Hadassa – Myriam Beaudouin

AUTOMNE QUÉBÉCOIS

HADASSA

Incipit :

« J’ÉTAIS VÊTUE SELON LES NORMES du contrat qui excluaient le blouses sans manche, les jupes au-dessus du genou, les pantalon, les tissus qui brillent, les coupes ajustées…. »

……..

« Pendant 9 mois, cinq jours sur sept, quartier hassidique, j’avais partagé le temps avec dix-huit visages de lumière, et un amour de onze ans, extravagant. J’avais fait ce détour dans une vie bien remplie de détours. J’avais connu Hadassa, onze ans. Au cours de l’été qui venait elle serai Bat Mitzva, et je ne pouvais rien faire pour retarder le temps où elle passerait au troisième étage, apprendrait à tenir une maison, cuisiner selon des prescriptions strictes, maintenir la pureté lors de ses menstruations. Mon temps d’escale auprès des petites filles d’Israël était achevé… »(p. 208)

Alice, la narratrice est une jeune professeur de français qui découvre le monde fermé des Hassidim de Montréal, ses prescriptions strictes et ses coutumes. Elle devra se faire accepter par les jeunes filles et tentera de leur faire découvrir le monde des livres. 

 » – La Liberté?

– c’est une statue madame!…..

– la liberté c’est quand on ne doit rien à personne, quand on fait ce qui nous plait quand on veut…..

– Non ce que tu dis, c’est être spoiled! »

C’est un roman très sensible, tout en nuances, dans  Montréal multiculturel, tolérant.  On y parle aussi bien Français qu’Anglais ou Yiddish que mélangent allègrement les  fillettes ; ce qui donne une saveur particulière à la langue ou les « très beaucoup » sont calqués sur les very much qu’on devine, où les mots yiddish ne savent être traduits quand ils concernent les traditions.

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L’épicier du quartier emploie un pianiste polonais (Chopin bien sûr) tout le monde s’y retrouve pour acheter les légumes (qui n’ont pas besoin d’être cacher) …

Les hommes ne sont présents (à part Charles et Jan qui tiennent le magasin) que dans le regard des femmes. Regard des femmes bridé quand elles observent la noce derrière un rideau.

En ce moment, une très belle exposition photo au Musée du Judaïsme à Paris sur ce regard féminin .

                 9 janvier 2015 – 24 janvier 2016
Myriam Tangi
       Mehitza. Ce que femme voit

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Une grande nostalgie transparaît entre le passage de onze à douze ans.  Entre les fillettes de onze ans insouciantes qui jouent encore à la poupée et écrivent de gentils poème tandis que les douze qui déjà manient la censure et qui ont intégré leur rôle de femmes.

Il y a aussi une discrète histoire d’amour que je vous laisse découvrir!

merci à Aifelle qui m’a fait découvrir ce livre!

lu dans le challenge de l’automne québécois

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