Vu il y a bien longtemps,! Mes souvenirs s’estompent et j’ai eu envie de le revoir! J’avais complètement oublié le début dans l’Italie mussolinienne, oubliés aussi les bombardements.
En revanche les deux traversées de Rome, en moto et en voiture sur un périphérique saturé, embouteillé avec un tournage sous la pluie, sont une référence. Nanni Moretti y fait un clin d’oeil.
Mes deux séquences préférées que j’attendais avec impatience, sont visibles sur Youtube. Je peux donc les intégrer ici de manière à les voir et les revoir…
les fresques découvertes lors du creusement du métro
le défilé de mode :
Fellini est décidément LE MAITRE et Anna Magnanisa prophétesse!
Je ne connais pas de meilleur guide queDominique Fernandez pour préparer notre prochain voyage à Rome. J’ai de merveilleux souvenirs de Palerme et d’Agrigente après lecture du Radeau de la Gorgone , de Naples avecPorporino , j’ai le Voyage en Italie à portée de main.Nous avions emporté Rhapsodie roumaine en Roumanie , préparé un voyage en Russie….
Avec la recommandation deKeisha j’ai téléchargé le Piéton de Rome sur ma liseuse ; ainsi je l’aurai sous la main pendant notre séjour.
Chronologiquement, Fernandez nous propose des promenades antiques. Forum, voie sacrée, il remonte à la fondation de la ville, au croisement du cardo et du décumanus se « trouvait une fosse faisant communiquer l’univers des vivants et des morts. par dessus, on élèvait un temple à Vesta ». Cette référence originelle m’enchante! ainsi que son interprétation du labour du périmètre de Rome par Romulus avec une charrue attelée à une vache et un boeuf « A chaque sexe était assignée une mission distincte. Cette discrimination initiale a légitimé deux mille ans de servitude féminine… »
via appia antica
Il entraîne le lecteur sur la Via Appia. Rencontre entre entre Saint Pierre et Jésus « Quo Vadis? » . J’en profite pour télécharger le roman de Sienkievicz etdécided’y faire au moins un brin de promenade. la Domus Aurea me tente « labyrinthe et gigantisme« …
Après le chapitre dédié à Néron et à la Domus Aurea, En mémoire d’Hadrien nous conduit à son mausolée – le château Saint Ange – qui ne sera pas trop loin de notre gîte , puis au Panthéon – incontournable ! j’ai bien peur que nous n’ayons pas le courage d’aller à la villa Hadriana, bien excentrée à une trentaine de km de Rome. Je l’aurais au moins parcourue en lecture! Souvenir d’Antinoüs, j’ai relu l’an passé les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar.
Une promenade inédite pourrait nous conduire au cimetière où sont enterrés, Shelley, Keats et Severn et enfin Gramsci . Envie de ressortir le DVD des Nuits de la Cabiria qui attend son tour sur l’étagère des films-cultes…et qui a été tourné dans les environs.
Le Piéton de Rome est beaucoup plus qu’un guide de promenades archéologiques ou artistiques! Les chapitres suivants nous font rencontrer les intellectuels romains, écrivains rencontrés en 1957 : Elsa Morante, Pasolini, Moravia, Bassani, Calvino, Carlo Levi….et bien d’autres. Réceptions chez Wladimir d’Ormesson. Le livre prend un tour mondain. Il nous fait rencontrer un étrange personnage, « Cyclope dans son antre » ou jettatore, écrivain maudit, amateur d’art : Mario Paz. Ma curiosité aiguisée, j’ai cherché sa Casa della vita traduite en français, malheureusement indisponible!
« Y a-t-il encore des écrivains, des personnages de cette stature à Rome ou dans l’Italie?
demande Fernandez qui s’interroge aussi sur la léthargie intellectuelle pendant l’ère Berlusconi. Il raconte la soirée à l’Opéra de Rome le 12 mars 2011 avec la représentation de Nabucco sous la direction de Mutti qui improvisa une harangue et fit chanter le public O mia patria, si bella e perduta.
La promenade du piéton, ou du touriste, reprend par collines, Palais, villas,et jardins, etéglises.Je note, surligne, mais vous ferai grâce de mon inventaire de merveilles à visiter.
il sonno romano
Au détour d’un chapitre Dominique Fernandez rend visite à un peintre Fabrizio Clerici – surréaliste, grand voyageur, un personnage qui m’intrigue. Par hasard j’ai trouvé sur Internet la Toile Il sonno romano dont il est question ici.
Passage obligé : Vatican avec les œuvres de Michel-Ange, de Bernin et de Canova. Occasion unique : il a eu la chance de monter sur l’échafaudage où les restaurateurs s’affairaient à nettoyer la Chapelle Sixtine. La passion ds Romains pour la sculpture ne s’est jamais démentie, en passant Fernandez cite deux statues que j’ai eu la chance d’admirer en Sicile et qui m’on laissé une très forte impression : Le Satyre dansant deMarara del Vallo etl’éphèbe de Mozia. Il note que » le culte de l’homme nu est bien le trait le plus constant du génie romain », de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui.
« Michel-ange, Caravage et le Bernin, on les croise partout »écrit-il et il propose un itinéraire pour chacun de ces artistes.
« Pour Michel-Ange, la tâche est facile. Ce qui compte est concentré à Saint-Pierre »
judith et holopherne caravage
En revanche pour suivre Caravage ,il propose un long circuit qui démarre à S. Luigi des Francesi, passez par la placeNavone puis le corso Umberto, le Capitole, le Vatican et la gallerie Borghese…l’itinéraire est indiqué dans le détail ainsi que les œuvres les plus importantes. j’ai vraiment envie de le suivre.
Il propose également un itinéraire Bernin qui me tente bien.
Pour finir, il recense obélisques et fontaines.
J’ai lu avec grand plaisir cette promenade littéraire qui appelle d’autres lectures, surtout Stendhal et comme je l’ai dans la liseuse je pourrai relire sur place les analyses des œuvres.
Dans quinze jours, nous nous envolons pour Rome, il est temps de me remettre à l’Italien. Le cinéma a toujours été ma meilleure école!
Nanni Moretti,est un réalisateur que je suis. J’ai encore très présents à la mémoire l’excellent Habemus papam et, plus lointains Aprile, Palomba rossa et bien d’autres. J’aime parcourir les rues de Rome en vespa avec lui. Dans ce nouveau film je retrouverai le scooter, mais c’est Livia, la fille qui s’y essaie…la traversée de Rome dans Mia Madre hilarante avec Tortora éméché qui sort sa tête de la fenêtre pour hurler Fellini Roma!
Cependant il vaut mieux savoir que le sujet est douloureux, Nanni Moretti a perdu sa mère pendant le tournage de Habemus Papam c’est le point de départ de l’histoire : une réalisatrice tourne un film pendant que sa mère est à l’hôpital. Film très personnel, autobiographique, presque, puisque c’est une femme qui tient son rôle de cinéaste. Film de doute, dans son rôle public, et privé « incertitudes » dit Moretti dans une interview..
.Dans ce journal intime, Nanni Moretti se dédouble. Double féminin, la cinéaste énervée Double masculin, Giovanni, qu’il joue lui-même, fils sensible, toujours disponible. Contraste : Margherita qui a acheté chez le traiteur du poulet avec des croquettes de riz, débarque à l’hôpital tandis que Giovanni étend la nappe familiale sur le dispositif médical, sort la pasta et la sauce encore tiède comme à la maison. Margherita remballe les paquets d’aluminium….
Ce récit intime serait presque indécent s’il n’avait pas pris soin d’inviter John Turturo en vedette américaine tantôt insupportable, tantôt bouffon dont les écarts, les pitreries, procurent une respiration dans l’atmosphère plombante de l’hôpital où la santé de la mère se dégrade et dans le stress de ce tournage un peu particulier. Est-ce que faire du cinéma social, (il s’agit du licenciement dans une usine), a du sens?