Des oiseaux par milliers volent vers les feux
Par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
Par milliers aveuglés par milliers assommés
Par milliers ils meurent.
Le gardien ne peut supporter des choses pareilles
Les oiseaux il les aime trop
Alors il dit tant pis je m’en fous
Et il éteint tout
Au loin un cargo fait naufrage
Un cargo venant des îles
Un cargo chargé d’oiseaux
Des milliers d’oiseaux des îles
Des milliers d’oiseaux noyés.
Je me suis souvenue du poème quand j’ai lu Les Déferlantes de Claudie Gallay
La nuit du naufrage, il a vu arriver un vol d’oiseaux, des migrateurs, un vol magnifique. Ils ont commencé à s’écraser, par dizaines. Je lui ai parlé de la lumière du phare qui se reflétait dans les yeux des oiseaux, de cette pitié immense qui le submergeait,
parce qu’il les voyait s’approcher avec tellement de confiance. – Il dit qu’il n’aurait dû y avoir personne cette nuit-là sur la mer. Il dit aussi que c’était impossible pour lui de voir mourir tous ces oiseaux.
» Sous la violence, les vagues noires s’emmêlaient comme des corps. C’étaient des murs d’eau qui étaient
charriés, poussés en avant, je les voyais arriver, la peur au ventre, des murs qui s’écrasaient contre les rochers et
venaient s’effondrer sous mes fenêtres.
Ces vagues, les déferlantes.
Je les ai aimées.
Elles m’ont fait peur. »
520 pages, 4 jours de lecture m’ont permis de retrouver La Hague après les deux livres de Didier Decoin : Les Trois vies de Babe Ozouf et Avec vue sur la mer. J’ai été éblouie par ce petit finisterre face aux îles anglo-normandes, battu par les vents, au climat si changeant. Un bon moment d’évasion par la lecture!
« La Hague est une terre de légendes, un lieu de croyances. On dit que certains disparus reviennent la nuit,
incapables de se détacher de cette terre. De s’en séparer. »
La Hague, avec ses phares, ses tempêtes, les naufrages.
La Hague, ses falaises battues par les vents, les vagues : les déferlantes, habitées par les oiseaux.
lanse saint Martin
Justement, la narratrice du roman, est ornithologue ; elle compte les oiseaux pour une recherche de l’université de Caen. Elle a choisi la solitude de ce village isolé, après un chagrin d’amour. Théo, l’ancien gardien de phare, qui recensait les oiseaux avant elle, vit seul avec ses chats. Au café de Lili, les habitants passent, tout le monde se connait mais on devine de lourds secrets. Ils ressurgissent quand Lambert arrive par un jour de grand vent pour vendre son ancienne maison et fleurir la tombe de ses parents et son frère qui ont péri en mer il y a quarante ans.
« Les questions, les réponses, ce complexe tricotage de mensonges et de vérités. Les choses dites en décalé, celles dites seulement en partie et celles qui ne le seront jamais. Toutes les teintes du contre-jour. J’avais appris ça avec les cormorans. »
Premier mystère : le phare s’est-il éteint pendant le naufrage? Théo est il responsable de la mort des parents du frère de Lambert?
Ce n’est pas le seul mystère. La vieille Nan, la couseuse de linceuls qui erre sur le rivage est un personnage assez étrange. Elle est à la recherche de Michel qui a disparu. Qui est donc Michel?
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De fil en aiguille, le roman se trame, s’étoffe, dans le climat rude de cette pointe du Cotentin, au rythme des marées et des cafés et repas chez Lili.
La richesse du roman, et l’art de la romancière est de faire vivre de nombreux personnages secondaires originaux : Morgane, la fille au rat et son frère le sculpteur , Max, un peu simplet, qui construit son bateau et parle comme le dictionnaire, Monsieur Anthelme qui a connu Prévert…Richesse des thématiques : Les Déferlantes est un « roman maritime » mais pas que… Il est question de la couleur de la mer, des nuages menaçants, des oiseaux mais aussi de sculpture, d’environnement, de poésie, de chats et d’oiseaux…
J’ai aimé me laisser embarquer à ce rythme lent. En revanche, pour l’intrigue, j’ai vite deviné les circonstances du naufrage, pas besoin de 200 pages ! Les autres secrets (secrets de Polichinelle que tout le monde connait) se révèlent au lecteur avant le dénouement. Est-ce grave? pas vraiment, ce n’est pas un roman policier. Bien sûr, les impatients diront qu’il y a des longueurs. Aucune importance pour moi, j’avais envie de rester longtemps à La Hague.
Spectaculaires statues de basalte, délicates sculptures de jade, haches polies, et même ballon de caoutchouc pour des jeux de balle rituels.
Découverte d’une civilisation dont j’ignorais jusqu’au nom.
personnages de jade (environ 12 cm de haut)
Malheureusement, en vacances scolaires, il y avait foule, des familles avec des enfants, des provinciaux en vacances….J’ai un peu bâclé la visite, incapable de prendre des notes et de me concentrer. Je me contenterai de faire une galerie de photos.
J’ai quand même noté que les Olmèques formèrent la première grande civilisation du golfe du Mexique datée de 1700 à 400 avant JC avec San Lorenzo et La Venta et Tres Zapotes pour capitale. La terre humide a digéré tous les matériaux organiques, le bois, les ossements, il ne reste donc que la pierre (et les balles en caoutchouc) ainsi que les pyramides d’argile.
Le jade que j’avais découvert à San Jose Costa Rica fut aussi associé à des objets cérémoniels symbolisant fertilité, eau et éternité. Il était extrait au Guatemala.
Plus récentes que les Olmèques, la civilisation Huastèque a aussi laissé des statues magnifiques, très sophistiquées de pierre volcanique ou de céramique.
Les expositions du Musée des Impressionnismes de Giverny sont toujours très intéressantes. Ce musée moderne est aussi très agréable, très discret contre la colline dans l’écrin naturel d’un jardin contemporain aux couleurs automnales, créé en 1992 par le paysagiste Mark Rudkin. Jusqu’en 2006, le Musée des Impressionnismes était le « Musée Américain » créé par le mécène américain Daniel J Terra et administré au décès de ce dernier en 1996 par la Fondation Terra que se retira de la gestion au profit de la Région Normandie et d’autres instances françaises. Cette exposition de la Collection Terra est, en quelques sortes, un retour aux sources.
Bricher : TLeCity of St Paul sur le Mississipi
L’Atelier de la Nature fait allusion à la démarche des peintres américains, comme plus tard les Impressionnistes de sortir des ateliers pour aller peindre dehors sur le motif. Cette exposition retrace un demi-siècle de peinture américaineaccompagnée de magnifiques photographies, toujours sur le thème du paysage.
Bricher : Hudson River at West point
Hudson River School regroupe les peintres Sanford Robinson Gifford (1823-1886), Martin Johnson Heade(1819-1904) Alfred Thomson Bricher(1837-1908). La peinture est loin de l’impressionnisme mais elle donne une représentation précise de la Nature. Le Crépuscule au Mont Hunter de Gifford, peint quelques temps après la Guerre de Sécession magnifie le paysage américain, les arbres coupés dans la clairière témoigneraient de la conscience (déjà!) de l’emprise de l’homme sur la nature.
Crépuscule à Mont Hunter (détail de la Clairière)
Whistler : l’art pour l’art « la nature n’a pas toujours raison »
Whistler : Variations en Violet et en vert
La section suivante est presque entièrement consacrée à Whistler (1834 – 1903),peintre américain, certes, mais qui a beaucoup voyagé et qui fut plutôt basé à Londres où il a peint ces variations en Violet et en Vert, plutôt japonisantes par le format vertical et surtout par les kimonos des femmes du premier plan. Japonisante aussi sa signature, un papillon dans un cartouche qu’il a également appliqué sur le cadre. Ce tableau est mon préféré de toute l’exposition.
Whistler : Battersea (lithographie)
Ces lavis brumeux subtils subirent les critiques de Ruskin il s’en suivi un procès en diffamation (1878) qui ruina Whistler. Whistler partit à Venise où il fit une série de très belles gravures
Whistler à VeniseWhistler : La Plage à Marseille
Les Américains à Giverny : Paysages d’émotion
Twachtman : Route près de Honfleur
La section suivante de l’exposition est beaucoup plus proche de l’Impressionnisme que nous connaissons. Les américains sont venus à Barbizon et peignent des paysages de Normandie ou de Bretagne.
Metcalf : l’Epte
Sept puis dix peintres américains s’installèrent à Giverny et peignirent le paysage de colline
Breck, à l’école de Monet a peint une série de meules : « Etudes d’un jour d’automne n°1 à 12″ : où trois meules se trouvent sous un éclairage changeant selon l’heure. Son tableau de 1892 Brouillard et soleil matinaux peint de retour en Amérique fut un succès
Breck : Brouillard et soleil matinaux
Une salle montre des série de tableaux fleuris colorés et plaisants mais qui n’ont pas retenu mon attention.
Une femme Lilla Cabot Perry s’installa à Giverny à l’hôtel Baudy et au fil d’une vingtaine d’annes et fréquenta Monet. Avec son mari critique d’art elle joua un rôle important dans la diffusion de l’Impressionnisme aux Etats Unis.
Lilla Cabot Perry
Cette exposition, très complète se termine par des tableaux plus modernes avec Chase et Homer
HOmer : Nuit d’été
Quant à nous, nous avons imité les peintres en déjeunant à l’ancien hôtel Baudry : excellent repas, nous pouvons recommander l’omelette (très bien garnie) et la salade landaise et la promenade dans le parc à flanc de la colline
Elle avait pris la ferme de Jobourg pour cette sensation de vivre en face d’un espace illimité, d’un presque néant de landes rases, d’eau et de nuées. Depuis la lucarne du fenil, le regard se perdait à l’infini. Parfois, sur le coup d’octobre ou de novembre, un mur de brume venait s’appuyer contre les clôtures, mais Babe savait que ce brouillard-là n’avait rien à cacher ; il était le prolongement visible du monde informe au-delà de sa ferme, terres où levaient des murets si bas que les agneaux de Pâques eux-mêmes, dès le lendemain de leur naissance, se sauvaient d’une pâture à l’autre. Sauf en été où les ombres étaient franches, les vagues de l’herbe et les vagues de la mer avaient une même couleur – un malentendu gris et bleu fermait là-bas au bout. Le bout du monde, c’est justement là
Pour rester encore à La Hague après avoir fini Avec vue sur la mer du même auteur.
Les Trois vie de Babe Ozouf est un roman en trois parties, trois vies, trois femmes. Babe Ozouf (1893), Catherine dans les années 30, sa fille, Carole (1944) la petite fille. Unité de lieu : La Hague. Un destin commun : naufrageuses. Une constante : le feu. Et toujours la présence de la mer sauvage, des tempêtes.
Didier Decoin évoque avec vivacité les falaises, la lande et les genêts, ainsi que la vie rurale traditionnelle au début du XXème siècle et j’ai eu grand plaisir dans ce dépaysement.
Histoires d’amour et de passion avec la figure fière et flamboyante de Babe Ozouf, en demi-teinte avec le mariage de Catherine, à peine sortie de l’enfance et du peintre Louis. Cette histoire à la limite de la perversion me laisse un peu dubitative. Il fut un temps ou Lolita ne posait aucun problème, maintenant on est plus critique. Pour Carole de Chicoutimi, l’amour est secondaire son destin se confond avec la Résistance, même si…
La Hague est autrement belle, ce soir, empourprée et toute retroussée de vent comme une fille qui danse. Je suis moi-même une fille qui danse, pense Carole, je vais danser devant un feu, danser devant un grand bateau, un navire orgueilleux qui a fait régner la terreur dans les fjords, à la fin je le faucherai d’un croc-en-jambe et il se couchera sur le flanc, mais
La nuit sur la Hague, qu’elle soit feutrée par les brumes ou pleine du hurlement des tempêtes, libère de singuliers démons.
je recommande ce livre à tout touriste, visiteur, vacancier dans le Cotentin. A lire sur place ou au retour!
Albrecht Altdorfer (1480 – 1538)de Ratisbonne , proche des humanistes fut le chef de file du « style du Danube » selon la présentation de l’Exposition. L’exposition chronologique commence par les Jeunes années et le style en formation où les œuvres d’Altdorfer sont mises en regards avec les maîtres qui l’ont influencé : Dürer (1471 – 1528)de Nuremberg, Cranach (1472 – 1553) Mantegna (1431 – 1506) et d’autres italiens.
St François recevant les stigmates et St Jérôme en pénitent
Ces deux petits tableaux de style miniaturistes sont exposé à côté de deux gravures de Dürer et de Cranach dont la composition est très voisine. Si Altdorfer s’est peut être inspiré de Dürer celle de Cranach est postérieure. De même une Vierge aux longs cheveux d’Altdorfer est très proche de celle de Dürer.
Le rêve de Pâris
A côté des sujets religieux, ou inspirés de la mythologie, comme Vénus et Cupidon ou l’Allégorie nettement inspirée par les Quatre Muses de Mantegna et le Rêve de Pâris, Altdorfer aime représenter des couples d’amoureux
Couple d’amants dans un paysage
Chastes amoureux dans un champ de blé
couple d’amoureux dans un champ de blé
Quelquefois, il est plus grivois avec ces lansquenets lutinant des amoureux
Deux lansquenets et un couple d’amoureux
A propos de lansquenets cela me fait penser à la Farnesina!
Lansquenets avec des plumes sur le casque aussi dans le cortège de Maximilien, oeuvre géante de 139planches, frise de 80 m de long;
cortège de Maximilien
j’ai adoré ces gravures ou dessins, parfois rehaussés de gouache. On pourrait rester des heures à observer tous les détails. Heureusement que les visiteurs qui doivent réserver un créneau de visite, Covid oblige, ne sont pas nombreux. Il y a même des gravures minuscules comme cette histoire sainte
Passion du Christ
habile dessinateur et graveur, Altdorfer est aussi peintre
Crucifixion
Peintre aussi de batailles (on pense à Uccelo)
Bataille de Charlemagne contre les Avars aux abords de Ratisbonne
Comme j’aurais aimé voir le chef d’œuvre de la Bataille d’Issos que livra Alexandre contre Darius. Elle est restée à Munich mais une étude détaillée sur un grand écran nous la fait connaître.
Altdorfer et Dürer ont aussi peint et dessiné des paysages ce qui était une nouveauté. mon préféré est ce Val D’Arco de Dürer qu’on peut contempler aussi longtemps pour découvrir les détails du village sur l’épaulement.
Dürer : Val d’ArcoAltdorfer : paysage
La présence d’épicéas est récurrente dans les paysage d’Altdorfer
Altdorfer : paysage (avec épicéa)
Une bien belle découverte que ce Maître de l’école du Danube! et une belle exposition avec en prime, Dürer, Cranach, Mantegna…26
Le Gué de l’Epine se trouve sur les bords de la Sélune à 8km d’Avranches sur la commune de Val-Saint-Père. La route à moitié inondée par les grandes marées d’équinoxe (coefficient 111) court le long des herbus où paissent en liberté les moutons grêvins avranchins qui se reflètent dans les flaques. Des hommes tirent de la rivière un carrelet . Par chance, il y a un bar!
Gué de l’Epine : pêcheurs
La route le long des herbus arrive à un petit aérodrome sur l’herbe. Sur la carte IGN les pistes sont dessinées dans l’eau. Le GR 223 continue mais la route carrossable s’enfonce dans les terres et nous sommes forcées de retourner à Avranches?
Nous terminons l’après midi à la Plage de la Dune près de Dragey où nous étions il y a une semaine.
Un dernier coucher de soleil!
Dernières photo de coucher de soleil sur la plage….et fin des vacances.
Le Scriptorial est le Musée qui conserve les manuscrits précieux du Mont saint Michel. Malheureusement, en période de Covid ces manuscrits ne sont pas visibles (la climatisation du Trésor pouvant être dangereuse). C’est donc une visite frustrante. j’en avais gardé un bon souvenir ainsi que celle du Book of KellsauTrinity College à Dublin.
Le Scriptorial est un musée moderne construit à la base du Donjon et sa courtine. Arrivée avant l’ouverture, je fais une promenade dans les rues étroites d’Avranches et visite deux jardins : l‘Hortus, jardin des simples des ermites médiévaux avec ses carrés de plantes médicinales et tinctoriales et ses rangées de poiriers en espalier (Louise Bonne d’Avranches). En partie haute Le Jardin des Passeurs autour d’une statue contemporaine en ferraille en hommage aux greffes du coeur
Au musée, de nombreux panneaux et des vidéos racontent l’histoire du Mont Saint Michel
Chronologie:
540 Saint Pair ; fondation d’un monastère à Astérac
708 Aubert, évêque d’Avranches, fonde un oratoire au Mont saint Michel
931 Les Bretons sont repoussés et le Mont devient Normand
966 Installation des Bénédictins
VIII ème siècle : les premiers manuscrits du Mont Saint Michel
Xème apogée du Scriptorium
XII ème « cité des Livres »
pendant la Guerre de Cent ans la forteresse fut assiégée 30 ans et jamais prise
1793 le Mont Saint Michel est transformé en prison
1897 construction de la flèche par Victor Petitgrand
Mythes et Légendes autour du Mont Saint Michel
Au Vème siècle, au Gargano apparaît le Culte de Saint Michel qui aurait pu prendre la place des dieux antiques : Esculape, Apollon ou Mithra. Le Mont Saint Michel aurait recelé une relique de Saint Michel, provenant du Gargano : un fragment du tissus rouge recouvrant l’autel.
Mythe de la forêt de Scissy disparue au cours d’un violent raz de marée?
L’apogée des pèlerinages fut au XVIème siècle mais avant : pèlerinage des Pastoureaux et des rois Guillaume le Conquérant, Henri II Plantagenet, Saint Louis, Philippe le Bel, Louis XI.
Les Objets du Pèlerinage
Schiste gravé pour moule
A côté des statues de Saint Michel et des pèlerins, j’ai bien aimé les Moules d’enseigne du Mont saint Michel : production quasi-industrielle de petits objets de plombs que les pèlerins cousaient à leurs vêtements en souvenir du pèlerinage. Les moules étaient en schiste gravé ou en terre cuite; cette industrie du souvenir m’a fait sourire. Finalement le Mont Saint Michel a peu changé à travers les temps!
Autour du thème du manuscrit et du livre 5 vidéos sont projetées : Calligraphie, Enluminure, Reliure, Fabrication du papier et Imprimerie. Des artistes contemporains s’approprient les techniques séculaires et réalisent des créations modernes.
les livres et manuscrits de l’Abbaye. A côté des textes religieux on trouve des textes historiques les Chroniques de Robert de Thorigny : Histoire des Ducs de Normandie de Guillaume de Jumièges, La Geste de Robert Guiscard ainsi que des textes anciens comme L’Histoire Naturelle de Pline
Dans l’ exposition temporaire des Peintres Officiels de la Marine , je reconnais des paysages de la région comme la plage de Carolles par Miollis, les sculpture des phoques de Lemonnier, ou En marche vers le Mont de Jacques Coquilary et le Prieuré de Saint Léonard d’Arcile.
Eshkol Nevo, écrivain chevronné, anime des ateliers d’écriture. Il sait qu’une composition chronologique et linéaire d’un roman est passée de mode (comme je l’ai lu récemment sur le blog de Claudialucia à propos d’un autre livre). Il subit une crise : sa fille ainée a quitté le domicile familial pour un internat dans le Néguev, son couple se dissout avec l’indifférence de Dikla, sa femme, son meilleur ami Ari est hospitalisé avec un cancer en phase terminal et lui-même se trouve en panne d’inspiration pour un nouveau roman.
Il imagine de répondre à une « dernière interview« . Sauf que l’interview n’en est pas vraiment une : pas de journaliste pour lui poser des questions, le relancer, exiger des précisions ! C’est un questionnaire venant d’Internet. Et l’écrivain (Eshkol Nevo lui-même?) répond, ou non, fait de longues digressions si bien que le lecteur oublie complètement la question posée.
« Pareillement, je m’efforce d’observer cette approche dans l’écriture. Au demeurant, cette année, j’avais le projet de rédiger un roman. Au lieu de quoi, je réponds à cette interview sur la base d’« une sélection de questions de nos internautes » que m’a transmise le webmestre d’un site quelconque. J’étais censé réagir par des réponses toutes prêtes, mais j’ai préféré dire la vérité. Ce devait être une interview, et rien de plus, mais peu à peu – sans doute suis-je incapable de procéder autrement –, cela s’est transformé en récit. »
Réponses sincères ou affabulations?
Quelle importance! Un des sujets de l’interview est le métier d’écrivain. L’écrivain raconte des histoires, invente des histoires, brode sur son histoire et celle de sa famille ou sur une histoire entendue dans l’autobus (les Israéliens ne se privent pas de parler fort dans leurs téléphone et d’étaler leur vie privée dans les transports en commun). Au lecteur de recoller les anecdotes livrées dans le désordre et de plonger dans le monde de l’auteur!
Quand il n’écrit pas, l’auteur présente ses livres à l’étranger et en Israël. Il ne recule pas devant des invitations en milieu difficile comme dans les colonies dans les territoires. Quand on lui demande pourquoi il est venu il répond :
« La curiosité. Je suis curieux de vous connaître. De même que les implantations, plus généralement. Le fait que vous ayez choisi d’habiter dans un endroit pareil… exerce une influence sur l’avenir de notre pays. Et sur ma propre existence. À vrai dire, je pense que vos communautés représentent un obstacle à la paix. Franchement ? Je pense que vous anéantissez toute chance que moi et mes enfants vivions jamais une existence normale dans ce pays. Mais tout cela, je le pense de loin. «
Ou dans un lycée conservateur où un de ses livres au programme du bac a été étrangement censuré.
« Elle m’a tendu le livre recouvert d’une protection plastique de bibliothèque, je l’ai ouvert et presque aussitôt je les ai remarqués : les passages en blanc. Chaque fois que la voix de l’ouvrier palestinien apparaissait dans l’ouvrage original, un blanc l’occultait. Au début, peu de passages de ce genre, ensuite, plus nombreux, et, à la fin de l’ouvrage, lorsque le Palestinien va en prison, il n’y en avait plus besoin. »
La lycéenne avait imaginé que les blancs étaient la « voix du silence », très poétique…..
Dans cette interview, le lecteur fera connaissance avec l’auteur, sa famille et même son célèbre grand-père Levi Eshkol, Premier ministre de l’Etat d’Israël de 1963 à 1969, que l’auteur n’a pas connu. Le lecteur assistera à une leçon d’écriture :
« qu’est-ce qu’une intrigue? Qu’est-ce qu’un rebondissement dans l’intrigue….
C’est aussi un joli roman sur la paternité. Un écrivain reste à la maison. Quand il est père de trois enfants il a le temps d’aller les conduire à l’école, de leur inventer des histoires….
Je vais chercher les autres ouvrages pour rester dans l’univers de cet auteur!
Pique-nique au « Parking du Lude » à Carolles que j’ai vainement cherché lundi. Beau panorama sur le Rocher du Diabledont le nom vient d’une légende où Saint Michel aurait combattu là le Diable. J’emprunte le sentier de le promenade du Lude qui suit le ruisseau jusqu’au Port du Lude : une crique de galets et de rochers pittoresque et sauvage d’abord difficile par la mer.
Le Port du Lude
Le Château de Chantoreà Bacilly ne se visite pas : c’est un hôtel. Le parc de 19 ha est ouvert à la visite de 14h30 à 18h30 (prendre rendez-vous par téléphone). Pour les Journées du Patrimoine la visite est guidée par le propriétaire. Chantore fait penser à Moulinsart. Autrefois, ce fut une demeure du XVIIIème siècle délicate. les propriétaires sous le Second Empire décidèrent de l’embellir à la mode de l’époque : ostentatoire! Au Second Empire il n’était pas honteux d’être riche, au contraire la richesse s’étalait! Le château s’agrandit, la toiture gonflée il fut repeint rouge brique (fausses briques) pour être plus voyant.
Promenade littéraire : chaque arbre remarquable est associé à une anecdote et à une courte lecture.
Les camélias ont une histoire piquante : les Anglais, grand buveurs de thé pensaient rapporter de Chine des graines de théiers. Les Chinois, peu désireux de perdre leurs exportations les trompèrent en leur donnant des graines de camélias. Le Camelia alba renvoient à la Dame au Camélia : Dumas ou Verdi!
le Tilleul évoque tantôt les Arbres de la Liberté, tantôt la tisane : lecture du paragraphe de la madeleine de Proust.
Savez-vous que le nom de Séquoia a été donné à l’arbre en l’honneur de Monsieur Séquoiah, un cherokee qui inventa un alphabet pour écrire les langues des Amérindiens qui étaient des langues orales .
Certains de mes compagnons de visite sont déjà venus et assurent que chaque année la visite est différente. Elle se termine par une promenade libre dans le parc où je m’émerveille devant la floraison des cyclamens au pied des hêtres.