Il n’y avait pas foule ce matin au Musée Jacquemart-André pour l’exposition des Portraits à la cour des Médicis au XVI ème siècle.
Savonarola
Pourtant cette exposition est très intéressante. Double intérêt : historique, elle retrace l’histoire de Florence, de Savonarole par Fra Bartholomeo (1499-1500) au duc de Florence Alexandre de Medicis (1574)peint par Vasari, enpassant par Cosme 1er , sa femme Eleonor de Tolède qui est à l’affiche de l’exposition. Des salles thématiques dépeignent la vie de cour, les artistes, peintres ou musiciens, les nobles avec leurs animaux familiers, l’amitié est aussi célébrées à plusieurs reprises. Costumes, parures et parfois (rarement) paysages en arrière-plan. Sur les murs les commentaires sont nombreux : explications ponctuelles, arbre généalogique des Medicis, chronologies….
Une autre approche est celle de l’histoire de l’Art et plus particulièrement du Maniérisme, terme que l’on doit à Vasari « la manière moderne« . En introduction à a visite elle-même, une vidéo Mains maniéristes compare la manière de peindre les mains par Andrea del Sarto, Corrègeet Bronzino etcelle de Michel Ange. Position des doigts, ongles, chairs, chaque artiste a sa manière. Le DVD se vend à la librairie.
La Monaca de Ghirlandaiole double portrait de deux amis de Pontormo m’ont beaucoup plu dans la première salle en compagnie d’une femme en jaune d Andrea del Sarto.
La salle suivante est à l’honneur de Cosme 1er peint par Bronzino . D’autres tableaux sont les œuvres de Salviati. Enfin dans la dernière salle on voit des portraits de nobles moins connus par des artistes dont je n’ai pas retenu les noms.
Exposition temporaire du 24 février 2015 au 24 mai 2015
LES BAS-FONDS DU BAROQUE
ou
La Rome du vice et de la misère
Cette exposition nous convie à une promenade dans Rome vers 1620 – 1640
J’avais cru reconnaître sur l’affiche Le Caravage dont Dominique Fernandez a si bien raconté la vie dans la Course à l’Abîme , lu il y a une dizaine d’années, mais qui m’a laissé un souvenir très vif.
Bien des peintures présentées sont caravagesques quoique plus tardive et postérieure au décès du Caravage. Caravagesques dans leur thème comme dans la facture ou l’éclairage.
Certaines pittoresques, nous entraînent dans les tavernes où des rites initiatiques bacchiques s’y déroulaient, confrérie de buveurs et de noceurs, trognes d’ivrognes où les maîtres flamands ont excellé – bentvueghels – tricheurs, farceurs…
Étrange monde interlope, étrange nu masculin rappelant plutôt une Vénus, grossier personnage faisant le signe de la figue.
Promenade aussi dans les ruines, pas encore romantiques, plutôt hantées par les misérables, les mendiants, pisseur qui se soulage derrière un bloc de marbre…ce n’est pas la Rome officielle du Vatican et des grandes églises ou palais. La Place d’Espagne n’est montrée qu’à cause de troubles ayant suivi une fête.
Une belle exposition colorée célébrant une grande dame née en Ukraine en 1885, décédée à paris en 1979. Peintre de Finlandaises à la manière de Gauguin au début du siècle, puis passée à l’abstraction avec son mari Robert Delaunay. Peintre mais aussi conceptrice de tissus, de costumes de scène, de vêtements, décoratrice, c’est une plasticienne qui a su couvrir des champs immenses en imposant ses couleurs, le rythme et la géométrie qui n’excluent pas l’humour et parfois la figuration.
J’ai été surtout sensible à ses rencontres avec Cendrars et la couverture d’une édition accordéon du Transsibérien, avec Tzara, Diaghilev et tant d’autres. L’exposition traverse le 20 ème siècle et l’Europe avec bonheur. Toutefois la fin m’a semblé un peu répétitive, les grands tableaux, chacun, très réussi, se ressemblent trop. à l’infini et j’ai décroché.
j’interromps mes carnets tunisiens pour signaler une très belle exposition au Musée Guimet
Dans les montagnes célestes cherchez les animaux et les personnages minuscules; dans l’océan, les dragons
Je ne connaissais rien à la dynastie Han contemporaine de l’Antiquité romaine
Fantassin
(IIème siècle av JC – IIème siècle après JC), période où les Chinois inventèrent le papier….systématisèrent les concours de recrutement des fonctionnaires, compilèrent des textes de littérature…
parade
Les objets proviennent de tombes royales et sont dans un excellent état de conservation, personnages et animaux , en terre-cuite ou en bois. Jades merveilleux….
exposition temporaire jusqu’au 15 février Grand Palais
Le Grand Palais nous offre de bien belles expositions, celle-ci est un peu boudée du public si on compare la longueur des queues (à 9h45 nous étions 3 à attendre l’ouverture des portes à 10h) et c’est bien dommage!
Bernard Séjourné : la Missive
Venue avec des préjugés, je pensais voir des peintures naïves, les destructions du séisme…
.Et j’ai été étonnée par la diversité des styles, des genres, des matières et des inspirations. Étonnée aussi dans la durée.
Wilson Bigaud – Paradis terrestre
L’histoire de Haïti c’est aussi Toussaint Louverture, la révolution que Victor Hugo a évoqué dans Bug-Jargal que j’ai lu il y a peu.
Toussaint Louverture
C’est aussi le Vaudou mais pas que, syncrétisme et christianisme, franc-maçonnerie aussi.
Divinités vaudou inspiration africaine
Bosou et Legba « haute couture » Dubreus L’herisson
Le Maroc est à l’honneur à paris cet automne : une belle exposition au Louvre, Le Maroc contemporain à l’Institut du Monde Arabe et de la peinture au Musée Delacroix.
Dans le hall d’entrée, une citation d‘Ibn Battuta revenant de Chine en 1349 accueille le visiteur. Le grand lustre de la Qaraouyine brille de toutes ses ampoules. Joie de pouvoir enfin découvrir cette mosquée fameuse interdite aux non-musulmans! Un autre lustre est descendu à la hauteur de nos yeux ; surprise, c’est la cloche d’une église espagnole qui a été transformée en luminaire, symbole de la victoire de Gibraltat.
volubilis, ruines antiques
L’histoire du Maroc débute à Volubilis, on y date la naissance du Maghreb-el-Aqsa à 788 – 927, dynastie des Idrissides). Volubilis, ville antique, abritait une importante communauté juive : une stèle de pierre du 4ème siècle et une lampe à huile portant un chandelier sont exposées dans une vitrine.
Fès et tombeaux mérinides
Fèsfut fondée par Idriss II(808-828). Un très bel autochrome montre la ville en 1926 – je ne savais pas que la photographie couleur existait en ce temps là. Au Sud, Sigilmasa (9ème -10ème) était une importante étape caravanière. Une vitrine illustre les échanges commerciaux : une stèle gravée dans du marbre blanc d’Alméria a été retrouvée à Gao tandis que des objets animistes maliens avaient fait le voyage inverse.
J’ai été très émue de voir les clichés et croquis de Théodore Monod (1964) ainsi que le coffret de sel peint rapporté par l’explorateur.
marrakech
Les Almoravides (1049-1147) prirent Marrakechpour capitale. un diaporama montre les remparts et la palmeraie en 1935. De cette époque date la merveilleuse poterie d’Alméria à glaçure verte, brune et noire et deux animaux merveilleux : griffon et lion de bronze gravé, hauts de plus d’un mètre, renfermant dans leur ventre un mécanisme émettant des sons. Le griffon surmonte la cathédrale de Pise. Les tissus almoravides étaient aussi très prisés dans toute l’Europe. Ces soieries ont été conservées dans les églises comme la chasuble de la basilique de Toulouse, finesse des fils, richesse des fils d’or, motifs délicats.
Retournons à Fès pour admirer les portes de bronze plaqué sur du cèdre de la Qaraouyine
1147-1269 Les Almohades prennent la succession et lancent un nouveau dogme religieux rigoriste à la suite d’Ibn Tumart. Au milieu des Corans précieux de ces pieux musulmans j’ai la surprise de trouver les manuscrits de la Mishna de Maïmonide: le Livre des connaissances et le Livre des dames.
Encore un minbar marqueté ; de nombreuses céramiques glaçurées évoquant l’importance de l’eau dans les ablutions rituelles : margelles de puits et jarres énormes très décorée. Même la monnaie avait été transformée ; par piété les pièces rondes furent remplacées par des carrées symbolisant la Kaaba. L’heure des prières devait être calculée exactement : d’où le développement des astrolabes et des horloges. Les récipients de la fameuse clepsydre Bou Ananiade Fès sont à portée de vue.
Clepsydre
Enfin les Mérinides (1269- 1465) règnent. La reconquête des rois catholiques sonne le déclin du Maroc médiéval même si les Saadiens, plus tard construisent une civilisation brillante.
Cette exposition m’a remis en tête une chronologie des dynasties qui était floue malgré nos voyages au Maroc. Elle m’a permis d’entrevoir les merveilles cachées des mosquées marocaines et m’a offert de belles surprises.
L’Envol du Dragon– art royal du Vietnam – en collaboration avec le Musée Historique de Hanoï du 9 juillet au 15 septembre.
C’est un très beau parcours chronologique commencé à l’âge de bronze se terminant avec le règne de Bao Dai dernier empereur qui a abdiqué en 1945. Le dragon est un thème récurrent dans la décoration des objets profanes comme religieux, quotidiens comme de prestige.
ferme en terre cuite
objets trouvés dans des tombes très anciennes comme céladons, porcelaines gréseuses ou porcelaines bleues sur fond blanc, ils sont tous d’une grande beauté et d’un raffinement inouï.
boucle de harnachement d’un palanquindragon sur le toit!
encore un dragon de toit!pot à chaux pour le bétel
Ce n’st pas un dragon, c’est un lion!
N’étant pas spécialiste en art asiatique, je me contente de poster ces photos d’objets que j’ai aimés.
Au Japon, Avant les mangas il y avait les paravents
Bateau-restaurant?Un pont bien gardé
bouquet de lampions
Et pour finir les Xylogravures de Suzuki Harunobu (expo jusqu’au 22 septembre)
Exposition temporaire au Petit Palais du 2 avril 2014 au 17 Aout 2014
Quel cadre merveilleux que ce Petit Palais, construit justement pour l’Exposition Universelle de 1900!
Paris 1900, s’ouvre sur l’Exposition Universelle, on y découvre tous les projets d’architectes les plus fous, entre autres la transformation de la Tour Eiffel et les maquettes des sculptures perchées sur les bâtiments et les colonnes. L’entrée de l’Expo était une arche imitant la structure d’une radiolaire, coiffée d’une figure féminine : une déesse antique? une allégorie du Progrès ou de l’Industrie? Marianne, la République? que nenni! c’est la Parisienne qui est mise à l’honneur.
Frises de Mucha, entrées du métro de Guimard, photos d’époque, bas-relief des travailleurs, monument à la gloire de l’automobile et de Levassor…mais aussi affiches pour les touristes allemands ou italiens avec visites et menus….assiettes commémoratives, éventails aux palns de l’exposition ou de Paris, divers souvenirs. On exploitait déjà les produits dérivés!
Et pour animer le tout : les images des Frères Lumières.
En 1900, tout ce qui fait notre quotidien faisait nouveauté et se trouvait donc digne d’être exposé : le métro, l’automobile, le phonographe, le cinéma, l’électricité et même l’observation des astres….La France se mettait en scène avec ses colonies sans aucun complexe : on peut voir les pavillons du Dahomey, de l’Algérie ou de l’Indochine.
La danse serpentine de Loïe Fuller avec ses draperies blanches ailes d’insecte ou corolle de lys, projetée dans un couloir assure la transition entre l’Exposition Universelle et la salle consacrée à l’Art Nouveau (ma préférée) avec les meubles de Guimard, les vases de Sèvres aux motifs végétaux, les bijoux de Lalique, de Colonna et Fouquet ou de Vever, coussins de Mucha – décidément très présent . Une magnifique tapisserie des Gobelins occupe un mur . la France – une femme rayonnante – suivie d’un corps expéditionnaire en uniformes blancs et casque colonial, apporte en Afrique la civilisation aux Africains en tenue traditionnelle. En regardant bien les motifs végétaux (très Art Nouveau) on a toutes sortes de surprises : une troupe de singes très amusants, un éléphant pointe sa tête derrière un baobab, dans un coin une machine à vapeur exhale des volutes de vapeur (encore très Art Nouveau) , une machine électrique provoque un éclair, tandis que des corolles rouges pourraient bien être des ampoules électriques ou des fleurs?
La salle suivante est consacrée aux Beaux Arts, peintures et sculpture, Rodin, bien sûr, Camille Claudel, mais aussi de beaux marbres…les tableaux sont très éclectiques, Degas et Monet, Cézanne, pour les plus connus, mais d’autres, des étrangers, des catalans(déjà) des belges…toute la bohème est à Paris.
Une section très fournie et très bien présentée est consacrée à la Parisienne, principalement à la mode, des robes sont présentées sous vitrine, mais aussi des cartes postales humoristiques, des figurines, des photos de grandes dames ou de trottins….
Paris, la nuit, nous emmène vers le Moulin de la Galette, les cabarets et même les maisons closes. Toulouse Lautrec, affiches de spectacles et photos coquines….
Enfin, le monde du spectacle n’est pas oublié, concerts, opéras, opérettes et enfin la grande Sarah Bernard – un extrait de Hamlet filmé et colorisé, la fameuse affiche de Mucha (encore) affiche de Lorenzaccio où la Grande Sarah jouait le rôle-titre. Un buste dans un coin rappelle que la grande actrice sculptait aussi à ses heures, je l’ignorais.
La projection du voyage dans la Lune de Méliès termine très agréablement la visite, une halte pour nos jambes fatiguées et l’occasion de rire!
Entrées à 10heures à l’ouverture, nous sommes sorties à passé 13heures. Nous aurions pu admirer aussi les collections permanente, la salle à manger de Guimard, les vases de Lalique et de Gallé qui auraient pu figurer dans Paris 1900, nous étions rompues et avons traversé ma Seine sur le Pont Alexandre III construit exprès pour l’Expo…