Notre Dame du Bon Secours – Enclos paroissial de Runan
Nous ne sommes pas pressées d’arriver à Saint Malo.
Au lieu d’emprunter la grande route D767 comme le propose le GPS, nous nous attardons dans la campagne à la recherche d’un charcutier pour du pâté ou de l’andouille et d’une boulangerie pour une baguette bien craquante. Nous nous déroutons à la vue d’un clocher et d’un village.
Façade ornée
Les dimensions de l’église sont impressionnantes pour un si petit village (253 habitants). L’église est précédée d’une imposante chaire à prêcher. L’église est ouvragée, son porche, comme les piliers carrés délimitant les travées de la nef à l’intérieur. Deux magnifiques retables de bois peint ry une chaire en bois sombre.
Pour le pique-nique, c’est loupé. Il y a bien une boulangerie qui fait aussi épicerie et propose même des poulets rôtis avec des pommes de terre. Tous ces villages sont jolis, fleuris mais il n’y a plus aucun petit commerce sur place.
Théodore Rousseau : intérieur de la forêt, le grand dormoir
Toutes les randonneuses connaissent les sentiers Denecourt balisés en Forêt de Fontainebleau, la Tour Dénécourt et les petites fabriques, fontaines ou médaillons, étapes des randonnées en forêt.
J’ai attendu avec impatience l’arrivée du livre de J.C Polton dans ma boite aux lettres dans le cadre de la Masse Critique de Babélio que je remercie ainsi que l’éditeur les Editions du Sabot Rouge pour cet envoi.
Denecourt est un personnage singulier dont la vie a traversé presque un siècle, de la Révolution de 1789, aux Campagnes napoléoniennes, à la Restauration, Révolutions de 1830, 1848, Second Empire, jusqu’à la IIIème République. Pour la lectrice, une leçon d’histoire! L’enfant Franc-Comtois a été élevé dans les légendes villageoises mais aussi dans une famille favorisée par la Révolution . Il gardera des idées hostiles à l’Ancien Régime, aux tyrans même s’il était très jeune quand les troupes patriotiques défendant la Patrie en danger sont passées dans Luxeuil.
A 20 ans, en 1809, il s’enrôle dans les régiments de Napoléon en Autriche puis en Espagne. Blessé en 1812, démobilisé, il s’engage à nouveau en 1813. Son passé de grognard de Napoléon va le suivre.
Court apprentissage chez un bijoutier à Paris. A la faveur des Cent jours, Denecourt retrouve sa cocarde tricolore et se porte au devant du Petit Caporal. Ses états de service militaires lui procurent une place de portier concierge qu’il va perdre puis retrouver.
A Versailles, le portier-concierge va faire des affaires, il vend du vin aux militaires de la caserne, s’enrichit, devient même prêteur. Personnage balzacien (j’ai téléchargé César Birotteau à l’occasion).Le jeune voiturier quasiment illettré s’instruit. Il gère son commerce mais il fréquente aussi les bibliothèques publiques et les cabinets de lecture . Il découvre la politique s’engage dans la propagande libérale
En 1832, il s’installe à Fontainebleau, toujours portier-concierge, mais perd son emploi à cause de la répression. Rentier ayant réussi à faire fructifier ses affaires, il va découvrir une nouvelle entreprise : il se passionne pour la forêt de Fontainebleau. Il va baliser des promenades et mettre sur pied une véritable entreprise touristique en relation avec son gendre qui a des calèches. Non seulement il balise les chemins avec les petites flèches bleues qu’on suit encore, mais il publie des guides pour les promeneurs, s’édite lui-même, collabore avec des artistes pour les illustrations, aménage les curiosités, engage des carriers pour sécuriser grottes et rochers, construit un observatoire….En 1849, le train arrive à Avon. Ces trains de plaisir correspondent tout à fait à l’entreprise de tourisme que Denecourt a mis en place.
Promoteur de tourisme, il se veut aussi écrivain. Fréquente des artistes, des hommes de lettre. Gagne le surnom de Sylvain que lui donne Théophile Gautier.
Toute la suite de sa vie est une recherche de reconnaissance : le jeune illettré est maintenant respecté, fêté même. Il ambitionne la Légion d’Honneur. Et, enfin la IIIème République consacre ses idéaux démocratiques….
Le personnage très original m’a donc beaucoup intéressée.
Mais le récit très détaillé, très documenté comporte des longueurs pour qui ne connait pas les subtilités de l’histoire locale bellifontaine. Les rivalités, les jalousies de personnages oubliés maintenant, polygraphes ou concurrents, prennent beaucoup de place. En revanche j’aurai voulu en apprendre plus sur l’Ecole de Barbizon, les initiatives des artistes, de George Sand, Théodore Rousseau dont je me souvient de la très belle exposition au Petit Palais.
Anatole Le Braz (1859 -1926) possédait une maison à Port-Blanc, puis, après le terrible naufrage qui engloutit de nombreux membres de sa famille, s’installa à l’Arcouest. Cet écrivain régionaliste qui collectionna les légendes et récits bretons nous accompagne parfaitement dans notre escapade à Port-Blanc.
C’est une relecture, après treize ans. Je l’avis trouvé dans le gros bouquin Phares.J’y ai pris un réel plaisir de relecture. De toutes les façons, le dénouement est annoncé dès le début. Ce n’est pas l’histoire d’amour de Goulven Denes, éloigné d’Adèle, son épouse, par sa fonction de gardien du phare qui m’a le plus intéressé mais toutes les coutumes, les légendes, la nature sauvage qui sont si bien décrits. A la relecture, j’ai prêté plus attention à ces détails et j’ai adoré cette lecture.
Un navire sans mâts ni gréement d’aucune sorte, et dont la coque avait plutôt la structure d’un énorme cercueil, avait été aperçu un matin dans le Raz, louvoyant en face de la Baie des Trépassés. Nul simulacre de matelots à bord. Tout à coup, de cet extraordinaire caboteur, une fumée s’était exhalée, une fumée opaque et lourde comme celle que dégagent les feux de goémons. Puis, se rembrunissant, elle avait pris corps, s’était changée en un fantôme de femme, d’une stature démesurée, qui, sinistre en ses flottantes mousselines de deuil, avait gagné la côte. À toutes choses comme à tous êtres son approche fut mortelle. L’herbe se dessécha, les fontaines tarirent ; les bœufs au labour se couchaient en plein sillon et bavaient de terreur, le mufle à moitié enfoui dans la glèbe. Quant aux humains, ils périrent comme mouches : il ne demeura point assez de vivants pour enterrer les cadavres. On montre, dans le pays, des champs d’ une fertilité proverbiale, qu’on ne fume jamais ; les blés y poussent sur des charniers qui suintent encore après des siècles.
A propos de Loguivy-de- la mer, où je suis passée plusieurs fois sur le sentier côtier
Une procession de voiles vient d’émerger des profondeurs du septentrion. Ce sont les barques loguiviennes, à n’en pas douter. Elles s’avancent comme une troupe de cygnes noirs. Chaque printemps, elles émigrent de la sorte, des confins du Goëlo, emportant une tribu entière, hommes, femmes, et les enfants qui ne sont pas encore sevrés. Il ne reste au pays que les aïeules, pour garder les maisons vides et les lits défaits. Six mois durant, elles vieillissent là, solitaires, assises sur les seuils à filer de la laine pour les tricots, en attendant les expatriés. Voilà des années que les Loguiviens ou, comme on dit ici, les Paimpolais, accomplissent périodiquement cet exode vers les eaux de Sein, riches en homards. Ils prennent à l’île leurs quartiers d’été, s’installent par familles chez l’habitant, qui les exploite le plus qu’il peut et les poignarderait volontiers d’une main, tandis qu’il accepte leur argent de l’autre. Les deux populations logent sous les mêmes toits, sans jamais se mêler ni se fondre.
A propos, Anatole Le Braz est le personnage d’une série policière de Gérard Lefondeur « les Enquêtes d’Anatole Le Braz » dont j’ai bien aimé Le sang de Douarnenez et L’ouvrier et la mort.
Situé un peu à l’intérieur des terres, nous avions négligé La Roche-Jagu. Et c’était une erreur, c’est une belle visite. Construit sur une boucle duTrieux, à6 km au nord de Pontrieux. Il domine le petit fleuve, 70 m au-dessus d’une cale .
Belvédère au-dessus du Trieux. En face on voit le train
Au XIème siècle, un seigneur breton nommé Jagu fit édifier une motte castrale, transformé en château de pierre. Détruit au XIV ème siècle. la noble dame Catherine de Trogundy le fit reconstruire en 1405. On le qualifie alors de maison forte avec un bâtiment massif à deux étages et deux fines tourelles rondes. Le toit est orné de 19 cheminées. Si le bâtiment semble austère, il est mis en valeur dans un écrin végétal : un parc de 64 ha qui descend jusqu’à la ria. Dévasté par une tempête en 1987, il fut confié au paysagiste Bertrand Paulet.
Cascade, ruisselets et bassins
A la billetterie on confie un plan pour une longue promenade de 2.4km en 26 étapes à travers les jardins fleuris, les terrasses gazonnées et au cœur de l’épaisse forêt qui tapisse la vallée du Trieux.
La première surprise, sur une terrasse à l’écart du château : la vue sur la boucle du petit fleuve qui serpente entres des bancs vaseux à marée basse. L’eau est salée dans la cale et l’influence des marées se fait sentir.
Escalier d’eau
Le sentier descend le dénivelé de 70 m. Les jeux d’eaux agrémentent la promenade. Un étroit canal est mis en valeur par des sculptures contemporaines en fer forgé. Je découvre des fontaines, un escalier d’eau. Je traverse une palmeraie puis une saulaie. Trois bassins carrés servaient à rouir le lin. Trois mares précèdent la source du Stancodans un bassin, capté dans uncanal recourbé, il cascade dans de petites vasques. Tous ces jeux d’eau dans la nature luxuriante sn rafraîchissants.
Pour retourner au château j’emprunte des allées bordées de camélias dont la floraison est terminée, quelques fleurs jonchent encore le sol. Un labyrinthe d’ifs taillés en spirale conduit à une plateforme avec un point de vue d’ensemble sur les jardins. Deux rangées de cyprès donnent une touche italianisante.
Le château est vide; Au rez de chaussée de nombreux cartels et panneaux racontent l’histoire du château : beaucoup à lire.
kachina
Les étages offrent un vaste espace pour des expositions présentées par le Domaine Départemental. L‘Esprit de la Nature : Art de peuples autochtones d’Amérique est une grosse exposition présentant les cultures amérindiennes. Beaux objets de la vie traditionnelle, cartes, photographies. C’est très complet et roboratif, couvrant aussi bien les peuples autochtones de l’arctique que du Nouveau Mexique.
Un peu trop à voir en fin de journée. Il faudrait y consacrer une bonne après-midi.
Promenade de rêve dans ce parc qui descend jusqu’au Jaudy – le petit fleuve ou ria de Tréguier. Il faut quand même être bien chaussé, les sentiers sont pentus. Dans une nature exubérante, très nature, un peintre a dessiné des tableaux comme cette fabrique avec son bassin lisse et les pas japonais .
au premier plan les roses embaument (rosa filipes)
Ensemble aquatique et parfumé avec une cascade en escalier à peine masqués par les roses.
Nous voici revenues, heureuses de retrouver le Sentier littoral, les jardins, chapelles sous le beau soleil de juin. Inutile de chroniquer au jour le jour des itinéraires du GR 34 déjà décrits sur le blog. Je me contente donc d’ajouter au Carnet du Trégor quelques photos un peu plus fleuries que celles de janvier, plus ensoleillées qu’en septembre…
Anse de Gouermel
En juin, les randonneurs sont nombreux autour de Plougrescant. Il faut faire la queue pour avoir une bonne photo de Castel Meur. Au Sillon de Talbert, la marée était haute, impossible de passer
Face à Bréhat entre l’Arcouest et Loguivy de la mer
Et pour me baigner, c’est la plage de Trestel que j’ai préférée
« J’étouffe, je vais prendre un bol d’air. À bientôt, je t’embrasse. Maryvonne. »
Maryvonne, ouvrière à Saint Brieuc, mariée, mère d’un petit garçon, à la faveur d’un arrêt maladie, décide de s’offrir des vacances. Elle prend le car pour Paimpol. Ce n’est pas bien loin : 45 kilomètres.
« On arrive à Paimpol. C’est drôle. C’est là que j’ai voulu aller. Paimpol, cela ne fait pas sérieux, c’est un nom d’opérette, Paim-pol, Paim-Paul, Pain-Pôle, Pin-Paule, Paimpol, un nom tout rond, impossible à chuchoter. La Paimpolaise… Paimpol et sa falaise… des relents de folklore bouffon me font sourire toute seule. »
Nous partons en vacances à Port-Blanc, nous irons à Paimpolchercher la falaise. J’ai téléchargé le roman pour nous accompagner en Bretagne. Titre trompeur : pas du tout de la littérature de voyage. Du Paimpol de Maryvonne, nous ne connaîtrons qu’une chambre d’hôtel avec une belle salle de bain, un salon de coiffure et l’aventure se terminera à Monoprix. Sans voir la falaise.
Ce roman féministe est paru en 1980 . Gallimard l’a ressorti en mai 2025 Il est augmenté de deux préfaces de Maylis de Kerangal et de Rebecca Zlotowski. Très bien écrites ces préfaces, mais redondantes, disproportionnées, pour un court livre qui se suffit à lui-même et que j’aurais préféré découvrir par moi-même.
Roman féministe, roman social. Maryvonne et son mari travaillent à l’usine Chaffauteaux qui comptait 2200 ouvriersdans les années 80.La grosse usine de métallurgie a fermé en 2009 ICI Ce livre est un témoignage du travail en usine, des grèves menées. Maryvonne, déléguée syndicale a été une des porte-paroles des grévistes. Erosion de son couple, ennui de la vie de mère de famille étouffante. Elle décide de partir quelques jours, de vivre un rêve, de bouleverser le quotidien.
Sans valise ni alliance, je me grise de cette bolée de liberté. À l’heure qu’il est, je devrais être au boulot
Mais que faire de cette aventure? La vie d’usine, le ménage occupent son esprit. Ce n’est pas facile de s’inventer une vie. Alors Maryvonne achète un flacon de bain moussant .
Elle se fantasme en Marilyn dans la baignoire de l’hôtel :
Marilyn vaporeuse. Marilyn voluptueuse. Marilyn pulpeuse, langoureuse. Marilyn amollie, abolie. Marilyn jouit […] Marilyn a du poil aux pattes. Marilyn a de gros genoux. Marilyn travaille à la chaîne. Marilyn s’appelle Maryvonne. Et Maryvonne a les seins qui tombent.
Pas facile d’affronter le regard des autres, de la gérante de l’hôtel, des clientes habillée avec quatre fois le salaire mensuel de Maryvonne.
Toujours d’actualité presque un demi-siècle plus tard? Sûrement pour le quotidien de la mère de famille. Mais l’usine a été délocalisée!
L’expédition Dakar-1934Djibouti (1931-1933) dirigée par Marcel Griaule, ethnologue. 11 scientifiques ont traversé 15 pays et ont rapporté des milliers d’objets et spécimens naturalistes…On peut remettre en perspective cette expédition avec l’Exposition coloniale de Paris en 1931.
L’Exposition du Quai Branly présente de nombreux objets, masques ou objets de la vie quotidienne documentant les cultures traditionnelles censées disparaître sous l’effet de la colonisation. Une calebasse, une herminette, un métier à tisser ou un panier traditionnel ayant pour les ethnologues autant de valeur qu’une sculpture, poteau sculpté ou un masque.
Instruments de musique
On pourrait se contenter de déambuler parmi les vitrines, lire les cartels, être dépaysé par les coutumes, les formes…les matières. Admirer les calebasses gravées, décorées, deviner les usages.
Les Contre-enquêtes offrent une perspective nouvelle en questionnant les Méthodes et pratiques d’acquisition dans le contexte colonial. Le succès apparent de la mission a été terni par les méthodes controversées d’acquisition avec des preuves de vol, de saisie d’achats avec tromperie.
Mama Whita (2018) Delphine et Elodie Chevalme
Les papiers peints, de style Toile de Jouy apporte un contrepoint en donnant une image du rapport de domination des autorités coloniales sur les indigènes. Achats, dons, échanges ne pouvaient s’envisager sereinement. Des vidéos documentent les Contre-enquêtes menées au Bénin, à Dakar, au Mali ou à Djibouti.
la cinéaste Alice Diop rend compte de l’une des ses enquêtes.
Les nouveaux enquêteurs ont pris le temps d’interroger les descendants des dignitaires qui auraient vendu/cédé/offert des objets. Le récit montre comment les sages n’auraient jamais donné des objets au très fort pouvoir symbolique et religieux qu’ils conservaient avec grand soin et utilisaient dans des cérémonies. Seule la contrainte explique qu’ils s’en soient séparés
Gris-gris
D’autres contre-enquêtes ont été menées à propos d’objets du quotidien : tabouret offert à la mariée, panier pour fumer le lait de chamelle, métier à tisser. Les ethnologues des années 30 n’avaient pas toujours pris le temps d’établir une fiche détaillée sur les usages de ces objets destinés selon eux à être remplacés par des artefacts occidentaux, plus pratiques, moins chers. Les contre-enquêtes ont souvent retrouvé de tels objets qui subsistent encore et compris à quoi ceux-là servaient. Le métier à tisser, les soufflets de forge, eux sont utilisés uniquement par de très vieux artisans qui ne transmettront plus les techniques aux jeunes « trop dur », pas rentable économiquement.
J’ai beaucoup apprécié les vidéos des contre-enquêtes qui se placent dans la perspective de restitution des œuvres mal acquises. A ce propos, le film Dahomey de Mati Diopraconte le retour de certaines à Cotonou . J’ai un moment confondu Mati Diop et Alice Diop. ICI ma chronique du film avec sa bande-annonce.
Beauté de ces objets, photos anciennes, et aussi le livre de Michel LeirisL’Afrique Fantôme (1934) que je note dans mon pense-bête….Une visite intéressante.
Ce gros album(271 pages)m’a tout de suite interpellée. Dans le fracas et les bruits de bottes et de bombes sur Gaza, l’Ukraine on oublie d’autres guerres, d’autres révolutions. Ce livre est un épais dossier sur la lutte des Femmes iraniennes et des hommes .
Nous connaissons tous Marjane Satrapiet Persepolis publié entre 2000 et 2003 puis adapté au cinéma. Dans Femme Vie Liberté elle a plutôt un rôle d’éditrice réunissant 22 auteurs, dessinateurs, journalistes, historiens pour raconter la révolution à la suite de la mort de Mahsa Amini dans un dossier très complet.
Comme souvent dans les Bandes Dessinées ou les Romans Graphiques, les auteurs travaillent par paire. Et nous retrouvons des noms bien connus comme Catel,Coco, Joann Sfar collaborant avec des iraniens, politologues, historiens, dessinateurs, journalistes spécialistes de l’Iran. C’est donc un dossier très bien documenté qui replace la révolution « femme vie liberté » dans un contexte historique ou sociologique. Il prend en compte les évènements dans la vie quotidienne iranienne, retrace des faits tragiques comme les pendaisons des opposants, les tortures, l’empoisonnement des écolières. Sans oublier la diaspora iranienne puisque l’exil est souvent la seule solution de survie pour nombreux opposants.
Plaisir des illustrations très variées, Noir et Blanc, mais aussi couleur. Rouge sang des pages d’introduction de chaque chapitre.
C’est Ramadan, tu jeûnes ou non?
Nous entrons dans la vie quotidienne d’iraniens et d’iraniennes beaucoup plus contemporains que nous pourrions l’imaginer qui vont skier à la montagne, et au stade supporter les matches de foot. Il faut imaginer le maquillage comme un acte de résistance. C’est fou les risques que les jeunes prennent!
Tout un chapitre illustre l’hymne de la Révolte : Barâyé , chanson « pour » en persan publiée par Shervin Hajipour sur Instagramm qui a fait le tour du monde…
Et le chapitre de la fin (ou presque) est offert par Yoann Sfar qui déclare avec son humour si spécial
« Ils arrivent, deux chercheurs iraniens et un journaliste. Des fleurs en main pour Marjane. Deux femmes sont les éditrices de l’ouvrage. En BD, maintenant, ils font des « collections sciences humaines ». Ils ont des éditrices universitaires. Houlala, au secours. Ca risque de devenir quelque chose, la BD. »
Visiter une exposition comme jouer à faire des paires!
Les arbres bleu Klein rencontrent la forêt aux arbres bleus de Fernand Léger. Tout au long de la visite, je continue le jeu des correspondances
Arman – Birds (1981) accumulation de pinces métalliques formant une nuée d’oiseaux, murmuration solide
Birds d’Arman figure près de la Composition de deux oiseauxde Fernand Léger. Correspondance, dialogues anachronique : Léger est mort en 1955, il n’a pu voir les oiseaux d’Arman. Et pourtant cela fonctionne très bien
Fernand Léger : composition avec deux oiseaux (1940)
L’exposition Tous Léger propose un dialogue entre l’école des Nouveaux Réalisteset l’œuvre de Fernand Légerqui a ouvert la voie en peignant la réalité urbaine dans sa trivialité. La première partie est consacrée aux Cinq Eléments : Air, Eau, Feu, Terre auquel on ajoute la Couleur. Fernand Léger enregistre les mutations de l’époque moderne tandis que les Nouveaux réalistes poussent la critique de la surconsommation, de l’obsolescence programmée, la gestion des déchets.
La vie des objets
May Wilson : Untilted
Ces accumulations de d’objets du quotidien May Wilson correspondent à cette critique comme les objets piégés de Spoerri, l’accumulation des pinces métalliques d’Arman et les ciseaux de Niki de Saint Phallepris dans le plâtre
Niki de Saint Phalle Ciseaux/ Fernand Léger
« pour moi la figure humaine, le corps humain n’ont pas plus d’importance que des clés ou des vélos. C’est vrai. Ce sont paour moi des objets valables plastiquement et à disposer selon mon choix »
« il n’y a pas de beau catalogué, hiérarchisé. Le beau est partout, dans l’ordre d’une batterie de casseroles sur un mur blanc aussi bien que dans un musée… »,
Fernand Léger
Lichtenstein Interior with chair
Fernand Légera séjourné longtemps aux USA et a exercé son influence sur Lichtenstein
Lettres – tampons – affiches
Cette section s’organise autour de Métro Arts et Métiers de Villeglé qui trône au centre de collages encadrés par les tampons et cachets d’Arman
Fernand Léger – L’Homme au chapeau bleu
Continuons le jeu des paires avec le Chapeau bleu de Spoerri cachant les œufs d’un éventuel larcin qui correspond au tableau de Fernand Leger
Martial Raysse Nissa Bella
toujours le jeu avec Nissa Bella de Raysse avec le Petit témoin au visage vert de Niki de Saint Phalle
Niki de Saint Phalle Le petit témoin
Acrobates et cyclistes rapprochent Niki de Saint Phallede Léger
Léger a beaucoup peint des cyclistes célébrant ainsi les congés payés.
Niki de Saint phalle : Footballers
La couleur dans l’espace est le thème de la dernière salle où les oeuvres monumentales de Fernand Léger sont confrontées au Jardin des Tarotset au street-art de Keith Haringtandis que Miles Davis très coloré tient la vedette.