Noirmoutier-en-l’île : Hôtel Jacobsen et Château

NOIRMOUTIER

Noirmoutier-en-l’île Château et remparts

L’Hôtel Jacobsen

C’est un Hôtel XVIIIème élégant construit sur la Place d’Armes.

Le Musée très contemporain ouvert en 2019 présente des collections de meubles et objets anciens, des écrans et beaucoup à lire sur l’histoire de Noirmoutier.

Salle 1 : La Mer : Les Echanges Exportations/Importations de Noirmoutier

Des vitrines présentent différents produits et font le bilan.

Exportations : Sel – sardines – Goémon (engrais de Noirmoutier) les cendres de goémon sont utilisées pour faire de la soude. Céréales et pommes de terre dès la fin du XVIII ème s.

Importations : Ardoises, Pierre (lest des bateaux) . Tuiles, Bois, Café, Thé, tissus

De jolies photographies anciennes,

Objets de marine : très bel encrier de voyage règle de marine en ivoire.

maison Jacobsen : pendule en bronze matelot noir

Un historien raconte sur une vidéo l’arrivée de Jacobsen en 1740.  Ce commerçant est très bien organisé, il tient avec soin ses livres de compte et y consignes bonnes comme les mauvaises affaires. Cet armateur possédait 5 ou 6 bateaux. Il ne néglige pas le commerce local : il tient une boutique et vend au détail. Il veut aussi faire des dessèchements comme aux Pays Bas.

Salle N°2 : Les Arts Décoratifs

Les thèmes maritimes et les références à l’Orient

Pendules en bronze :  Au Naufragé, Au matelot (1820) un homme noir porte une balle de coton sont une référence au commerce maritime, aux produits des colonies et aussi à l’esclavage

Porcelaines de Chine

Mobilier de bateau : secrétaire en acajou. La simplicité du mobilier est inspiré des Pays Bas.

Exposition : L’Egypte d’un Noimoutrin

A l’étage : on peut admirer les papiers peints veloutés (fin XVIIIème) imitant le damas des tentures, fabriqués par Jean Baptiste Réveillon.

La Chambre verte entièrement meublée est maintenue dans la pénombre : à travers une vitre, comme par effraction, et voir une malle de voyage recouverte de peau de phoque et un très élégant pot à toilette en faïence de Rouen.

Naissance du Phénomène balnéaire : illustré par des chroniques de presse, un film et des photographies de l’architecture balnéaire au Bois de la Chaize.

La forme d’une île témoigne de l’évolution du paysage. Le Gois : n’apparaît qu’au XVIIIème siècle , au XVII la baie de Bourgneuf s’est envasée et le passage est devenu praticable. Avec son relief très plat et ses polders, 60% de la surface de Noirmoutier se trouvent au-dessous-du niveau de la mer. Des mesures de protection doivent être entreprises pour éviter les catastrophes comme en 1978 la rupture de la digue Sébastopol ou en 2015 la brèche à La Guérinière. La solidarité et la culture du risque sont indispensables. Les plages doivent également être préservées par la construction d’épis et le clayonnage. Les dunes font aussi l’objet de mesures de protection.

 

Le Château :

Il se voit de loin avec ses deux tourelles pointues couvertes d’ardoise, il y a deux tours rondes en diagonales sans couverture. Il est d’ailleurs recouvert d’un enduit blanc pour se voir de loin et servir d’amer aux marins. Il m’a accompagné dans mes randonnées.

En 677 un monastère fut fondé et fortifié en 830 contre les Vikings. En 847, les Vikings incendient le monastère

Le château fut bâti par Pierre IV de Ganache en 1187. Il fut agrandi par Pierre V de Ganache et enfermé dans son enceinte.

1347, Noirmoutier passe aux Anglais, 1351 repris par les Français, 1458, invasion anglaise.

Le logis du gouverneur construit en 1690 servit de logis au gouverneur jusqu’à la Révolution puis de prison.

Dans la basse-cour un magnifique arbre , Cyprès de Lambert, a une taille impressionnante, il n’est pourtant pas si vieux il a été planté en 1939.

L’art contemporain est représenté par une baleine en tôle bleu Klein œuvre de Julien Vrignaud.

Au rez de chaussée le collectif de plasticiens Ayekan a installé une installation sonore Eidôlon : évocation du temps passé à Noirmoutier depuis les Dolmens de l’Herbaudière qui ont 6000 ans, le moyen âge et la Crypte de Saint Philibert. L’installation immersive consiste en une projection vidéo sur le mur et invite le spectateur à participer, toucher, faire vibrer. Je ne suis pas très sensible à ce genre de manifestation que les créateurs qualifient de Sieste immersive avec incantation et rythme lent. Je dispose de peu de temps pour la visite.

Dans les étages, peu de mobilier original. Que faire d’un château presque vide ? un lieu d’expositions didactiques avec nombreux panneaux à lire.

L’un des thèmes des l’Archéologie avec des possibilités de manipulations, de nombreuses explications. Passionnant pour les enfants un jour de pluie quand on ne peut pas aller à la plage….

Une salle est consacrée à la Révolution et aux guerres vendéennes. Un grand tableau montre la Mort du Général Elbée  général de l’armée vendéenne et le fauteuil sur lequel il a été fusillé en janvier 1794.

 

 

 

 

 

Promenade à l’Epine dans les marais salants

NOIRMOUTIER

Maris salants

Chemin de Mer et Marais (11.2 km – 3 h) balisage bleu du guide Nature édité par l’Office de tourisme

Départ au Port de Morin, port de plaisance de l’Epine. La capitainerie se trouve dans un groupe de bâtiments anciens qui a du charme.

Pour arriver à la Pointe de Devin on suit une route goudronnée et les parkings du bord de mer. Tôt, le matin c’est très tranquille. Les hautes graminées, déjà sèches se balancent.

cabane dans le marais

La suite de la promenade se déroule dans les marais salants sur des chemins de terre – les charrauds – bien entretenus et assez larges pour que les sauniers puissent accéder en voiture à leurs exploitations. Les Marais salants sont soignés, les tas de sel se reflètent sur le miroir des bassins. On ne voit pas de cristaux de sel. Les paludiers raclent la surface de l’eau avec leur raclette à long manche. Ils regroupent les petites pyramides en un gros tas sur une bâche plastique. La brouette est un accessoire très utilisé. Alors que je marche tranquillement, un couple d’oiseaux me survole avec des cris très fort. J’ai l’impression qu’ils veulent me chasser. Ce manège dure un moment. Je remarque le bec fin incurvé de l’avocette (Recurvirostra Avosetta). A l’approche d’une grande pièce d’eau un autre couple recommence à me survoler bruyamment, les poussins gris sont à proximité. J’imagine que ce comportement est destiné à protéger la couvée, mais ce n’est qu’une hypothèse personnelle.

Le sentier passe un petit pont de pierres.

ânes dans les marais salants

Certaines parties du marais sont en friche mais peu. Il y a des animaux, un petit troupeau de bovins et des chevaux et des ânes.

Après un long parcours dans le marais, je traverse la route et arrive à la limite entre La Guérinière et l’Epine . Le topoguide promettait une promenade entre murets blancs et jardins fleuris. Je trouve long le parcours entre les maisons désertes sans doute plus animées en saison, le 12 juin c’est encore vide.

Je rejoins Dominique à la Plage Saint Jean pour une salade champignons saumon à l’aneth face à l’océan confortablement installées sur un banc. Il fait bien chaud au soleil et le sable blanc brûle.

La mer est haute, très calme. Je nage parallèlement à la côte jusqu’à l’épi suivant. Il y a quand même un courant qui me pousse vers la plage. Quand mes genoux touchent le sable je dois retourner vers le large.

Au Port du Bonhomme , j’achète un kilo de moules de bouchot. La boulangerie de La Guérinière n’ouvre qu’à 16 h. nouvelle baignade à la Cale des Perles. L’eau est lisse. Je fais des longueurs comme à la piscine. Il y a même des bouées jaunes pour donner un but à mes allers retours.

Circuit à Barbâtre et à La Guérinière

NOIRMOUTIER

polder Sébastopol

Intermarché de la Guérinière, immense a très bonne poissonnerie où nous avons trouvé des crevettes grises et des petites soles à 4€

L’Office de tourisme a édité un Guide Nature avec des circuits bien expliqués (cartes et topo)

J’ai choisi Portes de l’île, balisage jaune, 13.4 km – 3h

Départ à l’Office de tourisme de Barbâtre sur la route principale à côté d’un moulin.

Une petite route mène au Polder Sébastopol, véritable paradis pour les oiseaux. Des vaches maraîchines paissent tranquillement dans le vacarme des mouettes. Le circuit balisé jaune est commun avec la piste cyclable. Je préfère traverser le polder et monter sur la digue (cela rallonge). Les canaux, pièces d’eau, sont envahis par une nuée de mouette. Des touffes de joncs pointent et se reflètent dans l’eau : merveilleux spectacle. De grands arbres sont plantés sur la digue au-dessus d’un curieux bassin rond : l’Etang du Vide.

Le Gois à marée haute

Quand j’arrive au Gois la marée est haute. Des poteaux noirs balisent la route submersible. Dominique m’attend sur le parking où les automobilistes attendent que le passage soit dégagé (16h aujourd’hui). L’hôtesse de l’Office de Tourisme explique que les horaires sont calculés en fonction de l’heure de basse mer mais tiennent compte du coefficient de marée. Elle déconseille les touristes de les évaluer seuls mais plutôt de suivre les indications lumineuses au rondpoint.

Le parcours jaune continue sur la piste cyclable large en enrobé clair idéal pour le vélo, dur sous mes sandales. Abritée par la digue elle est protégée du vent, parfaite pour les cyclistes mais les piétons préfèrent grimper sur la digue avec une vue sur la mer et la côte de Fromentine, et sur les marais plus bas. Les touffes de genêts libèrent un parfum puissant. Vers la Pointe de la Fosse le marais est cultivé. Dominique m’attend à proximité du pont.

Liserons sur la dune

Pique-nique dans la dune à proximité de la Plage des Boucholeurs . A marée haute on ne peut deviner les installations. Les bourdons butinent de corolle en corolle rose de liserons des dunes à feuilles épaisses et vernissée.  Les onagres jaunes complètent le décor.

14 heures, la marée descend rapidement. Conditions idéales pour une baignade. Des vagues minuscules – 20 à 30 cm – une eau tiède plus chaude qu’à Crozon mais un peu plus agitée. J’entre facilement dans l’eau mais n’ose pas nager loin, il n’y a personne.

Au lieu de chercher le chemin balisé je préfère marcher dans l’eau sur la plage. Rendez vous au club de voile de Barbâtre.

Moulin de la cour à la Guérinière

Fin de la journée à la Guérinère : les quatre Moulins de la Cour ont gardé leur toiture conique en ardoise et certains leurs ailes. Il reste à Noirmoutier une vingtaine de moulins. La plupart ont été construits après la création des polders cultivés en blé. On venait même du continent moudre son grain sur l’île. Les moulins fournissaient des indications aux marins qui observaient comment tournaient leurs voiles et réciproquement.

Port du Bonhomme

En face, de l’autre côté du rondpoint une route mène au port du Bonhomme, le port ostréicole de l’île. En plus des installations ostréicoles plusieurs magasins, restaurants s’alignent à l’abri de la digue. On y vend des huitres et des moules bien sûr, aussi des palourdes. On s’y attable pour déguster des huitres mais on peut aussi commander des plateaux de fruits de mer à tous les prix. Il y a même un distributeur automatique de bourriches d’huitres avec le couteau pour els ouvrir dans des casiers réfrigérés.

De la digue on découvre les installations découvertes et les tables où les ostréiculteurs peuvent déposer leurs poches.

Locations Abritel – Mais où est donc le propriétaire? Que faire en cas de panne?

NOIRMOUTIER

La panne : Au réveil, la télé ne veut pas s’allumer, le frigo s’est arrêté et je découvre une belle inondation dans la cuisine. Panne de courant ? Dans l’armoire électrique, un seul fusible a sauté. J’incrimine  le réfrigérateur dont le comportement m’avait donné des inquiétudes : inondé le jour de notre arrivée , en même temps, complètement givré.

Il faut prévenir le propriétaire. Qui est donc le propriétaire ? Abritel avait mis l’annonce sur Internet, envoyé le contrat de location et encaissé le loyer. Sur le contrat je découvre que c’est Poplidays le gérant. Qui est Poplydays ? En dehors d’un numéro de téléphone à Pau, nous ne le saurons jamais. J’appelle ce numéro, on me renvoie à Foncia, l’agence qui nous a donné les clés. Foncia est  une agence tentaculaire qui me balade. A chaque fois, je raconte mon histoire de frigo dégivré, d’inondation, de disjoncteur. Cela n’intéresse personne !

Il  faut donc cinq appels téléphoniques pour joindre enfin la bonne personne à l’agence Foncia  de Noirmoutier qui promet…de me rappeler. Trois intermédiaires entre le propriétaire et le locataire ! Qui va donc nous dépanner ?

Deux heures plus tard nous partons pour Noirmoutier à l’agence. La dame a contacté le propriétaire qui va faire changer le frigo, l’installateur viendra à 12h30, tant pis pour la randonnée prévue !

Je me console en allant visiter la Maison Jacobsen et le château de Noirmoutier.

La panne (bis) :  nous avons un frigidaire tout neuf, l’installateur a joué avec les disjoncteurs, la télé est revenue. Nous pouvons partir visiter l’Herbaudière.

La panne (ter) en rentrant, le frigo est à nouveau  tiède et éteint. La télé, inerte. Le disjoncteur relevé ! Retour à la case départ. Seul avantage : nous connaissons le numéro de téléphone de l’agence de Noirmoutier, que nous rappelons. En attendant, Dominique appelle une cousine qui a travaillé dans l’immobilier. Elle nous conseille de porter plainte en Gendarmerie ou à la Mairie, le téléphone est sur Hautparleur. Justement la dame de l’agence entre dans la cour du gîte et surprend la conversation. « Gendarmerie ! « Ambiance !

La dame tripote les prises, joue avec les disjoncteurs, téléphone avec ses 3 téléphones mobiles, appelle sa patronne, une collaboratrice, l’installateur…Il est question de nous donner un autre logement. Le technicien guide la dame qui parvient à faire revenir le courant.

Provisoirement !

Pendant que je suis allée à la plage, cela saute à nouveau mais Dominique a compris la manipulation.

Nouvelle visite du technicien qui soupçonne le chauffe-eau. Mais où est donc le ballon ? Introuvable. Pour tester cette hypothèse l’homme de l’art propose de mettre hors circuit le chauffe-eau et d’attendre.

C’est parfait, on a un réfrigérateur et la télévision, mais il n’y a plus d’eau chaude.

la panne (4ème épisode) le lendemain : visite du plombier qui doit démonter une cloison de la salle de bain enlever les placards pour trouver le chauffe-eau mais qui ne trouve pas la panne . Encore deux heures de perdues et toujours pas d’eau chaude.

Nous sommes dépitées : une panne d’électroménager, cela arrive mais les responsabilités sont introuvables, Abritel, Poplidays, Foncia, le propriétaire inconnu? Qui est responsable ? Qui aurait dû vérifier les installations ? Qui nous indemnisera pour les journées perdues ? Où faire remonter les doléances ?

On a réservé en trois clics sur le téléphone, mais l’après-vente est aléatoire. Avec une location traditionnelle, le propriétaire fait un état des lieux, montre le fonctionnement des appareils, laisse une spécialité locale, une bouteille, un dessert, un bouquet de fleurs, le lit fait. Nous avons reçu le trousseau de clé, les draps dans un sac, et un curieux cadeau écolo : une boîte en carton ondulé contenant un rouleau de papier hygiénique avec deux échantillons de liquide à vaisselle. Quelle attention délicate !

Conclusion : les dames de l’agence, mesurant notre déception et notre colère, nous offre en compensation de rester quelques jours supplémentaires.

Morale de l’histoire : le tourisme n’a plus rien à voir avec l’hospitalité mais avec le plateformes informatiques, dépersonnalisation et déresponsabilisation ! Et en route, qui a pris sa commission?

Azur, poésies et cyanotypes au Musée Stéphane Mallarmé

Exposition temporaire jusqu’au 1er octobre 2023

 

Cyanotype sur Verre
mauve
Aline Héau

La maison de Stéphane Mallarmé à Vulaines, sur les bords de la Seine rassemble souvenirs et poèmes de Stéphane Mallarmé et accueille de belles expositions. Celle-ci, Azur, est en harmonie avec l’œuvre du poète: 

L’Azur

De l’éternel Azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poète impuissant qui maudit son génie
À travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?

Brouillards, montez ! versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera le marais livide des automnes,
Et bâtissez un grand plafond silencieux !

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor ! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Éteigne dans l’horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l’horizon !

— Le Ciel est mort. — Vers toi, j’accours ! donne, ô matière,
L’oubli de l’Idéal cruel et du Péché
À ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché,

Car j’y veux, puisque enfin ma cervelle, vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d’un mur,
N’a plus l’art d’attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur…

En vain ! l’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angelus !

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr ;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?

Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur !

Stéphane Mallarmé, 1864

Cyan est le bleu de Prusse  obtenu par un procédé chimique vieux de près de 2 siècles (1842). Le cyanotype est un procédé de photographie ancien, revisité récemment. 

Aline Héau : cyanotype sur verre carotte sauvage

Trois artistes sont exposés à Vulaines : Aline Héau, Agnès Clairand et Kyano.  Les œuvres sont accompagnées de poèmes Elévation de Baudelaire, Donc ce sera par un clair jour de Verlaine, Sensation de Rimbaud, le papillon de Lamartine, La Forêt de Victor Hugo…et j’en oublie. 

Agnès Clairand : sureau

Il faut prendre le temps de contempler, de lire, d’aller du poème à l’image.

Et aussi s’asseoir pour visionner les vidéos de Kyano  

L’une explique le procédé chimique, la technique de photographie actuelle qui numérise l’image, et l’autre montre des images bleues de la Méditerranée et les glaciers bleus de l’Islande. Le commentaire est en grec (sous-titré) ce qui donne un ton méditerranée pour leur oeuvre « Le cyanotype comme invitation au voyage ».

Les œuvres sont aussi réparties à l’étage dans les pièces que Mallarmé et sa famille occupèrent. Dans les tons bleus : le portrait de Geneviève Mallarmé brodant par Julie Manet. 

Nous avons passé un bon moment au jardin dans les arbres fruitiers et avons eu la belle surprise de trouver au sol de délectables quetsches bleues que nous avons dévoré (après examen approfondi pour ne pas y trouver fourmis ou guêpes.

Une visite azuréenne que je vous recommande!

de la plage del’Aber à celle de Trez Bellec – visites à Camaret

CROZON

Rozan : affleurement volcanisme

Départ de la balade :  en face de l’île de l’Aber inaccessible à marée haute. En chemin nous sommes passées à côté d’une motte castrale et du four à chaux de Rozan. Sur l’île est signalé un oppidum et non loin, un menhir à Raguenez.

Rozan : îlot de l’Aber

 

Je suis le GR 34 me fiant au balisage et à la carte IGN.  Il chemine au-dessus de la falaise. Je passe à côté d’un affleurement signalé sur le dépliant de la Maison des Minéraux : à Rozan, volcanisme sous- marin Ordovicien. Le sentier est très agréable. Il surplombe une petite plage bordée de galets : la Plage de Poul puis s’élève dans la pinède pour arriver à la Falaise de Guern (85 m).

Falaise du Guern

La mer turquoise vue à travers les troncs de pins et les roches blanches (Grès Armoricains) déchiquetées ressemble un peu aux paysages de calanques méditerranéennes. La Falaise de Guern est une zone protégée pour al faune et la flore. La descente dans la pinède est raide, encore une fois je me félicite d’avoir pris le bâton. La pluie annoncée a bien fini par tomber à la sortie du bois. Heureusement Dominique m’attendait à Trez Bihan un peu avant la fin de l’itinéraire prévu.

Falaise de Trez Bihan

Puisque je suis déjà bien mouillée pourquoi ne pas marcher dans l’eau le long de la plage de TRez Bellec ?

Déjeuner à la Crêperie du Presbytère au Fret. La terrasse est protégée par un plastique transparent ondulé comme de la tôle, des vitres protègent des vents du large. Malgré la pluie nous déjeunons en terrasse. Galette olivier : andouille, crème, chèvre, oignon, pour moi et Pêcheur saumon sauce aux herbes et à la crème. Crêpes marrons et caramel beurre salé. Excellent. 36€ avec un café et du vin blanc.

Camaret : Tour Vauban

Camaret tour Vauban

Avant d’entrer dans la Tour on peut observer le four à boulets : chauffés au rouge-cerise ils permettaient d’incendier un navire ennemi.

Dans la Tour, une reconstitution de la vie des soldats montre qu’ils vivaient dans un logement mal éclairé avec les volets fermés puisque les fenêtres n’avaient  pas de vitres, le sol était garni de paille et tous dormaient dans un lit commun sur des planches.

Une salle est consacrée à Vauban (1633-1707) Ingénieur militaire, en 1668 commissaire général aux fortifications. Il a donné au Royaume une « ceinture de fer ».La Tour de Camaret fut édifiée dans le cadre de la guerre contre la  Ligue d’Augsbourg (1688) qui a opposé le royaume de France à l’ensemble des princes européens.

En mai 1694, l’attaque de la Tour se prépare selon le plan anglais. 1080 hommes sont tués ou blessés. La toponymie a gardé le souvenir de cette bataille de Camaret avec le Rocher de la Mort Anglaise.

Deux tableaux  dépeignant Camaret celle de Cottet (Musée d’Orsay et de Boudin (Musée de Quimper)

On voit des affiches des  Allemands qui ont utilisé Vauban pour leur propagande du mur de l’Atlantique.

Le beau temps est revenu, je parcours la Plage de Kerloc’h qui se poursuit par la Plage de Kersiguenou pour se terminer Plage du Goulien : encore une belle promenade dans l’eau. J’avais mis mon maillot mais il n’y a personne dans l’eau en dehors d’un homme sur son paddle et de 4 surfeurs. Je n’ai pas osé me risquer à nager seule. Aller et Retour 1h30 et environ 6 km !

 

 

 

Landevennec : ancienne Abbaye et balade en forêt

CROZON

Landevennec Ancienne Abbaye Saint Guénolé

L’anticyclone s’éloigne, les nuages font leur apparition. Les agriculteurs se dépêchent de faucher, botteler les foins en grandes roues qu’ils ramassent à la hâte. Dommage pour les graminées et les marguerites qui se balançaient gracieusement au vent. Les digitales se font d’autant mieux remarquer.

Entre Le Fret et Landevennec la route passe à Lanvéoc avec ses bases militaires Base Aéronavale et Ecole Navale, nous circulons à ras des pistes du petit aérodrome. Non loin de là, l’Île Longue. La présence de l’armée est perceptible.

J’ai commencé la randonnée à la Chapelle de Folgoat nichée au creux de la forêt. Assez grand et austère, pour seul décor, une plaque rectangulaire ciselée. Une source et un bac en pierre carré. La légende raconte qu’un ermite du nom de Salaün vivait là, démuni de tout, mendiant son pain et chantant Ave Maria. A sa mort une fleur de lys fleurit et on construisit la chapelle en son souvenir.

Le GR monte derrière la chapelle, grimpe dans le bois et rejoint une piste forestière sous de beaux feuillus : fraîche promenade. Arrivée au-dessus de l’Aulne, il y a une belle vue sur le Pont de Tenerez et ses élégants haubans qui enjambe le petit fleuve là où il est étroit. Pour joindre la route au-dessus la grimpette (57 m) est bien raide. Le GR34 emprunte la route goudronnée. A Bellevue, le belvédère domine la boucle de l’Aulne et la petite île ronde de Tenerez. Au creux se trouve le cimetière des bateaux. Je suis un peu déçue par ces grands bâtiments métalliques peints en gris.

vieux mur

Le soleil brille quand j’arrive au bourg de Landevennec, calme et charmant. Pas ou très peu de voitures, des randonneurs à pied et des cyclistes. Des collégiens de Brest courent en tout sens avec des questionnaires. Landevennec n’est pas un site gâché par le surtourisme. Pourvu que cela dure !  Les palmiers lui confèrent une ambiance exotique.  le long des murs les gros massifs d’hortensias commencent à fleurir. Les belles maisons sont pour la plupart des gîtes ruraux. Deux crêperies, une « épicerie communale » et deux beaux musées : Breizh Odyssée et l’Ancienne Abbaye Saint Guénolé. Une arche de triomphe précède le cimetière autour de la fine église qui domine l’Aulne.

Eglise de Landévennec

Le Musé de l’Ancienne Abbaye  Saint Guénolé de Landévennec

Saint Guénolé

Il est conseillé de visiter le musée avant les ruines, ruines romantiques fort jolies près de l’eau mises en valeur par les acanthes en fleur les palmiers et la valériane.

Le musée permet de resituer l’Abbaye dans son contexte historique

L’Armorique à la fin de l’Empire Romain a subi dès le IIIème siècle des raids et des pillages de pirates venant de la Manche. De nombreuses villas gallo-romaines furent abandonnées. Un système défensif fut mis en place avec la présence de soldats. Dans l’Empire Romain les bretons participaient à la défense contre les invasions barbares. La toponymie en conserve le souvenir jusque dans les régions du Rhin et du Neckar. Jupiter-Taranis chevauchant l’Anguipède est au carrefour des religions où l’on trouve aussi des représentations de la Grande Mère, déesse de la fécondité de la nature.

Les routes de l’émigration et les premiers monastères bretons :raconte une autre géographie. Les fondateurs venaient de Grande Bretagne, Cornouaille  et d’Irlande. Les échanges entre les deux rives de la Manche formaient un seul ensemble culturel. Conomor, roi des Bretons au VIème siècle avait un  royaume double. Les immigrants achetaient des terres en Bretagne et défrichaient. Le monachisme celtique gagne le continent avec Colomban au VIème siècle. Les îles bretonnes étaient propices à l’érémitisme.

En 818 Louis le Pieux décrète l’uniformisation des monastères sous la règle de saint Benoit et l’impose à Landevennec, dernier bastion de la Règle celtique.

Arrivée des Vikings à landevennec en 913

Une Exposition Heurs et Malheurs d’une Abbaye Bretonne en l’An Mille – Sur des Cendres fumantes

Montre le travail des archéologues reconstituant la reconstruction de l’Abbaye autour de l’An mille (1025-1030) après que les moines qui avaient pris le chemin de l’exil soient revenus. Destruction du monastère par un incendie mais aussi une inondation. Cette inondation a été une aubaine pour les archéologues : pour lutter contre l’envahissement des eaux on a construit alors une sorte de digue avec du remblai où on a retrouvé des objets très bien conservés.

Comme souvent dans les Abbayes se trouve un très beau Jardin des simples où je n’ai pas eu le temps de m’attarder.

Après le repas j’ai repris le sentier côtier à travers la forêt de Landévennec en direction de l’Ouest. Le GR  emprunte d’abord une petite route en montée entre les jardins et la campagne. Arrivée à la cote 90, juste avant la grande route, une buvette encourage les marcheurs qui peinent en montée par des panneaux de bois « encore 100 m et une boisson fraîche » « 25m encore et du saucisson ». Une récompense pour l’effort ne serait pas superflue. Dommage je n’ai pas un sou en poche ! La tenancière très aimable me montre le Gr qui dévale la pente grimpée à grand peine.

Jour de canicule sur la France, supportable dans le Finistère, j’apprécie la marche sous le couvert de la forêt. Pas de beaux chênes ou des hêtres comme ce matin au-dessus de l’Aulne, plutôt des taillis et des résineux. Quand on s’approche de l’eau, Aulne ou mer, je ne sais pas très bien, le clapotis est rafraîchissant.

Le Sillon des Anglais est un curieux phénomène géologique : cordon littoral de galets s’accumulant en dérivant avec le courant. Il est long de 800 m et se déploie parallèlement à la côte avec une largeur de quelques dizaines de mètres puis se recourbe.

Après 4 km de balade à plat, on arrive au Bois de Loch, réserve naturelle intégrale. La piste devient étroit sentier très étroit et monte dans les arbres régulièrement. Un belvédère est signalé mais on ne voit pas grand-chose. La descente sur le Loch est plus difficile dans les schistes qui font des escaliers avec des marches naturelles sur la pente très verticale ; j’ai du m’asseoir à plusieurs reprises pour trouver la marche située en-dessous, ravie de m’assurer avec mon bâton. La vue sur le Loch, son marais retenu par son cordon de galets est très belle.  Je n’ai pas envie de m’arrêter pour photographier : les premières gouttes de pluie tombent et vont rendre le schiste encore plus glissant.

A peine arrivée à la voiture, l’averse éclate. J’ai vraiment eu de la chance !

 

 

 

 

Du Cap de la Chèvre à la Pointe de Dinan et la plage de Goulien

CROZON

cap de la chèvre stratifications de la pointe de Kerroux

Passant par Crozon, j’achète une barquette de fraises de Plougastel, c’est une véritable addiction ! Après Saint Hernot nous traversons de charmants villages de petites maisons aux volets bleus et pignons triangulaires, enfouies sous les rosiers et les hortensias. A Rostudel, un groupe de maisons  mitoyennes pittoresque est à louer.

La route s’arrête devant le monumental sémaphore (terrain militaire), interdit d’entrer et de photographier ; qui en aurait envie ? il est hideux avec un grand mur gris qui le double, comparé au  joli phare blanc de Toulinguet. Le sentier contourne le terrain militaire pour rejoindre le sentier côtier bordé de fils de fer pour permettre à la végétation de repousser. En balcon, le sentier offre des vues impressionnantes sur les falaises et les pointes. J’essaie de reconnaître les affleurements signalés sur le dépliant de la Maison des Minéraux. La pointe est formée de Grès Armoricain, puis de dolérite, roche volcanique, enfin de schistes et calcaires. De loin, je ne reconnais pas grand-chose mais m’obstine à photographier de loin les stratifications et les bancs qu’on voit plonger sous l’eau transparente ; Certains bancs sont découpés en prismes sur la plage en dessous. Je regrette d’être incapable de lire les structures intéressantes.

Cap de la chèvre crique

Le couvert végétal est composé de bruyère et de coussinets très verts et très denses. En regardant mieux : j’identifie des ajoncs très bas serrés et piquants, des prunelliers forment également des boules serrées. De temps en temps, des taches orange de filaments étranges. Des randonneurs me disent que ce serait des « cheveux  du diable », plante parasite. Ce végétal m’intrigue. Un peu plus loin, j’ai le plaisir de voir s’envoler un Crave à bec rouge son bec est vraiment rouge.

Cheveux du diable

A l’entrée de la Plage de la Palue, on traverse une zone boueuse puis j’arrive dans la dune. Le sable sec s’infiltre dans mes chaussures, les alourdit et la marche devient pénible. J’aurais mieux fait de descendre sur l’estran et de marcher sur le sable mouillé.

Dominique m’attendait avec un pique-nique gastronomique : salade de champignons de Paris frais avec saumon en fines tranches marinées avec de l’aneth et du citron confit et pour dessert les fraises de Plougastel.

A partir de la Pointe de Lostmarc’h le sentier en balcon court à travers une lande, véritable patchwork coloré. La floraison des ajoncs s’annonce avec les boutons jaunes prêts à éclore, les bruyères forment des taches roses, coussins verts. Même l chèvrefeuille s’est invité, il rampe sur les ajoncs. De petits troènes sont fleuris. Pourquoi cette lande située sur le même versant, même orientation est-elle plus fleurie que celle située avant la plage ? Cette portion du sentier côtier est beaucoup moins fréquentée que la première du Sémaphore jusqu’à la plage, en effet elle ne figure pas sur la rando-fiche. Je ne croise qu’un coureur qui dévale les pentes. Le tracé du sentier est moins visible, on l’a même interdit sur le rebord de la falaise. Le GR rentre dans la campagne. Je marche, téléphone en main en me guidant au GPS et marchant le long du fil de fer. A l’approche de Kerguillé, je descends jusqu’au bord de l’eau et remonte de 60 m perpendiculairement aux courbes de niveau, contente de m’aider de mon bâton. Enfin la Pointe de Dinan et le Château de Dinan se profilent.

Pour terminer la journée à la plage de Goulien toute proche à pied la voiture doit retourner à Crozon, traversant le ravissant village fleuri de Keraveno. La plage de Goulien est très grande et relativement fréquentée par de nombreuses familles avec des enfants (beaucoup d’Allemands). Je fais un petit tas avec la robe rose glissée dans les sandales que je perche sur un rocher (beaucoup de moules et balanes). Malgré la fraîcheur je nage dans une eau calme comme en Méditerranée. Je pourrais nager très longtemps, je me suis habituée à la température de l’eau.

Morgat et trois belles plages

CROZON 

Pendant que je révisais ma géologie, Dominique a exploré le Cap de la Chèvre, découvert les très jolis villages Kerdreux et Menesguen composés de maisons basses blotties les unes contre les autres et couvertes de rosiers en pleine floraison. Volets bleus. Les haute valérianes roses bordent la route. Parfois, le lierre couvre une façade. Des barrières de bois bleues enferment les jardins. C’est charmant.

Cap de la Chèvre plage de la Palue

Elle a aussi trouvé l’emplacement idéal pour le pique-nique au-dessus de la Plage de la Palue. Je descends à pied la piste caillouteuse, sur ses bords de très belles orchidées Orchis pyramidal selon PlantNet dépassent largement les graminées. Du chèvrefeuille fleuri s’étale sur les buissons Les Tas de Pois de la Pointe PenHir se détachent sur la mer bleu vif. Au pied du parking bas un escalier de hautes marches de bois descend à la plage de la Palue qui s’étend sur au moins 1.5 km . La mer s’est retirée très loin. Le sable est très fin, clair, plutôt jaune. Des ruisselets s’écoulent, des bâches sont encore pleines. Mais la mer remonte, avec les bâches je me méfie, je n’ai pas envie de me retrouver encerclée d’eau, je marche au bord de l’eau prête à remonter vite vers le sable sec. Au parking, des panneaux interdisent la baignade, dangereuse avec les baïnes. Seuls, surfeurs et véliplanchistes, peuvent pratiquer leur sport,  avec prudence.

Morgat

Morgat a un air irlandais avec ses maisons colorées alignées. C’est une station charmante avec un port de plaisance, des clubs sportifs, location de kayaks et des vedettes touristiques pour de courtes excursions : visite des Grottes marines (50 minutes 16€) tour du Cap de la Chèvre (1h15 – 27 €). Plus loin, s’alignent boutiques et restaurants tandis qu’à l’autre extrémité de la plage se trouve de beaux hôtels blancs, style 1920. Le Grand Hôtel de la Mer domine la plage de ses larges gradins qui conduisent directement sur le sable et que je monte avec un peu d’appréhension parce que je ne sais pas comment je serai reçue en haut. J’ai jeté un coup d’œil à la piscine et suis passée comme si de rien n’était.

Plage de l’Aber

C’est encore une belle et grande plage de sable fin mais l’eau est peut-être un peu plus trouble. Bien décidée à me baigner j’entre dans l’eau avec détermination.

Crozon et la Maison des Minéraux

CROZON

Marché de Crozon

Crozon est une petite cité  où nous faisons nos courses.

Leclerc est assez éloigné en périphérie, pour les produits de base.  Le centre-ville est tout à fait suffisant pour la semaine : marché et Carrefour-contact ainsi que des commerces traditionnels.

Le marché se tient sur la Place de l’église. C’est un marché des producteurs : trois étals de légumes avec des bottes de carottes, radis, oignons soigneusement disposés. Un poissonnier bien sûr, un fromager propose des fromages de chèvres de toutes sortes. Pains variés. Miel. Un camion-charcuterie. Une roulotte-crêperie. Sans oublier les fraises de Plougastel : un régal pour les yeux et le nez ! le parfum des fraises se répand sur toute la place et me fait oublier les déconvenues récentes en supermarché garriguettes chères et décevantes. Le panier de 250 g est à 3€ presque la moitié des prix franciliens et moins cher que les fraises « bio » espagnoles de Carrefour de l’autre côté de la place 3.99€

Une belle librairie, des banques, une boutique de téléphonie et accessoires. Crozon est commerçante et vivante.

Quand j’entre dans l’église, trois femmes sont affairées avec des chiffons et balais. Bonne odeur d’encaustique. Il y a de quoi cirer : buffet d’orgue tout en bois, bancs…Un autel porte le retable en bois peint des dix-mille martyrs du mont Ararat.

La Maison des Minéraux

Septaria en lumière fluorescente

La Maison des Minéraux se trouve à Saint Hernot sur la route du Cap de la Chèvre. Elle occupe l’ancienne école primaire. L’accueil est très cordial.

La première salle offre une expérience inédite : le bac à sable. Du sable très fin est livré aux visiteurs qui peuvent jouer à modifier le relief, construire des collines ou les araser. Des capteurs de la topographie sont reliés à un logiciel qui fait apparaître les courbes de niveau et les couleurs sur le sable comme sur une carte traditionnelle.

La seconde présente la Géologie de Crozon. Une carte géologique de grande taille permet de saisir la diversité et les accidents géologiques de la presqu’île. L’essentiel des roche est sédimentaire avec un peu de volcanisme ancien, pillow-lavas de volcanisme marin, grès et schistes sont très anciens. Les phyllades de Douarnenez (alternance de grès et de schistes) sont du Briovérien (+ de 600 Millions d’années). Les roches les plus récentes sont du Permien (sauf les alluvions et sables Quaternaires).

spongiaire

Des reconstitutions paléontologiques des fonds marins anciens sont basées sur des fossiles spectaculaires ; je n’ai jamais vu de si belles accumulations de brachyopode et de graptolites ; jolis trilobites. Surprenant : un nodule de 70 cm de diamètre environ avec un cœur de pyrite : des couches régulières ont été accumulées en périphérie ; le résultat est une boule aplatie avec des cercles concentriques. On présente aussi des ripplemarks et des traces de vers.

Collection minéralogique dans la salle suivante. Dans les vitrines on découvre des minéraux provenant de toute la Bretagne : Grenats de l’île de Groix inclus dans une gangue de schistes verts. Amphiboles et staurotides. J’ai surtout été impressionnée par les Roches de Coray : staurotides présentant des macles en croix de Malte ou de Saint André qui ont été source de légendes.

Une belle exposition-photos : Pierres, Feuilles et oiseaux. J’ai surtout aimé les photos géologiques.

roches éclaireées en lumière fluorescente

Enfin, j’arrive dans une salle très sombre. Dans des vitrines de beaux cristaux. Aux murs des pierres grisâtres. Je commence à m’extasier devant les plus beaux spécimens. Mon préféré une septaria (nodule de dessication) très décoratif. La salle s’éteint pour être illuminée en lumière fluorescente : sur le mur les cailloux gris prennent des teintes surprenantes, on croirait un vitrail. Les septarias changent de couleur. Très spectaculaire.

La visite se poursuit en extérieur avec le Jardin Insoli(h)e qui met en scène de très gros échantillons. Un livre est fourni à l’accueil ; le jeu consiste à identifier les différentes installations. Facile pour le Granite rose que je connais bien de Perros Guirec, ou pour la rivière de schiste. Plus difficile pour les amphibolites.