Szentendre bords du Danube et musée du massepain

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

 

le Danube à Szentendre

Nous descendons ensuite au Danube.

Les touristes sont arrivés. Les broderies sont sorties. La rue Bogdanyi est une véritable foire aux touristes. Certains vêtements proposés sont de belle facture, bonne qualité et coupe originale pour des prix dérisoires. J’achète un châle en cashmere. Hongrois ? Sans doute pas. Mais léger, chaud et joli.

Sur les bords du Danube, les cafés et les restaurants sont pleins. Les promeneurs se pressent sur la digue. Il y a foule sur la plage. Le soleil cogne tellement que je retourne dans les rues à l’ombre.

Kitsch!

Musée du massepain
Un attrape touriste, même pas joli (400ft) . Esthétique Playmobile ou Disney. Que tous les personnages ou accessoires soient en pâte d’amande me touche fort peu. Le Parlement en chocolat ne me fait pas béer d’admiration.

Szentendre Musée Ferencsy

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

 

Les collections de Ferencsy Károlyi (1862-1917) ainsi que celles de ses enfants Béni, sculpteur, et sa jumelle Naomi, tisserande, y sont exposées. Nous avions beaucoup aimé les tableaux  colorés de Ferencsy Károlyi à la galerie Nationale. En dehors d’un marronnier qui se détache sur le ciel les tableaux paraissent plus ternes, moins bien mis en valeur. Nous avions également vu les petits bronzes de Ferencsy Béni. Les tapisseries de Naomi sont une découverte.

 

Szentendre musée Czöbel

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

 

czobel

Le  Musée Czöbel situé sur la place Templom ter.(400ft). Il est consacré au peintre Czöbel Béla (1883-1976). Il a passé un long moment à Paris si bien que l’on peut voir les toits de Paris, la rue Mouffetard ou la rue Vavin. Peintre fauviste, il a surtout fait des portraits et peint des rues avec des teintes brunes et ocres qui s’allègent et se colorent au fil des années. La présentation est très intéressante. La construction du tableau est très bien expliquée avec des schémas montrant les lignes de construction.

 

Szentendre Templom Ter

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Au sommet de la colline,  les clochers de deux églises se font concurrence au détour des petites rues. Tantôt c’est la jaune (catholique) qui apparaît tantôt la rose (orthodoxe) de Beograd. Sur la place de l’église jaune sont plantés de magnifiques acacias défeuillés qui dressent leurs squelette très photogéniques sur le ciel bleu. Il y a aussi des bancs et une très belle vue. A notre arrivée, la place était vide.

A l’heure du déjeuner, de très nombreux touristes arrivent, une sorte de galette croustillante à la main. J’interroge une famille japonaise qui a l’air de se régaler. La gargote qui les vend est juste en dessous. Il faut descendre un escalier de pierre, tourner à gauche. La queue est longue. Je m’amuse à deviner la provenance des touristes devant moi, des Serbes, quelques Hongrois, peu d’Occidentaux. Les grands beignets aplatis sont cuits sous nos yeux par le cuisinier qui a préparé des pâtons sur un plateau. Avec sa raclette, il en découpe un, l’étale sur un plateau huilé puis le jette dans la friture. Une femme les garnit de fromage râpé, de crème aigre ou de sucre (le menu propose aussi des chaussons aux légumes ou à la charcuterie, au chou, mais personne n’en prend). Pour 350ft, on a un beau beignet garni qu’il faut ensuite asperger de sauce à l’ail ou au paprika qu’on trouve sur le comptoir. De vraies plumes d’oiseaux sont réunies en une sorte de bouquet, on les trempe dans le bocal et on secoue.

Szentendre : colonne de la Peste, place, église…

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

 

colonne de la Peste

Eglise serbe

De l’architecture baroque de l’église orthodoxe,  Blagove Stenka, nous n’avons rien vu. Elle était cachée sous des bâches, en rénovation. Des voix graves des chants slaves nous accueillent dès qu’on passe la porte. Le droit d’entrée est minime (250ft) mais la caissière est peu amène. L’iconostase est elle aussi baroque. Nous avons vu des églises catholiques baroques, en Turquie des mosquées baroques, mais pas encore d’église orthodoxe baroque.

Après le partage en 3 du royaume de Hongrie et l’occupation turque, Szentendre s’était dépeuplée. L’empereur Léopold, après la reconquête de Buda fit venir 6000 colons serbes avec des privilèges. D’où la présence de plusieurs églises orthodoxes à Szentendre. Aujourd’hui, on parle beaucoup serbe dans la rue. Les touristes serbes sont venus nombreux, en voiture ou en car.

Les maisons colorées se détachent sur un ciel bleu vif. Les jaunes sont soulignés de blanc. Les maisons rococo roses ont des moulures compliquées. La vigne vierge s’est teintée de rouge vif.

 

Szentendre : Musée Margit Kovacs

CARNET DE BUDAPEST – TOUSSAINT 2008

Kovacs Margit (1902-1977)  céramiste-sculpteur a utilisé la terre pour modeler des personnages et des compositions.elle a également réalisé  des bas-reliefs sur des panneaux muraux.

Chaque sujet raconte une histoire :
– histoire du quotidien : femmes de pêcheurs hiératiques qui attendent, coniques, enveloppées dans leurs voiles,plus loin, deux groupes de femmes se répondent : celles qui bercent un nouveau-né et celles qui portent sur leurs genoux un cadavre… des bergers…

Ulysse et les sirènes

– Histoire sainte : Adam et Eve, Noé et sa femme en bateau, les 4 évangélistes figurés sous leurs symboles animaux sur des sortes de cruches.

–  Légendes : Ulysse et les Sirènes, et tant d’autres.

Variété des sujets et  des techniques : certains personnages sont faits au tour, d’autres modelés, certains émaillés, d’autres bruts à la surface granuleuse ou au contraire, délicatement décorée. Malheureusement, ce qui ne change pas, ce sont les traits des personnages féminins. Toutes les jeunes filles ont le même nez retroussé, les lèvres fines relevées en un sourire un peu niais. A cette réserve près, ces sculptures sont intéressantes.

Interdit de photographier (et surveillance étroite, nous sommes les seules visiteuses). Nous achèterons le livre à la librairie de la place. : une plaquette à 1400 forint un peu décevante).

Budapest – Szentendre par le HEV

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

à la campagne!


 

Une brume romantique s’élève du Danube et masque la colline Gellert. Elle avale la moitié du Pont des Chaînes au passage du petit tram 2. Nous avons parié sur le beau temps(en cas de pluie on devait aller au Musée et découvrir les bains Rudas).

HEV  (genre de RER) à Margit Hid : 40minutes pour Szentendre et 250ft
Le train de banlieue longe le fleuve jusqu’à Arpad Hid. On voit l’île Marguerite puis des zones commerciales aux enseignes connues (Auchan) se succèdent, on passe devant les ruines romaines d’Aquincum.

Des quartiers très urbanisés, des barres grises monotones alternent avec des villages de petites maisons dans de beaux jardins, souvent des treilles de vigne en  tonnelles dorées. Juste avant Szentendre nous trouvons la campagne ouverte, les collines boisées. Les randonneurs sont nombreux, en knickerbockers et chaussettes de laine pour les anciens, paniers en osier pour les ramasseurs de champignons.
A 10H nous sommes à Szentendre, le ciel est dégagé. Il fait un temps magnifique.
Dès qu’on a traversé (prendre le souterrain) la route de Budapest, à 4voies, la rue Kossuth Lajos est bordée de bâtiments bas et d’acacias taillés en boules : c’est la campagne. Dans la quiétude du matin nous parcourons le village endormi et croisons juste un groupe équipé de matériel photographique impressionnant. Après un petit pont enjambant un ruisseau, nous parvenons dans le centre plus pittoresque mais aussi plus touristique.

Budapest : Toussaint : Requiem de Mozart dans une église baroque

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

Depuis une semaine, je me réjouis  d’entendre le Requiem de Mozart dans l’église proche du studio : Egyetmi Templom. Une affiche annonce le concert à 19h.

A 18H30, pour l’occasion, je m’habille: foulard pailleté des bédouines de Sainte Catherine,  chaussures fines e

L’église est archipleine. On peut à peine se faufiler debout. C’est la messe. Le prêtre parle, parle,… en hongrois. Derrière les grandes carrures des paroissiens, je ne vois rien. J’entends du hongrois sans comprendre. J’essaie de me distraire en observant les fresques au plafond, les sculptures de la chaire, les angelots baroques…du fond, on ne voit pas grand-chose.

En revanche je vois bien que mes voisins distribuent des billets de 200 forints aux enfants et qu’un jeune prêtre en aube de dentelle se déplace entre les fidèles et va bientôt arriver jusqu’à moi. La quête ! Mauvaise pioche, dans ma poche j’ai seulement un  billet de 5000ft (ne connaissant pas le prix du concert). Je ne vais pas donner 20€ à la quête ! Je me glisse vers la porte. Heureusement que le studio est tout proche ! Je fais une provision de petites coupures en prévision d’une autre occasion.

Quand je retourne  à l’église, elle est encore plus bondée. Je n’ose plus entrer par la porte de droite après ma fuite de peur qu’on ne l’ait remarquée. A gauche il n’y a que des grands qui ne se poussent pas. Je suis coincée à côté d’une bigote qui chante d’une voix aigue désagréable. A un moment, devant moi, le mari se penche vers sa femme et l’embrasse. Embrassades générales. La grosse bigote se jette sur moi pour me serrer la pince énergiquement. Tout d’un coup, mouvement de fuite vers l’avant. Une bonne sœur me pousse. Comme je n’y comprends rien, je crois que tous ces gens font la queue pour communier et je ne veux pas me laisser entraîner. Je suis propulsée et me retrouve coincée entre le bénitier et le tronc aux offrandes.
Tout le monde s’est réparti dans l’église et dans les chapelles latérales. Je comprends enfin que les gens s’installent le plus confortablement possible pour le concert.  Petit à petit, j’arrive derrière le dernier rang des bancs et, debout, j’ai une bonne visibilité.

dorures et angelots baroques de la chaire

J’ai alors tout le loisir de détailler le décor de l’église. Au fond les choristes sont installés sous un  haut baldaquin doré très compliqué soutenu par six énormes colonnes de marbre (sans doute faux) aux chapiteaux corinthiens dorés. Les fresques, bien éclairées, semble en meilleur état que je ne l’avais cru. Dans chaque chapelle, les putti joufflus se répartissent en groupe de deux ou trois. Le plus extraordinaire est la chaire de bois sculpté portant des dizaines de personnages pittoresques. Il faudrait que je revienne la photographier.  Les murs sont peints de faux marbres très réussis. Un seul élément choque : un grand écran blanc surmonté d’un support. J’en comprendrai l’utilité dès le début du concert : un vidéoprojecteur donnera les paroles du Requiem.
En attendant, il ne se passe rien, raclements de gorge, toux nerveuses, aller et venues de porteurs de caméras et de micro (la télé peut être ?). Enfin, le portrait de Mozart s’affiche sur l’écran. L’informatique est prête. Le concert peut commencer.

Écouter Mozart dans une belle église baroque est déjà une expérience. Budapest était autrichienne du temps de Mozart. Aujourd’hui, le Requiem n’est pas présenté comme une œuvre du répertoire mais comme un moment de la messe de la Toussaint. C’est sûrement ainsi que les compositeurs écrivaient la musique liturgique. Non pas pour faire joli ou pour distraire. En ce cas, ils écrivaient des symphonies ou des opéras. On a tendance à oublier qu’un Requiem est une œuvre religieuse. Écouter le Requiem après la messe doit donc être naturel. Peut être est ce pour cela qu’il n’y a pas de billetterie. C’est donc une expérience totale (il me manque, certes, la foi).

De plus, les paroles défilent sur l’écran. Ayant oublié depuis longtemps mon latin du lycée, je n’ai jamais cherché à comprendre le texte. Lire du latin en Hongrie est extraordinaire ! On comprend ! Enfin une langue compréhensible ! Je ne suis plus perdue. Après avoir baigné dans le Hongrois, même le Grec ou le Portugais me semblent familiers, alors, le latin…je ne sais plus où donner de la tête :  lire les paroles, écouter les choristes, les solistes, regarder le chef d’orchestre ou les personnages de bois de la chaire. Moi qui avais peur de m’endormir après les bains chauds ! Dommage que j’aie si mal aux pieds !
Je ne connaissais pas le requiem de Mozart. Je suis ravie de l’avoir rencontré dans pareille circonstance !

Budapest : Toussaint, Ile Marguerite sous l’été indien

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

 

Fleuriste à l'arret du tram

Nous voulons profiter de l’après midi ensoleillée. L’île Margit, toute proche, donnera l’occasion d’une belle promenade sur un sentier aménagé pour les promeneurs et les joggers. Elle est plantée de beaux arbres. Un club sportif occupe la pointe sud avec des courts de tennis et un beau terrain de sport gazonné. A la pointe nord les hôtels de luxe accueillent des curistes fortunés (7000ft les bains). Entre les deux, un parc où l’on peut louer des vélos ou des pédalos, une belle pelouse pour jouer au ballon, des ruines sans aucune explication (romaines ? médiévales ?) et des courts de tennis abandonnés il y a bien longtemps.  Le Danube prend des reflets roses, le ciel est diapré d’orange,  de violet. Les nuages s’étirent. Les coupoles de Budapest s’allument aux feux du couchant.

Budapest : colline des roses

CARNET DE BUDAPEST – Toussaint 2008

 

Dans un jardin de la colline des Roses

Changement de programme : puisque les Bains Kiraly sont exceptionnellement  ouverts aux hommes et aux femmes nous pourrons aussi visiter dans le quartier la Colline des roses et le Türbe de Gül Pacha situés dans les environs. Un programme turc le jour où les Catholiques ont fermé leur porte n’est pas pour me déplaire !

le mausolée

Tram 2 puis 4-6 jusqu’à Margit Hid et juste à proximité sur Margit Korüt, un petit autobus bleu 91 grimpe en épingles à cheveux serrées au flanc de la Colline des Roses escarpée. Autant Pest est plat, autant les collines de Buda sont pentues. Nous découvrons un quartier cossu où les belles villas sont cachées dans des jardins arborés. L’automne donne un aspect somptueux avec tout l’or des feuilles. Dans l’autobus, pour une fois, les gens sont bien aimables. Un Monsieur nous demande si nous comprenons l’Espagnol. Il propose de nous emmener au Türbe. Nous déclinons son offre préférant flâner et faire des photos. Je lui montre les appareils-photos pour qu’il ne se vexe pas.

 

rue ancienne qui descend de la colline

Une rue pavée, bordée d’escaliers, descend tout droit vers Fränkel Leo utca,( rue des bains Lukacs et du tram 17 que nous connaissons bien).. Elle a un cachet campagnard avec les mauvaises herbes qui poussent entre les pavés, les pommes écrasées tomées d’un jardin en surplomb. Une dame arrache par poignée l’herbe et ramasse les pommes. Elle a sans doute des lapins.

 

Gül Pacha

Le Türbe de Gül Pacha se trouve juste à côté  sur une esplanade au bout d’une rue appelée drôlement Turban. Il domine toute la ville. Malheureusement, il est fermé pour rénovation. On se contentera de regarder l’enceinte entouré d’un péristyle de colonnes blanches Art déco, le petit mausolée de pierres portant sa coupole de métal étamé, la fontaine des ablutions et le mur décoré de faïence d’Iznik (ma passion). Gül pacha (le père des roses) était un derviche Bektâchî ayant participé à la conquête de Buda au temps de Soliman le Magnifique. La légende raconte qu’il aurait introduit les roses à Buda. En son honneur, un sentier descend vers Margit Korüt en traversant une roseraie en terrasse où nous faisons une courte pause.
Pour acheter le déjeuner, je prends le tram 4-6 qui traverse le pont. De l’autre côté, j’ai repéré MacDo. C’était bien inutile d’aller si loin. Au métro, une gargote vend des gyros et des sandwiches appétissants ainsi que des viennoiseries.

Aux bains Kiraly, le jour de la Toussaint, la journée est mixte, le service minimum. Des garçons en blanc ont remplacé les femmes aux allures d’infirmières. Ils nous serinent à plusieurs reprises :
– « avez-vous bien pris un maillot de bain et une serviette ? ».
En effet, on ne distribue ni tablier ni drap aujourd’hui.  C’est l’heure du déjeuner, il n’y a pratiquement personne : deux touristes français, un vieux monsieur qui erre, visiblement hagard, deux hongrois qui préfèrent les pièces chaudes, hammam, sauna et piscine à 40°
la piscine octogonale est à nous ! Je nage avec délice en bravant l’interdiction (je ne lis ni l’Allemand ni le Russe, encore moins le Hongrois). Pour éviter la monotonie, j’alterne chaleur et fraîcheur (relative : 32° tout de même). Je pars flotter dans la petite piscine rectangulaire. Celle à 26°C me paraît glacée. Il faut passer quelques minutes au sauna pour l’affronter. Vers 2H30 les gens commencent à affluer, deux magyars XL me donnent l’impression de remplir complètement le bassin (qui déborde de toutes les façons en permanence). Un peu plus d’une heure à mijoter à 38°C, nous quittons la coupole. On nous rembourse 1000forints ce qui met la baignade à 6€ chacune.