cubistes au début du 20ème siècle. Maintenant,  le bourg a grossi de quartiers périphériques à flanc des pentes. La topographie, la présence de ruisseaux dans des ravins, complique l’orientation. J’arrive dans des rues qui tournent et qui n’aboutissent nulle part. Difficile de me repérer sur le plan qui ne comporte pas le relief. Il y a des pentes, des marches, la signalisation routière ne m’est d’aucune aide. Enfin, je descends des marches, en grimpe d’autres et me trouve enfin proche du centre en face d’un curieux monument qui m’évoque d’abord un monument aux morts, un panneau me détrompe : c’est une fontaine : le Monument au Canal d’Arrosage, bien pacifique commémoration !

Monument au canal d’arrosage

Une promenade dans le centre-ville est balisée avec des panneaux explicatifs ; je peux enfin me repérer ! et remonte la Rue Saint Ferréol très commerçante. Une librairie d’occasion m’attire. Les prix sont dérisoires et les livres classés très soigneusement. Je trouve un Kazantzakis introuvable, une jolie édition de Cavafy et enfin Douleur de Zeruya Shalev au tiers du prix neuf, moitié moins que le téléchargement que j’avais prévu. Le libraire est très aimable, je retournerai sûrement dans sa librairie au nom de » Ivre de livres « (comme un blog que je connais !).

J’arrive sur la place de la République devant la monumentale Porte de France. J’entre dans le Musée d’Art moderne de Céret qui est très vaste, il est 11 heures, je reviendrai un autre jour, plus tôt.

Les petites rues ont des noms de peintres, Chaïm Soutine, rue Juan Gris, rue Manolo…. Les ruelles me conduisent à l’église Saint Pierre, à la façade soignée mais à l’intérieur plutôt décevant (le contraire des églises que j’ai visitées à Collioure et à Saint Genis.  Certaines galeries de peinture sont fermées mais pas toutes ; je suis très bien accueillie dans l’une d’elles qui expose des sculptures sur marbre d’un sculpteur de Perpignan, des ferronneries, des photos…..Je reviendrai à Céret,  par temps ensoleillé pour les photos. J’espère ne plus perdre de temps dans les quartiers neufs pour faire une véritable visite !

Le soleil fait son apparition vers midi et nous permet de déjeuner dehors sur la table de jardin.

Saint Genis des fontaines

CARNET CATALAN

Saint Génis des Fontaines : Linteau roman

Saint Genis des fontaines se trouve à mi-chemin entre Le Boulou et Argelès en bordure des Albères. Nous retrouvons les vergers fleuris rose vif des pêchers et blancs des cerisiers. J’espère que le gel ne les a pas atteints.

Pêchers
Pêchers

Le cloître et l’église méritent le déplacement. Le linteau du porche de l’église abbatiale est un repère dans la sculpture romane, c’est la plus ancienne sculpture romane datée 1019-1020. De plus il est de toute beauté.

L’abbaye de Saint Genis fut fondée en 780 par Sentimir. Les Arabes avaient quitté le Roussillon vingt années plus tôt. Monastère bénédictin, elle s’augmente d’un cloître au XIIIème siècle. A la Révolution, avec la vente des biens de l’Eglise, elle passe à plusieurs propriétaires qui l’utilisent à diverses fins. Un pilier fut même démonté pour laisser place à un foudre. On a enduit les colonnes. En 1924 -1926, un antiquaire l’a vendu en pièces détachées. Une grande partie a été transportée  au château des Mesnuls (Yvelines) achetée par le banquier roumain Jean Chrissoveloni. Trois chapiteaux ont été conservés au Louvre d’autres à Philadelphie. Seul un propriétaire avait refusé de vendre

Cloître de saint Génis

En 1975-1980, Saint Génis a cherché à reconstituer son patrimoine. Les chapiteaux des Mesnuls et du Louvre sont revenus tandis que des copies sont parvenues de Philadelphie.

chapiteaux romans

Le cloître du 13ème siècle est fait de trois marbres : rose de Villefranche de Conflent, blanc de Céret et noir des Corbières. Les chapiteaux racontent chacun une histoire : Un chapiteau noir porte des visages habités de serpents, tourments de l’enfer ou corruption des corps, un rose raconte la procession de l’abbé qui est entouré de deux clercs . Un autre montre un personnage armé d’un gourdin, un autre tirant une chèvre ; Il y a aussi des animaux : tortues, aigles, chouette. Enfin, des sirènes rappelleraient aux moines qu’ils doivent combattre le mal et en dénoncer les aspects multiformes. La recherche des représentations m’amuse toujours beaucoup.

L’église abbatiale Saint Michel a été d’abord construite au 8ème siècle mais reconstruite à la fin du 11ème siècle et consacrée à nouveau en 1127

Sa nef est haute, assez dépouillée et les retables dorés contrastent comme hier à Collioure.

intérieur baroque

Je termine la visite par l’exposition de peintures Des Pics et des étangs de Gérard Guiot, artiste peintre de la terre du sud ainsi qualifié dans le texte de présentation. Selon ce texte « Gérard Guiot dessine et peint les terres gorgées de soleil et balayées par les vents, le Mistral, la Tramontane, le vent marin. Il vit aujourd’hui à Lunel-Viel dans l’Hérault à deux pas de la Tour de Farges, domaine de François Sabatier où séjourna  en 1850 le peintre Gustave Courbet…. »

GérardGuyot

J’ai bien aimé ces peintures colorées.

Gérard Guyot

Amélie-les-bains, premières impressions

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Céret : le Canigou enneigé
Céret : le Canigou enneigé

Le merle a chanté à 5 heures ce matin, j’ai pensé à Roméo et Juliette ! Peut- être avait-il froid ? Soleil éclatant, neige étincelante sur le Canigou mais le pare-brise était gelé ; il a fallu gratter. Pourvu que les arbres en fleur ns’aient pas trop souffert !

Amélie-les-Bains

Amélie-les bains

Amélie-les-Bains est plus souriante que samedi sous la pluie. Les curistes rejoignent les thermes avec leur sac et pressent le pas. Les boutiques ouvrent les commerçants sortent les vêtements soldés sur des portants. Tourisme vieux ! Chemises de nuit en flanelle des marcels blancs. Heureuse trouvaille, un libraire vend des livres d’occasion : beaucoup de romans à l’eau de rose et Harlequin, sans doute appréciés des curistes, mais aussi des beaux livres, même Citadelle et Mazenod. Je retournerai sûrement fureter !  Amélie vit encore au 20ème siècle, pas de boutiques « de marques » à la mode, pas de téléphones mobiles, un photographe, des souvenirs à l’ancienne. Le bijoutier est spécialisé dans les grenats, de toute beauté et originaux ! De nombreux restaurants proposent des menus à des prix raisonnables.

Je commence par explorer la petite ville toute en longueur le long de la Tech. La circulation est en sens unique : on monte le long de la rivière et on redescend par l’avenue du Vallespir : la route principale. Les établissements thermaux dominent la ville : en voiture, il faut faire une grande boucle ; à pied une rue pentue y conduit. Une petite église se trouve à mi- pente. Si les boutiques rappellent les années 60, l’architecture est encore plus ancienne, début de 20ème siècle. Toits pointus, balcons tarabiscotés, décoration de carreaux de céramique.

J’arrive au bord de la rivière, une promenade est aménagée dans un parc puis le sentier continue plus sauvage parmi les buissons. Le torrent a emporté deux personnes en 2011 dans une crue, le sentier s’arrête et la promenade tourne court.

Nous déjeunons au gîte sur la table de jardin au soleil.

 

Collioure : Fort Saint Elme

CARNET CATALAN

Fort saint Elme

Pour pique-niquer, changement de décor : le Fort Saint Elme perché sur une colline à 160 m d’altitude, accessible en voiture.Très jolie balade dans les vignes de Banyuls sur des terrasses petites et très soignée. La route très étroite, est à sens unique, mais nous ne le savions pas. Un peu d’excitation, et si quelqu’un venait en sens inverse ? Nous nous arrêtons pour des photos, avec les ceps en premier plan, avec un arbre tout blanc (peut être un poirier ?) des genêts jaunes…La route décrit une grande boucle passe devant un autre fort : le fort Dugommier moins imposant que le Fort Saint Elme.

Les vignobles de Collioure et de Banyuls

Devant le Fort Saint Elme,  il y a un petit parking, en saison un petit train y accède, pas aujourd’hui. La plupart des visiteurs sont venus à pied par le sentier (30 minutes à la montée raide, 15 environ pour descendre).

banyuls cep de vigne

La visite n’est pas guidée mais commentée. Le gardien me raconte l’histoire du fort : au début les Maures avaient construit une tour pour surveiller la terre et la mer. Il existe d’autres tours dans la région La tour Madeloc(656 m) et la Tour  de la Massane(800m) qui sont des tours à signaux. L’une d’elle est surnommée en catalan la tour du diable à cause de l’essaim de chauve- souris qui s’en échappent par temps d’orage. Charles Quint décida de restructurer les défenses de Collioure et fit entourer la Tour d’une enceinte en étoile à 6 pointes et d’installer des pièces d’artillerie. En 1552 les travaux furent achevés. Plus tard Vauban améliora la forteresse en construisant une troisième enceinte.

armure dans l’escalier

Après le tour des extérieurs, le gardien complète les explications à la base des marches « coupe-souffle » que l’ennemi devait monter en file indienne chargé de son équipement, d’au moins une dizaine de kg. Des portes très étroites devaient l’obliger à ralentir. Au premier pont-levis des archers gardaient la porte. Un carreau tiré sur le premier assaillant faisait chuter les autres selon l’ »effet-domino ».  Des assommoirs étaient  prévus à la deuxième porte, tandis que, par les meurtrières, ont pouvait lancer toutes sortes de projectiles ; pas d’huile bouillante ni d’eau selon mon conteur ce sont des matières bien trop précieuses pour les gardiens de la forteresse, plutôt de la poix (résine) et des cailloux. La tour était donc imprenable (elle fut quand même prise une fois).

Après la « pénible » montée je découvre le petit musée avec des cottes de mailles, des armures des casques dont beaucoup de morions espagnols.

De nombreux panneaux délivrent un cours d’histoire . Charles Quint (le bâtisseur du fort) ses possessions, ses voyages, son blason… . Soliman, autre un personnage marquant avec ses corsaires (j’ai retrouvé Barberousse et le célèbre Dragut (rencontré à Malte et à Djerba) .

En revanche, François 1er joue le mauvais rôle,  traître qui n’est pas de parole allié des Turcs.

Le siège du fort de Salses

Une surprise pour moi : la Fresque du Moli dels Frares,   découverte en 1997 en Espagne près de Valence,  illustre la Guerre de Trente ans (1618-1648) en Catalogne du nord ainsi que les différents sièges de la Forteresse de Salses. Son auteur semble être un italien.

La descente sur Collioure est une très agréable promenade qui passe par le Moulin de Collioure. Il est très ancien, on conserve la preuve que « le chevalier Raymond de Toulouse, procureur du Roi de Majorque, céda à Jacques Ermengard la parcelle pour y édifier un moulin à grain.

Musée de Collioure

Le sentier continue dans une olivaie et arrive au musée au milieu d’un joli jardin avec des arcades comme un cloître.

Exposition temporaire Jacques Capdeville: Les Nanas

Nana Jacques Capdeville
nana dejacques Capdeville

De grands tableaux souvent sur des toiles sans cadre représentent le visage d’une femme sur un fond le plus souvent laissé blanc, de grands yeux dépassent du visage, cils et sourcils hérissés, cheveux en toupet ou en pétard ; elles tirent la langue. Certaines sont blondes aux yeux bleus. D’autres sont noires. Toutes les Nanas ont un sacré caractère. Je les aime bien mais je trouve l’exposition un peu répétitive. Je regrette l’absence des collections permanentes. Certes, je n’ai pas été privée de Collioure après la grande exposition Derain à Pompidou.

Nana de Jacques Capdeville

Collioure le village et le château royal

CARNET CATALAN

Le fort de Collioure

Au réveil, pas un nuage ; allons voir la mer !

Collioure, 36 km en passant par le Boulou,  sur des voies rapides parallèlement à la chaîne des Albères. Les sommets sont saupoudrés de neige, tandis que derrière nous, le Canigou est bien blanc. De chaque côté de la route, des vergers de pêchers fleurissent rose, c’est une merveille ! j’espère seulement qu’ils ne pâtissent pas des températures frisquettes de ce matin. Les mimosas sont encore jaunes. On a taillé les vignes, les ceps sont bien propres, alignés sur les restanques.

9h30, sur le bord de l’eau, déjà, le parking face à la mer est complet. Nous garons la voiture sur le glacis sous le fort au parking payant même le dimanche.

Première promenade est au bord de l’eau.

Le fort vu des remparts
Le fort vu des remparts

La mer est agitée, de jolies crêtes blanches décorent le bleu profond, des vagues viennent se briser sur les rochers de schiste. L’air est comme lavé, les couleurs des maisons sont ravivées sous le soleil du matin. Un ruban dallé et cimenté court sous les murs du château royal.  Un musicien joue  d’une curieuse guitare électrique. Les passants prennent le soleil en dépit de la température. Une dame mûre est bras nus.  Un jeune homme frime en maillot, il va à l’eau pour la photo que sa copine prend en vitesse. Les restaurants proposent des « formules-petit-déjeuner ».

Soleil porté – Francesca Cardana
le fort de colliourex

Sur la bande de ciment sous le fort, une sculpture Soleil Porté – monument rappelant qu’en 1493, partirent de Collioure les 39 derniers Juifs non convertis, familles G.N. Mossé, Fuentes, Asday, Stelina, Bendit, ….

Collioure soleil porté

L’église Notre Dame des Anges

Du dehors Notre Dame des Anges est très sobre, accompagnée de son clocher rond coiffé de rouge qui ressemble à un phare.

Notre dame des anges
Collioure Notre Dame des Anges

A l’intérieur, l ’église est très sombre. J’ai envie de voir les riches retables de style catalan (beaucoup de dorures, des colonnes torsadées, grappes de raisin). On peut éclairer le grand retable du chœur. Comme je ne trouve pas de pièce d’1€, je demande à deux dames espagnoles de faire de la monnaie de 2€, l’une d’elle fouille dans son sac et me tend deux pièces. Quand elle voit que je glisse la pièce dans la minuterie pour illuminer le chœur, elle se précipite pour me donner une pièce ! Mon téléphone claironne sa musique arabe. Confuse je cours vers la sortie pour prendre l’appel. J’ai loupé le retable illuminé!

La promenade se poursuit sur une passerelle jusqu’à la petite chapelle et jusqu’au petit phare sur la jetée. Le vent souffle très fort.

histoire récente !

A l’entrée du Château, une plaque commémorative rappelle le souvenir des Républicains espagnols  de la Retirada qui furent incarcérés dans le château devenu prison en 1939. Un peu avant une autre plaque rappelle les « chemins de la Liberté », plus tard en 1943 quand les juifs tentèrent de passer en Espagne par les chemins des Albères.

Le Château Royal , histoire ancienne,

Le Château fut d’abord construit au 7ème siècle, cité en 672. En 1207, le Roi Pierre II d’Aragon céda la place aux Templiers, qui passa aux Hospitaliers après 1312 à la suppression de l’ordre des Templiers. Le château royal fut construit en 1242, devenant résidence princière du Roi de Majorque et de sa femme Marie de Montpellier.  Au XVème siècle, il devint une forteresse abritant une garnison.

Collioure : château

Sans attendre la visite guidée, je m’engage un peu au hasard, monte une rampe sous une haute voûte pour arriver dans la place d’armes petite et un peu biscornue. Dans les salles et dans la chapelle on a installé une Exposition Art sacré 66 par la Confraria de la Sanch de Cotliure. Cette année, le thème est l’Eucharistie. J’ai bien aimé la sculpture de Loussyane : Vision du cœur. Des peintures un peu naïves de la Cène, les hosties, un tableau inspiré par Leonard de Vinci ou de Dali, je n’ai rien retenu.

Bonduau
Bonduau

La chapelle est occupée par un seul peintre Jean Luc Bonduau Qui a peint deux tableaux sur le thème imposé avec une Cène mais qui a surtout peint des personnages joyeux, même si on peut imaginer des migrants. « Ils portent leurs enfants et leur mémoire » explique l’artiste devant un tableau d’un bateau surchargés de personnes, dans un autre une foule court, on dirait qu’ils débordent du cadre du tableau. J’ai bien aimé cette peinture bienveillante, souriante même dans le tragique.

Bonduau

J’ai repris au hasard ma promenade, suivant les remparts dans des angles très aigus, dans un parcours bizarre. J’ai emprunté des souterrains et me suis retrouvée à nouveau dans la place d’arme. J’ai bien aimé l’hétérogénéité des matériaux de construction : murs de schistes avec des moellons plats, gros blocs de basalte noirs dans les coins ou dans les encadrements, briques oranges, galets ronds pavant le sol…

 

Nous étions l’avenir – Yaël Neeman

ISRAEL

Yaël Neeman est née au kibboutz Yehi’am et raconte son

enfance et son adolescence.

Je suis incapable de’écrire un billet objectif.

J’ai passé l’année 1973 à Yehi’am. C’est dans la salle à manger de Yehi’am que nous avons appris le début de la Guerre de Kippour , devant un tcholent, nous ne jeûnions pas… j’ai sûrement croisé Yaël…Ce livre remue tant de souvenirs.

Cette lecture  fait revivre ce temps-là, il mesure aussi l’oubli après 45 ans.

« Pour nous autres, les enfants, les gens les plus importants étaient parfois différents de ceux qui étaient immortalisés par l’histoire officielle du kibboutz, consignés dans le Livre d’Or ou dans les œuvres commémoratives. Dès notre enfance, nous savions que dans notre kibboutz, comme dans tous les kibboutzim depuis le Lac de Tibériade jusqu’au Néguev, il existait un système de rotation qui permettait le roulement des postes « supérieurs » très demandés comme secrétaire du kibboutz, secrétaire économique.

Nous n’avions pas compris à l’époque, ni d’ailleurs plus tard que cette rotation ne s’appliquait pas aux autres postes; par exemple personne ne postulait au poste de blanchisseuse, personne ne convoitait le travail de Sisyphe des éplucheuses de pommes de terre…. »

De confronter aussi les points de vue si différents, entre les enfants nés au kibboutz, les « enfants du rêve » et les nouveaux immigrants nourris d’idéologie et de rêve, venus du Mouvement de jeunesse de France… Étrange qu’une si petite société de moins de 500 habitants, en principe tous politiquement très proches,  partageant la même salle à manger, les mêmes pelouses, qui travaillant ensemble, soit formée de couches aussi hétérogènes qui se mélangeaient assez peu. Je n’ai que très peu de souvenirs d’avoir vraiment discuté avec les adolescents, les Hongrois nous étaient assez étrangers, ils avaient aussi leurs préjugés vis-à vis de nous….Nous vivions en cercle très étroit et très fermé, les enfants aussi d’après le livre qui ne partageaient pas leurs secrets, ni avec les adultes ni même avec les enfants plus âgés.

Étrange de n’avoir rien soupçonné de la vie sociale des maisons d’enfants, mes rapports avec eux se limitaient au pliage du linge, au lavage du sol et à la distribution des repas…

J’avais un point de vue radicalement opposé des rapports familiaux. Ceux qui n’avaient pas d’enfants n’osaient pas troubler les retrouvailles quotidiennes parents-enfants. Je considérais ces moments comme très privilégiés et je trouvais un véritable mimétisme entre les grands et les petits (les grands, débarrassés de toute corvée d’éducation ou plutôt d’élevage, n’avaient que les bons côtés de leurs enfants). Yaël Neeman n’est pas de cet avis, elle raconte son enfance dans le groupe et parle avec beaucoup de détachement de ses « parents biologiques ».

J’avais idéalisé l’éducation scolaire sans contrainte. Yaël démythifie l’enseignement, tout au moins secondaire où ils n’apprenaient pas grand chose.

Tout occupés que nous étions à notre « intégration« , nous sommes passés (ou tout au moins moi) à côté de nombreuses choses. Je suis heureuse d’apprendre maintenant l’histoire complète de Yehi’am, de savoir comment on a transformé en un jardin ce qui n’était que rocher stérile.

J’ai retrouvé quand même beaucoup de souvenirs (y compris les mauvais comme le dentiste de Nahariya que je détestais au moins autant que les enfants), le travail des champs, les avocats, les bananes.  Le travail comme un accomplissement, comme but ultime. Les 35 heures étaient vite dépassées : 8 heures au moins chaque jour, plus les corvées à se partager, les animaux, les vaisselles le samedi, les urgences au moment des récoltes…. Cela fait au moins 82 heures et les RTT jamais prises. Les jours passés à l' »appartement » de Tel Aviv avec les sorties. Le cinéma, les efforts de mes camarades français pour élever la vie culturelle, reconnus par Yaël.

Moi aussi, j’ai déserté l’utopie, pour d’autres raisons..

« La beauté de notre kibboutz était indescriptible. Il était impossible de s’y habituer. Nous pensions que nous n’en étions pas dignes, tout comme nous n’étions pas dignes du système. Qui pourrait dire non à une tentative de fonder un monde meilleur, un monde d’égalité et de justice? Nous n’avons pas dit non. Nous avons déserté…. » 

le château de Salses et l’arrivée à Céret

CARNET CATALAN

Château de Salses

Au réveil, le ciel est dégagé. Il a plu la nuit dernière, le petit pêcher et le citronnier qui a subi un traitement anti-cochenilles au savon et au digestif, ont été lavés. Il faudra traiter à nouveau, les cochenilles n’ont pas toutes disparu.

Il est très facile de quitter Montpellier par l’autoroute malheureusement encombrée de nombreux camions. Toute l’Europe s’y croise, deux camions bulgares, un roumain, un car pour Agadir, beaucoup de camions réfrigérés espagnols et portugais, des polonais….on les a doublés un peu trop vite (limite 90km/h, flashées à 92 !).

185 km séparent Montpellier de Céret, presque une promenade. Près de Gigean, une barre blanche, lointaine, à l’horizon : je crois à un banc de nuages. Les crêtes se précisent : le Canigou se détache. Son apparition est toujours un choc, une grande beauté. Dans les vignes, on travaille. Le paysage est varié : pins maritimes sur les collines, étangs avec des bouchots, un clocher carré, des pêchers en fleur un village…rapidement Narbonne. Et toujours la présence du Canigou enneigé ! Mais pour le prendre en photo il ne faut pas tarder parce qu’il s’encapuchonne d’un gros nuage gris. Pour la photo, nous nous arrêtons sur l’Aire de repos de Salses et j’ai la surprise de découvrir un panneau « promenade et château ».

Château de Salses

Salse dans les amandiers

Je n’avais pas imaginé qu’on puisse visiter le château de Salses sans quitter l’autoroute! Il est niché dans un creux. De l’autoroute, un cheminement en ciment et briques passe sous l’autoroute. De petits muscaris, des asphodèles pas encore écloses, des violettes, on a planté des buissons de romarin qui fleurissent bleu. Je passe un portillon et arrive dans la colline plantée d’oliviers et d’amandiers dont la floraison se termine. Le château de briques roses surgit, émergeant à peine de profondes douves d’un vert éclatant en cette saison. J’essaie de cadrer la photo avec une fine tourelle entre deux rameaux d’amandier fleuris. L’appareil choisit de mettre au point sur la tour et les fleurs sont floues.

château de Salse fortifications

La forteresse n’est pas perchée comme un château-fort médiéval, elle semble enterrée au milieu d’un passage stratégique entre l’étang de Leucate et les Corbières au bord de l’antique Via Domitia. ; entre Roussillon et Catalogne, entre Espagne et France,. Viollet-le-Duc et Mérimée en donnent une description détaillée. L’ensemble des bâtiments et fortifications est compliqué, j’ai du mal à l’appréhender.

La visite (8 €) est soit libre soit accompagnée. Comme Dominique m’attend au parking et que mon Pass Education m’offre la gratuité, je fais une courte visite. Je suis impressionnée par l’ampleur de la place d’arme. Les écuries et casernements sont en contre-bas dans de longues pièces sombres accessibles par une rampe qu’on descend. Tony Grand a coulé une étrange sculpture qui est une racine torturée comme un cep de vigne ; occasion de découvrir un plasticien que je ne connaissais pas.

Tony Grand
Tony Grand

Sur deux côtés de la place d’armes, des arcades font de l’ombre. Le sol est soigneusement pavé de gros galets arrondis. Un côté est bordé par le « réduit », donjon appelé Tour de l’Hommage où se trouvaient les bureaux du gouverneur et les appartements des officiers. Au rez de chaussée, jouxtant la boulangerie où l’on cuisait le pain, se trouve une « salle de bain », sorte de hammam profitant de la chaleur du four. On voit les grands bacs taillés dans la pierre et des rigoles pour l’écoulement de l’eau. Une étable et une laiterie complétaient les installations. Le puits avec une petite tourelle était au centre de la cour. Le temps me manquant je ne suis pas allée dans les étages et le regrette ; C’était une belle visite.

Salse entrée

Céret et Amélie sous la pluie

Pour arriver à Céret avant la fermeture de l’office de Tourisme, nous ne ferons pas d’autre arrêt. Le temps s’est gâté. Le Carnaval prévu cette après-midi est annulé. Le pittoresque marché sous les platanes des boulevards est aussi écourté, les marchands remballent la marchandise fragile aux premières gouttes qui tombent. C’est un marché d’artisans et de luxe plutôt qu’un marché alimentaire traditionnel. Je n’y trouve pas les ingrédients nécessaires au pique-nique ni à la soupe du soir. Puisqu’il est trop tôt pour arriver au gîte, et que la pluie ne prête pas à la promenade, nous allons à Amélie-les-bains repérer les Thermes et les rues. Sous la pluie, hors saison, la station thermale est morte, vieillotte et un peu déprimante. Pas un chat dans les rues, des cafés, restaurants et magasins fermés.

Le gîte

notre gîte à Céret

Le gîte ressemble à la photo du contrat : une petite maison précédée d’une grille sous une touffe de plante grimpante, dans un jardin déjà fleuri. Un banc sur le devant, un banc et une table de jardin sur le côté. En revanche, la dame nous avait parlé de 300 mimosas, nous croyions que nous serions dans la campagne, nous sommes dans un quartier tranquille mais très construit près du Pont du Diable aux abords de la ville, moderne sans charme particulier. La dame a allumé un bon feu dans la cheminée qui dégourdit un peu l’atmosphère. Heureusement toutes les pièces sont équipées de convecteurs qui seront encore plus efficaces. Grande salle à manger salon, un grand canapé, un buffet ancien, c’est un gîte à l’ancienne, pas RB&B décoré à l’IKEA ! Et tant mieux. La chambre bleue   est encore plus traditionnelle avec sa commode au-dessus de marbre avec un ensemble de faïence bleue, horloge et deux vases, et une madone bleue. La grande armoire est bien commode. Salle d’eau avec une douche à l’italienne toute neuve. Tout ce qu’il faut dans la cuisine, micro-onde et four électrique, plein de casseroles et de poêles. Nous cuisinerons !

Belles d’Alexandrie – Edouard Al-Kharrat

LIRE POUR L’EGYPTE

Je suis toujours fascinée par Alexandrie des années 1930 à 1950, la ville de Durrell et du Quatuor, celle de Cavafy, Tsirkas,  Stefanakis, Solé, Moustaki….. Égyptienne, bien sûr, mais aussi francophone, italienne, grecque, levantine, britannique…..Ville littéraire mais aussi populaire. Ville qui a été noyée sous le béton d’une corniche-muraille. Sur place, au cours de nos deux séjours, j’ai cherché les traces de cette ville cosmopolite, sans trouver ces souvenirs. Pèlerinage au Cécil sur Saad Zagloul….

Edouard Al-Kharrat est copte. Il raconte des tableaux de sa vie d’enfant, étudiant révolutionnaire, ingénieur et restitue sa part de la ville d’antan, des baignades. Rencontres avec des femmes convoitées, rêvées…. j’ai bien aimé le suivre dans la ville.

Alexandrie 2010

Et, puis, je me suis lassée. Ses histoires lui reviennent sans ordre chronologique. Certains personnages sont récurrents, d’autres disparaissent. J’aurais eu besoin d’une intrigue, d’une histoire pour reconstruire le puzzle. Je me suis intéressée aux luttes contre les britanniques, aux manifestations de rue, mais j’ai besoin de plus de précisions, de dates, pour les suivre. J’ai donc lu, interrompu la lecture, repris, butiné…je me promène dans Alexandrie, puis je prends un polar, pour me laisser emporter par une enquête.