Olympiaki Akti, plage de l’Olympe, rendez vous de l’Europe Orientale

CARNET MACEDONIEN

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 Olympiaki Akti est une petite station balnéaire.

Plan hippodamien ? Les rues  aux noms de muses ou des dieux de la mythologie se coupent à angle droit.  Les petits immeubles, hauts de trois ou quatre étages, sont généralement blancs, balcons et stores à la grecque. Toits de tuiles rouge et chauffe-eaux solaires. Un peu de verdure : de petits arbres d’alignement, petits palmiers ou  bananiers dans les jardins. Les promoteurs n’ont pas réussi à faire des horreurs comme en Bulgarie ou en Espagne. Pas de barres ni de tours, pas de lotissement uniforme. Chacun a construit à son idée, a choisi la rambarde du balcon ferronnerie ou balustres, , la couleur des stores, unis ou rayés. Le plus souvent les façades sont blanches avec des variations crème, rose ou ocre. La pension en face a ajouté des bas-reliefs antiques. Cette diversité est sympathique. L’originalité de notre immeuble est un vrai jardin avec des rangs de tomates, des aubergines et des poivrons, de la menthe et du persil. Nous sommes invitées à nous servir, j’irai cueillir la menthe et le persil. Un palmier habille la façade jusqu’au deuxième étage.

Notre appartement est au 3ème . Trois hauts étages à grimper mais un balcon plus grand, plus aéré. Le studio est simplissime. Bloc évier, placard, deux plaques électriques, un frigo, deux lits (un drap plié- ce n’est pas l’hôtel !) une armoire, une télé suspendue et la clim. L’essentiel sans fioritures.

L’accueil est chaleureux mais grippe-sou. La dame réclame 252€ avant même de me montrer la chambre. Je refuse : Je veux voir !

La plage est très décevante. Pas un centimètre pour marcher entre les lits et les parasols. Les gens qui ont apporté leur propre rabane et parasol sont alignés au ras de l’eau. Surpopulation sur le sable. Eau trouble un peu fraîche. Lits et parasols sont neufs. On voit encore les étiquettes. Ils sont gratuits. On consomme et on paie ce qu’on a bu. Sauf que c’est mal organisé. Personne ne passe pour prendre les commandes. Au bout d’une heure Dominique va chercher elle-même le café frappé chez le concurrent.

Toute l’Europe Orientale s’est donné rendez vous sur la plage. Les plaques d’immatriculation:SRB, Ro, aussi des Hongrois et des Polonais. Les femmes sont soignées et élégantes – un peu rouges quand elles sont blondes. Il n’en va pas de même pour les hommes, crânes rasés, nuques épaisses, ventres alourdis par la bière, caleçons trop longs ou slips trop moulants. L’élégance masculine a des progrès à faire ! « Vous ne parlez pas le Polonais ? » se désole la vendeuse de la bijouterie à qui je demande s’il y a un distributeur de billets (il n’y en a pas).

Naoussa

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Naoussa est une petite ville de 25.000 habitants perchée sur un rocher accroché à la pente au dessus des vignobles et des vergers. Construite au dessus de l’antique Mieza, le village de Naoussa ne fut occupé que tardivement pendant l’empire Ottoman par des communautés d’artisans grecs. En 1822, dans les guerres de Libération grecque, la population fut massacrée et des femmes et des enfants préférèrent le suicide. Une statue commémore le Sacrifice « Aire du Sacrifice »sur le bord de la rivière.

Vers la fin du 19ème siècle, des industries textiles s’installèrent profitant de l’énergie hydraulique des ruisseaux descendant de la montagne. Il reste encore quelques souvenirs  de cette industrie prospère. Les couvertures sont encore en vente sur le bord de la route. Elles sont horribles, criardes aux motifs enfantins de Spiderman ou de BD ou même pire. Les vergers et la vigne ont également attiré des industries agroalimentaires. Un moulin à eau au centre de la ville témoigne de l’importance de la force de l’eau. Aujourd’hui, toutes ces activités paraissent en sommeil.  Naoussa s’est convertie au tourisme. le Mont Vermio culmine au dessus de 2000m. Les pistes de ski vont de 1500m à 2000m. L’enneigement est garanti par des canons à neige. L’été, les Grecs viennent chercher la fraîcheur dans les hôtels situés dans les hauteurs.

L’hôtel Dryades a été conçu avec un réel effort de décoration ; L’extérieur est d’aspect agréable, les murs bruns sont agréablement entrecoupés de balcons en ferronnerie aux motifs originaux. Les  piliers de roche poreuse rythment les balcons.  Des châtaigniers, chênes, platanes font une muraille impénétrable. On se croirait en pleine forêt. La réalité est autre, il y a des constructions cachées.

La décoration intérieure est originale. Les murs gris rose sont interrompus par de larges bandes de papier peint orange et gris dans notre chambre, jaune acide et violet dans les couloirs. La marque de fabrique, l’originalité des Dryades est le mariage des tissus à fleur et des rayures. Le rideau gauche porte des rayures jaune brun orange horizontales tandis que le droit est à fleur. Dans le salon, les fauteuils sont tapissés selon le même principe. Un peintre a fait une série de tableaux originaux sur le thème des Dryades ; dryades modernes en jeans collants, serrés ventre à l’air sur un fond forestier. Ils ne sont pas inintéressants mais pas tellement à mon goût.

L’orage a repris vers 3heures du matin. Au réveil, le ciel est gris et la température a baissé de 10°. Nous faisons un détour par le centre de Naoussa que nous avons négligé. Un moulin à aube décore le rond-point symbolisant la force de l’eau qui a donné sa richesse à Naoussa.

Nous nous arrêtons sur le pont qui enjambe l’Arapitsa pour visiter le site du Sacrifice. Une sculpture représente une femme debout, serrée contre ses jupes une petite fille. Le 22 avril 1822, les femmes ont préféré se jeter dans le précipice plutôt que de se rendre aux Turcs. De la place de la Statue, je découvre un canyon où jaillissent trois cascades bondissantes. Un sentier se glisse sous le pont routier, une nouvelle cascade dévale la pente dans une jungle touffue. Comme je filme, une dame m’adresse un chaleureux kalimera.

Veria – Musée byzantin

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Musée byzantin de Veria

 

 A Veria, il faut choisir entre les musées (byzantin ou archéologique)

Le Musée Byzantin est installé dans un ancien moulin, bâtiment industriel du 19ème siècle.

Les collections sont présentées sur 3 étages tandis qu’au rez de chaussée une belle exposition de peinture contemporaine commémore les 100 ans de la Libération de Veria (devenue grecque en 1912).

Le plasticien Christos Bokoros a utilisé des planches brutes sur lesquelles il a peint des cierges très minces projetant la lumière mais aussi la suie, ou des flammes sur une planche rouge et une noire assemblées, sur une mosaïque avec des drapeaux (drapeau anglais, faucille et marteau, soleil macédonien, ou une surimpression blanc sur blanc de Liberté ou la Mort. A l’accueil du Musée l’hôtesse  nous offre une collection de cartes postales.

photos via http://dornac.over-blog.com/article-constantin-cavafis-cierges-103103326.html

Les collections byzantines sont composées surtout d’icônes, icônes bifaces curieuses. Elles sont très bien mises en valeur. Un plancher de verre permet d’enjamber une mosaïque. Au 2ème étage, le thème est « Byzance après Byzance » la Macédoine, culturellement très liée à Constantinople, fut conquise par les Ottomans avant la Prise de Constantinople. Des écoles de peinture se sont développées à Veria mais surtout à Kastoria(15ème – 16ème ) enfin, Ecole Crétoise (17ème – 18ème )que nous avons vue en Crète et à Corfou.

Un intérieur d’une riche maison est reconstitué avec des peintures de bateaux, Alexandrie, Venise ou Constantinople. Nous avons vu des peintures analogues en Bulgarie à Koprivichtitsa. En dehors des icônes on voit des plaques de marbre sculpté et de la vaisselle.

Veria : maisons balkaniques

Les petites rues de la Vieille ville sont tortueuses et étroites, peu praticables en voiture ; Nous arrivons dans une impasse très en pente. Marche arrière hasardeuse. Un homme sort d’un restaurant pour guider la manœuvre. Une fois sortie d’affaire, nous allons boire un pot dans son très joli café en terrasse dominant la rivière. Sur les tables du basilic en pot, sur les rebords, toutes sortes d’aromates, romarin, petits piments, laurier. Comme on commandé de l’ouzo, on apporte des mezzés : un petit pain chaud, des anchois, une macédoine, du pastrami sur un lit de tomates, cornichon malossol.  A l’étage, A l’étage, la salle du restaurant est très contemporaine, gris et noir avec des tableaux. 8€, un peu cher mais le cadre compte !

Dimanche après midi, difficile de trouver une boutique ouverte, même pour 2 yaourts ! A Naoussa, dans la pâtisserie luxueuse, on achète deux cornets feuilletés fourrés à la crème anglaise.

La piscine est très fréquentée, le parking, complet. Le ciel est gris. Le vent se lève apportant une pluie de feuilles de platane sur le bassin. Le tonnerre se fait entendre. L’orage a chassé les baigneurs. D’ailleurs, ils ne venaient pas à la piscine pour nager, mais pour manger  un snack, jouer aux cartes ou au tavli. Quand j’émerge de la sieste, la piscine est vide et je nage mes trente allers-retours.

 

Naoussa-Mieza et les tombes de Lefkadia- Ecole d’Aristote

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la saison des pêches et des brugnons autour de Naoussa

 

Mieza

Une épaisse brume noie la plaine ce matin. Les nuages accumulés sur les hauteurs ont du mal à se dissiper, annonçant une journée chaude et lourde. Les écriteaux flèchent MIEZA – Théâtre antique et maison hellénistique. Mieza est le nom de la ville antique de Naoussa, ville macédonienne où Alexandre le Grand suivit l’enseignement d’Aristote

Le petit théâtre est en restauration, une belle grue jaune se trouve au beau milieu de la scène et les gradins en  belle roche poreuse du Vermio,  paraissent tout neufs. Ces restaurations paraissent exagérées au premier abord. Un théâtre antique peut être utilisé à nouveau, l’acoustique est généralement excellente et les spectateurs prennent place sur els anciens gradins. Au lieu de rester des ruines romantiques le théâtre reprend vie.

De la maison hellénique, en revanche, nous ne verrons rien. Les hautes graminées et les élégantes hampes des avoines cachent les vestiges.

Autour du site, la récolte des pêche bat son plein. Nous ne voyons pas les cueilleurs mais entendons la radio. Pas de dimanche chez les agriculteurs ! C’est pourtant dimanche au village de Kopanos où les dames ont fait une belle mise en plis, ont sorti le sac à main, la jupe noire et le gilet assorti pour aller à la Messe. Certaines se protègent du soleil en brandissant leur sac de cuir à fermoir métallique au dessus du visage. Juste après Kopanos, nous négligeons un site préhistorique (souvent décevants les sites préhistoriques) et suivons d’autres flèches « Mieza – tombes macédoniennes ».

Un parking ombragé, une structure bétonnée hémicylindrique. Le gardien, jeune, qui parle anglais, vient à notre rencontre. Sans le savoir nous sommes arrivées sur le site des tombes de Lefkadia. Lefkadia est le nom du  village moderne. Les archéologues préfèrent Mieza.

La Tombe du Jugement

La première tombe est La Tombe du Jugement  –  la plus grande tombe macédonienne jamais retrouvée -.  Colonnes doriques ornent la façade surmontées de métopes peints représentant le combat des Centaures et des Lapides surmontés d’une frise ionique Combat des Grecs et des Perses. La tombe est protégée par un toit de béton et des portes métalliques. L’air est contrôlé. Le gardien nous fait pénétrer dans l’entrée et nous découvrons le magnifique tombeau derrière un échafaudage compliqué. On restaure, on colmate, on nettoie. C’est émouvant de voir l’édifice original mais on comprend mieux en regardant les dessins sur un panneau extérieur. Le défunt est un militaire, ceint de pourpre. Il n’est pas nommé, tellement fameux que cela ne semblait pas nécessaire. Un général d’Alexandre probablement ? La tombe a été pillée dès l’Antiquité et ne livre pas d’indices suffisants pour l’identifier. Sur la façade : 4 images : le défunt en tunique courte, Hermès Psychopompe  qui l’entraîne vers les Juges de l’Enfer : Atakos et Rhodomonthys, assis, enveloppés dans des toges à longs plis.

Palmettes

 Non loin, se trouve la Tombe des Palmettes. D’autres tombes se trouvent à Lefkadia – fermées à la visite »il y a une crise en Grèce » s’excuse le gardien. La tombe des Palmettes doit son nom aux palmettes colorées qui ornent son fronton portant aussi une très belle peinture représentant Perséphone et Pluton. Ici aussi, l’atmosphère est contrôlée et des échafaudages gênent la visite. On nettoie et rafraîchit les fresques. Le plafond de la chambre funéraire est bleu ciel avec des motifs compliqués, entrelacs de fleurs et palmettes. On imagine une fenêtre sur le ciel visible à travers une tonnelle. Les murs sont rouge sang.

Sur la route de Naoussa à Kopanos, une route mène à l’Ecole d’Aristote ou Nymphéum.

Nymphéum : école d’Aristote

. J’ai relu hier les premiers chapitres de La Vie d’Alexandre de Plutarque, cherchant le récit de l’assassinat de Philippe. C’est assez embrouillé mais j’ai trouvé ceci :

« il (Philippe) appela auprès de lui Aristote […]il assigna pour les études et exercices de son fils un lieu appelé Nymphéum près de Mieza (Naoussa) »

Le site est accessible par un escalier à larges marches sous un épais feuillage. C’est une promenade le long du ruisseau. La falaise a été sciée par endroits. On voit des niches artificielles mais aussi des grottes naturelles. On imagine le philosophe marchant avec ses disciples dans cet endroit rafraîchissant ; Une galerie –stoa– abritait cet enseignement, des tuiles ont été retrouvées et sont entreposée au musée.

Tombes macédoniennes de Vergina

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Arachnée veille sur le Théâtre de Vergina

Vergina,à une quinzaine de km de Veria, est un site archéologique majeur. C’est à Vergina que se trouvaient les palais macédoniens. En 1977, Andronikos mit au jour la Tombe De Philippe II, le père d’Alexandre le Grand.

L’arrivée à Vergina est décevante :un grand parking vide, le petit chalet de l’information touristique en ruine, la guérite du gardien du parking vandalisée. Que se passe-t-il ? Le Palais est fermé, déjà depuis des années, pour restauration « anastylose » dit la dame qui arrose son jardin. Nous ne verrons donc que les photos de la grande mosaïque et des restes du palais. Des tôles protègent les fouilles. Un dépliant décrivant le palais (2ème monument visité après le Parthénon) augmentera nos regrets. Nous cherchons quand même le théâtre antique, cadenassé derrière des grillages rouillés. Un gros chêne, 4 oliviers. La colline n’est pas haute, peu de marches dégagées, c’est plutôt un théâtre fantôme. Une grosse araignée est la gardienne des lieux. Sa toile ferme le trou du grillage par lequel nous pourrions prendre la photo. Est-ce ici que Philippe, au mariage de sa fille Cléopâtre, fut assassiné par Pausanias? La vigne sur laquelle l’assassin a trébuché, n’est plus là. Le site archéologique est couvert de hautes graminées desséchées. De là, on mesure l’ampleur du site archéologique de l’ancienne Aegeai, capitale macédonienne.

tombe macédonienne

Le sanctuaire Eleukia est signalé par un panneau sans aucune explication. Tout est sous tôle. Enfin, contournant un grillage, je découvre ma première tombe macédonienne. Sa façade ressemble à celle d’un petit temple avec des colonnes encadrant les vantaux. Frustrées de Palais nous retournons au village. Les rues conduisant au Musée sont piétonnières. Un parking est situé un peu plus haut. Le gardien  me fait cadeau d’une belle pêche. Je m’émerveille toujours de la gentillesse grecque que l’affluence de touristes n’a pas oblitérée.

sous le tumulus, le musée se cache

Le Musée

Le Musée est un modèle muséographique. Invisible de l’extérieur. Après la billetterie on se trouve dans un jardin planté de lauriers roses, de figuiers, de grenadiers en fleurs. Le tumulus est recouvert d’une pelouse. Les deux couloirs profonds qui s’enfoncent dans le tumulus rappellent au visiteur qu’il va voir une tombe et pas seulement un musée.  Cette entrée me rappelle celle de la tombe de Seuthès, le roi Thrace à Kazanlak (Bulgarie) .

stèle macédonienne peinte

 Le Tumulus a été évidé. Les vastes salles, l’air conditionné, les vitrines modernes sont ceux d’un musée ultra moderne. Rien n’a été fait au hasard. La pénombre est celle des enfers, l’absence de couleurs, figure le Domaine des Ombres. L’archéologue à « mis au jour » ces tombes inviolées mais la scénographie a voulu leur retour vers les ombres. Le visiteur est guidé dans le domaine d’Hadès.

 A l’entrée, les stèles de marbre peintes de macédoniens aux noms clairement visibles – et grecs – vont nous mettre dans l’ambiance. Peinture hellénistique extrêmement sophistiquée avec des nuances de couleurs,  brun, vert, rose, insoupçonnées dans l’Antiquité.

 Le visiteur chemine dans ce cimetière souterrain pour arriver à la tombe de Philippe II . Non pas une réplique, mais la véritable tombe du père d’Alexandre le Grand. Un escalier descend jusqu’à la façade : les vantaux de marbre sont encadrés de colonnes. Au dessus la « frise » est une véritable fresque qui représente une scène de chasse royale : Philippe en compagnie de son fils Alexandre, chasse un lion, un ours et des bêtes sauvages dans l’épaisse forêt macédonienne. Le lion, bien sûr, a disparu depuis l’Antiquité, mais ours et bêtes sauvages rôdent encore.

Remontant dans la grande salle, on découvre les objets retrouvés dans la tombe. Encore une fois, la présentation est très sophistiquée pour que le visiteur prenne la mesure du faste de la cérémonie que le jeune Alexandre a offert à son père assassiné. La cérémonie n’est pas sans rappeler les rites homériques, la mort de Patrocle, les armes d’Achille….

l’urne d’or

Nous ne saisissons pas immédiatement la logique de la scénographie. Tels des insectes éblouis par la lumière, nous allons de vitrine en vitrine, fascinées par l’or de l’urne funéraire – cassette ornée du soleil macédonien – les jambières et la cuirasse d’or (comme les armes de Seuthès de Thrace) La reconstitution des couches chryséléphantines (plutôt ivoire qu’or) est l’objet le plus merveilleux à os yeux avec ces personnages d’une finesse étonnante.

Après avoir découvert, regardé, rassasié notre regard de toutes ces merveilles, je suis revenue aux textes explicatifs et me suis laissé guider dans la cérémonie. Dans la première vitrine est exposée la vaisselle des ablutions du Défunt : chaudrons, bassin de bronze énorme, indiron ( ?) , seau, bols aiguières…Il me vient un doute : est-ce la toilette mortuaire du cadavre ou le lavage des os dans du vin rouge après la crémation ? Un trépied porte l’inscription « Je suis un trophée d’Héra d’Argos », trophée gagné aux jeux 100ans auparavant, symbolisant aussi la fierté des rois macédoniens d’être les descendants de Temenos, roi d’Argos, descendant d’Héraclès.

 

Le bûcher funéraire occupe le centre de l’espace. Dans la vitrine de petits fragments, de petits objets, des osselets, grains, don déposés, les uns en couronne, les autres en petits tas, alignés ou mélangés. Ce bûcher raconte la cérémonie grandiose :

« Sur une couche chryséléphantine, Philippe II fut livré aux flammes. On lança dans le bûcher des armes, son uniforme, des vases de parfums  de l’huile, des fruits… »

Le feu purifiait la dépouille en brûlant la chair mortelle.

« Comme Héraclès avant lui, le héros entrait dans l’immortalité. »

Les os, lavés dans du vin rouge, enveloppés dans la pourpre royale furent rangés dans une urne d’or en forme de cassette décorée du soleil macédonien.

Dans la chambre funéraire on déposa la cuirasse, le casque de fer, les épées et les lances, les jambières et le bouclier d’au moins 1m de diamètre.

Une vitrine garnie de vaisselle d’argent rappelle le thème du Banquet : le Banquet est l’évènement central de la vie sur terre, considéré par les avocats de l’idéal platonique. Initiés de Bacchus, d’Orphée et des autres cultes à mystères promettent que la mort n’est rien de plus que le commencement d’une nouvelle vie ; Purifié par la flamme du bûcher, le roi-héros continuera sa vie dans un éternel banquet.

Trois tombes et le Heroon furent retrouvés dans le Grand Tumulus. Celle du Prince est supposée être celle du fils d’Alexandre le Grand et de Roxane, tué par Cassandre avec Olympias. La troisième tombe du ciste renfermait des peintures merveilleuses : le Rapt de Perséphone, Déméter et le trois Moire

le rapt de Proserpine

Un film sur le passage de la lumière au domaine de la mort montre la barque de Charon dans des grottes, le ruissellement de l’eau sur les rochers, Orphée, moment de poésie.

Je suis tellement éblouie par cette visite que j’ai envie de rester sur cette impression de rentrer avec elle. Ne pas effacer trop vite cet émerveillement.

Lire aussi ICI

Naoussa : hôtel Dryades

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Les nectarines de Naoussa

 

Naoussa est perchée sur un escarpement, petite ville en pente, nombreux commerces. Le guide Bleu signale des filatures. De  la terrasse de l’hôtel on devine quelques usines

L’Hôtel Dryades se trouve sur les hauteurs, au dessus des vignes, au contact avec la foret épaisse de châtaigniers chênes et merisiers. Derrière une cour pavée, un mur de belle roche poreuse ressemblant à du Comblanchien, avec pilastres et ferronnerie. Le bâtiment est construit sur trois niveaux avec des grands balcons.  Notre chambre est au 3ème (avec ascenseur) proche de la piscine sur deux terrasses creusées dans la colline dallée de cette belle pierre blonde à trous. Lits beiges ous des parasols écrus autour du bassin, tables et chaises bleues sous des parasols bleus et même des canapés. Le tout de très bon goût. Au niveau supérieur est installée une cafétéria. Le bassin est assez grand pour pouvoir vraiment nager. A une extrémité on peut s’asseoir sur un banc dans les jets bouillonnants. Ce serait parfait si l’accès était réservé aux seuls clients de l’hôtel. Les visiteurs peuvent payer une entrée de 3€ et consommer. La jeunesse dorée (puisque c’est cher) s’y donne rendez-vous. Cette manie de sonoriser la piscine pour plaire aux adolescents est agaçante…il ffaut choisir les moments où les jeux adolescents n’empêchent pas de nager, surtout la « bomba ».

L’hôtel n’a pas de restaurant. Il est possible, si on n’a pas envie de reprendre la voiture pour descendre en ville, d’aller à la taverne voisine (chic) on peut  commander par téléphone des repas livrés en scooter. La réceptionniste qui parle anglais propose de commander pour moi en grec. Quand nous avons choisi le menu, elle n’est plus de service au comptoir et sa mère qui ne parle que Grec ne comprend pas ce que nous désirons. Je choisis la solution « paketo » de la taverne. Pour 15€ je remonte deux parts de champignons farcis au fromage et aux herbes (un délice) et trois souvlakis accompagnés de riz et de frites. On ne touchera ni au riz ni aux frites. Les champignons auraient sufi, d’autant plus qu’ils étaient servis avec du pain aillé, poêlé, délicieux.

De Psarades à Naoussa en passant par Florina et Edessa

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les Lacs Prespa

Au petit matin, des centaines d’hirondelles volètent autour de notre balcon. Nous quittons à regrets Psarades, surtout Alexandra et Germanos.   Alexandra nous a préparé un cadeau : un bocal de figues confites et nous fait de grosses bises.

Les deux lacs sont à leur avantage le matin, la surface bleue métallique, les roseaux vert tendre, les haricots vert vif. Les montagnes albanaises pelées dépassent les collines plantées de genets presque arborescents. Les pruniers sont chargés de petites prunes rondes et dorées. Quelques acacias se dressent sur le bord de la route. Nous voyons des bergeries et des troupeaux.les rebords de la montagne sableux sont ravinés. La route s’élève vers le nord. Les virages s’enchaînent dans une forêt de plus en plus dense. Les chênes gagnent de l’ampleur. Au tournant on découvre Pisoderi, coincée dans une étroite vallée : deux grands hôtels, deux pensions, des tavernes. Tout est fermé. C’est une station de sports d’hiver. Un télésiège conduit à une piste bien raide tracée dans la forêt.

héros des guerres d’Indépendance

La montagne de granite est couverte d’une belle hêtraie. Près de Florina, des châtaigniers. Sur le rebord de la route on a construit de belles fontaines de pierre.

Florina

Florina est dans la plaine. C’est une petite ville tranquille : immeubles de 4 ou 5 étages avec des balcons, comme partout en Grèce. Le Musée Archéologique est bien indiqué. Pour 2€, on me donne de vrais livres sur Florina et le site de Petres. Je suis la seule visiteuse. J’ai tout le loisir de lire les nombreuses explications.

stèle macédonienne avec un cavalier

La première salle présente le site paléolithique d’Armenochori (2100-2000 av. JC) – âge de Bronze. Nombreuses céramiques plus ou moins grossières. Reconstitution des maisons d’argile en incluant les empreintes des roseaux ou de graminées. Un crâne de mastodonte est dans une vitrine.

La salle suivante est consacrée aux périodes hellénistique et romaine. Comme souvent les stèles funéraires sont parlantes. Singularité macédonienne : la figure du cavalier – je pense à Alexandre et à bucéphale – cavalier et héros. Parfois le défunt est identifié aux dieux. Les jeunes gens, les athlètes morts prématurément étaient Herakles, considéré comme fondateur de la dynastie macédonienne.  Une jeune femme une fille, une concubine étaient présentées en Aphrodite.

cavalier macédonien

L’étage supérieur se partage entre une exposition sur le site de Petres et les marbres d’Aghios Achilleos.

Petres  au 3ème siècle était la capitale du royaume d’Antigonodon Gonatas. On voit de très beaux revêtements muraux imitant le marbre coloré et précieux et deux belles Artemis ainsi que des terracotta (photos interdites) .

Les marbres précieux, les relevés de fouilles, les plans d’Aghios Achilleos – la Grande Basilique construite sur l’île du Petit Lac Prespa m’intéressent d’autant plus que j’ai visité le site hier.

La route entre Florina et Edessa

La route entre Florina et Edessa court dans la plaine plantée de maïs et de tournesols irrigués qui laissent la place au blé qui n’a pas encore été moissonné ici. De grosses usines avec d’énormes cheminées sont dispersées dans la campagne.

Edessa

la cataracte d’Edessa

Deux visites possibles : un Musée de l’eau et le Site archéologique. Nous choisissons l’Eau.

Edessa est une jolie ville moderne. Les immeubles ont de larges balcons et terrasses fleuries. Le quartier de la Cataracte est très agréable. Le Musée de l’Eau se trouve dans un beau parc avec de très grands arbres. Les plus remarquables sont des platanes aux troncs énormes parfois creux. A l’intérieur de l’un d’eux trois enfants mangeant des glaces se font photographier. Partout l’eau ruisselle dans de petits canaux. Autour du parc, de nombreux restaurants et cafés attendent le client.

La puissance de la cascade, son débit, sa hauteur sont saisissants. Les seules cataractes de ma connaissance étaient les cataractes du Nil (disparues pour cause de Barrage). La Cataracte d’Edessa mérite vraiment son nom. Le site est aménagé avec des marches, des passages cimentés derrière le rideau d’eau. Moyennant 0.5€, on peut passer par une grotte dans le tuf et s’y faire photographier.

Différentes installations composent le Musée : plusieurs moulins utilisent la force hydraulique : le premier a une roue d’environ 3.5m de diamètre et moud le grain da ns plusieurs meules disposées en batterie. Un autre montre les courroies de transmission vers des machines broyant le chanvre. Un aquarium est installé dans une maison ancienne (gratuit pour les moins de 12ans). On monte et descend des marches, passe par des petits ponts, se perd dans le dédale des cheminements, découvre par hasard un cinéma de plein air. On peut descendre par des marches jusqu’au fond de la vallée où se trouve un complexe installé dans l’ancienne usine textile de chanvre.  U  ascenseur de verre est prévu pour la remontée. Les gens portent des sacs de piscine ; Sans doute vont-ils aux installations thermales et à la source chaude.

Café frappé sous les platanes – comme il se doit – . Nous n’irons pas voir le site archéologique ; il est 14h, sous le soleil de l’été, les sites ne sont supportables qu’avant midi. Ne pas chercher à tout voir. Profiter des moments agréables !

La route d’Edessa à Naoussa

La route d’Edessa à Naoussa traverse des vergers chargés de fruits : pêches surtout (on achète un kilo de nectarine sur le bord de la route 1€, pommiers protégés par des filets, actinidias, quelques cognassiers. Des pickups aux cagettes plastiques remplies de pêches passent sur la route mais nous ne voyons pas de cueillette (sieste ?). Près de Naoussa, le relief devient plus marqué. Les vignes remplacent les vergers. Les caves viticoles sont signalées par des panneaux touristiques en une roue des vins.

Agios Achilleos – En panne!

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L’île reliée par son pont flottant dans le Petit lac Prespa

 

Agios Achilleos

Le Petit Lac Prespa est séparé du Grand par un cordon sableux à l’arrière duquel se trouvent des roselières et des chenaux. Une petite île est reliée par une digue flottante sous laquelle les barques peuvent passer.sur cette île se trouvent 4églises et un monastère, une taverne et quelques chambres d’hôtes ainsi que quelques fermes avec des vaches.

Le monument le plus fameux est la Basilique Aghios Achilleos construite au 10ème siècle par des bâtisseurs de Larissa sous la commande du Tsar Samuel de Bulgarie.  Basilique à trois nefs avec un narthex, encore dallée de marbre de taille impressionnante. Les fresques rouges ont été datée 1020, il y a aussi des fresques 12ème s. L’écran de marbre séparant la nef du chœur a été déposée au Musée de Florina. Quelques pans de mur, trois fenêtre verticales allongées dans le chœur, ouvertes sur le lac et les montagnes font une ruine très romantique.

la basilique Agios Achilleos

Je renonce à la visite du monastère. L’église Aghios Giorghios entourée du cimetière moderne est fermée. Au sommet de la butte, une petite église crépie de blanc se détache. La vue panoramique mérite une grimpette.

Je retrouve Dominique sur le pont flottant occupée à regarder cormorans, pélicans, grèbes qui plongent d’un côté et surgisse de l’autre et les pêcheurs qui s’aplatissent pour glisser sous les planches.

les haricots du Lac Prespa

On vend les haricots du Lac Prespa : les géants blancs, les petits blancs pour la soupe (fasuolada) les grands noirs pour les salades.

La panne

Nous n’atteindrons pas Aghios Germanos, ne verrons pas l’église à coupole dédiée à Saint Germain du 7ème siècle. Devant la Mairie de Laimos, la Fabia Skoda s’immobilise, le volant bloqué avec un voyant orange allumé. Impossible de repartir. Une autre Skoda est garée. Peut être son propriétaire connait le sens du voyant orange ? A la Mairie, tout le monde est très gentil. La jeune femme très élégante aux talons vertigineux assortis à une robe de maille turquise et aux ongles peints en jaune est la conductrice de la Skoda mais elle ne connaît pas le voyant. Un homme parlant français vient à notre secours. Il n’y a pas de garage au Lac Prespa les plus proches sont à Kastoria et à Florina 65(km). Grâce à nos anges gardiens nous entrons en contact avec AVIS

En attendant la nouvelle voiture : kafenéio

          «  Où serez-vous dans trois heures ? «  demande mon interlocuteur d’Avis Thessalonique.

          « Ici puisque la voiture est immobilisée ! »

Il est 13h30, la Mairie va bientôt fermer. On nous conseille de nous installer au kafénéio. Nous préférons l’ombre d’un noyer juste en face du parking  pour faire une sieste sur un muret cimenté. Moins de trois heures d’attente (et d’énervement), une Toyota Auris venue de Thessalonique remplace la Fabia en panne. Le chauffeur d’Avis a dû dépasser les limites de vitesse !

3heures perdues (et un plein d’essence), finalement, moindre mal. On se félicite de l’efficacité d’Avis et de la gentillesse des gens de Laimos. Nous avons eu de la chance ! Si la panne avait eu lieu hier sur la route des crêtes qu’aurions-nous fait ?

17h, retour à l’hôtel Philippos pour une courte sieste.

18h, je pars pour une petite balade sur la « route française » qui part de l’hôtel désaffecte en face du village. Un kilomètre plus loin, un écriteau jaune bien visible indique le sentier piétonnier. Pas de balisage mais le sentier est bien entretenu. Je marche en direction de la pointe qui marque le petit golfe de Psarades. Végétation de garrigue ou dominent les buis et les genévriers avec quelques cyprès et de rares lentisques, de temps en temps un sous-bois de petits chênes. J’aurais pu descendre à la plage. Seule je ne m’y risque pas.

Deux jeunes français, Elsa et Constantin, sont assis sous nos fenêtres. Nous les invitons à la terrasse de Germanos. Constantin réclame des mezzés avec l’ouzo. Germanos apporte trois petites bouteilles d’ouzo, beaucoup d’eau et une assiette avec un mélange : féta tsatsiki, olives violette, tomates vertes confites, anchois et salade de chou.

Germanos part poser ses filets ; un seul d’entre nous peut l’accompagne

          «  Pas plus à cause des voisins » dit-il

 Constantin  s’excuse de « prendre ma place ». Pour le pêcheur, que le seul homme l’accompagne? est une évidence.

Le dîner est tarde, nous avons commandé 3 portions de petite friture, mais il faut attendre le retour de Germanos  puis qu’il range ses bidon, son moteur… C’est à la nuit tombée qu’on nous sert dans le noir les petits poissons. Je pensais que la terrasse avait un éclairage ! Heureusement qu’on mange tout de la tête à la queue avec les mains. Attaque des moustiques. L’appareil photo tombe en panne. Le festin tourne court. J’en oublie même la clé de la voiture sur la table, qu’Elsa viendra apporter.

 

Psarades : sardines

CARNET MACEDONIEN

Alexandra a sorti deux chaises dans la rue et un caillebotis pour suspendre à une perche de curieux bouquets secs que j’avais pris pour de la sauge. En y regardant de plus près, ce sont de minuscules poissons séchés. On les a mis trois jours dans le sel, puis séché au soleil, enfin rentrés à l’abri. Ainsi salés, ils se conservent un an et même plus. Mais il faut savoir les préparer ?

poisson salé et séché

A l’arrière de la taverne, derrière une barrière, le jeune homme en uniforme de pompiste retire les tout petits poissons qu’Alexandra appelle des sardines ; La jeune femme qui nous prépare le petit déjeuner nettoie et éviscère les poissons qui seront salés.

Promenade en barque sur le Lac Prespa

CARNET MACEDONIEN

Germanos aux commandes

Après le petit déjeuner, nous trouvons Germanos à la terrasse de sa taverne. Sa barque de pêche est ancienne, en bois avec l’étrave pointue, peinte en noir. Le « bateau de croisière »est en plastique, très confortable avec des coussins rembourrés.

La croisière commence dans le petit golfe où se niche le village. L’eau y est noire et très profonde, calme aussi. Une ligne sur la falaise entre la roche patinée et la roche blanche, matérialise les variations du niveau du lac (6 à 7m).

Fresque rupestre du lac Prespa

Sur le calcaire, des fresques rupestres : la Vierge et l’Enfant et un petit ermitage, une grotte protégée par un mur.

A la sortie du petit golfe, l’eau est beaucoup plus agitée (avant-hier, avec le vent du nord, les vagues atteignaient 1m de haut). Germanos nous montre encore les frontières séparant la Grèce de l’Albanie et de la FYROM. La petite île aujourd’hui déserte contenant des ermitages est macédonienne. C’est là que convergent les trois frontières. Une autre petite île est albanaise.

Au cap, se trouve un poste d’observation français pendant la Première Guerre Mondiale. C’est un endroit très poissonneux l’hiver. Dans une grotte une église Micri Analepsi est blottie, on devine les trois cellules des moines. Des escaliers permettent d’y monter.

Petits cailloux blancs  des plages où l’eau est très transparente. En ce moment la température  de 22°  n’incite pas à la baignade. Au plus chaud de l’été, elle peut atteindre 27°. Les plages sont accessibles en bateau mais il existe également des chemins et des escaliers d’accès.

Au dessus, la Route Française  devait relier Psarades au village albanais de Koritza distant de 28km, c’était la première route construite à Psarades. La route actuelle date de 1950.

pélicans de Dalmatie

Sur les rochers, sont perchés de nombreux cormorans et, surtout des pélicans sur l’embarcadère de la Panagia Eleoussa, l’église perchée dans une grotte. Une centaine fuient à notre approche.  150 marches taillées dans la roche pour arriver à l’église, ravissante avec une jolie icône de la Vierge au dessus de la porte. On a imité la brique avec des motifs rouges sur la façade. Construite au 15ème siècle, elle était entourée des cellules des moines. Jusqu’à 25 ermites vivaient là. L’intérieur de l’église est entièrement peint à fresques. Les yeux s’habituent à la pénombre, puis on distingue les scènes.

L’église perchée dans la grotte

Nous rentrons en prêtant attention aux nombreux oiseaux perchés à contre-jour sur les rochers : tête fine et cou sinueux des petits cormorans, air satisfait des pélicans qui s’envolent lourdement, élégants hérons, hiératiques qui chassent à l’affut. L’un d’eux s’envole. Dans son bec, se tortille un serpent.

Germanos a poussé le moteur. Le bateau rebondit à la surface de l’eau comme si elle était solide. Les à-coups sont brutaux pour mes lombaires endolories. Il arrête le bateau devant une croix rouge peinte sur la roche claire qui matérialise le niveau de l’eau le 26 juin 1966.  Avec de bonnes jumelles on pourrait distinguer sur l’icône de Saint Nicolas les impacts de balles d’une patrouille française qui, pour s’amuser a fait un carton. Saint Nicolas, pour se venger a levé le vent du nord en tempête qui a coulé le bateau français. Ce n’est peut être qu’une légende. Le lac est profond de 30m, personne n’a plongé pour retrouver le bateau.

Au retour, Germanos nous signale la petite chapelle Saint Athanase endommagée par les intempéries, protégée par une forêt de pins magnifiques que les gens de Psarades ne coupent pas.

En rentrant à la taverne, Germanos me demande si je n’ai pas perdu 5€ en montant à la Panagia Eleoussa. Il demandera au village.  Si personne ne les réclame, c’est le tronc de Saint Pierre qui les recevra pour les cierges qu’on allumera pour admirer les fresques.

 La promenade en barque a duré une bonne heure et coûté 30€