Hourtin par la plage et la forêt

AUTOMNE AQUITAIN

De Soulac à Lacanau… le sable

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Au réveil, le ciel est voilé, il tombe même quelques gouttes. Dès que j’arrive sur la plage, le soleil parait. La mer est basse mais a laissé des flaques. La profondeur des creux dans le sable témoigne de la force des courants, la baignade est sûrement dangereuse. Je ne rencontre personne en dehors de deux compagnies de goélands.

Une heure plus tard, je vois les surfeurs d’Hourtin-plage.

Hourtin est une charmante station avec des maisons du début du 20ème siècle, maisons modestes avec des toits de tuiles mécaniques, des pignons pointus, des motifs art déco, des villas plus récentes aussi , mais dans un aimable désordre. Les lotissements n’ont pas encore abâtardi le village. Sur la place, la Maison de la Presse  a une très bonne librairie et toutes les cartes IGN au 1/25.000ème dont nous avons besoin. Au coin de la rue, l’Office de Tourisme, dernier cri avec ses écrans électroniques grand format, nous fait le meilleur accueil. Il y a une charcuterie traditionnelle et une belle pâtisserie, plus loin, un cinéma….

Le village d’Hourtin , place de l’église

Hourtin-Port et son club nautique ne se trouve pas du tout à la mer comme nous l’avions cru mais au bord du Lac d’Hourtin. C’est sur le bord du lac à Piqueyrôt que nous nous installons pour piqueniquer sur des tables de bois près d’un café appartenant à un club nautique. Piqueyrôt est un hameau charmant avec des maisons basses, certaines en bois dans des jardins fleuris. Le lac est calme, la surface immobile. On entend le cliquetis des  voiliers. Ces véliplanchistes se préparent.

Le lac d’Hourtin à Piqueyrôt

De Contaud à Hourtin-plage, le GR8 , chemin de Compostelle, se confond avec une étroite piste cyclable serpentant dans la forêt au sud de la route. 4km un peu vallonnés, on passe même le col du Château d’eau à l’altitude vertigineuse de 34m. Des panneaux renseignent randonneurs et cyclistes. L’un d’eux, Natura 2000, explique qu’on a gardé des zones de sénescence, où les forestiers ne sont pas intervenus et où les arbres morts ou arbres creux ont été préservés pour servir d’abris à toute une faune d’oiseaux, insectes ou même des végétaux comme les mousses, les lichens et les champignons afin de préserver la biodiversité.

Je m’étonne de ne pas marcher dans une pinède comme je m’y attendais. Les chênes forment l’essentiel des arbres. Ces derniers existent sous diverses espèces, chênes verts, chênes lièges, chênes pédonculés, certains dépassant à peine la taille des buissons, certains majestueux. Il y a aussi quelques châtaigniers. Au sol les mousses et les lichens forment par endroit d’épais tapis, ailleurs roussissent déjà les fougères-aigles. Les bruyères et callunes sont très hautes, alternant avec les genêts et les ajoncs. Certains sont même en fleurs. Ici et là, les immortelles  jaunes embaument. Les arbousiers portent des fruits orange et rouges et des clochettes blanches, les fleurs en même temps que les fruits. Je goûte une de ces arbouses. C’est un peu décevant, la chair est fade.

arbousier, fleurs et fruit

A Hourtin-plage, le GR8 se dissocie de la piste cyclable qui s’élargit pour se confondre avec la route forestière. L’été, cette route, équipée de barrières vertes et blanches,  est fermée à la circulation automobile. On vient de la rouvrir aux voitures. Je préfère donc rester sur le GR. Qui suit une piste sablonneuse. En regardant la carte, je pensais marcher dans la dune et espérais avoir des échappées sur la plage. La mer est trop loin. La flore serait plutôt celle de la lande avec prédominance aux ajoncs, genêts et fougères de l’autre côté de la piste c’est la forêt de pins. Aujourd’hui se déroule une batture « aux grandes pattes » – selon l’expression du gardien de notre gîte. Les chasseurs sont très nombreux à bord d’énormes 4×4 qui ont creusé de profondes ornières dans le chemin. Ils sont postés de proche en proche, habillés de gilets oranges et de casquettes assorties.

« faites attention Madame, me dit l’un d’eux, on tire à balle » .

Ce serait plutôt à eux de faire attention ! Moi, je ne quitte pas le chemin et je en crois pas avoir la silhouette ni d’un sanglier ni d’un cerf.

Dans cette forêt les pistes s’appellent des « garde-feux » c’est ainsi que les chasseurs m’indiquent les distances, « encore deux garde-feux », « après le prochain garde-feu ». Je suis contente d’arriver au Pin Sec après avoir été encore avertie de « faire attention ». Je n’ai pas rencontré les chiens perdus. Deux 4×4 se sont arrêtés à ma hauteur pour me demander de leur téléphoner si je les voyais.

Notre gîte : Jean-Petit au Pin Sec

AUTOMNE AQUITAIN

 

Jean-Petit, la petite maison dans la forêt

 

Généralement les locations s ‘entendent samedi à samedi, nous n’avons pas bien regardé le contrat. Voyageant le vendredi pour éviter l’affluence sur les routes, nous pensions faire étape à Saintes. Entre Poitiers et Niort, la dame du gîte m’appelle  pour savoir où nous sommes. Changement de programme ! Il faut foncer si nous voulons attraper le bac de 15h  à Royan, le GPS prévoit l’arrivée à 14h42.

Embarquement à Royan pour le Verdon

14h45, nous faisons la queue à l’embarquement. Soleil radieux, ciel bleu, une véritable croisière d’une demi-heure ! 27°C c’est encore l’été !

16h15, nous découvrons notre gîte : Jean Petit.

 Au beau milieu de la forêt, un grand enclos fermé par un portail rouge de ferronnerie. Dans cette grand clairière des pins magnifiques, plus que centenaires, un bosquet de chênes- liège aux troncs biscornus, et deux maisons forestières : deux longères brique roses et ciment beige aux toits de tuiles romaines moussues et couvertes de lichens. Deux pans dépassent largement de deux petits auvents sur le côté. Volets de bois rouges et boiseries rouges. Ces maisons sont originales et très bien situées. Elles sont transformées en gites mitoyens.

L’agencement intérieur est simple, moderne et sobre. Dominante bleu et blanc, , meubles en pin, canapé bleu dans le coin télé, , une cuisine américaine avec un large plan de travail, un four à micro-ondes , deux plaques électriques, un lave-vaisselle et un lave-linge mais pas de cuisinière. Le luxe est la belle cheminée à insert, on peut se servir à volonté dans la réserve de bois sous un appentis. Couvre-lit mille-raies dans la chambre.

A l’extérieur, un banc de bois gris bleu à côté de la porte d’entrée. A l’arrière une table  de bois et des bancs, à côté un barbecue de ciment.

Des yuccas sont en fleur, grosses clochettes blanches.

Trois vélos sont à notre disposition, la forêt est sillonnée de pistes cyclables, les distances sont trop grandes pour rejoindre à pied les villages.

la Dune, au Pin sec

Le plus urgent : aller à la plage distante d’un kilomètre. Au bout de la route, il y a un très grand camping, une sorte de marché dans des baraques de bois. Une rampe monte à l’assaut de la dune et on découvre l’océan. Les belles vagues écumantes, la brume qui s’élève, m’étonnent toujours.  Je suis saisie, comme l’an passé au Sénégal, ou au Bénin, par la puissance de l’Atlantique. Malgré le long voyage, l’installation et les courses, je me lance dans ma promenade favorite, sur le sable mouillé, pieds nus. Elle ne sera pas très longue : la mer monte, avec la pleine lune, c’est un très fort coefficient de marée, au bout de dix minutes,  la vague recouvre le sable sec presque jusqu’au pied de la dune. La marche est malaisée avec la pente, je rebrousse chemin non sans avoir trempé le bas de mon jeans que j’avais remonté à mi-mollet.

Les courses sont à 18km. Lesparre, une sous-préfecture a tous les commerces et deux grandes surfaces. Hourtin est un peu moins loin, mais il n’y a que de petites supérettes. Nous choisirons Lesparre.

A l’entrée de la ville, se dresse un fort joli donjon carré en belle pierre blanche, la ville est aussi construite avec cette pierre blanche. Il est trop tard pour flâner dans les rues piétonnes, et  nous sommes fatiguées. Courses à Carrefour qui ressemble à tous les Carrefours !