« ….Le grand coupable, c’est l’impôt. le grand ennemi c’était l’Etat.
Le gouvernement observait avec inquiétude les couleurs de cet incendie qui gagnait sans cesse du terrain….. »
Lemaîtresait raconter des histoires. Je l’ai découvert avec Au revoir là-haut, et naturellement j’ai voulu connaître la suite!
Au revoir la-haut était plutôt un roman de garçons, d’amitiés viriles, Couleurs de l’incendie met en scène des figures féminines : Madeleine, la fille du banquier Péricourt, fille de, ex-femme de, mère du petit Paul, au début du roman, prend de l’envergure tout au long de l’histoire, Léonce, sa confidente, la belle garce, Solange Gallinato, la diva, et l’inénarrable Vladi, qui ne s’exprime qu’en Polonais.
Les hommes détiennent le pouvoir et l’argent, indissociables. C’est une histoire d’argent qui commence avec l’enterrement du Banquier Péricourt rassemblant tout le gratin, même le président de la République. L’héritage de la banque sera convoité, l’héritière flouée…Mauvaise gestion, investissements hasardeux, ou crise de 1929 qui de toutes façon aurait rebattu les cartes?
Madeleine ruinée va se venger (mais je ne vous en dirai pas plus).
C’est un roman historique, une période trouble 1927- 1929 pour la première partie, 1933 pour la seconde. Crise économique et morale, corruption et évasion fiscale. Evasion fiscale et populisme. Certaines ressemblance avec notre époque, ce Charles, président d’une commission contre l’évasion fiscale, pris avec des francs suisses. Cela ne vous rappelle rien? Montée du nazisme, fascination de la droite pour le fascisme de Mussolini. Dans la « reconnaissance de dette« , l’auteur cite ses sources, littéraires mais aussi historiques, la reconstitution de l’époque est basée sur de réelles recherches.
Roman d’aventure, vengeance, roman touffu avec de nombreux personnages mais aussi très amusant, parfois tournant à la farce. Je ne me suis pas ennuyée ; j’ai dévoré ce gros livre.
Est-ce bien nécessaire d’aller voir cette exposition Delacroix au Louvre qui possède les tableaux les plus fameux que chacun connaît comme la Liberté guidant le peuple ou les massacres de Scio, le grand tableau de La mort de Sardanapale est restée à sa place, de même bien sûr que le plafond de la Galerie d’Apollon!
Et bien oui! La présentation chronologique et pédagogique met en lumière d’autres aspects du peintre. Elle situe les peintures les plus connue dans le contexte de leur création. Esquisses qui précéderont les œuvres monumentales, études, petits tableaux : il y a deux petits formats de La mort de Sardanapale qui se font face alors que sur les murs on voit les études de carnation, des bijoux….
La mort de Sardanapale (absente de l’exposition)
Je connaissais Delacroix, peintre de guerre, propagandiste partisan de l’Indépendance grecque : la belle Grecque sur les ruines de Missolonghi.
La Grèce sur les ruines de Missolonghi
C’est Delacroix romantique qui m’a le plus frappé pendant la visite, romantique en peinture, fréquentant Théophile Gautier, George Sand et Alexandre Dumas. Je découvre Delacroix très littéraire, consacrant de l’énergie à l’écriture, lisant et traduisant de l’anglais. Ses sujets d’inspiration sont tirés souvent de Byron (la Grèce, encore! le Giaour, Byron est mort en 1924, la peinture est datée 1926),
Combat entre le Giaour et le Pacha
Le peintre s’est inspiré aussi de Walter Scott : prenant pour sujet un épisode de Quentin Durward pour l’assassinat de l’évêque de le Liège, d’Ivanhoé pour l’enlèvement de Rebecca. Il lit Shakespeare, illustre Hamlet tenant en main le crâne dans plusieurs versions, j’ai préféré la plus sobre. Je découvre aussi ses estampes surtout celles de Faust. Delacroix utilise la lithographie qui est à l’époque un procédé nouveau et qui permet une grande finesse dans les nuances.
Faust
Evidemment j’ai beaucoup aimé Delacroix orientaliste. Ses carnets de voyages sont très émouvants, rassemblant écrits, dessins, esquisses, aquarelles.
carnets de voyage
Delacroix a tout essayé : le portrait, les peintures animalières avec une prédilection pour les chevaux et pour les fauves.
combat de lions
Sans oublier de magnifiques bouquets, des peintures religieuses….
L’affiche et le sous-titre le renvoie à l’abstraction, je le confonds un peu avec Delaunay, Kandinsky, Mondrian. Comme j’aime les découvertes, j’ai filé au Grand Palais dès notre retour de Céret.
Kupka : autoportrait 1905
Kupka est né en Bohème en 1871, alors autrichienne. Je l’imaginais plutôt viennois, mais il s’installe à Paris dès 1896, y travaillera beaucoup et s’éteint à Puteaux en 1957.
madame Kupka dans les verticales 1901-1911
Cette rétrospective très complète montre l’évolution de l’artiste, de la peinture figurative à l’abstraction, passant du symbolisme viennois jusque dans les années 1809-1899 avec des hommes ou ds femmes nues dans la nature, des sujets ésotériques de sphinx ou de génies hindous.
Anticlérical!
Dessinateur de Presse:
A Paris il collabore avec des revues
anticlérical!
satyriques, libertaires, et ses dessins sont aussi corrosifs qu’un Charlie Hebdo, dénonçant le capitalisme, les cléricaux (toutes religions confondues, même francs-maçons), et le militarisme
Anticapitaliste!
Kupka illustre l’Homme et la Terre d’Elisée Reclus
Il illustre aussi Les Erynhies de Lecomte de Lisle, Promethéus d’Eschyle et Lysistrata d’Aristophane, approfondissant sa connaissance de l’art Grec.
A côté des dessins à l’encre, et des gravures libertines, il peint aussi des tableaux colorés, parfois étranges
j’ai l’impression qu’il sait tout faire!
De 1907 à 1911, sa peinture subit une évolution fulgurante vers l’abstraction, la figure se dissout d’abord dans la couleur.
Gamme jaune
Cette gamme jaune est à rapprocher des tableaux ultérieurs (années 1930) où il peindra la forme du jaune, la forme de l’orange, la forme du vermillon. Les touches de piano, le Lac, sont encore figuratif. Une intéressante série de 4 études de La jeune fille cueillant des fleurs montre l’apparition de plusieurs lignes verticales qui découpent le tableau, de décomposition du mouvement puis de la disparition totale du décor et de la simplification de la jeune fille suggérant son mouvement quand elle se penche.
Femme dans les trianglesFemme dans les triangles
Le sujet finit par disparaître, dans la rupture avec le mimétisme il ne reste plus que des formes géométriques des courbes comme dans les Disques de Newton
les disques de Newton
Finalement toute une série arrive au grand tableau Anamorpha présenté au salon d’Automne 1912.
Anamorpha
La suite de l’exposition consiste en tableaux abstraits et souvent très colorés. qui dit abstraction ne dit pas création au hasard ou gratuite. On assiste souvent à des gammes avant de traduire une idée abstraite comme la courbure de l’espace-temps qui a intéressé Kupka ou ces architectures ascensionnelles ou gothiques.
J’ai beaucoup aimé Autour d’un point
Autour d’un point
et Jazz hot
Jazz hot
Mais je peux pas tout montrer ce que j’ai photographié avec ardeur!
Affiche de l’!exposition Van Gogh : vue de l’appartement de Théo
Cette exposition couvre la période qui va de la fin du XVIIIème (avant même la Révolution) jusqu’au cubisme, Mondrian, et Van Dongen qui sont des peintres du XXème siècle.
Elle est organisée autour de quelques grands noms de la peinture, des Hollandais ayant travaillé à Paris confrontés à des artistes français qui leur correspondent.
Van Spaendonck (1746_1822) – Natures mortes florales
Van Dael
est le chef de file d’une école de peintres de la nature peintre de grands tableaux de bouquets de fleurs. on entre de plain pied dans l’atelier des peintres.L’atelier de Van Spaendonck était au Jardin du Roi (jardin des Plantes) dans la Maison de Buffon peinte par Knip. Bonaparte transforma la Sorbonne en créant un atelier. On voit les élèves, des jeunes filles de bonnes familles peignant des fleurs.
Des planches botaniques d’un élève de Van Spaendonck, sont de toute beauté. Avec JJ Rousseau l’intérêt pour la nature était répandu.
Ary Scheffer – Artiste officiel et engagé
Ary scheffer : femmes souliotes
Arrive à Paris en 1811. Il accueille rue Chaptal, dans son atelier Chopin, Liszt, George Sand, Lamartine. Il a étudié avec le même professeur que Géricault ou Delacroix. Une petite étude pour les Femmes souliotes m’a bien plu. les tableaux ultérieurs de thème religieux avec des femmes blafardes aux yeux révulsés, en revanche, n’ont pas retenu mon attention.
Ici aussi, on a un tableau qui montre l’atelier du maître rue Chaptal et ses tableaux religieux à fond bleu.
Jongkind – Vie de Bohème et circuits alternatifs
Notre Dame vue du quai de la Tournelle
Arrive à Paris en 1846. les circuits alternatifs sont les galeries et les cafés, alternative aux plus officiels salons. Jongkind côtoie l’Ecole de Barbizon. Le très beau tableau de la marée basse à la plage d’Etaples de Boudin avec un ciel nuageux qui occupe les deux tiers du tableau tandis que pêcheurs à pied et bateauxsont alignés dur une ligne horizontale donne le ton à toute la salle. Jongking prête la même attentions aux ciels dans ses marines comme dans ses vues de Paris.
Dans la salle consacrée à Jongkind on trouve aussi Sisleyet Corotainsi que Maris(1839-1917) et Daubigny.
Kaemmerer (1839-1902) -L’enfant chéri du marché de l’art
Un baptême sous le Directoire
était pour moi un inconnu. Il a apporté un soin particulier aux textures des costumes, des dentelles et des chapeaux. Il a peint surtout des tableaux de genre qui avaient un grand succès : élégantes à la plages, cavaliers….
Breitner (1867-1923)
Breitner : A bord
Breitner est une découverte. Ses grands tableaux sombres sont impressionnants, les chevaux à Montmartre ou une soirée sur le dam d’Amsterdam m’a beaucoup plu. A bord m’a amusée. On devine une parenté avec Degas et avec Van Gogh.
Une soirée sur le Dam à Amsterdam
Vincent Van Gogh arrive à Paris en 1886 meurt en 1890
jardins potagers à Montmartre
la salle ne contient pas les tableaux les plus connus d’Arles ou d’Auvers. Ceux qui sont accrochés sont ceux qu’il a fait à Paris. Ils ont des teintes plus fraîches.J’ai beaucoup aimé les jardins et potagers, les moulins de Montmartre
Van Dongen arrive à Paris en 1897 et revient en 1905
Van Dongen – Moulin de la Galette
Il est fasciné par la vie de café. il fréquente Picassoet Vlaminck. Sa série sur le Moulin de la Galette est un véritable feu d’artifice des couleurs. Ce n’est qu’après que je remarque que les fleurs sont celles des chapeaux des élégantes, et les yeux très fardés.
J’ai beaucoup aimé aussi les danseurs et danseuses.
Mondrian(1872 -1944)
mondrian : arbres
En clôture de l’exposition et en compagnie de Braque et de Picasso illustre le cubisme.
Exposition temporaire du 8 février au 6 juillet 2018
liseuse
Je ne connaissais que les paysages de Corot. Cette exposition est dédiée aux personnages.
liseuse
Personnages qui animent ses paysages d’Italie ou mythologiques.
Portraits de famille, ayant pour but la ressemblance, pas toujours flatteurs.
Mais aussi séries de portraits réalisés avec un modèle, des costumes d’italiennes, de Grecque, d’Espagnoles….Série de jeunes filles à la fontaine, à la mandoline, de liseuses….Toutes charmantes.
Quelques hommes, parmi lesquels des moines lisant.
Exposition temporaire 26 janvier – 22 avril 2018 au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris
Urban riders
Plasticien franco-algérien, né à Blida (1978), nous offre une exposition composite (photos, vidéos, objets, dessins) autour du thème Urban Riders.
A l’occasion de l’organisation du Horse Day, événement destiné à revitaliser un quartier nord de Philadelphie en 2014, Mohamed Bourouissa s’est installé 9 mois autour des écuries pour la réalisation d’un film et d’une sculpture monumentale. L’exposition Urban Rider réunit donc, la grande sculpture The Ride, les costumes portés par les cavaliers, colorés, délirants, les dessins du storyboard préparant le film, diverses vidéos et le film.
story board
Cet événement joue avec l’univers fantasmé du western mais aussi avec la réalité urbaine. Le cheval est caparaçonné de CD qui brillent, une vidéo projetée sur le capot d’une de ces grosses voitures américaines qui sont aussi des monuments de la culture populaire américaine.
sur un capot de voiture
Cette exposition a été réalisée en 2017 pour la Fondation Barnes de Philadelphie. Sa présentation évoque Fanon et les Damnés de la Terre. Dans le film, Bourouissajoue avec les contrastes Noir et Blanc, cavalier noir sur cheval blanc. Cheval blanc à tête noire. Un dialogue intrigue il s’agit de John Wayne, les palefreniers parlent-ils de l’acteur ou est-ce le nom du cheval, un petit poney à magnifique crinière blanche. Sur un cheval noir passe un cavalier vêtu de blanc….
caparaçon brillant!
J’ai été très intéressée par ce métissage des cultures : culture banlieue « Gang style », culture western, et cela filmé traduit en image par un algéro-français…..
De retour de l’expo je me suis documentée sur Internet au sujet de Mohamed Bourouissa. Et j’ai trouvé tout un travail sur les banlieues (Bourouissa est de Courbevoie). Dans le Monde 2, un porte-folio où ses photographies sont comparées à des Caravage. Ailleurs j’ai trouvé des vidéos captées au téléphone portables en prison, échangées avec un ami emprisonnés, aussi une vidéo en caméra cachée sur les revendeurs de cigarettes à Barbès. Regard politique sur les damnés de la terre. Dans un interview on lui demande s’il n’a pas eu envie de faire le même travail « chez les riches« . La réponse m’a étonnée « c’est compliquer de filmer chez les riches! » , il y avait bien pensé, au Brésil.
Avec l’art contemporain, j’ai parfois du mal. Mais je fais des efforts!
1929 -1939 : un nouveau musée : les origines de la modernité sont européennes, Cézanne le fondateur? Picasso, bien sûr, Brancusi, et Klimt, De Chirico, Dali, Matisse, Man Ray…Klimt : détail
.voisinent avec des roulement à bille SKF et des pièces de plomberie brillantes. Un seul peintre américain : Hopper et Frieda Kalho. Je suis éblouie de tous ces chef d’oeuvres que je reconnais. Quelques surprises pour moi : un merveilleux Signac
Signac : portrait de Fénéon
Je ne sais que choisir, je ne sais où donner de la tête : les cartels sont très complets. Chacun relate une anecdote, un détail sur lequel on s’arrête.
matisse : poissons rouge et palette
Chacun est un chef d’oeuvre, et ils ne re-voyageront sans doute pas de si tôt! pour les revoir il me faudra aller à New York! Je fais des découvertes Boccioni et Kirchner que je n’ai jamais vus. Kirchner éliminé comme art dégénéré de Berlin a trouvé sa place au MoMA en 1937.
Frieda Kalho : autoportrait aux cheveux coupés
Les images animées accompagnent la peinture : une longue séquence du Cuirassé Potemkine – la scène de l’escalier, bien sûr – un curieux film mettant en scène noirs et blancs qui a choqué en ce temps de ségrégation et qui ne doit sa conservation qu’aux collections du MoMA. Un des premiers Walt Disney.
Afiches de la Guerre d’Espagne
Quand on avance dans les années 30, l’histoire s’invite avec les affiches soviétiques de Klutsis qui entrent dans les collections du MoMA en 1937. Des photomontages donnent des effets de perspectives . En parallèle, les affiches de la Guerre d’Espagne
Le Triptyque de Beckmann illustre « le voyage triomphant de l’esprit humain au delà de l’agonie di Monde Moderne » qu’on peut aussi voir comme l’exil en réaction au nazisme
Triptyque de Beckmann
3. Abstractions américaines dans les années 1950, la vie artistique se recentre sur l’Amérique. Les artistes majeurs sont alors Pollock, Rothko et O’Keefe
Pollock she-wolf – la louve
Pollock
5. Amérique Pop
Lichtenstein, Andy Warhol et les photos de Diane Airbussont des oeuvres connues et attendues
Dans les années 60 à 75 les mouvements contestataires s’expriment dans l’Art en action plus difficile à aborder pour moi.puis
Jeffe Hall – Métaphore de la photographie
7. Images et identités (1975-2000)
Les objets présentés sont divers, aussi bien des photos, vidéogrammes, que le drapeau arc en ciel. Tous témoignent de reflexions, sur les identités des minorités, des études de genre. Nous avons eu la chance d’écouter un conférencier nous décrire cette magnifique photographie de Jeff Hall où de nombreux indices nous parlent de photographie, aussi bien les ampoules apportant la lumière, que l’ampoule rouge de la chambre noire où l’on va développer le cliché avec la vaisselle symbolisant les produits chimiques et les bacs où se développe la photo… tous ces détails qui m’avaient échappés.
drapeau afro-américain
j’ai aussi beaucoup aimé la grande toile « flottante » de Kerry James Marshall
L’exposition se prolonge dans les étages supérieurs, la peinture laisse place à des expériences visuelles et sonores passionnantes comme ce motet à 40 voix, 40 baffles sont disposés sur des supports autour de la salle. on peut soit s’asseoir au milieu pour écouter la polyphonie soit se promener dans la salle en écoutant les différentes « voix » du chœur.
Une autre expérience est visuelle : un film étrange Emissary in the squat of Gods de Ian Cheng. Comment qualifier ce film? Animation? On croirait que les personnages – des hommes préhistoriques? _ sont en papier coupé et déchiré, mais ce que j’ai trouvé sur Internet me montre que Chengtravaille plutôt sur des figures numériques, algorithmes, et calculs divers. Le résultat est très planant surtout qu’aucune musique ne parasite le spectacle, seuls des bruits très doux comme les gouttes de pluie, le vent la respiration de la terre : une communauté très ancienne vit sur le flanc d’un volcan. le sol se met à trembler…. Si nous n’avions pas tellement passé de temps dans l’exposition je serais bien restée longtemps devant le film.
Encore une fois, une exposition si copieuse que je n’ai plus la force de consacrer toute la concentration nécessaire aux dernières salles.
Dans le cadre prestigieux de l’Abbaye de Maubuisson le plasticien Hicham Berradaprésente une installation en 4 actes :
Le Jardin inaltérable
jardin inalterrable
Dans une enceinte stérile, d’air contrôlé, le visiteur est prié de revêtir charlotte, sur-chaussures, masque… pour pas introduire de micro-organisme, un olivier au tronc recouvert d’or (minéral inerte) seul grandit et vit? un algorithme est matérialisé par des pixels sur un écran. Sur notre groupe de 14, seules deux ont « pris le risque » d’entrer dans l’enceinte, interloquées, dépaysées. On ne voyait pas tellement mieux qu’à travers les panneaux qui faisaient comme une glace sans tain. Mais c’était une impression d’aventure. comme participer physiquement à une oeuvre d’art.
Reflets dorés
Le temps qui passe étant le thème principal de l’exposition, dans cette salle séculaire, dorée, le temps semblait arrêté dans cette atmosphère abiotique.
Masse et martyr
masse et martyr
74 803 jours est le temps qui’l faudra pour que la pièce en bronze qui s’altère, que le plasticien a nommé martyr soit décomposée en milieu naturel. Hicham Berrada en procédant à une électrolyse va rendre sensible cette altération, des bulles s’échappent d’une électrode tandis que des produits solides faisant penser à des fumées vont se sédimenter lentement après des flottement en convection.
J’avais déjà vu une installation semblable à Versailles dans le Voyage d’Hiver. En plein air cette installation m’avais paru hors saison tandis que dans l’abbaye, dans l’obscurité et le calme, une méditation sur le temps qui passe m’a beaucoup touchée.Il faut dire que cette fois-ci, une médiatrice, une vidéo avec le making-of de mieux appréhender le phénomène.
Méditation x240
Sur des écrans représentant la salle de l’Abbaye, une tache de lumière se déplace à la vitesse accélérée 240 fois. Encore une représentation du temps qui passe. mais qui ne m’a pas convaincue.
Making-of du montage de l’exposition
Une vidéo d’une dizaine de minutes présente l’artiste, sa biographie, ses méthodes de travail,la philosophie de son installation. Si je n’avais pas visionné cette vidéo, je serais passée à côté de l’installation. C’est mon problème avec l’art contemporain, souvent très cérébral. Si on n’explique pas les intentions ces dernières restent souvent cachées à la béotienne que je suis. Quand on m’explique, tout s’éclaire.
Présage
est une vidéo réalisée dans un becher filmé. Différents produits chimiques précipitent, réagissent, cristallisent poussent, se métamorphosent…On a une impression de création du monde. d’un monde aquatique sous-marin. De paysages étranges, colorés. Limite entre chimie et vie. C’est très poétique et très joli.
Je suis sortie conquise. finalement l’art contemporain vaut la peine qu’on se donne un peu de mal pour l’aborder!
pour les vidéos, cliquer ICI pour arriver sur mon blog blogspot qui permet de les intégrer!
De Fautrier( 1898 -1964), je ne connaissais que le nom. C’est donc une découverte pour moi bien que ce soit un peintre majeur qui a traversé le XXème siècle selon Jean Paulhan qui a travaillé avec lui dans Fautrier l’Enragé que nous reconnaissons dans deux vidéogrammes au milieu de l’exposition.
les trois vieilles
Les débuts de l’artiste en France (1922-125) sont représenté par des portraits très sombres, visages gris, fermés, rehaussés de carmin des personnages habillés et coiffés de noir, de la Promenade du dimanche au Tyrol. Le Portrait de ma concierge n’est pas plus riant, la vieille femme a un visage gris verdâtre, des mains noueuse violacées. Trois vieilles femmes sont très expressivesmais toujours aussi sinistres. pas gai, mais saisissant!
La promenade du dimanche au Tyrol
La salle suivante est plutôt dans les tons bruns : de nombreux portraits de son modèle Andrée Pierson la montre nue, oit des sanguines, soit des huiles.Toujours dans la tonalité marron, des natures mortes, un lapin écorché.
Andrée Pierson sanguine
Aux bruns succédera la période noire (1926-1927). Les paysages de montagne des Alpes et du Tyrol l’inspire de paysages de glaciers saisissants, la montagne est noire, rehaussée d’empâtements blancs ou gris, en creux, lisse un lac bleu est spectaculaire.
tableau très sombre
Un un est couvert de tableaux noirs où les fleurs ou les chardons semblent jaillir de l’obscurité, jaillissement de la lumière, parfois réduite à une tache colorée qui attire le regard. les tableaux d’animaux écorchés, du grand sanglier pendu éventré, du lièvre écorché, sont tellement criants qu’ils sont difficilement soutenables.
fautrier : poissons
Les poissons sont moins difficiles à regarder. Un canard colvert noir sur fond presque noir se détache grâce à une tache blanche
Des nus émergent d’un magma noirâtre, d’une toile barbouillée, les seins, la pliure d’un genou griffés dans la pâte, un halo clair autour des épaules. C’est saisissant!
J’ai été très impressionnée par cette salle sombre.
1928 Port-Cros
La peinture évolue vers la couleur, la palette s’éclaircit. Les sujets se diversifient , on voit des végétaux, des paysages, des arbres torturés et même des aquarelles et pastels plus fluides.
les oliviers
1930-1940 : après la Crise économique de 1929, Fautrier devient hôtelier, moniteur de ski.
L’exposition chronologique est interrompue par la projection de plusieurs films où Paulhan interroge Fautrier. On voit aussi le peintre au travail : étalant au couteau un enduit pâteux qui’l va malaxer, griffer saupoudrer d’un pigment en poudre. Fautrier parle de son art : l’art informel différent de l‘art abstrait. Il cherche à sortir de la figuration qui n’a plus de sens depuis que la photographie existe pour faire émerger l’essentiel. Dans cet informel, se trouvent bien sûr les images peintes mais aussi des images naturelles comme des coupes histologiques, ou une photographie en gros plan d’une feuille tombée à l’automne, ou des reflets sur l’eau.
Fautrier – art informel
Deux thèmes occupent chacun une salle : les illustrations de l‘Enfer de Dante(1928-1940) série de lithographies au dessins énigmatique parfois dessins à la plumes érotiques et voluptueux pour illustrer l‘Alleluyah de Bataille.
Fautrier a aussi sculpté de nombreuses têtes féminines,en bronze le plus souvent.
moulin à café
Pendant la guerre un nouveau sujet : les Otages évoquent les otages pris par l’occupant. Têtes massives, plutôt grosses taches blanches d’enduit épais, griffé
fautrier boites
1946 – 1955 Les objets sont d’une simplicité étonnante : un Moulin à café, une boîte en carton, ou plutôt les arêtes qui délimitent ses contours, une passoire bleue, des boîtes de conserve. La pâte devient de plus en plus épaisse. Sur l’enduit blanc des couleurs plus vives se détachent, des bleus, des verts.
passoire bleue
1955 – 1936 : la salle est intitulée l‘Oeuvre Final les tableaux sont plus grands, moins intéressants, plus répétitifs. je décroche.
Exposition temporaire du 18 octobre 2017 au 10 juin 2018
On descend par un escalier bleu nuit pour arriver à un ciel étoilé traversé d’étoiles filantes et de météores. Le météorec’est le phénomène lumineux observable quand un astéroïde traverse notre atmosphère; le météorite est le solide observé après la chute.On peut même jouer à attraper une météorite en vol.
Des pierres de tonnerre aux météorites présente les collections de météorites, leur histoire, leurs caractéristiques. On reconnait une météorite d’un caillou terrestre à sa densité élevée, son fort magnétisme et l’aspect de sa croûte de fusion. Les météorites ont aussi une odeur, H2S ou SO2 qu’on peut même humer. Une fois qu’on a fait connaissance, on découvre toutes sortes d’objets : certaines sont massives comme celle de Tiberrhamine, ou brisée en 1000 morceaux comme celle de Pullisk.
Pour le plaisir : installation des plasticiennes : Aérolithes Judith Espinas et Alexandra Roussopoulos
Elles racontent des histoires, la dernière météorite connue tombée en France fut celle de Draveil en 2011. Les chutes de météorites sont connues depuis l’Antiquité, et certaines ont laissé des traces comme la météorite d‘Orgueil (1864) qui a donné lieu à toutes sortes de lettres. Théodor Monod rechercha pendant plusieurs expéditions dans le Sahara la météorite de Chinguetti trouvée en 1916.
Celle d’Evisheim (1492) est connue par les Chroniques de Nuremberg. Albrecht Dürer assista à l’événement et la dessina.
la météorite de la Caille pèse 626kg.
les météorites du Groenland furent autrefois la seule source de fer pour que les Inuits forgent leurs hameçons et leurs harpons. De même pour les Egyptiens de l’Antiquité : dans la tombe de Toutankhamon, on a retrouvé un poignard en fer de météorite.
En 2013, la chute d’une météorite sur Tcheliabinskd’un diamètre de 20m provoqua une panique dans l’Oural, blessa un millier de personnes et coucha les arbres de la forêt par son souffle.
Celle de Tementit était, selon la légende, en or qui par la suite se transmua en fer…..
Un joli petit spectacles d’hologramme raconte l’histoire des scientifiques qui établirent l’origine extraterrestre des météorites. A la fin du 18ème siècle, on doutait de ces « pierres qui tombaient du ciel ». Chladmi(1794) puis Jean Baptiste Biot posèrent les bases scientifiques de la théorie?
Une carte répertorie les cratères d’impact , pendant l’impact la roche fut aussi vitrifiée un échantillon de verre libyque pèse 26kg, à côté on présente des « pierres sacrées » de verre?
Un film raconte en la formation de l’univers, du nuage de gaz à la formation de chondres(petites billes), puis d’astéroïdes et de planètes.
chondrites
Enfin des échantillons sciés de météorites font la différence entre les chondrites, météorites indifférenciéescontenant des chondres (78%) et des météorites différenciées qui comportent un noyau métallique, entouré de manteau et de croûte : météorites ferreuses 5%. Certaines proviennent de volcans d’astéroïdes . La météorite d’Esquel, contient des cristaux d’olivine.
A la recherche de nos origines fait raconter aux météorites l’histoire de l’univers; Les chondrites sont les « survivantes » : leur composition a peu évolué depuis la naissance du soleil. On peut étudier leur structure interne grâce à de l’acide nitrique qui fait apparaître des figures géométriques : les figures de Widmandstätten.
figure de Widmandstätten
les vedettes de l’exposition sont les météorites ayant la même composition que le sol de Mars et de la Lune. d’après les échantillons de la misssion Apollo A défaut de marcher sur ces planètes ont peut s’approcher des météorites. Une animation explique la naissance de la lune par la collision de la Terre et de Theia, un astéroïde de la taille de Mars qui provoqua un mélange de matériaux venant des deux planètes, 10.000 ans plus tard, naissait la Lune.
L’exposition se termine par le film d’une exposition de chercheurs de météorites dans le désert. La découverte d’une météorite est chargée de beaucoup d’émotion. La météorite comme un pont entre la Terre et l’Univers…..
pour le plaisir : installation du plasticien Martin MacNully