De Cagliari à Muravera en suivant le littoral

CARNET SARDE

Nous quittons le gîte situé dans un quartier excentré de Cagliari, part une rue déserte et un autopont. Nous sommes sorties de la ville sans la voir. Le GPS nous guide sur des voies rapides jusqu’aux Salines sans pouvoir s’arrêter. Les flamants roses sont bien là.

Les flamants roses dans les salines de Cagliari

A notre droite : la mer et la Plage du Poetto (rien à voir avec la poésie, mais avec un puits Pozzo). Une contre-allée double la voie rapide et permet de rejoindre les parkings. Une grosse piste cycliste et piétonne court le long de la plage et des établissements balnéaires. Une foule marche, court, pédale, tous âges confondus, lycéens en groupe, jeunes adultes en leggings et hauts moulants, retraitées en pantacourts des messieurs aussi. Chacun fait son sport matinal tandis que les restaurants de plage ouvrent et que sur le sable de nombreux parasols sont ouverts. Les établissements balnéaires n’ont pas encore déployé les ombrelloni ou étendu les lettini mais des cordelettes et piquets interdisent le passage sur le sable. Je marche dans l’eau, tiède. Certains se baignent. Personne ne nage. Des femmes marchent ou sautillent. La voiture est garée devant un bâtiment en ciment à étage avec de nombreuses portes : cabines de plage en quantité industrielle rappelant des cellules de prison.

Plage du Poetto

Direction Villasimius sur la route principale à travers Quartu Santa Elena. Les plages se succèdent. Pinèdes et condominiums qui barrent l’accès à la mer. Comme ils sont agaçants ces grillages et ces portails électroniques ! Lot de consolation : les murs de bougainvillées rose fuchsia ou violets, lauriers roses géants.

Is Morturius (quel nom !), un panneau signale un nuraghe. Demi-tour, retour en arrière, nouveau demi-tour. On ne le trouvera jamais.

On tournicote dans les petites rues pour trouver une plage pour me baigner. Je suis saisie par la diversité des sites : criques de sables, entassement des mates de posidonies (non ! ce ne sont pas des saletés mais les feuilles des prairies marines essentielles pour la biodiversité marine), calanques rocheuses minuscules.

Figuiers de barbarie

Avant Villasimius, nous avons quitté la route principale pour une route en corniche qui domine de très haut la mer turquoise. Les figuiers de barbarie sont fleuris, les grosses fleurs jaunes sur le bord des raquettes épineuses. De grosses graminées sèches se balancent. Un maquis touffu garnit la pente et de grosses boules de granite se détachent.  La mince pointe du Capo Carbonara barre le golfe. Les nombreux voiliers ont des voiles sombres. Nous arrivons vers midi à Villasimius nous ne trouvons pas l’Office de Tourisme qui a déménagé, la station balnéaire n’offre que peu de charme, des boutiques pour touristes bordent la rue principale.

La route littorale de Villasimius à Muravera

Pour trouver la route littorale SP 18, nous indiquons Sant Elmo au GPS (si on lui donne Muravera comme destination finale il nous renvoie sur la 4 voies SS125 var qui coupe par l’intérieur avec tunnels et ponts. La SP 18 est à moitié barrée, nous passons quand même. C’est une route spectaculaire jusqu’à Cala Sinzias. Le long de la route de Sant’Elmo à Costa Rei de nombreux lotissements, villages de vacances aux maisons jolies mais toutes pareilles et bien serrées, des campings et résidences se cachent dans la verdure. De curieux rochers granitiques forment des sommets pointus. Des fermes proposent à la vente du fromage et des œufs. A la sortie de Costa Rei, il faut encore ruser pour rester au bord de l’eau et se diriger vers le Capo Ferrato. Nous sommes en avance, nous prenons le temps d’emprunter tous les chemins qui mènent à une plage. Je trouve une merveilleuse plage de sable bien cachée avec une eau délicieusement transparente. Bêtement j’oublie de marquer le nom, nous la rechercherons plus tard et ne la retrouverons plus.

La route littorale se transforme en piste vers Capo Ferrato au pied du cap des marais, étangs et zones humides que nous passons sur de petits ponts étroits. Des vergers d’agrumes sont abrités par le cap. De hautes cannes des roseaux nous font une haute voûte. Nous avons l’impression de nous perdre dans cette luxuriance. Nous retrouvons la route goudronnée SP 125 avant San Priamo dont le clocher dépasse des maisons.

L’île des Âmes- Piergiorgio Pulixi

CARNET SARDE

Au départ pour Cagliari j’ai commencé ce roman policier qui est une excellente introduction à notre voyage. Deux policières sont chargées des « affaires classées », placardisées pour des motifs disciplinaires : Mara Raïs,mauvais caractère dérange par son franc parler, Eva Croce, milanaise, a dérapé lors d’une bavure. Mara fait découvrir à Eva Cagliari et accessoirement la langue sarde, bien différente de l’Italien. 

Je suis la Milanaise dans sa découverte : première surprise : les flamands roses qui sont bien au rendez-vous dans la lagune, puis nous faisons halte à la Plage du Poetto où Mara a donné rendez-vous à Eva. Elles vont rendre visite à Barrali dans sa maison de Quartu Sant’Elena où nous devons passer sur le chemin de Villasimius. C’est très amusant comme un jeu de piste. Au dîner nous cuisinerons les culurgionis raviolis sardes à la pomme de terre  à la menthe fraîche et pecorino sarde.

 Elles vont s’intéresser à une affaire vieille de plusieurs décennies : la première victime est retrouvée en 1975, une seconde dans des conditions similaires en 1986. L’inspecteur Barrali n’a jamais classé son enquête, persuadé que de nouveaux meurtres vont se dérouler. Très malade, il confie le dossier aux deux enquêtrices. En effet, une jeune fille disparaît dans des circonstances analogues. L’enquête prend une autre tournure….De cold case, le meurtre devient d’actualité brûlante mobilisant policiers, juges, journalistes et autorités. 

Comme l’intrigue est compliquée et haletante avec de nombreuses fausses pistes, je ne vais pas spoiler en vous la divulguant!

Vous allez découvrir des traditions anciennes, remontant à la Préhistoire au temps nuragiques (Âge de Bronze), des croyances anciennes qui ont perduré dans les campagnes reculées. La lectrice touriste  jubile de voir s’animer ces sites : nuraghes, montagnes mystérieuses sources magiques, menhirs…Toutes ces traditions ont été étudiées par Baralli qui a fait appel à un anthropologue spécialiste  et j’apprends avec avidité les rites préhistoriques. 

Un livre parfait pour commencer ces vacances en Sardaigne que vous lirez avec plaisir même si vous restez chez vous!

lire aussi la critique d’un blog ami : CLIC

Arrivée à Cagliari dans la nuit- voyage virtuel?

CARNET SARDE 

Le vol Transavia a 30 minutes de retard.  Quand nous découvrons notre belle Lancia Ypsilon grise il fait complètement nuit;

Horreur ! Mon téléphone ne se connecte pas à Internet. Comme rejoindre l’hôtel Home Relax? Toutes les indications ont été envoyées sur WhatsApp. Je n’ai pas l’adresse, ni le code d’accès ni même  le téléphone de notre logeuse. Pas de GPS.  Nuit noire. A la sortie de l’aéroport, direction Cagliari nous fiant aux panneaux. La 4G ne revient toujours pas. On se dirige au hasard vers le Centre-ville : Piazza del Carmine, déserte à 21 heures. J’arrête deux voitures. Dans la première, 4 jeunes à casquette me rient au nez. Dans la seconde, une dame très gentille cherche « Piazza Eraclito » sur GoogleMaps et suggère de photographier l’écran de son téléphone.

Quand je manipule le smartphone un miracle se produit: les données mobiles reviennent.  Le GPS fonctionne. Je téléphone à la propriétaire très étonnée qu’on soit perdues. Enfin, tout s’enchaîne, la cassette des clés, le code de la cassette sur le message WhatsApp, j’ouvre le portail du condominium. Home Relax n’est pas du tout un hôtel mais un studio dans une résidence fermée par un grillage, immeuble de verre et d’acier où d’innombrables serrures protègent le propriétaire frileux. J’ouvre le parking de l’intérieur, puis la porte…Tout va bien sauf qu’on ne trouve pas les interrupteurs et qu’une alarme se déclenche. J’appelle encore la logeuse qui me dit que l’interrupteur de l’alarme se trouve dans la cuisine. La cuisine ? C’est un placard très bien camouflé.

23 heures, extinction des feux. Nous n’avons pas dîné. Cet épisode nous a achevées.

5heures 30, le soleil nous réveille. L’immeuble est au milieu de nulle part. D’autres tours comme la nôtre sont en cours de construction, certaines inachevées rouillent déjà.

Drôle de voyage :   nous n’avons pas rencontré notre hôtesse, tout s’est passé par téléphone : la location par Booking, les contacts sur WhatsApp, une boîte de clés ! Pour finir, je laisse les 2€ de la taxe de séjour, je photographie la table et ma pièce  sur WhatsApp…Sardaigne ou Metavers ?

L’Or Sarde – Giulio Angioni – Métailié

LIRE POUR LA SARDAGNE

Polar sans policier, tout juste un adjudant et un juge d’instruction peu efficaces. Un adolescent disparaît, enlèvement crapuleux? meurtre et viol d’un détraqué sexuel? Le suspect désigné, un musicien homosexuel se suicide en prison. Le Maire de Fraus mène son enquête avec ses adjoints, le secrétaire de mairie et le concierge du collège. Fraus est un village perdu dans l’intérieur, sa mine de talc a fermé, les goélands survolent une décharge, le patron du magasin d’électro-ménager se donne des airs de grandeurs, le neveu de ce dernier  a disparu. Fraus a aussi une inquiétante Maison de l’Ogre et une zone archéologique avec un nuraghe. 

La maison de l’Ogre, figurez-vous donc! Depuis des millénaires, on nous refile du toc, à nous à Fraus : des ogres, des diables, des trésors enterrés, des richesses minérales et maintenant des champignons en galerie. L’endroit a même le physique du rôle, pour ce nom de conte de fées. mais le plus remarquable ce n’est pas ce qu’on voit. Le ventre de l’Ogre a de longues viscères : des boyaux compliqués, dit-on qui arrivent à l’une et à l’autre mer, pour que les possesseurs des lieux puissent s’échapper ou se mettre en sûreté. Et les mystères des entrailles sont toujours gardés par de farouches cerbères. Avec l’or des âges fabuleux, la Mouche bouchère est enterrée dans des tonneaux de fer. La terrible Mouche Bouchère….[…]On prétend aussi à Fraus que sont ensevelis là-dedans  des jardins de corail, fleurs de sang, du sang des innocents offerts au Moloch, impavide et éternel….

Le Maire, le narrateur, est professeur de philosophie, spécialiste de Moore et de l’Utopie. Giulio Angioni, l’auteur, anthropologue, décrit tout un monde dans ce « trou-du-cul-du monde » avec son histoire , ses coutumes, ses croyances, ses animaux – ânes, chiens, abeilles  et même Mouche Bouchère. Il campe des personnages attachants. C’est un roman très riche malgré les 230  pages. Parfois un peu confus, cependant.

Sorcellerie ou mafia?

Jusqu’au bout, le lecteur hésite.

Dans quelques heures Transavia me portera en Sardaigne pour rêver de plus près.

Leçons pour un jeune fauve – Michela Murgia

LIRE POUR L’ITALIE (SARDAIGNE)

Une déception!

La magie d’Accabadora n’a pas opéré. Ni l’humour de La Guerre des Saints. J’avais emprunté Leçons pour un jeune fauve en toute confiance, sans même lire le 4ème de couverture, histoire de faire un petit tour en Sardaigne et de retrouver une auteure que j’avais beaucoup appréciée.

Dix sept « leçons », et un épilogue pour un roman (267pages). En dehors d’être le titre des chapitres à quoi correspondent donc ces « leçons »? Une actrice de 38 ans prend pour « élève » un jeune violoniste de 18. Que va-t-elle donc lui apprendre?  Va-t-elle lui apprendre le savoir-vivre dans le monde du spectacle? Ou le raffinement des tissus et des vêtements bien coupés qu’il convient de porter dans un certain milieu où le paraître est tout un discours? Va-t-elle lui apprendre la séduction et les jeux subtils de l’amour? Ou  l’ambition pour lui, alors que ses parents sont ternes et indifférents à sa carrière. Dans le genre Pygmalion, je reste sur ma faim.

Est-ce un roman d’amour? Si Eleonora n’apporte guère à son « élève », elle parle beaucoup d’elle. Elle petite fille, dans un rapport malsain à ses parents.  Elle et Fabrizio, l’ancien amant, l’ami qui régit les rapports élèves-professeurs. Elle et Chirù, l’élève. Elle et Martin, qu’elle va épouser. Et justement, elle est plutôt antipathique. Actrice renommée, on se demande bien pourquoi. Professeur de rien. Amante distante.

Je suis mauvaise cliente pour les romans d’amour et les relations compliquées ne fatiguent.

 

 

La Lumière parfaite – Marcello Fois

LE MOIS ITALIEN/ IL VIAGGIO

LIRE POUR LA SARDAIGNE

C’est la suite de Nel Tempo di Mezzo que j’avais lu, en Sardaigne,  en Italien. 1943 Vicenzo Chironi rentre à Nuoro, capitale de la Barbagia, au centre de la Sardaigne. La fin de l’histoire est racontée par la fils de Vicenzo, Cristian,jusqu’en 1979  quand débute  la Lumière parfaite et qui aura un fils Luigi Ippolito Giuseppe. La conclusion sera la généalogie des Chironi et j’ai bien l’intention de lire le livre qui me manque dans la trilogie.

Au début de  Nel Tempo di Mezzo, Nuoro était la capitale d’une province encore très rurale, très pauvre dévastée par la guerre, la sécheresse et la malaria. En 1979, la ville se modernise mais subit d’autres malédictions comme celles de la violence et du terrorisme des années de plomb. L’attentat de Bologne (1980) est perçu jusqu’en Sardaigne. Terrorisme politique et banditisme sont bien mêlés… Autre malédiction : la corruption, surtout dans le contexte de la spéculation et de la construction immobilière. La famille Chironi et celle des Guiso qui lui est proche sont en effet enrichis dans les chantiers. Cristian Chironi et son ami Domenico Guiso travaillent sur des chantiers municipaux. Des investissements d’aménagement touristiques sur la côte sont prévus….

Maddalena Pes est promise à Domenico mais elle Cristian, qui sont comme deux frères. Triangle amoureux, tragédie.

Je ne vais pas raconter l’histoire.

Flash backs et rêves, entrecoupent le récit, les retours en arrière vont très loin, à la première guerre mondiale, au premier Luigi Ippolito, l’ancêtre. Les rêves nous emmènent dans une contrée blanche, est-ce le domaine de la mort ? Poésie et chansons se mêlent aussi, mais les citations sont plus difficile à reconnaître. Tous ces ajouts ne facilitent pas la lecture. Pourtant j’ai été emportée par ce livre et j’ai bien envie de lire le premier titre de la saga qui me manque

 

 

 

 

Plus haut que la mer – Francesca Melandri

LE MOIS ITALIEN

sardaigne mp 021 - Copie
L’Asinara

Une belle découverte : écriture limpide. Évocation solaire.

« Car si on veut garder quelqu’un vraiment à l’écart du reste du monde, il n’y a pas de mur plus haut que la mer. »
Le sujet est sombre : la condition carcérale et le terrorisme des années de plomb. Dans cette prison de haute sécurité sont enfermés non seulement des terroristes mais aussi toutes catégories de condamnés violents. le jeune gardien de prison est contaminé par cette violence au point que sa femme ne le reconnait plus.

« Était-il possible que ls visiteurs d’une prison spéciale soient accueillis par la beauté dde la nature? »
Paolo et Luisa viennent visiter la prison, lui son fils, elle, son mari. Loyauté sans concession. Paolo conserve dans son portefeuille le portrait de la fille de la victime assassiné par son fils. Luisa ne regrette pas sa vie conjugale marquée de violence.
Prison sur une île, Alcatraz italien, j’ai reconnu l’Asinara . Parfums de la terre, mer changeante sous les vents violents.

Et en plus, un amour de haute mer éclôt :

« Un amour qui, tel un bateau de haute mer, est seulement entouré d’une étendue infinie de caps possibles que pourtant, on le sait déjà, ni les circonsgtances ni le temps ne permettront d’explorer »
Un livre que j’aurais dû emporter lors de notre voyage en Sardaigne…

logo eimelle, le mois italien

Arzachena : Tempio di Malachittu – plages Canagionne – Le Saline

CARNET SARDE

 

le Temple de Malachittu
le Temple de Malachittu

 

Tempio di Malachittu

Le Temple de Malachittu est situé sur un terrain privé. La visite se fait accompagné deux fois par jours à 9h125 et 17h45 et dure approximativement deux heures

La promenade est très jolie. On suit une allée poudreuse à l’ombre des oliviers menant à un agriturismo ravissant. Après avoir ouvert et refermé deux portillons de bois, on a grimpé dans la colline sur un chemin. Un gros rocher biscornu coiffe son sommet. Le temple se trouve juste derrière. On doit donc le contourner.

le temple se cache derrrière le gros rocher
le temple se cache derrrière le gros rocher

Construit à l’époque nuragique, il se trouvait à proximité d’un village dont on n’a retrouvé qu’une seule cabane circulaire. Ses habitants  occupaient aussi des grottes dans les cavités du rocher de granite évidé. Un nuraghe construit sur le rocher sommital s’est écroulé à la fin de l’âge de Bronze. Il surveillait les terres cultivables aux alentours ; Le contrôle des terres était important dans cette civilisation agricole. Après la chute du nuraghe, le village fut abandonné.

Le petit temple est très bien conservé. Seule la toiture en bois a disparu.  L’atrium est délimité par deux murs bien visibles. L’entrée est surmontée d’un linteau avec une petite fenêtre de décharge. Une petite fenêtre oblique dans l’épais mur permet de contrôle les arrivées par le petit sentier.

Le temple à megaron est rectangulaire. Quelques grosses pierres servaient sans doute e banquette. Le foyer au centre dans un recttangle permettait de cuire les offrandes. L’absence de texte écrits fait qu’on ne sait que fort peu de chose sur le culte.

Le retour est une descente dans les rochers, presque de l’escalade. La vue est magnifique sur les chaos granitiques.

caverne habitée dès l'époque nuragique
caverne habitée dès l’époque nuragique

Le reste de notre dernière journée en Sardaigne est prévue à la plage. Nous avons repéré un restaurant Le Lampara à Canegionne qui sert des pizzas sur la plage sur des tables de plastique sous des parasols. 3€ la demi pizza et des glaces.

La plage est fréquentée par des habitués. Les enfants jouent dans l’eau peu profonde. Je nage encore à côté des bouées dans l’eau profonde tranquille. La baie d’Arzachena est longue et échancrée, donc bien abritée. En revanche l’eau est très fraîche. A plusieurs reprises je dois sortir pour me sécher et me réchauffer.

Le Saline
Le Saline

Fin de l’après midi à la plage delle Saline , longue plage avec un petit marais à l’arrière.

Retour  tôt pour faire les valises. Les consignes de sécurités pour les bagages en cabine et le prix exorbitant de la valise en soute sur Easyjet font de l’opération un casse-tête. On laisse à regrets le beau parasol jaune, cadeau des Tchèques, le pare-soleil en alu bleu qui aurait bien convenu à la 207 bleue ainsi que toute sortes de choses.

 

 

 

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Un après midi à la plage : plages de Pallau et d’Arzachena

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Capo del Orso
Capo del Orso

Vers 15h nous abordons la partie balnéaire de la journée : l’exploration des plages de Palau réputée  pour ses côtes magnifiques en face des îles de la Madeleine. Nous allons rendre visite à l’Ours du Cap de l’Ours, rocher énorme connu depuis l’Antiquité comme amer pour les marins et cité par Ptolémée.

Pour la baignade, premier essai à Cala Capra toute petite crique au pied de l’Ours. Une route très soignée serpente dans une résidence très chic avec des parkings ombragés et numérotés, des massifs de bougainvilliers et des palmiers cachant les villas invisibles. Au bord de l’eau, un gardien de parking très stylé aux allures de majordome ou de réceptionniste de palace, nous fait comprendre très poliment qu’il est impossible de garer la voiture. Calme et volupté sur le bord de la petite plage (bien peuplée) parasols tous pareils et bambins pataugeant dans l’eau limpide.

Porto Mannu : on traverse une nouvelle résidence (un peu moins chic ?) pour aboutir à un vaste parking. Coup de chance : une famille remballe son matériel et libère un emplacement. Une allée conduit à la plage  50m plus loin. La plage est partagée en deux, à droite parasols bleu marines, lits alignés pelouse verte et beaucoup d’enfants, à gauche une plage moins aménagée avec quelques rochers, des tamaris, des parasols multicolores et sièges de plage, aimable désordre. La baie est bien abritée par la Punta Bianca et le Golfo del Saline et en face les îles de la Madeleine. Le vent lève quelques rides à la surface de l’eau, rien de méchant. De très gros yachts sont à proximité. Comme d’habitude, je longe les bouées parallèlement à la plage éprouvant le grand plaisir d’être assez loin de la foule, de nager seule mais dans un espace sécurisé. Je croise deux jeunes sur un matelas pneumatiques et un homme d’un certain âge. C’et tout ! Je regarde le paysage, les rochers de granite sans me lasser. Les jolies villas au toit de tuiles brunes presque plats s’intègrent dans la colline sans que rien ne dépasse si ce n’est la touffe d’un palmier ou la tache violine d’un bougainvillier trop vif. Ces villas, bien construites, pas choquantes, jolies mais bien présentes m’agacent. Quand nous les avons traversées j’ai remarqué les poubelles du tri. Parce qu’on trie beaucoup en Sardaigne. C’est même une véritable obsession. Partout sont alignés les containers en plastique multicolore, jaune papier, vert le verre, bleu les plastiques, grise alu, brune….Il faut un mode d’emploi que personne ne nous a donné. Ploucs, nous ne savons que faire des reliefs du pique-nique ni des pelures d’oranges du petit dèj. Il faudrait les sacs spéciaux  biodégradables pour « umido », les ordures organiques. Nous utilisons les sacs des légumes des supermarchés. Nous avons tout faux ! Tandis qu’ici chez les riches, on trie au risque de voir les poubelles dépasser. On brûle du carburant dans les Porsche Cayenne ou les grosses Mercedes, mais on trie ! On a la clim, mais on trie ! On bétonne écolo. Je ressasse ces pensées en nageant.

 

Nous cherchons d’autres plages. Plusieurs criques minuscules sur le bord du Golfo del le Saline. Des voitures stationnent sur les deux côtés de la petite route. Chaque fois qu’il est possible de descendre , une famille a planté son parasol, un pêcheur ses cannes. Le vent souffle. Il fait un peu frais après mes exploits de tout à l’heure.

On arrive à Cannegione qui dépend d’Arzachena : longue plage plate, restaurants lettini, vraiment beaucoup de monde. Peut être simplement parce que c’est dimanche 17h. Peut être lundi ce sera désert. Retour par la montagne parsemée de rochers granitiques, parcours très pittoresque sous la belle lumière de la fin de la journée.

les sites archéologiques autour d’Arzachena

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Tombe de géant
Tombe de géant: exedra

 

Sept sites archéologiques aux environs d’Arzachena : trois Tombes de Géants, deux nuraghes, une nécropole très ancienne et un petit temple nuragique.

Nous n’avons jamais vu de Tombe de Géants nous commencerons par la Tombe de Géants Tomba Coddu Ecchiu. On y parvient par la route de Sant’Antonio.

maquette de tombe de Géant (musée de Sassari)
maquette de tombe de Géant (musée de Sassari)

 Coddu Ecchiu ou cuddu vecchiu veut dire vieille colline. La tradition populaire attribuait à ces monuments la croyance qu’un géant était enterré dans ce grand monument. C’est une tombe collective et il n’y avait pas de géants chez les sardes.

La construction se fit en deux phases :

1)      Une allée couverte 1800-1600avJC, sorte de dolmen dont le couloir serait abrité par des dalles

2)      A l’âge nuragique, après 1600, il subit des transformations : la construction de murs périphériques puis de l’exedra formé d’une haute stèle centrale et de pierres orthostatiques de tailles décroissantes vers l’extérieur.

3)      Enfin, il faut couvert d’un tumulus de pierre et de terre.

La forme est symbolique, rappelant  la tête et les cornes d’un taureau, divinité masculine de force et de virilité tandis que la Déesse-Mère symbolisait la fertilité. La stèle centrale (4mx1.9m) est orientée Est/ouest. L’Est face au lever du soleil représente la vie tandis que le coucher du soleil à l’Ouest, la mort. L’exedra serait le passage entre la vie et l’au-delà.

Dans cette tombe granitique, les ossements n’ont pas été conservés du fait de l’’acidité du sol. L’étude d’autres tombes de géants montre qu’il s’’agissait de tombes collectives pour tout le village. On ensevelissait els morts en soulevant les dalles du couloir puis on les repoussait vers le fond sans faire de distinctions de rang social.

Devant l’exedra, des rites funéraires des déroulaient. Il n’existe pas de textes nuragiques mais la tradition orale a rapporté que les Sardes dormaient plusieurs jours devant la tombe espérant obtenir des réponses de l’au-delà au cours de transes. Ils déposaient aussi des offrandes. On a retrouvé des céramiques.

Le tumulus a été retiré parce que les découvreurs n’avaient pas compris qu’il faisait aussi partie du monument.

Tombe de Géant vue de profil
Tombe de Géant vue de profil

Tournant autour, nous découvrons le couloir (10mx1m)  séparé par une petite entrée, le dromos où peut être, étaient déposées les offrandes. La guide explique dans un français très correct, quelquefois  hésitant. En sortant elle nous offre des mûres. Nous lui demandons conseil pour la plage. Comme c’est dimanche, nou redoutons la foule. Elle craint plutôt le vent »le Mistral comme chez vous, mais il y a aussi le Grec, le sirocco… »

Village nuraghe la Prisgionia

La Prisgiona : nuraghe
La Prisgiona : nuraghe

Le nuraghe La Prigionia se trouve tout près. Notre guide parle très bien français, son enthousiasme est communicatif. La visite passionnante.

Le Nuraghe est une tour qui ressemble à un château-fort sans qu’on ait retrouvé de preuve de guerre. D’ailleurs, l’intérieur est beaucoup trop petit pour servir de refuge aux villageois. Le nuraghe serait plutôt un palais c’est la résidence du chef de tribu. Un chef non pas un roi, insiste-t-il. La vie communautaire serait le mode d’organisation sociale nuragique : tombes collectives à l’extérieur du village, vie communautaire dans le nuraghe ainsi que le témoigne une salle de réunion de 12 (16 selon un papier) pouvaient s’asseoir sur la banquette circulaire. Autour du nuraghe on a retrouvé une centaine de structures : habitations comme structures commerciales. On a mis à jour le marché au pied du nuraghe avec le four pour cuire le pain, des ruelles. Le puits de 8m de profondeur contient une source encore aujourd’hui. On y a trouvé des récipients originaux. Pour quel usage ? quel rituel ? L’eau était vénérée par les nuraghis, ainsi que la Déesse-mère et le système matriarcal.

la Prisgiona : marché
la Prisgiona : marché

Le guide nous fait entrer dans le nuraghe. Il nous montre son architecture : s’appuyant sur des rochers, puis avec des gros blocs pour former des murs cyclopéens enfin avec des moellons de plus en plus petits. Des connaissances en architecture permettaient à ces constructeurs de tenir compte des problèmes de décharge : au dessus du linteau, une fenêtre de décharge allège la structure, de même à l’intérieur, les couloirs et des niches évident le nuraghe.  Autour de la salle centrale il y a trois chambres : dans l’une d’elles on a retrouvé les anneaux pour tisser le lin (on a trouvé des évidences de ce végétal), une autre sans doute la chambre froide contenait des céramiques avec des os d’animaux.

bateau nuraghe

Pour mieux nous faire connaitre les nuraghis, le guide montre les photos de  bronzetti. Le chef est identifié avec son bâton, le prêtre , la prêtresse, les guerriers…puis des bateaux sardes retrouvés dans toute la Méditerranée jusqu’à Chypre. Une inscription en

 

« sémite de l’ouest » atteste du nom de « Sarde »

–          « en phénicien ? » je demande.

–          – « non en sémite de l’ouest « corrige-t-il

sémite de l'ouest
sémite de l’ouest

Je reconnais les lettres hébraïques déformées mais tout à fait identifiables le chin, le resh et le dalet qui forment les lettres de Sarde, se lisant de droite à gauche comme il se doit.

 

 

 

 

« La guerre est arrivée avec les Carthaginois ! » affirme le guide. Dans la rivalité entre Rome et Carthage, la Sardaigne occupait une position stratégique.

Autre mystère : »pourquoi si peu de sites romains en Sardaigne ? » Demande-t-il.

Après ces considérations historiques, le guide revient aux fouilles qui se déroulent en ce moment. On voit des pierres en surface depuis longtemps patnées et celles qu’on vient de dégager et de remettre en place. Les fouilles n’ont débuté qu’en 1994. Ls méthodes les plus modernes ont pu être mises en œuvre. Tandis que des archéologues anciens auraient pu détruire des indices pendant la fouille. La reconstruction (il y a une grue sur le site) est assistée par ordinateur. Il est désormais plus facile de scanner d’identifier et de répertorier chaque fragment plutôt que de le dessiner comme autrefois. Le site a encore beaucoup à dévoiler.

Necropoli Li Muri

sardaigne 323 - Copie

Selon le papier prêté :

« Site Néolithique moyen (4000 av JC) un des sites les plus anciens de la Sardaigne. Composé de 4 tombes circulaires appartenant à la « culture des cercles ». On trouve des sites analogues en corse et dans les Pyrénées. Les tombes portaient chacune un menhir. C’étaient des tombes individuelles. Le mobilier éttait composé de lames de silex, d’une coupe de stéatite et d’une boîte d’offrrande contenant de l’ocre rouge rappelant la couleur du sang ».

Je n’ai pas voulu attendre ¾ d’heures la visite guidée. Même avec le papier explicatif, les anciennes pierres parlent peu. Il aurait fallu un archéologue fervent pour leur communiquer un peu de vie.

Tomba Li Loghi 

sardaigne 320 - Copie

 

Cette tombe de Géants ressemble beaucoup à celle de Coddu Ecchiu. J’ai réclamé une viiste guidée avant l’heure (12h) car j’ai peur qu’on n’arrive pas à temps au Supermarché qui ferme le dimanche après midi.

Le guide donne des explications analogues à celles de ce matin. Chaque fois, je pioche un nouveau détail ajoutant des pièces à mon puzzle nuragique.

La stèle centrale joue donc le rôle de porte de l’au-delà. La petite ouverture était consacrée aux offrandes. Plus de précision quant aux cérémonies devant l’exèdre : l’incubation : les fidèles dormaient pour entrer au contact avec les défunts, autre coutume :en  brisant  de la céramique ils pensaient attirer la bonne chance comme le font encore actuellement les Grecs qui cassent de la vaisselle ou dans les mariages juifs.

Selon ce guide, la longueur de l’allée couverte dépendait de l’importance du village voisin, un village et un nuraghe devaient se situer dans les environs.

Après les explications concernant le site, nous continuons à bavarder et à comparer ce site aux autres que j’ai visité ailleurs en Sardaigne. Lui aussi a été impressionné par les géants de Cabras expressifs avec leurs yeux ronds, tellement différents des bronzetti. Comme je fais une comparaison entre les déesses-mères exposées à Sassari et les idoles cycladique il note deux références sur mon cahier Leonardo Melis et Gigi Sanna.

Quelques longueurs dans la piscine du Citty hotel .