Baudelaire, la modernité mélancolique,à la BNF

Exposition temporaire jusqu’au 13 février 2022

Baudelaire jeune ‘(23 ans)par Emile Deroy

La BNF célèbre le bicentenaire de la naissance de Baudelaire.

A côté des manuscrits, lettres, épreuves corrigée de la main de Baudelaire comment mettre en scène la poésie? 

« Baudelaire vivait avec Hamlet » affirme Theodore de Banville

Sur les murs de son appartement il avait la collection de 13 Hamlet par Delacroix

Delacroix : Hamlet et le crâne de Yorik

Odilon Redon a illustré « interprété » Les Fleurs du mal. 

Odilon Redon

Courbet est aussi présent : il a dessiné un homme sur les barricades de 1848 qui a servi de frontispice au journal Le Salut public, éphémère journal révolutionnaire fondé à Paris le  par Charles BaudelaireJules Champfleury et Charles Toubin.

Courbet : homme sur une barricade

Courbet a aussi peint un portrait de Baudelaire

Courbet : portrait de Baudelaire

On peut aussi voir Médée, tableau de Delacroix, des dessins de Daumier, des photographies et caricatures de Nadar

Caricature de Baudelaire par Nadar

Au gré de la déambulation dans l’exposition on peut entendre des lectures de l’Albatros, l’invitation a voyage de Duparc ou s’asseoir pour écouter des morceaux choisis de Baudelaire. Les visiteurs curieux pourront déchiffrer des lettres manuscrites…

Encore une exposition intéressante à la Grande Bibliothèque!

Fouché – Stefan Zweig

FEUILLES ALLEMANDES 

J’ai rejoins avec curiosité l’aventure de Les feuilles allemandes alors que je suis bien ignorante de la littérature allemande contemporaine. Comme je ne suis jamais déçue par Stefan Zweig et que son œuvre est inépuisable j’ai choisi la biographie de Fouché après la lecture de celle de Balzac, Magellan, Marie Stuart….Et bien sûr, ce fut un bonheur de lecture! 

Traître né, misérable intrigant, nature de reptile, transfuge professionnel, âme basse de policier, pitoyable
immoraliste, aucune injure ne lui a été épargnée

Fouché a traversé la Révolution, le Directoire, l’Empire, la Restauration toujours au premier plan de l’action politique. Mitrailleur de Lyon, régicide, ministre de la Police de Napoléon, artisan du retour de Louis XVIII. Arriviste, sans scrupule, mais gros travailleur, traître, joueur presque plaisantin selon Zweig. L’analyse psychologique de ce personnage complexe est très bien conduite. Zweig est un maître de la biographie!

Charles Thevenin (1764-1838). « La Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars » (1795). Paris, musée Carnavalet.

Leçon d’histoire Zweig nous fait partager tous les épisodes de la Révolution. La visite récente au Musée Carnavalet fournit les illustrations! Une galerie de personnages, de Couthon à Robespierre en passant par Marat et Chalier que je ne connaissais pas, pendant la Terreur.

Une révolution, il le sait, dans son expérience précoce, n’appartient jamais au premier qui la déclenche, mais
toujours au dernier qui la termine, et qui la tire à lui, – comme un butin.

Ami de Barras qu’il trahit au 18 Brumaire. Bonaparte puis Napoléon se méfie de Fouché mais reconnaît la compétence de son ministre de la Police.

Cette puissance de Fouché sur Napoléon, qui était une énigme pour tous les contemporains, ne doit rien à la magie ou à l’hypnotisme. C’est une puissance acquise avec science et assurée par le travail, l’habileté et l’observation systématique.

Le duo Fouché-Talleyrand est décrit avec finesse. Quand Fouché prend trop d’initiatives Napoléon cherche à l’éloigner, le couvre de richesses et d’honneur : Fouché devient Duc d’Otrante.

La Malmaison : Chambre de Joséphine

Fin analyste politique, Fouché se rangera toujours du côté du pouvoir, aussi bien pendant les Cent Jours qu’à la Restauration, négocie un ministère avec Louis XVIII. Quand l’Ancien Régime se trouve restauré, le sang du régicide qui a voté la mort de Louis XVI lui vaudra sa disgrâce et l’exil.

 

Au temps des faluns – Musée des Beaux Arts d’Angers

PALEONTOLOGIE

Exposition temporaire jusqu’au 20-02-2022

« Les faluns sont caractéristiques et identitaires de l’Anjou. Le terme « falun » désigne une roche sédimentaire constituée de restes d’animaux qui s’est formée il y a 15 millions d’années. « 

Paléogéographie : Miocène

L’Anjou, il y a 15 Millions d’années était un gigantesque golfe carrefour biologique , lieu d’accueil et passage des migrations des animaux de l’ère Tertiaire.

Le climat était comparable à celui du Sénégal actuel. les faluns étaient des couches sableuses, sables marins ou fluviatiles contenant des fossiles marins et terrestres. Au temps des faluns, la formation des Alpes a entrainé  des basculements, l’ élévation du niveau des mers, résultat de la  dilatation de l’océan avec la hausse des températures, ces facteurs ont causé des transgressions marines avec dépôt de sédiments sableux. Des orages et des crues ont apporté des alluvions et des galets. Ces différentes strates superposées forment une collection de fossiles que l’exposition présente sous deux parties : le Monde marin et le Monde terrestre

Le Monde marin 

Le monde marin au Miocène

 

Deux catégories d’êtres vivants : les invertébrés, mollusques, bryozoaires, échinodermes, arthropodes, et les vertébrés : raies requins, baleines et siréniens. les fossiles sont très bien présentés.

Fossiles encroûtés de bryozoaires

Raies et requins sont impressionnants, on retrouve de nombreuses dents de requins de tailles diverses dans les faluns : les requins en  possèdent plusieurs rangées et en perdent des milliers au cours de leur existence.

les plus grandes sont de l’ordre du décimètre

 Les baleines étaient dérivent du Basilosaurus (-40 Ma), après le miocène un refroidissement des eaux a fait baisser la diversité et les migrations ont favorisé le gigantisme. 

Le Monde Terrestre

L’ère tertiaire voit le développement des mammifères, dans la première partie du Miocène une foret subtropicale couvrait l’Anjou avec des fougères et des conifères. les fossiles sont également remarquables : os et dents. On y voit des animaux disparus comme ces Gomphotères qui ressemblent à des éléphants, des ancêtres des rhinocéros et des chevaux.

gomphothère

une bien jolie exposition qu’on pourrait compléter par une visite à Doué.

Enfin le cinéma ! Arts, images et spectacles en France 1833-1907 – Musée d’Orsay

Exposition temporaire du 28 septembre jusqu’au 16 janvier 2022

1826 : premières photos de Niepce

1895 : première séance de cinéma des Frères Lumière.

Depuis le milieu du XIXème siècle, les représentations de la réalité évoluent, les images s’animent.

 

Pygmalion et Galatée Rodin

En introduction à l’Exposition, la sculpture de Rodin s’anime sur l’écran comme une blague : la statue quitte son piédestal et devient femme vivante – illustration de cette arrivée du mouvement. Mouvement, transformations et bouleversements dans Paris documentés par la photographie qui témoigne de la construction des Boulevards haussmanniens, de la construction de la Tour Eiffel, de l’enterrement de Victor Hugo ou tout simplement de la circulation Rue Royale.

Caillebotte : Pont de l’Europe

La peinture aussi préfigure le cinéma comme ce passant sur la gauche du tableau qui s’éloigne à grandes enjambées tandis que le train Gare Saint Lazare s’annonce avec son panache blanc.

Pissaro : La Place du Théâtre français

Cadrage cinématographique pour ce carrefour peint par Pissaro vu de dessus. L’idée de mouvement, d’images animées s’impose dans ces séries de photographies, dans les jeux d’animations de disques qui tournent, de photographies stéréoscopiques, même dans la peinture où les personnages virevoltent comme dans la Valse de Valotton

la Valse : Valotton

Valotton illustre cette vie moderne trépidante

Valotton : le Bon Marché

Evidemment, le sujet de l’exposition est illustré par de nombreuses projections qu’il est plus difficile de photographier et de commenter.

Corps en mouvement des gymnastes et athlètes, corps musclés, à saute-mouton, aux agrès à la course. Différentes des images sportives d’aujourd’hui qui font plus de place au record, à la performance qu’aux exercices . Sport masculin et danse. Loïe Fuller est une muse inspirant de nombreuses réalisations, photographies, films mais aussi sculptures ou lampes.

Loïe Fuller

Photographies, et films montrent aussi le corps féminin dans un but érotique et même un esprit voyeur. toute une salle montre films et photos coquines.

Vers la fin de l’exposition on arrive à représentation historique : panorama comme cette bataille de Champigny/Marne(2 décembre 1870) peinture géante de 120 m de long sur 9m de haut (seul un extrait est ici présenté), peinture et films historiques et bibliques.

Après la surprise de la vie quotidienne qui a ravi les premiers spectateurs, les réalisateurs doivent présentent des sujets plus élaborés : au début du XXème siècles les différents genres de cinéma sont développés : comique, érotique, historique, le cinéma est bien là!

Chaudun – trois ouvrages racontent le destin de ce village des Hautes Alpes abandonné

 

Estive

Monsieur le Ministre, Nous soussignés, habitants de la commune de Chaudun […] avons l’honneur de vous
adresser respectueusement la requête suivante. Il n’est douteux pour personne qu’un des tristes privilèges
conférés par la nature au département des Hautes-Alpes est celui de compter parmi les plus pauvres et parmi
ceux où les conditions de l’existence sont les plus rudes et les plus précaires. Les montagnards alpins, sans cesse
aux prises avec les difficultés les plus lourdes et les plus imprévues, disputent péniblement à un sol rebelle et à
un ciel peu clément les chétives ressources qui suffiront à peine à nourrir leur famille. Pour ces déshérités de la
nature, le combat de la vie est terrible, continuel et souvent fatal.

Privé de toute communication avec les villages environnants, enfoncé dans les replis abrupts de rochers dénudés,
Chaudun est éloigné d’environ 19 kilomètres de son centre d’approvisionnement. L’élévation des montagnes,
l’extrême déclivité de leur pente, le mauvais état des sentiers rendent le parcours du pays excessivement difficile
et périlleux. 

Vaincus par l’indigence, nous avons l’honneur de proposer au gouvernement l’achat du territoire de notre
commune. »

p. 44  du livre de L Bronner

Chaudun évoque tant de promenades en montagne en Dévoluy où j’ai passé mes vacances d’été pendant plus de trente ans.

Col de Rabou

Chaudun, c’était à l’ombre du Pic de Bure, entre Dévoluy et Champsaur,  une montagne sauvage au delà du col du Noyer du  col du Rabou où je n’ai pas eu le courage d’aller seule tant l’endroit est perdu. Vague souvenir d’une randonnée accompagnée il y a si longtemps.  Je m’y suis installée souvent au-dessus du Col de Rabou avec mes jumelles cherchant mouflons et chamois ou surveillant les rapaces : une fois j’ai même vu un aigle chassé par un vol de choucas agressifs. J’aurais dû emprunter le sentier des bans en balcon au dessus du vallon.  Chaudun est resté le graal, inatteignable pour la randonneuse solitaire. 

Dès que j’ai vu le titre « Chaudun, le village sacrifié » de Jean Luc Fontaine je l’ai téléchargé dans la liseuse, sans me douter qu’il existait un autre livre « Chaudun, la montagne blessée » de Luc Bronner (Seuil) que j’ai également téléchargé sans même m’en rendre compte. Un troisième ouvrage Le destin brisé d’un village français de Pierre Bussière raconte l’histoire de ce village que les habitants, qui,  dans une pauvreté extrême, l’ont cédé à l’Etat et ont dû  abandonner leurs maisons en laissant la porte de leur maison ouverte. 

Chaudun, le village sacrifié de Jean-Luc Fontaine 

J’ai  commencé par le livre de Jean-Luc Fontaine : Les trois premiers chapitres se déroulent à Chaudun

« Ce village de bouscatiers têtus est l’un des plus pauvres du canton, il est bâti là, coincé entre ces hauts sommets enneigés une grande partie de l’année.

(…)

Pour survivre les habitants n’ont d’autre solution que de continuer inlassablement à couper des arbres. »

Alimenter en énergie les machines de la Révolution Industrielle. a la fin du siècle, ils ont tout déboisé:

« Là où il y a encore quelques années la forêt prospérait, rien ne repousse, sans les racines qui s’ancrent sous terre et maintiennent le sol, les éboulements deviennent fréquents, les sangliers, chamois et bouquetins s’en vont ailleurs, privant les chasseurs d’un gibier bienfaiteur. Arides, les versants deviennent dangereux. »

En dehors du bois, quelques troupeaux et de pauvres champs. Mauricette, petite bergère, privée d’école parce que fille, a appris seule à lire et rêve de liberté et de grands horizons. Avec son amoureux Elzéard, ils s’enfuient à Marseille avant que le village ne soit déserté. La suite du roman raconte les amours de Mauricette et de sa fille , Marie,  née en Argentine revenue à Marseille en 1939 juste avant que n’éclate la guerre. Résistance, déportation, Marie, se cache à Chaudun sous la garde d’ Elzéard.

Je suis un peu déçue, pas assez de vie en montagne. Le roman s’est éparpillé dans la romance.

Une belle surprise tout de même :  déplorant le déboisement, Mauricette a semé des glands, Elzéard poursuit les semis de la bergère, et rencontre un certain Jean Giono . Elzéard serait-il le héros de L’Homme qui plantait des arbres que j’ai tant aimé? 

Chaudun, la montagne blessée de Luc Bronner (Seuil)

Contrairement au roman précédent qui est une fiction, le livre de Bronner est une enquête historique rigoureusement menée sur tous les témoignages que l’auteur a pu trouver, au cimetière et à l’Etat Civil, dans les registres de l’armée, dans les documents de la paroisse et de l’évêché, les rapports de l’Inspection Académique, des Eaux et Forêts…  et dans la Presse de l’époque.

Et le résultat est passionnant! Nous imaginons la vie du village dans ses moindres détails, de la naissance à la mort des habitants. Nous connaissons leurs noms (quelques familles), le nom des maires, des curés ou des instituteurs. L’auteur a même retrouvé l’inventaire du mobilier de la pauvre église. Nous connaissons la taille, la forme du menton et du nez des conscrits pour le Service militaire (l’armée est une bureaucrate tatillonne).

Pas de roman, pas de fiction, mais tant de détails de la vie.

L’Homme qui plantait des arbres n’est pas  un berger-ermite. Il n’aurait pas pu rencontrer Giono dans sa randonnée, c’est un fonctionnaire des Eaux et forêts :  Le Vérificateur général du Reboisement. On ne planta pas au hasard des promenades des glands dans des trous mais on fit appel à des équipes de planteurs, parfois des italiens

« la République veut effacer le désastre des humains ; la République va donc replanter des arbres par milliers, en réalité par millions, une fois l’homme parti.

Les équipes de planteurs se composent généralement de 30 à 40 personnes,

63 000 feuillus et 3 363 280 résineux, des mélèzes, des pins noirs, des épicéas, des pins cembros, des pins à crochets, des pins sylvestres.

Chaudun, ce sont des millions d’arbres qui ont été plantés après le départ de l’homme… »

 

Renaissance de la montagne :  en l’absence d’activités humaines, la nature a retrouvé ses droits, la biodiversité est remarquable, le loup est revenu, une orchidée rare pousse. Un territoire difficilement accessible est devenu une réserve intégrale. Et l’auteur nous livre avec gourmandise l’inventaire de ces richesses nouvelles, flore et faune.

Il existe un troisième ouvrage racontant l’histoire de Chaudun : c’est le livre de Pierre Bussière : Le destin brisé d’un village français (pocket) je l’ai inscrit dans mon pense-bête de babélio, pour plus tard! 

 

De l’Aber Wrac’h à Plouguerneau

CARNET DES ABERS

Aber Wrac’h vue au dessus du pont Paluden

Après de très belles journées ensoleillées, la dépression attendue est arrivée à grand fracas : vent et averses, pendant la nuit. Dès 10 heures du matin, elle est déjà passée. Cette météo pessimiste ne nous a pas incitée à préparer la randonnée et le pique-nique mais plutôt à prévoir un déjeuner le déjeuner de crêpes que j’attends depuis le début des vacances. 

J’ai pris mon bâton de marche en prévision des chemins mouillés et glissants et je trouve le GR à deux pas de notre gite de Saint Antoine le long de l’Aber Wrac’h vers l’intérieur. Je me méfie, dimanche dernier, je me suis perdue à Kerviré, une ferme un peu à l’écart de la côte, j’avais fait au moins 3 km de plus pour retrouver le sentier (grâce au GPS de Visorando) . Au lieu de suivre le chemin agricole dans les maïs, je trouve le GR qui s’engouffre dans les taillis, petite trouée que je n’avais pas remarquée, le chemin creux est aussi bien gadouilleux, je me félicite d’avoir mon bâton. j’arrive rapidement au chantier naval où une belle épave est répliquée à neuf. Un jeune homme explique qu’ils ont prélevé les 3 mâts pour les mettre sur le nouveau bateau. C’est un gros chantier : 30 charpentiers y travaillent parfois. 

Encore une petite grimpette et j’arrive sur l’aber près du petit port à côté du Pont de Paluden où se trouve la petite Crêperie du Pont où nous avons réservé une table. Dans une ancienne maison de pierre deux salles sont meublées traditionnellement : tissu à carreau rouge et blanc, vieux et lourds meubles sculptés en bois sombre, une belle cheminée de granite. nous commandons des galettes Mont d’Arrée (chèvre chaud et miel) et Océane (saumon) et deux crêpes paluden (pommes caramel au sel) pour dessert. 

Le soleil brille, je reprends le GR à la Plage de Saint Cava où nous avions piqueniqué dimanche. Entre le Pont Paluden et Saint Cava, le GR suit la route, puis s’éloigne de l’Aber en prenant de la hauteur sur un bon chemin agricole à 50 m au dessus du niveau de l’eau. Chemin facile, tout droit dans les champs de maïs qui descend au niveau du lieu-dit Perros en suivant une petite route. Après, c’est un peu compliqué parce que la côte est construite et qu’on ne peut pas suivre le littoral, il faut contourner les maisons (ce n’est pas très bien balisé non plus). 

Après la plage de Saint Cava, le sentier colle bien à la côte, impossible de se tromper, une plage est bordée de restaurants, la pointe en face des phares de l’île Vierge – vue spectaculaire . A un tronçon plus sauvage vers Reun, succède une pointe un peu plus construite avec de jolies maisons bretonnes fleuries.  Enfin, je retrouve Dominique à Porz Gwen près de viviers. Mais c e sont aux viviers de Paluden que nous achèterons les dernières moules des vacances!

A l’Est de Plouguerneau jusqu’à Menez Ham

CARNET DES ABERS

Aber Wrac’h phares de l’île Vierge

Départ de Korejou et à la petite île de Penn Enez accessible en voiture jusqu’à la Maison de la mer qui abrite le SNSM, un club nautique et un club de plongée. Le reste de la petite île est encore sauvage et herbue. La petite maison du garde date de Vauban qui a fortifié la côte et le Fort Cézon sur une petite île de l’Aber Wrac’h. Le GR fait le tour de l’île.

Marin de pierrer de François Breton

Vers le large un marin de pierre regarde vers le large. Je reconnais le style de François Breton vu à l’Abbaye des Anges  et la grande Vierge à l’Enfant de Lilia. Un peu plus loin on voit une femme de pierre qui se tient sur un rocher.

Un ensemble de sculpture forme un Calvaire accompagné par un poème de Xavier Grall. L’œuvre est inachevée, un peu disparate. Les bas-reliefs racontent la vie des marins et des pêcheurs, on y voit aussi des bateaux. 

Le GR34 se confond avec la route jusqu’à Moguéran puis il suit une petite pointe rocheuse jusqu’à la plage de Zorn. je marche dans un chemin creux, les buissons forment des arceaux. S’il pleuvait je pourrais marcher au sec sous cette voûte. Mais aujourd’hui, le ciel est sans un nuage. je m’amuse à faire des photos à travers les frondes des fougères. 

A travers les fougères

Après la Plage de Zorn, le GR grimpe dans la colline; fougères et prunelliers forment un chevelu végétal impénétrable. je découvre d’en haut la Plage du Vougo, inaccessible. Après cette belle grimpette et le détour puis la descente parmi des maisons qui n’étaient pas détectables sur la carte je parviens enfin à la longue plage de sable fin, de temps en temps barrée par des amas rocheux qu’il me faut escalader. Le GR est tracé dans la dune appelée la Sècherie. 

Salle à manger de luxe

Dominique m’attend à la Pointe près d’un centre nautique. Elle a sorti les chaises de camping dans une luxueuse « salle à manger » : des blocs de granite qui nous abritent du vent et elle est tapissé d’un vert et doux gazon. Le poissonnier de l’Intermarché de Plouguerneau a cassé les pattes de tourteau. Soudain, le vent forci et les morceaux de chair de crabe péniblement extirpés des pinces risquent de s’envoler. le soleil s’est caché, de gros nuages gris obscurcissent le ciel. le froid tombe. Repli dans la voiture.

Nous avions prévu d’emprunter la digue qui relier Le Curnic à Nodeven et qui enferme une lagune, site ornithologique réputé. Avec le vent fort, l’observation des oiseaux est inconfortable et il n’y a que quelques canards impassibles. 

Guisseny est un village très tranquille à l’heure de midi. 

Nous contournons un petit aber : Port de Tresseny en voiture . Le soleil est revenu. Je reprends la promenade juste avant Neiz Vran contourne un petit cap puis parcours pieds nus la longue plage de Kerlouarne sur le sable fin et doux. 

Menez Ham, au bord de la carte IGN 0416 est un lieu touristique avec un grand parking, des attractions et des restaurants. Mais il est tard et les nuages sont très menaçants. Nous rentrons donc (25000 pas au podomètre)

 

 

 

L’aber Benoit et la Presqu’île Sainte Marguerite

CARNET DES ABERS

Aber Benoit

La promenade le long de l’Aber Benoit est une des plus belles de la  région. Mais attention! Elle est plus longue qu’il n’y paraît. Félicitations à l’Office de Tourisme ou à la Mairie : le parcours est très bien entretenu. le début après le pont à Tréglonou est bien signalé. Les marches solides sont équipées de grillage antidérapant. Parfois on a installé une rambarde ou une corde. J’avais pris mon bâton de marche par peur des glissades. Aucun souci de ce côté là. Le bâton facilite les petites montées raides. C’est donc une randonnée facile en sous-bois de hêtres, châtaigniers, près de l’eau à marée haute. Le miroir de l’eau est calme. on voit de nombreux  oiseaux. Le sentier colle aux renfoncements imprévus et aux petites pointes, l’évaluation de la distance en comptant un index pour 250 m sera complètement fausse.

des surprises : un manoir caché, une petite guérite de pierre, une plage…je marche parfois entre de très hautes fougères. Un ruisseau  je jette dans l’aber, formant une profonde échancrure que je confonds avec celle du Garo de la vallée des Moulins. L’heure tourne, je ne pourrai pas faire le détour par les moulins qui me tentait.

moulin

Cette dernière partie de la balade s’éternise. Je monte des marche, le GR s’éloigne de l’eau, monte sur des petites routes, contourne des propriétés . les six kilomètres deviennent onze.

J’arrive enfin à Saint Pabu au quai de Stellac’h. Je passe devant un chantier naval avec d’assez gros bateaux et de grands catamarans. plus loin, se trouve le petit port avec le club nautique où Dominique m’attend pour un pique-nique délicieux avec les rillettes de thon de la Cancalaise, du pâté au poivre vert et kouing aman. 

Après midi : tour de la presqu’île Sainte Marguerite entre l’Aber Benoit et l’Aber Wrac’h. Dominique me lâche dans l‘anse de Brouesnou . Je découvre de très belles plages de sable découvertes par la marée basse, me déchausse et préfère marcher pieds nus que suivre le sentier. Approchant de la pointe , je devine le phare de l’île Vierge qui annonce l’Aber Wrac’h. La pointe est rocheuse, il y a de beaux thuyas. Le Fort Cezon (construit par Vauban)coiffe une petite île accessible par marée basse.

Fin de la soirée au Sémaphore un trois mât passe sur l’eau bleu marine.

Othoniel au Petit Palais : le Théorème de Narcisse

Exposition temporaire jusqu’au 2 janvier 2002

Othoniel : la Rivière Bleue

Je me faisais une joie de cette exposition – bonus en plus de Répine. merveilleux, enchanteur, poète…les qualificatifs des critiques sont très élogieux. A l’entrée du Petit Palais les briques de verre bleue formant la rivière ne me convainquent pas, d’autant plus que le technicien les frotte avec de grandes lingettes jaunes jetables. On ne connaît pas les chiffons et les serpillières dans le monde de l’Art Contemporain?

La marque de fabrique du plasticien : les perles de Murano

la Couronne de la Nuit

la Couronne de la Nuit qui coiffe l’escalier prend bien sa place, mais ne m’éblouit guère. Encore des perles!

le complexe de Narcisse

Il fait descendre au niveau bas pour découvrir le Complexe de Narcisse ou des colliers de perles de verre de Murano forment des nœuds. C’est joli, brillant mais un peu gratuit. Il faut des explication préalable pour imaginer l’homme-fleur qui se mire dans le miroir de l’eau.  

xx

Dans le jardin, ce sont des perles d’or qui forme le Lotus d’Or

Lotus d’or

je suis un peu déçue, j’avais beaucoup aimé les fontaines de Versailles.

Au Café du Port de l’Aber Wrac’h : La Bricole – chants maritimes

CARNET DES ABERS

la bricole

Nous avons terminé en musique ce beau dimanche, au Café du Port de l’Aber Wrac’h. Sur une petite scène installée au fond du jardin, trois musiciens : un rouquin à bouille rigolote, accordéon et clarinette, un guitariste guitare et bouzouki, et le chanteur en maître de cérémonie: petit chignon sur le haut du crâne, petit gilet serré et boucles d’oreilles. 

Ils chantent de vieilles chansons maritimes du Boulonnais. Trouvées dans les carnets de chanson, écrites par des gens du peuples, marins, conscrits mais aussi des femmes, parfois en patois boulonnais. 

Chansons inconnues de moi, surprenantes. Chansons d’un autre siècles, certaines ont plus de  ans. Accompagnement inattendu: clarinette jazzy, bouzouki chamarré, pas du tout grec par ailleurs. mandoline miniature. Ces instrument sont de beuax objets .

Si les marins sont boulonnais ou originaires des villages entre Boulogne et Calais, les airs naviguent entre Antilles et Algérie.

Une fin de journée très plaisante!