Exposition temporaire au Musée de la Chasse et de la Nature jusqu’au 1er Juillet 2018 (Garouste) et 2 septembre (Laurie Karp)
Racontée par Ovide dans les Métamorphoses, l’histoire du chasseur Actéon qui, par hasard, assista au bain de Diane. La déesse, furieuse d’avoir été surprise nue le métamorphosa en cerf. Ses chiens n’ont pas reconnu leur maître et l’ont dévoré.
Etude pour actéon
L’exposition occupe les deux salles du rez de chaussée du Musée et comporte une douzaine de grandes huiles sur toile ainsi que des études au dessin que j’ai trouvées intéressantes
Garouste étude au dessin
Il présente surtout la scène de la dévoration, assez peu celle de la rencontre avec Diane. D’ailleurs il a prêté peu d’attention à la déesse qu’il a dessiné avec un visage lunaire correspondant peu à l’image que je me fais de la chasseresse.
Garouste
Belle exposition, mais un peu restreinte, j’aurais aimé en apprendre plus sur Garouste
Les œuvres de Laurie Karp sont tout d’abord disséminées dans les collections permanentes. Il faut les chercher, ce qui n’est pas évident parce que ce sont des céramiques de petite tailles plutôt discrètes parmi les animaux empaillés, les armes, les tableaux et autres présentations. Si je n’avais pas visité récemment, à l’occasion de l’exposition Sophie Calle, j’aurais sans doute consacré plus d’attention et de temps pour me laisser surprendre, j’ai utilisé le plan et trouvé les petites figurines : femmelettes dans une coupelle, ours miniature et femme dans une position suggestive (sur le moment je ne savais pas que l’artiste était une femme).
Au deuxième étage deux salles sont offerte pour ses parcours sur le thème de la forêt et de l’eau : coupelles bizarres remplies d’une matière imitant l’eau, personnages qui grimpent. Je n’ai pas été convaincue.
Exposition temporaire à l’Orangerie jusqu’au 20 Août 2018
Monet : pont japonais
Monet est-il un peintre abstrait?
Monet : Saule pleureur (1920-1922)
Cette exposition célèbre le centenaire de la décision de Monet d’offrir les nymphéas à l’Etat français, elle met en évidence la postérité de Monet dans l’art américain. En 1955 le MoMA acquiert un Monet et les tableaux de l’exposition sont souvent introduits par le Critique Greenberg qui publia en 1955 un grand essai sur la peinture américaine faisant de Clyfford Still,Barnett Newman, Pollock ou Tobey des héritiers de Monet.
Pollock : Untitled 1949
Intéressante confrontation de peintres de continents et d’époques éloignées.
Si la couleur « devient autonome » et primordiale, on saisit mieux la parenté entre les nymphéas et les toiles de Monet qui sont un feu d’artifice de couleurs.
Rothko et Clifford Still peignent selon le Colour field painting avec de grands champs de peinture
Clifford Still 1965
Les grandes taches ont des contours déchiquetés, la peinture au couteau donne un certain relief aux taches, on regarde le très grand tableau un peu comme un paysage
Pollock : the deep (1953)
Dans les tableaux de Rothko, rien pour raccrocher l’oeil à du figuratif : de grande taches colorés
Rothko
De Kooning dans sa Villa Borghèse, après avoir peint des paysages urbains retrace à New York des souvenirs, recollections de Rome
De Kooning villa Borghese
On peut aussi citer Morris Louis avec ses acryliques délavés qui font comme des bandes verticales (j’aime moins, donc pas de photo) ou Helen Frankenthaler également des acryliques
Helen Frankenthaler (non! ce n’est pas la photo qui est floue mais le tableau!)
j’ai beaucoup aimé le tableau de Guston « impressionisme abstrait »
Guston détail du rouge au centre du tableau
Riopelle, peintre canadien, établi en France expérimente une technique originale de « mosaïques »
Détail d’un tableau de Riopelle (bord du tableau)
Et je termine par un de mes préférés Round the world de Sam Francis (1958-1959)
Around the world
Bien sûr, on n’a qu’une envie : monter au rez de chausser dans les deux salles des Nymphéas. On aimerait les avoir pour soi et méditer devant mais gare aux groupes de Chinois ou Japonais!
L’an dernier a commémoré Rodin et le Musée Camille Claudel a ouvert à Nogent-sur- Seine. J’attendais les beaux jours pour aller le visiter.
La Seine à Nogent : le bateau-lavoir et au fond, la Centrale
Nogent-sur-Seine est dans l’Aube, en Champagne-Ardennes, à 130 km de Créteil. C’est un peu loin, mais il faisait si beau. Plusieurs itinéraires sont possibles, par l’A4 et Provins, par l’A5 et Bray-sur-Seine, ou par la Nationale 19, Brie-Comte-Robert- Nangis-Provins. A l’aller nous avons emprunté l’A5 bien roulante, sortie 18 et route) travers la Brie, colza en fin de floraison, blé déjà haut, pas un coquelicot, pas un bleuet, pas de moutarde sur les bords, pas étonnant que les insectes et les oiseaux désertent la campagne! Pas de haie, même pas un bosquet. La monotonie est rompue par des tapis roulants qui convoient le sable ou les graviers de carrières. On traverse peu de villages, la route évite Bray-sur Seine que nous voulions voir. Un arrêt devant le château de La Motte-Tilly précédé d’une majestueuse allée de marronniers et de pelouses.
Le château de la Motte-Tilly
Nogent-sur-Seine se devine de loin avec les grosses cheminées de la centrale nucléaire d’où sort un panache. Samedi c’est le marché autour d’une belle halle, joyeuse animation dans la rue principale, queue chez les boulangers. L‘église Saint Laurent est spectaculaire avec ses grandes statues surmontant le clocher carré. A l’intérieur, les tableaux sont bien mis en valeur, explication et lumière. Il va y avoir un mariage, les bouquets fleurissent le chœur, un homme (le prêtre ou le fleuriste?) met la main au plus grand bouquet de lys blanc en chantant en portugais.
Le moulin Sassot qui enjambe la Seine
Dans les rues je remarque de belles maisons à pans de bois. D’autres sont en brique ou brique et meulières. Les bords de Seine sont agréables; je remarque un bateau-lavoirvert, qui est une véritable blanchisserie. Un grand moulin enjambe la Seine : c’est le moulin Sassot construit au 19ème siècle détruit puis reconstruit en 1908, maintenant le Siège de l’entreprise Soufflet qui est justement une très grosse entreprise en minoterie et de malterie. Cette construction de brique ressemble un peu à la chocolaterie Menier de Noisiel. Nous aurions dû arriver plus tôt pour prendre notre temps de nous promener dans cette ville charmante, chercher peut être la Maison de Camille Claudelet celle où Flaubert est venu en villégiature.
Le Musée Camille Claudel
Inauguré en 2017, c’est un musée tout neuf, très bien conçu, clair. L’audioguide est compris dans le billet. Il faut le prendre, il est passionnant ; quoique je n’ai pas tout écouté parce que j’aurais pu rester toute la journée, tant les explications sont riches.
Alfred Boucher : Jeune fille lisant
Si on honore Camille Claudelen donnant son nom au Musée, il faut savoir que les sculpteurs fameux ont été nombreux à Nogent-sur-Seine. Le musée fait tout un panorama de la sculpture de la fin 19ème siècle, début 20ème, notamment aux artistes locaux :Alfred Boucher(1850-1934) qui fut le maître de Camille Claudel, Ramus (1805-1888) Paul Dubois (1829-1905). Ces trois sculpteurs jouissaient d’une certaine notoriété qui leur permis d’obtenir de nombreuses commandes officielles.
Alfred Boucher : Faune et Bacchante
La Salle 2 : être sculpteur au 19ème siècle donne une bonne introduction à la technique de la sculpture, on voit les étapes de la fabrication d’une statue, du modèle en plâtre ou en terre à la réalisation du bronze avec le moulage à la cire perdue, ou en pierre grâce à la « mise au point », pointage tout à fait visible avec des sortes de clous ou aiguilles régulièrement réparties sur le corps du plâtre.
Paul Dubois : l’Alsace et la Lorraine
Salle 3 : Lla sculpture et l’espace public : A la fin du 19ème siècle, on construisit beaucoup et entre la défaite de Sedan et la Première Guerre mondiale les représentations patriotiques matérialisaient le souvenir de l’Alsace-Lorraine perdues, et la « héroïsation » de Jeanne d’Arc (nous ne somme pas loin de Domrémi) .
Paul Dubois : statue équestre de Jeanne d’Arc
Autre sujet : les représentations de scientifiques et médecins,(Pasteur, bien sûr) destinées à figurer sur les places publiques.
La mythologie était aussi sujet d’inspiration, comme les vertus chrétiennes (mais ce n’est pas uniquement à cette période).
Salle 4 : Paul Dubois chef de file des Néo-Florentins présente des bronzes délicats
idéal féminin
Salle 5 : Les métamorphoses de l’idéal féminin est un « cours de sculpture » un petit groupe Tres in Una de Richer illustre la beauté antique, la beauté de la Renaissance et la beauté moderne; De nombreux marbres accompagnent ces cours et les deux bas-reliefs de Bourdelle ont un style bien différent des recommandations académiques.
Salle 6 : Allégorie et Mythologie
Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes
Gustave Doré : Nymphe dénichant des faunes est tout à fait remarquable.
Salle 7 : Représentation du Travail. L’oeuvre la plus spectaculaire est un ouvrier pelleteur représenté à l’ouvrage mais nu, sorte d’Hercule par Alfred Boucher
ouvriers à l’ouvrage
Après avoir traversé la salle 8 : La sculpture de la Sphère privée montre des collections variées.
Bourdelle inspiré par Loi Fuller
Enfin on arrive à l’étage pour Le corps en mouvement où je découvre des danseuses, danseuses classiques ou antiques mais aussi inspirées de Loie Fuller et sa danse du voile ainsi qu’Isadora Duncan : un groupe de Bourdelle. Les sportifs sont aussi montrés en mouvement.
A Boucher : tous au but
On entre enfin, dans l’atelier de Rodin avant d’aborder les salles dédiées à Camille Claudel. Camille Claudel a passé, adolescente, les années 1876 à 1879 à Nogent. A 14 ans elle sculptait déjà et se fit remarquer par Alfred Boucher. En 1881, elle étudie à Paris, Alfred Boucher venait corriger les travaux puis fut remplacé en 1882-1883 par Rodin pour qui elle deviendra praticienne et modèle dès 1884.
Camille Claudel : buste de RodinCamille Claudel : buste de Rodin
On peut voir côte à côte des oeuvres de Rodin et de Camille Claudel sur des sujets identiques, le portriat de Rodin par Camille Claudel.
Autour de la Valse
Apothéose du musée : la salle Autour de la Valse : une série de 4 couples de valseurs , bronze, grès, plâtre. le médiateur du Musée raconte que Debussy, très ami de Camille Claudel possédait un tel groupe.
Une autre salle est dédiée à une oeuvre spectaculaire : Autour de l’âge mur et al dernière à Persée et Gorgoneen marbre réalisé par Pompon, la maladie de Camille lse faisant déjà sentir.
EXPOSITION TEMPORAIRE au Musée du Quai Branly jusqu’au 06/01/19
Frise de personnage pour le pavillon d’Asie de Marie Antoinette Ballard-Devé
La peinture des lointains ne pouvait qu’attirer la voyageuse, les tableaux exotiques colorés, orientalistes, de marines, de déserts…..Quoique….les collections proviennent du Musée de La Porte Dorée, autrefois Musée des Colonies et nombreuses œuvres sont des commandes à l’occasion de l‘Exposition Coloniale de 1931. Ces images sont restées méconnues justement à cause de l’héritage colonial et du spectacle colonialiste et parfois raciste qui fut donné à l’Exposition. Exposition sulfureuse?
Les peintures exposées concernent des horizons plus lointains que cette exposition coloniale, éloignés par la distance et dans le temps.
Pèlerins de DjeddahPèlerins de Djeddah
Le choix des sections, « Séduction des lointains », « bourlinguer », fait appel au thème du voyage comme « promesse heureuse de dépaysement« . On s’embarque avec les peintures de marines de Charles Fouqueray dans le port de Saïgon ou avec les Pélerins de Djeddah,
Port de Saigon
Les orientalistes du 19ème siècle sont bien représentés avec le Café maure à Alger
Café maure à Alger (1860) Germain Fabius Brest
la Mosquée de Basse-Egypte de Perilhat
Mosquée en Basse Egypte – Perihat
Au début du 20ème siècle l’Afrique du Nord a séduit les peintres
Djerba (1926) André SurédaDjerba (1926) André Suréda
Les laques de Jean Dunand (1877-1942) de Style Art Déco m’on beaucoup plu
Eléphant laque de Jean DurandEléphant laque de Jean Durand
Une autre section est intitulée : « L’appel du Désert – le rêve nomade »
Théodore Frère : La halte sous les palmiers
Fuir l’Occident est illustré par Emile Bernard et Paul Gauguin (très belles gravures de ce dernier). J’ai aussi bien aimé le tableau Ambohimanga (Madagascar) de Willi Worms
Toute une salle est consacrée à Paul et Virginie : gravures, tableaux assiettes et éditions illustrées. Le thème de l’odalisque est aussi présent
Odalisque : Ange TissierOdalisque : Ange Tissier
Visiteurs lointains, introduit toute une série de portraits, pittoresques, anthropologiques (ou pas), les portraits d’indiens d’Amérique de Catlin,
Emile Bernard : Abyssine à la robe de soieAbyssine
Duco Sangharé, Peule
sont mes préférés, mais j’aurais pu en présenter d’autres….
La suite de l’exposition fait plus explicitement référence à la colonisation : grands portraits de Savorgnan de Brazza et de différents militaires et politiques (Jules Ferry), les opérations militaires ne m’ont pas spécialement intéressée et encore moins les grandes fresques colorées légendées avec les différents produits minéraux ou agricoles des colonies. je suis passée sans m’arrêter.
En revanche le jardin indochinois d’un peintre vietnamien a su me séduire
Exposition temporaire au Musée d’Orsay jusqu’au 7 juillet 2018
jeune paysanne de Johann Walter
Je n’aurais pas manqué l’occasion de flâner encore à Tallinn, Riga, Vilnius ou Kaunas. histoire de raviver des souvenirs de notre voyage. Nous avions vu de beaux musées à Tallinn, Kaunas et Vilnius et j’avais adoré la maison de Curlionis
Curlionis
L’exposition du Musée d’Orsay a choisi de présenter par thèmes sans séparer les peintres de chacun des pays baltes et sans souci de chronologie(certains tableaux datent de 1930 et son présentés avant d’autres des années 1910). Les trois thèmes abordés sont : 1 Mythes et Légendes , 2. l’Âme, 3. la nature.
Mythe et Légendes s’ouvre sur des légendes estoniennes, Le Sacrifice de Kristjan Raud illustre une légende ancienne païenne selon laquelle les larmes de trois veuves venues prier font jaillir une source.
Kallis : Linda portant un rocher ; Kalevipoeg
La légende estonienne de Kalevipoeg a inspiré Raud, Triik, ou Tuul : on voit des héros musclés ou au contraires décharnés très symbolistes. Ce n’est pas la peinture que je préfère, déjà les Symbolistes autour de Maurice Denis ne m’inspirent pas tellement. Dans la Bataille de Triik je crois reconnaître des vikings et un drakkar dans le tableau voisin, Lennuk, de Triik.
Lennuk de Triik
Je retrouve avec plaisir Curlionis dans une atmosphère fantastique, trois tableaux avec un enfant, un oiseau, une montagne et une reine suggèrent d’inventer un conte.
Curlionis : Princesse, oiseau
2.L’Âme
Konrad Mägi : Méditation
De nombreux portraits sont exposés, je n’aime pas du tout ceux qui sont torturés, décharnés, sombres et assez sinistres.
Rozentals : Princesse avec un singe
D’autres sont très colorés. j’ai beaucoup aimé la Méditation de Konrad Mägi, la Princesse au singe de Rozentals et la Jeune Paysanne de Johann Walter
3. la nature
Paysage norvégien
C’est la salle qui m’a vraiment plu. Nature ensoleillée des paysages norvégiens de Triik et Mägi ou les forêts, la neige et les reflets sur l’eau de Purvitis
Purvitis
Encore une fois Curlionis est mon préféré avec son cycle de la Création en 13 tableaux, Création différente de la Genèse, incluant une certaine idée de cosmologie, big bang ?,
avec l’apparition de la lumière vers le 4ème tableau, passant du bleu sombre vers le blanc et le rose quand apparaît la vie(de beaux coquelicots rouge) puis on imagine le déclin du soleil avec des teintes orangées. Aimé aussi ses vagues dont un tableau ressemble à celui d’Hokusai.
Exposition temporaire jusqu’au 5 Août 2018 à l’Institut du Monde Arabe
l’Inauguration du Canal de Suez
On entre dans l’exposition au son des trompettes d’Aïda, opéra écrit par Verdi pour l’occasion de l’inauguration du Canal de Suez sur un livret de Mariette, le célèbre égyptologue. Puis, on est convié à la grande réception de l’inauguration du canal de Suez le 17 novembre 1869, parmi les milliers d’invités. au centre une maquette des installations et des bateaux, aux murs photographies anciennes d’Arnoux et Zangaki aquarelles de Théodore Frère et des tableaux, projection sur trois écrans de la novembre cérémonie du commentée par Frédéric Mitterrand, en mode Zitrone, Ce qui m’a étonnée, c’est la cérémonie religieuse commune aux chrétiens réunis sous un pavillon tandis que les imams étaient en face sous un autre pavillon. Œcuménisme, du 19ème siècle? Étonnante absence aussi de Victoria qui a boudé cette réalisation franco-égyptienne ainsi que le Sultan Ottoman alors qu’Ismaïl Pacha avait donné la place d’honneur à l’Impératrice Eugénie.
Sésostris III
Les origines du Canal racontent qu’un canal fut creusé dès l’Antiquité par Sésostris III vers 1850 av. J.C. entre le Nil et la Mer Rouge.
Des barques portant le chargement de 300 ânes pouvaient y circuler. En 519 av. J.C. Darius le restaura, ainsi que Ptolémée II, Trajan et en 643 ‘Amr al-‘As, commandeur des croyants. Il fut ensuite volontairement abandonné. Une stèle cunéiforme en granite rose au nom de Darius fut trouvée pendant les travaux de creusement par Mariette et atteste de ce canal antique.
En 1504, les Vénitiens présentèrent au mamelouk un projet de creusement d’un nouveau canal, sans suite.
L’expédition de Bonaparte et l’Inventaire de l’Egypte par les savants qui l’accompagnaient, l’avènement de Mehemet Ali qui a modernisé l’Egypte réactualisent l’idée du percement d’un nouveau canal.
Les Saint Simoniens etProsper l’Enfantin
En 1846 les Saint Simoniensfondent la Société d’Etudes du Canal de Suez. Ferdinand de Lesseps obtint de Saïd Pacha laconcession en 1855 et le chantier débuta en 1859.
la construction du Canal de Suez
La construction du Canal eut d’abord recours à la Corvée : le khédive mit disposition 25000 fellahs qui ne disposaient que d’outils rudimentaires et qui mourraient par milliers. Des photos et un film égyptien montrent les conditions déplorables des hommes qui moururent par dizaines de milliers. Les britanniques dénoncèrent cet esclavagisme et Napoléon III obtient en 1864 l’abolition de la Corvée. En plus du creusement il fallait draguer le canal pour éviter l’ensablement : une maquette de dragueuse à godet est sous une vitrine tandis que des vidéos montrent son fonctionnement.
Dragueuse à godet
Bartholdi qui avait accompagné Gérôme en Egypte, à la suite de sa rencontre avec Ferdinand de Lesseps, inspiré par les statues antiques géantes eut l’idée du projet d’un énorme phare à l’entrée du Canal à Suez portant une paysanne égyptienne brandissant une torche, l’Occident éclairant l’Orient. Cette réalisation ne se fit pas mais inspira la statue de la Liberté réalisée en 1896
projet pour la statue de Bartholdi
Trois villes furent crées ex nihilo : Port Saïd, Ismaïlia et Port Tawfik (Suez). Un grand plan relief de plusieurs mètres de long est dans une vitrine comme la maquette de Port Saïd. Ces villes étaient très cosmopolites peuplées aussi d’Italiens, et de Grecs. Dans les années 1930, des expérimentations architecturales Art Déco sont illustrées par les très belles photos d’Arnoud de Boistesselin
Architecture Art Déco : photo BoistesselinArchitecture Art Déco
Des tableaux montrent le développement du trafic à travers le canal. Deux années-record : 1966 avec 21.250 t dont 75% de pétrole et plus tard 2008, 21.415 t. Entre temps, les conflits régionaux et mondiaux eurent leurs influences sur le trafic. En 1882, l’armée britannique réprime une révolte de l’armée égyptienne, occupe tout le pays et prend sa part dans l’exploitation du Canal.
En 1888, le canal est déclaré neutre et international. Il est , de fait, contrôle par l’armée britannique .
La nationalisation par Nasser
Le discours de Nasser
Le 26 Juillet 1956, Nasser annonce la nationalisation du Canal. Cet événement capital est mis en scène dans l’exposition : un écran double montre d’un côté Nasser et la foule en délire, de l’autre côté de l’écran, sans le son, mais avec les sous-titres, est projeté le film égyptien Nasser56 qui montre les égyptiens partant contrôler le Canal.
La suite de la nationalisation est l‘Expédition militaire Anglo-franco-israélienne d’Octobre/Novembre 1956
1956
Le Pacte secret de Sèvre est affiché au mur. amusant de constater que Britanniques et Français n’ont pas conservé leurs exemplaires du protocole, il ne reste que l’israélien.
la suite de l’exposition détaille les guerres israélo-égyptiennes des Six jourset de Kippour avec des cartes et des témoignages de vidéos : interviews et films égyptiens : dans les « petits rêves » on voit la démission de Nasser à la suite de la Guerre des 6 jours et les manifestations de soutien au Rais de la population.
Le canal du Futur
le 5/8/2014, le Président Egyptien Al-Sissi annonce le creusement d’un deuxième canal. Une nouvelle capitale administrative construite dans le désert entre le Caire et Suez est prévue pour 2019. Je suis très étonnée d’avoir manqué une telle information.
La visite se termine par un film tourné à bord d’un prote-container commenté par Michel Serres qui parle de la Garonne et aussi des nouvelles voies de navigations par les pôles dégagés par le réchauffement climatique…..
C’est encore une exposition passionnante, même si la fin qui raconte l’histoire est présentée de manière un peu aride.
« ….Le grand coupable, c’est l’impôt. le grand ennemi c’était l’Etat.
Le gouvernement observait avec inquiétude les couleurs de cet incendie qui gagnait sans cesse du terrain….. »
Lemaîtresait raconter des histoires. Je l’ai découvert avec Au revoir là-haut, et naturellement j’ai voulu connaître la suite!
Au revoir la-haut était plutôt un roman de garçons, d’amitiés viriles, Couleurs de l’incendie met en scène des figures féminines : Madeleine, la fille du banquier Péricourt, fille de, ex-femme de, mère du petit Paul, au début du roman, prend de l’envergure tout au long de l’histoire, Léonce, sa confidente, la belle garce, Solange Gallinato, la diva, et l’inénarrable Vladi, qui ne s’exprime qu’en Polonais.
Les hommes détiennent le pouvoir et l’argent, indissociables. C’est une histoire d’argent qui commence avec l’enterrement du Banquier Péricourt rassemblant tout le gratin, même le président de la République. L’héritage de la banque sera convoité, l’héritière flouée…Mauvaise gestion, investissements hasardeux, ou crise de 1929 qui de toutes façon aurait rebattu les cartes?
Madeleine ruinée va se venger (mais je ne vous en dirai pas plus).
C’est un roman historique, une période trouble 1927- 1929 pour la première partie, 1933 pour la seconde. Crise économique et morale, corruption et évasion fiscale. Evasion fiscale et populisme. Certaines ressemblance avec notre époque, ce Charles, président d’une commission contre l’évasion fiscale, pris avec des francs suisses. Cela ne vous rappelle rien? Montée du nazisme, fascination de la droite pour le fascisme de Mussolini. Dans la « reconnaissance de dette« , l’auteur cite ses sources, littéraires mais aussi historiques, la reconstitution de l’époque est basée sur de réelles recherches.
Roman d’aventure, vengeance, roman touffu avec de nombreux personnages mais aussi très amusant, parfois tournant à la farce. Je ne me suis pas ennuyée ; j’ai dévoré ce gros livre.
Est-ce bien nécessaire d’aller voir cette exposition Delacroix au Louvre qui possède les tableaux les plus fameux que chacun connaît comme la Liberté guidant le peuple ou les massacres de Scio, le grand tableau de La mort de Sardanapale est restée à sa place, de même bien sûr que le plafond de la Galerie d’Apollon!
Et bien oui! La présentation chronologique et pédagogique met en lumière d’autres aspects du peintre. Elle situe les peintures les plus connue dans le contexte de leur création. Esquisses qui précéderont les œuvres monumentales, études, petits tableaux : il y a deux petits formats de La mort de Sardanapale qui se font face alors que sur les murs on voit les études de carnation, des bijoux….
La mort de Sardanapale (absente de l’exposition)
Je connaissais Delacroix, peintre de guerre, propagandiste partisan de l’Indépendance grecque : la belle Grecque sur les ruines de Missolonghi.
La Grèce sur les ruines de Missolonghi
C’est Delacroix romantique qui m’a le plus frappé pendant la visite, romantique en peinture, fréquentant Théophile Gautier, George Sand et Alexandre Dumas. Je découvre Delacroix très littéraire, consacrant de l’énergie à l’écriture, lisant et traduisant de l’anglais. Ses sujets d’inspiration sont tirés souvent de Byron (la Grèce, encore! le Giaour, Byron est mort en 1924, la peinture est datée 1926),
Combat entre le Giaour et le Pacha
Le peintre s’est inspiré aussi de Walter Scott : prenant pour sujet un épisode de Quentin Durward pour l’assassinat de l’évêque de le Liège, d’Ivanhoé pour l’enlèvement de Rebecca. Il lit Shakespeare, illustre Hamlet tenant en main le crâne dans plusieurs versions, j’ai préféré la plus sobre. Je découvre aussi ses estampes surtout celles de Faust. Delacroix utilise la lithographie qui est à l’époque un procédé nouveau et qui permet une grande finesse dans les nuances.
Faust
Evidemment j’ai beaucoup aimé Delacroix orientaliste. Ses carnets de voyages sont très émouvants, rassemblant écrits, dessins, esquisses, aquarelles.
carnets de voyage
Delacroix a tout essayé : le portrait, les peintures animalières avec une prédilection pour les chevaux et pour les fauves.
combat de lions
Sans oublier de magnifiques bouquets, des peintures religieuses….
L’affiche et le sous-titre le renvoie à l’abstraction, je le confonds un peu avec Delaunay, Kandinsky, Mondrian. Comme j’aime les découvertes, j’ai filé au Grand Palais dès notre retour de Céret.
Kupka : autoportrait 1905
Kupka est né en Bohème en 1871, alors autrichienne. Je l’imaginais plutôt viennois, mais il s’installe à Paris dès 1896, y travaillera beaucoup et s’éteint à Puteaux en 1957.
madame Kupka dans les verticales 1901-1911
Cette rétrospective très complète montre l’évolution de l’artiste, de la peinture figurative à l’abstraction, passant du symbolisme viennois jusque dans les années 1809-1899 avec des hommes ou ds femmes nues dans la nature, des sujets ésotériques de sphinx ou de génies hindous.
Anticlérical!
Dessinateur de Presse:
A Paris il collabore avec des revues
anticlérical!
satyriques, libertaires, et ses dessins sont aussi corrosifs qu’un Charlie Hebdo, dénonçant le capitalisme, les cléricaux (toutes religions confondues, même francs-maçons), et le militarisme
Anticapitaliste!
Kupka illustre l’Homme et la Terre d’Elisée Reclus
Il illustre aussi Les Erynhies de Lecomte de Lisle, Promethéus d’Eschyle et Lysistrata d’Aristophane, approfondissant sa connaissance de l’art Grec.
A côté des dessins à l’encre, et des gravures libertines, il peint aussi des tableaux colorés, parfois étranges
j’ai l’impression qu’il sait tout faire!
De 1907 à 1911, sa peinture subit une évolution fulgurante vers l’abstraction, la figure se dissout d’abord dans la couleur.
Gamme jaune
Cette gamme jaune est à rapprocher des tableaux ultérieurs (années 1930) où il peindra la forme du jaune, la forme de l’orange, la forme du vermillon. Les touches de piano, le Lac, sont encore figuratif. Une intéressante série de 4 études de La jeune fille cueillant des fleurs montre l’apparition de plusieurs lignes verticales qui découpent le tableau, de décomposition du mouvement puis de la disparition totale du décor et de la simplification de la jeune fille suggérant son mouvement quand elle se penche.
Femme dans les trianglesFemme dans les triangles
Le sujet finit par disparaître, dans la rupture avec le mimétisme il ne reste plus que des formes géométriques des courbes comme dans les Disques de Newton
les disques de Newton
Finalement toute une série arrive au grand tableau Anamorpha présenté au salon d’Automne 1912.
Anamorpha
La suite de l’exposition consiste en tableaux abstraits et souvent très colorés. qui dit abstraction ne dit pas création au hasard ou gratuite. On assiste souvent à des gammes avant de traduire une idée abstraite comme la courbure de l’espace-temps qui a intéressé Kupka ou ces architectures ascensionnelles ou gothiques.
J’ai beaucoup aimé Autour d’un point
Autour d’un point
et Jazz hot
Jazz hot
Mais je peux pas tout montrer ce que j’ai photographié avec ardeur!
Affiche de l’!exposition Van Gogh : vue de l’appartement de Théo
Cette exposition couvre la période qui va de la fin du XVIIIème (avant même la Révolution) jusqu’au cubisme, Mondrian, et Van Dongen qui sont des peintres du XXème siècle.
Elle est organisée autour de quelques grands noms de la peinture, des Hollandais ayant travaillé à Paris confrontés à des artistes français qui leur correspondent.
Van Spaendonck (1746_1822) – Natures mortes florales
Van Dael
est le chef de file d’une école de peintres de la nature peintre de grands tableaux de bouquets de fleurs. on entre de plain pied dans l’atelier des peintres.L’atelier de Van Spaendonck était au Jardin du Roi (jardin des Plantes) dans la Maison de Buffon peinte par Knip. Bonaparte transforma la Sorbonne en créant un atelier. On voit les élèves, des jeunes filles de bonnes familles peignant des fleurs.
Des planches botaniques d’un élève de Van Spaendonck, sont de toute beauté. Avec JJ Rousseau l’intérêt pour la nature était répandu.
Ary Scheffer – Artiste officiel et engagé
Ary scheffer : femmes souliotes
Arrive à Paris en 1811. Il accueille rue Chaptal, dans son atelier Chopin, Liszt, George Sand, Lamartine. Il a étudié avec le même professeur que Géricault ou Delacroix. Une petite étude pour les Femmes souliotes m’a bien plu. les tableaux ultérieurs de thème religieux avec des femmes blafardes aux yeux révulsés, en revanche, n’ont pas retenu mon attention.
Ici aussi, on a un tableau qui montre l’atelier du maître rue Chaptal et ses tableaux religieux à fond bleu.
Jongkind – Vie de Bohème et circuits alternatifs
Notre Dame vue du quai de la Tournelle
Arrive à Paris en 1846. les circuits alternatifs sont les galeries et les cafés, alternative aux plus officiels salons. Jongkind côtoie l’Ecole de Barbizon. Le très beau tableau de la marée basse à la plage d’Etaples de Boudin avec un ciel nuageux qui occupe les deux tiers du tableau tandis que pêcheurs à pied et bateauxsont alignés dur une ligne horizontale donne le ton à toute la salle. Jongking prête la même attentions aux ciels dans ses marines comme dans ses vues de Paris.
Dans la salle consacrée à Jongkind on trouve aussi Sisleyet Corotainsi que Maris(1839-1917) et Daubigny.
Kaemmerer (1839-1902) -L’enfant chéri du marché de l’art
Un baptême sous le Directoire
était pour moi un inconnu. Il a apporté un soin particulier aux textures des costumes, des dentelles et des chapeaux. Il a peint surtout des tableaux de genre qui avaient un grand succès : élégantes à la plages, cavaliers….
Breitner (1867-1923)
Breitner : A bord
Breitner est une découverte. Ses grands tableaux sombres sont impressionnants, les chevaux à Montmartre ou une soirée sur le dam d’Amsterdam m’a beaucoup plu. A bord m’a amusée. On devine une parenté avec Degas et avec Van Gogh.
Une soirée sur le Dam à Amsterdam
Vincent Van Gogh arrive à Paris en 1886 meurt en 1890
jardins potagers à Montmartre
la salle ne contient pas les tableaux les plus connus d’Arles ou d’Auvers. Ceux qui sont accrochés sont ceux qu’il a fait à Paris. Ils ont des teintes plus fraîches.J’ai beaucoup aimé les jardins et potagers, les moulins de Montmartre
Van Dongen arrive à Paris en 1897 et revient en 1905
Van Dongen – Moulin de la Galette
Il est fasciné par la vie de café. il fréquente Picassoet Vlaminck. Sa série sur le Moulin de la Galette est un véritable feu d’artifice des couleurs. Ce n’est qu’après que je remarque que les fleurs sont celles des chapeaux des élégantes, et les yeux très fardés.
J’ai beaucoup aimé aussi les danseurs et danseuses.
Mondrian(1872 -1944)
mondrian : arbres
En clôture de l’exposition et en compagnie de Braque et de Picasso illustre le cubisme.