Onda – Le chemin du Cid

CARNET DE BENICASSIM

Onda : la ville du carrelage
Onda : la ville du carrelage

Au réveil, nous découvrons le sol ruisselant, des flaques : il a plu pendant la nuit ; du brouillard cache les 5 cargos et le port de Castellon. Lundi dernier à Benasal, j’ai trouvé un dépliant fort intéressant : la carte du Camino del Cid dans la Communauté de Valence (il en existe d’autres tronçons de Burgos à Saragosse). Ce chemin du Cid peut être parcouru en voiture, en vélo ou à pied sur des circuits détaillés sur le thème de la conquête de Valence : anillo Maestrago , anillo de Morella …Nous aurions pu organiser nos excursions en suivant ces itinéraires. Trop tard ! Nous rentrons demain. Sur ce document nous avons choisi de visiter Onda à une trentaine de km, possédant une belle église, un château arabe du 11ème siècle, un couvent et plusieurs musées. De quoi nous occuper ! Nos livres en revanche sont muets. Petit bémol, Onda est une ville moyenne qui compte 25.000 habitants. Sans guide, nous risquons de nous perdre.

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Madame GPS nous guide dans les voies rapides et les ronds-points en un temps record. L’arrivée à Onda est surprenante. Onda est une ville industrielle, l’avenue de la Méditerranée passe entre des rangées d’entrepôts, de hangars, magasins d’usine, show rooms, pour un seul type d’article : le carreau de céramique. On ne vend et ne fabrique ici que des carreaux en céramique, également pour l’exportation, sur les façades des caractères arabes. Nous sommes sur la route du Cid qui s’était mis au service des taïfas – les rois arabes dont nous allons visiter un des châteaux. Mélange des cultures, les ancêtres des Espagnols ne sont sûrement pas les Gaulois !). La ville est cernée par les céramistes, usines ultramodernes et ateliers anciens, encore en fonctionnement ou en ruine. Les hautes cheminées de brique rouge sont nombreuses. L’une d’elles décore un petit jardin public en forme de triangle comme un obélisque incongru, à la base de la colline du château.

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Après en avoir entraperçu la silhouette, nous entrons dans la ville, espérant suivre un fléchage quelconque. Les immeubles modernes en briques ne sont guère attirants, ni les magasins.

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Enfin ! Un panneau indique l’Office de Tourisme, le petit parking pour les voitures et les cars est complet. Je monte une rampe de pierre, arrive dans un quartier aux ruelles étroites et aux maisons blanches, ma première impression est d’être dans une médina, à Fès ou à rabat. Des escaliers grimpent à des placettes. En regardant mieux, les balcons aux fenêtres font la différence, ce n’est pas une médina, juste une ville méditerranéenne.

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La jeune femme de l’Office de Tourisme m’explique comment arriver en voiture au sommet de la colline puis elle me demande comment nous avons connu Onda « par le chemin du Cid » – « avez-vous le carnet ? ». Comme à Compostelle, on peut faire tamponner le carnet à chaque étape. Nous aurions pu faire valideer les étapes de Benasal, de Morella, de Sagunto…

L’entrée du château est très restaurée. A l’arrière, une école a été construite en 1920 par des religieux. Le Musée est malheureusement fermé ; on ne l’ouvre que pour les groupes d’au moins 4 personnes. A l’arrière on peut visiter les fouilles archéologiques de l’Alcazaba  – palais arabe du 11ème siècle(contemporain du Cid). Les pièces étaient réparties autour d’un patio planté d’un jardin avec un bassin carré. On ne voit plus que les fondations. Douze tours gardaient la muraille d’enceinte.

les ruines de l'Alcazaba
les ruines de l’Alcazaba

L’office de tourisme a organisé un circuit dans la ville historique que je suis un peu dans le désordre. Près du parking, un moulin dont on voit encore la meule et le mécanisme. Aucune indication sur la date de construction, ni sur la nature de ce qui y était moulu. Non loin, on entre dans la ville par la Porte San Pedro (11ème siècle), arc roman, reconstruit en 1578 qui porte les armoiries d’Aragon. La petite rue La Luz monte raide à une placette dans le quartier de Moreria où habitaient les musulmans, 200 habitants jusqu’en 1609 où ils furent définitivement expulsés d’Espagne. Un jardinier municipal rencontré sous le château, me montre le petit escalier : Escaletes dels Gats (chats ?) qui montait de la place de la Synagogue  dans la Juderia dont il ne reste plus de trace depuis l’expulsion de 1492.

Porte dan Pedro
Porte dan Pedro

L’église de l’Ascension(1727) est très imposante avec sa belle coupole, sa façade baroque, construite sur l’emplacement d’une église gothique. Seul subsiste le clocher 14ème siècle. Malheureusement elle est fermée et je ne pourrai pas admirer les retables promis par le plan. A l’arrière de l’église, la fontaine Fons del Sabater rassemblait les trios communautés au moyen âge, proche de la Juderia, de la moreria et de l’église.

La petite église du sang, Santa Margarita (13ème siècle)est typique des églises de la Reconquista avec un plafond de bois mudejar (selon la documentation, elle est fermée.)

l'almodi
l’almodi

J’arrive enfin sur la très jolie place de l’Almodi . Il n’y a plus de halle à grains maure. Du 15ème au 19ème c’est là que se tenait le marché. Un cadran solaire décore une façade. De belles arcades gothiques abritant de nombreux restaurants et cafés. Il est midi, trop tôt pour déjeuner, dommage !

Nous aimerions passer au marché de Benicassim pour acheter du poisson et avoir une longue après midi pour profiter une dernière fois de la plage et de la terrasse. Nous ne traversons pas la ville à nouveau pour visiter le Musée des Azulejos (regrets) et le Musée des Sciences naturelles.

L’été s’est terminé brusquement après la pluie d’hier. La température a baissé (22° quand même), un peu juste pour nager mais encore très agréable pour marcher les pieds dans l’eau. A consum on a relevé la barrière du parking, plus de ticket à demander à la caisse pour sortir. La promenade s’eest vidée. Ne restent que très vieilles personnes et quelques sportifs. J’ai suivi le chemin de planches en direction du sud, découvert quelques très belles maisons et des jardins de palmiers, yuccas et autres plantes de sable pratiquement sur la plage.

La soirée a commencé dans la gloire d’un coucher de soleil. La nuit tombée, les grues de Castellon scintillent, les bateaux au large sont  illuminés. Dernière soirée magnifique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers la montagne, sur la route de Morella , Chert, Benasal, Ares del Maestre

CARNET DE BENICASSIM

Dans la montagne Ares del Maestrat
Dans la montagne Ares del Maestrat

Le GPS a calculé 110 km et 1h40 entre Bénicassim et Morella. Nous partons  très tôt dans un matin gris, venteux et nuageux. Morella est situé à 1100m d’altitude. Craignant le froid, je sors de la valise un pantalon, un sweat et la parka. Quel temps fera-t-il dans la montagne ?

N-340 jusqu’à Oropesa, autoroute payante jusqu’à Torreblanca, une route bien roulante, mais avec des camions rejoint la CV-10 (que nous avons prise hier à Cabanes) droit vers le nord jusqu’à Sant Mateu.

Sant Mateu est un village touristique. Nous quittons la grand-route pour le voir, mais nous perdons dans les faubourgs égarées par un sens interdit dans le centre historique. Nous verrons au retour (pensons-nous).

Xert(Chert) est perché non loin de la route de Saragosse, des façades colorées, bleues, jaunes attirent notre attention. Avant de ses dérouter Dominique remarque que le village est peut être plus joli de loin que de près. Nous aurions été mieux avisées de suivre ce pressentiment. Les ruelles sont pentues, tortueuses, un véritable cauchemar. Même en rentrant les rétros, la voiture passe à peine. Quant à tourner ! Il faut que je descende vérifier qu’il n’y a pas de marches ou d’obstacle après l’épingle à cheveux. On se promet de ne pas renouveler l’expérience.

Peut après Chert, des cônes orange  barrent la route : la N-232 est coupée au Port de Querol (un col à 1000m) pour travaux, la déviation passe par Cati  ( en direction opposée, vers le  sud ouest, une bonne quarantaine de km supplémentaires). Nous quittons à regret cette route si pittoresque qui suivait- le cours d’un fleuve asséché entre des barres rocheuses et rejoignons la route C-15 de Castellon à Morella (quelle ironie !). Cette route suit encore un cours d’eau qui a creusé un canyon mais qui est à sec selon la carte. La lecture de paysage est mon passe-temps favori quand je suis passagère dans les longs trajets en voiture. Ici, de nombreux éléments me sont inconnus. La zonation de la végétation est l’interprétation la plus facile : les orangeraies sont concentrées le long du littoral en plaine et dans les lieux abrités. Dès qu’on monte sur les collines les agrumes disparaissent, oliviers et amandiers se partagent les pentes. Je suis étonnée de ces vergers d’amandiers si bien entretenus aux gros troncs épais et aux branches bien taillées. Une de mes idées préconçues était que les amandiers, arbres robustes poussant un peu n’importe où, peu exigeants pour l’eau et la température poussaient sans soin dans les endroits sauvages. Je les ai vus fleurir en Grèce ou au Maroc en montagne. C’est la première fois que je les observe alignés et élagués. Parfois on a planté dans le même verger, en alternant les rangées ou même sur une même rangée, oliviers et amandiers. En montagne, les oliviers qui craignent le gel disparaissent. Des forêts remplacent les vergers : pins et très beaux chênes. Les chênes ont été plantés. Dans les plantations récentes les chênes paraissent taillés comme des topiaires : grosses boules aplaties comme rasées au taille-haie. Quel intérêt de tailler les arbres de la forêt ? Cela doit être le port naturel des jeunes plants ?

Les noisetiers de Benasal
Les noisetiers de Benasal

Si j’arrive à m’y retrouver avec les cultures et le couvert végétal, l’hydrographie me pose de sérieux problèmes. Depuis Valence, une question me turlupine. Qu’est devenu le fleuve Turia ? De Sagunto à Peniscola, nous avons enjambé des lits de rivères à sec. C’est la fin de l’été. Les pluies d’automne n’ont pas encore redonné vie à la nature. Les fleuves espagnols ont-ils le même régime temporaire que les oueds africains ? L’eau est –elle retenue en amont dans des barrages ? A-t-elle été consommée par l’irrigation des orangeraies (il y a de minces tuyaux noirs au pied des arbres).

Nous quittons la CV-15 comme une belle pancarte nous invite à visiter le village de Benasal.

Benasal : Palais de la Mola
Benasal : Palais de la Mola

A l’entrée de Benasal, les noisetiers couvrent les pentes. « Octobre est le mois de la noisette » proclame une banderole. Une jolie exposition sur la noisette se tient à l’Office de Tourisme où une dame très aimable me fournit un plan des curiosités touristiques : le Castell de la Mola 13ème siècle qui héberge l’Office de Tourisme, un Musée archéologique et un musée Carlos Salvador ( ?). Trois belles arches soutiennent le palais gothique. Le Portal de la Mola (13ème siècle) s’ouvre dans la muraille médiévale et rappelle la tradition islamique avec son arc caractéristique. Un peu plus loin, le Forn de Dalt (13ème )est fermé aujourd’hui, lundi. L’église  a une façade baroque. Sur un mur de l’église une énorme sculpture contemporaine en ferraille commémore je ne sais quoi. En dessous, une institutrice fait cours à la classe des petits. Tandis que je m’approche, un vieil homme appuyé sur une canne vient à ma rencontre. Il s’assure que je comprends le castillan. « oui, à peu près » son élocution est brouillée parce qu’il lui manque beaucoup de dents. En introduction il me demande mon âge. « 65 » « moi, j’en ai 100 » annonce-t-il fièrement. « Où est ton mari ? » je mens : « dans la voiture, il a mal à la jambe » « moi aussi j’ai mal, mais j’ai ma canne ! » en effet, il trotte et je n’arrive pas à le semer. Il m’entraîne voir les maisons remarquables « ici, vit le curé » « ici, il y a un homme qui ne s’est jamais marié » En voilà une nouvelle intéressante !

Benasasl : maison Sanchez
Benasasl : maison Sanchez

Il me montre la maison Sanchez(qui figure sur mon plan) et qui possède une très belle entrée baroque avec des colonnes torses. On arrive à la Tour de la Prison et le Lavoir avec trois magnifiques bacs de pierre. J’aurais pu faire le tour de la muraille si mon « conférencier » me lâchait un peu. Mais il veut absolument voir mon mari et aller boire un coup au café. Impossible de le semer, il court plus vite que la randonneuse. Je grimpe dans la voiture et le plante tout net. Nous démarrons sans achever la visite de Benasal.

Ares del Maestrat ; terrasses
Ares del Maestrat ; terrasses

La route franchit le Col d’Ares (1173m). En face, sur un sommet à 1326m s’accroche le village d’Ares del Maestre. Un gros piton rocheux porte les restes du château tandis que les maisons blanches du village s’entassent sur l’épaulement sous le château. La place du village vaste et carré, a deux bâtiments remarquables un hôtel en rénovation et  l’Hôtel de ville au dessus d’arcades ressemble à celui de Benasal. Une statue en ferraille de Jaume 1er (encore lui !) garde la porte.

dscn8149-copieLa grande église baroque a de belles colonnes torses à la base entaillée de putti joufflus et de motifs végétaux. Une promenade conduit à la grotte qui est à la base du château (hélas fermée à la visite le lundi).

chateau sur la grotte habitée depuis la Préhistoire
chateau sur la grotte habitée depuis la Préhistoire

Le sentier en colimaçon monte à une belle terrasse d’où le panorama dégagé s’étend sur les flancs de la montagne découpés en terrasses renforcées par des murettes découpant le relief comme des courbes de niveau sur une carte topographiques ou une maquette, il y a bien peu de végétation, paysage minéral. Des sentiers balisés pour les randonnées mènent à des moulins. Le site comporte aussi des restes d’Art rupestre de la Préhistoire renommés (encore fermé le lundi !). Arès nous a réservé une belle surprise même si nous ne nous sommes pas attardées.

La route descend dans la large vallée du Rio Torre (pas plus d’eau que dans les autres rivières). Cependant le relief y est adouci, les collines sont plus molles, les champs plus plats et plus vastes. Des bovins paissent dans des pâturages desséchés. Le blé d’hiver a déjà levé et les champs sont verts. Nous remontons dans d’autres montagnes avant d’arriver à Morella;

Peniscola : château du Papa Luna

CARNET DE  BENICASSIM

Peniscola
Peniscola

Hier nous avons eu vraiment très chaud, la terrasse était une fournaise. Nous partons au lever du soleil entre les pins tordus près de la Tour Saint Vincent. La route court entre la côte et la montagne aux roches rouges, très escarpée, aux sommets pointus tantôt roses tantôt gris, piquetés de buissons. A Oropesa nous montons sur l’autoroute dont les chaussées sont séparées par des lauriers roses. Les vergers d’agrumes sont florissants, avec  leurs feuilles sombres vernissées. Il y a aussi des champs d’artichauts  et des choux. Plus on remonte vers le nord plus les agrumes cèdent leur place aux oliveraies et pêchers. Qui cueille les fruits ? Un château se profile sur un éperon rocheux, en contre-jour dans le soleil éblouissant, puis un autre, un peu plus loin. En face il y a un village avec une belle église.

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Peniscola est composée de deux parties : le village blanc aux maisons blotties sur un cap coiffé de son château d’une part, de l’autre une station balnéaire coquette avec une corniche soignée, une plage ratissée de frais. A la jonction des deux, un parking souterrain.

Le village ancien est interdit aux voitures – sauf exceptions –Les handicapés sont-ils une exception ? C’est un affreux gymkhana dans le village aux ruelles pentues, étroites et tortueuses. La conduite est éprouvante : Dominique ne profite pas de cette visite éclair.

Papa Luna
Papa Luna

Je monte seule au château par la rampe Felipe 2 qui passe sous un porche où un  panneau signale que Peniscola a servi de décor à des films : Le Cid d’Anthony Mann (1961), Games of Throne (2015) et une série télévisée espagnole Chiringuito del Pepe. Les rues sont pavées de petits galets disposés verticalement. Après avoir passé la Porta Fosc, je découvre l’Eglise de la Mer (18ème siècle)qui a une façade baroque mais une nef très simple.

Le château est impressionnant. Il semble en parfait état. A-t-il traversé les siècles sans dommages ? ou a-t-il été parfaitement restauré ? Une statue du Papa Luna (2007) accueille le visiteur. Ce personnage, Benoit XIII fut élu en Avignon en 1394 avec le soutien de Charles VI à condition de mettre fin à la division entre Pape d’Avignon et Pape de Rome, en démissionnant. Il causa donc la colère du roi qui fit assiéger son palais avignonnais le contraignant à l’exil. Son successeur Clément VIII fut élu, en 1411, il y avait trois papes.

Malheureusement, le château ne contient pas de souvenir du Papa Luna sauf la « salle du Conclave ».

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Les Templiers construisirent cette forteresse en 1294 sur les fondations d’un fort arabe, et ils furent expulsés par Jacques II  en 1307 (contemporain de Philippe le Bel). Elle résista aussi bien aux guerres civiles du XVIIIème siècle, aux Français et à la Guerre Civile du XXème siècle.

On entre par le Corps de Garde où l’on pouvait stocker les vivres. Les Templiers étaient riches, la région, irriguée depuis le temps des Arabes fournissait des récoltes abondantes. La pièce attenante – la salle d’armes – pouvait servir de citerne. Les chevaliers possédaient des arbalètes, des épées et construisaient aussi des machines de guerre comme des catapultes.

De l’autre côté de la cour, les Caballerizas, les écuries étaient installées dans une très belle et très vaste salle voûtée. Dans une salle attenante on projette un vidéogramme racontant la vie au château et les symboles des Templiers qui étaient la Croix pattée et la cape blanche.

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Au niveau supérieur, ouverts sur une belle terrasse, l’église et la grande salle gothique. L’église est de belles dimensions, nef rectangulaire et voûte en berceau. La grande salle est meublée, ornée de blasons brodés sur du velours grenat. Une tenture de velours fait le tour de la pièce.

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Quand je sors du château, le village s’est réveillé. Restaurants, chambres d’hôtes et magasins de souvenirs occupent les jolies maisons blanches. Tant d’enseignes, tant de marchandises accrochées gâtent le charme. Maisons blanches, volets bleus, sempiternelles poteries, dentelles ou écharpes de soie. Nous pourrions être n’importe où en Méditerranée, Grèce, Sicile ou Tunisie. Originalité de Peniscola : les épées de bois et les écus en carton, ou l’un et l’autre en plastique.

Les deux plages sont fort belles : une petite se niche à l’arrière du port, une grande bordée de palmiers et d’immeubles luxueux.

Nous poussons vers le nord jusqu’à Benicarlo qui n’a rien de mieux à nous offrir.

Si nous rentrions maintenant nous pourrions nous baigner à Benicassim qui est sans conteste la plage la plus belle de la région. Nous pourrions griller les sardines pour déjeuner.

Alcala de Xivert : façade baroque
Alcala de Xivert : façade baroque

Nous rentrons donc par la N-340 qui traverse au plus près les vergers d’agrume et d’amandiers. Nous la quittons pour jeter un œil à l’église de Alcala de Xivert, très baroque, très décorée. Même la base des colonnes est sculptée et au sommet, un homme à terre gesticule et grimace. Le village se prépare à la fête du 9 octobre et suspend des écussons en toile de jute en travers de la rue principale de la Purissima. Les autres rues sont tranquilles. On achète des fruits et légumes dans un Frutas y verduras où ils sont beaucoup plus beaux et surtout beaucoup moins chers qu’au supermarché. Je me sers moi-même sans façon. Le patron interrompt une conversation en arabe pour me servir en espagnol. De nombreuses femmes voilées bavardent sur le pas de leur porte. Sont-ce les anciens Sarrazins d’avant 1232 et 1492  ou les cueilleurs de fruits ?