Au Louvre – La Peinture italienne ( Primitifs)

TOURISTE DANS MA VILLE

La Victoire de Samothrace au sommet de l’escalier nous ouvre le chemin vers la peinture italienne.

Cela ne commence pas très bien : les salles Perrier et Fontaine (1809-1812) offrent un écrin trop pompeux et surchargé pour les fresques de Botticelli .

Dans la Salle Duchâtel, le plafond représentant le Triomphe de la Peinture Française très surchargé ne parvient pas à écraser le sobre calvaire de Fra, Angelico ni d’affadir les fresques de Luini très lumineuses : l’Adoration des mages. 

Le Salon Carré est en restauration : dépoussiérage du plafond doré. C’est dans ce Salon que se déroulèrent les Salons des Artistes vivants jusqu’en 1848, donnant l’expression « salon » pour ces expositions.

 

Le Pérugin : St Jérôme soutenant les deux pendus

les Primitifs italiens sont exposés dans la Salle des 7 mètres (hauteur de plafond) salle moderne. Je suis tellement fascinée par les œuvres que je cesse de m’intéresser à la scénographie comme j’avais commencé à le faire. Découverte étonnante de ce Maître de 1333

maître 1333 détail du retable en triptyque

je pourrais rester des heures à regarder les petits personnages de l‘Adoration des Mages de Bernardino da Parenzo , formant la caravane des rois mages en serpentant dans la montagne.

Bernardino da Parenzo détail de l’Adoration des mages

Très surprenant Stefano di Giovanni dit Sassetta (Sienne 1450) qui m’évoque les surréalistes ou De Chirico

le Bienheureux Ranieri délivre les pauvres d’une prison de Florence

1275, Guido da Siena : de tout petits tableaux dorés me rappellent les icônes byzantines

Dix sept ans – Eric Fottorino

« Le jour s’étire comme un vieux chat. Je me suis engagé à pied dans l’avenue Jean-Médecin, loin de l’état civil et
de ses papiers introuvables. Une odeur de citronniers me poursuit depuis la place Masséna. Je te vois mieux à
présent que je respire l’air de tes dix-sept ans. L’imagination est un fil solide. Tu as actionné un tourniquet de
cartes postales dans une rue étroite d’où tu aperçois la façade massive du Ruhl. Tout est imprimé en noir et
blanc, sauf cette vue sur la coupole rose du Negresco. »

Eric Fottorino, cinquantaine,  nous emmène à Nice sur le lieu de sa naissance en 1960 à la recherche du mystère de cette naissance. 17 ans, c’est l’âge de Lina, sa mère, qu’on a envoyé accoucher en secret cacher cette grossesse hors mariage.

J’avais déjà suivi Fottorino à Fès sur les traces de Moshe,son père biologique, au cimetière juif et dans le mellah dans Le marcheur de Fès que j’avais trouvé très émouvant et qui faisait revivre cette communauté juive marocaine qui maintenant a presque disparu. je l’ai pris pour guide dans mes promenades…

Dans l’Homme qui m’aimait tout bas

Il raconte son père adoptif, Michel, évocation sensible et affectueuse de cet homme qui lui a donné son nom et sa Tunisie natale.

« J’étais passé d’un père à l’autre, je les avais additionnés. Ma mère, elle, avait fait les frais de l’opération. Je l’avais encore reléguée au rayon des êtres en souffrance. Dans ma grammaire intime le masculin effaçait le féminin. »

Dans 17 ans, Fottorino répare cette omission. Il part à la recherche de cette mère qu’il a d’abord appelé par son prénom. On voulait oublier sa bâtardise en la faisant passer pour sa sœur…il découvre d’autres secrets encore cachés. Toujours avec tendresse et sensibilité, il livre le troisième volet du roman familial.

Toujours attentif aux sentiments et au décor, senteurs de Nice, citrons et cuisine niçoise.

Au Louvre : Salle du Manège – Collectionner les Antiques au 17ème siècle

TOURISTE DANS MA VILLE

Salle du Manège

Privée de voyages lointains et de grandes expositions, je suis partie au Louvre sans intentions particulières mais avec la ferme intention de faire de belles découvertes.

Par les temps « ordinaires », je me dirige vers l’Exposition en cours, ou je fais le pèlerinage à « mes » Égyptiens, « mes » Grecs ou  je trace vers une salle bien déterminée. J’aime aussi  flâner dans la cour Puget, claire et tranquille J’évite les flots de touristes qui vont voir la Victoire de Samothrace et la Joconde en troupeaux compacts.

Atlantes albani

J’entre dans  l’Aile Denon, celle qui longe la Seine et traverse la Salle du Manège que je n’avais jamais remarquée. Le thème de cette salle est Collectionner les Antiques au 17ème siècle. De très belles sculptures grecques ou romaines ont été ,restaurées par des sculpteurs aussi renommés que Giraudon ou Le Bernin, il n’était pas d’usage, alors, d’exposer des sculptures ruinées. Collections de Richelieu, de Mazarin ou des Borghese que Napoléon 1er a acquise .

La mise en scène est parfaite.  Il ne fait pas considérer les œuvres individuellement  mais plutôt l’ensemble dans cette très grande et belle salle  construite par Napoléon III au-dessus des écuries pour des démonstrations équestres (d’où le nom de Manège). Les très fortes colonnes cylindriques lisses sont coiffées de chapiteaux historiés tous différents. Je remarque des bovins portants d’étranges bois plats comme ceux des élans, des sangliers tellement poilus que leurs soies ressemblent à des plumes, chapiteau glorifiant la fauconnerie…..Les plafonds voûtés sont de petites briques roses jointées de blanc. Partout le monogramme N. Napoléon 1er ou III? –  III bien sûr.

Atalante

Deux rangées de personnages forment une haie d’honneur à une femme en prière entre deux colonnes de porphyre, derrière une baignoire rouge. Divinité grecques, ou Isis égyptiennes.

A l’arrière c’est le groupe des Satyres ou Atlantes Albani, qui occupe la position centrale entourées de marbres divers. J’ai remarqué l’Atalante en pleine course acquise par Mazarin à Rome, copiée pour Marly en 1665.

Vieux pêcheur grec ou Sénèque

Passé le coup d’œil d’ensemble, je m’attache à certaines œuvres originales comme ce vieux Pêcheur grec, identifié à Sénèque par les Romains en marbre noir émergeant d’une vasque de brèche violette.

Barbare c8

L’entrée est gardée par deux colosses : des captifs barbares, daces sans doutes, puisqu’ils venaient du Forum de Trajan ayant décoré la façade de la Villa Borghese.

 

Dans le vestibule Denon, deux esclaves maures  (Rome 1er siècle complétés par Nicolas Cordier). L’un d’eux, le Maure Borghèse à la tête de calcaire noir, la tunique d’albâtre et la ceinture sont décorées d’une marqueterie de marbres et calcaires colorés de diverses provenances (Turquie actuelle, Grèce, Tunisie) . Cette statue composite a fait l’objet d’une restauration récente et j’ai trouvé par hasard une conférence passionnante.

Adieu Jérusalem – Alexandra Schwartzbrod

LIRE POUR ISRAËL

C’est le troisième livre d’Alexandra Schwartzbrod que je lis.  Les personnages 4récurrents sont  Eli Bishara, le commissaire de police arabe israélien, Landau son homologue juif, Ana Güler, la libraire stambouliote….que je commence à connaître et auxquels je me suis attachée.

Politique-fiction, dystopie : une épidémie de peste se déclare à La Mecque pendant le pèlerinage. Dans la panique une rumeur se répand : les Juifs auraient empoisonné les puits. Dans  le monde musulman une vague antisémite déferle. A Jérusalem, la situation devient explosive. Des attentats meurtriers endeuillent Israël. Andreï Sokolov,  homme d’affaire russe  candidat à la Mairie de Jérusalem, veut exploiter la situation et déporter les Arabes hors d’Israël. 

A New York, aux Nations Unies les autorités paniquent : l’épidémie peut-elle être contenue? Comment réagir à la véritable guerre civile au Moyen Orient?

L’idée est intéressante. Le pitch  crédible : guerre bactériologique ou épidémie, le risque de contagion mondiale est sévère, les réserves d’antibiotiques et de vaccins sont au plus bas. Manque de masques et de protections. J’ai entamé cette lecture avec intérêt et tourné les pages pour savoir la fin.

Cependant, j’ai moins accroché que dans les deux autres livres  : trop de personnages, trop de lieux différents. On saute de Kazan à La Mecque, de New York à Istanbul, à Dubaï (au sommet de la tour Burj Khalifa) et bien sûr Tel Aviv et Jérusalem. J’ai un peu le tournis. Si les ambiances israéliennes sont bien rendues, les autres villes sont survolées. Beaucoup de personnages, un secrétaire des Nations Unies estonien , une diplomate américaine, un journaliste, des médecins égyptiens, tunisiens, des pèlerins de toute provenance. Difficile de s’attacher à toute cette foule! Qui trop embrasse mal étreint.

La fin paraît bâclée, les Etats Unis lâcheront-ils Israël? La peste restera-t-elle circonscrite à la Mecque?

Une, deux, trois – Dror Mishani

LITTÉRATURE ISRAÉLIENNE

Une : Orna, enseignante divorcée, mère d’un petit Erann, qui fréquente rencontre

Deux  :Emilia, lettone, venue à Tel Aviv comme « aide à la personne » prenant soin de personnes âgées

Trois : Ella, qui rédige une thèse au café pour fuir l’atmosphère confinée de son foyer

Toutes trois  rencontrent Guil, avocat dragueur, menteur, spécialiste des pays de l’Est.

Il faut lire plus de la moitié du livre pour comprendre pourquoi il se trouve classé Polar ou Thriller.

 Drame psychologique, divorce  mal vécu , Orna tente de réinventer une vie après que Ronnen, son mari, l’ait abandonnée. Elle fait suivre son fils par un psy.  Que peut-il arriver.  Emilia, travailleuse immigrée s’adresse à Guil pour avoir un visa qui lui ouvrira plus de portes. Drame de la solitude, sa seule sortie ; la messe dite par un prêtre polonais. Ella est plus difficile à cerner. Jeux de séduction. Savoir jusqu’où on peut aller dans le flirt quand on est marié (e), goût de l’aventure?

Nous traînons dans Tel Aviv, jeux d’enfants sur la plage, restaurant de poisson à Jaffa. C’est reposant un polar sans (ou presque) sans violence. Flirt, séduction mais sans sexe torride.

C’est un peu énervant de ne pas savoir comment cela va se finir! Il faut attendre la fin….

Le Chef- d’oeuvre inconnu – Balzac : leçon de peinture

Étrangement c’est à l’Orangerie, à l’Exposition de Paula Rego, que j’ai entendu parler la première fois de cette oeuvre.

Court roman, longue nouvelle?

Porbus : henri IV

Balzac nous transporte à la fin de 1612 en compagnie de Nicolas Poussin jeune, dans l’atelier de Porbus portraitiste de Henri IV et auteur .  Un vieux peintre Maitre Frenhofer, élève de Mabuse ( peintre belge Jan Gossaert (Maubeuge, 1478 – Anvers, 1541) donne à Poussin et à Porbus une leçon de peinture.  Bien sûr, je connais Poussin mais pas Porbus, ni Mabuse. J’aime quand un livre me conduit à chercher des tableaux sur Internet. Ces découvertes fortuites m’enchantent. 

Adam de mabuse

 

« Ni le peintre, ni le poète, ni le sculpteur ne doivent séparer l’effet de la cause qui sont invinciblement l’un dans
l’autre ! La véritable lutte est là ! Beaucoup de peintres triomphent instinctivement sans connaître ce thème de
l’art. Vous dessinez une femme, mais vous ne la voyez pas ! Ce n’est pas ainsi que l’on parvient à forcer
l’arcane de la nature. Votre main reproduit, sans que vous y pensiez, le modèle que vous avez copié chez votre
maître. Vous ne descendez pas assez dans l’intimité de la forme, vous ne la poursuivez pas avec assez d’amour
et de persévérance dans ses détours et dans ses fuites. »

Maître Frenhofer donne aux deux plus jeunes peintres, une leçon de peinture, il joint le geste à la parole :

Porbus alla chercher palette et pinceaux. Le petit vieillard retroussa ses manches avec un mouvement de
brusquerie convulsive, passa son pouce dans la palette diaprée et chargée de tons que Porbus lui tendait ; il lui
arracha des mains plutôt qu’il ne les prit une poignée de brosses de toutes dimensions, et sa barbe taillée en
pointe se remua soudain par des efforts menaçants qui exprimaient le prurit d’une amoureuse fantaisie. Tout en
chargeant son pinceau de couleur, il grommelait entre ses dents : — Voici des tons bons à jeter par la fenêtre
avec celui qui les a composés, ils sont d’une crudité et d’une fausseté révoltantes, comment peindre avec cela ?

En plus de cette leçon, le Chef d’oeuvre Inconnu traite également du rapport du peintre et du modèle. Poussin amie Gillette, une très belle femme. Il parvient à persuader Gillette de poser pour Maître Frenhofer afin de terminer sa Belle Noiseuse, son chef d’oeuvre auquel il travaille depuis 10 ans et que personne n’a vu. Le Chef d’Oeuvre inconnu, c’est cette Belle Noiseuse qui a inspiré Rivette pour son film. 

Pour ne pas spoiler, je ne raconterai pas la chute; seulement l’intérêt de Picasso et cette phrase de Fumaroli : 

« Le Picasso du XVIIe siècle a fini par créer un dripping de Pollock »

Le Talon de Fer – Jack London / Le Capital au XX1ème siècle Piketty

CHALLENGE JACK LONDON

« De la poitrine de l’humanité terrassée, nous arracherons le Talon de Fer maudit ! Au signal donné vont se
soulever partout les légions des travailleurs, et jamais rien de pareil n’aura été vu dans l’histoire. La solidarité
des masses laborieuses est assurée, et pour la première fois éclatera une révolution internationale aussi vaste que
le monde. »

 

Le Talon de Fer  c’est d’abord l’exploitation qu’exercent les trusts et le grand capital (Oligarchie ou Ploutocratie) sur le prolétariat, mais pas seulement, également sur la bourgeoisie et les petites entreprises qui se font dévorer par les grandes. 

Le  Talon de Fer c’est une dictature qu’ont qualifierait aujourd’hui de fasciste, avec milice, censure de la Presse et des intellectuels, corporatisme… mais qui est sortie de l’imagination de Jack London en 1908. Prémonitoire! 

Le Talon de Fer est une dystopie géniale, qui prédit aussi bien la guerre avec l’Allemagne (nuance Etats Unis/Allemagne), la Révolution et la Grêve Générale comme réponse au conflit armé, mais surtout l’avènement de la dictature des Grands Monopoles qui ont éliminé les petites entreprises, les Grands Travaux au bénéfice de vainqueurs, la résistance souterraine du monde ouvrier. 

Le Talon de Fer est aussi un ouvrage didactique où Ernest Everhard, leader socialiste porte la contradiction dans les réunions d’intellectuels californiens en faisant la démonstration de la Lutte des Classes. Brillante démonstration d’économie marxiste et explication lumineuse de la Plus-value dans le chapître intitulé Un Rêve mathématique

« Prenons par exemple une manufacture de chaussures. Cette fabrique achète du cuir et le transforme en souliers.
Voici du cuir pour cent dollars. Il passe à l’usine et en sort sous forme de chaussures d’une valeur de deux cents
dollars, mettons. Que s’est-il passé ? Une valeur de cent dollars a été ajoutée à celle du cuir. Comment cela ?C’est le capital et le travail qui ont augmenté cette valeur. Le capital a procuré l’usine, les machines, et payé les
dépenses. La main-d’œuvre a fourni le travail. Par l’effort combiné du capital et du travail, une valeur de cent
dollars a été incorporée à la marchandise. Sommes-nous d’accord ? »

C’est aussi un roman original avec une foule de personnages vivants, attachants ou haïssables.

L’originalité vient aussi du fait que c’est un roman écrit au féminin : la narratrice Avis est la fille d’un célèbre universitaire de Berkeley qui reçoit à sa table le gratin des scientifiques,  des hommes d’église et des grands bourgeois. Esprit éclairé et ouvert, il a invité Ernest Everhard pour connaître l’opinion des socialistes. Avis se laisse entraîner dans l’enquête concernant le cas d’un ouvrier estropié par sa machine, réduit à la misère, ayant perdu son procès contre le patron quand il réclamait des indemnités. Elle découvre la réalité des théories d’Ernest, en tombe amoureuse et devient sa femme. Elle assumera le rôle subalterne de la « femme du leader » jusqu’à l’emprisonnement de son mari et deviendra une résistante à part entière. Amoureuse, certes, mais capable de décisions, femme d’action.  D’autres femmes seront des révolutionnaires aguerries.

Dans le Talon de Fer j’ai retrouvé Martin Eden, le personnage d’Ernest ressemble par de nombreux aspects à Martin, le prolétaire reçu à la table de grands bourgeois et qui s’éprend de la fille de la maison. Avis n’est pas Ruth : Ruth est prisonnière des préjugés conservateurs de son milieu bourgeois tandis qu’Avis et son père vont être convaincus par la force du raisonnement d’Ernest. Comme Martin, Ernest écrit, vit de sa plume en faisant des articles et des traductions….J’ai aussi retrouvé le Peuple de l’Abîme, expression qu’il emploie à plusieurs reprises dans le roman. 

« La condition du peuple de l’Abîme était pitoyable. L’école communale avait cessé d’exister pour eux. Ils vivaient
comme des bêtes dans des ghettos grouillants et sordides,
……
En vérité, elle est bien là dans les ghettos, la bête rugissante de l’Abîme tant redoutée des Oligarques : mais c’est
eux-mêmes qui l’ont créée et l’entretiennent, c’est eux qui empêchent la disparition du singe et du tigre dans
l’homme. »

Je ne sais où London va mener à ma prochaine lecture du Challenge initié par Claudialucia, mais je suis partante pour une nouvelle aventure.

En complément, et sur un sujet analogue quoique 112 ans plus tard : La Capital au XXIème siècle de Picketty film de Justin Pimberton Un documentaire que j’ai vu au Cinéma. Propos percutant, images intéressantes immersives. Mais un peu trop docu-Arte à mon goût.

 

Pompéi au Grand Palais

EXPOSITION IMMERSIVE

L’éruption du Vésuve comme si vous y étiez

Depuis des mois, j’attendais cette exposition retardée pour cause de Confinement. Passionnée d’archéologie romaine et d’Italie, je m’étais promis de la voir dès l’ouverture. Et je n’étais pas la seule! j’ai eu du mal à réserver un créneau horaire sur Internet, ceux qui me convenaient étaient complets! Nous avons visité Pompéi il y a 24 ans et je brûlais de découvrir les découvertes  des fouilles récentes….

Des vidéos passionnantes retraçant l’éruption de 79 sont passées à la télévision Science Grand Format sur France 5 ainsi que sur Art. J’ai eu le loisir de les visionner en Replay pendant le confinement. De plus, le site du Grand Palais propose d’autres vidéos afin de préparer la visite.

Jeudi dernier je n’étais pas seule à faire la queue, masquée devant l’escalier et bien que mon horaire était de 16 h, j’ai dû patienter debout 45 minutes.

Visite immersive! Réalité Virtuelle!  Réalité augmentée!

Autant de technologies pour transporter le visiteur 2000 ans en arrière dans les maisons de taille réelle, telles qu’elles étaient la veille de leur destruction. Se promener, non pas dans un champ de ruine (et de fouilles archéologiques) mais dans une rue romaine. Entrer dans la Villa du jardin, découvrir en même temps que les archéologues la mosaïque de la Maison d’Orion et les chimères…voir la splendeur des fresques projetées, plus vraies que nature…..Etre surprise par le début de l’éruption, voir le panache grandir, sentir pleuvoir les ponces et lapilli…

Exposition spectaculaire! 

Certes, pourtant avec moi, bon public en général, cela n’a pas vraiment fonctionné. On a tout reconstruit, virtuellement, pour que je découvre la réalité et tout ce que je cherchais, c’était la réalité des pains carbonisés, les tesselles qui traînent encore sur le sol, les poteries cassées, les traces des gonds dans les entrées. Tous ces restes brûlés, usés, méconnaissables que mon imagination projette dans une cuisine, un atrium, un jardin.

Le virtuel tue la poésie des ruines, empêche le jeu de puzzle, écrase la démarche de celle qui se prend pour un archéologue et qui imagine à partir d’un détail la réalité manquante. Un site bien ruiné où il ne reste que quelques dalles du Cardo ou du décumanus, un égoût ou les céramiques des thermes, envahi de mauvaises herbes et de fleurs, me parle plus que toute réalité augmentée.

 

Certes, j’ai aimé me promener virtuellement dans les ruines des Cités millénaires à Palmyre, Mossoul, Alep ou Leptis Magna. la réalité virtuelle m’est apparue comme un sauvetage de ce qui n’existera peut être plus jamais du fait des destructions des guerres totales, des bombardements. Si jamais le tourisme revenait en Syrie, en Libye, en Irak que restera-t-il à visiter. Que reste-t-il des Bouddhas de Bâmiyân? Les reconstitutions virtuelles se justifient alors.  

Malgé ces réserves, tout le travail autour de l’Exposition du Grand Palais est exceptionnel. Ne vous privez surtout pas de la visite. Et Surtout regardez chez vous au calme les nombreuses vidéos sans être dérangé vous pourrez les visionner plusieurs fois, les étudier, vous en imprégner!

Le cabinet des antiques – Honoré de Balzac

L’expression Cabinet des Antiques m’avait suggéré un Cabinet de curiosités et je pensais trouver  le monde des artistes. J’avais confondu avec le Chef d’Oeuvre inconnu. Les Antiques ne sont en rien des marbres ou des objets de l’Antiquité. Les Antiques sont les Ultras, les Nobles émigrés à la Révolution de 1789,  fidèles à la Monarchie et revenus à la Restauration, pensant retrouver leurs domaines, leurs privilèges de l’Ancien Régime. Entre-temps, la noblesse d’Empire,banquiers et hommes d’affaires tentent de conquérir leur place dans la société. 

 

Les exclus avaient donc, en haine de ce petit faubourg Saint-Germain de province, donné le sobriquet de Cabinet
des Antiques au salon du marquis d’Esgrignon….[….]

Il continuait donc alors à trôner dans son salon, si bien nommé le Cabinet des Antiques. Sous la Restauration, ce surnom de douce moquerie s’envenima lorsque les vaincus de 1793 se trouvèrent les vainqueurs.

Il s’agit donc d’une cabale ourdie par du Croisier, méprisé par les Antiques,qui a poussé le jeune Comte D’Esgrignon, à ruiner l’honneur de la famille.

Monsieur Chesnel, le vieux notaire, fidèle à la Maison d’Esgrignon, mettra tout en oeuvre pour sauver le jeune Comte. Il remuera ciel et terre pour que le scandale ne l’éclabousse pas.

Monsieur Chesnel, il s’agit de la France ! il s’agit du pays, il s’agit du peuple, il s’agit d’apprendre à messieurs
vos nobles qu’il y a une justice, des lois, une bourgeoisie, une petite noblesse qui les vaut et qui les tient ! On fourrage pas dix champs de blé pour un lièvre, on ne porte pas le déshonneur dans les familles en séduisant de pauvres filles, on ne doit pas mépriser des gens qui nous valent, on ne se moque pas d’eux pendant dix ans, sans que ces faits ne grossissent, ne produisent des avalanches, et ces avalanches tombent, écrasent, enterrent
messieurs les nobles.

Même si les Antiques sauvent les meubles, le monde a changé et les privilèges ne sont plus ce qu’ils étaient sous l’Ancien Régime :

Mes chers enfants, il n’y a plus de noblesse, il n’y a plus que de l’aristocratie. Le Code civil de Napoléon a tué les
parchemins comme le canon avait déjà tué la féodalité. Vous serez bien plus nobles que vous ne l’êtes quand
vous aurez de l’argent. Epousez qui vous voudrez, Victurnien, vous anoblirez votre femme, voilà le plus solide
des privilèges qui restent à la noblesse française. 

Balzac délivre ici une leçon d’histoire  en plus d’une analyse psychologique comme dans toutes les oeuvres de la Comédie Humaine. Un monde que je découvre toujours avec grand plaisir. 

Du côté de Ferrières….

BALADES EN ÎLE DE FRANCE

Du côté de Ferrières, non loin de Guermantes ou du Château de Rentilly ou d’Armainvilliers,  se trouvent châteaux et parcs, forêts giboyeuses où l’on traça pour les chasses au 18ème ou 19ème siècle de longues allées rectilignes. 

Pratique

Cette région de Seine-et-Marne est facilement accessible en voiture par l’autoroute A4 (sortie 12 Bussy-Saint-Georges), par le RER A (Bussy-St-Georges)RER E (Ozoir-la-Ferrières  ou Gretz Armainvilliers) . 

L’office de Tourisme Marne et Gondoire met à disposition un livret téléchargeable de randonnées pédestres.

Névada?

Sur suggestion de Télérama-Sortir qui  promettait le Névada, nous sommes parties avec le pique-nique par une belle matinée ensoleillée.

Château de Ferrières

Un coup d’œil au château de Ferrières derrière ses grilles, immense, de style Renaissance italienne, il fut construit par l’architecte anglais Joseph Paxton de 1855 à 1861 pour le baron James de Rothschild. Il ne se visite pas (ou très exceptionnellement) mais deux restaurants gastronomiques y sont installés. Non loin d’ici, à Armainvilliers, Isaac et Emile Pereire,  à la même époque, firent construire un château qui n’existe plus mais dont il reste le parc. On dit que la proximité des deux domaines causa de la confusion chez les invités qui ne savaient pas où se rendre! les forêts de Ferrières et d’Armainvilliers étaient très fréquentées sous le IIème Empire! 

la buanderie du château se reflète dans l’étang de Taffarette

Après avoir traversé le village de Ferrières-en-Brie tout à fait charmant avec ses maisons de pierre, sa petite église Saint Rémy nous laissons la voiture au parking à l’extrémité de l’Etang de Taffarette où se reflète le très beau bâtiment de bois qui était la buanderie du Château de Ferrières.

En passant derrière la buanderie, je trouve une petite route tranquille (cul de sac) qui se transforme en allée piétonnière bordée de très grands et très beaux poiriers. Ces arbres fruitiers couverts de fruits sont tout à fait remarquable par leur âge et leur taille.

l’allée de Taffarette bordée de poiriers vénérables

Eu bout de l’allée nous croisons l’allée des Lions appelée également Allée des Séquoias. 96 arbres géants sont alignés. Immenses, impressionnants.

Allée des séquoias

 

En rentrant des statues attirent notre attention. Télérama promettait le Névada pas l’Île de Pâques!Ils ne sont pas en pierre mais taillés dans des troncs

taillés dans les troncs

Nous reviendrons bientôt préparer une randonnée dans les grands allées ou les petits sentiers de la grande forêt!