Exposition temporaire : 7 mars 2012 – 8 juillet 2012 – Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme 71 rue du Temple PARIS 3ème
« Proposant un parcours à travers la peinture orientaliste, l’exposition se penche sur la représentation du Juif comme « oriental » dans l’art, de 1832 à 1929. » brochure du MAHJ
L’exposition s’ouvre sur des citations du journal de Delacroix que je me reproche de n’avoir point copiées., carnet d’esquisses, un seul tableau du maître, c’est un peu frustrant. En revanche plusieurs de Chassérieau m’enchantent. J’aime les couleurs vives que les orientalistes ont découvert au Maroc ou en Algérie, ciels bleu presque turquoise se détachant sur des murs blancs, costumes colorés des femmes. J’avais beaucoup aimé l’exposition à l’Institut du Monde Arabe il y a quelques années où Delacroix, Chassérieaux et Fromentin étaient à l’honneur.
Dans l’exposition du MAHJ, le propos est plus ciblé : l’Orientalisme a trouvé une résonance particulière quand il découvre les communautés juives d’Afrique du Nord, exotiques mais aussi peut être plus ouvertes sur l’Occident. Quoique, un grand tableau représentant le départ de centaines de juifs vers la Terre Sainte, fuyant une menace représentée par la colonisation française de l’Algérie, m’a interpellée. J’ignorais totalement cet épisode.
Les peintres du 19ème siècle découvrent ces populations avec le regard un peu biaisé de l’ethnologie de l’époque, cherchant à décrire des races. Certaines observations des Juifs confortent des stéréotypes antisémites analogues aux représentations de Shylock. Cet aspect est aussi représenté.
La vision d’un Orient biblique est aussi centrale. Les Juifs orientaux, comme les Arabes d’ailleurs, offrent des modèles à l’illustration biblique : Abraham d’Horace Vernet, ou Esther. L’engouement pour l’Égypte est aussi passé par là : j’ai retrouvé avec plaisir David Roberts dont je connaissais les représentations de l’Égypte.
Cette exposition sort aussi des chemins battus et nous fait découvrir des peintres russes ou allemands que je n’avais jamais rencontrés.Elle élargit aussi la période traditionnellement attribuée à l’Orientalisme, incursion dans la peinture Symboliste s’éloignant ainsi de ma vision à partir de Delacroix.
Enfin, le projet sioniste n’est pas oublié. Non plus que des illustrations bibliques. J’ai beaucoup aimé celle du Cantique des Cantiques par Kupka.

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