Le Ruban Blanc – Haneke

TOILES NOMADES

j’ai vu ce film à sa sortie voilà deux ans, ce billet vient de mes carnets sur Voix-Nomades. J’ai cru retrouver dans les tableaux du 18ème et 19ème siècle du musée de Tallinn l’ambiance austère presque en noir et blanc du film, en tout cas une certaine atmosphère…

 

le Ruban Blanc -Haneke

Publié le : 15 Novembre 2009 sur voix-Nomades

Splendide film en noir et blanc! Beau comme du Bergman,  je pense aussi à Dreyer.
Un village d’Allemagne du nord est le théâtre d’évènements troublants, un câble tendu fait chuter le cheval du docteur, une femme meurt d’accident, les choux du Baron sont décapités, sa grange brûle, des enfants sont battus…une atmosphère de suspicion enveloppe le village.

Le plus oppressant, c’est plutôt le puritanisme que fait régner le pasteur, le verrouillage des rapports sociaux où le Baron s’impose en chef. Le film s’achève avec Sarajevo et la guerre de 14 qui éclate.
Fin d’un monde?

Pas si sûr, ces enfants sont précisément ceux qui seront adultes quand le nazisme s’installera. Déjà, comme une prémonition, la persécution de l’enfant handicapé, la perversion des comportements, l’humiliation de la sage-femme…

 

Haneke sait raconter une histoire, même cruelle, même perverse, sans juger sans dénoncer le coupable (les coupables?). On oublie les 2H25 que dure le film. Magnifiques images de l’hiver et des moissons.

 

 

 

Et maintenant on va où? film de nadine Labaki

chœur antique?

Des femmes en noir s’avancent, tel un chœur antique dans une tragédie grecque, le décor s’y prête. Réminiscence d’un film d’Almodovar, elle vont frotter les tombes…. l’atmosphère est lourde, le Liban se déchire.

Les femmes en ont assez, elles sont prêtes à tout pour empêcher leurs maris et leurs fils de s’entretuer. C’est un sujet en or. Des actrices magnifiques, de l’impertinence, de la musique, des gags. Tous les ingrédients pour faire un excellent spectacle!

Et pourtant, j’ai préféré Caramel de la même réalisatrice. Avec trop de bonne volonté, elle en  fait trop, elles veulent tellement bien faire, qu’elles en font des tonnes. C’est sympathique, drôle, mais un peu trop lourd.

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la Fée: film Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy

Quelle délicieuse surprise que cette comédie!

Je n’avais rien compris au résumé mais la bande annonce m’avais intriguée. J’avais vraiment besoin d’un film léger après une série très glauque qui avait commencé par la Piel que habito d’Almodovar, s’était poursuivie par un Au Revoir iranien vraiment sans espoir.

Ne pas spoiler!! Surtout ne pas raconter les gags, les découvrir par surprise. Et se laisser entraîner dans l’invraisemblance jubilatoire.

La Fée est aussi une invitation au voyage, qui commence dans le port du Havre, nous laisse rêver au départ sur le bord de la plage à bord de la voiture sans moteur ni roue…Le Havre est tellement magnifié! c’est maintenant que j’imagine  la grâce à cette architecture des années 50 de béton.

My Little Princess – fée ou sorcière? un conte ou un fait divers?

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MY LITTLE PRINCESS : BANDE-ANNONCE HD par baryla

La bande annonce raconte tout!  c’est un peu dommage!

J’ai hésité avant d’aller voir ce film : peur de la complaisance, pour dénoncer on montre beaucoup et peut être trop? J’ai appris que l’auteur du film était justement la petite fille -victime. Exorcisme, psychanalyse?  à ranger dans le chapitre  : « le roman familial est un enfer! »

Très belles images, trop belles, peut être? Huppert est excellente quand à la petite fille tout simplement extraordinaire. J’avais peur de m’être embarquée dans une histoire de pédophilie, de lolita, finalement le rapport à l’érotisme n’est pas du tout le plus intéressant de l’histoire, amours impossible des mères et des filles, mères abusives, même la grand mère ne peut exercer la bienveillance des grand-mères!



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Découvrez "My little princess" Eva Ionesco filme son enfance outragée sur Culturebox !

Une Séparation, film Iranien d’Asghar Farhadi

TOILES NOMADES


Le film commence chez le juge qui doit prononcer le divorce à la demande de la femme qui souhaite s’expatrier tandis que son mari refuse de la suivre. Couple moderne, bourgeois, cultivé. Si la femme ne portait pas une écharpe négligemment nouée on pourrait être partout en Occident. La femme veut échapper à « la situation », nos préjugés traduisent à la situation politique, à la situation faite aux femmes – préjugés? – ne cherche-t-elle pas à échapper plutôt à l’atmosphère pesante de la maison où vit son beau-père atteint d’ Alzheimer?

Leur fille, grave et silencieuse,enjeu du divorce, s’efforce de faire face.

En miroir, un autre couple entre en scène : la femme de ménage qui doit s’occuper de l’octogénaire, son mari chômeur, et encore une petite fille silencieuse, aux grands yeux ouverts sur la tragédie. Cette femme est très pieuse. Elle téléphonera à je ne sais quel conseil pour savoir si elle peut changer le vieillard incontinent. Elle porte le voile traditionnel. Le travail est dur, sous-payé. Elle ne s’en sort pas.

Un premier drame survient, puis un second, engrenage qui amène les deux couples chez le juge. Qui dit la vérité? qui ment?

Le réalisateur met en scène un véritable thriller, les rebondissements nous font prendre partie tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre. La vie est ici dépeinte dans toute sa complexité. Est-ce un drame social, employés contre bourgeois? Opposition hommes/femmes? qui manipule qui?

Si l’empathie naturelle va au couple bourgeois auquel on s’identifie plus facilement, le doute nous envahit. La tension monte. Continuels dérapages….

Du grand cinéma sans aucun artifice.




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UNE SÉPARATION : BANDE-ANNONCE VOST HD par baryla

A propos d’Elly d’Ashgar Fahradi


TOILES NOMADES


je ne sais pas si j’aimerais actuellement visiter l’Iran, me voiler…le cinéma iranien m’y transporte toujours avec un bonheur qui n’égale que ma curiosité.

A propos d’Elly montre des jeunes couples, en 4X4 ou en BMW, plein d’entrain, passant d’insouciantes vacances sur le bord de la Caspienne. Finalement si proches de nous!
Puis, le drame: la disparition d’Elly.

Et le film bascule. Des préjugés ressurgissent, les hommes font bloc, les femmes aussi, les tensions et la violence s’exacerbent. Un suspens se noue. S’est elle noyée? Est elle partie? qui est elle?Le rythme s’accélère, jusqu’au dénouement…

 

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A propos d’Elly – Bande annonce Vost FR par _Caprice_

L’Etrangère film de Feo Aladag

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Dès les premières images, on devine la tragédie.

Umay quitte son mari violent et la Turquie pour retourner chez ses parents en Allemagne. Après les retrouvailles le drame se noue. Umay n’aurait pas dû emmener avec elle son fils Cem, maltraité par son père. Elle a enfreint les traditions et mérite d’être punie.

Elle doit fuir à nouveau, se trouver encore plus étrangère.

Etrangère à sa famille, à sa communauté qu’elle cherche toujours à retrouver. Etrangère en Allemagne ? Pas tant que cela, elle a un travail, étudie,  trouve un ami doux et gentil. Elle cherche son bonheur et son bon droit d’être mère, heureuse, autonome. Mais elle veut l’être au sein de sa famille.

Le film est loin d’être manichéiste. Bien sûr on  prend parti pour Umay, femme battue, fugitive. La réalisatrice a aussi de l’empathie pour les parents et les frères et la soeur de la jeune femme. La mère est partagée. On sent le père débordant d’amour et de fierté pour sa grande fille. Si elle avait pu être un garçon! » son plus grand échec« , lui dit-il. Le petit frère, sensible et aimant se laissera quand même entraîner dans ce crime d’honneur. La loi de la tradition est plus forte que l’affection.

Et le dénouement pire encore que ce qu’on imaginait…

 

Vincere film de Bellochio

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A lire le résumé de Vincere je n’aurais pas  choisi ce film. La maitresse de Mussolini, Ida Dalser, film people? L’Histoire par le petit bout de la lorgnette???
D’entrée de jeu, je suis fascinée par l’esthétique des images. Bellocchio est un maître, il intercale des images d’archives, construit ses plans comme des tableaux d’époque. Allusion au futurisme qui a inspiré Mussolini,jeux d’ombres et de lumière. Cinéma dans le cinéma. De nombreuses séquences se déroulent au cinéma. C’est en regardant les actualités que l’on voit l’histoire se dérouler. Citations: The Kid émeut la mère qui ne voit plus son enfant. On croit aussi reconnaitre Potemkine. Impressionnante projection d’une Passion  sur le plafond d’un hôpital de campagne installé dans une église où la femme légitime de Mussolini soutient son mari blessé, Piéta?
L’aspect politique du film est aussi intéressant: on assiste au tournant de l’histoire, quand Mussolini, socialiste ardent, anticlérical, pacifiste, quitte l’Avanti pour fonder le journal nationaliste et s’engage dans la guerre de 14. Omniprésence des religieuses dans le film pendant la période fasciste quand le Duce renie son anticléricalisme pour s’appuyer sur le Vatican et l’Eglise.
Beaucoup de lyrisme, trop théâtral? Peut-être pas en regard des mimiques du Duce dans ses discours filmés

Tous les soleils – film de Philippe Claudel

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Une balade à Strasbourg à solex, évident clin d’oeil à Nanni Moretti, sur son scooter….un air de tarentelle, et de la musique baroque italienne.Gnocchi et pasta… une Italie un peu folklorique.

Un joli film sans prétention,  une bande de copains, Stefano Accorsi en bel Italien cultivé, attentionné, intelligent, (on se demande bien pourquoi toutes les femmes ne lui courrent pas après), un peu possessif, même presque macho (mais pas trop) même le commissaire de police est sympa.Il y a longtemps que je t’aime, précédent film de Claudel était moins superficiel. Tous les soleils est une agréable comédie, ne devons nous aller voir que des chefs d’oeuvres majeurs?

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A voir aussi pour Anouk Aimée, et puis à écouter pour la musique…

Precious life – film israélien de Shlomi Eldar

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Sous le coup de l’émotion, parce que personne ne peut être aussi innocent que Muhammad, âgé de quelques semaines, dépourvu de système immunitaire, qui ne pourra pas être soigné à Gaza… Parce que le hasard a voulu que le sauvetage de cet enfant – une greffe de moëlle osseuse, qui ne peut être effectuée qu’en Israel – s’est déroulée quelques mois avant la guerre à Gaza, et que le tournage du film a continué malgré la guerre.

Absurdité

La vie est précieuse veut expliquer le cinéaste, tellement précieuse que l’enfant sera sauvé par un donateur anonyme dont nous savons seulement qu’il est israélien et qu’il a perdu un fils pendant une opération militaire.

La mort est normale, dit la mère qui a perdu deux filles de la même anomalie génétique et qui ne sait pas si elle gardera Mohammad vivant. La mort est normale, dit la mère qui a vu tellement mourir à Gaza. La mort est normale, répète-t-elle, imaginant même que le bébé pourrait devenir un martyr s’il grandit….

Etrange métaphore que le combat entre les cellules de l’enfant et le greffon de moëlle osseuse que sa cousine lui a donné, et que bien que compatible, est rejeté puis accepté au prix de longs traitements.

Absurdité que la situation de ce médecin qui attend qu’on lui donne l’ordre d’entrer dans la bande de Gaza en pleine opération Plomb durci et qui garde le contact avec son patient justement à Gaza.

Et pourtant,

des médecins, des journalistes, des hommes de bonne volonté poursuivent leur lutte pour que Mohammad vive, parce que la vie est précieuse.

Et pourtant,

des médecins, des journalistes, des hommes de bonne volonté poursuivent leur lutte pour que Mohammad vive, parce que la vie est précieuse.