Celle qui fuit et celle qui reste – Elena Ferrante

APRES L’AMIE PRODIGIEUSE ET LE NOUVEAU NOM….

elena-ferrante-3

J’ai attendu de long mois la parution en français du 3ème tome de la saga d’Elena Ferrante, je me suis attachée à ces deux amies. J’étais impatiente de savoir quelles sortes de femmes elles allaient devenir en mûrissant.

Le récit se déroule entre 1968 et 1976. Elena vient d’écrire un roman qui a été salué par la critique, elle est fiancée à Pietro, fils d’intellectuels milanais en vue, qui vient d’être nommé à Florence. Elena qui a étudié à Pise et qui s’installe avec son mari, est donc celle qui fuit. Lila a quitté son mari elle est ouvrière dans une usine de salaison, elle est celle qui reste. Doit-on fuir Naples et son quartier pauvre pour réussir? Les deux amies séparées resteront-elles dans leur relation fusionnelle comme dans les deux premiers tomes de la saga?

Elena participe aux débats des étudiants en 1968 et après. Sa belle-soeur Mariarosa  l’introduit dans le mouvement féministe qui se constitue. Le féminisme et les dérives des gauchistes sont au coeur du roman. Pendant que les étudiants parlent, les ouvriers agissent. Lila monte un syndicat dans l’usine de charcuterie. Le patron fait appel aux fascistes pour faire le coup de poing. La violence est extrême dans le Quartier tenu par la Camorra depuis des décennies, la famille Solara tient commerçants et chômeurs dans son influence. Les amis de Lina et d’Elena se radicalisent.

A côté du contexte politique très bien expliqué, nous assistons tout au cours du livre à la transformation par le mariage de l’écrivaine politisée courtisée par les journalistes en femme au foyer aliénée, mère de famille frustrée incapable de donner une suite à son roman à succès. Pietro, le gentil professeur d’Université est parfaitement ennuyeux et égoïste dans son ménage.

Bien sûr, il faut qu’il se passe quelque chose…..mais je ne vous le raconterai pas. Lisez le livre!

l’été du commissaire Ricciardi – Maurizio de Giovanni

POLAR NAPOLITAIN

lete-du-commissaire-ricciardi

Août 1931, il n’a pas plu depuis deux mois sur Naples, la chaleur est suffocante. La Duchesse de Camparino est retrouvée assassinée chez elle. L’enquête est délicate. Nous sommes dans le beau monde. Les deux ducs de Camparino pourraient être suspects : la duchesse trompait le vieux duc, le jeune duc la déteste. La victime a été trouvée dans ses appartements, la chaîne fermant le palazzo, intacte. Le suspect désigné est l’amant, un journaliste connu : une violente dispute a eu lieu la veille au vu et au su de tous.

Le commissaire Ricciardi, taciturne et intègre,  a une faculté curieuse, il entend les dernières paroles des défunts. Et dans ce cas précis, la victime réclame ses bagues.

L’action traîne un peu, les indices ne sont pas toujours crédibles mais la promenade dans Naples est parfaite des boutiques de la Via Toledo au Gambrinus où le commissaire a ses habitudes, : café et sfogliatella. Cuisine napolitaine appétissante, non pas de pizze, mais des ragoûts odorants qui mettent à la torture le brigadier Maione au régime, des anchois frits….

1931, les squadriste fascistes font régner leur ordre et menacent Ricciardi qui ne se laisse pas intimider. « Guignols, brutes, fanatiques »…

Il est aussi beaucoup question d’amour, de passion, de jalousie….

C’est le deuxième livre de la série et je compte bien lire le Printemps et l’Hiver quand je passerai devant à la médiathèque.

 

Le Bâtard de Palerme – Luigi Natoli

LIRE POUR LA SICILE

 Palerme :Quattro Canti
Palerme :Quattro Canti

Jubilatoire! 

Un très gros roman de cape et d’épée se déroulant surtout à Palerme, mais aussi dans la campagne sicilienne, justement sur les lieux où nous avons passé les vacances de Pâques 2016!

luigi-natoli

 

 

 

Palerme, en fête, regarde partir les Espagnols en 1698 et accueille le nouveau roi de Sicile, savoyard. La ville est parée de tribunes, d’arcs de triomphe, des tapisseries pendent du palais royal, le spectacle est solennel. On savait festoyer en ce temps-là!

20160422_153008-copie-2

Juillet 1718, une armada espagnole est de retour. Le roi savoyard a déçu la noblesse sicilienne qui regrette le temps où les Espagnols « dont l’oeuvre en Sicile se résumait à une formule simple : « faire de l’argent, enrichir le clergé et la noblesse, pendre le plus de monde possible et ne se préoccuper de rien d’autre… » 

Blasco de Castiglione monté sur une sorte de rossinante arrive dépenaillé, provoque en duel le prince d’Iraci,  corrige les valets des grandes familles. Il vient à Palerme rechercher un religieux qui connaît le secret de ses origines….

Batailles, duels, fêtes,  secrets de famille. Mais aussi intrigues amoureuses, rapt d’une religieuse, scandales et sérénades tournant au charivari nocturne. Intervention d’une société secrète les Beati Paoli. On ne s’ennuie pas un instant dans ce très gros livre qui me fait penser aux Trois Mousquetaires que j’ai dévoré il y a bien longtemps.

J’ai adoré cette lecture et n’attendrai pas longtemps pour lire la suite : il reste encore deux gros volumes!

Le Jour de mon abandon – Elena Ferrante

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

le-jour-de-mon-abandon

J’ai été scotchée par l’Amie Prodigieuse et sa suite Le Nouveau nom et j’attends la suite! Quand Eimelle a proposé le 25 Octobre comme jour dédié à Elena Ferrante j’ai téléchargé derechef Le Jour de mon abandon sans trop me préoccuper de cet abandon et du contenu mortifère possible. J’ai fait confiance au talent de l’auteur qui m’avait enchantée précédemment. Et puis, j’ai laissé filer le 25 Octobre, entre deux voyages, la Masse Critique, on oublie parfois les engagements aux Challenges….

Donc, le 25, j’ai démarré Le Jour de mon abandon en toute urgence et en toute confiance! Et je l’ai fini le 27 avec soulagement. Non que mon retard m’ait empêché de dormir, mais plutôt parce que cette lecture est une épreuve. Il relate la rupture du mariage d’Olga 38 ans,  et de Mario qui lui a annoncé sans aucun préambule qu’il la quittait.

Olga est d’abord incrédule, elle cherche les raison de cet abandon. Puis, comprenant que la situation est irrémédiable, elle sombre dans un naufrage pénible à suivre.

Elena Ferrante ne nous épargne aucun détail de la vie quotidienne d’Olga, ni la promenade du chien, qui était l’apanage du mari, ni la lessive qu’elle trie, les enfants à l’école….tout ce qui fait la vie d’une ménagère de bientôt 40 ans, qui a oublié ses rêves d’écriture, qui a laissé tombé un travail  dans une maison d’édition plutôt gratifiant, qui était soucieuse de son élégance pour plaire à Mario et qui se retrouve flouée de tout.

Olga n’est guère sympathique, je n’arrive pas à m’identifier à elle, ses réactions m’agacent.  Comme toujours, l’écriture d’Elena Ferrante déborde, l’analyse fouille dans la psychologie et dissèque les moindres réactions du personnage. Autant Lila et Elena sont pleines de vie, des battantes, complexes,étonnantes autant Olga est passive devant son destin de femme-mariée-mère-de-famille-abandonnée-par-un mari-atteint-du-démon-de midi.

Le talent de l’auteur n’est pas en défaut. Si le jour de son abandon est finalement assez terne, c’est plus tard que la tragédie va s’amplifier. Pendant un jour, un véritable enfer

Après cette légère déception, j’attends toujours avec impatience le tome3 de la série de l’amie Prodigieuse!

le passé est une terre étrangère – Gianrico Carofiglio

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

le passe est une terre etrangere.indd

Le mois Italien est l’occasion d’un voyage en Italie. Ici, nous partons pour Bari , une ville que je connais mal, contournée à l’occasion de vacances dans les Pouilles, traversée à deux reprises avant d’embarquer pour le Ferry vers la Grèce.

Ce n’est pas tant la ville que je vais explorer que les milieux très exotiques des tables de poker, poker snob chez les riches, poker miteux des salles clandestines. Fièvre des jeux, addiction et triche. Quand le jeu ne suffira plus pour déclencher l’adrénaline, le héros basculera dans des contrées encore plus interlopes.

Polar? oui, il y a une enquête : on cherche le violeur en série qui sévit dans la ville.

Comment les deux histoires, celle de l’étudiant qui se laisse entraîner par un ami manipulateur (à tous les sens du terme, puisqu’il est un peu prestidigitateur) et celle de l’enquête, comment vont elles converger. Il faudra attendre les dernières pages pour le savoir – même si on s’en doute un peu.

Polar très noir, sordide, même. Mais c’est la loi du genre. Chapitres courts, personnages attachants, ce livre se lit bien, même si il est loin d’être inoubliable.J’avais préféré de loin la Raison du doute du même auteur.

 

 

Candido – Sciascia

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

Sciascia raconte la Sicile de 1943 aux années 70. Il s’inspire du Candide, recherche l’esprit de Voltaire. Il avoue dans une note :

« cette alacrité, cette légèreté, impossible de les retrouver : moi-même qui crois n’avoir jamais ennuyé mes lecteurs…Sinon du résultat, que l’on veuille bien tenir compte du propos : j’ai cherché à être vif, à être léger. mais notre temps est pesant, très pesant. »

Candido , dépourvu de parents, et de tout préjugé, cherche des réponses simples, des évidences dans un monde compliqué. Né à la fin du fascisme dans les bombardements américains il évolue dans une Sicile partagée entre la Démocratie Chrétienne et le Parti Communiste. Son grand père, général fasciste, choisit la Démocratie chrétienne et le confie à un précepteur l’archiprêtre Lepanto – son Panglosse, prêtre fasciné par la psychanalyse tout d’abord qui se défroquera et deviendra communiste. Le Parti, comme une Eglise!

Candido a la chance d’être un élève brillant et d’avoir des terres qui lui procurent le bien être matériel. Il a aussi la chance d’être aimé de Paola (sa Cunégonde?) et tout devrait bien marcher dans le meilleur des mondes possibles….mais il n’en est pas ainsi. Le Parti n’aime pas les esprits trop libres, et finira par l’exclure. Sa famille cherchera, et réussira à mettre la main sur les terres…

Mais dans le meilleur des mondes possibles, il partira en voyage et finira ses errances à Paris, la patrie de Voltaire et celle de Mai 68!

Privé de Titre – Andrea Camilleri

CARNET SICILIEN

privé de titre

Camilleri est le père de Montalbano, commissaire favori des nombreuses lectrices (et lecteurs) du Viaggio d’Eimelle .

Auteur prolixe (une centaine d’ oeuvres,  quand même!), il est aussi conteur de l’histoire de la  Sicile . La Couleur du soleil, met en scène le Caravage en Sicile. . La Révolution de la Lune raconte un inter-règne après le décès inopiné du Vice-roi espagnol(1670), un peu plus tard Le Roi Zozimo, le règne d’un sicilien…. Mon  » premier lu, il reste mon préféré. L’Opéra de Vigata  (1870), la Concession du Téléphone , la secte des Anges (1901), se déroulent dans une Sicile où fait irruption la modernité.

Privé de Titre se réfère à la période de l’arrivée au pouvoir de Mussolini. Camilleri s’est inspiré de deux épisodes réels : la mort d’un jeune fasciste dans une rixe qui opposait des fascistes et un maçon communiste et la visite du Duce à Caltagirone quelques années plus tard qui fut à la « fondation » d’une ville fantôme Mussolinia.

Comme dans la Concession du téléphone , Camilleri fait alterner de nombreux dialogues, souvent en dialecte traduits de manière pittoresque par Quadruppani, les pièces officielles des procès verbaux de l’enquête, il ajoute ici des articles de différents journaux siciliens fascistes ou non et fait même une reconstitution cinématographique précise de la scène du crime.

palermeropra degli pupi

« R – Comme je suis borgnicieux, j’étais à la traîne et les deux particuliers allaient m’agrapper quand je me suis souvenu des marionnettes. 

Q – Expliquez vous.

R – C’est pas l’embarras. Vous avez vu au théâtre de marionnettes, dans la légende de Roland, une scène où un preux fait semblant de s’ensauver poursuivi par un Maure, puis tout à trac il s’arrête, se retourne et escoffie d’un coup d’épée le Maure qui n’en peut mais. Eh bien j’ai fait pareil. Ils me sont tombés dessus; je me suis arrêté, et hop, je me suis retourné…. »

 

Cette variété des styles est un plaisir renouvelé. Surtout quand il décrit des scènes de foules complètement cocasses. On rit beaucoup à la lecture de ce roman.

« Citoyens!

Par ce tract nécessairement

anonyme nous voulons vous poser une question.

Un fasciste tué par un autre peut-il être appelé « martyr » Ou bien est-ce

une simple victime privée de titre et donc inexistante

comme martyr? Pensez-y »

Roman policier ou politique? Les deux, bien sûr. Même si la scène du crime a été analysée en détail, même si le meurtrier a avoué l’homicide, il restera jusqu’au bout des zones d’ombres et des doutes savamment distillés. Vrai ou faux témoins? On ne saura jamais  vraiment qui ment. Des pièces à convictions disparaissent du greffe. De nouveaux éléments arrivent théâtralement au tribunal, à point avant la plaidoirie de la défense…

Mussolinia

Ce qui m’a le plus amusée, c’est la comédie de la visite de Mussolini à Caltagirone, posant la première pierre d’une ville fantôme. C’est grandiose!

« quelques jours avant Noël 1930, les habitants de Caltagirone, ébaffés, apprirent par un livre publié aux éditions Sonzogno que la forêt de Santo-Pietro abritait une ville dont ils ignoraient tout. Les chasseurs comme les ramasseurs de champignons qui connaissaient la forêt comme leur poche jurèrent que cette ville n’existait pas.

Mussolonia 2

[…]Non seulement Caltagirone a sa ville satellite, sa ville-jardin, mais maintenant elle a même les pieds dans la mer…. »

Le nouveau nom – Elena Ferrante

IL VIAGGIO D’EIMELLE

le nouveau nom

J’ai beaucoup aimé l’Amie Prodigieuse et j’ai immédiatement téléchargé le Nouveau Nom qui lui fait suite dans la saga d’Elena Ferrante. Comme je me méfie des lectures à la file d’un même auteur qui parfois provoque une lassitude, j’ai attendu quelques mois avant de continuer le feuilleton. Si l’effet de surprise ne joue pas dans ce deuxième tome, je n’en ai pas été déçue pour autant. J’ai lu quelque part (blog ou babélio?) que cette série était addictive, tout à fait un peu comme pour certaines, les séries télévisées, avec les personnages récurrents, les histoires d’amour qui s’emmêlent. C’est beaucoup plus! 

Lila(Lina) et Lenù (Elena) ont seize ans au début du Nouveau nom. Lila est Madame Caracci, avec son identité de femme mariée, mal mariée : dès le jour de son mariage elle a pris un dégoût irrémédiable pour Stefano. Elena, brillante élève au lycée mais  aussi gagner sa vie….Les amies s’entraident, partent en vacances à Ischia où elles découvrent le désir, et l’amour, pour le même garçon. Leur amitié sans faille survivra-t-elle?

Je n’aime pas les billets qui résument un roman. J’en resterai là. Le Nouveau nom n’est pas qu’un roman d’amour et d’amitié. Ce n’est pas seulement le quotidien d’un quartier pauvre de Naples. C’est beaucoup plus. C’est un roman féministe qui montre la condition des femmes dans les années 60 à Naples, femmes battues, humiliée, éreintées par les grossesses et les travaux ménagers

« Ce jour-là, en revanche, je vis très clairement les mères de famille du vieux quartier. Elles étaient nerveuses et résignées Elles se taisaient, lèvres serrées et dos courbé ou bien hurlaient de terribles insultes à leurs enfants qui les tourmentaient. « 

Le combat d’Elena pour sortir de la pauvreté par l’éducation, ses efforts acharnés pour briller dans ses études. Etre diplômée ne suffit pas pour sortir d’un milieu modeste.

« je faisais partie de ceux qui bûchaient jour et nuit, obtenaient d’excellents résultats, étaient même traités avec sympathie et estime, mais qui ne porteraient jamais inscrits sur eux toute la valeur, tout le prestige de nos études; j’aurais toujours peur : peur de dire ce qu’il ne fallait pas, d’employer un ton exagéré, d’être habillée de manière inadéquate, de révéler des sentiments mesquins et de ne pas avoir d’idées intéressantes ».

Le contexte des idées politiques, le roman  traverse les années 60 et les débats idéologiques. J’aurais peut être aimé en savoir plus sur 68. mais peut être, en Italie, cette année-là a eu moins de retentissement qu’en France..

Et maintenant, j’attends la suite!

 

Le silence pour preuve – Gianrico Carofiglio

LIRE POUR L’ITALIE

trulli à Alberobello
trulli à Alberobello

Après avoir terminé Les Raisons du Doute avec grand plaisir, j’ai retrouvé Guido Guerrieri, l’avocat de Bari, dans une nouvelle enquête. Thriller très, très soft. L’enquête est loin d’être trépidante. Partie de presque rien. La disparition d’une étudiante, a déjà été classée par la police qui n’a rien trouvé. Les parents ne peuvent se résoudre à accepter cette disparition. Ils  chargent Guido Guerrieri d’étudier le dossier, espérant trouver une faille dans les recherches policières.

Un week-end  festif dans les trulli et la piste s’arrête à la gare d’Ostuni… Trois jeunes filles, deux amies et celles qui l’a accompagnée à la gare. Bien peu d’indices!

Nous suivons l’avocat dans les prétoires, plaidant d’autres affaires, dans son nouveau bureau avec ses collaborateurs, chez lui boxant son sac, à vélo dans la ville, en promenade dans ses lieux familiers….C’est un agréable compagnon qui aime les livres, le cinéma, qui est capable de réciter de mémoire les dialogues des films qu’il a aimés ou les images frappantes de ces films. Contemplatif, il laisse surgir des images de son passé. On en apprend davantage sur Guido  que sur  Manuela  qui, finalement ne nous intéresse pas tant que cela.

L’enquête se poursuit. Mais il vous faudra lire le livre pour connaître le dénouement.

 

la concession du téléphone – Camilleri

LIRE POUR LA SICILE

 

camilleri la concession du téléphone

Je suis toujours étonnée de la variété des sujets et des styles des œuvres de Camilleri. En plus de la série policière qui met en scène le commissaire Montalbano, il a écrit des romans historiques : le Roi Zozimo, la Révolution de la Lune, la Secte des Ange, romans baroques, bouffonneries qui m’ont fait mourir de rire, une biographie du Caravage….toutes les époques, mais toujours en Sicile.

1891, Filippo Genuardi fait la demande de concession du téléphone. C’est déjà le premier propriétaire en Sicile d’un quadricycle à moteur. Le livre commence par un échange de courriers entre Genuardi et les autorités. Étrange roman  qui alterne courriers -« choses écrites » et « choses dites » : dialogues.

Cette demande d’installation du téléphone parait suspecte à tous, aux autorités qui traquent les agitateurs politiques, à son beau-père qui finance l’entreprise de son gendre, les mafieux tirent les ficelles  des autorisations des propriétaires qui doivent donner leur accord pour la pose de poteaux sur leur terrain….

S’il s’agissait seulement de la concession du téléphone, ce serait déjà bien embrouillé. D’autres intérêts entrent en compte. Un ami de Filippo Genuardi n’a pas acquitté ses dettes de jeu…Et Pippo est un chaud lapin, ses histoires  compliquent ses relations avec le curé et les bien pensants….

Camilleri dresse un tableau drolatique et amer de sa Sicile . J’ai plus souri que ri. Il réserve de belles surprises et rebondissements. Même si j’ai eu du mal à identifier tous les personnages au début, je me suis bien amusée.