Tomar – forteresse des Templiers – monastère énorme

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Tomar : l'église des Templiers
Tomar : l’église des Templiers

71km entre Nazaré et Tomar en passant par Alcobaça et la route IC9 toute neuve, vide qui traverse un massif – collines ou montagne ? – plutôt montagne à cause du relief malgré la faible altitude. Ds bancs calcaires sont en saillie.

C’est un paysage très différent de ceux que nous avons vus au Portugal. L’olivier confère un goût de Méditerranée. La vigne est plantée en rangs parallèle assez bas alors que dans le Minho elle grimpe. Villages perchés dispersés. Beaucoup moins de construction que dans la zone côtière. De grands viaducs enjambent les vallées creusées par des rivières invisibles mais nombreuses. On passe à quelques km de Fatima sans s’arrêter. Les apparitions et les sanctuaires du 20ème ne me disent rien.

Le couvent de Tomar est au sommet de la colline. On y accède par une rampe pavée très raide, crest toute une ascension pour découvrir en haut un grand parking, une route et des voitures. Une flèche indique le Castelo.  Château fort ou couvent ? C’est la même chose dit la jeune fille de la cafétéria. Les grosses tours carrées et les remparts ressemblant à ceux d’Obidos cachent le couvent pourtant énorme. Le Castelo était une forteresse des Templiers fondé en 1160 sur un fort maure du 9ème siècle au 12ème. L‘influence proche-orientale se remarque dans les renforcements inclinés des murailles qu’on voit en entrant par une chicane qui ne laisse voir qu’une échauguette surmontant le rempart.

Tomar : murailles
Tomar : murailles

En 1319, l’Ordre des Templiers est dissous et le château passe à l‘Ordem de Cristo.

On découvre après l’église des Templiers bâtie au 12ème siècle sur le modèle du Saint Sépulcre  – la Charola . Le nouveau bâtiment fut érigé par Jao III au 16ème siècle.

Tomar : porche de Joao de Castilho
Tomar : porche de Joao de Castilho

Avant d’entrer on est rempli d’admiration devant la finesse du porche plateresque de l’Espagnol Jao de Castilho : les angelots musiciens grimpent dans les feuilles d’acanthe tandis queu les personnages sont finement ciselés.

La visite est fléchée. Elle commence par le Cloître du cimetière dallé de pierres tombales. Au milieu quatre orangers et un massif sont dans des jardinières d’azulejos qui rappellent les zelliges mauresques. Les arcades sont gothiques avec de petites colonnes géminées aux chapiteaux végétaux. Les murs sous les arcades sont carrelés d’azulejos bleus et blancs aux motifs végétaux.

Cloître du Cimetière
Cloître du Cimetière

Le Cloître des Ablutions (1420 agrandi au 16ème) tient son nom de la présence d’un puits entouré de quatre massifs de romarin. Les arcades sur deux niveaux sont gothiques.

La toute petite chapelle Portocarneiros est entièrement carrelée. Le jaune éclaire cette pièce aveugle.

La Sacristie possède un magnifique plafond à caissons de bois peint (1629-1630). Un long lavabo occupe un mur. L’eau sort de 5 têtes expressives même rigolardes.

Tomar : croix des templiers dans l'église manueline
Tomar : croix des templiers dans l’église manueline

L’église manuéline (16ème siècle) est construite sur deux niveaux. Du chœur haut on découvre la rotonde des Templiers. Dans l’église manuéline  j’admire la finesse des sculptures aux motifs des Navigateurs : cordes, nœuds marins, sphère armillaire ainsi que les croix des Templiers que l’ordre du christ a adoptée.

Charula : église byzantine des Templiers
Charula : église byzantine des Templiers

Une somptueuse fresque précède la Rotonde. Cette Rotonde dorée, surchargée de motifs brillants de bois peint doré est qualifiée de byzantine. Au centre 8 colonnes se rejoignent pour former une sorte de chœur circulaire. Tout autour il y a des statues de bois peint. Une sorte de déambulatoire est orné de tableaux et de fresques.

 

Tomar : cloître principal
Tomar : cloître principal

Le Cloitre Principal (16 ème) a été dessiné par Diogo de Torralva, admirateur de Palladio. Il a un air d’Italie avec ses colonnes « toscanes » premier niveau, ioniennes à l’étage. Les arcs sont ornés de caissons. Une certaine sobriété contraste avec l’exubérance manuéline. Par des escaliers en colimaçon évidés on parvient à la terrasse – terrasse de cire – on y faisait sécher la cire d’abeille. De cette terrasse on découvre deux autres cloîtres : le Cloître des Corbeaux et le Cloitre de Micha. On est aussi très roche des pinacles de la nef manuéline. Je peux photographier les motifs marins. Au centre du grand Cloître la très belle fontaine a une vasque en forme de la Croix des Templiers ;

Le Réfectoire est à l’échelle du couvent : immense ! De longues tables occupent toute la longueur. On peut imaginer les moines dîner en silence tandis que le lecteur se trouvait dans l’une des deux petites chaires finement ciselées.

Les cellules sont réparties de chaque côté de deux couloirs qui se coupent en croix et qui sont ornés d’azulejos. Au croisement, on trouve une curieuse pièce Calefactorie où on allumait du feu pour que les moines  assis sur des bancs puissent se réchauffer.

Tomar : fenêtre manuéline
Tomar : fenêtre manuéline

De l’une des cellules s’ouvrant sur le cloître Sainte Barbara (ou sainte Barbe), on découvre le chef d’œuvre du monastère : la Fenêtre Manuéline. A sa base le « capitaine » soutient à bout de bras deux mâts aux multiples décors. On reconnait des chaînes, des coraux, des algues, des cordes et des câbles. Les cordes sont nouées de nœuds marins. Au sommet la croix de l’Ordre couronne la fenêtre. Tous ces symboles glorifient la puissance et la richesse des Navigateurs.

Il reste encore deux cloîtres à explorer, beaucoup moins ornés que les précédents. Du cloitre des corbeaux il n’y a pas grand-chose à dire. Le cloître de Micha, en revanche est très différent. Il est pavé plus grossièrement et les arcades sont également plus frustes. Le patio n’est pas planté. Son dallage creusé d’une rigole destinée à conduire les eaux de pluie dans une citerne. Nous avons vu récemment en Tunisie des citernes analogues dans la cour de palais ou de mosquées.  Le nom de « Micha » vient de la distribution de miches de pain aux indigents, ce qui explique la relative sobriété du décor .

Il faut descendre par la rampe bien raide aux pavés irréguliers et glissants. On rase les murs pour trouver un peu d’ombre.

Rues de Tomar pavoisées pour la fête des Tabuleiros
Rues de Tomar pavoisées pour la fête des Tabuleiros

La Praça de la Republica est bordée d’un côté par l’église Sao Jao Baptiste au délicat portail manuélin que nous négligeons après toutes les splendeurs du monastère. De chaque côté des boutiques et les terrasses de trois pâtisseries. Le projet était de déjeuner en ville. On ne sert ici que des gâteaux. Le choix est : s’installer sur es terrasses aérées de la place mais ne manger que du sucré (ou presque) ou chercher u n petit restaurant dans les rues étroites par cette chaleur étouffante. On choisit la première solution avec des petits pâtés à la viande et aux crevettes et une sorte d’omelette sucrée au lait caramélisée sur les deux faces, sorte de crème brûlée délicieuse.

Nous avons de la chance : la semaine dernière s’est déroulée la Fête des Tabuleiros qui n’a lieu que tous les deux ou trois ans. Toute la ville est décorée de fleurs, pompons, guirlandes en papier crépon< ; Certaines rues ont une véritable allée couverte avec arcades et guirlandes et même un tapis de fleurs ; Certaines boutiques ont une tapisserie de fleurs en papier ;

La ville moderne commence en delà de la rivière ou une grande roue avec des cruche tourne sur elle-même.

A Tomar se trouve une des plus anciennes synagogue du Portugal, transformée e Musée hébraïque. J’aurais beaucoup aimé la visiter; Fermée quand nous sommes descendues du monastère

Obidos

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Il fait bien gris et frais (16°). Sous les nuages, nous longeons la côte vers le sud jusqu’à Caldas da Reinha – station thermale depuis le 15ème siècle – maintenant, ville active avec grandes surfaces, zones piétonnières et embouteillages. Au retour, on prendra l’autoroute pour l’éviter !

Obidos est un village très touristique qui se voit de loin avec ses tours carrées et ses remparts crénelés coiffant une colline. A l’entrée, un étrange bâtiment attire notre attention : le Sanctuaire Senhor da Pedra(1740-1747) au plan octogonal selon le Guide Vert. Etrange octogone dont aucune face ne ressemble à une autre. Difficile de trouver une symétrie. Deux arcades encadrent une belle vue de la ville close. La façade bombée s’ouvre par un magnifique porche baroque aux volutes et pompons de pierre. Les architectes ont conçu de curieuses fenêtres mises – deux à deux –  ressemblant à un  sablier, les concavités se touchant ; A l’arrière les décors sont moins soignés. Les toits sont de tuiles bicolores rouge et vertes.

Senhor da Pedra
Senhor da Pedra

Deux femmes avancent, balais à la main, un gros bouquet de marguerite et une énorme clé. Elles viennent faire le ménage et sont assez gentilles pour nous laisser un coup d’œil à l’intérieur. (Lundi c’est fermé). Je filme la coupole décorée de bleu, les balustres et les arches. Poliment mais fermement on nous met à la porte.

Il faut laisser la voiture au parking à l’entrée du village. On peut louer des véhicules électriques 20€/h.  Tous les visiteurs se concentrent dans la rue principale la Rua Direita où les échoppes se succèdent. Une sur deux propose la spécialité locale la Ginja – liqueur de cerise servie dans une coupelle de chocolat (principe du Mon Chéri). Il y a aussi de belles fringues et même une librairie d’occasion, des restaurants, des marchands de souvenirs.  On se bouscule. Touristes de toutes nationalités – souvent avec enfants et épées de bois – Moyen Âge oblige – se pressent dans une ambiance Concarneau. Un accordéoniste chante, assis sous la Porta da Vila, un autre musicien a un curieux instrument à percussion métallique. Des personnages sont déguisés en moyenâgeux sorcière ou médecin avec un masque bec d’oiseau. Des jeunes chevelus fabriquent des bijoux en macramé –fort jolis mais fort chers.

Porta da Vila
Porta da Vila

Il faut s’attarder dans les ruelles  et les venelles perpendiculaires étroites et vides pour profiter du charme des maisons blanches soulignées de jaune ou de bleu. Bougainvillées violettes, bignones orange, géraniums rouges ou mauves dégoulinent par-dessus les murs ou s’échappent de poteries au sol ou accrochées aux murs. On aimerait tout prendre en photo.

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le pilori et l’églises

La Praça Santa Maria se trouve sous le pilori calcaire orné du « filet d’Obidos ». Le roi Dinis en visite en 1282 fut séduit par la ville et l’offrit à la Reine Isabelle qui l’accompagnait. Depuis Obidos fut l’apanage des reines. En 1491, l’Infant se noya à Santarem dans le Tage et fut retrouvé dans les filets des  pêcheurs. Sa mère, la reine

le filet d'Obidos
le filet d’Obidos

Leonor vint chercher l’apaisement de son deuil à Obidos. Le filet sculpté sur le pilori rappelle ce drame. La place sous le pilori est calme :une belle fontaine, en face l’église Santa Maria, à droite, une belle maison et la Poste.

Avant le tourisme, nous entrons à la Poste payer nos péages d’autoroute. Curieuse coutume. La plupart des autoroutes ont  des péages avec des cartons, on paie en sortant à un employé ou à une machine. Il existe au Portugal un autre système : des portiques flashent les véhicules. On dispose alors de 5 jours pour s’acquitter du péage soit à la Poste soit dans les Payshops des supermarchés. Il existe aussi un abonnement – Europcar nous l’avait proposé pour 18€.

Eglise Santa Maria

D’après le guide Vert, Afonso V y épousa en 1444 sa jeune cousine de 8 ans. Depuis el 15ème siècle, l’église a subi des transformations. Les murs furent recouverts complètement d’azulejos (17ème s). les tableaux de Jao Da Costa ne m’ont guère intéressée. Les décors du plafond, en revanche, m’ont étonnée. Les anges ou putti m’ont semblé très bronzé, Africains ou métis, rappellent- ils l’empire portugais d’Afrique des îles ou du Brésil ? Belle piéta sculpté délicatement attribuée à l’atelier de Chantereine.

la prison
la prison

Au bas de la place, une maison à arcade avec un escalier extérieur était la prison.

Continuant la rua Direita, nous arrivons en haut de la ville sous le château – maintenant une pousada .J’accède aux remparts dont je fais le tour complet en ¾ d’heure. Ils datent des Maures mais ont été restaurés à nombreuses reprises et sont en excellent état. La vue sur les toits est merveilleuse. Je découvre l’intérieur des cours,  parfois un néflier ou des orangers, des placettes avec les tables d’un restaurant où je déjeunerais volontiers, les piscines des maisons d’hôtes.

vue des remparts
vue des remparts

Nous avions imaginé déjeuner à la mer, sur les quais d’un port ou sur une plage.

Négligeant la voie rapide A8 (que Maria appelle familièrement Oitou)nous nous engageons sur les petites routes qui tortillent dans la direction de Peniche. A force de tournicoter, nous remontons sur Oitou en direction de Bombarral, c’est-à-dire à l’opposé, vers l’intérieur des terres. Nous regrettons le GPS cassé ! Reprenons l’autoroute vers Peniche et sortons à Praya del Rey (qui figure sur la carte). La route traverse des vergers : pommes, poires, cerises, toute la région en est plantée. Puis des forêts très denses d’eucalyptus et de pins. Sur les dunes, près de la mer, on a installé deux golfs . L’herbe très verte contraste avec la dune. Posées ici et là, les belles pancartes bleues du Marriott5*indiquent le front de mer ; La plage est merveilleuse. On y accède par un ponton de bois ,au dessus des chardons bleus qui embaument ; la plage de sable blanc est protégée par une falaise. Il y a quelqeus parasols carrés. Pas de bar de plage. Rien. Les parasols sont ceux du Marriott. Ce n’est pas là que nous déjeunerons. UN minibus débarque un groupe de Chinois. Demi-tour.

Deuxième golf, hôtels 5*…on tourne le dos à la mer, direction la lagune d’Obidos. On trouve es lotissements moins luxueux que ceux des golfs, enfin deux tavernes, une petite typique mais complète. La seconde Le Restaurant d’Edgars, plus contemporaine avec Wifi. Nous nous attablons passé 14h. Le menu est alléchant ; Il y a des fruits de mer. Plat du jour sardines 9.5€. Bien cher pour des sardines ! Le serveur ne parle que Portugais mais communiquer est facile avec le menu en main ! Il annonce qu’avec les sardines, vient aussi la soupe et le dessert et même la boisson et le café sont compris. Dans la soupe orange nagent des feuilles de chou. Quatre belles sardines dorées grillées à point et 4 petites pommes de terres nouvelles décorées de lanières de poivron rouge sont disposées sur une assiette rectangulaire. Dommage que le pudding d’œufs soit terminé (il est passé 15h), je prends une glace.

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La plage est grande. Il faut beaucoup marcher dans le sable sec pour atteindre l’eau, pas assez profonde pour nager. Les enfants pataugent. Les hommes trainent des filets et pêchent à pied. Je marche le long de l’eau espérant atteindre la passe sur l’océan ouvert et les grandes vagues. Mais il faut contourner des bassins. Pour rentre, je remonte les jambes de mon pantalon et traverse un bras de mer. C’est juste !

Sur le sable, un seul bateau échoué, la coque bleue, et plein de couleurs en haut. Allons- nous trouver la dernière des barques colorées qui nous avaient enchantées il y a 35 ans ? je fonde, appareil photo sorti ! Ce n’est pas du tout une barque mais trois parasols et un paravent bleu !

Une barque????
Une barque????

Pour le retour je demande à Googlemaps de remplacer le TomTom défaillant. Jusqu’à Obidos il nous promène dans marais et vergers sur de jolies petites routes. Le soleil est sortion refait les photos d’Obidos sous le soleil. Sur la A8 (oitou) le téléphone perd le signal. Aucune importance puisque Nazaré est bien signalé.

A la sortie du rond point il y a même un panneau « Fanhais ». la route s’engage dans la belle pinède, il y a même un petit lac. Nous arriverons directement au gîte croyons nous. A une fourchette nous choisissons la gauche, roulons, roulons dans les pins. Le revêtement se détériore ; IL y a d’énormes nids de poule. Une petite dune a même recouvert la chaussée. Nous enjambons l’A8 sur un pont qui ne mène nulle part. Cela ressemble à un cauchemar. Finalement nous revenons en arrière jusqu’à la fourchette, prenons à droite, passons sous l’autoroute et reconnaissons notre village.

Fin d’après midi à la piscine.

la Reine morte – Henry de Montherlant

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Tombeau d'Inès de Castro
Tombeau d’Inès de Castro

Après la visite d’Alcobaça, la lecture de la pièce s’imposait!

De Montherlant, je n’avais qu’un vague souvenir du Maître de Santiago, grandeur, style, impressions adolescentes.

Je croyais trouver une sorte de Roméo et Juliette , tragédie de l’amour fou, impossible. C’est plutôt le Roi Lear! 

Pedro et Inès ne sont pas les héros de la pièce.

Montherlant a campé la figure du roi Ferrante – roi vieillissant – qui impose un mariage politique avec l‘Infante de Navarre à son fils qui ne peut le conclure puisqu’il est déjà secrètement uni à Inès de Castro. Ferrante est le personnage principal de la pièce, monarque, il incarne l’Etat et la raison d’Etat. La raison d’Etat s’opposant à l’amour, c’est classique dans la tragédie. Il ne s’agit pas uniquement de cela. Ferrante, vieillissant délire, il signe un pacte avec Aragon, sachant que ce traité lui sera défavorable, il convoque ses conseillers, courtisans flatteurs ou félons auxquels il n’accorde aucun crédit. Il exerce son pouvoir absolu et capricieux plus par le goût du pouvoir que par souci de l’intérêt du Portugal. Il se grise de son pouvoir, il méprise aussi bien son fils que ses courtisans. Il a pouvoir de vie et de mort sur l’évêque de Guarda, sur Lourenço Payva, sur Inès. S’il épargne l’évêque par politique vis-à-vis du Pape, il est seul maître du destin des deux derniers. Pourquoi ordonnera-t-il l’exécution d’Inès? Pour prouver qu’il est le roi? Parce qu’il a été défié par son conseiller? Parce qu’enceinte, elle porte la vie alors qu’il est au seuil du trépas?

L‘infante de Navarre est l’autre personnage fort de la pièce qui commence par ses stances. Personnalité royale, elle aussi. Offensée par le refus de Pedro, elle ne cherche pas à nuire à sa rivale. Au contraire! Elle cherche à l’attirer à elle en Navarre. Elle en tombe amoureuse.

Inès est autant mère qu’amoureuse. Amoureuse, certes quand elle va voir Pedro en prison, mais c’est en tant que mère qu’elle irrite Ferrante. C’est l’évocation de l’enfant à venir qui cèlera son arrêt de mort.

La Reine morte m’a donc réservé des surprises!

J’ai été très intéressée par les présentations de la pièce de l’édition Folio THEATRE, imaginer Madeleine Renaud dans le rôle d’Inès, imaginer aussi l’impatience des spectateurs en 1943 sachant que le métro passait à 11h20 à Palais Royal. Allusion du film de Truffaut!  J’ai hâte de voir la pièce en entier!

 

http://television.telerama.fr/television/la-reine-morte-ressuscitee,42727.php

http://television.telerama.fr/television/la-reine-morte-ressuscitee,42727.php

PS je viens de visionner le film. Il s’agit bien de film et non de captation de théâtre. Beaux décors, je reconnais Tomar. La fin m’a surprise. La mort de Ferrante très plastique voulue par Montherlant et le rôle du page a été modifiée. Le metteur en scène a préféré terminer sur l’hommage de la cour à la Reine Morte, comme on m’a raconté la légende à Alcobaça.

Alcobaça – la Reine morte et installation de Cristina Rodrigues

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Eglise d'Alcobaça
Eglise d’Alcobaça

Le monastère occupe tout un côté d’une vaste place, la façade baroque de l’église est encadrée par de très longs bâtiments sobres.

Passé le porche surchargé de décors, dépassés les grandes silhouette de Saint Bernard et de Saint Benoît, on entre dans un monastère cistercien, donc dépouillé. La nef de l’église est haute. Les arcs brisés annoncent le gothique mais on n’a pas ouvert les verrières qui éclairent les cathédrales gothiques. Les chapiteaux sont romans. Il faut se dépêcher de visiter l’église, la Messe va bientôt commencer et on chassera les touristes.

Le tombeau de Dom Pedro
Le tombeau de Dom Pedro

Les tombeaux d’Inès de Castro et de Dom Pedro se font face dans le transept. Ce sont les protagonistes de la pièce de Montherlant, la Reine Morte. Dom Pedro ; fils du roi Afonso V, marié à l’infante d’Espagne Constança, tomba amoureux d’Inès, la suivante de l’Infant, Inès de Castro. Afonso V éloigna Inès. A la mort de Constança, Pedro alla vivre avec Inès à Coimbra. Afonso fit assassiner Inès et Pedro se rebella contre son père. A la mort du roi Afonso, Pedro, révela son mariage secret, fit exhumer Inès, la couvrit de pourpre et la couronna. Il contraignit les nobles de la cour de baiser la main de la reine morte et fit arracher le cœur de ses meurtriers.

Baldaquin dans la salle des Rois : Christina Rodrigues
Baldaquin dans la salle des Rois : Cristina Rodrigues

Cette histoire – macabre – donne un éclairage particulier à la visite. C’est aussi le fil rouge pour une autre visite : celle de l’installation de la plasticienne Cristina Rodrigues dans les murs du monastère. Je suis souvent sceptique à propos de ces installations dans des lieux prestigieux. Parfois le cadre magnifie une sculpture quelconque, parfois il la ridiculise comme à Blandy- les- Tours, j’avais accouru sur le conseil de Télérama pour voir quelques bouts de ferraille. Le travail de Cristina Rodrigues m’a beaucoup intéressée. J’y ai prêté autant d’attention qu’au monument lui-même.

Dans la Salle des Rois, un baldaquin de pompons bleus, blancs et jaunes ; de lacets et de galons de dentelle rayonnaient d’une couronne centrale figurant la royauté. Autour de la salle, les rois du Portugal, en statue grandeur nature, se tiennent debout et racontent l’histoire de  Portugal. En dessous des azulejos 18ème siècle, racontent la bataille de Santarem gagnée par Afonso 1er en 1147 qui fit appel à Bernard de Cîteaux. On voit les moines mesurer les futures fondations du monastère.

dans le cloître : les raisins de la colère
dans le cloître : les vignes de la colère

Le cloître de Dinis ou cloitre du silence est planté de quelques orangers dans des carrés limités par des buis, mais son aspect général est plutôt minéral. En son centre, la plasticienne a disposé une sculpture faite avec des bouteilles à l’envers sur une sorte d’égouttoir et l’a titrée Les vignes de la colère. Quelle colère ? Celle de Dom Pedro contre son père après l’assassinat d’Inès ? Je l’imagine puisque je lie l’installation à l’histoire de la Reine Morte.

chimère romane
chimère romane

Le cloître est bordé d’arcades avec des chapiteaux romans figurant des végétaux et un besstiaie de dragons et chimère. Les chapiteaux romans me touchent.

Dans la Salle Capitulaire se trouvent de grandes statues de terracotta, des anges musiciens.

cuisine
cuisine

Les cuisines sont impressionnantes par leurs dimensions, la hauteur des cheminées carrelées qui font des hottes gigantesques au dessus de la rôtisserie. Combien de bœufs pouvaient tourner à la broche ? Les éviers ont la taille d’une grande baignoire de pierre. Leurs robinets sont des têtes à taille réelle. Le bruit de l’eau est très présent : on a détourné une rivière pour que le monastère puisse boire et cuisiner.

coeurs blancs
coeurs blancs

C’est ici que l’installation est la plus frappante : dans la rôtisserie, sur des tringles sont alignés des sachets de plastique transparents alternant avec des rubans blancs. Le contenu du sachet n’est pas évident à première vue. Je pense à des gargoulettes de céramique blanche. Intriguée, je regarde mieux et découvre des tuyaux à la partie supérieure. Un doute m’effleure : on dirait des cœurs avec les veines et les artères. Le doute est levé quand je découvre une rangée de ces vases en céramique noire accompagnés de rubans rouges posés sur la grande table de pierre. D’autres sont suspendus au dessus de la fontaine. Ce sont bien des cœurs. Equivoque cuisine qui embroche des cœurs ! Me vient l’image de Dom Pedro arrachant les cœurs des assassins d’Inès. Cœurs noirs  et cœurs blancs. Cœur symbolisant l’amour des royaux amants. Le titre de l’installation est parlant : Os amantes !

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Le Réfectoire est dans la pénombre, les moines y dinaient en silence, écoutant la lecture des Saintes Ecritures.  La plasticienne y a dispersé six chandeliers laqués soit de noir soit de blanc. En place des cierges elle y a suspendu des chaines dorées qui scintillent où sont accrochés des bijoux de filigrane. Couchés dur les socles, des angelots, putti, ou bébés batifolent avec des feuilles de vigne, des grappes de raison, bébé laqués de noir ou de blanc.

Dans le Dortoir, à l’étage, la plasticienne a placé des sièges formant un U. Au pied de chaque chaise, se trouvent des pieds en résine noire, des chausses creuses. Chaque chaise est enrubannée, double de crépon. Sur certaines elle a déposé de petits paquets. Scène plus difficile à interpréter. Elle m’évoque un tribunal (rien ne le prouve). Les assassins d’Inès seraient ils jugés ici. A moins que ce soit ici que dom Pedro ait réuni la Cour pour prêter hommage à la Reine Mort.

Bien sûr, ces interprétations sont entièrement personnelles. En dehors des titres, rien n’est explicité. Et tant mieux !

Nous continuons la visite et découvrons par hasard le Cloître des Novices(ou des évêques) ecore plus vaste que le premier, classique et austère (fin 16ème – 17ème ) planté de rosiers dans des carrés de buis.

La plasticienne m’a guidée dans cette visite. J’aurais aussi bien pu emprunter l’audioguide et m’intéresser plus à la vie des moines ou aux aspects historiques. Tout est dans les guides, inutile de les recopier.

Notre gîte au moulin de Fanhais

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Le moulin de Fanhais
Le moulin de Fanhais

Nous suivons les flèches « Coimbra » puis » Lisbonne » pour retrouver l’autoroute A1 que nous quittons à Leiria. J’appelle Maria, notre hôtesse, qui ne sait pas comment expliquer la route mais  livre le sésame,  Fanhais : « FE-NA-I-CH ». Nous suivons les flèches « Nazaré ». A l’approche de Nazaré, je demande « fe-na-ich » et cela marche !

la pinède à notre porte
la pinède à notre porte

Fanhais est un village dans une très belle forêt de pins à proximité de Nazaré. Petit village tranquille à l’écart de la circulation et des constructions balnéaires. Le silence n’est troublé que par le passage du train (pas souvent) et rythmé par le carillon de l’église tous les quarts d’heure, une petite chanson, pour l’heure c’est Ave Maria plus long et la cloche de l’horloge.

Maria nous attendait près de la rotonde, rond point ave le monument aux morts, et un azulejo avec des paysans chargeant du bois sur un char à bœufs, collé » sur un triangle rose (une voile ?)

Maria porte une robe courte bleue. Elle nous embrasse et nous fait les honneurs du Moulin.

C’est un tout petit moulin de ciment blanc avec le tour des portes et des fenêtres souligné de bleu. Il n’a jamais vu ni grain ni farine. C’est un petit moulin de fantaisie. Nous y serons plus Marie Antoinette que meunières. En bas trois pièces se succèdent en enfilade : une fausse cheminée dans le salon masque l’escalier. Un canapé orange lui fait face. Sur le buffet se trouve tout un bric à brac. On pense à la boutique d’un antiquaire. Aux murs,  encadrés gravures et tableaux. La petite entrée est aussi bien décorée. La cuisine est grande et bien équipée : frigo, microonde, cafetière, toaster mais tout sur multiprise. Electricité bricolée.

la jolie chambre ronde
la jolie chambre ronde

La plus belle pièce est la chambre ronde à l’étage : table de nuit et commode jaune d’or éclatant avec des cœurs en décalcomanie maison. Tour des fenêtres jaunes et guirlande de fleurs naïves. La glace dans  un beau cadre doré reflète un amour qui porte un abat-jour de verre gravé. De nombreux cadres égaient la pièce. Dans un vase, un bouquet d’hortensias bleus.

Nous sommes aux antipodes du confort gris et blanc de la Casa Chaos au sol de granite brillant où sobriété et dépouillement étaient les mots clés du décor contemporain. Ici, fantaisie, couleurs, fouillis sympathique mais improvisation électrique et escalier raide. Dehors, une table et des bancs sous la treille et un appentis pour la machine à laver.

Maria nous fait ensuite visiter sa piscine carrelée de mosaïque turquoise (frise à la grecque et dauphin). Sur la pelouse des chaises longues confortables à l’ombre de grands arbres. Devant sa maison, un merveilleux mélange d’hortensias, de volubilis et d’agapanthes. Wifi à la piscine, pas au moulin.

Derrière la maison, Maria et Amerigo élèvent toutes sortes d’animaux, plusieurs chiens, bergers et labradors, un âne, des poules, des oies et des canards.

Nous ne prenons pas le temps de nous installer et filons aux courses à Nazaré. A l’entrée de la ville Continent et Lidl nous faciliteront la vie.

La mer nous attire. Avant les courses, la plage !

La station balnéaire s’est bien construite depuis 1999 et surtout depuis 1981 où il y avait encore des barques sur la plage et où nous avions assisté à la criée. En Juillet, le samedi de surcroit, c’est l’embouteillage. Les femmes de Nazaré ont sorti leurs chaises sur le bord du trottoir et brandissent des panneaux de bois proposant chambres et appartements T1, T2 ou T3 en 4 langues, portugais, Espagnol, Français et Anglais. Elles tricotent et bavardent, hèlent les voitures ? Le petit port de pêche avec ses barques colorées s’est métamorphosé en station balnéaire. Pendillocheries et articles de bains ont remplacé le poisson.

la plage de Nazaré
la plage de Nazaré

Impossible de se garer près du centre, là où la plage est remplie de tentes rayées. On va plus loin vers le port et je fais ma promenade pieds dans l’eau. Il y a beaucoup de vent. Les vagues sont fortes. Personne dans l’eau. Il fait aussi très frais.

Buçaco

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kitchissime! le château de Buçaco
kitchissime! le château de Buçaco

Nous avons quitté à regret notre belle maison de granite et la piscine aux grenouilles. J’ai oublié de parler de ce granite si particulier, très clair à cause des feldspaths énormes (3, 4 voire 5cm) très nombreux, probablement de l’orthose, avec des micas noirs dispersés.

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Le téléphone (Googlemaps) nous mène par les plus petits chemins improbables jusqu’à l’autoroute à Guimarães évitant la grande route qui traverse des zones urbanisées. Au Portugal, le réseau d’autoroutes est très dense, la signalisation souvent incompréhensible. On suit « Porto », on se trompe, le téléphone vexé se tait et ne se réveille pas. Comment a-t-il fait sans Wifi ni données mobiles ?

Nous suivons l’autoroute jusqu’à Porto qu’on traverse : j’aperçois le pont Luis 1er et même les gabares. Sur la recommandation du péagiste, direction Lisbonne A1. Plusieurs itinéraires sont envisageables: A1, A17 ou N1. Je n’ai pas souvenir qu’en 1999 il y ait eu tant d’autoroutes parallèles. Pourquoi en a-t-on construit tant ? Samedi midi, mi Juillet, elles sont vides !

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280km entre Povoa et Nazaré. On peut intercaler une belle visite. Ce sera Buçaco et son parc magnifique. On quitte l’autoroute A1 par l’autoroute de Viseu puis la nationale N1. Ensuite c’est facile.

Buçaco

Buçaco bignonnia et sphère armiliaire
Buçaco bignonnia et sphère armiliaire

La chaussée pavée monte au château sous des arbres magnifiques. . Autrefois résidence d’été royale, construit entre 1886 et 1907, le palais est maintenant un hôtel 5*. L’extérieur est kitchissime avec la sphère armillaire surmontant une tourelle fine, ses fenêtres décorées de colonnettes, torsades et décors manuélins. Les jardins qui l’entourent sont de toute beauté : un parterre de buis en broderie (comme à Vaux le Vicomte) des tonnelles charmantes, des fleurs variées parfois exotiques comme des strelitzias.

portugal2015dt 079 - CopieOn ne visite pas l’hôtel. Aujourd’hui se prépare ne noce. Les employés installent de petites tables rondes sur la terrasse et mettent le couvert. Nous poussons la grille. Personne ne nous chasse. Nous pouvons donc admirer les azulejos de la galerie qui illustrent des pages littéraires, des citations  que je ne comprends pas. La jeune fille mélancolique pourra me servir pour mon billet Amour de Perdition.

les lys et la fontaine
les lys et la fontaine

 

A l’arrière de l’hôtel, une fontaine ornée d’une mosaïque de petits moellons de meulière marron, de blanc et de noir,  moussue, est fleurie de lys ? de là, un sentier descend dans le parc.

Fonte Fria
Fonte Fria

 

J’atteins après quelques temps la Fonte Fria qui est un double escalier encadrant un filet d’eau qui cascade, alimente des bassins avec des ilets moussus, plantés de fougères, enjambés par des petits ponts. C’est charmant, rafraîchissant.

hortensias et fougères
hortensias et fougères

Au pied de la fonte Fria, se trouve un petit lac dans les hortensias. La Vallée des fougères se trouve dans le creux. Des fougères arborescentes bordent le sentier. Je m’en souviens très bien. C’était la première fois que j’en voyais. Des palmiers complètent cette flore tropicale. Un lac plus grand que le premier se niche dans un creux, on y a bâti un ponton romantique sous un saule pleureur. Le parcours se poursuit jusqu’à la Port de Coimbra mais je reviens sur mes pas. Nous avons encore de la route à faire. Je ne reverrai donc pas les cellules des ermites tapissées de liège des Carmes Déchaussés, ni le chemin de Croix de la Via Sacra.

vallée des fougères
vallée des fougères

Deux œufs durs et des prunes sous une tonnelle nous serviront de déjeuner. On a eu tort de ne pas aller au Café de la grande maison rose ; Les sandwiches étaient à des prix raisonnables. Nous  mangeons une glace.

Promenade à Povoa de Lanhoso

CARNET PORTUGAIS 

Maria da Fonte héroine de Povoa de Lanhoso
Maria da Fonte héroïne de Povoa de Lanhoso

Réveil gris. La température a chuté. Hier accablante, ce matin 19°. Je revêts un sweat pour déjeuner sur la terrasse.

Dernier jour à Povoa, nous allons visiter les curiosités locales. En plus du Castelo et du Castro préhistorique, on peut voir travailler les artisans bijoutiers spécialisés en filigrane, et 16km de voie romaine.

POVOA boules rond point

Pour ne pas tourner en rond (décidément le GPS fait défaut !), nous allons à l’Office de Tourisme pour nous faire expliquer le chemin de la Voie Romaine. Le jeune homme parle bien anglais mais c’est surtout un adepte de Google maps. Il me fait passer derrière son comptoir et me montre le trajet sur l’écran de l’ordinateur en street view. C’est très fastidieux et je n’y comprends rien. Plusieurs départs sont envisageables, près du château après le rond point des boules (allusion gigantesque au filigrane) à la sortie du village sur la route 103. Il lui vient une idée :

le chêne de Caves
le chêne de Caves

-«  avez-vous vu le chêne ? »

Un centre d’interprétation est à côté à proximité et la via Romaine y passe. En tout cas, c’est un repère fiable, le Centre d’Interprétation est bien fléché. Il faut suivre les indications Carvalho de Cavos , les balises de GR rouge et blanches sont visibles à partir de la petite chapelle Sa. Marta.

Le chêne est vraiment impressionnant. Pas moins de dix poteaux métalliques lui servent d’étais. Ce serait le plus grand chêne de la péninsule ibérique d’après l’animatrice du Centre d’Interprétation (beau bâtiment, exposition de panneaux sur le thème de la forêt et de la biodiversité).

L’animatrice me fait cadeau d’un topoguide cartonné pour le circuit Maria da Fonte qui suit la voie romaine sur un tronçon.

Le GR est bien balisé. Me voilà partie pour une balade non seulement sur les traces des Romains mais aussi sur celles des femmes du Minho qui se révoltèrent en 1846 avec Maria da Fonte pour porte drapeau. Je ne connaissais pas cette héroïne avant d’avoir ouvert Amour de Perdition de Camilo Castelo Branco. Le traducteur y fait clairement allusion dans la préface. Au second rond point, j’avais vu la statue d’une jeune paysanne mais je ne la savais pas si célèbre.

Le GR emprunte une petite route pavée de petits pavés cubiques de granite. Plus portugaise que romaine, cette route ! Elle rejoint un  groupe de maisons devient asphaltée. Au virage je la quitte pour une descente sur de très grosses dalles : les dalles romaines.

Via romaine de Braga à Astorga
Via romaine de Braga à Astorga

Granite à gros cristaux de feldspath comme tous les granites ici. Peut être verrai-je  une borne miliaire comme sur le document ? Je n’en n’ai pas  vu, mais j’ai vu un lavoir qui sert encore, sur le rebord il y a une brosse et du savon. Vu aussi deux vaches à la robe jaune avec des longues cornes recourbées et effilées. Le sentier passe par de nombreux groupes de maisons. C’est fou comme le Minho est construit. On est en campagne mais il y a des maisons partout, des vieilles en granite, des neuves en ciment et même de très belles maisons de vacances. Il y a aussi des chiens. Heureusement ce sont des petits bâtards  ressemblant un peu aux Jack Russel, petites pattes courtes, poil ras blanc avec des taches jaunes. Petits mais gueulards. Je ne suis pas très effrayée quand ils tentent de me barrer la route. Une chienne va même chercher ses chiots à la rescousse pour me chasser. Il suffit que je me saisisse d’un bâton ou d’une pierre pour les faire fuir. Les chiens de la campagne craignent les pierres et connaissent ce geste. Même si je suis bien incapable de les lancer.

Le sentier entre en forêt. Il est encadré par deux murettes de granite très moussu. Genêts et ajoncs égaient la promenade de leur floraison jaune. Fougères-aigles vert tendre, bruyère rose. Le parcours est fleuri et coloré. Dans la forêt,  les eucalyptus sont plus nombreux que les chênes ou les pins. Cela m’attriste un peu. Ils appauvrissent la forêt. Que fait-on de leur bois ? A leur décharge, ils sentent bon. Le sentier grimpe. Aurai-je une belle vue au sommet de la colline ? Le sentier redescend dans les eucalyptus. Pas de panorama.

Dix mille guitares – Catherine Clément

LIRE POUR LE PORTUGAL ou POUR L’EUROPE?

10000_guitares

J’aurais aimé être plus enthousiaste!
Ce livre avait tout pour me plaire.
De l’auteure j’avais lu avec grand plaisir la Senora (2fois) et la Promenade avec les dieux de l’Inde, Martin et Hannah, Sissi….
Un thème intéressant : une traversée de l’Europe, du Maroc en Suède, en passant par le Portugal, l’Espagne, Prague… toute l’histoire des Habsbourg de Philippe II à Rodolphe…Descartes. Un siècle d’histoire de 1577 à la mort de la Reine Christine en 1689.
Un très joli titre que ces Dix Mille guitares.
Et pourtant une certaine déception.
Quelle idée que de choisir comme narrateur un rhinocéros puis sa corne transformée en coupe royale! Déjà l’animal grossier qui chie et pète c’était risqué, mais la corne qui passe de main en main de cour en cour, je n’arrive pas à y croire.
Le mystère de ce Sébastien, roi de Portugal,  Désiré puis caché. Quelle formidable histoire! Le dépucelage de la reine Christine par Descartes, encore une autre histoire! Mais j’ai du mal à suivre. Entre temps on croise le Golem à Prague. Too much!
C’est cependant un livre fort instructif. Je n’avais jamais entendu parler de ce Pourim des chrétiens célébré au Maroc, J’ai bien apprécié la révision historique concernant cette Guerre de Trente ans, l’abdication de Christine…
rhinoceros de Dürer
Lire le billet d’Eimelle qui m’a donné envie de lire ce livre.

 

Bom Jesus et Braga dans la canicule –

CARNET PORTUGAIS

Bom Jesus
Bom Jesus

Nous partons de bon matin pour grimper au Bom Jesus de bonne heure dans la fraîcheur. La météo annonce une journée caniculaire. Il est encore dit qu’on tournicotera avant d’arriver. La signalisation routière est vraiment déficiente. On reparle de racheter un GPS à la FNAC de Braga !
Enfin, la route quitte la zone urbanisée et les quartiers modernes de hauts immeubles pour monter à l’assaut d’une colline boisée. Nous nous croyons arrivées ! La montée n’en finit pas.

Sanctuaire du Mont Sameiro
Sanctuaire du Mont Sameiro

C’est que nous montons le Mont Sameiro qui culmine à plus de 600m au dessus de Braga et qui porte un dôme blanc : la Basilique de Sameiro. Puisqu’on y est, autant visiter ! Le sanctuaire est immense, les pavillons d’accueil, de prière ou les kiosques sont dispersés autour d’une très vaste esplanade pavée garnie de statues géantes. La première « chapelle » fut inaugurée en 1880, puis remplacée par un édifice plus grand dix ans plus tard. La nouvelle église fut consacrée en 1941. Faste et grandiloquence de cette époque ne me disent rien. En revanche le panorama est à couper le souffle. Je reconnais les éoliennes perchées sur les crêtes vues hier.
De Sameiro au Bom Jesus, la route est facile. Mais où laisser la voiture ? Au sommet, les hôtels se réservent les parkings, nous n’avons pas trouvé le parking du funiculaire. On s’arrête le long de la route à mi-pente. Le funiculaire est une antiquité, inauguré en 1882, il utilise un système de ballast hydraulique, rempli au niveau haut, il se vide en descendant, monte à vide etc…

chemin de Croix du Bom Jesus
chemin de Croix du Bom Jesus

A mi-pente, nous avons un beau point de vue sur les escaliers des 5 sens et des 3 vertus. Plus bas, les escaliers sont dans l’ombre de très beaux arbres. Le chemin serpente entre les chapelles du Chemin de Croix construit entre 1722 et 1811. L’escalier comporte 570 marches et 116m de dénivelée. Il commence sous un portique(1723). Les stations du chemin de croix sont de petites maisons coiffées d’un toit pointu et moussu parfois fleuri de grosses fleurs violettes. A l’intérieur des statues à taille humaine racontent la Passion. La première reconstitue la Cène, puis la Flagellation, la couronne d’épines…En ce moment, le sanctuaire est en réfection. Des pots de peintures et des matériaux de construction entreposés là masquent les statues. Il ne faut pas oublier de regarder le pavage du chemin à dessin géométrique.

Fontaine des 5 sens
Fontaine des 5 sens

Les deux escaliers monumentaux sont éblouissants de blancheur. Il n’y a plus d’ombre, l’eau des fontaines procurent une certaine fraîcheur. La Fontaine des 5 sens fait allusion aux 5 plaies du christ et aux 5 besants de l’écusson du Portugal. Chaque fontaine figure la vue : l’eau coule par les yeux, le goût, par la bouche, etc… une citation latine et une statue illustrent aussi chaque sens.

la vue
la vue

Les degrés supérieurs forment l’Escalier des 3 vertus. A l’intérieur de l’église un calvaire avec trois croix rappellent le chemin de Croix.

Braga : la Arcada
Braga : la Arcada

Se rendre au Centre-ville de Braga et se garer a été très facile au parking souterrain sous l’Avenida Central . Une foire aux livres installée dans des sortes de boîtes orange et noires masque la façade de la Arcada.

Brasileira
Brasileira

Dans la zone piétonnière,  le beau café La Brasileira au rez de chaussée d’un immeuble carrelé de blanc et de bleu est un café très chic. Les maisons sont jolies mais les magasins des marques chics et mondialisées gâchent la promenade : le quartier perd son âme. Je trouve des lunettes à 3€ en soldes qui remplaceront celles (fort chères)  perdues dans les fourrés hier.

Baroque!!
Baroque!!

On arrive à une église. Laquelle ? A Braga il y a partout des églises, des façades baroques. Les colonnes dorées du chœur portent chérubins et grappes de raisin. Cette église-ci n’est pas répertoriée dans les « incontournables » de la ville. Un peu plus loin, une façade est intéressante, percée de plusieurs fenêtres ouvragées, toutes différentes, l’une est bordée de cordes marines, l’autre de petites rosaces, une troisième de petites sculptures. C’est la Casa dos Coimbras , un restaurant.

Façade de la Cathédrale de Braga
Façade de la Cathédrale de Braga

Plus loin, une église porte des statues sur le toit. Nous allons de surprise en surprise et arrivons rapidement à l’arrière de la Cathédrale. Deux tours carrées portent chacune une coupole, les arcatures sont évidées. Entrée payante 2€ la cathédrale, 3€ pour les chapelles et le chœur. La visite est guidée mais les guides sont très jeunes et débutantes. Celle qui se présente comme anglophone débite à toute vitesse un texte incompréhensible qui est peut être de l’anglais. Dans le chœur, je suis seule, je prends consciencieusement des photos pour faire plaisir à la guide que j’effacerai plus tard . Dans les chapelles,  une famille italienne et une autre dame blonde nous rejoignent. Après 2 ou 3 phrases d’ »anglais accéléré », la dame demande à la jeune fille de recommencer plus doucement. Elle recommence, même débit. De dépit, l’Italienne lit son guide à haute voix. Il en résulte que je comprends qu’une chapelle est dédiée à S. Giraldo et qu’un évêque est momifié dans son cercueil. Rien de bien passionnant. Ce Gérard m’est inconnu et la momie me dégoûte. La Cathédrale est immense plutôt sobre malgré sa rangée de saints ou d’apôtres, son orgue doré à 500 tuyaux et le retable doré. A la sortie de la Cathédrale, il est midi, on se croirait cuire dans un four.
J’aurais aimé, comme à Guimarães, trouver une jolie terrasse à l’ombre y déjeuner et aller me promener dans les rues. Décidemment il fait très chaud !37° annoncés, 32° mesurés dans la voiture. On rentre.
Tandis que je nage mes allers et retours à la piscine, le ciel se charge. Un nuage a une couleur étrange, plus brune que grise. Il traverse le ciel, s’installe, obscurcit tout. Il y a un incendie dans la montagne. De la terrasse de notre chambre, on voit les flammes. Pas d’avion, pas d’hélicoptère. C’est trop loin pour distinguer les pompiers. Le soir à 22h le brasier rougeoie encore. La forêt brûle

Se perdre dans le parc de Peneda Gerès?

CARNET PORTUGAIS 

Rio Cavado
Rio Cavado

J’avais « trop » bien préparé la journée, avec la carte, le téléphone, les documents du propriétaire. J’avais trouvé des randonnées parcourant  la voie romaine qui allait de Braga à Astorga en Espagne. Nous devions découvrir des bornes miliaires, des inscriptions. Tout cela était fort excitant.

Googlemaps m’avait donné l’itinéraire : 4.5km après la sortie de Povoa nous devions trouver la route 205 et arriver très vite à Terras de Burro. A la sortie de la ville, le GPS s’emballe, nous le faisons taire et prenons la première route à gauche.

Le mystère est que nous nous retrouvons au sud de la ville croyant être au nord. On arrive à un petit lac, je crois que nous passons le Rio Cavado (c’est le Rio Ave). Comme je me crois au nord, je ne retrouve rien sur la carte (au 1/800 000ème) puisque je ne cherche pas du bon côté.

La campagne est très encaissée, très verte. Il y a de l’eau partout, du vignoble, c’est-à-dire des rangées de vigne entourant des champs de maïs ou de choux.

Nous arrivons enfin quelque part, dans un village très animé – pour cause d’enterrement ! – impossible de demander notre chemin Le père et son fils repeignent une grille. Je leur demande Terras de Burro, le père fait un vague geste, puis soupire « c’est loin ». On poursuit donc dans la direction indiquée. Collines, barrages, plage fluviale, belles forêts. Et toujours aucune indication !

Un homme soude dans son garage. Il nous trace un plan : à8km à la station service, tourner puis 12km prendre Viera do Minho. Enfin une ville figurant sur ma carte !

Viera do Minho malgré son parc floral, sa place monumentale avec sa sculpture de l’Homme dominant la Nature – en l’occurrence une chèvre – malgré sa maison-musée (maison d’un écrivain dont je n’ai jamais entendu parler) malgré tout cela, Viera do Minho est un trou ! La dame de la Maison-musée-université du 3ème âge me renseigne volontiers, elle ne sait que me conseiller : « Allez donc à Gérès ! ».

Caniçada

Au dessus de Caniçada une flèche indique la promenade n°9 vers S. Bento. En face, il y a un ravissant café avec une très belle vue sur le lac de barrage. Dominique peut m’attendre en regardant le lac.

Le Trelho S. Bento s’avère être une très mauvaise piste sans aucun balisage. C’est un sentier très raide et très glissant. Après la route, il s’enfonce dans les fourrés. Des ronces s’accrochent à mon chapeau. Peu après, le sentier disparaît complètement dans un débarras de tôles et d’orties. Je renonce et grimpe à grand peine. Arrivée sur la route, éblouie par le soleil, je cherche mes lunettes. Sans doute dans les ronces. Je retourne les chercher : introuvables !

Récréation au petit café Taskinha paraky où je dessine le lac et une jolie petite église qui pointe dans la verdure – orangers, oliviers, magnolias en fleur. Plus loin, beaux châtaigniers et coiffant la sierra des forêts de résineux.

Nous reprenons la route, espérant trouver un restaurant au bord de l’eau. Nous poussons jusqu’à Gérès. Des locations, des campings, mais pas de restaurants au bord de l’eau. Au bord de la route, cela ne manque pas, mais nous voulons voir le lac !

Finalement après avoir bien cherché, nous trouvons un restaurant perché, plus classe (donc plus cher). Demi-poulet avec beaucoup de frites. Omelette jambon fromage. Avant on nous a apporté (sans qu’on ait rien demandé) du pain, du beurre, des olives (payants en plus de la carte). Avec une ½ bouteille de vin blanc l’addition monte à 18.4€ (raisonnable pour un restau chic !).

Le retour s’effectue facilement sur les conseils d’une portugo-française qui nous indique la route de Braga . Nous traversons Terras de Burro (que nous avions tant cherché) sans nous y arrêter. Après Amares, Povoa est indiqué. Un beau pont de pierre enjambe le rio Cavado. Nous découvrons le Castelo de Povoa au dernier moment. Je comprends ma méprise. Nous avons confondu entrée et sortie de Povoa, nous étions bien sur la route 205 mais dans l’autre sens! Pas étonnant que tout soit inversé !