145 avenue de la République – A l’entrée de Deauville en arrivant de Villers-sur-mer.
Le grand couvent édifié au XIXème siècle a été occupé par des sœurs franciscaines qui l’ont vendu en 2011 à la Ville de Deauville qui l’a aménagé en « lieu culturel » : médiathèque et lieu d’exposition, Fablab, auditorium pour des conférences.
le cloitre et le lustre
Le cloitre bordé d’arcades est couvert et éclairé par un lustre monumental fait de 14285 tubes de polycarbonate. Chaises, tables, blocs et présentoirs de la Presse en font un lieu de lecture ou de rencontre.
Le comptoir de la Billetterie repose sur d’étranges briques blanches : les tranches de livres. Déclassés, ils étaient promis à la benne et ils se retrouvent encore en bibliothèque !
Billet d’entrée cher : 16€ mais il y a 4 expositions en ce moment.
Exposition Robert Capa
Photographe de guerre, Capa a documenté l’histoire du XXème siècle, de la guerre d’Espagne jusqu’à sa mort en Indochine en 1954.
On peut admirer la qualité des photographies ou s’intéresser à ces témoignages. Conflits ou naissance d’Israël.
Il faudrait avoir un œil neuf, le cerveau disponible pour passer le temps nécessaire dans cette exposition. Après les Mondes Flottants, je sens mon attention flottante. Je reconnais certaines images universellement connues mais je passe trop rapidement.
André Hambourg – Rendez-vous à Venise
Hambourg
André Hambourg est né à Paris en 1909 et s’est éteint à Deauville en 1999 . La ville de Deauville a reçu en leg 539 peintures et des milliers de dessins. Le Musée Hambourg est situé aux Franciscaines. En 1957 il découvre Venise et s’y rendra une quinzaine de fois. Cette exposition nous entraine à la découverte de Venise.
Jeux d’eau de de lumière, reflets de jour ou de nuit. C’est une peinture très jolie, séduisante, décorative, un peu trop de tout cela.
Giovanni Torlonia(1754-1829) et Alessandro Torlonia (1800-1886) réunirent à Rome une importante collection de sculptures romaines. Le Louvre en présente dans les appartements d’été d’Anne d’Autriche, récemment rénovés les chefs d’œuvre.
Bustes d’empereurs : de gauche à droite Vespasien, Hadrien Vitellus
La sculpture romaine se distingue par les portraits très réalistes alors que les Grecs idéalisaient les modèles. Nous pouvons donc reconnaître les empereurs comme les simples citoyens.
Euthydème de Bactriane
Euthydème de Bactriane ne semble ni flatté ni idéalisé!
la Fanciulla di Vulci
En, revanche cette jeune fille au visage fin était sans doute aussi belle dans la réalité!
La statuaire romaine utilisait l’art grec en copiant les modèles qui avaient du succès. Avec les mesures de volume les reproductions étaient exactes. On reproduisait sans droits d’auteur les sculptures de Phidias, Lysippe, avec une prédilection pour les satyres et les groupes
Invitation à la danse Satyre et Aphrodite
Les styles du passé Grec étaient sémantisés : le style classique symbolisait l’ordre, la solennité tandis que le style archaïque donnait une idée du sacré. Les statues hellénistiques avaient beaucoup de succès.
la Tazza Albani : vasque présentée dans le jardin
les douze travaux d’Hercule ont beaucoup inspiré les romains. on les retrouve aussi bien sur la frise de la vasque que dans les sarcophages monumentaux
Sarcophage décoré aux travaux d’Herculele Nil
Une section de l’exposition s’attache à la Restauration de l’Antique, restauration romaine, mais aussi restauration tardive à la Renaissance ou au XIXème siècle. Au cours des restaurations les sujets perdent même leur identité, Satyre devient Narcisse, Aphrodite portant un bracelet en forme de serpent est nommée Cléopâtre.
Le Port de Rome
Certains sujets décrivent la réalité comme le Port de Rome près d’Ostie. plus trivial encore cet étal de boucherie où les carcasses sont pendues ou ce paysan qui évide un animal écorché
paysan écorchant une bête
Et bien sûr dans le décor somptueux des appartements ou la cour du Sphynx recouverte par une verrière.
Hiramatsu : l’Etang de Monet derrière un feuillage
Arrivée à Giverny
Parties à 7 heures par beau temps et trafic fluide, nous arrivons à 9h à Giverny après les courses au Carrefour de Bonnières. Avant l’ouverture du Musée des Impressionnistesje dispose d’une heure pour me promener dans les rues fleuries. Septembre, dominante jaune des topinambours fleuris, verges d’or et onagres, contrepoint rouge ou pourpre des dahlias, plumetis des sauges aux petites fleurs rouge et blanches.
la tombe de la famille Monet
Dépassant le Musée puis l’Auberge Baudy pavoisée, je trouve plus loin la Mairie et l’église et tout à côté le cimetière avec la tombe de la famille Monet. La route s’élève ensuite sur les contreforts de la falaise.
Nymphéas sur un fond doré
L’Exposition Hiramatsu Reiji est un véritable choc. Pas de tableaux, des paravents. Pas de style impressionniste. Pas de scènes peintes sur le motif. N i paysage, ni personnages. Pas de perspective. Des couleurs à plat qui claquent. Et pourtant, c’est bien de Giverny et de Nymphéas qu’il s’agit dans cette Symphonie des Nymphéas. Cette exposition est parfaitement à sa place ici.
Hiramatsu Reiji, né en 1941 à Tokyo, peint des Nihonga , peinture traditionnelle japonaise. Ce terme fut inventé en 1880 pour préserver la tradition face à l’engouement pour les peintures occidentales. Parallèlement, en Occident les peintres impressionnistes collectionnent les estampes japonaises et la mode du Japonisme sévit.
De grands paravents sont posés sur des estrades tout autour de la première salle. Immédiatement on reconnait l’étang de Monet.
J’ai été bien inspirée de prendre l’audioguide. Il y a très peu d’explications sur les cartels.
l’étang de Giverny
Les nymphéas sont stylisés, regroupés en petits amas à la surface d’un étang bleu intense où des nuages blancs en V se reflètent, inversion d’un Mont Fuji enneigé ? Autre inversion dans le miroir de l’eau : le reflet des arbres très haut près du bord du paravent. Avec une meilleure observation je reconnais les massifs fleuris. Il me faut encore beaucoup d’attention pour découvrir une libellule. Chaque paravent contient au moins un insecte ou un oiseau représentant le peintre lui-même.
En face, un paravent recouvert d’un papier peint blanc aux vaguelettes en éventail porte en son centre un cercle peint « tondo » représentant l’étang de Monet derrière des feuillages. Au premier plan, les branche de saule vert clair, se détachent sur l’eau presque noire tandis que les nymphéas fleuris sont très gais.
Souvenirs de Normandie!
Dans une pièce annexe, une curiosité touristique : un paravent au fond gris est décoré de pastilles rondes. Chaque pastille est un petit tableau très coloré : une ferme normande, une glycine, un petit paysage de Normandie, des personnages… Cela me fait penser aux cartes postales ou aux magnets souvenirs de voyage qu’on colle sur le frigo. C’est gai, primesautier, pas sérieux.
Bambous et nymphéas
Des bambous géants dessinent un tableau presque abstrait. Sommes-nous en Asie ? non, Monet a planté un rideau de bambous. Bambous verts d’eau, bleus, marrons aux nœuds blancs et aux bourgeons qui pointent. Ils se détachent à la surface de l’eau métallique (on reconnait les carrés de feuilles métalliques que le plasticien a collés). Et bien sûr, des nénuphars en fleur !
Cerisiers et nymphéas
Trois grand panneaux frôlent encore l’abstraction : nymphéas et cerisiers en leurs mêlent Japon et Giverny. Mélange anachronique puisque la floraison des cerisiers a lieu au début du printemps et celle des nénuphars en été. Les pétales délicats forment sur les nymphéas dorés une spirale enchantée. Monet avait collectionné les estampes, avec Hiramatsu, le Japonisme des impressionnistes retourne au Japon !
l’hiver
L’audioguide m’instille des notions de culture japonaise : les Nihongas sont imprégnés de shintoïsme et de bouddhisme qui considèrent les éléments naturels comme des divinités. Le cyscle des saisons a une connotation religieuse<. Après le printemps les érables rouges symbolisent l’automne. Deux panneaux représentent l’hiver avec de grosses boules de neige sur des arbres dénudés aux branches et rameaux d’une grande finesse.
Sur les panneaux suivants, l’artiste s’est attaché à figurer les reflets sur l’eau : papiers métallisés colorés
les nuages se reflètent à la surface de l’eau
Les derniers panneaux montrent les nuages qui se reflètent dans l’eau. Les nymphéas sont noirs, rouge orange avec des fleurs bleues.
C’est une installation d’art contemporainque nous offre l’artiste franco-gabonaise s’inspirant des rituels de deuil des pleureuses punu. Elle met en scène un
« récit de larmes expérimenté lors du décès de mon père à travers les rites d’accompagnement au mort par les pleureuses »
Art total puisque Myriam Minhidou associe la musique à ses sculpture. Comme un long serpent ondulant, une sculpture végétale émet une mélodie vibratoire quand on la caresse. Le visiteur se déplace donc dans une ambiance sonore qu’il crée en intervenant sur la sculpture.
harpes gabonaises
Autre référence musicale : les harpes sacrées conservées dans la tour des instruments du Musée du quai Branly. Elle a transposé la peau de ces harpes en céramique.
argile et sel
Larmes de sel cristallisé et gravées, mémoire des larmes, invitation à la méditation
Depuis sa rétrospective au Musée Zadkine, j’ai cherché une biographie de Chana Orloff . L’horizon pour elle a dénoué sa ceinture de Rebecca Benhamou est une biographie pleine de sensibilité et d’empathie qui replace la sculptrice dans son contexte.
1910, Chana Orloff quitte la Palestine pour Paris, prend son indépendance et étudie le dessin et la sculpture après un passage dans un atelier de couture.
« Paris c’est la liberté, c’est les droits de l’homme et tant d’autres choses[…]A Paris elle sera une femme libre, »
A Montparnasse, elle trouve d’autres artistes juifs, certains parlent hébreu ou yiddisch. Dans la sculpture, elle trouve sa voie comme portraitiste désobéissant à la tradition juive qui interdit de reproduire des images sculptées.
« Observe les visages, Chana. Ne les copie pas, applique-toi plutôt à les lire. Rappelle-toi, panim n’existe
qu’au pluriel. N’est-ce pas lourd de sens ? Sculpte les visages, sculpte les corps, sculpte les vrais gens. Le
reste n’a pas d’importance. » (Soutine)
Panim, (une petite critique pour l’édition numérique qui reproduit les mots en lettres hébraïques mais qui a oublié que l’hébreu s’écrit de droite à gauche, la lecture en est toute bizarre! )
Portraits : (en haut à droite Otto Rank)
Elle fréquente les « Montparnos »: Foujita, Picasso, Kisling, Soutine, Lipschitz, Zadkine, Modigliani et Jeanne Hébuterne. Dès 1912, elle expose deux portraits au Salon d’Automne.
A Necherith
Oui tu es belle
Ni rose ni lys, ni princesse
Artiste
Le grand amour de Chana Orloff, le poète polonais Ary Justman, proche d’Apollinaire, de Cendrars devient son mari et le père de Didi. Il meurt en 1919 de la grippe espagnole, peu de temps après la disparition d’Apollinaire. Décès de Modigliani, suivi par Jeanne Hébuterne.
« Après le temps du deuil celle qu’on surnommait l'(aigle a déployé ses ailes »
Elle devient la portraitiste des élites parisiennes. les plus grands posent pour elle
Durant les années folles, Paris est une fête. Chana fréquente les américaines Natalie Clifford Barney, et les Amazones que l’Exposition Pionnières au Luxembourg a mis en lumière CLIC
Romaine Brooks
Et Chana n’a plus que ce mot en tête : Amazone. Elle fait partie de ce groupe. Amazone, c’est ce qu’elle est
devenue.
C’est le nom d’un groupe de femmes, comme elle, habituées à faire cavalier seul. Des femmes qui vivent
avec des femmes, d’autres qui couchent avec des femmes et des hommes, d’autres encore qui s’habillent
comme des hommes, qui redéfinissent radicalement le sens de la féminité.
Le féminisme de Chana, si tant est qu’il existe, est un féminisme muet, que l’on découvre au fil des
portraits qu’elle réalise : 1920, Natalie Clifford Barney. 1921, Claude Cahun, photographe, écrivain, poète.
1923, Romaine Brooks, artiste peintre. 1931, Eyre de Lanux, artiste, écrivain, designer. 1934, Anaïs Nin,
écrivain. 1939, Germaine Malaterre-Sellier, militante, féministe…
Féministe, mais aussi mère. La maternité inspire de nombreuses œuvres.
C’est pourtant un amour si singulier, rétorque Chana. Plus viscéral, plus animal, plus ancré. Pour une
artiste, c’est le plus transcendant de tous les arts. La maternité, c’est insuffler un peu de magie et de grâce
dans la banalité du monde, c’est la plus noble de toutes les créations, c’est l’art par le corps. Comment être
pleinement artiste sans avoir donné la vie, sans l’avoir sentie dans son ventre, dans ses tripes, au plus
profond de soi ? »
En 1926, Chana et son fils obtiennent la nationalité française et la légion d’honneur. Elle fait construire sa maison-atelier Villa Seurat
« projet, réalisé par les frères Lurçat, avait pour but de créer une colonie d’artistes. Cette vie en collectivité a
trouvé indéniablement un écho chez elle, dont la famille habitait encore dans un kibboutz en Palestine.
Elle s’est retrouvée dans la vision moderne de l’architecte Auguste Perret, précurseur dans l’utilisation de béton armé, et lui a confié la construction de sa maison. »
Au fil des années 30, l’atmosphère s’alourdit, l’antisémitisme gagne. malgré les lettres de sa famille qui l’implore de rentrer à Tel Aviv Chana reste à Montparnasse qu’elle ne quitte en catastrophe pour échapper à la rafle en juillet 42. Exil en Suisse. Dès la Libération, elle revient pour trouver la villa Seurat saccagée, ses sculptures blessées. Puis elle se remet au travail et sculpte un homme dans la glaise. Elle l’appellera le Retour.
Il me reste maintenant à découvrir la Villa Seurat mais il faut s’inscrire longtemps à l’avance.
Ce livre va résonner encore longtemps, la première page s’est ouverte au Kibboutz Be’eri, en 2016. Cela me fait frémir.
Herbin : Route muletière à Céret (mon tableau préféré)
J’ai, à l’occasion, rencontré les tableaux de Herbin dans des visites diverses et chaque fois, je les ai remarqués sans savoir qui était le peintre.
Herbin – Autoportrait fauviste
Le charmant Musée de Montmartre le présente ainsi :
« Auguste Herbin est le secret le mieux gardé de l’aventure de l’art moderne »
Né en 1882 à Quiévy (Cateau-Cambrésy), fit ses études aux Beaux Arts de Lille et se passionne pour la peinture impressionniste.
Paysage nocturne à Lille
S’installe à Paris en 1901, de .
le Fauve (1902-1908)
1909-1927 au Bateau-Lavoir
paysage cubiste près du Cateau Cambrésis
Le fauvisme le mène au cubisme, j’aime beaucoup ces arbres cubistes!
la Famille, femme et enfants
Alors que les Cubistes, Picasso, Braque Gleizes ont tendance à affadir les couleurs, privilégiant les constructions, Herbin affirme la couleur
autoportrait cubiste
la nature morte au chapeau très coloré est une sorte d’autoportrait intime
nature morte au chapeau(1928)
Il séjourne en 1913 à Céret en même temps que Max Jacob, Kisling, Juan Gris et Picasso, il y retournera à plusieurs reprises.
Chemin du Bon ange à Vaison-la-Romaine
Avec un autre paysage méditerranéen je ne sais s’il faut le caractériser de cubiste ou pas.
Composition colorée
les Compositions colorées sont de plus en plus abstraites. Elles débouchent sur des grands tableaux abstraits appelés monumentaux.
Homme et Femme (1944)
Les tableaux suivants sont regroupés sous le titre L’alphabet plastique où couleurs et formes géométriques correspondent à la manière des Correspondances de Baudelaire ou de Voyelles de Rimbaud
Génération 1959
Toute une série colorée très séduisante conclue la rétrospective.
1908 : arrivée de Gibran Khalil Gibran – 1980 reconnaissance de l’immigration arabe dans les musées parisiens. Huit décennies, une très longue période!
Présence arabe : du Maghreb à l’Irak, si on inclue aussi la Turquie, c’est un vaste domaine . Et si on inclue les artistes juifs mais de culture orientale, cela fait encore plus de monde! Si on ajoute les français militant pour l’indépendance de l’Algérie, cela en fait encore d’autres….
les mosquées de Mogador 1965 Ahmed Louardiri
Donc, une exposition au long cours, dans le temps comme dans l’espace, beaucoup d’œuvres et en regard, des photos et des affiches rappelant le contexte, des publications de revues…Très riche, trop riche, je me suis un peu perdue.
Il sera question de décolonisation, loin de l’Orientalisme du XIX ème siècle. pas besoin de faire appel à Edward Saïd que j’attendais un peu pour sa critique de l’Orientalisme. Tout simplement parce que les plasticiens sont orientaux, tandis que les Orientalistes ont un regard occidental sur l’Orient idéalisé ou fantasmé.
1.l’Orientalisme arabe ou l’Orient rêvé par lui-même
En revanche je n’attendais pas Khalil Gibranpeintre. Je connaissais l’écrivain. Il a suivi l’enseignement de l’Académie Julian.
La fiancée du Nil – Mahmoud Mokhtar 1929
Avec Nahda en Egypte on assiste à l’essor d’une pensée libérale. Le sculpteur égyptien Mahmoud Mokhtar conçoit le monument à la Nahda.
maternités arabes 1920 Georges Hanna Sabbagh
L’alexandrin Georges Sabbagh a étudié à l’académie Ranson en 1910. On voit donc la porosité entre les plasticiens orientaux et les nabis et peintres français.
Prière au soleil -1928 – Abdelazziz Gorgi Tunisie
De Tunisie, proviennent des images variées comme cette prière au soleil et la Synagogue de Tunis de Maurice Bismouth (1930)
Les années 30 sont celles des Expositions Coloniale (1931) et Internationale des Arts et techniques (1937). Un mur est dédié à l’exposition coloniale avec les affiches « Ne visitez pas l’Exposition Coloniale », protestation des communistes. On y voit les pavillon de l’Egypte et de la Tunisie
2. Adieu à l’Orientalisme : les avant-gardes attaquent
Femme kabyle combattante Rabah Mellal
Les premières indépendances Liban (1943), Syrie (1946), Egypte (1953) et Irak (1958)
Le groupe surréaliste égyptien expose à Paris ainsi que l’algérienne Baya. Des artistes rejoignent les ateliers de Fernand Léger et de Lhote. je retrouve avec plaisir la Kahena peinte par Atlan figure de la reine rebelle témoignant de l’engagement anticolonial du peintre qui fut un résistant.
Atlan La Kahena (1958)
j’ai aussi retrouvé les dessins de Mireille Miailhe et de Senac. Tour un mur est couvert d’affiches sur la Guerre d’Algérie, le référendum de De Gaulle, une accusation de Massu et de la torture.
les larmes de Francis Hamburger
3. L’art en lutte : de la cause palestinienne à l’Apocalypse arabe
la Famine dans le Tiers monde année 50 El Meki
Un autre mur de photos et d’affiche montre Nasser et la nationalisation du Canal de Suez,et la construction du Barrage d’Assouan ; un autre est consacré à la Palestine. La guerre au Liban n’est pas oubliée avec l’illustration d’Etel Adnan, poétesse et plasticienne : des bandes en accordéon aquarellées sont accompagnées d’une bande-son.
L’arbre amoureux Mahmoud Darwich d’après Mona Saudi (1979)
En février 2017, j’ai eu le plaisir de passer 3 jours à Menton chez des amis à l’occasion de la fête des Citrons. De ce court séjour, très dense, je n’avais pas fait de billet de blog. Notre visite récente à la Maison de Cocteau à Milly-la-Forêt m’a rappelé celle au Musée Cocteau de Menton. J’ai retrouvé les photos et en voici quelques unes !
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Je viens de lire que ce musée de Menton était fermé depuis 2018 . J’ai donc eu de la chance de la visiter!
Les emblèmes de Charles VII : 2 cerfs ailés, bannière de Saint Michel et soleil levant, fleurs : iris, roses
Le règne de Charles VII commence pendant la Guerre de Cent Ans. Jeanne d’Arc conduisit le roi à Reims pour le Sacre en 1429.
1435, le Traité d’Arras signe la réconciliation du Rois de France avec Philippe le Boon duc de Bourgogne
En 1453, fin de la Guerre de Cent ans après la Victoire de Castillon
Dans ce contexte politique et économique chaotique, les Arts se développent plutôt dans les Pays Bas bourguignons où les Flamands innovent avec la peinture à l’huile, et en Italie avec la Renaissance (perspective, retour à l’Antique).
Cette exposition suit celle du Louvre autour de la Vierge du Chancelier Rolin (1435) que j’ai vraiment beaucoup aimée.
Couple sous un dais (laine et soie) Tournai 1455-1460
Les tapisseries sont spectaculaires. ma préférée est celle des emblèmes de Guillaume de Jouvenel des Ursins, avec l’ours, sans surprise, et les acanthes qu’on appelle aussi des ursines.
De nombreux manuscrits enluminés sont présentés : Livres d’Heures, missels, mais aussi de Grandes Chroniques de France (1429) et les merveilleuses enluminures du Maître de Rohan
Le mort devant son juge Le Maître de Rohan
On peut « feuilleter » le manuscrit qui a été scanné : » tourner », les pages sur un écran. 3 gros parchemins reliés proviennent d’Italie, Plutarque, Vie des Hommes Illustre, Cosmographie de Ptolémée et une géographie de Strabon.
Jean Fouquet obtient le titre de « peintre du Roi » sous Louis XI mais il est déjà actif sous Charles VII dont il a peint le portrait. Il a aussi illustré le très gros ouvrage des Chroniques de Franceavec 31 miniatures.
Retable de l’Annonciation de Barthélémy d’Eyck
Le merveilleux Retable de l’Annonciation peint par Barthélémy d’Eyck originaire de Liège mais Peintre du Roi René, a longuement retenu mon attention. la présentation de l’exposition avec des explications des détails permet une lecture symbolique passionnante. Chaque détail même infime a son importance, la chauve souris sous les chapiteaux comme le singe juste touché par les rayons de la lumière céleste.
Pleurants du monument funéraire du duc de Berry
N’oublions pas la sculpture. Coup de cœur pour les pleurants!
Contempler pendant deux heures un tableau (avec quelques autres) et ne pas en être lassée, le quitter à regret. Avoir tant de plaisir à le découvrir que les échanges se sont fait entre inconnus, envie de partager les découvertes, de s’étonner ensemble. Chercher avec les visiteurs le détail qu’on ne trouverait qu’avec de très bons yeux, le découvrir (ou pas) nous n’avons pas trouvé le lapin dans le jardin)…Telle est la grande réussite de cette exposition autour du chef d’œuvre de Van Eyck récemment restauré.
Il faut mériter cette visite après un haut escalier jusqu’ à la Salle de la Chapelle.
Face à l’entrée, en majesté, on remarque d’abord les deux personnages, la Vierge enveloppée d’un riche manteau rouge, Nicolas Rolin, agenouillé revêtu d’un riche manteau brun bordé de fourrure. Contrastant avec le rouge : le bleu du tissu drapant le prie-Dieu, et celui de la robe de l’ange qui tient la couronne. A travers trois arcades, un paysage limité par les Alpes enneigées.
Nicolas Rolin en prière – Rogier Van der Weyden
Un circuit s’impose avant de revenir au tableau. Portraits de Nicolas Rolin, (1396 – 1467),personnage considérable: Chancelier du Duc de Bourgogne, Philippe le bon, que je découvre sur le parchemin. Le Duc est en noir et tout proche Nicolas Rolin. Nicolas Rolin est le fondateur des Hospices de Beaune
Philippe le bon reçoit le livre – Rogier Van der Weyden
Une série de portraits de Van Eyck, Campin, Rogier van der Weyden, montre comment les peintres flamands s’attachaient à représenter les personnages ressemblants.
Jacques Daret : Présentation au Temple
Une autre section montre des éléments d’architecture ; les chapiteaux de pierre de Corbie (Picardie) ou Moissac avec des entrelacs sont des éléments du décor présents dans nombreux tableaux comme la Présentation au temple de Jacques Daret (Daret est l’élève de Campin)
Annonciation Van Eyck (détail inscriptions)
L’Annonciation de Jan Van Eyck m’a beaucoup intriguée. pourquoi l’inscription correspondant aux paroles de l’ange sont-elles lisibles et la réponse de la Vierge a les lettres inversées, retournées. Une dame américaine a trouvé avec son smartphone la réponse sur un site en anglais: les mots de Gabriel, à l’endroit, tandis que la réponse à l’envers sont destinées à Dieu. J’ai apprécié cet échange avec une visiteuse, vrai partage. Ensemble nous observons les 7 lumières de Dieu et le Saint Esprit (colombe) descendant d’un vitrail sur la Vierge.
Annonciation – jan Van Eyck
j’ai mieux vu la colombe et admiré le soin des dessins du pavement.
Une section s’intitule : Deux fonctions pour un objet . De son vivant Nicolas Rolin transportait partout La Vierge, l’envers était peint d’un faux marbre coloré, véritable tableau abstrait. Après sa mort il devait être placé à côté de son tombeau.
Une 4ème section : Rencontre présente la confrontation d’un homme (ou une femme, ou le spectateur du tableau) face au divin. Divers procédés doivent montrer la différence : changement d’échelle ou vue au pieds de la Vierge, le spectateur est imaginé agenouillé. dans la Vierge de Lucques
Jan Van Eyck – Vierge de Lucques
j’ai bien aimé cette Vierge allaitante.
5ème salle Paysage : la paysage de la Vierge du Chancelier Rolin montre une grande ville avec de nombreux clochers, un château sur une île, au milieu d’une campagne prospère . Cette image de la prospérité m’a fait penser au Bon Gouvernement de Sienne. Le fleuve central fait ressentir la profondeur de champ.
6ème salle Jardin et Petits guides dans le tableau de la Vierge de Rolin on voit un jardin suspendu. Le thème du « jardin clos » est une image de la pureté de la Vierge. Dans ce jardin figurent des fleurs et des animaux (lapin, pie, paons) qui ornent aussi les marges des manuscrits de l’époque comme le Codex Cocharelli ou ce petit tableau de la Vierge au Paradis où l’enfant Jésus joue avec un psaltérion présenté par des anges. Les petits guides penchés au dessus des créneaux se retrouvent dans de nombreux tableaux
Campin – Nativité
Il est temps de revenir au tableau de Van Eyck et, de le scruter pour chercher les détails : le jardin suspendu avec les fleurs et les oiseaux (pies), je n’ai pas vu le lapin pourtant cherché avec d’autres visiteurs. Les petits personnages des créneaux (petits guides) nous montrent le paysage. Celui qui porte un turban rouge serait-il Jan Van Eyck lui-même?
Pour une exploration du paysage une animation en macrophotographie nous permet de nous promener dans la ville à la sortie de la messe, sur le pont avec les nombreux personnages, souvent noirs mais égayés de rouge et de bleu (comme les dominantes du tableau). Des taches jaunes marquent la lumière, sur les clochetons, ou même dans les arbres. L’exploration du paysage s’apparente à une méditation. Promenade en suivant les petits personnages qui cheminent ou en admirant l’architecture des nombreuses églises….
Une conférencière cite le site Closer to Van Eyck qui donne des études de détail en macrophotographie d’autres œuvres du peintre.