Naples : promenade de la gare au Port, Piazza del Carmine

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Bric à brac piazza del mercato

Le Vésuve apparait  à chaque carrefour dès que la vue est dégagée. Naples, c’est aussi la mer. Nous descendons le Corso Garibaldi en direction du port. Entre les bâtiments se déplace la cheminée bleue d’un bateau derrière une route très large, in-traversable. Une grille enferme le port avec ses silos, ses docks qui cachent la mer. Inaccessible !

Nous marchons à l’aveuglette, sans carte ni guide, arrivons à la Piazza del Carmine. L’église, toute noire ne nous attire pas. Nous sortons l’appareil photo du fond du sac Piazza del Mercato. La lumière du soir met en valeur les couleurs vives d’un bric à brac incroyable. Des centaines de chaises de jardin ou de camping, des transats rayés, des parasols sont installés au milieu de la place, accompagnés d’échelles et d’escabeau en aluminium qui brille au soleil, plus loin, des tricycles, petits vélos et motos miniatures tous peints aux couleurs enfantines acidulées, rose bonbon, vert fluo, jaune criard. J’essaie la photo, le cadrage n’est pas facile. Tout cet étalage masque l’architecture de la place décrite dans le Guide Gallimard « en 1781 Securo réorganise cet espace irrégulier selon une scénographie rappelant l’architecture du théâtre….. »Sans la lecture du guide, de retour à l’hôtel, je n’aurais jamais imaginé que cette foire à la vie de plein air aurait pu cacher une merveille de scénographie !

Morale de l’histoire : ne jamais partir sans guide !

Tout autour de la place on vend des feux d’artifice. Là aussi, Gallimard propose son anecdote : l’embrasement de l’église Santa Maria del Carmine chaque 16 Juillet. Si nous avions porté le livre nous aurions aussi su que cette place avait été le lieu de la révolte de Masaniello et le lieu des exécutions capitales.

Scènes de rue

petite rue

Au hasard des petites rues qui tournent le dos au port. Les boutiques ferment. Peu de circulation automobile. Le quartier semble calme. En revanche les vespas occupent le pavé. Les conducteurs des bolides, sans casque,   ont l’âge du collège. On essaie de téléphoner :la conversation tourne court : en plus des pétarades des engins, une alarme s’est déclenchée dans une voiture, on entend la sirène de la police. Impossible de s’entendre : on enverra des SMS !

Au dessus de l’épicerie, un seau en plastique bleu descend au bout d’une corde, une femme y place de la marchandise.

Les immeubles aux façades lépreuses sont parfois envahis de végétation. Un clocheton attire mon attention, ou un arbuste perché sur une coupole. Si j’espérais retrouver la noble distinction des ruines de Palerme, j’aurais été déçue. Ici, la pauvreté n’est ni distinguée ni pittoresque.

Le Corso Umberto 1er est une artère animée bordée de jolies boutiques. Ce sont les Diner d’ une escalope panée  achetée dans une Tavola Calda et une salade au Mc Do et une grande bouteille d’eau chez les chinois.

Naples : notre appartement, l’Artecard, marché, centre historique

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Nous rejoignons notre appartement en  métro, station Cavour

9h10, j’ai acheté la Campania Artecard à la gare .

Les métros sont peu fréquents et ressemblent plutôt à des trains de banlieue. A la station Cavour, la correspondance entre les deux lignes est assurée par un tapis roulant, un ascenseur nous hisse en surface.

10heures:  La propriétaire nous attend au pied de l’immeuble. Elle nous montre tous les secrets de la maison y compris le robinet d’arrivée d’eau en cas de fuite,l’arrivée du gaz, les piles d’allumage du chauffe-eau…les balais.

Une fois tout bien expliqué, elle prépare du café, nous bavardons autour de la table. Avant de se quitter, elle me fait faire le tour du quartier et me présente à l’épicier, à la pizzeria et nous fixe rendez vous pour mardi soir. C’est vraiment agréable d’être si bien accueillies !

Au marché

La propriétaire nous a prévenues : pas de sac à main, pas d’appareil photo. On s’attend à un coupe-gorge ou à une foule dense. Le marché est tranquille, pas de queue, nous sommes les seules clientes chez le poissonnier et aux fruits et légumes. Pou 8 € nous rentrons chargées d’oranges, de tomates, courgettes, concombres, nèfles et un melon. La vie n’est pas chère au marché !

Centre historique, place Bellini, conservatoire de Musique


Du Musée,  une rue tranquille bordée d’un grand bâtiment de pierre jaunes aux belles arcades : les Beaux Arts.

Pîazza Bellini

La place Bellini nous offre notre première halte devant un palais baroque le palazzo Firrao orné des bustes des souverains espagnols, d’un couvent rouge qui ressemble à un palais précédé d’un escalier monumental : le couvent Sant’ Antoniello a Pontalba. Au milieu de la place : la statue de Bellini. On s’assied sur le socle à l’ombre du musicien pour consulter nos guides. La place est très verte, très ombragée avec ses palmiers et des petits arbres exotiques. Des cafés ont installé leurs terrasses sous de beaux parasols blancs. Du Conservatoire, tout proche, s’échappe du jazz.  Derrière la statue nous découvrons les vestiges d’une muraille grecque.

De cette place nous avons le choix des itinéraires, selon  les propositions de nos livres, ou en suivant les plaques de Napoli Musée de Plein Air dans les petites rues du centre Historique.

conservatoire dans le cloître le buste de Beethoven

Le Conservatoire de Musique est ouvert. Nous entrons sous les arcades entourant deux cours plantées d’arbres très hauts, ressemblant à des cloîtres baroques. Eclairage au gaz. Beethoven se reflète dans une grande vitre. L’autre cloître est décoré de bustes, on reconnaît Verdi parmi les autres musiciens.

Via dei Tribunali

Nous suivons le Decumanus maximus, artère antique, maintenant  Via dei Tribunali. Tout se mêle : les églises gothiques angevines noyées sous le baroque, le joli campanile roman de brique qui intègre de belles colonnes antiques de marbre blanc. Sur l’emplacement de l‘ancienne agora ou du forum romain, des arcades abritent des boutiques. Certaines vendent des fruits et légumes, d’autres des pizzas et arancini, d’autres, enfin, des cornes rouge porte-bonheur, des santons et des masques…

Les églises sont fermées. C’est un peu frustrant. Du dehors, aucune ne nous parait vraiment belle. Les ajouts baroques, les peintures grises ou blanches alourdissent les édifices. Seul le petit campanile de brique tire son épingle du jeu. Santa Maria delle Anime del Purgatorio est décorée de crânes et de tibias, c’est original

Naples souterraine

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Pour déjeuner, une pizza et moi, une livre d’abricots que nous avons à peine le temps d’avaler : la visite de Naples Souterraine commence à 14heures.
Je ne sais pourquoi cette visite est celle que j’ai le plus désirée. Le guide est français, nous sommes trois, un français, sa copine napolitaine et moi,  descendons par un bel escalier aux marches basses, presque une rampe, et arrivons dans les carrières de tufo, roche très cohérente. Les salles sont très hautes avec des piliers naturels en pyramides inversées.

Naples est creuse, comme Paris, d’ailleurs, Les Grecs, les premiers, ont utilisé cette roche légère et très résistante à la compression, facile à tailler. Seul défaut, elle est poreuse. C’est une roche volcanique, grise assez claire, comparable à la pierre de Volvic. Après les Grecs, les Romains tirèrent parti du réseau des carrières pour faire passer l’aqueduc apportant à la ville l’eau venant des pentes du Vésuve ou plutôt de la Somma où se trouvent les sources. Cet aqueduc était encore fonctionnel au 19ème siècle.

L’épidémie de choléra des années 1880 causa sa fermeture. Les Napolitains utilisèrent cet espace comme décharge. Les souterrains furent à nouveau mis en service comme abris antiaériens pendant la 2ème Guerre Mondiale. Il suffit alors de concasser les débris, de rajouter de la terre et de tasser les gravats qui remplissaient 5m d’épaisseur. On chaula les parois  pour désinfecter et on installa l’électricité. On combla aussi les puits en coulant du ciment et on maçonna des escaliers d’accès.
Nous marchons sur ce sol de 1942. Plus loin, sur la muraille réapparaissent les traces de l’enduit romain qui imperméabilisait la roche poreuse : mélange de poudre de roche, d’huile végétale, de ciment à la teinte rouge  Au dessus une sorte de trottoir pour le passage des puisatiers. Dans les étroites galeries, des trous dans la paroi pour les pieds des puisatiers de part et d’autre du couloir. Ils devaient être petits : le plafond est bas. Ils devaient également être agiles pour remonter par les puits en mettant les pieds dans des encoches. Le puisatier a inspiré un personnage de légende napolitain : le « petit moine » qui s’introduisait dans les maisons soit pour voler soit pour faire des cadeaux ou encore pour séduire les femmes.
Il fait frais, très calme et humide. Un aqueduc virtuel a été reconstitué : une salle a été remise en eau. Pour y accéder, on se munit d’un bougeoir et on passe par un très étroit boyau. Le puisatier aurait utilisé les encoches, nous marchons sur un sol égal. Nous découvrons une eau verte. D’un puits, descend une jarre de terracotta. D’autres amphores complètent le décor. Je suis émerveillée. Bien sûr, rien de comparable avec les citernes d’Istanbul avec leur forêt de colonnes. Le contraste entre la ville bruyante écrasée de chaleur et la paix et la fraîcheur qui règnent ici est le même.

Théâtre romain

Un théâtre romain a été découvert depuis peu dans les caves des maisons du quartier derrière la place San Gaetano sous l’énorme église qui elle-même utilisait les colonnes du temple des Dioscures. On  ouvre une porte d’un logement en rez de chaussée encore habité il y a quelques années. Les habitants sont partis mais ont laissé leurs meubles : un buffet, une vieille télé des années 60 avec son écran bombé sous sa vitre, des lits au cadre de bois sculpté. On tire un lit, monte le bois de la trappe et on découvre l’escalier qui menait à la cave en maçonnerie romain. C’est un des couloirs qui menait à la scène. Jérémie, le guide nous montre l’appareil romain : le premier système antisismique : la fine brique romaine forme une sorte de cadre. Les vides sont remplis de ce qui ressemble à des pavés carrés. Ce ne sont pas des cubes mais des cônes pointus. La différence des matériaux, les ruptures absorbait les ondes sismiques. En effet, malgré les importants séismes, rien n’a bougé. On ne voit pas une fissure. Au dessus de ces galeries romaines tout un quartier vit, ignorant qu’il se trouve « dans le théâtre ». Celui-ci est quand même visible de l’extérieur. Les rues sont traversées de hauts contreforts de briques qui arrivent au 3ème étage ce qui donne une idée de l’ampleur de cet édifice.

San Lorenzo

La visite terminée, je visite l’église San Lorenzo : énorme façade baroque peinte en jaune ornée de personnages géants. Les chapelles abritent des trésors. Mais je suis un peu distraite.
Je rentre par des ruelles qui paraissent moyenâgeuses ; sans doute, le plan des rues est encore plus antique. Malgré l’étroitesse des ruelles, il est relativement facile d’avancer droit. Je débouche Place Cavour en un petit quart d’heure.

Nous avions prévu une courte visite au Musée Archéologique tout proche. Je pensais y avoir un accès permanent avec l’Artecard. Cette dernière ne donne visite qu’à une seule visite gratuite qu’on nous déconseille. Les collections les plus intéressantes sont fermées. Nous reviendrons un autre jour !
La belle Galerie Principe vitrée nous attire. Elle paraît abandonnée aujourd’hui, des bureaux vides le week end. Nous nous retrouvons à l’arrière du bâtiment des Beaux Arts dans une rue piétonnière qui conduit à la place Dante, une des places monumentales de Naples. .Sur la place : une structure gonflable, une sono, une animation bruyante. Des enfants dansent sur une musique stridente, guidés par une animatrice hurlante. Nous fuyons sans un seul regard pour les bâtiments pompeux.
Nous retrouvons les rues parcourues ce matin. Mais, tout est fermé : les belles librairies ont fermé les volets. Seuls restent ouverts les commerces d’alimentation. Il n’y a personne dans les rues. Nous nous asseyons à l’arrière de la nef de Santa Chiara ; un mariage se déroule. Il est trop tard pour visiter le cloître. Nous terminons la promenade au hasard. J’arrive dans le quartier du Port et retrouve la circulation, la vie moderne, les soldes sur le Corso Umberto 1er bordant les quartiers antiques. Je longe les grands bâtiments de l’université retrouve San Gaetano par les ruelles. Les santons et les crèches sont  rangés.

Herculanum

herculanum vu d'en haut
CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Circumvesuviana vers Herculanum.

Parties tôt pour être les premières sur le site et profiter de la fraîcheur du matin. Le ticket journalier de Campanie valable sur le métro et la Circumvésuviana ne débute qu’à 10 h . Nous voici encore dans l’illégalité ! La Circumvésuviana ressemble à la la Cumana : train de banlieue recouvert de tags et de graphs traversant des cités et des zones industrielles Je met  suis trompée de station, nous sommes descendues trop tôt .

Grêve !

9 heures, nous arrivons aux grilles du site archéologique :  fermées. Un écriteau manuscrit annonce que le personnel est en assemblée générale – en grève- et que le site n’ouvrira qu’à 10h30.Que faire ?

villas vésuviennes

Corso Résina la route principale, à la recherche des villas vésuviennes, palais du 18ème. La route est en effet bordée de bâtiments imposants souvent ruinés. Malheureusement les abords ne sont plus les vergers paradisiaques ou les vignes donnant sur la mer. La mer paraît bien loin derrière les terrains vagues, les usines, les HLM à moitié délabrés.
La villa Compolieto est bien entretenue dans un beau parc. L’employé est désolé de pas nous laisser entrer : c’est trop tôt ! le public n’est attendu qu’à partir de 10h30. il sort de sa guérite et nous montre la bâtisse imposante de la Villa Favorita.
Un homme nous propose de visiter une taillerie de coraux. On craint un piège à touristes.
Nous nous installons à la terrasse d’un café en face de la grille du site. Et s’ils décident la grève ? Et s’il y avait la grève dans tout Naples ? Finalement  nous entrons à l’heure dite.

Herculanum, enfin !

Decumanus

 

 

 

 


L’entrée du site est située au dessus du niveau de la ville antique. J’essaie d’imaginer l’énorme coulée de lave et le travail des archéologues qui ont dégagé les ruines.
L’allée en surplomb  permet de découvrir les rues et les maisons vues du-dessus. Seul un quartier a été dégagé avec deux decumani et trois cardo en tout sept insulae, ce qui est  beaucoup moins qu’à Pompéi. Un énorme pin et des cyprès dépassent. Des jardins antiques ont été reconstitués.
Nous entrons dans Herculanum par un cardo qui passe entre un joli verger entouré de rigoles. Du bois de poirier carbonisé a été retrouvé mais on a replanté des cognassiers touffus portant de beaux fruits. En face : la maison d’Argus et celle d’Aristide avec des jardins ornés de colonnades.
Nous visitons consciencieusement chaque maison, cherchant le moindre motif peint, la moindre mosaïque. En comparant avec les merveilles du Musée de Naples, on ne peut être que déçu de la qualité des œuvres. Et pourtant comme elle est émouvante la petite perdrix qui mange des cerises ! Nous découvrons l’intimité des maisons où il reste parfois des meubles carbonisés. Nous avons l’habitude d’imaginer le plan des maisons à partir des murettes de 50 cm de haut. Ici on voit des immeubles de trois étages ! Des poutres de bois, des toits, des étagères…

Les thermes sont prêts à accueillir les baigneurs. Le plafond en stuc est cannelé pour la condensation de la vapeur d’eau. Les étagères pour les vêtements sont encore en place. Les bassins de marbre aussi ainsi que les tables pour les massages ressemblent aux thermes de Budapest ou à un hammam.
L’effort d’imagination nécessaire dans les autres sites archéologiques, est ici très réduit. Il suffit d’ajouter des personnages en toge ou en tunique et  quelques meubles.
Les amphores de la boutique sont encore couchées sur des étagères à encoches. Les

thermopolium

comptoirs de marbre du thermopolium font penser aux fast food.

 

 

 

 

 

 

Dans les jardins, la mode est aux nymphées : petites fontaines décorées de mosaïques.
La Maison aux Cerfs est ma préférée. Son jardin situé sur une terrasse jouit d’une belle vue sur la mer ;  il est décoré de petites sculptures : les cerfs qui ont donné leur nom à la maison, assaillis par une meute de chiens, un trépied, des personnages. Tout autour court une galerie intérieure encore revêtue de peinture rouge avec de charmants tableaux : des natures mortes. Sur le fronton, une belle mosaïque bleue. La mer était  toute proche, c’était la plus belle et la plus luxueuse des villégiatures.

Herculanum raconte la vie quotidienne, mais donne peu d’éléments sur la vie publique ou religieuse. Encore une fois je mesure les limites de ma mémoire . Notre visite à Pompéi date de 1997, de sérieuses révisions s’imposent bout de dix ans.

Déjeuner acheté à une tavola calda : beignet à la ricotta et boulettes de chair à saucisse aux aubergines et tomates- cerises.

pour la carte : clic

Naples : Chartreuse San Martino, Château Sant Elmo

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

les transports: notre R1 (éré uno) et le Vi uno.

 

L’église est une merveille baroque. Justement, hier, j’avais écrit toutes mes réticences vis-à-vis du baroque napolitain. A Palerme, grâce au livre de D Fernandez j’avais apprécié les putti de Serpotta et le charme des églises baroques. L’église de la Chartreuse est un écrin de marbres précieux découpés savamment en motifs d’acanthes et de volutes.

 

Dans chacune de ses chapelles, trois tableaux des peintres napolitains du 17ème (Stanzione, Caracciolo…)  tous très sombres, dans les teintes marron, brunes, grises ou noires. Seul le manteau bleu de la Vierge et un manteau rouge ressortent. Les fresques, décorant le plafond ont des couleurs fraîches. D. enrichit sa collection de lutrins.

marqueterie stalles de la salle capitulaire

Dans le chœur, la salle Capitulaire, les stalles de bois sont de toute beauté. C’est dans la sacristie que le travail du bois est le plus extraordinaire : des marqueteries décorent les armoires : très beaux panneaux représentant des villes, des paysages ou des scènes bibliques.

l'arche de Noé

Musée : très jolie collection de santons et de crèches. La crèche n‘est qu’un prétexte. Il faut chercher l’enfant Jésus, l’âne le bœuf dans une foule de personnages variés : rois mages, bergers mais aussi villageois sur le pas de leur porte, boutique du charcutier ou de la marchande de légumes, une truie et ses porcelets se promènent…Les personnages sont souvent hauts d’une trentaine de cm vêtus avec un luxe de détails :bijoux, pipe, ceintures, armes…On peut imaginer dans les moindres détails la table et le quotidien napolitain au 18ème siècle

tavola Strozzi

Une collection de tableaux raconte l’histoire de la ville de Naples. Le plus connu est sans doute la Tavola Strozzi (1465) montrant l’arrivée de la flotte aragonaise dans le port avec le Château de l’œuf, les églises de la ville, les tours, le phare à l’entrée du port.

Masianello

Dans une autre salle : la révolte de Masaniello, dans une autre la Peste de 1656, l’éruption du Vésuve.

 

 

 

 

 

Le cloître de la Chartreuse a de vastes dimensions, il est très clair entouré d’une colonnade blanche. Le très beau jardin en terrasses a une vue sur Mergellina et MarechiaroSur la terrasse inférieure est plantée une tonnelle de vigne. Peut être les chartreux faisaient du vin comme les clarisses de Santa Chiara.

Château Sant Elmo

Le Château Sant Elmo couronne la colline. Comme le Castel dell Ovo, il est construit en tufo jaune clair et sa base est creusée dans la roche. Les Anjou le fortifièrent puis les aragonais.

la Place d'Armes du Chateau sant Elmo

Un ascenseur nous conduit à la Place d’Armes sur le toit du fort. Elle est très vaste, encombrée de petits bâtiments  militaires – un air de parenté avec celle de la Havane, peut être un air espagnol. Un podium et des chaises ont été installés pour un spectacle. Nous étudions le panorama. J’aime beaucoup ce regard synthétique sur une ville que nous venons de visiter. Nous cherchons les monuments refaisons les promenades et les itinéraires trouvons l’articulation des rues. Si nous voyagions avec un guide on pourrait commencer la découverte d’une ville par un tel panorama. Comme nous voyageons seules, c’est plutôt une conclusion.

Une rampe pour les chevaux nous redescend au rez de chaussée.

 

Je visite l’exposition Escher dans les vastes salles aveugles du premier niveau .Je ne connaissais que les œuvres les plus fantastiques d’Escher : les métamorphoses ; le mouvement perpétuel de l’eau. Je ne savais pas que le Hollandais avait vécu longtemps en Italie. Une bonne partie de l’exposition est composée de gravures représentant des villes ou des paysages d’Italie ou de Corse.

Nous rentrons en métro avec la ligne 1 jaune beaucoup plus luxueuse que la 2 bleue : les escaliers roulants montent et descendent, sur le quai un circuit intérieur vidéo diffuse des petites annonces, l’horoscope, des nouvelles pour nous faire patienter entre les rames annoncées par des panneaux électriques.

Naples : château angevin

Château Angevin

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

R1 pour le Château Angevin : le Castel Nuovo ou il Maschio Angioino.

Avec ses grosses tours rondes noires et crénelées, il me rappelle justement le château d’Angers.

Construit de 1279 à 1282, il a été reconstruit par les Aragonais au 14ème siècle. L’entrée est plaquée d’un merveilleux portail blanc,  avec un bas-relief Renaissance : Arc de Triomphe d’Alphonse le Magnanime commémorant sa victoire sur les Anjou.

La porte de bronze rappelle aussi les guerres entre Ferrante d’Aragon et les Anjou : un boulet de canon est encastré,  ce n’est pas un souvenir de guerre plutôt des piraterie.
Comme au château saint Elmo, nous prenons l’ascenseur et arrivons dans les salles du Musée. Les tableaux racontent l’histoire de Naples comme ceux que nous avons vu à la Chartreuse.

La lumière est magnifique, l’air transparent sur la terrasse face au port. Le Vésuve est net surmonté de jolis petits nuages ronds. Sorrente est à portée de main, Capri se détache. Je dessine la Vésuve au premier plan un énorme bateau de croisière danois. Les ferries et les hydroglisseurs vont et viennent en allers et retours pressés. J’ai à peine commencé la silhouette d’un bateau que, déjà, il déverse sa cargaison de voitures qui reviennent des îles. A la jumelle, je cherche Marina Grande de Sorrente ou nous avions séjourné il y a maintenant neuf ans.

18h30, le gardien nous chasse.

Une glace, Galerie Umberto 1er

Galerie Umberto 1er

La Galerie Umberto 1er est une énorme verrière à quatre ailes convergeant sous  une coupole. La décoration est surchargée de stucs et de dorures. Les boutiques et les cafés ont  encore une décoration Belle Epoque. Je ne résiste pas au plaisir de goûter une glace (cassate, moins bonne que la dernière fois).

Le San Carlo est caché par des échafaudages et des bâches. La via Toledo est pleine de monde. Les badauds s’attardent devant les soldes des boutiques élégantes. Fuyant la foule, nous passons par la belle place du Plébiscite éclairée par les derniers rayons du soleil. Un orchestre répète Porgy and Bess dans la cour du Palais Royal. Il semble que tout Naples est animée de spectacles sous les étoiles

Naples – Musée archéologique

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Manger à Pompéi !

Une exposition  est consacrée aux aliments et à l’alimentation à Pompéi. Un triclinium est meublé d’épais coussins recouvrant les banquettes mais pas de table. Les murs sont peints de rouge avec de petits paysages à la place des fenêtres. Des panneaux très modernes expliquent comment on apprêtait les repas, les herbes le garum, les différents poissons…

On a aussi reconstitué une échoppe à bière ou à vin. La décoration murale est à motifs animaliers. Même les graffitis sont présents. Dans une vitrine : les restes carbonisés de figues, olives, noix, grenades, siliques de caroubes et les pains ronds aplatis partagés par les encoches radiales. Les panneaux montrent la boulangerie et même le portrait du boulanger.

La vaisselle des Romains

Les salles suivantes nous projettent encore plus dans la vie quotidienne des Romains : salles de l’argenterie et des bronzes où l’on voit la vaisselle des Romains.

Les vitrines anciennes sont des merveilles du genre : leurs pieds sont de petits personnages encapuchonnés, atlantes d’une vaisselle magnifique. Luxe des poignées ciselées ou embouties, des motifs, des sculptures. On voit surtout des brocs, des cratères ou des pots, pas d’assiette ni de couverts. Les moules en forme de lièvre ou de porcelets pour les pâtés sont très sophistiqués : la cheminée pour évacuer la vapeur se trouve à la place de la queue du lapin. La verrerie est extrêmement variée : belles carafes et carreaux de vitres pour les fenêtres en passant par des chef d’œuvres comme le vase bleu ornée de camées ou la coupe en cristal parfaitement transparent gravée de motifs dionysiaques. Cet étalage de luxe cadre bien avec les villas de Baia ou de Pompéi.
Cabinet secret

A 9h45 précises, nous nous présentons au Cabinet Secret. La censure qui pèse sur les objets érotiques leur donne encore plus de valeur. Cette censure des Bourbons était politique Les Romains, depuis la Renaissance et peut être même avant, étaient des modèles pour la monarchie. On les imaginait courageux et virils. On les découvre très portés sur le sexe et la luxure, un très mauvais exemple pour les Espagnols très-catholiques. De plus, tous les visiteurs de toute l’Europe seraient capables de ternir la réputation de Naples en propageant ces images choquantes. Mieux valait les enfermer dans un Cabinet Secret.
Évidemment, pour nous, peu d’image sont choquantes : les personnages de Satires ou de l’Hermaphrodite sont connus, anciens souvenirs du Satiricon de Fellini qu’il faudrait revoir . Différents objets en forme de phallus, lampes à phallus, clochettes, jouets érotiques… rien de très surprenant.

les musiciens ambulants

Mosaïques

Les mosaïques sont d’une finesse incroyable. Elles surpassent par leurs coloris, leurs détails, tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Et pourtant, nous en avons vues : à Istanbul, à Paphos, ou à Piazza Armerina .Mise à part la très belle bataille d’Alexandre les sujets sont plus intimistes, de très petits tableaux montrent des artistes, la sorcière…les portraits sont saisissants ainsi que les animaux.

Le Temple d’Isis, décor de la Flûte enchantée

Quatre grandes salles sont consacrées au temple d’Isis de Pompéi et à son portique peint de rouge avec une frise noire. Ce tout petit temple a fasciné le public lors de sa découverte en 1770.Elle serait à l’origine de l’Egyptomanie et aurait inspiré Mozart pour sa Flûte enchantée. Les décors de l’opéra, à sa création, auraient été les copies du temple d’Isis. Une maquette récente a été réalisée par informatique d’après les photos. Tout autour de la pièce, les gravures du 19ème siècle. Les panneaux rouges du portique sont décorés de petits rectangles représentant soit des paysages d’Égypte soit une naumachie- galères sur le Nil- censée rappeler la légende d’Isis et d’Osiris. Je ne reconnais pas trop Égypte.  Un ibis ou le crâne rasé d’un prêtre font couleur locale.

Des bronzes retrouvés dans une seule villa occupent deux grandes salles.
Archéologie de Naples

Le temple des Dioscures, remplacés par la grande église San Paolo place San Gaetano puis le forum situé dans le cloître de San  Lorenzo… Je suis contente d’identifier les lieux après notre promenade de samedi.

Romains!

Collection Farnèse

Principalement des marbres. Dans un grand hall au rez de chaussée tous les empereurs, ou presque, sont alignés : Caracalla, Marc-Aurèle (très beau) Domitien coiffé d’une couronne, Vespasien et sa sale gueule, César. Néron et Hadrien, eux,  sont absents. Les Romains ont désormais un visage !
Encore des chefs d’œuvres ! Le grand taureau Farnèse, le plus grand bloc de marbre sculpté dans l’Antiquité, l’Artémis d’Ephèse

Naples : promenade au bord de la mer et château de l’Oeuf

chateau de l'Oeuf

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Promenade le long de la mer

15h30 métro jusqu’à Mergellina. Nous avons prévu de longer la mer jusqu’à la Villa Communale – jardin où hommes en livrée etva nus pieds  n’étaient  pas  admis-
La mer est bordée d’énormes immeubles le plus souvent peints en marron ou ocre et ornés de colonnes, cannelures, stucs, caryatides…

Sur une digue artificielle construite en roches claires, les baigneurs s’installent comme ils peuvent. Les jeunes plongent de n’importe quelle jetée et même des ferries qui partent pour les îles. Les adultes ont apporté des sièges en plastique, des parasols…Il fait chaud mais pas assez pour que je regrette de ne pas les imiter. Deux toutes petites plages de sable sont aménagées avec des dizaines de barques. J’en profite pour me tremper les pieds.
Le club de Tennis de Naples est magnifiquement installé face à la mer.
La Villa communale nous déçoit un peu et nous ne traversons même pas la rue.

Le Château de l’Oeuf Castel dell Ovo– est impressionnant.

D’après son nom, j’avais imaginé quelque chose de plus petit, sans doute pensant à un œuf ! C’est une forteresse très haute aux murs lisses n’ayant que peu d’ouvertures en tufo de Mégaride très clair, jaune.

Il est construit sur un îlot relié à Naples par une digue encadrée de tours crénelées. Tout autour,  des cafés et des restaurants, maisons anciennes à un étage, charmantes .

vue sur le Vésuve

La vue sur le Vésuve, du haut de Castel dell Ovo est somptueuse. Le Vésuve qui semble à portée de main. Je distingue les coulées les plus récentes qui semblent menacer les habitations en dessous. La densité de l’urbanisation juste sous le volcan est impressionnante.

Plus près de nous, les grues du port, bleues et oranges se détachent. Un énorme paquebot de croisière masque la ville.
Via Parthénope
Pour rentrer chez nous, c’est compliqué. Aucun autobus direct ne relie le Musée. Après des hésitations nous empruntons la Via Parthénope(quel beau nom !) bordée d’hôtels de luxe. Je m’offre une délicieuse glace aux fruits confits que je mange dans un jardin public

Naple : Place du Plébiscite

place du Plébiscite

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

La Place du Plébiscite est  éclairée par la belle lumière du coucher du soleil. Les imposants bâtiments rouges portent les statues des rois de Naples : Charles III, Murat…

Au fond de la place, au milieu de la colonnade en arc de cercle une énorme coupole. On pense au Vatican, il ne manque que les statues sur le toit (et encore ! il en reste quelques unes !)
Une foule dense remplit une rue piétonnière avec de très jolies boutiques, pour la passeggiatta ou pour les soldes.

Retour par le C25 et le métro Amadeo.

Naples, le mercredi : musées fermés!

palais bourbon

CARNET NAPOLITAIN/ 8 JOURS EN JUILLET 2005

Expédition à Capodimonte pour rien !

Transport :Nous avons pris la Metropolitana et le funiculaire, aujourd’hui nous essayons les autobus : le 178 nous conduit directement du musée à Capodimonte

Le Palais royal, le palais de Capodimonte est construit de monumentaux bâtiments rouges en cadrées de pilastres et de tour de fenêtres gris. Le château de Capodimonte, voulu par Charles de bourbon en 1738  ne fut terminé qu’un siècle plus tard. Massif et imposant, il est admirablement situé sur une colline dans un très beau parc. Les palmiers aux fûts interminables ou regroupés en bouquets donnent une note de fantaisie et d’élégance.
Comme nous sommes en avance, je fais le tour du château, découvre une terrasse dominant toute la ville et le port : au premier plan, l’imposante coupole de San Gennaro

Nous descendons par des jardins plantés autour d’escaliers monumentaux. Les grosses boules des agapanthes bleues donnent de la couleur.

Les horaires de la visite des Catacombes de San Gennaro ont aussi changé. Il faudrait attendre trois quarts d’heure ! en attendant nous donnons un coup d’œil à l’église, énorme basilique du 19ème siècle sans intérêt, pompeuse pâtisserie consternante.

San Martino

castel sant'Elmo, fort de Robert d'Anjou (XIVème) renforcé par pedro de Toledo

Nous changeons nos plans : direction le Vomero pour la Chartreuse San Martino par le pullman R1 par des rues qui tournent très encombrées. Le château Saint Elmo paraît à portée de main, justement, le bus s’engage dans la direction opposée ! Le trajet paraît complètement illogique. C’est sans tenir compte de la topographie : le Vomero est perché sur une colline aux flancs raides interdisant toute ligne droite.

chartreuse S Martino

Près de la place de la Médaille d’Or nous changeons pour un microbus qui tortille, avançant au pas, nous avons le temps de regarder les soldes dans les boutiques de luxe.
Enfin sur la placette de la chartreuse San Martino ! Les gardiens se tiennent sur le pas de la porte mais c’est fermé le mercredi. Là on enrage ! Tout est fermé le mercredi alors que sur la brochure… Le gardien subit notre ire avec patience et gentillesse.