Botticelli – Artiste et Designer – Jacquemart André

Exposition temporaire jusqu’au 24 janvier 2022

Simonetta Vespucci -( 1485 Francfort sur le Main)

Le Musée Jacquemart André est un écrin parfait pour l’exposition Botticelli qui voisine avec la collection permanente de peinture italienne de la Renaissance. 

Vierge à l’Enfant

Cette exposition va rendre compte de l’œuvre du peintre, de son apprentissage dans l’atelier de Lippi jusqu’à sa peinture tardive quand Savonarole a donné une ambiance tragique à Florence. Elle montre la proximité de la peinture de Botticelli avec celle de son maître Lippi que le jeune Sandro copie .

Vierge à l’enfant s’appuyant sur un ange sous une guirlande

La production de Botticelli est variée, c’est ce qui justifie le sous-titre de designer, il a peint de magnifiques cassoni 

la bataille de Pydna

Il a aussi dessiné des cartons pour des broderies somptueuses ou des marqueteries ou des tapisseries.

marqueterie

La Naissance de Vénus n’a pas fait le voyage mais a inspiré ces Vénus plus ou moins pudiques dont Botticelli a peint plusieurs exemplaires, celle de Turin est même habillée mais d’un voile si transparent qu’il souligne plus qu’il ne cache ses appâts. 

Venus pudique

Un format qu’affection le maestro est le Tondo dont les constructions savantes sont particulièrement séduisantes. Celui nommé le maitre du gothique montre la construction de Venise en arrière-plan

Tondo : le maître du gothique

Deux petites compositions m’ont bien amusée

Les Vandales dévorés par les ours
Saint Juste expulsant les démons de la région de Volterra

Comme d’habitude, le Musée Jacquemart André a réalisé des vidéos très intéressantes.

Seul bémol, rançon du succès : la foule!

 

Baudelaire, la modernité mélancolique,à la BNF

Exposition temporaire jusqu’au 13 février 2022

Baudelaire jeune ‘(23 ans)par Emile Deroy

La BNF célèbre le bicentenaire de la naissance de Baudelaire.

A côté des manuscrits, lettres, épreuves corrigée de la main de Baudelaire comment mettre en scène la poésie? 

« Baudelaire vivait avec Hamlet » affirme Theodore de Banville

Sur les murs de son appartement il avait la collection de 13 Hamlet par Delacroix

Delacroix : Hamlet et le crâne de Yorik

Odilon Redon a illustré « interprété » Les Fleurs du mal. 

Odilon Redon

Courbet est aussi présent : il a dessiné un homme sur les barricades de 1848 qui a servi de frontispice au journal Le Salut public, éphémère journal révolutionnaire fondé à Paris le  par Charles BaudelaireJules Champfleury et Charles Toubin.

Courbet : homme sur une barricade

Courbet a aussi peint un portrait de Baudelaire

Courbet : portrait de Baudelaire

On peut aussi voir Médée, tableau de Delacroix, des dessins de Daumier, des photographies et caricatures de Nadar

Caricature de Baudelaire par Nadar

Au gré de la déambulation dans l’exposition on peut entendre des lectures de l’Albatros, l’invitation a voyage de Duparc ou s’asseoir pour écouter des morceaux choisis de Baudelaire. Les visiteurs curieux pourront déchiffrer des lettres manuscrites…

Encore une exposition intéressante à la Grande Bibliothèque!

Winterreise – Angelin Prejlocaj

VOYAGE D’HIVER A LA MAC

Nous l’avons longtemps attendu, ce spectacle programmé en novembre dernier!

Les lumières s’éteignent, le pianiste, James Vaughan,  descend dans la mini-fosse d’orchestre, puis le chanteur, Thomas Tazl, baryton basse,  arrive . Je suis surprise, nous avons l’habitude de voir de la danse contemporaine à la MAC, je n’avais pas imaginé que ce Voyage d’Hiver soit si authentiquement schubertien. Plaisir de la musique vivante !

Décor très sobre, 6 danseurs en justaucorps noir évoluent sur la scène recouverte de tas gris. De la neige noircie? des cendres? Les danseuses émergent des tas. Ce sont des confettis gris anthracite brillants qui sont du meilleur effet quand ils volent.

Le voyage d’hiver commence par ce départ mélancolique :

Gute Nacht

 

Étranger je suis arrivé,
Étranger je repars.
Le mois de mai
M’avait bercé de maints bouquets de fleurs.
La jeune fille parlait d’amour,
La mère même de mariage,
Aujourd’hui le monde est si gris,
Le chemin recouvert de neige.

De mon départ en voyage
Je ne peux choisir le moment,
Je dois moi-même trouver le chemin
En cette obscurité.
Une ombre lunaire me suit

Par chance, ce lied m’est familier. Mon allemand est si rouillé. Je reconnaîtrai plus tard le Tilleul  et bien plus tard Die Post illustré par des carrés de carton noir : les lettres que le voyageur brandit sur son cœur « mein Herz! mein Herz ». Je m’en veux, j’avais tout mon temps pour me documenter et lire les 24 poèmes de Wilhelm Müller. Je vous le recommande vivement, à moins que votre allemand permette une compréhension fluide. 

Douze danseurs en noir et blanc, technique parfaite de danseurs classiques, portés audacieux, figures en couple, à trois, à beaucoup plus. Calligraphie.

Prudemment arrive la couleur, maillots bruns, orangés, violine… trois grands soleils. Prejlocaj serait il plus optimiste que Schubert?

 les 24 lieder de Schubert composent une atmosphère intime que je voudrais partager dans ce voyage d’hiver. Qui est, en fait le voyage de la vie. Je l’imagine comme un jardin d’hiver, un lieu où l’hiver est présent, mais où les prémices des autres saisons le sont également. Un laboratoire expérimental de la vie. » Angelin Preljocaj

 

Le Bouquiniste Mendel – Stefan Zweig – Les éditions l’Ebook malin

LES FEUILLES ALLEMANDES

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Un vrai coup de cœur!

Un très court roman, une longue nouvelle de moins de 60 pages que j’ai dévorées d’un seul souffle.

Unité de lieu : le Café Gluck à Vienne !

Heureusement, il y a maintenant à chaque coin de Vienne un café qui vous attend ; je me réfugiai donc dans celui juste en face, avec mon chapeau qui gouttait et mes épaules inondées. L’intérieur révélait un café à l’ancienne[…]c’était un endroit traditionnel de la Vienne d’autrefois, rempli de petites gens qui consommaient plus de journaux que de douceurs.

Le narrateur ressent une impression de déjà-vu,

Puis tout à coup – je n’aurais pu dire comment – je sus que j’avais déjà dû me trouver ici des années auparavant et, par quelque souvenir, être lié à ces murs…..

Alors l’éclair me traversa de part en part. Aussitôt, je sus, aussitôt, en un seul instant, chaud, comblé, secoué :
mon Dieu, mais cette place était celle de Mendel, de Jakob Mendel, Mendel-aux-livres…

 

Jakob Mendel, colporteur galicien, s’est établi au café où il reçoit ses clients ou ses appels téléphoniques. Il achète et vend des ouvrages d’occasion.

« Jakob Mendel j’avais trouvé une merveille de la pensée qui était unique en son genre, une encyclopédie en fait,
un catalogue universel ambulant.

…….
petit Juif de Galicie fripé, tout bardé de barbe et de surcroît bossu, ce Jakob Mendel était un titan de la mémoire.
Derrière ce front sale et crayeux envahi d’une mousse »

Tellement absorbé dans son monde des livres, il ne remarque pas l’entrée en guerre de l’Autriche. Sa correspondance avec des éditeurs français et anglais le fait remarquer de la censure de guerre. Le bouquiniste est-il un espion? Natif de Galicie, il est de nationalité russe, ennemi, donc. On l’emprisonne dans un camp de concentration….

Dans une indécision si embarrassante, les administrations se décident presque toujours à dresser un procès-
verbal. Un procès-verbal, cela peut toujours servir. Dans le cas contraire, cela ne fait de mal à personne, ce ne sera jamais qu’un formulaire absurde de plus parmi des millions qui aura été rempli.

 

60 pages renferment l’amour des livres, de la littérature, l’horreur et la bêtise de la guerre, la nostalgie de la Vienne d’avant 14…

Ses yeux, habitués des décennies durant aux caractères frêles et silencieux d’écrits semblables à des pattes d’insectes, avaient dû voir des choses terribles dans ce parcage humain tendu de fil barbelé, car ses paupières jetaient une ombre lourde sur les pupilles auparavant si vives et ironiques ; ils traînaient somnolents et cerclés de rouge, ses yeux qui avaient été si éveillés, derrière les lunettes

j’en ai déjà trop dit, à vous de le lire!

Stefan Zweig/Joseph Roth – Correspondance (1927 – 1938)

FEUILLES ALLEMANDES

Après avoir lu Fouché de Zweig, Tarabas et la Crypte des Capucins de Joseph Roth, quel plaisir de rester en compagnie des deux auteurs et de parcourir leur correspondance. Correspondance de deux nomades : leurs lettres ont pour adresse des hôtels à travers l’Europe. Roth voyage beaucoup, pour son travail de journaliste, tout d’abord. puis, sur la fin il s’exile à Paris tandis que Zweig s’installe à Londres. 

Bavardage de deux amis. Roth écrit souvent, il évoque ses problèmes d’argent, la maladie de sa femme qui assombrit sa vie, donne ses nouvelles adresses. Zweig répond avec une grande gentillesse. Certaines lettres sont prosaïques et n’offre pas beaucoup d’intérêt pour le lecteur profane. Certaines évoquent la publication de leurs livres respectifs. Certaines sont déchirantes, quand il se sépare de sa femme, quand il raconte son alcoolisme.

Les spécialistes de ces deux écrivains ont sûrement lu avec plus d’attention que moi ces lettres que j’ai parfois parcourues en diagonale quand il s’agissait des démêlés avec les éditeurs ou les ennuis d’argent. C’est une correspondance souvent très émouvante.

 

La Crypte des capucins – Joseph Roth

FEUILLES ALLEMANDES 

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La crypte des Capucins à Vienne  renferme les sépultures des Habsbourg  depuis 1633.

François-Ferdinand Trotta, le narrateur, parent du héros de la Marche de Radetzky, est un jeune viennois d’origine slovène. A la veille de la grande Guerre, étudiant en droit, il passe sa vie dans les cafés de Vienne en compagnie joyeuse de jeunes aristocrates plutôt décadents. Un cousin provincial, Joseph Branco,  paysan slovène dévoué à sa terre à la belle saison  et marchand de marrons ambulant l’hiver,  vient lui rendre visite. la simplicité et la cordialité de ce cousin le touche. Par son intermédiaire il fait connaissance avec Manès Reisiger, un cocher juif de Galicie. 

« La quintessence de l’Autriche, on ne la découvre pas au centre de l’empire, mais à la périphérie. »

« La substance autrichienne est sans cesse nourrie, refaite par les pays de la Couronne. »

La Déclaration de Guerre met fin à l’insouciance viennoise. Trotta décide de se marier à la veille de son départ pour la guerre et choisit de se faire affecter au même régiment que Branco et Manès Reisiger près de la frontière russe dont il préfère l’amitié à celle de ses relations viennoises. Les trois amis seront prisonniers en Sibérie…

A la fin de la Guerre, Trotta retourne à Vienne chez sa mère et sa femme. Sa mère est inchangée. Elizabeth,  sa femme s’est émancipée, elle mène une affaire d’Arts décoratifs (j’ai un  peu pensé au Bauhaus) avec son amante Hongroise. Trotta est associé à l’entreprise d’Elizabeth qui le ruine.  La maison aristocratique est transformée en une pension où s’installent les amis d’autrefois, tout aussi ruinés. Décadence.

Joseph Roth montre l’effondrement de l’Autriche mais il n’écrit pas un roman historique.  Les fusillades de février 1934 et l’assassinat de Dollfuss ne sont qu’à peine évoqués : enterrement du fils révolutionnaire de Manès Reisiger . En revanche, l’Anschluss met le point final au roman viennois.

J’ai beaucoup aimé ce roman cosmopolite comme la Vienne de l’Empire, qui nous conduit jusqu’en Sibérie. Richesse des personnages et finesse de l’analyse.

 

 

Tarabas – un hôte sur cette terre – Joseph Roth

FEUILLES ALLEMANDES

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Après le Retour à Lemberg de Philippe Sands, je retourne en Galicie avec Joseph Roth (né à Brody 2-09-1894) maintenant en Ukraine, mais autrichienne jusqu’à la Première Guerre mondiale. 

Le héros de l’histoire, Tarabas, était-il Russe ou Ukrainien? En tout cas c’était le fils d’un propriétaire terrien aisé.  Etudiant à Saint Pétersbourg, compromis avec des terroristes révolutionnaires, son père l’envoie en Amérique. A New York une gitane lui prédit qu’il serait  un meurtrier puis un saint. La prédiction commence à se réaliser quand il se bat avec le cafetier où travaille son amoureuse et le laisse pour mort sur le trottoir. L’entrée de la Russie dans la guerre le tire de ce mauvais pas. Il retourne s’engager, sa position sociale lui vaut les galons d’officier.

Tarabas est une brute. La vie militaire lui convient, il aime  commander, n’a aucun scrupule. Aucun sentiment patriotique ne l’anime : aux ordres du Tsar, de la Révolution, de sa nouvelle patrie (Ukraine? Galicie, Russie? Union soviétique?) ce qui compte, c’est de commander un régiment, faire l’exercice, boire en compagnie de ses soldats.

Après la Révolution, l’ordre militaire se dégrade, des soldats disparaissent, désertent, les ordres viennent avec une bureaucratie incompréhensible. Tarabas ne sait que faire de ses hommes. Il déclenche un pogrom, incendie les maisons des juifs, puis s’en prend à un vieux juif roux dont il arrache des poignées de barbe. Etonnamment, alors qu’il a participé à un attentat, assommé le  cafetier, fait la guerre. C’est ce pogrom qui fait de lui un meurtrier.

Après avoir pris conscience de sa faute, Tarabas abandonne son ancienne vie et devient vagabond pour expier. Sa vie est celle d’un mendiant, il va chercher le pardon du juif. Retrouver sa maison natale. J’ai beaucoup aimé ce récit du vagabondage.

Nombreux sont les vagabonds qui errent sur les routes des pays de l’Est. Ils peuvent vivre de la charité des gens. Certes, les chemins sont mauvais et les pieds se fatiguent facilement ; certes, les chaumières sont misérables et offrent peu de place, mais le cœur des hommes est bon, le pain est noir et parfumé et les portes s’ouvrent vite. même aujourd’hui, après la Grande Guerre et la Grande Révolution, bien que les machines aient commencé leur marche inquiétante  faite d’acier et de précision, vers l’Est de l’Europe, les gens sont toujours compatissant à la misère des étrangers. Même les fous et les sots comprennent la détresse du prochain mieux que ne le font n’importe où ailleurs les sages et les savants;….

Ce court roman de 237 pages est d’une puissance étrange.

Meurtrier ou saint , Tarabas cristallise les horreurs de la guerre et du pogrom; en même temps, la proximité avec la nature confère une certaine innocence. 

Fouché – Stefan Zweig

FEUILLES ALLEMANDES 

J’ai rejoins avec curiosité l’aventure de Les feuilles allemandes alors que je suis bien ignorante de la littérature allemande contemporaine. Comme je ne suis jamais déçue par Stefan Zweig et que son œuvre est inépuisable j’ai choisi la biographie de Fouché après la lecture de celle de Balzac, Magellan, Marie Stuart….Et bien sûr, ce fut un bonheur de lecture! 

Traître né, misérable intrigant, nature de reptile, transfuge professionnel, âme basse de policier, pitoyable
immoraliste, aucune injure ne lui a été épargnée

Fouché a traversé la Révolution, le Directoire, l’Empire, la Restauration toujours au premier plan de l’action politique. Mitrailleur de Lyon, régicide, ministre de la Police de Napoléon, artisan du retour de Louis XVIII. Arriviste, sans scrupule, mais gros travailleur, traître, joueur presque plaisantin selon Zweig. L’analyse psychologique de ce personnage complexe est très bien conduite. Zweig est un maître de la biographie!

Charles Thevenin (1764-1838). « La Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, au Champ-de-Mars » (1795). Paris, musée Carnavalet.

Leçon d’histoire Zweig nous fait partager tous les épisodes de la Révolution. La visite récente au Musée Carnavalet fournit les illustrations! Une galerie de personnages, de Couthon à Robespierre en passant par Marat et Chalier que je ne connaissais pas, pendant la Terreur.

Une révolution, il le sait, dans son expérience précoce, n’appartient jamais au premier qui la déclenche, mais
toujours au dernier qui la termine, et qui la tire à lui, – comme un butin.

Ami de Barras qu’il trahit au 18 Brumaire. Bonaparte puis Napoléon se méfie de Fouché mais reconnaît la compétence de son ministre de la Police.

Cette puissance de Fouché sur Napoléon, qui était une énigme pour tous les contemporains, ne doit rien à la magie ou à l’hypnotisme. C’est une puissance acquise avec science et assurée par le travail, l’habileté et l’observation systématique.

Le duo Fouché-Talleyrand est décrit avec finesse. Quand Fouché prend trop d’initiatives Napoléon cherche à l’éloigner, le couvre de richesses et d’honneur : Fouché devient Duc d’Otrante.

La Malmaison : Chambre de Joséphine

Fin analyste politique, Fouché se rangera toujours du côté du pouvoir, aussi bien pendant les Cent Jours qu’à la Restauration, négocie un ministère avec Louis XVIII. Quand l’Ancien Régime se trouve restauré, le sang du régicide qui a voté la mort de Louis XVI lui vaudra sa disgrâce et l’exil.

 

La Collection Morozov – Vuitton

Exposition temporaire du 22 septembre 2021 au 22 février 2022

Matisse : corbeille de fruits

Exposition spectaculaire qui réunit  les chefs d’œuvre français et russes, de Renoir à Picasso en passant par Cézanne, Bonnard, Matisse, Gauguin, van Gogh… et j’en oublie, des plus fameux. Les deux frères Mikhail et Ivan Morozov n’ont pas seulement collectionné des tableaux magnifiques, ils ont surtout fait des commandes. Les tableaux ont souvent été peints pour être vus ensemble comme ceux de la salle Bonnard dont les formats sont inhabituels. Après la nationalisation de la collection en 1918 les tableaux ont été répartis dans différents musées entre Moscou et l’Ermitage. Les voir réunis ici leur donne une meilleure cohérence. 

Bonnard : printemps

Quel éblouissement que ces deux grands tableaux presque carrés Printemps et Automne encadrant le triptyque Méditerranée. L’été se trouve en face. Dans cette salle consacrée à Bonnard on peut aussi admirer le Triomphe de Cérès de Ker-Xavier Roussel dont les gais coloris s’harmonisent avec les tableaux voisins. 

Ker-Xavier Roussel : Le Triomphe de Cérès

Certains tableaux sont surprenants comme le Cézanne sombre ou le Bouchon de Manet peint à grands coups de pinceau

Cézanne : scène d’intérieur

J’ai bien aimé les deux saltimbanques de Picasso

Picasso 2 Saltimbanques

Une salle entière est consacrée à Sisley, Pissaro,  des petits formats de paysages de Louveciennes ou de Pontoise, la surprise vient d’un peintre russe Korovine : ubn café à Paris  et d’un merveilleux paysage de Golovine

Golovine ; paysage Pavlovsk

Au fond, de très beaux Monet : des fleurs et un étang, mais nous ne sommes pas à Giverny, c’est Mongeron. 

Une découverte, à côté de Derain, Louis  Valtat : la Mer à Anthéor

Louis Valtat : La mer à Anthéor

Une journée en Polynésie, c’est bien sûr Gauguin

Gauguin : Matamoé

j’ai beaucoup aimé ce paysage aux paons.

Encore de la couleur avec Martiros Sarian

Martiros Sarian : rue à Constantinople

Une salle entière est dédiée à Cézanne : calme et verdure  des Bords de Marne à Créteil ou saint Maur des Fossés ainsi qu’un très beau pin

Cézanne : le Pont de Créteil

On retrouve Cézanne à de nombreuses reprises, paysages et natures mortes, des portraits aussi.

Contrastant avec les paysages colorés, une salle entière contient des grands portraits d’hommes dans une dominante de gris, Picasso, Cézanne, Kontchalovski, Malevitch et Ilia Machkov. Certains sont étranges voire inquiétants.

Kontchalovsky
Ilya Machkov : autoportrait

Une salle met à l’honneur la Ronde des Prisonniers de Van Gogh

On revient à la couleur avec Matisse, ses fleurs, ses natures mortes et le triptyque marocain

Matisse : triptyque marocain

Sous les décombres – Mechtild Borrmann

 

 

Pour ma première participation aux Feuilles Allemandes, j’ai choisi un polar. Polar atypique, plutôt roman choral, mosaïque qui se déroule en 1945 à Uckermark(Brandebourg) à l’arrivée des troupes russes, en 1992 à Cologne après la réunification des deux Allemagne, en 1947 à Hambourg, dévastée, sous les décombres. Un domaine prussien, riches éleveurs compromis avec le nazisme. Une mère et ses deux enfants essayant de survivre dans les ruines. Une enseignante de Cologne qui essaie de retrouver ses racines. 

Un polar sans policiers, ou presque. L’intrigue se déroulera toute seule, au hasard des histoires familiales. Le meurtre passe inaperçu dans les ruines de l’après guerre. Une femme nue gelée, puis un homme, une petite fille sont retrouvés . Sont-ils morts de froid? Dépouillés par des rôdeurs pour récupérer un manteau chaud? Il faudra attendre la fin du livre et 1993 pour que ce crime ne s’explique. Peut être le lecteur devinera grâce aux indices discrets mais persistants que l’auteure a disséminés dans son récit?

Je ne suis pas tout de suite entrée dans le roman. Je ne m’étais jamais préoccupée de cet aspect de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Encore moins des domaines des junkers avec le début de l’ère communiste. L’auteur a su forcer ma méfiance et je me suis sentie aspirée par l’histoire touchante de cette Mère-Courage et de ces enfants dénués de tout dans l’hiver et les ruines. A mesure qu’on reconstitue l’histoire, elle devient de plus en plus sombre….

Un roman bien mené, des personnages différents et fouillés. Je vais suivre cette auteure!