Le fagot de ma mémoire – Souleymne Bachir Diagne

MASSE CRITIQUE DE BABELIO

fagot de ma mémoire est un court récit autobiographique rédigé à New York pendant le Confinement. Souleymane Bachir Diagne, est professeur à l’Université Columbia, philosophe, mathématicien (il a consacré sa thèse à George Boole), élève de Althusser et Derrida, il se qualifie dans le livre de « althusserien et soufi » . Chacun des neufs chapitres du livre porte le nom d’une étape dans la vie de Diagne, Saint Louis, Ziguinchor, Dakar Sicap, Paris, Cambridge Massachusetts, Dakar les Mamelles, Chicago Illinois, New York. Trois villes sénégalaises de son enfance, trois continents. A Paris, comme Senghor avant lui, il intègre la Rue d’Ulm   , prépare l’agrégation de philo, mais va aussi danser au Palace (avec Schopenhauer en poche), Jeune agrégé, il passe par Harvard en 1979 et découvre la ségrégation raciale. Après avoir soutenu sa thèse, il rentre au Sénégal  pour une brillante carrière universitaire enseignant la « philosophie africaine ». Il est vivement question de décoloniser les esprits. Les années 1980, marquées par la révolution iranienne voient aussi surgir une réislamisation des sociétés musulmanes.L’islam devient une question géopolitique et le département de philosophie ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la philosophie islamique ni de la décolonisation de l’histoire de la philosophie. Il étudie un philosophe indien Iqbal appelant à reconstruire la pensée religieuse de l’Islam. Là, je décroche un peu, n’étant pas du tout au fait des différents courants religieux. Toutes ses explications sur le soufisme m’intéressent bien sûr, mais je n’ai pas tout saisi.A Chicago, il rejoint un programme pluridisciplinaire sur les études africaines. Entre temps la tragédie du 11 septembre donne un autre sens à l’enseignment de la philosophie islamiste. Le soufisme, mouvement tolérant est discuté. 
A Columbia, on lui offre un poste sous le signe du postcolonial ou du décolonial.« Si le postcolonial était une religion, Columbia serait son premier temple »C’est là qu’Edward Said a enseigné. La querelle entre postcoloniaux et pourfendeurs de ces postcoloniaux au nom de l’universalisme, principalement européens et français est une question passionnante et d’actualité.
Le mot de la fin est bantou : Ubuntu : « faire humanité ensemble, S’opposer aux inégalités entre les nations afin que chacun puisse se réconcilier avec elle-même et se sentir une parcelle d’une humanité solidaire….c’est la définition que Jaurès a donné du socialisme »

Astorga

ESPAGNE ATLANTIQUE ET RETOUR PAR LEON&CASTILLE

Astorga : cathédrale

la muraille romaine d’Astorga
50 km plus loin : Astorga .Nous venons de quitter les mines d’or des Romains et voilà que nous les retrouvons ! Premier contact avec Astorga : une imposante muraille romaine protège la cité. Des archéologues ont dégagé la porte romaine encadrée par deux tours rondes . Une série de panneaux narre l’assaut de la muraille par les Wisigoths à la fin du Vème siècle (480) . L’office du Tourisme propose une visite guidée des ruines romaines . Nous n’avons pas de temps malheureusement. Pour nous Astorga n’est qu’une étape sur la route de Léon.

La cathédrale d’Astorga

Cathédrale d’Astorga : façade gothique

Nous abordons la cathédrale par l’arrière : un chevet gothique flamboyant s’élance hérissé de pinacles crantés. Saint Jacques (ou un pèlerin) domine de la hauteur de la flèche les toits et les pignons .L’enclos dallé autour de la cathédrale est grillagé d’un mur. Sur le côté, deux églises s’emboîtent, les toits rouges couverts de tuiles des constructions romanes contrastent avec les tours de pierre élancées.  Ma première réaction devant l’imposante façade baroque est la stupeur : Dépassé Mondonedo ! (Saint Jacques de Compostelle est hors concours !) Le baroque masque le gothique . Nous sommes étourdies par le foisonnement des éléments décoratifs . je laisse échapper une exclamation « quelle salade !« que Dominique interprète comme « quelle horreur : » . Non, elle n’est pas horrible, elle est même très belle.

Cathédrale d’Astorga : façade baroque

Il faut prendre du recul pour apprécier l’ensemble. Elle n’est pas mise en valeur par une vaste place comme celle de l’Obradorio. A l’arrière du parvis, les étroites rues ne permettent pas de la voir en entier. J’emprunte la rue qui me paraît être en face pour prendre une photo de loin, mais je ne peux cadrer qu’une partie de la façade, une seule tour à la fois. Pour la contempler le mieux, il convient de s’adosser sur la banquette qui entoure le parvis et de regarder vers le haut ; mais on est alors étourdi !

Cathédrale de’Astorga : pinacles

Je prends photo sur photo des colonnes torses sculptées comme celles des retables dorés, des arcs jetés au dessus du vide vers les tours. Tant de colonnes, d’angelots, de balustrades, de frises…m’étourdissent Une ribambelle d’angelots remplace les balustres d’une galerie, entre les putti, un mouton grimaçant surgit, tout à fait étrange. Des femmes allongées représentent la Piété et l’Innocence, elles sont bien alanguies Le porche est encadré par des bas reliefs figuratifs très originaux . toute cette exubérance est permise par la finesse de la pierre de grès rose. Nous l’examinons à loisir .

Mais qui est donc cet animal dans le coin en haut à gauche?

Nous devons attendre une bonne demie heure l’ouverture du portail
Puisqu’il faut se contenter des extérieurs, nous contemplons

le Palais Episcopal, œuvre de Gaudi.

Palais épiscopal d’Astorga par Gaudi

Je me réjouissais beaucoup à l’avance de le voir. Nous sommes déçues au premier regard. C’est un édifice gris en granite taillé de petits moellons non jointifs ? Là où j’attendais délire et exubérance, je trouve une parodie moyenâgeuse avec tourelles rondes et créneaux, ogives et hautes cheminées. Seule l’entrée est bizarre avec des ogives à la Gaudi. Il me paraît trop sage, trop gris, j’imaginais de la couleur.

Les Pèlerins de Saint Jacques

Astorga pélerin

Sur la place, touristes et pèlerins affluent. Plutôt pèlerins d’ailleurs. Astorga doit être ville d’étape pour marcheurs et cyclistes. L’ambiguïté demeure entre sport et religion. Un couple d’Américains, Lonely Planet à la main, longue queue de cheval pour le garçon comme pour la fille. Deux italiennes, cuissardes de cyclistes, look sportif mais carnet de pèlerinage sur le sac du guidon, elles veulent aller voir je ne sais quelle croix : pèlerinage, donc. Deux japonais, le père et la fille, casqués de plastique, discutent avec les italiennes, tourisme ou religion pour les Japonais ? Une famille de Hollandais blonds dégingandés et braillards, sans équivoque des néerlandais en goguette, mais dans la chapelle de Gaudi, ils déchiffreront le latin, Etonnants ces Hollandais !

Palais Episcopal


Quatre heures sonnent : sur un vélo, un guitariste débarque . le Musée ouvre. Nous pouvons découvrir l’intérieur du Palais Episcopal (un musée religieux, encore un !). Les arcades, les pilastres, les ogives démultipliées sont soulignés de céramique orangée . Les ogives démultipliées, les alignements de colonnes donnent une impression d’espaces infinis dans un volume assez petits. Les vitraux colorés ont de l’allure. Sur quatre niveaux (avec une cage d’ascenseur), nous nous promenons dans des salles fonctionnelles :une salle à manger, un bureau, on imagine la vie dans cette sorte de villa-château moderne: ici le bureau, ici les salles de bain … Les objets exposés ne retiennent que peu notre intérêt. Pourtant, de belles peintures flamandes sont exposées, un retable intéressant et surtout des sculptures peintes certaines naïves sont attachantes.
Puis visite de la cathédrale.. La hauteur de la nef est impressionnante : les piliers nervurés sont énormes. Mais la nef est bloquée par une sorte de mur . autant la hauteur donne du volume, autant cette nef tronquée choque. Un organiste joue. C’est toujours bien, la musique vivante. Nous contournons cette sorte de boîte géante contenant les stalles de bois, fermée par une grille de bois (clôture ?) Ce qui reste à l’avant de la nef est occupé par des bancs. Nous sommes déçues. La façade grandiose laissait présager autre chose.
Arrivée à Leon
Nous arrivons en fin d’après midi à Léon, sans aucune adresse d’hôtel. Il faut trouver comme à Bilbao une solution pour la voiture. A la troisième tentative, je découvre une pension au troisième étage d’un immeuble sans charme mais bien situé . C’est moderne propre mais après notre auberge de Medulas, décevant. La voiture couchera dans le parking souterrain

 

Province de Leon : Ponferrada,

ESPAGNE ATLANTIQUE ET RETOUR PAR LEON &CASTILLE 2003

Le château de Ponferrada

Notre aubergiste est astucieuse : elle propose aux promeneurs matinaux le petit déjeuner sur un plateau avec des madeleines, du lait chaud et de l’eau bouillante dans des thermos qu’elle remplit le soir. Nous pouvons donc profiter des heures fraîches de la matinée. Si les hôteliers espagnols pouvaient tous en faire autant !
Le merveilleux jardin est plein d’oiseaux le matin. Nous avons le site pour nous toutes seule. C’est toujours plaisant de réviser, d’imaginer les 60 000 esclaves romains au travail dans le chantier monstrueux.

Les châtaigniers aux troncs noueux, souvent creux retiennent mon attention. Et toujours des oiseaux !

A midi, nous partons visiter Ponferrada distante de 20 km. Ponferrada vient de son pont ferré sur le sil. Nous voyons trois ponts récents trop modernes pour être le fameux pont ferré. Le château est tout à fait spectaculaire et immense. Une grande campagne de rénovation est en cours. Il y a des grues et des ouvriers casqués de plastique bleu qui s’affairent à remonter les murs .Quel est le maître d’œuvre de ce chantier ? La ville, elle même est toute en chantier. On construit des barres d’immeubles en plein centre . Je ne sais qui est le Viollet le Duc du XXIème siècle ? La reconstitution est menée scientifiquement, des panneaux très détaillés expliquent toutes les défenses, la balistique. Des jeunes filles se promènent et guident les visiteurs.


Nous entrons par une tour carrée couronné par plusieurs tourelles. On dirait un château fantaisiste . Nous suivons les chemin de ronde, celui du bas est du XVème siècle, celui du vieux château des templiers du XIIIème. Un autre est du XVème . Nous passons devant des tours carrées, des rondes, des restes de palais. C’est vraiment une grande forteresse ! Il faudrait être plus au fait des guerres Irmandines (révoltes galiciennes) ou de la noblesse espagnole pour reconnaître les blasons et écussons. Pour nous, c’est simplement une belle promenade avec de beaux points de vue sur la rivière, les montagnes environnantes, la ville et l’enclos fortifié.

Ponferrada Tour de l’Horloge

tour de l’Horloge, Plaza Mayor
Passant sous le porche de la Tour de l’Horloge, nous jetons un  œil à la cathédrale (fermée), traversons une succession de places pour atteindre la Plaza Mayor avec l’Hôtel de ville.. mais il est 14 heures, c’est l’heure de la sieste où tout ferme. Jusqu’à 16 heures rien à faire . Pas un chat dehors.

Plaza Mayor Ayuntamiento

 

 

Traversée de la Galice_ arrivée en Leon : las Medulas

ESPAGNE ATLANTIQUE ET RETOUR PAR LEON &CASTILLE 2003

Las Medulas

Traversée de la Galice

La Galice que nous traversons ressemble d’abord à une Bretagne accidentée : granite, forêts, genets, ajoncs et bruyères. Autour d’Ourense une vallée est occupée par du vignoble. La route tortille ensuite dans des montagnes très arides dévastées par des incendies de forêts, les torrents forment des gorges. Nous sommes en  moyenne montagne. Nous nous arrêtons pour le déjeuner sur le bord d’un petit lac de barrage dans un joli jardin public à Petin.
Dominique a trouvé dans le guide Nelles las Medulas à 35km de la route principale. Allons nous nous rallonger comme à Pazo de Oca ?

Un pays minier

La route s’engage encore dans des montagnes : bonne surprise ! C’est la route de Ponferrada, donc pas de km supplémentaires ! Le long de la route : des carrières d’ardoise. Nous avons quitté le granite. Puis d’autres carrières, nous sommes en pays minier.

Sommets bizarres

Las Medulas sommets bizarres et cavités

Au loin, une montagne est coiffée de rouge-ocre : las Médulas ? Quand on s’approche, les sommets deviennent bizarres, ruiniformes, de petits pics pointus qui font penser à la Cappadoce. Sur le parking, un minibus est immatriculé à Angers, croyant avoir à faire avec un groupe de randonneurs organisés, je m’adresse à eux. Ils nous proposent de les accompagner. Ce sont simplement des touristes français en vacance chez leurs amis espagnols à Oviedo. C’est sympathique !

Châtaigniers

Châtaigniers

Nous traversons le village où on vend des châtaignes, du miel, des bocaux de cerises, des noix, les productions locales. Une maison est très fleurie : c’est une petite auberge, nous nous y arrêterions volontiers. Nous nous engageons par un sentier ombragé sous des châtaigniers spectaculaires, de très vieux arbres aux troncs énormes, torturés creux .Nelles les traite de « rabougris », c’est plutôt « têtards » qu’il faudrait employé, à la manière des saules. Les troncs creux sont souvent calcinés à l’intérieur. Peut être les incendies de forêts les ont ainsi modelés ?

Géologie


Nous nous approchons des pointes ocres. De près, je remarque de gros galets et des stratifications entrecroisées. Peut on parler de pouddingues ? Ou simplement d’une couche d’alluvions apportées par quel gigantesque torrent, en tout cas, cette accumulation d’alluvions explique le gisement aurifère. A quelle époque ce fleuve a-t il lessivé le granite et concentré l’or ?

Les mines d’Or des romains

Curieusement, la semaine dernière, le Monde avait consacré un article aux garimpeiros exploitant l’or du Brésil. Tout ce paysage ruiniforme n’est pas un « caprice » de la nature. Il résulte de l’exploitation humaine. Les Romains ont éventré la montagne. Ils ont creusé de profondes galeries sur plusieurs niveaux. L’érosion de l’eau a fait effondrer des pans entiers de la montagne creusée comme un gruyère. La hauteur de la couche rouge est de 145 m, au dessous, se trouvent les schistes paléozoïques. Les sédiments mal consolidés se sont effondrés en laissant des pics verticaux. Certaines galeries sont encore visitables, d’autres ont disparu, laissant des fontis, cloches et entonnoirs. Nous nous promenons dans les énormes cavernes, découvrons des couloirs.

Le site comme un gruyère creusé par les romains

Le petit musée m’apprend beaucoup de choses. De très jolies maquettes montrent l’aspect de la région avant l’exploitation romaine, puis pendant. Non loin d’ici, on a retrouvé un site romain, des habitations mais aussi les ateliers des fondeurs d’or et de fer. Il y avait également des mines de fer. Les châtaigniers et les noyers ont été introduits par les romains. D’après ce musée, l’extraction de l’or des Médulas représentait une très grande part de l’or de l’empire romain. Le lavage des sédiments dans des canaux et des auges de bois a aussi été représenté.
Du mirador Orellan, on découvre toute la région. Les pics et les murs ont un aspect fantastique. Près du mirador, une galerie se visite. On m’équipe d’un casque de chantier, d’une lampe électrique. Je débouche sur le vide.

Randonnée

Dominique rentre en voiture je descends un sentier qui arrive à une fontaine  et rejoint l’auberge par les bois. Le sentier est introuvable, je fais tout un circuit sur les crêtes par un chemin qui descend doucement offrant des points de vue dégagés sur toutes les crêtes  et, dans le lointain, un petit lac de barrage.
Nous avons rendez vous à 8h30, et je ne dispose que d’une heure dix pour parcourir les 7 km . Dans les descentes, je cours et je suis très fière d’arriver à 8h25. Hélas, Dominique a déjà alerté les populations !

Notre jolie auberge

Las Medulas : notre jolie auberge

La petite auberge au jardin fleuri a trois chambres. La nôtre est mansardée, très jolie, toute jaune avec une salle de bains carrelée de blanc, impeccable. Le jardin est vraiment merveilleux. On y entre par une petite guérite de pierre au toit pointu d’où un massif de clématite dégouline. Une petite allée pavée conduit à la terrasse dallée d’ardoises et occupée par de lourdes tables d’ardoise. Une tonnelle de passiflore donne de l’ombre. Deux gros hortensias à têtes roses encadrent les marches de l’estrade. Des petits murets délimitent les parterres. A gauche, un triangle d’herbe est entouré de rosiers, trois petits poivriers occupent le fond. A droite, les rosiers forment un cercle sur le pourtour, le milieu est planté d’arbres fruitiers. Au centre une pièce d’eau en forme de huit avec un petit pont de pierre, deux fontaines aux jets fantaisistes, l’un retombant en rond, l’autre ruisselant sur un bloc de quartz blanc. Partout des pots de pétunias. C’est le jardin le plus fantaisiste qui soit ! Nous y dînons tandis que le soir tombe, j’écris devant le jardin illuminé.

 

Escapade au Portugal

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Traversée en bac

Un petit tour au Portugal

3€19, 12 minutes, le petit bac  à fond plat traverse le Minho. Nous abordons à Caminha , une très jolie ville ancienne fortifiée. A l’entrée de l’estuaire, une forteresse, sur un îlot garde la frontière. Il faut croire que les Portugais se méfiait plus des Espagnols que l’inverse. Les fortifications se trouvent du côté portugais.

Pavés, sardines, nous sommes au Portugal !

Nous découvrons une très jolie place pavée comme il se doit au Portugal, petits pavés déployés en éventail autour d’une fontaine à deux vasques et pignon central décoré. On arrive à la place par une arche sous la Tour de l’Horloge carrée surmontée par un curieux assemblage de ferronnerie portant cloche et girouette. Autour de la place, de belles maisons blanches aux parements de granite. Autour des fenêtres et des portes, le granite est travaillé avec des motifs géométriques curvilignes, sobres mais élégants. Une église blanche parée de granite aux courbes baroques. Des cafés et des boutiques. Chez les marchands de journaux, on trouve le Monde et des cartes postales. Les rues qui partent de la place sont aussi pavées et bordées de maisons anciennes carrelées, certaines de bleu, de brun, de carreaux fantaisie. Les vérandas fermées espagnoles ont disparu ainsi que les immeubles à étage. Les maisons sont aussi de plus petites dimensions, un étage tout au plus, un fronton triangulaire et des tuiles en pente.
Dans les rues, des marchandes de poissons poussent devant elles de petites charrettes à bras ? Elles sont vêtues de jupes courtes froncées et d’un tablier. Leurs sardines, maquereaux, dorades et poissons sabres sont frais on les dirait vivants ? Tout nous semble gai, simple, agréable. Impression agréable de retrouvailles avec le Portugal, connu et sympathique. Nous sommes allées trois fois au Portugal, quatre fois si on compte l’escale à Lisbonne en route vers le Cap Vert. Impression que les gens sont plus accueillants, plus francophiles, plus francophones aussi. Les Espagnols qui ne font aucun effort spécial pour les touristes étrangers, leur « diga » pressé me glace quand je dois bredouiller une phrase.
Nous retrouvons aussi toute une ferblanterie ancienne, des balais de bois, des barbecues et des gazinières antiques en étalage dans la rue. Commerces un peu vieillots, un coiffeur à l’ancienne. Nous avons beaucoup de plaisir à flâner dans les rues et entrons dans les pâtisseries plus appétissantes qu’en Espagne.
Notre hôtesse de Boa Vista à Santiago nous avait recommandé d’acheter des textiles : en effet, des nappes brodées et des torchons sont en étalages dans les magasins de souvenir. C’est ici que Dominique achètera ses cadeaux : une magnifique parure en éponge (26€).


Au déjeuner Baccalao

Nous espérons retrouver des croquettes de morue dans les bars. L’un d’eux propose sur un tableau noir écrit à la craie du baccalao. Je demande si on peut en acheter pour emporter « para llevar ». Je mélange portugais et espagnol, personne ne s’en offusque. D’ailleurs le barman parle français. Il nous montre la carte. Pour 12€, un ration suffira bien pour deux personnes. Nous faisons des rêves de gastronomie ! Il nous faudra revenir, la morue n’est pas cuite. Je dis qu’on viendra à une heure, le serveur proteste, ce sera prêt bien plus tôt ! Confusion, nous aurions dû changer nos montres, nous avions oublié le décalage horaire ! Cette histoire d’heure accentue le dépaysement !

A l’Office de Tourisme, on m’a donné un  plan avec un petit circuit de visites : petite église baroque : retable très, très doré et orgue peint. Une petite chapelle (très dorée elle aussi !). Le baroque portugais est encore plus doré que l’espagnol. La cathédrale est en rénovation : des échafaudages cachent une église imposante en granite gris (qu’on croirait neuf) avec des créneaux. La façade est curieuse : une belle rosace et un encadrement Renaissance très original. Pas de photo pour cause d’échafaudage .Nous montons sur la colline pour découvrir un couvent, façade baroque portugais peinte en blanc parements de pierre tout en courges et en volutes. A l’intérieur, azulejos bleus et blancs.

A une heure de chez nous (midi du Portugal) nous allons chercher le bacalao bien emballé dans trois barquettes. Il faut faire vite pour trouver un coin pique-nique avant que cela ne refroidisse. Bizarre, cela ne sent  pas du tout le poisson mais les pommes de terre!

Nous montons au mirador (nous sommes des fanatiques des miradors) sans le trouver. Les petites ruelles pavées montent très raide entre de grands murs blancs qui enferment des jardins exubérants. Rangées d’agapanthes bleues et blanches. (Les agapanthes sont pour moi associées à Madère). J’ai peur que le poisson ne se renverse tellement la voiture gravit des pentes raides. Faute de mirador, nous nous arrêtons sur une petite plate-forme avec une table et des bancs de pierre.
En ouvrant le cher plat (13E75), je découvre des pommes de terre bouillies dans la première barquette, du chou et des œufs durs dans la deuxième, de la morue bouillie, du chou et des œufs durs dans la troisième. Pas de sauce, le tout est bouilli tout simplement. Pour le prix c’est un peu décevant ! Mais c’est bon et très abondant.
Nous redescendons par les ruelles entre les belles maisons  fleuries, on se dirait à Funchal pour la pente !

Plage

Nous essayons de trouver une autre plage que celle que nous connaissons déjà. Plus au sud, la côte ressemble à celle d’Oia avec des rochers déchiquetés. Nous retournons donc à Moledo à la plage de Dimanche.
Grand vent ! les Portugais ont installé des pare-vents : bandes de toiles colorées sur des piquets. Nous nous réfugions dans la dune. Bizarrement il y a beaucoup moins de vagues. C’est la fête des planches à voile et des Windsurfs. Nous regardons les évolutions des voiles colorées. En revanche, pas de surfeurs ! La plage est presque vide, assez de monde pour l’égayer, mais beaucoup d’espace. Il fait frais, je fais un effort pour faire ma promenade rituelle, les pieds dans l’eau. Cela me fait du bien, quand je reviens, je n’ai plus froid mais une furieuse envie de me baigner . les vagues sont moins fortes que dimanche mais j’ai beaucoup de plaisir à me sentir soulevée.
Retour par le bac. Le Portugais employé à placer les voitures a travaillé sur une pelleteuse à Sarcelles et même découvert une bombe de la première guerre mondiale avec un trésor en monnaie d’époque. Il est très sympathique « Portugais, Espagnol, français, nous sommes tous Européens ! »

Rosal, Moulins de Picon et Fulon

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Rosal : les moulins

Inconnus dans les guides les Moulins de Picon et Fulon ! Nous évitons La Guardia en passant par la montagne . La route côtière de Baiona à La Guardia est droite sur un petit replat entre la montagne très abrupte recouverte d’un maquis touffu ou de forêts d’eucalyptus et de résineux.
Oia

Le monastère d’Oia

Nous tournons donc à  Oia et son monastère dans le creux de la route et son petit port. Des maisons s’étagent dans la colline. Finalement, Oia est un assez gros bourg, plus nous le traversons, plus nous remarquons les boutiques et même une petite usine cachée dans la forêt. Nous grimpons par une petite route très raide qui nous emmène à Sanxian (à prononcer, cela fait un peu chinois), hameau invisible de la route côtière. Encore des horreos, une petite chapelle, une fontaine très fraîche avec un grand bac de pierre qui ressemble à un lavoir, on a dû y écailler du poisson. Il est recouvert par une tonnelle de vigne qui se reflète dans l’eau, très jolie image. Un âne bâté avec une bizarre monture métallique est attaché devant des monceaux de fougères coupées et du foin. Les terrasses sont occupées par des jardins et des vignes, elles ont un air riant.

Rosal

Pélerin de Compostelle

Après un petit col occupé par un mirador, nous entrons dans la large vallée du Mino et dans le canton de Rosal. D’innombrables hameaux et domaines viticoles sont dispersés dans les collines. Les maisons sont recouvertes de tuiles romaines qui leur donnent un petit air de Charente. A chaque carrefour, un calvaire (cruceiro). Les calvaires sont tous différents. L’un d’eux représente un pèlerin de Saint Jacques de Compostelle avec son bâton, sa gourde et son chapeau.
Arrêt à Rosal. Hier, c’était la fête du vin : on remballe les barriques et les guinguettes.

Les Moulins de Picon et Fulon


La visite aux moulins est une des plus jolies promenades des vacances. Un circuit de 125 m de dénivelée, le long d’un petit ruisseau domestiqué dans un petit canal qui ressemble à une levada. Les moulins sont alignés le long de ce petit canal. Ils ont tous la même forme : un cube de guingois couvert d’un toit de tuiles. Certains sont ouverts : il reste la grosse meule et une espèce d’entonnoir carré pour le grain. Le plus extraordinaire c’est l’accumulation de ces moulins alignés le long de la pente en escalier. L’axe d’alignement se décale, la perspective est étonnante : 36 moulins dans la série de Foulon et 25 pour Picon.
J’imagine les paysans et leurs ânes qui montent leurs sacs de maïs à moudre. On peut imaginer toute une vie sociale. Les bavardages, les nouvelles qu’on s’échange entre les hameaux dispersés dans la montagne. Dans les dalles de granite du chemin, les traces des roues sont creusées. Sans doute des charrettes arrivaient par le haut de la colline.
Fortes femmes
Du côté de Picon, des femmes débroussaillent à la machine et à la faucille. Pantalon vert et T-shirt blanc, d’autres maçonnent, recouvrent les toits. Je suis à moitié étonnée. Nous avons rencontré des jardinières à Pazo de Oca et surtout les femmes qui ramassent le mazout. Ces espagnoles font des travaux de force. Un écriteau explique qu’il s’agit d’une association locale de femmes agissant pour la promotion des femmes. La promenade se termine dans une forêt d’eucalyptus où il y aussi de très vieux chênes lièges ?
Mirador do Corvo
Pour déjeuner nous choisissons un très bel endroit : le mirador Nino do Corvo. Pour y parvenir la route traverse des vignes et des bois de pin puis parvient au sommet d’une colline (340 m) dominant la vallée . la vue est extraordinaire : vers l’est , la vallée du Mino, es vignes, les petites maisons aux toits rouges dispersées dans la campagne, les îles vert foncé au milieu du fleuve argenté miroitant et reflétant un ciel bleu pâle. On devine au loin Tuy et le pont Eiffel. Au sud, les collines du Portugal, maisons et vignes ? Vers l’ouest : l’estuaire et ses flèches de sable, la mer bleu cobalt violent. Sur les collines, les nuages s’accumulent tandis que sur la mer, le ciel est comme lavé.
Plage Fluviale

Le fleuve Mino et sees plages fluviales22

Nous terminons l’après midi sur la « plage fluviale ». Quand je vais me baigner, je me rends compte que’ l’eau est douce à marée basse.
Magnifique coucher de soleil à l’hôtel, la mer est haute, très calme.

En Espagne le long du Mino/ au Portugal le long du Minho

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE JUSQU’AU PORTUGAL 2003

 

9h30, la cafétéria est fermée. J’imagine un petit déjeuner sur le port chocolate con churros à La Guardia. Déconvenue : tout est fermé, je me contente de café et madeleine dans un coin sombre d’un bar désert.
Mte Tecla
Nous nous faisons une fête d’aller voir les oiseaux des marais. Du haut de Mte Tecla, nous avion repéré les cabanes d’affût. Seuls quelques corbeaux et goélands sont au rendez vous, cet endroit doit être une halte pour les migrateurs et ce n’est pas la saison. En été, le marais est déserté. Néanmoins, nous faisons une courte promenade tranquille.
En Espagne, le long du Mino

Le Mino à La Guardia

Nous suivons la route Espagnole le long du Mino. Malheureusement le fleuve est loin. Nous prenons une déviation « route du vin » qui chemine dans les vignes plantées en hauteur en formant des tonnelles. C’est vert tendre, riant.

Tuy

Tuy sur le Minho

A l’entrée de la ville, la cathédrale coiffant la colline a fière allure. Nous nous promenons sur un paseo bordé de belles maisons bourgeoises du début du XXème, granite, vérandas, vérandas blanches, balcons, belle pâtisserie, sortie de messe de toute la bourgeoisie locale.
Tuy a l’air bien cléricale : deux statues d’évêques nous accueillent, l’un d’eaux est assis dans les bégonias. Un séminaire fait face à la Guardia Civile. La vieille ville est construite de belles maisons de granite un peu austères .L’impression d’austérité est renforcée par le fait qu’aujourd’hui dimanche tout est fermé. Courte visite à la cathédrale, la messe va commencer, l’église est pleine. On admire l’orgue baroque peint et doré et on s’éclipse. Pour cause de messe, encore, le musée est fermé ainsi que le chemin de ronde. On se contentera de regarder le porche curieusement carré. On dirait une église fortifiée : tour carrée, façade plate et nue, créneaux, qui hésite entre roman et gothique, le portail est roman mais les ogives de la nef annoncent le gothique.

Pique-nique dans un joli jardin public à l’arrière d’un ancien couvent. Le cloître est envahi d’une jungle d’herbes folles mais le parc est très bien tenu. Tulipiers énormes, châtaigniers, une pièce d’eau rectangulaire avec des nymphéas, une pergola sur la terrasse dominant le fleuve avec vue sur la cathédrale et le fameux pont Eiffel.
Nous passons le pont pour arriver au Portugal. Le temps s’est gâté, il tombe quelques gouttes.

Au Portugal, le long du Minho


Au Portugal, la route est pavée comme il se doit. La ville frontière est fortifiée avec des bastions dignes de Vauban. Nous sommes contentes de retrouver le Portugal, ses pavés, ses poulets aplatis, les églises peintes en blanc et les azulejos blancs et bleus.  Comme à chaque frontière, des magasins de spécialités locales bordent la route : textiles, vanneries et meubles de bois blanc. La route portugaise longe le fleuve de plus près, nous avons de belles échappées. Nous voulons nous arrêter dans un soi-disant parc naturel : coin pique-nique avec les barbecues dominicaux des portugais bien typiques attablés en famille.

A la plage, beaux rouleaux pour les surfeurs

Nous cherchons la plage que nous avions repérée du haut du Mte Tecla et nous y passons une agréable après midi. Avec notre parasol et nos coussins gonflables nous sommes confortablement installées. Le beau temps est revenu mais l’océan est bien agité. Beaux rouleaux pour les surfeurs ! On assiste à un cours de surf pour les enfants, un peu plus loin, les surfeurs expérimentés font de belles démonstrations. Je commence mon exploration à pied, dépasse la flèche de sable qui borde l’estuaire. la limite entre estuaire et océan est bien marquée : on voit des trains de vagues s’affronter de biais, puis l’eau se calme, la plage se creuse le long du fleuve, tout près du bord l’eau est profonde. Je préfère me baigner dans l’océan et jouer avec les vagues. Pour me sentir sécurisée, je choisis des compagnons de baignades raisonnables : une petite fille d’environ sept ans(pas d’incisives) et un couple d’âge certain . je fais face aux rouleaux sans les quitter des yeux pour élaborer une stratégie : me camper fermement quand l’écume blanche se déverse, présenter mon dos à la gifle de la vague qui explose ou sauter dans l’ondulation de celle qui n’a’ pas encore craqué. A la fin, je plonge sous la crête?  Toute cette variété de vagues m’amuse. Elles sont plus puissantes qu’hier.
Nous rentrons par le ferry  dix minutes de traversée.

Magnifique coucher de soleil qui traverse des barres nuageuses, ourle les nuages d’or et réapparaît juste avant de plonger sous l’horizon.

Baiona

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

Le port de Baiona

Nous vivons vraiment à l’heure espagnole : petit déjeuner passé 9 heures et demie ce matin ! Les brumes du matin se sont levées. Il fait un soleil magnifique quand nous arrivons à Baiona.
Baiona est une station balnéaire un peu chic. Sur le front de mer,  de Belles maisons anciennes à vérandas vitrée blanches de petits carreaux, balcons en ferronnerie, au rez de chaussée »e jolies boutiques et restaurants. Nous trouvons Le Monde introuvable même à Saint Jacques de Compostelle.

La Pinta, caravelle de Christophe Colomb

La Pinta caravelle revenue du Nouveau Monde

Le port de pêche est surtout une marina avec beaucoup de beaux bateaux à moteur. Amarrée au milieu des bateaux de plaisance, la réplique de la Pinta, une des trois caravelles de Christophe Colomb. C’est ici que Pinzon le second du Navigateur est rentré d’Amérique. Evidemment, je la visite. C’est sa taille qui me surprend : elle est vraiment petite ! Combien y avait il d’hommes à bord ? J’imaginais une embarcation beaucoup plus imposante. Baiona commémore cet événement avec des statues, un panneau d’azulejos, une sorte de menhir taillé. Sa plus belle plage s’appelle la plage des Américains.

La ville ancienne

La ville ancienne de Baiona a gardé beaucoup de cachet. L’office de tourisme a publié un plan avec des itinéraires que nous suivons scrupuleusement. Nous découvrons une église baroque attenant au couvent dominicain. La clôture est impressionnante. Puis visitons deux autres églises, la Collégiale romane, massive comme une église fortifiée, une autre église baroque, deux fontaines et un calvaire affreux.
C’est une promenade agréable à l’ombre sans voitures pour cause d’escaliers. Les maisons ont un à deux étages, certaines ont des colonnes au rez de chaussée d’autres comportent des blasons. Rien de très extraordinaire, un joli ensemble ancien.

Chemin de ronde

les remparts de Baiona

Nous faisons ensuite le tour du chemin de ronde de la forteresse. A l’intérieur, un parc et un parador. Du haut du chemin de ronde nous découvrons des plages de sable, déjà bien occupées à 11 heures du matin. Des gens nagent dans l’eau claire et tranquille du port.

La Baie de Baiona

Baiona

  Baiona occupe le creux d’une baie arrondie, un peu comme Saint Jean de Luz. Cette rade est protégée de l’agitation de la haute mer. Les plages sont très fréquentées. C’est le première fois que nous voyons autant de monde depuis notre arrivée en Espagne. Cette affluence s’explique peut être parce que c’est samedi et qu’on avance dans le mois de Juillet. Comme il fait chaud, (c’est la première fois depuis Santillana del Mar ),j’ai bien envie de me baigner.
Nous poursuivons la route vers Vigo qui est très urbanisée : immeubles neufs, maisons individuelles de grande taille et plages aménagées. Heureusement nous trouvons un cap montagneux recouvert d’une belle forêt de pins et d’eucalyptus et nous installons à un mirador pour déjeuner. La vue est magnifique sur les îles. C’est très calme. En remontant en voiture nous verrons plusieurs familles déjeunant sous les arbres. Heureusement que nous sommes décalées par rapport aux Espagnols.

Plage de Panxon

Nous passons le reste de l’après midi à la plage de Panxon orientée sur l’Atlantique : sable et rochers. Le parasol orange près d’un rocher nous préserve un petit domaine privé. Les surfeurs profitent des rouleaux puissants de l’Atlantique. Enfin, une belle baignade dans l’écume des vagues. J’attends la vague, estime sa force pour ne pas me laisser déséquilibrer. Aucune comparaison avec le Cap Vert ! La présence de nombreux baigneurs me sécurise. Nous observons les surfeurs, très peu font des démonstrations convaincantes, la plupart reste couchés sur la planche à l’arrière de la vague. De temps en temps l’un d’eux se lève et glisse sur quelques mètres mais c’est rare.
Nous rentrons vers 7 h pour profiter de notre belle chambre avec vue. Un pêcheur se tient debout sur le gros rocher, silhouette à contre-jour. Les rouleaux déferlent, explosent projetant des gerbes magnifiques un véritable feu d’artifice !

 

La Guardia

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

La Guardia : site archéologique

La Guardia

7 heures, ciel couvert,  le beau temps d’hier n’a pas duré. Les mouettes traversent le champ de la fenêtre, tantôt proches tantôt au lointain, en file de six, toujours dans le même sens, vers le nord. Où vont elles ?
Je lis « Pour qui sonne le Glas » d’Hemingway. L’évocation de la Guerre d’Espagne est une antidote à l’excès de curés de Santiago. Je crois l’avoir lu, adolescente, je n’en ai plus aucun souvenir.

Monte Santa Tecla : village « galico-romano »

la Guardia : pétroglyphes
La Guardia Pétroglyphes

 Monte Santa Tecla (Tegra en Galicien), 340 m de pente aide, aménagé en une sorte de parc. Une très bonne route, des aires de pique-nique, des sentiers pavés, un péage minime. Près du sommet, un village « galico-romano » a été dégagé et très bien reconstitué. Deux huttes rondes de pierre au toit de paille ont été remontées pour mieux imaginer l’ensemble. Les maisons étaient donc circulaires ; un grand cercle pour l’habitation principale avec une petite cour, une dalle sur des montants (un banc ? une cuisine ? accolées, d’autres constructions circulaires plus petites (des granges pour les animaux ou les récoltes ?)Les huttes étaient vraiment très roches les unes des autres, les ruelles pavées, très étroites et très rares. Quelques marches sont creusées dans la pierre ? Ce plan circulaire est le même que celui du village néolithique chypriote visité à Pâques.

Non loin d’ici, près de Guimaraes, au Portugal, nous avions visité un  site archéologique contemporain de la colonisation romaine. J’ai oublié les habitations, en revanche, je me souviens bien des rues pavées, larges et bien tracées. Galico vient de Galice, bien sûr, mais je ne peux m’empêcher de penser aux Gaulois.
Au sommet du Mt Sta Tecla, un petit musée vieillot montre les vestiges découverts par les archéologues. Des pierres décorées de triskells ou de motifs géométriques genre celtiques, une petite idole à forme humaine, des têtes d’animaux, une pièce romaine, des reliefs de nourriture(coquillages, os de chèvre, de vache …) tout est présenté dans des vitrines à l’ancienne sans commentaires.
Petroglyphes
Des pétroglyphes sont photographiés, je demande à la dame de m’indiquer les sites, ce qu’elle fait obligeamment. Je finis par les trouver. Ils ne sont pas spectaculaires, un peu comme les empreintes des dinosaures, passionnants pour le spécialiste, introuvables pour le profane Ce sont des graffitis gravés, cercles, spirales indéchiffrables, cupules …

Sur le Mt Tecla, il y a bien sûr, un calvaire, une chapelle et deux chemins de croix très photographiées par les touristes.
Nous pique-niquons près des huttes préhistoriques. Le ciel s’est dégagé, il fait même très beau. Le panorama est étendu : magnifique vue sur l’estuaire du Mino. La marée basse  laisse apparaître des bancs de sable. Un petit ferry fait ses aller retour entre l’Espagne et le Portugal. Nous nous promettons de le prendre. Nous découvrons  des plages magnifiques au Portugal. J’essaie de dessiner les méandres, les chenaux, les îles et les marais de l’estuaire. Le résultat est plutôt raté.

Plage de sable

Comme il fait beau, nous descendons à la belle plage de sable dans l’estuaire. Quelques oyats fixent une petite dune. Nous nous y abritons du grand vent qui vient de l’Atlantique. Dominique installe le parasol. Nous sommes bien mais il fait frais pour une baignade. A six heures il nous faut partir, il nous reste beaucoup à faire ; courses, shampooings, lessives …

Arrabal

Le petit village d’Arrabal se trouve niché entre la route et l’océan à 8 km de l’hôtel. Seul le couvent se voyait de la route. Le village est caché. Il est très joli avec ses maisons anciennes en granite ses balcons, les escaliers extérieurs. Il est out petit très calme pittoresque. Un petit port est aménagé. Des enfants nagent. Une digue protège des grosses vagues et l’eau est calme. Nous nous promettons de revenir.

De notre chambre, nous observons la colonie de mouettes installée sur le gros rocher qui fait comme une digue plate. Elles ont l’air de dormir, à la jumelle, je les observe se toiletter, se gratter, lisser leurs plumes et marcher tranquillement.
Pas de coucher de soleil : des barres grises l’engloutissent.

 

 

  Vers le sud de la Galice :   Pazo de Oca, Rias Baixas, Oia

ESPAGNE ATLANTIQUE DU PAYS BASQUE AU PORTUGAL 2003

 

Pazo de Oca le plus frais des jardins


A la recherche de Pazo de Oca

Dans le guide Vert, une photo du jardin de Pazo de Oca, l’un des quatre plus beaux jardins d’Espagne, a attiré notre attention. Selon ce guide, il se trouverait dans la région de Padrone, sans autre indication. Dominique a loupé l’entrée de l’autoroute pour Pontevedra, la route passe à Padrone où nous nous arrêtons pour demander notre chemin à un camionneur. Selon lui, ce serait à 5 km après Calda de Reis sur la route de Lugo en direction de la Estrada. Après la Estrada, toujours aucun panneau, nous avons parcouru 21 km au lieu de 5. La route est belle, elle monte dans des collines riantes sous le soleil. Les maisons sont entourées de vignes qui grimpent en espaliers soutenus par de beaux poteaux de granite. Nous traversons des forêts d’eucalyptus qui embaument. Nous nous arrêtons souvent pour demander notre chemin. Je montre la photo du guide Vert. Les gens connaissent, ce n’est pas loin « après la rotonda », « après la courbe », toujours pas de panneaux. Nous finissons par douter de l’existence de ce jardin. Peut être n’est il pas ouvert au public ? Si c’était la quatrième merveille d’Espagne, cela devrait bien être fléché !

Un joli manoir

Finalement nous aboutissons sur une belle place carrée : au fond, un très joli manoir avec des tourelles baroques, un mur décoré de croisillons. Perpendiculairement, un beau bâtiment terminé par une tour carrée. Au milieu, une pelouse. En face de très folie maisons bases en granite derrière des tonnelles de vigne. Au bout, un petit calvaire. Toujours pas de panneaux ! Des filles sont assises sur les marches du calvaire. Je leur demande si on peut entrer « il y a une sonnette ».

Le plus joli jardin

Nous pénétrons donc dans le plus joli jardin secret par un porche. Une vasque est remplie de lentilles vertes. L’eau s’écoule de quatre jets creusant la nappe verte des lentilles. Tout autour, des massifs de buis taillés en boule. Sur les bordures, les buis sont sculptés en forme de vagues. En contrebas, un labyrinthe de buis, un appentis aux tuiles anciennes occupe un côté, en face, des bancs. Des potiches de faïence blanche et bleue contiennent des pétunias violets. Nous descendons un escalier de pierres moussues et passons sous les plus grands thuyas que nous n’avons jamais vus. Des buissons fleuris de gardénias, des touffes d’agapanthes.


Plus bas, une jolie pièce d’eau est bordée d’une haie très fournie d’hortensias bleus aux têtes énormes qui se reflètent dans l’eau. Une île en forme de bateau est décorée des mêmes urnes de faïence contenant de petits orangers. Les figures de proue sont des personnages de pierre patinée aux allures grotesques. Un pont ombragé par une tonnelle enjambe l’eau, on pense à Giverny. De là, nous découvrons la plus belle vue sur le château dont les tourelles se détachent sur le bleu du ciel. A l’extrémité du lac, un mur en pierre moussu est surmonté d’un kiosque au toit légèrement incurvé en pagode. De  l‘autre côté du pont : une autre île aux statues encore plus grotesques, des potiches et quatre oies menaçantes. Sous le pont une barque est amarrée dans un petit abri. Dominique imagine les jardiniers venant en barque rafraîchir les hortensias et enlever les têtes fanées. Ici, toute sont d’une fraîcheur inhabituelle, dans les autres jardins ils commencent à se faner.


Les allées de vieilles pierres humides et vertes de mousse conduisent à des vergers de kiwis, pêchers, poiriers. Les carrés de camélias doivent être magnifiques au début du printemps. Le charme du jardin réside dans la présence de l’eau, l’exubérance des mousses et des fougères. La pente est découpée de terrasses qui communiquent par des marches moussues. Absence de symétrie, fantaisie des plans. Des rigoles d’eau divergent pour alimenter les différents jardins. Un aloès géant évoque la Méditerranée, une fougère arborescente, les Tropiques. Fraîcheur de l’eau qui court, qui jaillit dans des vasques, qui fait tourner les meules du petit moulin caché dans la pagode.


La rigidité des jardins à la française, du labyrinthe, est atténuée par la juxtaposition fantaisiste des différents plans. L’utilité des vergers est masquée par les carrés.
Bosquets de camélias. Surprise ! Une petite statue trône au centre d’une place ombreuse.
J’aimerais peindre, nous avons peu de temps, j’ai perdu la main. Je me promets de le faire d’après photographie. Je n’économise pas la pellicule.

Il nous faut quitter notre jardin secret et magique pour rejoindre la prochaine étape. Le chemin du retour semblera bien plus court puisque nous sommes libérées du souci de chercher. Nous passons rapidement Pontevedra : un pont autoroutier, les quais le long de la Ria sont aménagés en marinas de bateaux de plaisance. C’est la première fois qu’on en voit tant. C’est marée basse. Une armée de pêcheurs à pied ramasse des palourdes. La marée noire n’est pas arrivée ici.

Entre la ria de Pontevedra et la Ria de Vigo

Nous contournons la presqu’île séparant la Ria de Pontevedra de celle de Vigo, passant par Marin, Bueu, Hio et Ganges. L’eau des Rias est bleu profond, de nombreux bateaux colorés naviguent. On voit aussi des plates-formes d’aquaculture (moules ou huîtres ?)si les panoramas au détour de la route sont magnifiques avec ces côtes découpées, de près c’est autre chose. La presqu’île est très urbanisée, nous passons d’un village à l’autre sans nous en rendre compte. Les petites plages sont en contrebas, difficiles d’accès.

Pique-nique devant un club nautique. Difficile de savoir si les maisons sont des résidences secondaires, des pavillons de banlieue ou des maisons d’agriculteurs. L’ensemble est assez coquet, sans caractère, fleuri et pimpant. Cela ne correspond pas du tout à ce que nous cherchons pour passer une semaine.

A l’entrée de Vigo, immeubles, nous prenons l’autoroute pour éviter la ville  et rejoignons au plus vite Baiona.
La côte est très sauvage ; à quelques dizaines de mètre de la route nous longeons des rochers déchiquetés, battus par les vagues. Entre la route et la mer, de la pelouse sèche, des ajoncs, des fougères. C’est la côte la plus déserte qu’on puisse imaginer. Très peu de constructions.
Nous nous arrêtons devant un camping qui loue des mobile homes très chers , collés les uns aux autres comme sur un parking.

Un hôtel perdu sur la côte sauvage

La mer vue de l’hôtel à Oia

500 m plus loin : un hôtel peint en rose foncé, deux étages, un grand restaurant, une cafétéria. Je suis très bien accueillie. Pour 30 Euros,  petit déjeuner est compris. La chambre donne sur la mer, la salle de bain aussi. Si bien que nous avons une vue panoramique sur la côte rocheuse ? Il y a même un petit îlet en face. Jamais nous n’aurions rêvé une aussi belle vue !
La chambre est peinte en rose orangé sans aucune recherche de décoration. Tout son charme réside dans la vue. Les jeunes qui tiennent l’hôtel sont très gentils, la fille comprend le français.
Nous avons donc trouvé un gîte avec vue.. Allons nous rester sept jours dans cet endroit désert ?

La Guardia


Nous reprenons donc la voiture pour explorer les environs en direction du sud. A une vingtaine de km, nous arrivons à La Guardia, en face du Portugal. Cette petite cité n’est pas belle. Les plages que nous trouvons sont petites et bondées. Nous nous installons, le temps d’une baignade sur la plus petite des deux, occupée par des grands mères et des enfants qui n’ont pas l’air de vacanciers.
Visite au port : un vrai port de pêche, actif. L’Office de Tourisme me fournit toute une série de prospectus : il y a plein de visites à faire. La petite ville ne manque pas de ressources. Nous revenons gonflées à bloc ! Nous pouvons rester ici sans craindre de nous ennuyer ;
Au dîner, poulpes et calmars. Coucher de soleil magnifique.