Des Rives aux Pistes – De Vigneux-sur-Seine à Orly en passant par Ablon et Athis-Mons

VOYAGE METROPOLITAIN

Rives de Seine à l’écluse d’Ablon

Explorer le Grand Paris, à pied. Ecouter ce que les riverains ont à nous raconter. Echanger les points de vue et les regards, regards affutés des spécialistes, urbanistes, architectes ou paysagistes, points de vue naïfs des randonneurs lambda, passants d’occasion…

Boucle dans Vigneux-sur-Seine

Skyline avec les 7 gratte-ciels avant leur démolition

La balade a commencé à la Gare du RER D à Vigneux-sur-Seine à la découverte du dernier gratte-ciel de la Croix Blanche . Autrefois 7 tours formaient une Skyline culminant dans la campagne à 24 étages. Il en reste un aux ouvertures fermées par du contre-plaqué, en attente de désamiantage et de rénovation.

le 27 en attente de rénovation

Le panneau officiel date le début des travaux à 2019. Entre-temps Covid et confinements sont passés par là. Des panneaux colorés proposent aux futurs acquéreurs une opération immobilière de prestige sous le patronage de lAtelier Castro Denissof Associés, Cette Tour 27 aurait été acquise pour un € symbolique, le projet fait état de services partagés, d’une terrasse partagée au 15ème étage, d’un jardin suspendu au 18ème….A suivre….

Port aux cerises

Un petit kilomètre peine plus loin, nous entrons dans la Base de Loisirs du Port aux Cerises étang et ruisseaux. Les sablières et gravières ont permis de construire routes, voies ferrées et bâtiments du Grand Paris. Après avoir dragué la Seine pour extraire le sable, on a creusé dans les alluvions, et laissé des trous de taille diverses alimentés par la nappe phréatique, les pluies et crues de la Seine. Depuis des décennies, les habitants ont utilisé pour leurs loisirs ces étendues d’eau. Les travaux paysagers ont été réalisés vers la fin du XXème siècle. Le nom provient de l’ancien port d’approvisionnement des marchés parisiens en fruits frais au XVIIIe siècle. Occasion de réfléchir aux trous, mais aussi aux buttes résultant  des grands travaux (entre autres ceux des nouvelles lignes du Métro du Grand Paris). Paysages anthropisés, néanmoins réserves de nature.  

Une petite route tranquille bordé d’un long mur passe à côté d’une belle ferme ancienne, la Ferme de Noisy. A l’intérieur du vaste paysage boisé se cache le Château de Port Courcel dont l’histoire est assez mystérieuse d’après le site de la Ville de Vigneux  les premières traces datent du 15ème siècle faisant état d’un bac à Port Courcel, d’un château. Depuis 1842, c’est le domaine de la famille Chodron de Courcel. Nous entendrons parler de cette famille (qui est celle de Bernadette Chirac) à plusieurs reprise dans notre promenade à Athis-Mons.

Un panneau discret explique que le triangle compris entre la petite route et la Seine serait un site protégé pour les oiseaux, chauve-souris, l’écureuil roux et certains reptiles. « compensation » pour un bétonnage qu’on ne cite pas. Pour permettre des réalisations artificialisant les sols, il faut « compenser » Quelle bétonisation permet aux oiseaux, écureuils et chauves-souris de vivre tranquillement à Port-Courcel ? Mystère!

Ecluse d’Ablon

Lécluse d’Ablon

Nous traversons la Seine sur la passerelle de l’écluse d’Ablon. Nous sommes accueillis par la responsable des écluses de la Seine et de la Marne de la région (de Nogent sur Marne à Ablon) . Elle nous explique le principe des écluses pour la navigation. Le souci est de maintenir le  niveau d’eau suffisant pour la navigation. En cas d’étiage, il faut demander aux retenues d’eau en amont des lâchers d’eau (Lacs d’Orient pour la Seine). Nous sommes invitées dans la salle de commande où se trouvent une batteries d’écrans pour visualiser les écluses et les bateaux. L’écluse d’Ablon a deux passages : rive droite, plus large pour les péniches et gros bateau, rive gauche seuls les petits peuvent passer. 

Ablon

D’Ablon nous ne verrons que le Parc des Soeurs . Ablon se trouve dans le couloir aérien et la conférencière, pourtant équipée d’un micro, doit arrêter ses explications quand passe un avion. 

Athis-Mons 

Le clocher 12ème siècle d’Athis

 Sur les pentes, on cultivait la vigne qui donnait un vin agréable,  sur le plateau, les céréales. Athis-Mons est la réunion de deux villages, deux grosses fermes dont il reste quelques vestiges, la ferme de Mons a gardé sa grange ancienne (15ème siècle) et  la ferme d’Athis un bâtiment avec une tourelle où logeait un intendant qui fut déplacé au 18ème siècle parce qu’il se trouvait dans la cour du château d’Athis. L’église était à Athis il reste un clocher du XIIème siècle.  Avec le phylloxéra, la vigne a disparu. 

Belle villa de Mons en meulière

L’arrivée de la voie ferrée dans la vallée de la Seine a changé le paysage : la colline de Mons s’est construite d’élégantes maisons de villégiature pour les parisiens fortunés : architecture éclectique, régionalistes avec maisons basques, normandes ou italianisantes. Une constante : l’utilisation de la meulière. la voie ferrée n’a pas apporté que des visiteurs pacifiques. Elle a aussi été la cible de bombardements et de destructions massives, le triage était visé. 

Bel endroit pour un pique-nique!

Nous nous promenons dans cet agréable quartier résidentiel et arrivons dans au Jardin Paul Jovet « Un Jardin à partager » , jardin participatif géré par une association. Chacun participe aux tâches. Jardin botanique, jardin d’agrément, cultivé selon les règles de la permaculture, agrémenté de plusieurs bassins hébergeant une faune diverse d’invertébrés et de batraciens. Il y a  même un poulailler avec un « pouloduc » tunnel reliant l’espace pour la nuit et un autre espace où on les nourrit. L’aménagement du jardin correspond à la destruction de villas importantes en vue de l’édification l’édification d’un pont routier qui devait relier la RN6 de Montgeron  par Vigneux jusqu’à  l’aéroport d’Orly, enjambant ainsi la Seine et permettant aux camions d’accéder directement à l’aux zones de fret aériens. Ce viaduc, imaginé dans les années 60, reste encore comme une menace suspendue  sur le quartier, le projet a été réactualisé en 2019. Les habitants d’Athis-Mons sont vent debout contre ce projet. il n’en est malheureusement pas de même de ceux de Juvisy ou de Villeneuve-Saint-Georges  dont les routes et les ponts sont congestionnés par des bouchons. 

maison de la Banlieue et de l’Architecture (ancienne maire-école)

Après un pique-nique dans cet endroit de rêve nous poursuivons la randonnée par des sentes très pentues qui nous conduisent sur le plateau à la ferme de Mons puis au village d’Athis. Nous passons devant un lavoir alimenté par une source. les sources sont nombreuses sur la pente. Nous visitons le village d’Athis et faisons un arrêt à la Maison de la Banlieue où se trouve une belle exposition sur le thème du regard que l’on peut poser sur la Banlieue, regard ou plutôt regards pluriels. Je reconnais  les  pochoirs de C215 et la photographie de la chorégraphe Bintou Dembélé que j’avais admiré dans les Indes Galantes. Le café offert est le bienvenu avant de repartir pour de nouvelles découvertes. 

Le Château d’Athis héberge maintenant l’ établissement scolaire privé Saint Charles  (lycée et post-bac). C’est un imposant château construit au 17e siècle, par Messire Thibault de la BROUSSE, vendu en 1743à Mademoiselle de Charolais petite fille de Louis XIV, qui  fit agrandir la cour d’honneur en lui donnant de justes proportions, avec une grille en demi-lune, flanquée de pavillons symétriques.  En 1881, le Baron de Courcel devient le nouveau propriétaire et fait construire les deux tourelles et la bibliothèque. On retrouve donc la famille Chodron de Courcel! Elle était aussi propriétaire du très joli pavillon qui héberge maintenant l’Hôtel de Ville d’Athis-Mons Mademoiselle de Charolais  en fit une dépendance du Château d’Athis et fit construire un nymphée. La vue de la terrasse sur toute la vallée de la Seine est très étendue, on reconnait Montgeron, Vigneux, Juvisy, Grigny… et la Forêt de Sénart.

mairie d’Athis-Mons

L’urbanisation d’Athis-Mons se fit par lotissement du plateau, d’abord en habitat pavillonnaire puis récemment en immeubles.  Une petite cité-jardin aux maisons roses et aux potagers encore bien cultivés est l’occasion de revenir sur ce concept social des Cités-jardins. Le paysage se modifie, des arbres ombragent des pelouses vertes entourant des maisons basses à l’américaine sans clôtures.

cité de l’Air

C’est la Cité de l’Air en bordure des pistes de l’aérodrome, construite en 1946 pour le personnel de l’aéroport et le personnel navigant. Verdure et calme, malgré la proximité des pistes on n’entend pas un avion, les couloirs aériens ne passent pas par là. Etrangement, ce quartier n’est pas privilégié, au contraire des pavillons sont murés, ils ont été squattés, on y a installé des réfugiés et une rénovation est prévue avec la construction d’un écoquartier. 

Orly Delta Concorde

la balade se termine au Musée Delta om nous sommes attendus. Visite du Concorde prévue. 

les silences d’Ogliano – Elena Piacentini – Actes sud (2022)

POLAR MEDITERRANEEN

Elena Piacentini est une écrivaine d’origine corse dont j’ai déjà lu un roman policier : Un Corse à Lille CLIC

Les Silences d’Ogliano se déroule dans une île méditerranéenne : Corse, Sardaigne ou Sicile, j’ai aussi pensé à la Calabre. Pays de mafia, de bandits et culture de l’Omerta qui est la traduction littérale du titre. Pays de maquis où l’on peut se cacher, illusion de liberté, doublé dans le roman de grottes et de cavernes. Le livre s’ouvre sur les funérailles d’un mauvais sujet, « officiellement leveur de liège  braconnier et voleur de bétail » cinq étrangers louches sont présents. 

En même temps, le Baron, son fils et sa ravissante femmes viennent prendre leurs quartiers d’été. Deux mondes coexistent : les misérables et les nobles propriétaires.

Libero, le narrateur, est un jeune homme, encore lycéen, le fils de l’institutrice ami du fils du baron comme des jeunes du village. Entre ces deux mondes. Roman d’apprentissage ou d’amour? Libero connait comme sa poche la montagne. Roman de nature?

Je n’ai pas envie d’en dire plus. L’intrigue vous conduira dans des lieux secrets et vous découvrirez les secrets que Les Silences d’Ogliano recèlent. C’est une lecture addictive, très agréable, dépaysante. Et puis, en filigrane Antigone de Sophocle, ne peut que me plaire.

Cependant, j’ai été un peu agacée par le machisme, la virilité célébrée, même si elle est très couleur locale. Surprenant d’une écrivaine, ce rôle mineur dévoué aux femmes sainte mama ou putain, il y a aussi l’alternative folle… Antigone qui dit NON vaut mieux que cela.

Garouste au Centre Pompidou

Exposition temporaire jusqu’au 2 janvier 2023

Garouste : L’étudiant et l’autre moi-même

J’avais découvert Garouste au Musée de la Nature et de la Chasse dans une présentation du tableau Diane et Actéon qui m’avait bien intéressée CLIC

Pinocchio

Je ne connaissais pas la vaste production du peintre et cette rétrospective au Centre Pompidou a été une surprise. : elle retrace son œuvre sur une quarantaine d’années et se répartit sur plus de 18 salles (+ la chronologie). Il faut prévoir une bonne après-midi et peut-être, comme moi, vous fatiguerez avant la fin ; ce qui est dommage parce que les œuvres les plus récentes sont passionnantes.

EN CHEMIN LE PASSEUR S’INVITE DANS LES SALLES OBSCURES DU PALACE

Garouste, avant d’être un peintre reconnu à part entière se consacra à la décoration et au décor de théâtre. Il construisit une installation La Règle du Jeu avec des objets, des piquets figurant des personnages, un masque, des énigmes. Une série de tableaux  ayant aussi pour titre La Règle du Jeu représente une comédie policière, dispersant les énigmes comme au Cluedo. J’ai passé un peu trop de temps à chercher les indices…

Adhara

Après les décors on en arrive avec de très grands formats à des peintures impressionnantes: dans une atmosphère sombre, deux personnages, l’un d’eux, yeux bandés l’autre accompagné d’un chien, semblent dédoublés : sont-ils Le Classique et l’Indien, figures récurrentes à cette époque? D’autres tableaux sombres, gris ou bruns ont des titres lourds de significations, Constellations, Orthros et le Classique.

Orthros et le classique

Orthros est le chien bicéphale, psychopompe, dit le cartel je remarque une grande maîtrise dans le dessin. En même temps je cherche à mobiliser les souvenirs de la mythologie grecque, sans succès. Un autre tableau s’appelle Orion, encore une constellation, encore de la mythologie. Colomba, encore une constellation mais aussi des allusions littéraires à Prosper Mérimée, et à Henry James avec l’Image dans le le Tapis. 

Garouste nourrit sa peinture de clins d’oeil, un Déjeuner sur l’herbe est composé de  deux femmes habillées et d’un homme nu. Dans la Chambre rouge, encore une inversion aux codes habituels : l’homme git sur le lit alangui tandis que la femme est debout. 

La chambre Rouge

Personnages à l’antique (lutteurs) et nature morte géante avec un énorme vase bleu qui revient à plusieurs reprises dans la série de tableaux. La couleur violente fait apparition dans les années 1985. Le Commandeur, sa statue renversée sont aussi des sujets de la série.  La salle suivante nous plonge dans l‘Enfer de Dante avec des allusions à Delacroix avec le bateau qui conduit Dante et Virgile

Dante

Inspirée de Rabelais, La Dive Bacbuc, une curieuse installation cylindrique, peinte aussi bien dehors qu’à l’intérieur, visible par des œilletons. 

Don Quichotte et les livres brûlés

Cervantès aussi : un portrait de Quichotte avec la figure de J. M. Ribes

Le théâtre de Don Quichotte

On voit maintenant les ânes qui vont peupler nombreux tableaux. Ânes bibliques ou non

Balaam 2005
L’ânesse et la Figue

l »âne et les ânesses figurent dans  nombreux tableaux y compris dans Le Pont de Varsovie et les ânesses

le Pont de Varsovie et les ânesses 2017

Comme j’ai beaucoup de sympathie pour les ânes je les ai photographiés!

A partir de 1990 Garouste s’intéresse à l’hébreu, aux épisodes bibliques mais aussi au Talmud et au Midrach. Il Illustre la Haggadah de Pessah et la Meguilat Esther.

 

Meguilat Esther

Une grande trilogie prend pour sujet Pourim : les masques m’avaient fait penser à Venise avant que je ne lise le titre,

Pourim

Nombreux tableaux sur des thèmes juifs, aussi bien bibliques que plus modernes comme les portraits de Kafka que de rabbins. Celui qui m’a touchée c’est la sculpture de Jonas une arche avec une voile sur des vagues qui contient dans un tiroir secret 4 chapitres du livre de Jonas pliés en leporello (livre accordéon) en hébreu, français, phénicien, yiddisch, latin, allemand. 

Jonas

A vrai dire, je suis arrivée fatiguée et saturée dans ces dernières salles aux thèmes juifs qui sont très intéressantes et j’ai regretté de ne plus être assez concentrée pour m’y consacrer plus sérieusement.

Pourim : le festin d’Esther

 

Dieppe, 19 Aout sous la pluie

Journée pluvieuse, tantôt crachin, tantôt averse violente, vent d’Ouest, ciel gris, mer grise, agitée. L’Office de tourisme a imprimé deux circuits pédestres : l’un va au Pollet et monte sur la falaise l’autre longe le quai Henri IV  et le front de mer, monte au château et passe au Centre-ville.

Visiter Dieppe le 19 Aout n’est pas forcément une bonne idée : la fête foraine occupe l’extrémité de l’esplanade en front de mer, neutralisant les parkings. Cette fête a lieu le 15 Aout, fête dd l’Assomption et aussi commémoration de la Victoire du 15 Aout 1453 rendant Dieppe tenue par les Anglais du Capitaine Talbot au roi de France, grâce à Charles Dumarais aidé du Dauphin, futur Louis XI . C’est une fête foraine assez banale : manèges, autos tamponneuses, grande roue.

Le 19 Août, autre commémoration : celle du débarquement le 19 Aout 1942 anglo-canadien : Opération jubilée 4963 canadiens et 1125 britanniques. Le quart des Canadiens périrent. Lees canadiens ont laissé un souvenir tenace dans la toponymie de Dieppe.

Aujourd’hui, 80 ans plus tard, la ville est pavoisée de feuilles d’érable. Presque tout le Centre-ville est bloqué à la circulation automobile pour les cérémonies. Il en résulte que parking et circulation sont un casse-tête : les itinéraires de déviations nous conduisent dans les quartiers périphériques et les zones commerciales. Quand enfin on parvient au centre, à l’Office de Tourisme proche du Pont Jehan Ango (départ des circuits pédestres) les parkings sont saturés. La ville n’en manque pourtant pas. Dominique trouve une place dans une petite rue et je pars seule sur le Port.

le Pont jehan Ango

Après le pont-levant bleu vif, Jehan Ango, le long du bassin Duquesne ; sous une pluie battante, je m’abrite sous les abris des étals des poissonniers. Il y a grand choix. Je longe ensuite le Quai des Carénages d’où il y a une belle vue sur les belles maisons du quai Henri IV derrière les mats des bateaux de plaisance. Le Pont Colbert est un pont métallique qui conduit au Pollet, le quartier populaire des marins et des pêcheurs aux étroites maisons de silex et de briques.

la falaise du Pollet

Place du vieux Port, je trouve les marques rouge et blanches du GR qui monte raide au Belvédère puis à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours perchée toute seule sur la falaise. Elle fut bâtie en 1876 en brique avec une frise en céramique colorée. Les murs de la nef sont tapissés de plaques de marbre à la mémoire des naufragés, le nom du patron du bateau et la liste des marins décédés, la date et les circonstance du naufrage. C’est impressionnant. Autour du chœur : des maquettes dans des vitrines.

Le parcours continue sur le sentier côtier. Les abords de la falaise, fragile, sont interdits par un haut grillage infranchissable, pas très joli gâchant les photos. J’arive à une bastille (blockhaus ?) un drapeau canadien flotte. Comme il pleut fort, j’&abrège le circuit en empruntant l’avenue des Canadiens bordée de pavillons avec des jardins fleuris qui sentent bon le parfum des roses. Le Chemin de la Bastille descend, puis le Chemin Dauphin Louis XI , enfin une rampe et des escaliers mènent au Pollet. Tout autour du Port, de nombreux restaurants font envie. Certains sont gastronomiques avec des cartes alléchantes de poissons variés, d’autres sont des bouisbouis sympathiques proposant des moules à 12 € ou des maquereaux à la moutarde. L’impossibilité de se garer tranchera.

Nous montons en voiture à la chapelle Notre Dame de Bon Secours pour déjeuner de quiches face à la mer, sur la falaise avec une vue panoramique, surplombant le port et l’avant-port, plus loin la plage. Dieppe est harmonieuse avec les maisons anciennes regroupées autour des bassins. Mais les barres d’immeubles vues du plateau la défigurent surtout en front de mer, les immeubles gris en ciment aux fenêtres carrées. Du château également on ne voyait qu’eux. Quel gâchis !

Les cérémonies de commémoration du débarquement de 1942 se tiennent au Mémorial des Canadiens au bout de la plage. Deux camps militaires  ont été reconstitués, l’un canadien, l’autre britannique avec tentes et véhicules d’époque, figurants en uniforme ou pour les femmes en robes et coiffures des années 40. Nous sommes bloquées, la voiture ne peut ni avancer ni reculer. Nous avançons avec circonspection deans les quartiers piétonniers. Je regrette de ne pas avoir vu les fresques des indiens du Brésil dans l’église Saint Jacques.

Dieppe falaises

A la place de la balade urbaine, je suis le sentier côtier qui monte de la plage de Sainte Catherine au phare d’Ailly. Ici aussi il y a des jeeps de la Seconde Guerre mondiale et des uniformes, les cornemuses et des airs de jazz d’époque montent jusqu’au sentier. Le sentier littoral s’écarte du bord de la falaise. J’entends le bruit des vagues mais je ne vois rien. La pluie a rendu le sol glissant. En montée tout va bien, mais en descente je marche avec précautions, choisissant bien mes appuis pour ne pas dévaler la pente. J’arrive jusqu’à un bois et au phare. Avec le vent de face je rentre toute trempée

A la plage : Saint Aubin, Veules les roses, Sainte Marguerite

BALADE NORMANDE- PAYS DE CAUX 2022

Lever de soleil sur Quiberville

Réveil brumeux. Des écharpes noient le marais et les étangs de la Saâne. Mer et ciel se confondent en un bleu très doux. Je ne distingue pas l’horizon.

Au programme : le village de Veules-les-roses et le plus petit fleuve de France avec ses cressonnières.

Saint Aubin : bâteau de pêche

En chemin, nous nous arrêtons à Saint Aubin où, comme à Quiberville et Pourville, une haute digue barre la vue. Sur la digue les cabines de plage, ici sont multicolores pastels, rose jaune poussin ou bleu clair. Les propriétaires ont donné des noms et les ont personnalisées par des fresques et des dessins naïfs. La marée est basse, l’estran est dégagé, la plage de sable parait immense. Dans l’eau, au loin des silhouettes poussent des filets à crevettes, d’autres font du longe-côte. Après avoir passé en sandales le cordon de galets je me déchausse et marche sur le sable mouillé parfois vaseux et me dirige vers la falaise où des épis semblent bien rouillés et délabrés. Des rochers arrêtent ma progression. Ils sont bas, hérissés de silex coupants ou forés de trous de pholades, couverts d’algues glissantes. Avec des bottes et un seau, j’aurais pu faire une belle pêche !

la plage de Saint Aubin à marée basse

Je me rapproche de l’eau et marche à la limite de la vague dans la direction opposée (vers Veules-les-Roses) où m’attend encore des affleurements de ces rochers pointus.

Pendant que j’arpentais la plage Dominique s’est installée sur la plate-forme où le poissonnier a son étal : directement du bateau de pêche à la vente ! le bateau est encore là. Les pêcheurs tirent leurs filets pour les ranger. La coque est en métal brillant, à bord des piquets portent des drapeaux oranges. Un tracteur va tirer le bateau et le conduire à l’eau. J’assiste à son départ entouré d’un vol de goéland qui l’accompagnent jusqu’au large.

Dominique a acheté deux petites soles qu’on conservera dans la glacière. Il y avait aussi des roussettes (avec la tête on reconnait bien els petits requins), des moules, des crabes et araignées mais pas de bulots qui sont trop chers aujourd’hui.

Veules-les -Roses

Veules les roses : le plus petit fleuve de France

Veules-les -Roses est un village ravissant aux petites rues étroites avec de nombreux restaurants, très touristique aussi ! Pour préserver le calme et le charme du village, on canalise les voitures dans de grands parkings sur le plateau à l’extérieur du village (parking du Canon et Parking de la Falaise). Le bourg n’est pas interdit à la circulation mais il est impossible de se garer (30 minutes seulement quand on trouve une place). Il faut donc avoir de bonnes jambes pour visiter Veules-les-roses et faire la jolie promenade le long du plus petit fleuve de France (un peu plus d’un kilomètre). Les restaurants sont concentrés à l’intérieur du village près de l’église les terrasses dans des   recoins et des placettes ou à l’intérieur. Certains sont hors de prix. Il y a bien une brasserie sur le front de mer mais la : touristes sortis d’un car. Le déjeuner en bord de mer à Veules, c’est raté !

Dans mes recherches de restaurants je suis quand même entrée dans l’église : beau plafond de bois peint et les mêmes piliers sculptés qu’à Varengeville. Les motifs sont marins avec des coquilles Saint Jacques.

Sotteville

Sainte Marguerite : Restaurant Les Voiles

Les Voiles est un restaurant installé au milieu de la digue près des cabines de plage marron avec un liseré blanc. La terrasse est protégée du vent et du soleil par les voiles. Des canapés (demi-palettes de bois et coussins beiges confortables) face à la mer sont simples et rustiques et jolis. Le restaurant est complet, on nous fait attendre qu’une table se libère sur les canapés où nous aurions pu commander des tapas (assortiment de charcuterie, fromages, bulots ou rillettes de poisson) mais nous avons envie de moules. Il nous faudra attendre.

les parapentes débarquent

Au café, une surprise, un véritable débarquement de parapentes groupés, colorés gracieux. Un vrai plaisir des yeux !

Et puis, une baignade dans une eau verte un peu agitée mais pas trop.

Nous rentrons tôt pour profiter de la terrasse de note maisonnette.

Musée de Dieppe : peinture, ivoires, maquettes et photos

BALADE NORMANDE – PAYS DE CAUX 2022

Château de Dieppe

Le musée est logé dans la belle forteresse carrée. Je passe le pont-levis, néglige les fortifications et les canons pour visiter directement les collections.

EugèneBoudin : la falaise du Pollet

Dans la première salle, en introduction : les peintures représentant la ville de Dieppe, son port, son avant-port, la vente de poisson peinte par Pissarro, le petit Renoir : Chaumière à Berneval  est trop marron à mon goût. Mon tableau préféré est Les Falaises du Pollet d’Eugène Boudin.

Une vitrine contient de l’Art Précolombien rappelle avec les navigateurs anciens partis de Dieppe.

maquette en ivoire

La Collection d’ivoires du Musée de Dieppe vient aussi des expéditions lointaines des explorateurs dieppois qui rapportèrent les défenses d’éléphant ou de phacochère. 3000 ivoiriers étaient en activité au XVIème siècle ciselant cadrans de boussoles, maquettes de bateaux, tabatières et râpes à tabac ainsi que nombreux objets comme pions de jeu, éventails, médaillons….Le travail, d’une grande finesse s’apparente de la dentelle.

ivoire : de la dentelle!

Surgit un nouveau personnage : la donatrice, la duchesse du Berry Marie Caroline de Naples et Sicile, épouse du duc de Berry (fils de Charles X) vint à Dieppe entre 1824 et 1829 pour fréquenter les bains de mer. Elle encouragea les ivoiriers et fit don de sa collection au Musée de Dieppe.

Une salle est consacrée à l’Histoire maritime . elle contient de très belles maquettes et un tableau impressionnant : Le Naufrage du Steamboat l’Angers près des jetées de Dieppe.

le naufrage du steamboat

Le salon Camille Saint Saëns contient les objets que le compositeur a légué à la ville : pêcheurs Dieppe, collection hétéroclite rappelant aussi les voyages à Alger avec du mobilier oriental.

Graillon

Une très belle surprise : les petites statues de terre du sculpteur Graillon (1807-1872). Graillon fut aussi ivoirier et sculpta également le bois. Ses représentations du peuple dieppois : pêcheurs, marchandes de poissons, gitans, enfants sont très précises (comme les ivoires) très expressives et très touchantes.

Graillon : enfants

Souvent il ne se contente pas d’un seul personnage, il sculpte des saynètes comme la visite d’un médecin à un malade accompagné de sa famille, ou un groupe d’enfants. Ils m’émeuvent comme les tanagras grecques mettant en scène des morceaux de vie non pas figée dans le marbre mais vivants surgissant de l’argile.

L’exposition du Canadien Burtynisky est impressionnante avec de grands formats en Noir et Blanc ou en couleur selon le sujet. Les pyramides de charbon chinoises, accumulations incroyables, ou la montagne évidée des carrières de Carrare, les huttes africaines des campements miniers, la pollution du Delta du Niger avec des irisations se développant à l’échelle du paysage tout cela témoigne d’une vision de l’anthropocène comme les photos impressionnantes de la déconstruction de navires rouillés en Asie. Burtynisky peut être comparé à Arthus Bertrand ; C’est une vraie découverte pour moi et cela aurait justifié le voyage à Dieppe rien que pour cet accrochage.

Varengeville (3) l’orage, La chapelle du Cimetière vitraux de Braque

BALADE NORMANDE – PAYS DE CAUX 2022

Braque ! arbre de jessé

 

Le GPS nous fait faire le tour de Varengeville et nous admirons les maisons de brique imposantes, les chaumières luxueuses et les très grandes propriétés encloses dans de longs murs et des parcs très verts. Varengeville est très chic, pas de lotissement quelconque. Au village, il y a un vrai boucher-charcutier, un caviste et une très belle boulangerie pâtisserie où j’achète un crumble pistaches et fruits rouge délicat et parfumé.

le cimetière marin de Varengeville

L’orage se déchaîne. Il tombe des rideaux d’eau. Les automobilistes se garent sur le bas-côté de la route transformée en torrent en un clin d’œil. Pour repartir il faut attendre la fin de l’averse qui ne tarde pas. La chaussée est inondée et la 108 passe « à gué » à grand peine en soulevant une nappe d’eau qui gicle et s’étale sur le capot avant.

ChapelleBraque

Par des chemins creux dans le bois où se cachent de belles demeures, nous arrivons au Cimetière marin perché sur la falaise d’où on a une très belle vue jusqu’à Dieppe. La chapelle est de belles dimensions. Je n’ai d’yeux que pour les vitraux bleus de Braque surtout celui de l’Arbre de Jessé. Les piliers sculptés sur toute la longueur du fût sont originaux, figures naïves sont -ils modernes, contemporains de Braque ou anciens ? j’aurai la réponse à Veules-les-roses où il y a les mêmes dans l’église : c’est donc une spécialité locale ancienne.

Pour trouver notre « coin pique-nique » nous divaguons par les petites routes qui sortent des bois et s’éloignent du village, et qui passent à travers champs. A défaut d’une vue-sur-mernous avons une vue dégagée sur les chaumes.

Après le déluge je renonce à la descente dans la valleuse : à pied les chemins sont boueux et en voiture noyés.

 

 

 

 

 

Varengeville (2) Le Manoir Ango

BALADE NORMADE – PAYS DE CAUX 2022

Le Manoir Ango

Manoir Ango

500 m plus loin, au bout d’une allée bordée de très hauts arbres qui se prolonge par un alignement de topiaires taillés en cônes. Pas de symétrie, une grande variété de matériaux de construction, plusieurs bâtiments autour d’une cour rectangulaire, un énorme colombier. Variété de volumes, de toits, de motifs. Astucieusement, la façade de la loggia est légèrement de travers pour qu’on la devine de loin à travers l’arche du porche d’entrée.

Le manoir fut construit par Jehan Ango entre 1530 et 1544.

Jehan Ango musée de Dieppe

Jehan Ango (1480 -1551) fut le premier armateur de Dieppe. Il a affrété des expéditions en Amérique, Antilles, au Brésil, en Guinée, Inde, en Chine. Il a possédé jusqu’à 70 navires. Pirate, il a reçu de François 1er une « lettre de marque » l’autorisant à piller les bateaux espagnols et portugais. A son décès, François 1er lui a laissé des dettes, Ango ayant perdu sa fortune et son protecteur acheva sa vie, ruiné, au manoir. Ango est une figure importante encore maintenant à Dieppe : le pont levant est à son nom, son buste a sa place au Château de Dieppe.

Les capitaines d’Ango furent des explorateurs : Jean Cousin embarqua en 1488 pour explorer l’Afrique de l’Ouest et fut entraîné par le courant équatorial ; il débarqua devant un fleuve immense : l’Amazone ? on suppose qu’il a traversé l’Atlantique ans avant Christophe Colomb.  Jean Fleury en 1522 pilla le butin des Cortès, arrêté par les Espagnols il fut exécuté par Charles Quint

Giovanni Verrazano découvrir le site de New York et lui donna le nome d’Angoulême compte aussi au nombre des capitaines d’Ango ainsi que jean et Raoul parmentier, navigateurs et poètes.

manoir Ango : la tour d’où l’armateur pouvait surveiller ses vaisseaux

Comme toutes les maisons d’armateurs, le manoir possède  une tour qui permet d’observer la mer et les navires entrant ou sortant du port.

J’aime quand les châteaux sont habités et racontent l’histoire d’un personnage.

manoir Ango : loggia Renaissance

L’architecture du manoir est aussi intéressante. La loggia raconte la visite de François 1er figurant avec la reine sur des médaillons finement sculptés en compagnie d’Eole (dieu des vents donc important pour les marins, Ops la déesse de l’abondance, et les armes des Medicis. « Médicis de Dieppe » était le surnom d’Ango.  Cette loggia italienne rappelle que nombreux des capitaines étaient italiens. L’Italie était à la mode sous François 1er.

Sous la loggia, des hublots ronds étaient les ouvertures des étuves (salles de bains) Raffinement rare dans les châteaux.

Manoir Ango : cour et colombier

Spectaculaire : le colombier ! Alors, le plus grand du royaume. Il se composait de 1500 boulins, le nombre de boulins était proportionnel à la propriété foncière, ce qui donne une idée de la richesse de Jehan Ango. Encore aujourd’hui il est peuplé de pigeons. Le toit en forme de bulbe serait peut-être d’influence byzantine, rappel de l’alliance entre François 1er et Soliman.

manoir Ango : colombier

Je suis bluffée par la variété des décors : mosaïques de silex, alliance de la brique et de la pierre, façades à pan de bois incluant des briques à la place du torchis, jeux avec les briques dans le colombier…

Je vais retrouver Jehan Ango au Musée de Dieppe.

 

 

 

 

 

Varengeville : (1) les hydrangeas du Jardin Shamrock

BALADE NORMANDE – PAYS DE CAUX 2022

Varengeville est un très joli village, très chic, avec de belles maisons, plusieurs jardins remarquables, des commerces luxueux. Seulement 6 km de notre gîte de Quiberville. Nous partons par un faible soleil.

Bref arrêt au Phare d’Ailly dont le pinceau balaie la nuit visible du gîte (en cherchant bien on voit le phare pointer au-dessus des arbres. Le phare est bien là, mais on ne voit pas la mer. Le GR passe loin de la falaise dans les bois. C’est un peu frustrant de ne rien voir.

Le jardin Shamrock est à l’écart du village. Le GPS nous conduit sur le plateau dans les champs de lin, les tiges sont couchées en petits tas, coquelicots et adventices dépassent. Au détour d’un bois, la petite route de Cayenne conduit au Jardin puis continue vers le Manoir Ango, de l’autre côté on devine le château de Varengeville . Le Jardin Shamrock consiste en une collection merveilleuse d’hydrangeas et d’hortensias. Un parcours fléché de trois quart d’heures environ serpente entre les massifs fleuris en une promenade ondulante. Elle commence par un voyage en Asie avec des plantes exotiques. Je découvre des hydrangeas de toutes couleurs : des grosses têtes blanches, des cônes blancs ou roses, des fleurs compliquées avec des pétales ronds, des pointus, d’autres en forme d’étoiles autour d’un disque de petites perles colorées. Dégoulinades blanches de fleurettes. Massifs bleus en camaïeux, roses pâles…accompagnés de catalpas et de buddleias.

La pluie tombée récemment a réveillé les plantes assoiffées mais les jardiniers n’ont pas cessé d’arroser : la récupération de l’eau de pluie dans des citernes rend le domaine indépendant du réseau public. Ils ont pu arroser sans déroger aux « arrêtés sécheresse ». C’est une promenade délicieuse, j’ai déambulé une bonne heure avec beaucoup de plaisir.

Arques-la Bataille, Saint Aubin-sur-Scie, Pourville-sur-mer, Dieppe

BALADE NORMANDE -PAYS DE CAUX 2022

Château d’Arques-la-Bataille

La forteresse impressionnante coiffant une butte se voit de loin. Le château est en restauration, un échafaudage est dressé sur l’un de ses flancs. Des grillages interdisent l’entrée mais un sentier en fait le tour. Je suis impressionnée par l’épaisseur des murailles construites de matériaux hétéroclites, pierre blanche, silex et briques parfois mélangés, parfois brique seule. Difficile d’imaginer la silhouette intacte. Les ruines sont son charme romantique ! Dans les fossés profonds on pratique l’éco-pâturage : les moutons noirs paissent sur les pentes raides.

Le château a été assiégé en vain par Guillaume le Conquérant, Philippe Auguste, Charles le Téméraire. La Bataille qui lui donne son nom en 1589 opposa les Ligueurs et l’armée d’Henri IV qui y pénétra par ruse : ses soldats déguisés en matelots vinrent proposer des poissons. Je regrette l’absence totale de panneaux explicatifs qui auraient rendu la promenade plus vivante.

Sandwiches jambon-beurre à la boulangerie d’Arques ; trop tard pour chercher le restaurant sur la plage dont nous rêvions.

Pisciculture de Saint Aubin-sur Scie

Pour notre arrivée aux Baguenaudiers les propriétaires ont organisé un apéro d’accueil très sympathique avec un musicien, des kirs normands (cassis, calvados, cidre) et des canapés aux spécialités locales : rillettes de truite et filets de truite fumée ainsi que Neufchâtel. Les truites proviennent de la pisciculture de Saint-Aubin-sur-Scie. Nous y achetons rillettes et filets. C’est un petit établissement qui a installé ses bassins non loin de la rivière ainsi qu’un étang où des jeunes pêchent eux-mêmes leurs truites vivantes.  Dans les bassins d’eau très claires se déplacent des truites énormes (4 ou 5 kg). Aucune indication sur la route, pas de publicité. Si on désire des filets à la découpe il convient de téléphoner avant et de venir les jours où ils fument le poisson. Je m’excite, Dominique m’a toujours parlé des fumeries de Norvège, de leur odeur. Le Monsieur me calme tout de suite « Vous ne verrez rien, vous ne sentirez rien ! »

Pourville-sur-mer

la plage du Pourville vue du belvédère

6 km est une petite station balnéaire qui ressemble à Quiberville en plus petit ; Mêmes falaises de craie encadrant une plage de galets gris derrière une digue avec des cabines de plage en bois au toit à double pente. A Pourville elles sont délicatement décorées en couleur. Une rivière la Scie, déroule ses méandres comme la Saâne de Quiberville.

En haut de la falaise en direction de Dieppe, un belvédère est aménagé sur l’emplacement où Monet a posé son chevalet. Continuant la route, en un clin d’œil nous sommes à Dieppe. Une corniche domine le château, la ville et la plage. Je suis un peu déçue : l’étendue plate en bord de mer occupée par la fête foraine et des parkings est bien laide. Il y a aussi des sortes de terrains vagues et une piscine. En revanche, côté plage, l’eau verte est immobile comme celle d’un lac. On s’y baigne. Un couple fait la planche. L’eau doit être tiède pour qu’ils restent ainsi longtemps immobiles. Il me vient une furieuse envie de nager.

la plage de Dieppe, vue du château

Le château de Dieppe ne se visite ni le lundi, ni le mardi. Château en silex, brique et pierre, carré avec de belles tours ; il a fière allure. Le ferry jaune Transmanche arrive au port.

les cabines de Pourville-sur-mer

Baignade à Pourville : à marée haute l’eau est tout de suite assez profonde pour nager. Des bouées jaunes délimitent une zone de baignade. Drapeau vert. L’eau est un peu fraîche Ce n’est pas la Méditerranée même si la canicule a réchauffé la Manche. A mon habitude, je me dirige vers les bouées. A mi-chemin, j’ai des doutes. Je suis seule dans l’eau et si j’avais du mal à rentrer ? L’eau est tranquille, il n’y a pas une vague mais un courant me fait dériver vers l’autre bout de la plage. J’ai du mal à nager à contre-courant au niveau des épis qu’on ne voit pas mais qui doivent jouer un rôle. D’ailleurs personne ne s’aventure au loin.