Carantec

RETOUR A ROSCOFF (2014)

 

Carantec matin brumeux
Carantec matin brumeux

 

Le centre de Carantec est  tranquille, ce  lundi matin. Rues désertes. L’office de Tourisme est fermé. Une employée blonde téléphone, mais elle refuse de nous recevoir. Sans carte ni documentation précise, nous visitons au hasard. L’église a belle allure avec son arche (provenant d’un manoir voisin, précise un cartel). A l’intérieur,  rien d’extraordinaire. Le guide Gallimard cite une croix, ce n’est pas passionnant.

Nous descendons  à la grande plage Kelenn où des voiliers s’exercent : voiles rayées noire et blanche, ils manœuvrent vers les nombreux rochers.  Le ciel est voilé, un pâle soleil jaune est filtré par des lambeaux de nuages. Le sentier côtier débouche à l’extrémité de la plage. Des marches conduisent à une verte arche entre les belles maisons et la haie d’arbustes taillés, éléanus, lierre, romarin…odorants. A chaque trouée de la haie, je m’arrête pour prendre des photos dans la lumière changeante, les roches, le château du Taureau, les voiliers… Cette promenade est enchantement.

le château du taureau sort de la brume
le château du taureau sort de la brume

A la pointe, la Chaise du Curé, rocher granitique est entouré de verdure, pelouse et massifs d’hortensia, la vue est impressionnante, sur les roches et sur l’ile Callot reliée par une chaussée submersible. Plus loin, les clochers de Saint Pol de Léon et même les gros ferries au port de Roscoff. Le ciel se dégage. Il fait maintenant un franc soleil. Les rochers sont encroûtés,  recouverts de patelles, bigorneaux et. Ils sont fendillés verticalement, gris foncés, bien différents des granites de Roscoff.

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Nous aurions aimé pique-niquer sur l’îlot Callot mais la mer monte à 14h la route sera submergée. Nous choisissons un coin tranquille, à la Grand Grêve face à un grand camping de mobile-home.  Le GR quitte le rivage et s’enfonce dans les champs d’artichauts.

Mon téléphone est bloqué. J’espère trouver une solution à Saint Pol de Leon. Tout est fermé le lundi. Il faudra aller dans le centre commercial de Saint Martin des Champs à l’entrée de Morlaix.

Nous terminons l’après midi sur les chaises longues devant le gîte.

 

le long de la plage de Santec à Dossen

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pique-nique à Kerbrat
pique-nique à Kerbrat

Le sentier côtier passe à côté du Camping des 4 saisons sur la plage du Pouldu. Je le quitte aussitôt pour arpenter le sable mouillé. Le GR quitte la côte pour couper la pointe de Corn al Loa, que je contourne à marée basse pour ne remonter qu’au dernier moment. De grosses roches émergent, certaines sont recouvertes d’herbe, je pense aux Travailleurs de la mer lu cet été. Le Rockroum porte une nécropole préhistorique. Depuis notre voyage en Sardaigne je suis plus curieuse de préhistoire.

goémon et roches
goémon et roches

Sur la grande plage qui s’étend de Theven au Staol, encore une fois, je préfère le sable au sentier dans la dune.  Il  s’enfonce ensuite dans les cultures maraîchères,  les carottes ont été récoltées, il en reste des tronçons  orange dans la terre travaillée en poudre fine. Des buissons feuillus ressemblent à du manioc, ce sont des topinambours, nous en verrons dans les magasins. D’autres champs sont plantés de ces fleurs bleues en petits pompons lavande, mellifères, Phacelia, qui est un engrais vert.  Malheureusement les lotissements et les maisons occupent le bord de mer et le GR suit la route goudronnée. Au Dossen, encore une grande plage de sable. Des trotteurs courent devant l’île de Sieck, plus à l’ouest ce sont des chars à voile et des kite-surf.

Kerbrat
Kerbrat

Nous pique-niquons dans un endroit tout à fait charmant : à Kerbrat, estuaire d’un  ruisseau qui cascade sur de petits rochers entre deux bancs de sable blancs. Quelques rochers bas de granite à très gros cristaux et à muscovite argentée nous servent de siège. Une aigrette se promène seule tandis que les mouettes se sèchent sur le sable. Le courant a découpé un canyon miniature où sont bien visibles les strates et les figures de sédimentation croisée. Au loin la mer monte, on voit un minuscule mascaret qui remonte le ruisseau  d’eau maintenant boueuse. Au loin, les voiles arrondies des kites volent dans le ciel. Les passages nuageux ne gâchent pas l’impression de beau temps. Au contraire nous observons les arrivées de nuages gris qui occultent le soleil et s’en vont comme ils sont venus.

 

promenade dans la ville de Roscoff et à Perharidy

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vue de l'embarquement pour l’île de Batz
vue de l’embarquement pour l’île de Batz

Le matin, sous un jour blafard,  promenade dans les rues de Roscoff.

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Les belles maisons des armateurs en granite gris ont des fenêtres  surmontées de volutes, les coins s’ornent de sculptures, gargouilles ou monstres, ou de statues pieuses.

 

La visite de Marie Stuart est rappelée par un cartel émaillé, mais les maisons qui lui sont attribués sont postérieures à l’escale royale. Seule la chapelle a été témoin de sa visite. Autre célébrité, Alexandre Dumas a écrit une recette à base des oignons de Roscoff.

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L’église est aussi décorée de gargouilles et  de curieux personnages battant des jambes – peut être nagent-ils ? Son clocher porte aussi des gravures de caravelles, les donateurs étaient des armateurs. Plus inattendus, les canons qui sortent comme d’un bateau. Autre rappel maritime : le beau plafond de vois, coque de navire renversé décoré de frises de bois, angelots ou marins, ils sont loin perchés, j’essaie de les photographier mai, trop loin, ils seront flous.

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Le soleil brille enfin.

Pique-nique à la pointe de Perharidy, près de l’hôpital, assises sur les rochers face à la baie de Laber et Roscoff.  Je me souvenais des immenses thuyas mais pas des rochers aux formes bizarres ni de la belle plage de sable blanc sur l’autre côté de la pointe côté Santec. Je me déchausse pour la parcourir pieds nus, puis rentre à pied à Kerestat.

Notre Gîte

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le gîte de Kerestat
le gîte de Kerestat

Nous avons reconnu le petit gite.  Il a été rénové. On a enlevé le plafond pour dégager l’espace, ôté les lambris et fait une nouvelle déco blanc, gris orange avec des meubles ouvragés peint en blanc. Un magnifique lustre à pendeloques donne une ambiance chic. On préférait la simplicité de l’ancien décor jaune et bleu, de caractère marin. La chambre est une bonbonnière rose et blanc, je n’aime guère le rose.

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La cuisine est ultra moderne avec des plaques de cuisson à induction qui nous donnent du fil à retordre.

 

 

Les propriétaires nous invitent au café chez eux. Far maison, jolie vaisselle et surtout très bon accueil. Ils sont agriculteurs. En famille ils exploitent une grosse exploitation maraîchère. J’ai compté 8 tracteurs très gros format sous le hangar. La dame, ce matin, a  expédié des salades pour la Martinique, elles mettent deux semaines à y parvenir.

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On parle du temps qu’il fait, de ce curieux été pluvieux après un hiver très doux. Cet hiver, à Roscoff, il n’a gelé qu’une nuit et ils n’ont chauffé les serres des pommes de terre qu’une heure. L’été, en revanche, a été plutôt agréable en Bretagne alors que les autres régions étaient sous la pluie.

Curieusement cet été, il n’y a pas eu d’invasion des plages par les algues vertes. Les agriculteurs ne croient guère à leur responsabilité des engrais ou de l’élevage des porcs dans cette calamité. Selon le Monsieur, il y a toujours eu des algues qui pourrissaient à Saint Michel en Grèves. D’après lui aussi, la mort du cheval et des sangliers est très étrange. Un cheval refuserait d’aller dans les algues s’il y avait des dégagements de gaz toxiques, les sangliers auraient été empoisonnés à la strychnine. Preuve par les tomates : quand on épand du goémon dans les champs il pousse spontanément des tomates, les graines ne peuvent venir que des effluents de la station d’épuration, le lisier et les nitrates des engrais se trouveraient ainsi innocentés.

Ils sont scandalisés par les prix des légumes. Les  échalotes vendues 6 centimes le kilo se retrouvent à 8€ en filet ! Qui a bénéficié de la marge ?

 

Dernier jour: dune de Keremma, granite, brumes du matin

 

dune de Keremma

 la dune de Keremma.

Pour notre dernier jour en Bretagne, par beau temps. Je commence ma promenade sur la digue que surplombe une étendue herbeuse très plate séparée de la mer par un long cordon dunaire. De nombreux oiseaux s’y attardent. En cherchant les jumelles je me rends compte que je n’ai plus mon appareil photo. Téléphone ! Il a glissé à mes pieds dans la voiture.
Histoires de maisons
Le sentier n’est pas balisé du tout. Je demande mon chemin à un couple âgé. Le monsieur tient absolument à me raconter l’histoire d’une maison ensablée sur le cordon littoral qui ne me passionne pas. Il fait aussi allusion à de très belles maisons sur le bord de la route, un phalanstère, cela m’intéresserait davantage mais il ne s’étend pas sur le sujet.

Ne trouvant pas le chemin je marche sur la crête des dunes avec quelques remords, le piétinement des oyats est normalement interdit, c’est très mauvais pour la dune. Mais ici, il y a de nombreux sentiers et aucun  n’est balisé. Arrivée à un parking, je préfère continuer sur la belle plage de sable.
Artichaut surprise!

artichaut surprise

D m’annonce une surprise. C’est une surprise volumineuse ! J’ouvre la boîte et je découvre un artichaut cuit. On a découpé la pointe et évidé le cœur en enlevant le foin. Au dessus du cœur, un œuf poché noyé dans de la crème fraîche parfumée à l’échalote et au vinaigre. C’est inattendu et délicieux. J’ai tellement vu d’artichauts pendant mes balades que cela aurait été dommage de quitter la Bretagne sans en manger un.

granite

Avant de rentrer au collège il me faut aussi rapporter des échantillons de granite pour mes collections. Comme je n’ai plus de marteau de géologue ni de masse, je choisis une solution de facilité et m’adresse à un marbrier qui découpe des plaques de granite. Samedi, les ouvriers ne travaillent pas,l’ancien patron à la retraite  joue le rôle du gardien. Il est ravi de nous faire visiter ses stocks et il est très généreux. Nous repartons les bras chargés de morceaux de granite et migmatites de toutes les provenances même de l’Inde !

Révisions: sentier côtier, plancton, thalasso

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ramassage du goémon

Journée de Révisions. Je recommence la plus belle promenade de Saint Jacques à Kervaliou.

Au centre Thalado : séance microscopie.
Après avoir fait un  prélèvement sur l’estacade, l’animateur commente ce qu’on voit sous lame et lamelle. Il a un microscope magnifique. Un caméscope numérique  est installé sur des bagues sur un oculaire. Un vidéo projecteur relié à un ordinateur portable projette sur un écran de très belles images.

diatomée navicula MEB

Peu de diatomées, seulement quelques naviculas se déplacent entre les débris organiques. On pourrait les confondre avec des animaux tellement elles sont mobiles. L’hiver les algues sont moins nombreuses. En théorie plus d’espèces sont visibles. J’espérais voir des dinoflagellés ou le terrible alexandrium toxique. Mais non !

 

Coucher du soleil à la piscine

Le coucher de soleil est somptueux vu de la piscine du Centre Rockroum. Des voiles pourpres se déchirent sur les lueurs orangées derrière la presqu’île de Penharidy. les grands pins et les cyprès se détachent à contre jour. Dans l’eau nous retrouvons les mêmes gens que l’autre jour. Des curistes sans doute.

Retour à l’Ile de Batz – jardin exotique – Algues

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yuccas sur l'île de Batz

Les îles exercent toujours une fascination. Nous préparons notre expédition à l’avance, consultons la météo, nous levons dès potron-minet pour ne pas louper le bateau de 10h. La météo – même locale- n’est pas fiable. Des bancs de nuages cachent par moment le soleil.

Tour de l’île

Nous reprenons le tour de l’île là où nous l’avions arrêté. C’est un  plaisir de reconnaître les lieux. Une si petite île, c’est si facile de se l’approprier !
Deux faces à cette île : d’un côté, le village sans voitures, avec les petits jardins, les volets colorés, de l’autre, la côte sauvage avec des rochers et des petites criques de sable blanc. L’herbe verte fait penser à l’Irlande. Des chevaux aux poils longs perchés sur des buttes herbeuses. Quand le soleil sort des nuages, l’eau est bleue, transparente.
Pique-nique sur une plage à guetter les gros bateaux à l’horizon, le ferry qui vient d’Angleterre.
Jardin Exotique

Batz : draecena et tombes préhistoriques

Le jardin Exotique est une véritable merveille. Les étiquettes vont me permettre d’identifier les plantes exotiques qui poussent si bien dans les jardins de Roscoff et de l’île. Nous les avons presque toutes rencontrées à Madère ou aux Canaries. Mais il faut toujours réviser ! Cet arbre qui ressemble à un yucca ou à un  dragonnier, c’est Dracena Cordyline. Je confonds souvent aloès et agaves. En revanche, j’avais bien reconnu la Vipérine Géante, Echium, originaire des Canaries, que nous avons vue pour la première fois ans la caldeira du Teide. Sèche en février à Tenerife, elle est ici soit défleurie soit fanée. Quand? Et où la verrons nous en fleur ?

Bretagne ou jungle tropicale?

Plus que la découverte de plantes extraordinaires, est la mise en scène est passionnante. Les Cordylines se détachant sur une pelouse très verte, accompagnent des tombes de l’Age de Bronze. Une nécropole préhistorique a été exhumée ici. Plus loin, caché par un énorme palmier des Canaries, une composition de mousses et fougères autour d’une petite pièce d’eau. L’eau s’égoutte sur les rochers de granite. Un petit ruisselet cascade ? Plus loin,  un écrin  met en valeur la vue sur Roscoff et les rochers du littoral. Réunion exotique de plantes de Nouvelle Zélande, rubans roses, orangés, paille… Un calvaire sur un dolmen, des statues modernes. Dommage que le soleil ne soit pas de la partie et que l’horaire du bateau du retour  presse. Il faudrait pouvoir flâner, dessiner, s’asseoir face à la mer.

un air de Nouvelle Zélande

retour sur le continent

Le sentier  se faufile entre les maisons, passe sous un tunnel de verdure et débouche en haut du village.
La traversée du retour ne ressemble pas à celle de la semaine dernière. En huit jours les marées se sont décalées. Aujourd’hui c’est marée haute, il y a un fort courant et des vagues. La petite vedette se cabre, tangue et roule Nous avions débarqué  au bout de l’estacade. Nous arrivons sur le quai où de gros bateaux de pêcheurs déchargent leurs poissons directement dans des camions frigorifiques.
monstre marin
Sur des tréteaux, on vend du poisson : crabes, raies et surtout d’extraordinaires lottes. Chez les poissonniers, on ne présente jamais de lotte entière. Sa tête est celle de Méduse qui pétrifie celui qui la regarde. Le pêcheur lui ouvre la gueule énorme aux deux rangées de dents. Il nous raconte les coutumes de ce prédateur qui peut avaler son poids en une journée. Un poisson de 12 kg peut entrer dans sa gueule extensible. Il va ensuite digérer trois semaines, immobile sur le fond de la mer. Tout le monde veut photographier ce monstre violacé à la peau ridée.

Conférence : diversité des Algues

 

 

 

 

 

 

 

 

A 17 heures, animation au Centre Thalado, « comptoir des algues »: un magasin qui propose aussi bien des algues alimentaires que des produits de beauté, une infinité de  crèmes, savons, lotions, huiles, paillettes….Un homme vante les qualités culinaires des algues vendues en paillettes multicolores. Verte la laitue séchée, marron le wakamé (celui des sushis) ou mauve. J’achète un mélange. Entières, les laminaires permettent de cuire le poisson en papillotes,  les spaghettis de mer se cuisent comme des pâtes. En pâtes à tartiner, à infuser, associées à du thé vert ou à du thé noir….
La conférence est passionnante. Le conférencier mobilise l’assistance, enfants comme adultes. Il commente de magnifiques photos, met l’accent sur la richesse, la variété et toute l’étendue de ces plantes que l’on regroupe sous le nom d’algues. Apparues les premières, les algues rouges ont très peu en commun avec les algues vertes qui sont plus proches des plantes terrestres. Difficile d’appréhender l’importance quantitative, sauf à dire qu’elles produisent la moitié de l’oxygène disponible sur terre. La présentation suit la répartition verticale sur la plage : du lichen encroûtant les rochers, faisant des taches noires que j’avais prises pour du mazout jusqu’aux laminaires rarement découvertes à marée basse. Mais il existe d’autres répartitions : algues vivant en eaux calmes, algues des rochers battus par les vagues. Cette zonation ne m’étonne pas. C’est un classique des livres de 6ème L’esthétique des photos est une véritable réussite.
Quand on en arrive à l’ulve, un spectateur intervient :

– « C’est une bonne et une mauvaise chose ! ». Le conférencier rebondit : « mauvaise » pour l’odeur pestilentielle, pour les nageurs et les surfeurs, pour les pêcheurs qui en remonte des tonnes dans ses filets. Bonne ? Par la photosynthèse, elle participe à l’élaboration de l’oxygène (et quand elle pourrit ?). Elle neutralise les nitrates qu’elle utilise (ce serait mieux sans nitrates !). Finalement sa seule « utilité » serait d’être compostée. En  plus de donner un excellent engrais, elle dégage beaucoup de chaleur en se décomposant.

utilisations traditonnelles

Après avoir présenté la diversité, l’animateur énumère les utilisations traditionnelles ou actuelles. La combustion du goémon a été une activité très importante pendant trois siècles. Au début on brûlait les algues pour récupérer les cendres formant de la soude douce NaCO3 qui servait à abaisser la température de fusion de la silice dans la fabrication du verre. Au 19ème siècle on trouva un produit de remplacement plus approprié puisque la soude douce colorait le verre en vert. La combustion des algues permit ensuite d’extraire l’iode jusqu’à la fin du 20ème siècle. De vieilles photos montrent les goémoniers partant pour des îlots déserts, embarquant famille, outils, ustensiles de cuisine et même poules et cheval dans leurs barques à voiles. Une photo montre même les hommes écoutant l’arrivée du Tour de France le 14 juillet. Ils portent des sandalettes en plastique et ont un transistor !

GR 34 de Sibiril à Poulfoën

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le ruisseau s'élargit après quelques centaines de mètres

Ce tronçon du GR 34 est particulièrement bien entretenu : panneaux de bois gravé, marches et balisage sont parfaits. C’est aussi le plus beau parcours sous un soleil très lumineux.

De saint Jacques à Moguériec

Un petit pont enjambe le ruisseau dont le GR va longer le cours jusqu’à la mer. Très rapidement, le lit s’élargit, la rivière fait des méandres. De gros rochers arrondis jonchent le cours d’eau. Un vieux moulin abandonné en utilisait la force. Un  kilomètre plus loin,  l’estuaire ensablé est large d’une bonne centaine de mètres. Le sentier s’élève raide au dessus d’une vieille maison blottie dans la vallée Kersauson. Je retrouve les artichauts.
Les haies vives me protègent du vent violent : ronces et lierre, prunelliers, parfois troènes. La côte est rocheuse et très découpée. Le trajet est plus long que prévu. Utilisant mon doigt pour mesurer le parcours,  j’avais évalué 2,5 km. Il y en a presque le double jusqu’à Moguériec où D m’attend devant le Bar de la Marine. Dans une petite déchirure de la côte, un petit port est installé. Les bateaux de pêche me paraissent d’un tonnage important pour un si petit havre.

De Moguériec à Kervaliou

arche végétale

Rendez vous à la plage de Kervaliou, à 13h. Je reprends mon périple sur le chemin côtier. Pour changer, des fenouils. Un cultivateur a eu une charmante attention pour les promeneurs : il a taillé une jolie arche dans les troènes et a placé un beau banc de granite. Au bout de son champ, il a pratiqué une fenêtre dans la haie. La vue est saisissante : d’énormes blocs forment un chaos granitique !

chaos

Chaos!
Tout le rivage est hérissé d’énormes blocs. L’un d’eux imite un  visage simiesque. De loin, je crois apercevoir un dromadaire agenouillé. Le Port neuf est installé dans une fente étroite gardée par un monstre de pierre. Le sentier épouse de petits fjords qui allongent considérablement le trajet. Ce paysage pittoresque avec tous ces rochers rappelle un peu la Côte de Granite Rose. Dans la mer, toujours des îlots où la vague vient s’abattre dans une gerbe d’écume. Dans une petite anse, des surfeurs sont à l’eau. Encore un petit cap, puis une plage de sable blanc où personne n’a foulé les rides amassées par le vent.

granite et embruns

Rendez vous manqué

A Kervaliou  D  n’y est pas. Prise de doute, je frappe à la porte d’un gros camper qui a un GPS. C’est la première fois que j’en  vois l’utilité. Le GPS confirme. Nous sommes bien à Kervaliou. Je téléphone à D sur la carte routière, il manque les chemins.
Une dame arrive avec deux chiens. Elle m’annonce qu’elle a vu «La dame qui vous cherche »– « Elle a à peu près votre âge, elle est tout près ». Le téléphone sonne : « Tourne toi à gauche ! » Je suis interloquée, « A gauche de quoi ? » « A bâbord !» »tu  ne me vois pas ? » Non je ne vois rien. « Tu devrais aller chez l’ophtalmo ! ». Je ne vois toujours rien, mais comme la dame m’a assuré que D était tout près je continue le chemin d’où la dame a débouché avec ses chiens. Un énorme rocher cache la suite. Pas de voiture, pas de parking. Je continue à marcher jusqu’à l’appel suivant, D  très énervée : »tu vas croiser 5 personnes ». Je ne vois toujours rien. La mer à ma droite,  à gauche une haie, en face un petit cap avec des tamaris d’où émergent au loin les cinq personnes annoncées qui ont bien vu une 206 immatriculée en 94  et une dame qui crie dans un téléphone . Enfin, la voiture brille au soleil au loin! Il était absolument impossible que D ait pu me voir dans la petite anse de Kervaliou. D’ailleurs l’immense camping car était immanquable ! Elle a dû me confondre avec une autre personne. J’ose espérer que c’était vraiment le cas. Sinon cette comédie  était vraiment perverse, prétendre me voir et se moquer de ma naïveté.

Pique-nique sur la plage

Nous avons beaucoup de mal à approcher avec la voiture de l’anse de Kervaliou, si bien cachée pour pouvoir y pique-niquer contre les rochers, près de l’eau, au soleil. Il fait trop frais pour s’attarder sur la plage. D’ailleurs la marée monte.

la longue plage de Tevenn Kerbrat

Le sentier côtier suit une longue plage de sable bordée de basses dunes plantées d’oyats. Je préfère marcher sur le sable mouillé. Dans l’eau, des surfeurs et trois voiles de kite-surf. Avec le bon vent et beaucoup d’habilité ils quittent la surface de l’eau pour s’envoler et faire des figures. C’est un vrai spectacle. Au bout de la plage, une maison est encastrée entre d’énormes rochers. A la base,  une sorte de canal et une vanne.  Le GR emprunte la route, nous suivons une plage, je me déchausse et marche pieds nus malgré la fraîcheur. Un peu saoule de vent, je suis contente de remonter en voiture.

Sentier côtier jusqu’à Dossen – légumes – thalasso

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chou fleur

sous la pluie sur la plage de Santec.

Sous un ciel bien maussade, équipée, de ma cape, je quitte le gîte par le chemin creux. Sous la pluie je marche sur la plage jusqu’à Santec. Le sentier remonte dans les champs de carottes. Les laitues sont coiffées de curieuses cloches de plastique blanc. Cela change des choux fleurs ! Comme le GR s’éloigne du rivage, je médite sur la loi Littoral. Contourner une vieille maison bretonne, passe encore ! Mais quand il s’agit d’un  terrain occupé par une caravane – sans la caravane – cela devient agaçant. D m’attend à Dossen.

Quand sème t on les choux fleurs?

Le soleil a dispersé les nuages, il fait un  peu frais pour déjeuner sur la table extérieure. C’eut été dommage pour les filets de vieille. La dame du gîte passe quand nous en sommes au caféen prenant le café.  Je peux  la bombarde de questions :
La plus simple :-  « Quand sème t on les choux fleurs ?
–    on ne les sème pas, on repique les plants qu’un pépiniériste fait dans des pastilles de tourbe. Selon les variétés, on récolte toute l’année »
La dame nous livre les informations en vrac,  j’ai du mal à retranscrire.

artichauts

les serres :
« les serres ? » Autrefois ils cultivaient des fleurs. Les jeunes, en reprenant l’exploitation des parents n’ont pas voulu continuer cette culture trop exigeante en main d’œuvre. Maintenant il y pousse des pommes de terre qui seront prêtes en février, les premières. Petites pommes de terre nouvelles primeur, de luxe. Ils arrosent les pommes de terre. L’arrosage n’est pas nécessaire pour la plante mais pour empêcher la salinisation du sol. Pourtant nous sommes perchés sur une butte.

mini-choux (les clés donnent l'échelle)

Irrigation
En ce moment, un gros engin creuse une tranchée pour installer un gros tuyau qui permettra d’irriguer les champs. Cette année, année de sécheresse, ils ont eu du souci pour irriguer. L’eau d’irrigation est très contrôlée bactériologiquement. Ils possèdent leur propre forage.

Parlons tomates
Les tomates sont cultivées  « hors-sol » et en « lutte intégrée -pratiquement bio » – dit-elle – « D’ailleurs, nous sommes presque bio, nous n’utilisons presque plus de pesticides, sauf pour les pucerons » . La présence de pucerons est inconcevable dans des salades en sachets.

Artichauts

Les artichauts nécessitent beaucoup de travail. Il faut arracher les drageons et ne laisser qu’un seul pied au m2. Ils en font moins. D’ailleurs cela se vend moins bien. « Cela fait des feuilles dans la poubelle » Je m’étonne de cet argument. C’est qu’il faut penser à tout ! « On pourrait produire n’importe quoi selon le désir des consommateurs » tant les agronomes travaillent dans les nombreux instituts phytosanitaires, de sélection… installés dans les environs de Roscoff ?

Hangars du Prince

 

mini-légumes-prêts à partir

Une autre spécialité de la région : les mini légumes. La dame  nous recommande de visiter l’usine de conditionnement de Saint Pol de Léon. Ce que nous faisons. Nous trouvons les hangars Prince de Bretagne à l’entrée de Saint Pol de Léon. Mais on ne voit rien du tout. Des transpalettes circulent à une vitesse folle et déplacent des piles de cartons et de cagettes. Les variétés de tomates sont nombreuses. Nous sommes loin de la campagne !

Piscine de luxe

A 17h, le centre de Thalasso ouvre ses portes aux baigneurs de la piscine. Très peu de cabines dans les vestiaires. On entre au compte goutte. Les  deux belles piscines sont carrelées avec goût, les grandes baies vitrées s’ouvrent sur la baie. Les goélands planent très près. L’eau est à 32°C. L’éclairage est très doux. Associés à l’ambiance des piscines, en général, une mauvaise acoustique  amplifie les cris des enfants et les bousculades. Ici, rien de semblable. Thalasso est synonyme de cure de luxe. Point de massages  ni d’enveloppements pour nous. Cela coûte une fortune et je ne crois pas que cela nous plairait. Mais l’ambiance soin  et luxe règne sur les piscines. Je peux donc nager calmement, faire mes bassins sur le dos sans être dérangée. Point de sportif non plus. Le public est varié. Tous les âges se côtoient. Chacun a payé 10€ pour être au calme. Dans le deuxième bassin, toutes sortes de bulles, de courants, de cascades, comme dans un  jacuzzi géant, nous paressons longuement.

Sentier de St Pol vers Carantec- château de Kerjean

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le château de Kerjean


Château de Kervenez

Départ du GR  devant le château de Kernevez, à la sortie de Saint Pol de Léon. Belle allée plantée de grands marronniers entre les hauts murs jusqu’à la baie. La mer est haute, les petits bateaux de plaisance se balance sur une eau lisse comme un miroir. Le sentier côtier est en bordure du château qui apparaît au milieu d’un parc magnifique, grand, symétrique gris et un  peu pompeux.

Le sentier est très bien balisé. Quels pèlerins ? Quels scouts ont peint au pochoir la coquille des chemins de Saint Jacques ? Et parfois l’hermine bretonne. Protégé par des haies vives, il ne laisse voir la mer que par trouées. Je fais l’inventaire des essences : troènes ; tamaris mais aussi prunelliers et ajoncs.

Méditations pour un chou fleur

Je chemine le long des artichauts et des choux fleurs. J’aimerais interroger la propriétaire du gîte à leur sujet. Quand les sème t on ? Quand récolte-t -on ? Fait-on quelque chose des magnifiques feuilles des choux ? Est-ce qu’on laisse ces magnifiques plant d’artichauts plusieurs années durant comme dans les jardins ? Ce sont des questions innocentes. D’autres  concernant Le Prince de Bretagne, fâcheront peut être .

La Pointe Saint Jean, plus sauvage, s’avance dans la baie. Puis le sentier quitte le rivage pour serpenter entre les maisons d’un hameau et se perd dans les choux. Je débouche sur un lavoir à Keriven.Le GR suit la route à une centaine de mètres de la mer, cachée.

Midi au gîte : bavette à l’échalote, carottes râpées et la fin du kouing Aman.

Vers Kerjean, cueillette des choux fleurs

Kerjean

Le château de Kerjean est très bien fléché à chaque rond-point. Une belle brochure promet une visite intéressante. Nous nous habillons sur notre 31 pour faire honneur au château : jeans propre et Nike neuves !

Les remorques des choux fleurs sont tirées par de très gros tracteurs à cabine vitrée qui occupent toute la route ;  elles sont bâchées d’un blanc immaculé. Une fenêtre transparente laisse voir les cagettes de bois. Pendant la cueillette, un tapis roulant conduit les grosses têtes . Nous aimerions faire un court film de cette cueillette.

le château de Kerjean

Kerjean : le puits dans la cour

Le château  est entouré d’une enceinte quadrangulaire, de douves et d’imposantes tours carrées. Pourtant c’est un château Renaissance qui n’a jamais eu de fonction stratégique. C’était plutôt une résidence de prestige. Le portail d’honneur est surmonté d’un fronton de trois arcades décorées de colonnes corinthiennes, d’une cariatide et d’un atlante. Le niveau inférieur des pilastres est dorique. Côté cour, la galerie qui va du pavillon de l’horloge à la chapelle rappelle les loggias italiennes. Les clochers ornant les pavillons sont très complexes : empilement de niches de colonnes soutenant un templion  un lanternon, un pot à feu…
Les quatre côtés de la cour sont construits de bâtiments à deux étages. Seul le pavillon N-E a été détruit, sa façade se découpe à vide, tel le fantôme du bâtiment incendié. Cette ruine donne à l’ensemble un charme supplémentaire. Dans un coin de la cour le puits est très joli porte lui aussi pot à feu, templion et colonnes corinthiennes.

Kerjean les cuisines du château

L’intérieur de ce très vaste château est malheureusement bien  vide. Les grandes cheminées sculptées ont été restaurées mais il y a peu de meubles en dehors de coffres anciens, massifs et sculptés. La cuisine est complète avec de belles marmites de cuivre sa lourde table, le pétrin et un beau coffre. La visite manque d’histoire, d’anecdotes.

une expo prétentieuse

Une exposition d’architecture sur le thème de la Mesure de l’Homme défigure la cour avec des panneaux orange. Très ambitieuse, très intello, trop décalée. Que viennent faire ici Le Corbusier, Nouvel, le restaurant de Beaubourg, au milieu d’un exposé sur le Nombre d’Or et la projection d’une séquence de l’Année Dernière à Marienbad ?
Les lits clos bretons sont bien à leur place.

kersantite

Kerjean : fontaine

La chapelle possède un beau plafond  de bois. Elle est ornée de nombreuses statues, certaines en granite grossier, d’autres en kersantite. La kersantite ou kersanton des calvaires m’intrigue. C’est une pierre foncée à grain fin, venant de Daoulas. La carrière est inondée. La pierre contenant de l’eau serait tendre à sculpter, puis durcirait en séchant. C’est elle qui a donné les extraordinaires statues des calvaires.
Enfin je pars à la recherche de la fontaine que je trouve cachée dans un  creux – pot à feu, colonnes – verdis par la mousse sous de beaux arbres du parc.