Exposition Persona Grata – au Musée National de l’Immigration – Palais de la Porte Dorée

WELCOME! SOYONS HOSPITALIERS!

Persona Grata, locution latine employée en diplomatie pour signifier qu’un diplomate est agrée, le contraire de Persona non grata, expression plus usitée pour signifier qu’une personne n’est pas la bienvenue.

Persona Grata exposition sur l‘Hospitalité, se décline en deux expositions, l’une à Vitry-sur-Seine au MacVal. par laquelle commencer? les deux sont à égale distance de Créteil.

Au hasard, j’ai pris le métro vers la Porte Dorée. Avant même de pénétrer dans le Palais, j’ai fait une halte dans une sorte de dôme blanc, un peu comme un igloo ou un chapiteau de cirque. De joyeux cris s’en échappaient, portes ouvertes sur l’Atelier du Good Chance Theatre qui répétait ce qui va donner le spectacle HOPE SHOW prévu samedi 17 novembre à 16h. Des danseurs de tous âges (plutôt jeunes mais pas que) de toutes couleurs et de toutes langues tapent sur des bâtons et sont assis en rond. L’un d’eux met la musique : surprise de ma part!

C’est en hébreu Echad mi yodea traditionnel juif. De retour à la maison je trouve facilement la chorégraphie c’est celle de Ohad Naharin de la troupe israélienne Batsheva

chorégraphie très tonique, très énergique, très gaie qui rassemble sur un texte de la Haggadah de Pessah migrants et accueillants, de toutes nationalités et religions. Moi qui comprends je suis sidérée de les voir célébrer Dieu unique et toutes les bases du judaïsme. Ouverture d’esprit!

je suis très bien accueillie, on me demande seulement de ne pas prendre des photos pendant la répétition.

L’exposition Persona Grata occupe le niveau supérieur du Palais de la Porte Dorée.

Avec l’art contemporain j’ai parfois du mal à apprécier les œuvres, mais je fais des efforts (il me semble que j’ai déjà écrit cela une paire de fois!).

On est accueilli par ELDORADO de Lahouari Mohammed Baki, simplement écrit en néon comme les enseignes publicitaire dans une salle sombre. Si toutes les œuvres me portent à réfléchir, j’avoue qu’un néon publicitaire comme un monochrome noir, ou un autre tableau noir sur lequel on a peint (comme dans une carte à gratter de mon enfance) une porte fermée, ne déclenchent aucun plaisir (ni déplaisir) esthétique. Un bateau noir éclairé d’ampoule est peut être plus suggestif, comme un phare rouge en vidéo dont le pinceau lumineux tourne.

En revanche j’ai été touchée par des vidéos, celle de Koropa de Laura Henno montrant un enfant de 11 ans, enfant passeur devant « assumer » le voyage des Comores à Mayotte. On lit sa frayeur dans la nuit sur son visage. Enfant, il ne risque pas la prison, seulement d’être battu, lui explique le commandant. Autre vidéo envoûtante celle de l’albanais Ami Sala « Le Clash » où un homme déambule, une boite dans les bras, boîte à musique, devant une salle de concert désaffectée.

J’ai été assez peu sensible aux installations ou au dôme de bois entouré de verre pilé de l’égyptien Montaz Nasr.

Une salle est dédiée à la jungle de Calais : série de tableaux à l’huile peints d’après des captures d’écran par Pascale Cossigny et surtout le reportage photo de Bruno Serralongue sur le démantèlement de la Jungle . Un interview du photographe nous apprend qu’il travaille à la chambre et ne prend qu’une ou eux photos par jour. Après ma visite à l’exposition de Ron Amir, photographe israélien qui photographie également des migrants de la même manière, je m’interroge sur ces images d’artistes. Alors que nous vivons dans un univers d’images numériques prises à la va-vite avec les smartphones , il existe d’autres images, prise après réflexion, cadrage, véritable travail professionnel qui n’ont rien à voir avec nos photos-souvenirs.

 

 

Ron Amir – Quelque part dans le désert – Au Musée d’Arts Modernes de la Ville de Paris

Exposition temporaire du 14 septembre – 2 décembre 2018

affiche

Novembre, c’est Paris-photo! je regrette cette année Photo-Quai qui était une belle déambulation au Quai Branly, j’étais fidèle à cette manifestation.

De l’autre côté de la Seine, cette exposition de Ron Amir, photographe israélien, annoncée par cette belle affiche colorée, un peu énigmatique. « Quelque part dans le désert » est composé d’une trentaine de très grandes et belles photographies couleur accompagnées de vidéos dépeignant la vie de demandeurs d’asiles érythréens et soudanais dans le centre de détention de Holot dans le Néguev.

On est accueilli par une longue vidéo (20′) où le photographe fait le portrait d’Africains avec une belle voiture blanche. Photo de groupe, ou portraits individuels. Ron Amir photographie « à l’ancienne » avec une chambre sur un trépied et un rideau noir (un blouson) et des plaques de verre. Il prend tout son temps pour mesurer la lumière. La prise parait interminable. Les sujets s’agitent un peu. Il faut les recadrer. Les spectateurs de la vidéo s’impatientent un peu. Temps étiré, temps de l’attente. Les Africains ont leur temps, certains sont en Israël depuis 12 ans. Une autre vidéo dure plus de 20 minutes, il ne se passe rien. Un comptoir est installé, un barman prépare du café. Passer le temps.

four

Sur les photos, la présence des hommes est « en creux« , aucun portrait, des traces de leur présence, la construction d’abris, de cuisines, un four, une mosquée tracée au sol avec des cailloux alignés.

Ces photographies sont soignées, grandes, belles. Pourtant rien n’est aimable. Ce n’est pas un désert photogénique. Plutôt un désert désolé. D’ailleurs, ni canyon, ni dune. Quelques arbres, tamaris ou acacias qui donnent un peu d’ombre. Un four creusé dans le sol, une cuisine avec 3 foyers de pierres, un banc, des bouchons de plastique, des pots de peinture…récup…

Dans cette désolation, dans cette solitude, au milieu de nulle part, une vie sociale s’organise. Ce n’est pas tout à fait le vide. Des hommes le peuplent. On ne les voit pas, on les devine.

Ce n’est pas un reportage dans l’instantané, un oeuvre d’art dans le long terme. Des échange entre le photographe et les Africains, que je n’ose pas nommer migrants. Ils ne bougent pas. Où iraient-ils? On leur interdit d’aller en ville. La frontière est bouclée.

Autre lieux, mais encore le Néguev, cette exposition à la Maison des Arts de Créteil : PROMISE ME A LAND de Clément Chapillon

Dur de photographier une photo avec les spots!

Un « Voyage » à Sevran au Vert Galant avec le Voyage Métropolitain

AVEC LE VOYAGE MÉTROPOLITAIN

Ici sera la plage!

Rendez-vous à la Gare du Nord sur le quai du RER B. Devant la Gare de Sevran-Beaudotte, sur 70 marcheurs, rares sont ceux qui « connaissent le territoire » . Sevran n’est pas une destination touristique pour les Parisiens. Sevran a fait les gros titres des Faits Divers, avec images de « violences en banlieue« . Par cette matinée ensoleillée, nous sommes tous curieux de ce que ce « voyage » va nous apporter.

Première étape : une rencontre avec le responsable d’une association de quartier. Sympathique, disert, il va nous raconter les vicissitudes et les rénovations du quartier Montceleux Pont-Blanc où nous nous trouvons. Deux grande tours de 17 étages, des « barres » au contour arrondi (je connais cette configuration, nous avons les mêmes à Créteil) . Il y avait une troisième tour, elle a été grignotée et rien ne laisse soupçonner son existence; les locataires ont été relogés ,on loin d’ici. Des grillages de chantier, on doit faire passer ici une route qui devrait « désenclaver » le quartier; Cette route relierait Villepinte toute proche. Les riverains ne sont pas enthousiastes de voir leur espace investi par des voitures. Le chantier est à l’arrêt.

Promenade entre les immeubles, une butte végétalisée cache des parkings souterrains (comme chez moi) sauf que ces parkings sont en déshérence, personne ne vient y garer sa voiture, incivilités, inondations, dégradations…ils sont inutilisables.

L’association de quartier a fait édifier un centre sportif, des milliers d’€ investis, mais aussi à l’arrêt pour des histoires de raccordement au réseau de l’eau non conforme. Notre guide enrage, il a tant investi d’énergie( et de fonds) pour arriver à ce résultat. La bonne volonté se heurtent à l’institution « ils » bloquent tout. Qui « ils« ? la municipalité? le département? la région?

L’animateur nous conduit dans une résidence toute neuve avec de jolis petits immeubles revêtement bois, balcons alu, très contemporains dans un environnement naturel, de roseaux et plantes qui aiment l’eau autour d’un fossé à sec maintenant mais permettant de drainer, l’humidité. Tout est propre, entouré d’une grille, on entre avec un passe. Ces résidences fermées deviennent la règle des constructions neuves, cela me fait un peu flipper.  Quelle différence avec le logement dans la tour! En apparence, les appartements sont moins grands, et il y a des malfaçons, des infiltrations. C’est tout neuf, tout beau mais on a économisé sur la qualité de la construction.

Vagues de surf en 2024?

Une avenue piétonnière et cyclable bordée de buissons aux beaux feuillages d’automne conduit à un champ. Il faut imaginer ici la grande vague de Surf et les plages. Une base nautique est en projet. Le Surf sera-t-il discipline olympique, disputera-t-on les compétitions en 2024? A vue de pif, cela semble aberrant, au retour j’ai cherché sur Internet, peut être pas tant que cela?  A Sevran coule une rivière enterrée, et le terrain fut marécageux. D’après leur représentant qui conduit la promenade, les riverains préféreraient un projet plus proche de leurs préoccupations, une université serait idéale. Un peu plus loin, sous des serres, des cultures maraîchères seraient peut être plus appropriées?

Entre terrains de sports et pavillons nous arrivons au Parc de la Poudrerie. Excellente surprise! nous n’imaginions pas un espace vert si grand avec de si beaux arbres. Le Voyage Métropolitain, sous le soleil devient promenade merveilleuse.

promenade le long du canal de l’OUrq

Nous arrivons sur le Canal de l’Ourq que nous longeons pour arriver sur la friche Kodak. Dans les temps pas si lointains de la photographie argentique, j’ai envoyé des centaines de rouleaux de pellicules se faire développer en diapositive.  Le nom Sevran évoque pour moi Kodak! Et pas seulement les diapositives, on y développait aussi les microfilms qui étaient le moyen de stockage des données avant l’avènement du numérique.

Sevran – Kodak

Grand site industriel de 1925 à 1995. Les traitements chimiques ont pollué les sols et la nappe phréatique. Presque 20 ans ont été nécessaires pour décontaminer les sols (en enlevant la couche superficielle). Que faire d’une telle friche? Construire sur des sols polluer ou les cultiver n’ont pas semblé envisageable. On a donc décidé de laisser la nature reconquérir l’espace vide, Natura 2050. Ici aussi les organisateurs du Voyage Métropolitain on pris des contacts et nous sommes accueillis par deux animateurs qui nous promènent et racontent. Des peupliers subsistent du temps de Kodak, ils ont « essaimé », les bouleaux, essence pionnière, se développent; Les pyracanthas orange et rouges sont couverts de baies. Sur le sol sableux qui reste après dépollution des graminées forment un couvert épars. On intervient peu,  pour voir comment le couvert végétal va se reconstituer. Seule action : le fauchage des ronces qui ne peuvent pas tout envahir. Histoire à suivre….en 2050?

Friche Kodak

Retour au parc de la Poudrerie pour le pique-nique. Napoléon III décida la construction de la poudrerie qui fut en fonction de 1873 à 1973. Éloignée des habitations, dans un vaste terrain forestier, cette manufacture dangereuse a laissé un parc magnifique. Les merlons, des buttes artificielles complétaient les mesures de protections contre les explosions. Pendant la Seconde guerre mondiale, les Allemands l’ont occupée. Un musée raconte cette histoire mais nous ne l’avons pas visité.

La suite de la randonnée nous a conduits à Vaujours (ville du gypse et de l’usine Placoplâtre, pas vue). Nous avons grimpé au dessus du cimetière pour découvrir la vue très dégagée sur  les pistes et installations de Roissy et leur empreinte dans la paysage. Au sommet de la colline : nous avons fait une très jolie boucle dans les bois de Bernouille en suivant l’aqueduc enterré de la Dhuys. Au loin, les collines masquent la Marne. Fkinalement nous avons retraversé Vaujours pour reprendre le RER B au Vert Galant

Nous étions donc partis sur les pistes de la réhabilitation urbaine15 d’une banlieue à mauvaise réputation, avons découvert les projets du Grand Paris (RER) et base nautique, et avons eu l’occasion d’une balade très verte. J’y reviendrai pour une randonnée nature!

L’Envol ou le rêve de voler à la Maison Rouge

Derniers jours, dernière expo…..

machine volante

Il reste une petite semaine pour aller voir l’Envol, ultime exposition de la Maison  Rougeun lieu que j’ai bien aimé fréquenter. Je suis toujours triste quand un lieu culturel ferme?

Lenvol comme une métaphore ?

Vidéos, photos, objets volants et même une échelle pour monter au ciel (mon oeuvre préférée, il y a toujours un chouchou dans une expo)

Dans le couloir, un hélicoptère emporte Jésus dans son envol au dessus de Rome, scène de la Dolce Vita, une série de photos montrent des lévitations ou des vols hors normes. A retenir, deux belles et grandes photos de Ramette en couleur, et politiquement. The Day Rhodes Fell de Chapungu (1991) Afrique. du Sud qui est plutôt un déboulonnage qu’un envol.

The day Rhodes fell

Autour du patio, toute une série de machines volantes attirent l’attention de scolaires.

aile

Shimabuku (Japon) a filmé un cerf volant anthropomorphe, vidéo très poétique. On ne comprend pas tout de suite qu’il s’agit d’un cerf volant .

l’échelle du ciel

Parmi les œuvres que j’ai préférées : l’échelle vers le ciel (Hometown Sky Ladder)de l’artiste artificier chinois Caï Guo-Qiang qui a conçu, à la poudre à canon un grand tableau de papier. j’ai découvert cet artiste il y a quelques temps à la Fondation Cartier dans un tableau d’animaux

Hypnotique, le film de l’Iranien Parvis Kimiavi : le jardin de pierres, pas de machine volante ni de lévitation mais la danse gracieuse d’un berger, derviche, qui suspend des cailloux, fait le poirier…

Encore du rêve ! Je suis toute chose de la fermeture…..

 

 

Les sculptures de la Défense

TOURISTE DANS MA VILLE

la grande arche

pratique

Le  parcours artistique est  présenté par Defacto qui a édité un plan « L’ESSENTIEL DE LA COLLECTION en 60 minutes chrono! ».

Je l’ai téléchargé,  imprimé, chargé l’application La Défense City Map, pris mon Pass Navigo, direction La Défense!

Si la promenade vous tente, deux écueils à éviter : le plan imprimé sur A4 est illisible, l’Office de Tourisme de la Défense en propose un beaucoup plus grand, plus confortable. De même, l’appli City Map peut être intéressante pour celui qui aurait un rendez vous dans une des tours, n’a aucun intérêt pour les sculptures qui n’y figurent pas.

Les Hommes de la Cité « alors pense à un oiseau » de France et Hugues Siptrott

Il m’avait semblé plus logique de descendre à la Station  de la Ligne 1  Esplanade de la Défense et de parcourir l’axe de la Défense en regardant l’Arche. Erreur! l’Office du Tourisme est plus proche du terminus Arche de la Défense. Sans le grand plan j’ai perdu beaucoup de temps sans voir les sculptures. Il aurait été plus judicieux d’emprunter le RER A .

Depuis que j’ai lu La Grande Arche de Laurence Cossé, j’avais le projet de parcourir l’axe de la Défense, de l’Arc de Triomphe à la Grande Arche. J’attendais le moment favorable.

 

Vive les Groues : camper à l’arrière de la Défense!

J’ai découvert aussi avec le Voyage Métropolitain à Nanterre une perspective originale de la Grande Arche, vue de la friche alternative Vive Les Groues juste derrière la Défense, où nous avions fait escale. Dans cette friche, les voyageurs métropolitains ont bivouaqué (pas moi) profité de la Banya mobile (bain russe sur roulette, et fait toutes sortes de rencontres. J’aime beaucoup ce genre d’endroits alternatifs et créatifs qui s’apparentent aux Grands Voisins. 

La Défense vue de Vive les Groues

J’ai travaillé dans les années 1970 dans les tours de la Défense, chez IBM, Framatome, Technip….mais je n’ai rien reconnu. Ma première impression a été celle d’un immense chantier. Certains bâtiments vieux de plus de 40 ans sont accompagnés de grues immenses. Partout on construit, rénove, rehausse….La seconde d’un labyrinthe, sur plusieurs niveaux. A la sortie du métro je me suis engagée dans des placettes, damiers ou dominos sans savoir où cela allait me mener, au dessus de la circulation automobile au niveau de Courbevoie.

Place des reflets : oeuvre d’art ou bouche d’aération et ascenseurs?

Il faut emprunter des passerelles (souvent en chantier elles-mêmes) sans bien savoir où elles conduisent. Je suis arrivée sur la place bien nommée des Reflets où j’ai découvert la première « oeuvre » : un ensemble de 7 très gros cylindres en mosaïque blanche verte et bleue (pas de cartel comme promis, pas d’auteurs) j’ai fini par comprendre qu’il s’agissait des ascenseurs. qu’importe, les couleurs se réfléchissait dans les vitres noires des immeubles (siège de Saint Gobain).

Bassin et signaux de Takis

J’ai donc regagné l’Axe de la Défense pour une promenade plus logique. Un bassin forme un miroir carré où se reflètent les 49 Signaux  du Bassin, oeuvre de Takis (1988)qui a installé 17 signaux électromagnétiques à l’autre extrémité de l’axe près de la Grande Arche. »frêles sentinelles cherchant à  capter les signaux d’un mystère cosmique » ai-je copié du cartel.  Je ne suis pas fan de ces poteaux noirs spiralés  portant des panneaux colorés.

l’Arc de Triomphe à la campagne?

Dans l’Axe, Sun  City de Fanny Bouyagui est un champ de tournesol planté dans des containers de bois posés sur des palettes. Cela permet des photos de l’Arc de Triomphe sur un premier plan rural étonnant. Une autre installation de bois « Forme publique, rue de l’Utopie » est une passerelle montant dans la canopée d’un bosquet de tilleuls. Occasion de remarquer que les végétaux sont beaucoup plus présents que je ne l’aurais pensé à a Défense. Les tournesols me semblaient une sorte de provocation, tandis que les tilleuls sont plantés depuis de nombreuses années. A la suite je remarque que plusieurs rangées de platanes sont alignés le long de l’esplanade et qu’on a rempli des bacs en ciments de massifs fleuris.

Hanif Kureshi

Une silhouette d’une grande femme indienne en robe rouge découpée dans du contre-plaqué dépasse des tournesols, c’est l’oeuvre d’Hanif Kureshi. Pas très convaincant! Non plus ces bancs géants 187cm x 500cm x 160cm dont la hauteur ne décourage ni les enfants ni les adolescents qui dominent ainsi la promenade.

Au mitant de l’axe se trouve la statue de la Défense de Louis Ernest Barrias (1883). C’est elle qui a donné son nom au quartier de Courbevoie. Elle commémore la résistance des Parisiens aux Prussiens en 1870. Rodin a aussi présenté une sculpture au concours mais c’est celle de Barrias qui a été choisie. Coïncidence : j’ai vu la Défense de Rodin il y a deux jours à l’île Seguin sur l’escalier monumental à la Seine Musicale.

Dans les traces de nos Pères Joseph Jankovic

Au hasard de mes déambulations, je rencontre deux curieux personnages dans des gros pieds, comme des bottes , au titre énigmatique Dans les traces de nos pères de Joseph Jankovic,(1990) artiste de Bratislava. Une élégante Terre de Louis Derbré m’évoque la danse. La fresque de Bottazzi est coincée dans un passage sombre, elle semble réfléchir les structure du gratte-ciel en face.

La Terre de Derbré

L’axe de la Défense aboutit sur une très grande place entre le Centre Commercial des Quatre Temps, le Cnit et la Grande Arche. Dans mes souvenirs le Cnit était un hall d’exposition où j’avais vu le salon Nautique, je me souviens des énormes bateaux qui croisaient sur des camions sur le Pont de Neuilly. Il contient maintenant les mêmes enseignes Décathlon et autres que dans les centres commerciaux, je ne sais pas pourquoi dela m’attriste.

L’araignée de Calder

Sur cette énorme place se trouvent les œuvres les plus connues : l’Araignée de Calder et les personnages colorés de Miro. A l’arrière de l’araignée une grue se profile; cela m’amuse. Un peu plus loin, le grand Pouce de César mesure 12 m et pourtant semble petit. Je m’intéresse davantage à la grande sculpture allongée de 23 m de long de Anthony Caro,  After Olympia,.

After Olympia et le Cnit

Enfin! je m’approche de l’Arche! avec le beau temps les marches sont pleines de monde, certains sont venus avec leurs vélos, et même des valises roulantes. Les marches sont vraiment très grandes, elles contiennent toute cette foule qui contraste avec le vide au dessus, les fenêtres intérieures sous leur verre lisse, les dalles blanches dont j’ai tant lu les histoires dans le live de Cossé.

cherchez le pouce de César!

Je n’ai pas vu le quart des sculptures annoncées, je n’ai pas eu l’occasion de m’intéresser à l’architecture de tous ces gratte-ciel et déjà je rentre en RER! Pour les œuvres, il faudrait peut être revenir, mais j’ai une vision de La Défense très loin de mes préjugés. J’imaginais un endroit minéral, froid, temple des affaires, peuplé d’hommes d’affaires en costume-cravate. j’ai croisé des familles, des enfants, des femmes traînant des caddies de courses; On habite aussi à la Défense! J’ai vu un endroit beaucoup plus vivant que je ne l’imaginais, plus prosaïque et commercial avec les enseignes connues.

 

Freeing Architecture – JUNYA ISHIGAMI – Fondation Cartier

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 9 Septembre 

Forest kindergarten

C’est une exposition extraordinaire!

Vraiment un coup de cœur!

Il ne vous reste que quelques jours avant la clôture.

Junya Ishigami est un architecte japonais, Lion d’or de la Biennale d’Architecture de Venise 2010. Il présente à la Fondation Cartier 19 projets architecturaux, réalisés ou non.

Les maquettes, dessins, vidéos illustrent ces projets tous originaux, tous différents. Les maquettes sont des œuvres magnifiques, elles ont été montées spécialement pour l’exposition à la Fondation Cartier pour faire de l’exposition une oeuvre d’art, un tout , conçu dans le bâtiment de Jean Nouvel.

Parc Groot Viversburg Visitor Center

J’ai adoré l’approche poétique d’Ishigami qui invente des projets uniques dans leur contexte. Architecture comme un phénomène naturel, affirme-t-il. Il étudie l’environnement naturel, non seulement la topographie (qu’il a tendance à modifier en creusant des cuvettes, ou des grottes) mais aussi la végétation (qu’il intègre aussi à l’intérieur d’une maison, ou les rochers qui participent à la maison et forment des « cloisons ».

Une des Huit villas de Dali

Parfois il respecte totalement les plantations, parfois il recrée un nouvel environnement en déplaçant arbre par arbre , ceux de la forêt du Botanical Farm Garden Art Biotop/Farm Garden et inventant un milieu humide nouveau synthétisant la forêt et la rizière préexistantes

Il ne s’interdit pas de bétonner des grottes artificielles creusées dans la roche pour House and Restaurant

House and restaurant

Ishigami s’inspire de la nature, mais aussi du monde des rêves et du monde enfantin. Pour le Forest Kindergarten de Shandong, Chine, il a élaboré son plan à partir d’illustrations enfantines, il a conçu des espaces à l’échelle des enfants, avec des plans inclinés, des endroits où seuls les enfants peuvent se tenir. il a aussi respecté les arbres de la foret

Forest Kindergarten : classe

Dans le même état d’esprit, il a imaginé des nuages qui seraient aussi des formes d’animaux au sommet d’un immeuble de huit étage. Dans la garderie, les enfants pourraient voir dans les nuages des baleines, les chevaucher…

Claoud garden Kanagawa Japon

Pour la maison pour personnes âgées, Ishigami a imaginé transporter des maisons de bois traditionnelles de tout l’archipel japonais et les rassembler après les avoir dépouillées des murs extérieurs. Ce projet avait un but double : de conservation du patrimoine et d’accueil

HOme for the Elderly

Les projets sont vraiment variés, une salle polyvalente dans une université, une chapelle, un espace de méditation œcuménique  à Copenhague ancrée dans les fonds marins, restaurer les sous-sol d’un musée russe….

J’ai eu la chance de visiter en même temps qu’un groupe d’architectes qui émettaient des critiques autorisées sur les aspects pratiques de la construction, ventilation, ruissellement, faisabilité.Tous ces projets originaux mettent en oeuvre des techniques ultra-sophistiquées. Ce n’est pas de la construction standard! Certains projets sont en cours de réalisations ou arrêtes faute de crédits. De l’architecture de luxe qui prête à rêver!

 

 

Les Rives de Seine de Billancourt à Issy : Seine musicale, île Seguin, île Saint Germain …

TOURISTE DANS MA VILLE…..

l’île Seguin et la Seine musicale

Les chantiers du Grand Paris me passionnent. Ma ville (au sens large de Paris-Métropole) se construit, se métamorphose. Si je n’explore pas, je risque de ne plus rien reconnaître.

Billancourt résonne mentalement comme luttes ouvrières. Qui comprendra l’expression « il ne faut  pas désespérer Billancourt » (Sartre) quand tout souvenir de Renault aura disparu? 

Le site Visorando propose une courte randonnée urbaine (8.3 km) de Boulogne à Meudon, très bien expliquée, accompagnée d’une bonne carte. J’ai imprimé le topo-guide et munie de mon Pass Navigo j’ai pris le métro pour Boulogne : Station Marcel Sembat. L’itinéraire passe d’abord par des petites rues tranquilles, un marché est couvert par des pyramides métalliques (mercredi et samedi seulement), longe une patinoire moderne. Le  parc des Glacières anciennes usines à glace (1899-1975) est le premier souvenir du passer industriel de Billancourt. C’est un joli parc avec des milieux reconstitués, des étiquettes pour les arbres exotiques ou rares, une rivière sèche avec de (petites) fougères arborescentes…Les souvenirs suivants de la vie ouvrières se retrouvent dans la toponymie : Allée Emile Pouget (secrétaire de la CGT), militant anarchiste « A mauvaise paie, mauvais travail » , avenue Emile Zola. Plus obscur : Ahmed Boughera el Ouafi , ouvrier chez Renault et marathonien  médaillé olympique (1928). Pierre Le Faucheux, résistant et Directeur de la Régie Renault rappelle que le quartier Le Trapèze fut bâti sur le territoire de Renault, autrefois.

Le Trapèze est un quartier contemporain très tranquille et très agréable – le plus vaste écoquartier de Paris – selon un site qui organise des balades guidées que je suivrais volontiers : je ne sais pas comment fonctionne un écoquartier et cela m’intéresse. L’allée Robert Doisneau qui le traverse est piétonnière, elle est bordée de résidences, petits immeubles construits autour d’allées paysagées arborées mais fermées par des grilles avec digicodes. Les façades sont variées, pas une qui copie la voisine comme si souvent dans les ensembles modernes, des balcons métalliques la surplombent, certaines façades métalliques et perforées sont particulièrement réussies. Les équipements collectifs municipaux sont intégrés et discrets, je remarque une médiathèque, un gymnase et une école primaire « à projet spécifique anglais« , sur Internet j’ai trouvé un un groupe scolaire de la biodiversité avec un mur végétal mais je ne l’ai pas vu. Le parc public est malheureusement bien sec et l’herbe ressemble à un paillasson.

Une passerelle enjambe la Seine pour aller à l’Île Seguin La Seine Musicale   

Billancourt, le Trapèze vu de l’île Seguin

brille sous le soleil. Le dôme repose sur un socle de béton qui évoque un navire. Une péniche passe, j’ai été trop lente pour la photographier. Un escalier monumental sur le parvis conduit au Jardin Bellini.  La Défense de Rodin orne cet escalier. Cette statue de bronze commémore la défense de la Capitale en 1870. Elle devait orner le rond-point de Courbevoie.

la Défensde de Rodin

Malheureusement le Jardin Bellini est fermé à cause d’un nid de guêpes. Je ne verrai ni le panorama ni les panneaux solaires de la structure sphérique.

De l’autre côté du parvis le Jardin de l’île Seguin a une allure plutôt minable avec la sécheresse consécutive à la canicule. Il se veut « nature » et peu aménagé ce qui est une bonne idée. En revanche le chantier est proche et le jardin petit. Un pavillon de containers peints de couleurs vives est un clin d’œil à une activité portuaire ou industrielle. Une exposition présente le Chantier du Grand Paris et la construction de la Ligne 15 du nouveau métro, c’est tout à fait intéressant.

Le chantier de l’île Seguin est pour moi un mystère, on a envisagé tant de projets abandonnés que je ne sais pas bien ce qui va sortir. Le plus étrange est le pont métallique qui ne relie plus rien.

pont métallique qui ne relie plus rien

Je passe sur la Rive Gauche de la Seine, côté Meudon. Un cheminement de ciment permet de longer très confortablement la Seine. De longues embarcations d’aviron s’entraînent ou font la course. Plus loin des péniches sont à quai, elle sont arrimées de façon permanente et très bien aménagées avec des plantations, des grilles de ferronnerie, des petits bateaux. D’une péniche à l’autre des voisins bavardent.

les péniches

En face l‘île Saint Germain est construites de petits immeubles agréables. Un bâtiment métallique est assez étrange, c’est un collège avec des coursives comme sur un bateau de croisière, mais peint en noir et rouillé. Juste avant l’entrée dans Issy les Moulineaux, je retrouve le chantier du RER du Grand Paris, et monte sur le pont pour arriver à l’île Saint Germain. Vers l’ouest on ne peut pas en faire complètement le tour le long de l’eau certaines portions du ciment ont été bouchées, par les inondations, ou par les constructions.

péniche-isba

La Rue Pierre Poli qui est parallèle (balisage jaune) est très tranquille et très agréable avec des constructions assez hétéroclites, petits immeubles de standing contemporains, belles maisons fleuries, et aussi petits pavillons anciens modestes. Je suis le balisage jaune qui m’entraîne le long de l’eau quand c’est possible ou à l’intérieur de l’île. De l’autre côté du Pont de Billancourt j’entre dans le Parc de l’île Saint Germain. J’aurais mieux été avisée de suivre les instructions de Visorando, parce que j’ai loupé la grande Tour aux Figures de Dubuffet (il faut le faire, elle est monumentale!) et les jardins clos fleuris.

Après une promenade très agréable de 3h j’ai repris la ligne 9 à Marcel Sembat, pas très enthousiasmée par la Ligne C très capricieuse en ce moment.

Gordon Matta-Clark – anarchitecte – au Jeu de Paume

EXPOSITION TEMPORAIRE DU 05/06/18 – 23/09/2018

gordon mata aux halles

Qu’est-ce qu’un anarchitecteUn architecte anarchiste, peut-être?

Un architecte construit, l’anarchitecte déconstruirait-il?

Ou promènerait-il un regard d’architecte sur des destructions?

Chacune de ces hypothèses pourrait être vérifiée dans cette exposition.

Le commentaire propose une autre piste : un détournement d’un titre du Corbusier « vers l’architecture » Gordon Matta Clarke s’inquiétait de la façon dont les utopies de l’architecture moderne laissaient de côté le citoyen lambda.

 

Dans l’oeil d’artiste sur les destructions ces Wallpapers (1973) : GMC photographie des immeubles abandonnés du Bronx , murs intérieurs ayant gardé leurs papier peints ou des installations sanitaires, il utilise ses photos pour faire un véritable mur de photo. Se promenant dans les décombres il photographie des découpes de planchers. Il faut être architecte pour être sensibles à des structures à travers des ruines et les partager avec des spectateurs moins avertis. 

Pour les déconstructions, GMC a pratiqué des découpes dans d’immenses halles  sur un quai effondré de la rivière Hudson, il a offert aux habitants un accès à l’eau dans un « temple du soleil et de l’eau ». Le site fut rapidement fermé. L’exposition montre des photos de ce Day’s End (1975)

Déconstruction que ce Conical Intersection (1975) : découpe d’un vieil immeuble en face du chantier de construction du Centre Pompidou cherchant à pratiquer une lentille à travers l’ancien Paris des Halles pour voir le chantier du futur musée. Il a filmé cette démolition selon une découpe savante.

Cette exposition montre surtout des photos et des vidéos, quelques réalisation physiques, mais peu. Elle pratique des ouvertures, dans les maisons anciennes, les friches industrielles mais aussi dans l’esprit du spectateur.

A voir!!!

 

Les Impressionnistes à Londres (1870-1904) au Petit Palais

EXPOSITION TEMPORAIRE jusqu’au 14 octobre au Petit Palais

Parcours de l’expo ICI

Corot : Le Rêve Paris Incendié

1870 – 1871  La Guerre franco-Prusse, puis l’écrasement de la Commune de Paris ruinent Paris et la vie artistique qui était brillante.

En 1870  Durand-Ruel s’installe à Londres suivi de Daubigny, Pissaro, Monet, Sisley rejoints en 1871 par Tissot, Carpeaux et Dalou.

Ces artistes feront de fréquents allers et retours entre 1871 et 1905. Certains comme Tissot feront carrière à Londres.

la Place du Carrousel l’incendie des tuileries
Siebe Johannes ten cate .

L’exposition commence dans une salle rouge « Paris en Guerre » illustré par un tableau de  Gustave Doré, les carnets de croquis de Carpeaux, un siège de Paris de Meissonnier, des aquarelles d’Isodore Pils représentant la Colonne Vendôme renversée,  et un très beau Corot presque onirique d’ailleurs titré Le Rêve-Paris incendié. 

On quitte la salle rouge pour une demi-lune bleue où la Traversée de la Manche par Monet est projetée sur un écran incurvé sous forme d’animation. Les voiliers tanguent, les nuages traversent le ciel, les vagues soulèvent leur écume.

Londres

L’arrivée à Londres avec ses fumées, son brouillard est dans une salle grise: on y voit la foule, le port les industries deux belles gravures de Gustave Doré m’ont bien plu.

Le cercle des futurs Impressionnistes est bleu: Claude Monet peint Hyde Park, Daubigny , la Tamise avec des tableaux jaunes, voiliers et marais, vis à vis de Monet, 3 Pissaro ensoleillés qui rappellent ses tableaux de Louveciennes.

Pi

PissaroL’exil économique de Carpeaux : une grande salle vert foncé accueille les marbres de Carpeaux.

carpeaux flore

Avec la chute du IIIème Empire, Carpeaux a perdu ses commandes; Il vient à Londres faire le portrait de Napoléon III en exil.

Eugénie et le Prince Impérial peints par Tissot
eugenie et le prince par Tissot

La salle suivant est violette et nommée James Tissot, l’anglophile : de grands tableaux illustrent la vie des salons victoriens, des scènes de genre…

Tissot :Chut

En plus des belles robes des élégantes des maharadjas indiens portent des tenues chamarées. Tissot excelle dans la représentation des tissus, des physionomies.

Tissot le pique-nique

Tissot partage la salle avec Giuseppe de Nittis (ami de Degas)

Tissot : sur la Tamise

Une salle bleu nuit ou noire met à l’honneur Legros (1837-1911) que je ne connaissais pas et dont la peinture pompeuse avec ds thèmes religieux n’est pas ma tasse de thé.

En revanche la rencontre avec Jules Dalou (ou l’art du modelage) est une excellente surprise.

Dalou

La fin de l’exposition est beaucoup plus impressionnistes, les salles s’intitulent Retours à Londres

Pissaro et Sisley se font face merveilleux tableaux mais sans surprise.

Monet est précédé de James Abbott Mc Neill Whistler dont le traitement de l’eau diffère de celui des impressionnistes français

whistler

Une salle entière tendue de bleu est consacrée à la série du Parlement de Londres par Monet, face à Monet  Westminster de Giuseppe de Nittis

Westminster Giuseppe de NIttis
Westminster Giuseppe de NIttis

l’exposition se termine par une salle consacrée à Derain qui rendait hommage à Monet

Derain Westminster

Les Impressionnistes à Londres m’a laissé l’impression étrange de ne pas apporter grand chose de plus que ce que je connaissais de Monet, Pissaro ou Sisley qui sont vraiment les Impressionnistes et que les artistes pas spécialement impressionnistes sont mieux représentés et m’ont plus marquée. Rencontre intéressante avec Tissot ou Whistler, sans parler de Jules Dalou que je découvre.

« Les racines poussent aussi dans le béton » Kader Attia au MACVAL

Exposition temporaire au MACVAL (Vitry) jusqu’au 16 septembre 2018

Skyline

Ne laissez pas filer cette exposition tout à fait passionnante.

Prévoyez du temps et de la disponibilité : deux vidéos de chacune 46 minutes vont sérieusement allonger le temps de la visite. D’autant plus que les autres installations sont aussi intéressantes et ce serait dommage de manquer de temps. C’est donc une exposition tout à fait copieuse.

On entre d’emblée dans le vif du sujet : dans le béton de Sarcelles ou de sa voisine Garges-les-Gonesse où Kader Attia a grandi. Architecture du béton : référence au Corbusier qui se serait inspiré de l’architecture du Sud Algérien pour inventer sa cité radieuse, ayant survolé en avion Ghardaïa.

Coïncidence? Le plasticien est justement d’origine algérienne, comme beaucoup des habitants des cités, de Sarcelles ou de Marseille. Ces racines algériennes trouvent-elles un écho dans les cités-dortoirs? Où de nouvelles racines ont-elles poussé dans ces quartiers? Occasion de faire des montages de photo que j’ai beaucoup apprécié, mix d’architecture de Sarcelles et de Ksour, montages de photos de banlieusards ou d’Algériens. Et pour illustrer ces rapprochements deux films avec Jean Gabin, Pépé le Moko (Duvivier 1937) avec la présentation de la Casbah comme d’une architecture inquiétante et Mélodie en sous-sol(H. Verneuil 1960) et la construction de Sarcelles. Qui de plus enraciné que Gabin avec son pavillon rue Théophile Gautier qui demande son chemin aux maçons immigrés dans le chantier?

couscous

Un paysage de couscous fait comme un tapis circulaire dans une pièce de transition, référence aux racine, le couscous , comme du sable, matériau de construction? Tapis ou paysage? Un peu plus loin, nouvelles références aux origines mélangées que cette bétonnière – allusion au père de l’artiste, constructeur – qui tourne chargée de clous de girofle censé embaumer l’exposition(elle ne tournait pas quand nous sommes passées). Autre référence odorantes, ce plateau de piment rouge entouré de feuilles de menthe. Des pains en galette de semoule sont fichées dans le mur. Univers familial de l’enfant de Garges-les-Gonesse.

cube de sucre

Encore une référence à l’architecture à base de cubes que cette vidéo impressionnante de Sucre et de pétrole où un empilement parfait de sucre blanc est contaminé par une giclée de pétrole noir, s’en imbibe et s’écroule

arrive le pétrole
écroulement

Un autre thème est la réparation; des objets et des corps.

Une vidéo passionnante montre la vidéo de l’arrestation violente de Théo par les forces de police, commentée par 3 personnes, un acteur algérien, un philosophe antillais et un autre antillais. Discours sur le corps de l’émigré, comme il est perçu, à travers le prisme colonial. Comment la vidéo peut être lue, par la presse, par Marine Le Pen, par les habitants des banlieues….comment la violence est perçue. Comment une lecture neutre de la vidéo est impossible. Le corps de l’esclave mis en scène, le corps du danseur, le corps du travailleur. Vidéo très dense, difficile à résumer, d’autant que je n’ai pas pris de notes.

mobilier urbain : barrière anti-migrant

cette barrière symbolise la violence des installations du mobilier urbain faite aux migrants. L’installation doit être envisagée avec des danseurs qui se faufilent dans les interstices, qui s’affrontent à la barrière. Malheureuse nous n’avons vu la performance que filmée (les danseurs ne peuvent pas être présents tout le temps).

Je n’ai pas cité les grandes photos de trans, ni celles des chibanis, ni la vidéo sur la douleur des membres manquants, sur la réparation…. Cette exposition est riche, trop riche, cela nuit un peu à la cohérence. Appréhender le travail d’un artiste dans sa diversité demande un effort au visiteur. Après 2 heures de visite je me sens fatiguée.