Exposition temporaire du 8 février au 6 juillet 2018
liseuse
Je ne connaissais que les paysages de Corot. Cette exposition est dédiée aux personnages.
liseuse
Personnages qui animent ses paysages d’Italie ou mythologiques.
Portraits de famille, ayant pour but la ressemblance, pas toujours flatteurs.
Mais aussi séries de portraits réalisés avec un modèle, des costumes d’italiennes, de Grecque, d’Espagnoles….Série de jeunes filles à la fontaine, à la mandoline, de liseuses….Toutes charmantes.
Quelques hommes, parmi lesquels des moines lisant.
Exposition temporaire 26 janvier – 22 avril 2018 au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris
Urban riders
Plasticien franco-algérien, né à Blida (1978), nous offre une exposition composite (photos, vidéos, objets, dessins) autour du thème Urban Riders.
A l’occasion de l’organisation du Horse Day, événement destiné à revitaliser un quartier nord de Philadelphie en 2014, Mohamed Bourouissa s’est installé 9 mois autour des écuries pour la réalisation d’un film et d’une sculpture monumentale. L’exposition Urban Rider réunit donc, la grande sculpture The Ride, les costumes portés par les cavaliers, colorés, délirants, les dessins du storyboard préparant le film, diverses vidéos et le film.
story board
Cet événement joue avec l’univers fantasmé du western mais aussi avec la réalité urbaine. Le cheval est caparaçonné de CD qui brillent, une vidéo projetée sur le capot d’une de ces grosses voitures américaines qui sont aussi des monuments de la culture populaire américaine.
sur un capot de voiture
Cette exposition a été réalisée en 2017 pour la Fondation Barnes de Philadelphie. Sa présentation évoque Fanon et les Damnés de la Terre. Dans le film, Bourouissajoue avec les contrastes Noir et Blanc, cavalier noir sur cheval blanc. Cheval blanc à tête noire. Un dialogue intrigue il s’agit de John Wayne, les palefreniers parlent-ils de l’acteur ou est-ce le nom du cheval, un petit poney à magnifique crinière blanche. Sur un cheval noir passe un cavalier vêtu de blanc….
caparaçon brillant!
J’ai été très intéressée par ce métissage des cultures : culture banlieue « Gang style », culture western, et cela filmé traduit en image par un algéro-français…..
De retour de l’expo je me suis documentée sur Internet au sujet de Mohamed Bourouissa. Et j’ai trouvé tout un travail sur les banlieues (Bourouissa est de Courbevoie). Dans le Monde 2, un porte-folio où ses photographies sont comparées à des Caravage. Ailleurs j’ai trouvé des vidéos captées au téléphone portables en prison, échangées avec un ami emprisonnés, aussi une vidéo en caméra cachée sur les revendeurs de cigarettes à Barbès. Regard politique sur les damnés de la terre. Dans un interview on lui demande s’il n’a pas eu envie de faire le même travail « chez les riches« . La réponse m’a étonnée « c’est compliquer de filmer chez les riches! » , il y avait bien pensé, au Brésil.
Avec l’art contemporain, j’ai parfois du mal. Mais je fais des efforts!
1929 -1939 : un nouveau musée : les origines de la modernité sont européennes, Cézanne le fondateur? Picasso, bien sûr, Brancusi, et Klimt, De Chirico, Dali, Matisse, Man Ray…Klimt : détail
.voisinent avec des roulement à bille SKF et des pièces de plomberie brillantes. Un seul peintre américain : Hopper et Frieda Kalho. Je suis éblouie de tous ces chef d’oeuvres que je reconnais. Quelques surprises pour moi : un merveilleux Signac
Signac : portrait de Fénéon
Je ne sais que choisir, je ne sais où donner de la tête : les cartels sont très complets. Chacun relate une anecdote, un détail sur lequel on s’arrête.
matisse : poissons rouge et palette
Chacun est un chef d’oeuvre, et ils ne re-voyageront sans doute pas de si tôt! pour les revoir il me faudra aller à New York! Je fais des découvertes Boccioni et Kirchner que je n’ai jamais vus. Kirchner éliminé comme art dégénéré de Berlin a trouvé sa place au MoMA en 1937.
Frieda Kalho : autoportrait aux cheveux coupés
Les images animées accompagnent la peinture : une longue séquence du Cuirassé Potemkine – la scène de l’escalier, bien sûr – un curieux film mettant en scène noirs et blancs qui a choqué en ce temps de ségrégation et qui ne doit sa conservation qu’aux collections du MoMA. Un des premiers Walt Disney.
Afiches de la Guerre d’Espagne
Quand on avance dans les années 30, l’histoire s’invite avec les affiches soviétiques de Klutsis qui entrent dans les collections du MoMA en 1937. Des photomontages donnent des effets de perspectives . En parallèle, les affiches de la Guerre d’Espagne
Le Triptyque de Beckmann illustre « le voyage triomphant de l’esprit humain au delà de l’agonie di Monde Moderne » qu’on peut aussi voir comme l’exil en réaction au nazisme
Triptyque de Beckmann
3. Abstractions américaines dans les années 1950, la vie artistique se recentre sur l’Amérique. Les artistes majeurs sont alors Pollock, Rothko et O’Keefe
Pollock she-wolf – la louve
Pollock
5. Amérique Pop
Lichtenstein, Andy Warhol et les photos de Diane Airbussont des oeuvres connues et attendues
Dans les années 60 à 75 les mouvements contestataires s’expriment dans l’Art en action plus difficile à aborder pour moi.puis
Jeffe Hall – Métaphore de la photographie
7. Images et identités (1975-2000)
Les objets présentés sont divers, aussi bien des photos, vidéogrammes, que le drapeau arc en ciel. Tous témoignent de reflexions, sur les identités des minorités, des études de genre. Nous avons eu la chance d’écouter un conférencier nous décrire cette magnifique photographie de Jeff Hall où de nombreux indices nous parlent de photographie, aussi bien les ampoules apportant la lumière, que l’ampoule rouge de la chambre noire où l’on va développer le cliché avec la vaisselle symbolisant les produits chimiques et les bacs où se développe la photo… tous ces détails qui m’avaient échappés.
drapeau afro-américain
j’ai aussi beaucoup aimé la grande toile « flottante » de Kerry James Marshall
L’exposition se prolonge dans les étages supérieurs, la peinture laisse place à des expériences visuelles et sonores passionnantes comme ce motet à 40 voix, 40 baffles sont disposés sur des supports autour de la salle. on peut soit s’asseoir au milieu pour écouter la polyphonie soit se promener dans la salle en écoutant les différentes « voix » du chœur.
Une autre expérience est visuelle : un film étrange Emissary in the squat of Gods de Ian Cheng. Comment qualifier ce film? Animation? On croirait que les personnages – des hommes préhistoriques? _ sont en papier coupé et déchiré, mais ce que j’ai trouvé sur Internet me montre que Chengtravaille plutôt sur des figures numériques, algorithmes, et calculs divers. Le résultat est très planant surtout qu’aucune musique ne parasite le spectacle, seuls des bruits très doux comme les gouttes de pluie, le vent la respiration de la terre : une communauté très ancienne vit sur le flanc d’un volcan. le sol se met à trembler…. Si nous n’avions pas tellement passé de temps dans l’exposition je serais bien restée longtemps devant le film.
Encore une fois, une exposition si copieuse que je n’ai plus la force de consacrer toute la concentration nécessaire aux dernières salles.
Dans le cadre prestigieux de l’Abbaye de Maubuisson le plasticien Hicham Berradaprésente une installation en 4 actes :
Le Jardin inaltérable
jardin inalterrable
Dans une enceinte stérile, d’air contrôlé, le visiteur est prié de revêtir charlotte, sur-chaussures, masque… pour pas introduire de micro-organisme, un olivier au tronc recouvert d’or (minéral inerte) seul grandit et vit? un algorithme est matérialisé par des pixels sur un écran. Sur notre groupe de 14, seules deux ont « pris le risque » d’entrer dans l’enceinte, interloquées, dépaysées. On ne voyait pas tellement mieux qu’à travers les panneaux qui faisaient comme une glace sans tain. Mais c’était une impression d’aventure. comme participer physiquement à une oeuvre d’art.
Reflets dorés
Le temps qui passe étant le thème principal de l’exposition, dans cette salle séculaire, dorée, le temps semblait arrêté dans cette atmosphère abiotique.
Masse et martyr
masse et martyr
74 803 jours est le temps qui’l faudra pour que la pièce en bronze qui s’altère, que le plasticien a nommé martyr soit décomposée en milieu naturel. Hicham Berrada en procédant à une électrolyse va rendre sensible cette altération, des bulles s’échappent d’une électrode tandis que des produits solides faisant penser à des fumées vont se sédimenter lentement après des flottement en convection.
J’avais déjà vu une installation semblable à Versailles dans le Voyage d’Hiver. En plein air cette installation m’avais paru hors saison tandis que dans l’abbaye, dans l’obscurité et le calme, une méditation sur le temps qui passe m’a beaucoup touchée.Il faut dire que cette fois-ci, une médiatrice, une vidéo avec le making-of de mieux appréhender le phénomène.
Méditation x240
Sur des écrans représentant la salle de l’Abbaye, une tache de lumière se déplace à la vitesse accélérée 240 fois. Encore une représentation du temps qui passe. mais qui ne m’a pas convaincue.
Making-of du montage de l’exposition
Une vidéo d’une dizaine de minutes présente l’artiste, sa biographie, ses méthodes de travail,la philosophie de son installation. Si je n’avais pas visionné cette vidéo, je serais passée à côté de l’installation. C’est mon problème avec l’art contemporain, souvent très cérébral. Si on n’explique pas les intentions ces dernières restent souvent cachées à la béotienne que je suis. Quand on m’explique, tout s’éclaire.
Présage
est une vidéo réalisée dans un becher filmé. Différents produits chimiques précipitent, réagissent, cristallisent poussent, se métamorphosent…On a une impression de création du monde. d’un monde aquatique sous-marin. De paysages étranges, colorés. Limite entre chimie et vie. C’est très poétique et très joli.
Je suis sortie conquise. finalement l’art contemporain vaut la peine qu’on se donne un peu de mal pour l’aborder!
pour les vidéos, cliquer ICI pour arriver sur mon blog blogspot qui permet de les intégrer!
De Fautrier( 1898 -1964), je ne connaissais que le nom. C’est donc une découverte pour moi bien que ce soit un peintre majeur qui a traversé le XXème siècle selon Jean Paulhan qui a travaillé avec lui dans Fautrier l’Enragé que nous reconnaissons dans deux vidéogrammes au milieu de l’exposition.
les trois vieilles
Les débuts de l’artiste en France (1922-125) sont représenté par des portraits très sombres, visages gris, fermés, rehaussés de carmin des personnages habillés et coiffés de noir, de la Promenade du dimanche au Tyrol. Le Portrait de ma concierge n’est pas plus riant, la vieille femme a un visage gris verdâtre, des mains noueuse violacées. Trois vieilles femmes sont très expressivesmais toujours aussi sinistres. pas gai, mais saisissant!
La promenade du dimanche au Tyrol
La salle suivante est plutôt dans les tons bruns : de nombreux portraits de son modèle Andrée Pierson la montre nue, oit des sanguines, soit des huiles.Toujours dans la tonalité marron, des natures mortes, un lapin écorché.
Andrée Pierson sanguine
Aux bruns succédera la période noire (1926-1927). Les paysages de montagne des Alpes et du Tyrol l’inspire de paysages de glaciers saisissants, la montagne est noire, rehaussée d’empâtements blancs ou gris, en creux, lisse un lac bleu est spectaculaire.
tableau très sombre
Un un est couvert de tableaux noirs où les fleurs ou les chardons semblent jaillir de l’obscurité, jaillissement de la lumière, parfois réduite à une tache colorée qui attire le regard. les tableaux d’animaux écorchés, du grand sanglier pendu éventré, du lièvre écorché, sont tellement criants qu’ils sont difficilement soutenables.
fautrier : poissons
Les poissons sont moins difficiles à regarder. Un canard colvert noir sur fond presque noir se détache grâce à une tache blanche
Des nus émergent d’un magma noirâtre, d’une toile barbouillée, les seins, la pliure d’un genou griffés dans la pâte, un halo clair autour des épaules. C’est saisissant!
J’ai été très impressionnée par cette salle sombre.
1928 Port-Cros
La peinture évolue vers la couleur, la palette s’éclaircit. Les sujets se diversifient , on voit des végétaux, des paysages, des arbres torturés et même des aquarelles et pastels plus fluides.
les oliviers
1930-1940 : après la Crise économique de 1929, Fautrier devient hôtelier, moniteur de ski.
L’exposition chronologique est interrompue par la projection de plusieurs films où Paulhan interroge Fautrier. On voit aussi le peintre au travail : étalant au couteau un enduit pâteux qui’l va malaxer, griffer saupoudrer d’un pigment en poudre. Fautrier parle de son art : l’art informel différent de l‘art abstrait. Il cherche à sortir de la figuration qui n’a plus de sens depuis que la photographie existe pour faire émerger l’essentiel. Dans cet informel, se trouvent bien sûr les images peintes mais aussi des images naturelles comme des coupes histologiques, ou une photographie en gros plan d’une feuille tombée à l’automne, ou des reflets sur l’eau.
Fautrier – art informel
Deux thèmes occupent chacun une salle : les illustrations de l‘Enfer de Dante(1928-1940) série de lithographies au dessins énigmatique parfois dessins à la plumes érotiques et voluptueux pour illustrer l‘Alleluyah de Bataille.
Fautrier a aussi sculpté de nombreuses têtes féminines,en bronze le plus souvent.
moulin à café
Pendant la guerre un nouveau sujet : les Otages évoquent les otages pris par l’occupant. Têtes massives, plutôt grosses taches blanches d’enduit épais, griffé
fautrier boites
1946 – 1955 Les objets sont d’une simplicité étonnante : un Moulin à café, une boîte en carton, ou plutôt les arêtes qui délimitent ses contours, une passoire bleue, des boîtes de conserve. La pâte devient de plus en plus épaisse. Sur l’enduit blanc des couleurs plus vives se détachent, des bleus, des verts.
passoire bleue
1955 – 1936 : la salle est intitulée l‘Oeuvre Final les tableaux sont plus grands, moins intéressants, plus répétitifs. je décroche.
Exposition temporaire du 18 octobre 2017 au 10 juin 2018
On descend par un escalier bleu nuit pour arriver à un ciel étoilé traversé d’étoiles filantes et de météores. Le météorec’est le phénomène lumineux observable quand un astéroïde traverse notre atmosphère; le météorite est le solide observé après la chute.On peut même jouer à attraper une météorite en vol.
Des pierres de tonnerre aux météorites présente les collections de météorites, leur histoire, leurs caractéristiques. On reconnait une météorite d’un caillou terrestre à sa densité élevée, son fort magnétisme et l’aspect de sa croûte de fusion. Les météorites ont aussi une odeur, H2S ou SO2 qu’on peut même humer. Une fois qu’on a fait connaissance, on découvre toutes sortes d’objets : certaines sont massives comme celle de Tiberrhamine, ou brisée en 1000 morceaux comme celle de Pullisk.
Pour le plaisir : installation des plasticiennes : Aérolithes Judith Espinas et Alexandra Roussopoulos
Elles racontent des histoires, la dernière météorite connue tombée en France fut celle de Draveil en 2011. Les chutes de météorites sont connues depuis l’Antiquité, et certaines ont laissé des traces comme la météorite d‘Orgueil (1864) qui a donné lieu à toutes sortes de lettres. Théodor Monod rechercha pendant plusieurs expéditions dans le Sahara la météorite de Chinguetti trouvée en 1916.
Celle d’Evisheim (1492) est connue par les Chroniques de Nuremberg. Albrecht Dürer assista à l’événement et la dessina.
la météorite de la Caille pèse 626kg.
les météorites du Groenland furent autrefois la seule source de fer pour que les Inuits forgent leurs hameçons et leurs harpons. De même pour les Egyptiens de l’Antiquité : dans la tombe de Toutankhamon, on a retrouvé un poignard en fer de météorite.
En 2013, la chute d’une météorite sur Tcheliabinskd’un diamètre de 20m provoqua une panique dans l’Oural, blessa un millier de personnes et coucha les arbres de la forêt par son souffle.
Celle de Tementit était, selon la légende, en or qui par la suite se transmua en fer…..
Un joli petit spectacles d’hologramme raconte l’histoire des scientifiques qui établirent l’origine extraterrestre des météorites. A la fin du 18ème siècle, on doutait de ces « pierres qui tombaient du ciel ». Chladmi(1794) puis Jean Baptiste Biot posèrent les bases scientifiques de la théorie?
Une carte répertorie les cratères d’impact , pendant l’impact la roche fut aussi vitrifiée un échantillon de verre libyque pèse 26kg, à côté on présente des « pierres sacrées » de verre?
Un film raconte en la formation de l’univers, du nuage de gaz à la formation de chondres(petites billes), puis d’astéroïdes et de planètes.
chondrites
Enfin des échantillons sciés de météorites font la différence entre les chondrites, météorites indifférenciéescontenant des chondres (78%) et des météorites différenciées qui comportent un noyau métallique, entouré de manteau et de croûte : météorites ferreuses 5%. Certaines proviennent de volcans d’astéroïdes . La météorite d’Esquel, contient des cristaux d’olivine.
A la recherche de nos origines fait raconter aux météorites l’histoire de l’univers; Les chondrites sont les « survivantes » : leur composition a peu évolué depuis la naissance du soleil. On peut étudier leur structure interne grâce à de l’acide nitrique qui fait apparaître des figures géométriques : les figures de Widmandstätten.
figure de Widmandstätten
les vedettes de l’exposition sont les météorites ayant la même composition que le sol de Mars et de la Lune. d’après les échantillons de la misssion Apollo A défaut de marcher sur ces planètes ont peut s’approcher des météorites. Une animation explique la naissance de la lune par la collision de la Terre et de Theia, un astéroïde de la taille de Mars qui provoqua un mélange de matériaux venant des deux planètes, 10.000 ans plus tard, naissait la Lune.
L’exposition se termine par le film d’une exposition de chercheurs de météorites dans le désert. La découverte d’une météorite est chargée de beaucoup d’émotion. La météorite comme un pont entre la Terre et l’Univers…..
pour le plaisir : installation du plasticien Martin MacNully
Quelques années après le Tour du Monde en 80 jours (1872) de Jules Verne, en 1876 Emile Guimet s’embarque pour New Yorkaccompagné de Felix Regamey.Ils traversent les Etats Unis, de San Francisco, pour Yokohama….le Japon, puis la Chine, Singapour, l’Inde, Ceylan, la Mer Rouge, le Canal de Suez.
Guimet interroge les bonzes japonais
Ce Tour du Monde a duré 10 mois, et avait pour but une enquête sur les Religions de l’Orient. Régamey illustra ce périple et l’exposition présente les toiles de Régamey qui ont été restaurées récemment. A côté des peintures sont exposées des dessins et illustrations, des photographies d’époque de toute beauté, quelques objets et les statues de la Réplique du Mandala de Toji.
Cette exposition nous fait voyager du Japon, en Chine, en Inde et en Egypte.
Elle nous livre aussi de précieux renseignements sur le Bouddhisme, Shintoisme.
Mais c’est aussi la rencontre avec une personnalité hors du commun : Emile Guimet à qui le Musée a consacré une « journée particulière » de conférences, films et rencontres dans l’auditorium. Nous avons assisté à la première conférence qui présentait l’homme.
Voyageur, comme on l’a vu dans l’exposition, voyageur en Asie bien que sa passion était l’Egypte qu’il a parcourue tout d’abord comme touriste, en 1865-1866 et qui a écrit un Journal de voyage. sa visite du Musée de Boulaq – musée de Mariette – lui a inspiré ses futurs musées Guimet de Lyon puis de Paris.
Collectionneur de diverses civilisations, ses collections égyptiennes sont maintenant au Louvre.
Musicien : il a composé des romances et même un opéra d’inspiration chinoise Tai- Tsoung, opéra en 5 actes qui fut représenté à Marseille.
Pédagogue : avide de partager la culture avec le plus grand nombre et tout d’abord avec les ouvriers de l’usine voisine pour lesquels il fit construire un orphéon alors qui’l avait 24 ans. Ses deux musées – à Lyon puis à Paris – participent de la même démarche. Il les a appelés des « usines à idées » .
Emile Guimet était le fils de Jean-Baptiste Guimet, polytechnicien, lyonnais. Chimiste, inventeur du Bleu Guimet colorant bleu outremer remplaçant le broyat de lapis-lazuli pour obtenir la couleur bleue. Cette invention lui permit de construire un empire industriel qui devient Pechiney. Emile Guimetne suit pas la voie industrielle tracée par son père. Ayant des préoccupations sociales il cherche à faire partager avec les ouvriers la culture. Ce sont aussi les préoccupations sociales qui guident son enquête sur les religions. Les polytechniciens étaient proche des Saint-Simoniens à l’époque. On peut relier le Saint-Simonismeà cet aspect social, et également à sa passion pour l’Egypte.
Ce personnage complexe fut parfois snobbé par les spécialistes parisiens : autodidacte, riche et provincial, il ne correspondait pas à l’élite académique. Cependant il a fréquenté les plus grands et a pu se faire recommander de Renan (« excusez du peu » a dit la conférencière).
IL Y A DES SAVANTS QUI SE TIENNENT A L’ECART. ILS SE CHOISISSENT, SE COMPTENT, ILS SE RETIRENT DANS LE SAINT DES SAINTS ET FERMENT LE RIDEAU DERRIERE EUX.
ET BIEN MOI, JE FAIS DES TROUS AUX RIDEAUX. JE VEUX QUE TOUT LE MONDE VOIE;
EXPOSITION TEMPORAIRE – POMPIDOU – jusqu’au 29 janvier 2018
J’avais connu ce peintre à Collioure, puis rencontré à plusieurs reprises….Une grande exposition fait une synthèse de sa peinture, synthèse partielle puisqu’elle ne couvre que 10 années mais quelles années! Années de recherches, d’inventivité, de rencontres.
C’est donc une exposition chronologique ; Curieusement, chaque année est caractérisée par une rencontre et associée à un lieu différent, et à des couleurs dominantes.
Arrivée à Chatou
Vers 1903 – 1904, RÉALISME LIBERTAIRE
Bal à Suresnes
Derain rencontre Vlaminck. Les premières œuvres préssentées sont proches de la caricature, 3 gouaches bleu blanc rouge accompagnent un grand tableau Le Bal à Suresnes où un couple un peu ridicule, et guindé danse sous le regard ironique de trois soldats. Ce tableau a été exécuté d’après une photographie présentée avec les travaux photographiques de Derain. Cette verve est aussi présente sur d’autres petits tableaux : dans les champs, le maquignon.
Le maquignon
1904-1905 CHATOU – NOTRE JUNGLE
Derain et Vlaminck s’établissent au restaurant Levanneur proche de la Maison Fournaise, où se rencontrent les impressionnistes . De nombreuses œuvres très coloriées représentent les quais de Seine au Pecq ou à Chatou.
1905 COLLIOURE – L’ÉPREUVE DU FEU
Bateaux dans le port de Collioure
Derain retrouve Matisse, avec la lumière du midi, sa palette déjà colorée s’éclaire encore; souvent ils peint par petites touches laissant de grandes portions de toile non couverte comme dans Le Port de Collioureou Bateaux dans le Port de Collioure ou le sècha
sèchage des voiles
ge des voiles. Derain réalise aussi deux portraits de Matisse
1906 – L’ESTAQUE
Dans les pas de Cezanne . Sa peinture se modifie, il utilise moins la technique des taches proche du pointillisme pour des à-plats plus colorés;
1905-1906 – LA DANSE
la danse
Le grand tableau est entouré d’aquarelles délicate. On note des inspirations exotiques, hindoues, khmères ou polynésiennes à la suite de l’Exposition coloniale de Marseille en 1906.
1906 -1907 LONDRES
La lumière londonienne lui inspire d’autres couleurs, le violet, le rose et le vert se font plus présents. Et bien sûr les bords de Tamise remplacent la Seine!
PRIMITIVISME
Comme Picasso, la visite du Musée du Trocadéro, le marque, il collectionne également masques africains ou polynésiens. La salle consacrée à cette influence présente surtout des dessins, études préalables pour des lourdes sculptures.
1908 – BAIGNEUSES
Le thème des Baigneuses, à la suite des Baigneuses de Cézanne . Ce thème se décline sur des variations selon des styles très différents, certaines dialoguent avec les Demoiselles d’Avignon.
1910 – 1911 CAGNES – CADAQUES
Le dialogue avec les cubistes, avec Picasso est tout à fait perceptible dans ces paysages « à facettes » que Derain expérimente ces années là
1907-1909 – CASSIS MARTIGUES
Derain utilise la technique des couleurs cloisonnées en entourant les à-plat de couleur d’un trait le plus souvent bleu foncé, parfois d’une autre couleur
1912 – 1914 RÉALISME MAGIQUE
Changement radical! Aux paysages gais et colorés succèdent une série de tableaux beaucoup plus tristes et ternes aux figures hiératiques qu’on compare aux personnages du Greco ou de Chirico
La décennie se termine par la guerre de 1914 et l’exposition illustrant le poèmes d’Apollinaire L’Enchanteur pourrissant : gravures pour le livre des poèmes et un très grand tableau d’une forêt tropicale un peu à la manière du Douanier Rousseau
Cette exposition m’a étonnée par sa variété : Derain est vraiment un expérimentateur : il a employé toutes les techniques de l’époque, du pointillisme à la caricature au début du siècle, puis il a rencontré tous les artistes majeurs de l’époque : de Matisse à Picasso. Il fut présent partout où la peinture s’épanouissait …
mais j’ai préféré les séries de Collioure et de l’Estaque que je connaissais déjà!
Je ne serais jamais allée auMusée de la Chasse (rue des Archives dans le Marais) devant lequel je suis passée maintes fois si Anne ne me l’avais pas proposé. Je n’aime pas la chasse, ni les armes. Les animaux empaillés me mettent mal à l’aise et les trophées de chasse encore plus. Je n’aurais pas été à une exposition de Sophie Calle, cela devient un refrain dans mon blog, j’ai du mal avec les installations surtout quand il s’agit de chasse au mec que je ne pratique pas du tout!
Réflexion sur lamort, la mort de son père, de sa mère et paradoxalement de son chat souris. A la mort de son père, Sophie Calle se trouve en panne d’idée. Son père était un amateur d’Art, créait-elle pour le séduire? Plus loin dans l’expo, encadrée par Serena Carone : une anecdote Sophie atterrit chez le psychanalyste : « vous faites tout ce que votre père demande? » La mort de ses amis? »que faites vous de vos amis morts? » demande-t-elle? Etrangement cette question est illustrée par des animaux empaillés, chacun de ses animaux naturalisés porte le nom d’un de ses amis….
Sa propre mort et son tombeau : Serena Carone a sculpté la gisante qui doit être le tombeau de Sophie Calle, entourée de ses animaux empaillés. Sophie Calle a mis en scène sa vie à travers les salles d’exposition permanente du musée. Cela rend la promenade très ludique et plaisante. Il s’agit d’une sorte de chasse au trésor parmi les tableaux, les collections d’armes, les trophées, pour trouver ce que Sophie Calle ou sa complice Serena Carone ont ajouté. Sculptures pour Séréna Carone parfois discrètes parfois monumentales, une très belle fontaine, femme qui pleure.
. Textes encadrés racontant des épisodes pour le moins étranges dans la vie de Sophie Calle, parfois accompagnés d’objets lui appartenant comme sa literie qu’elle a fait parvenir à un américain souhaitant dormir dans son lit (elle y a invité des inconnus pour une oeuvre antérieure). On comprend que la chasse de Sophie Calle c’est la chasse à l’homme (dans le sens sexuel). Etrange série d’assiette le porc avec une résonance très actuelle; Sophie Calle est chasseuse et non pas gibier!
Au dernier étage trois expositions de Chasse à l’Homme celle vénitienne de sa poursuite photographique d’un homme à travers les rues de Venise. Une autre, très écrite avec la transcription de petites annonces matrimoniales du Chasseur Français (on est au Musée de la Chasse) puis beaucoup plus moderne drague géolocalisée sur téléphone mobile. Enfin une série de photographie : Chasse à l’espère, chasse à l’affût, ou ele a photographié différents bancs, sièges, qui servent d’affût légendés avec des recherches de personnes rencontrées dans les trains, ou métros comme on les lisait (lit?) dans Libé.
Je ne regrette pas cette visite. S’il y a une chasse que j’essaie de pratiquer c’est bien celle des préjugés. Et si l’art a un but (je n’en suis pas si sûre que cela) c’est bien de nous ouvrir l’esprit et de nous éclairer. Je suis sortie un peu moins bête du musée que quand j’y suis entrée. Et j’ai passé un bon moment en très bonne compagnie.
Merci à Aifelle dont le billet m’a donné une furieuse envie de lire ce livre!
Il tombe à pic : depuis quelques temps je participe aux randonnées du Voyage Métropolitain en compagnie d’architectes, d’urbanistes et paysagistes qui m’entraînent sur des terrains tout à fait inconnus de moi, m’ouvrent de nouveaux horizons, horizons très proches puisque c’est dans la Métropole du Grand Paris mais très exotiques puisque je ne m’intéresse que depuis peu à l’architecture contemporaine.
L’érection de la Grande Arche de la Défense comme un thriller.
« en Inde, en Chine, dans toute l’Europe Centrale et dans les Balkans […] on ne peut pas construire un monument si un être humain n’est pas sacrifié. Sinon le monument s’écroule, et s’écroule toutes les fois qu’il faut le remonter. Pour conjurer cette malédiction, il faut emmurer quelqu’un de vivant dans les fondations… »
Qui sera donc le sacrifié?
De tous les Grands Travaux du Président Mitterrand, la Grande Arche survivra-t-elle à la co-habitation après 1986? Sera-t-elle prête pour les Célébrations du bi-centenaire de 1989?
« ce bâtiment est maudit. on a engendré un monstre. C’est un monument d’une sérénité absolue mais il reste marqué par un enfantement terrible. il a été laissé en déshérence »
Le rêve d’un architecte danois, esthète étranger aux jeux politiques français. architecte mais non bâtisseur, étranger aux contingences du chantier. Le rêve d’un Président qui veut marquer Paris de son empreinte et qui s’est entiché de cette arche de triomphe du XXème siècle. Mais aussi, les magouilles d’un promoteur prêt à tout pour régner sur la Défense, les chausse-trappe des opposants politiques qui cherchent leur revanche en dynamitant un monument du Président qui ne gouverne plus. Edgar Faure dans le rôle du négociateur et du diplomate. Un vrai plaisir que ce récit d’une histoire pas si ancienne….
Et on apprend les aspects techniques, les faiblesses du marbre de Carrare, des ascenseurs merveilleux, on admire les prouesses des maçons qui coulent de maxi-poutres au dessus du vide….
Ma prochaine promenade urbaine sera :
« Faire à pied ces huit kilomètres entre le Louvre et la Défense, un jour de grand beau temps, et tôt le matin avant que n’enfle la circulation, est l’approche de l’Arche à la fois la plus simple, et celle qui, loin de la dévoiler un peu à chaque mètre, conformément à la progression linéaire, en fait entrevoir par a-coups ce qui l’apparente à un mirage, la légèreté, le mystère, la grâce, la vie.«