exposition temporaire au Louvre jusqu’au 22 mai 2017
L’exposition Vermeer est un événement qui va attirer les foules. Il faut donc réserver son créneau horaire même si vous bénéficiez de la gratuité! Aucune dérogation ni « handicapé », ni « Ami du Louvre ». A la billetterie un comptoir est réservé pour cette réservation. Je suis donc arrivée vers 8h50 pour l’ouverture à 9h du Musée. Une queue impressionnante était déjà formée. Je ne suis entrée qu’à 9h50.
Doit-on braver cette foule pour des tableaux dont on a vu les reproductions – tableaux de petit format plus difficile à observer en cas d’affluence?
Eh bien oui! Pas seulement pour se dire « j’y étais » ou « je l’ai vu en vrai » mais plutôt pour le dialogue des tableaux de Vermeer avec ceux des autres peintres néerlandais de cette époque. Et pour les correspondances, les scénographes de l’exposition ont très bien fait les choses (sauf les cartels bizarrement installés en bas ou sur une rambarde où s’appuient sans vergogne les spectateurs).
Vermeer : Jeune fille à la balance
Deux jeunes filles pèsent l’or dès l’entrée : Celle de Vermeer est debout devant un tableau d’un Jugement dernier, pesée symbolique de l’or. L’autre de Pieter de Hooch.
Pieter de Hooch Pesée de l’Or
La série suivante sera consacre à la correspondance, la lettre que l’on écrit, celle que l’on lit, la lettre interrompue (ma préférée)
Metsu : jeune fille lisant une lettre
Occasion de faire connaissance avec un autre maître hollandais brillant, Gabriel Metsu, et avec Gérard ter Borch peignant dans un cadre plus sombre, murs gris, lourds rideaux.
Gerard ter Borch : la lettre
Autres thèmes : les ablutions et la visite. Ces Maîtres semblent se donner le mot, une femme au mantelet rouge et à la jupe de satin blanc peinte par ter Borch reçoit une visite, mais dans les mêmes atours elle reçoit une visite inopportune, le fiancé arrive pendant que la servante verse de l’eau sur les mains de la jeune dame…
Certaines scènes de genre sont suggestives, aphrodisaques, les huîtres ou le vin blanc qui suggèrent d’autres plaisirs…ici aussi plusieurs tableaux se répondent, mêmes sujets, réponses décalées.
La musique est la grande affaire des jeunes filles, au luth, au virginal,à la viole de gambe, en duo, accordant l’instrument.
van Mieris le duo
Des tableaux célèbrissimes comme l‘Astronome ou le Géographe prennent une autre résonance placés côte à côte, on découvre qu’il s’agit du même personnage ans le m^me décor, seuls quelques objets ont changé de place, le globe terrestre a été remplacé par une sphère céleste portant les constellations du zodiaque.
Der Geograph. 1669
Voisinage aussi de la laitière et de la dentellièrepour notre grand plaisir.
Vous n’aurez pas le plaisir de faire vos photos vous-même. C’est interdit et tant mieux, cela ralentirait encore la fluidité des visites. J’ai dû emprunter les reproductions sur Internet!
La visite en Hollande n’est pas terminée, le Louvre présente deux autres expositions :
le siècle de Rembrandt « chef d’oeuvre de la collection Leiden du 22 février au 22 mai et dessiner le quotidien la Hollande au siècle d’or à partir du 16 mars jusqu’au 12 juin..
Au petit déjeuner nous retrouvons une famille française qui était avec nous à l’hôtel CheGuevara . La femme parle portugais et profite de toutes les opportunités pour rencontrer des gens. Ils nous découragent d’entreprendre la descente de Cova, très longue et très pénible d’après eux.
10 heures – peu tard pour commencer la promenade – Sous le ciel couvert nous ne pensons pas être gênées par le soleil.
Le sentier monte entre le cimetière et les porcheries (odeur infecte) . Au-dessus du cimetière catholique, dans un enclos, se trouve le petit cimetière juif. Rien à voir avec les nouveaux chrétiens ou les Marranes (je lis en ce moment une biographie de Christophe Colomb). Les tombes datent du XXème siècle.
Fontainhas : village perché sur une arête
Le chemin côtier, nettement au-dessus du rivage, domine Punta do Sol. La vue est très belle. Entre temps, les nuages ont disparu. Après un tournant, le village de Fontainhas est accroché à mi-pente avec ses maisons peintes de couleurs vives, ses fleurs au dessus d’une petite ribeira toute pimpante. Les terrasses sont cultivées de canne à sucre, le fond du ruisseau est occupé par des petits champs d’ignames formant une mosaïque vert très vif, chaque parcelle étant séparée par de petites murettes, rubans allongé s’étalant jusqu’à une petite plage de sable gris dans une crique abritée entre des falaises rouges et noires. Cette eau calme me donne envie de me baigner. Quelques cocotiers et de beaux arbres à pain complètent le tableau. Fontainhas est fleuri de bougainvillées d’un flamboyant. Ce village perché sur une arête est minuscule mais possède une grande école peinte en jaune et deux mercerias signalées par de discrets écriteaux. Un escalier traverse une rangée de maison mettant définitivement fin à la circulation automobile.
les petites terrasses , citerne et levada
Le chemin longe la ribeira puis retrouve la mer. Une petite descente et une grande montée. Nous ne sommes pas seules : un groupe de femmes et des enfants vont à pied au village suivant : Corvo, portant de lourds paquets sur la tête. Elles nous dépassent avant le col.
Au tournant, un éperon rocheux vertical, une cheminée volcanique forme un mur jusque dans l’eau, cap pointu. La vue est spectaculaire : Ponta do Sol , au loin, avec sa piste d’aviation, porte-avions conquis sur la mer et son port minuscule. De l’autre côté du col, une pente sèche où zigzague un sentier pavé soigneusement et protégé par une murette. Dominique se pose mais cela me démange de continuer le sentier côtier jusqu’à Corvo dont nous apercevons les premières maisons.
Punta do sol village et aéroport
Je m’accorde une demi-heure pour poursuivre mon exploration, descends facilement assez loin pour découvrir une étroite vallée, avec un ruisseau, un ruban d’ignames, des terrasses de canne et la suite du village. Complètement isolé : on n’y parvient qu’à pied, peut être en barque. Cependant depuis 1999 l’électrification a été achevée. Je remonte plus facilement que prévu. Nous déjeunons rapidement. Le ciel est sans nuage, le soleil tape dur, pas d’ombre, il fait vraiment très chaud.
Dominique redoute le retour avec la grande montée aux heures les plus chaudes de la journée. Elle part en avant plutôt colère, me reprochant mes expéditions. Nous croisons une famille qui monte des caisses de bière, des bouteilles de Coca-Cola, des jus de fruit. Il y a sans doute un bar à Corvo ravitaillé à pied. J’achète de l’eau fraîche à Fontainhas dans une loja, prétexte pour trouver un aluguer. L’épicière propose de téléphoner à Punta do Solpour en faire venir un.
Un pick up est arrivé sans qu’on le remarque. C’est une camionnette de l’aide alimentaire du PAM (Programme Alimentaire Mondial). Un jeune homme parlant très bien Français nous explique qu’ils distribuent de la nourriture aux plus défavorisés : un sac de farine de maïs, un broc de haricots, une bouteille d’huile. Des femmes et enfants viennent à la distribution. On coche des noms sur une liste. Tout se passe très vite. Le pick-up repart chargé à ras bord de tous ceux qui veulent profiter de l’occasion.
A notre retour, Fatima fait la sieste sur le divan de l’entrée. Aujourd’hui, elle est très causante. Comme nous lui racontons notre journée et que je lui montre les babioles que nous avons données aux petites filles, elle appelle Alicia et lui donne un sachet contenant des élastiques décorés pour attacher les cheveux qu’Habiba m’a vendus le jour de la fin des cours.
Alicia, la jeune fille qui sert les repas, longues jambes miel, n’a que douze ans ; elle est orpheline. Fatima l’a recueillie il y a trois ans et elle travaille à la pension. Je demande si elle va à l’école. Fatima me rassure, ce sont les vacances.
Punta do Sol : port
J’ai bien envie de me baigner. Le sentier côtier m’a frustrée. Après le port, il y a une petite plage, des rochers plats, une sorte de piscine naturelle d’eau très calme avec un peu de sable gris. Beaucoup d’enfants y barbotent. Je demande conseil à Fatima. Est-ce raisonnable d’y aller ? Elle m’encourage vivement. Puis-je me mettre en maillot ? Au Cap Vert les femmes restent le plus souvent en short et en T-shirt mais je n’ai pas envie de mouiller mes affaires. Nous avons emporté le minimum, le reste est resté à Mindelo. Pas de problème pour le maillot. Les enfants ne sont pas seuls. Il y a des adultes, des mères surtout. Je me trempe. Il fait frais, agréable, mais il y a trop de monde pour nager. Les enfants essaient de capturer de petits poissons. Après une courte baignade je remonte.
J’ai l’agréable surprise de retrouver Judith et Philippe, les Allemands de Fogo, qui viennent d’arriver mais repartent déjà demain.
Nous allons sur le port pour voir le coucher de soleil. Le petit port est protégé par une jetée qui a dû avoir des jours meilleurs si on considère le beau dallage, les escaliers et les grosses boules de pierre qui ornaient la rambarde. Dans la rade, l’eau est calme. Les barques sont tirées à sec sur le ciment, bien alignées. Nous découvrons la falaise où nous étions ce midi. Des nuages couvrent les sommets, dommage pour la photo qui aurait été belle ! Le ciel a l’air dégagé vers l’Ouest, peut-être aurons-nous Le coucher de soleil des vacances ? Nous attendons, contemplant les rangées de vagues qui se brisent dans une belle couleur turquoise. la mer scintille d’or le soleil pâlit puis s’enfonce dans une brume invisible où il disparaît.
Merci à Babélio et aux éditions du Rocher pour cette découverte!
Tachkent, le 8 mars 2014, Goulia invite ses amies pour fêter l’anniversaire de sa sœur Chirine. La narratrice Lyane, française, prend des notes pour un futur roman. Au cours de la soirée chacune racontera son histoire singulière
Danseuse ouzbèke Boukhara
A cette polyphonie se mêleront d’autres destins de femmes : celui de Rano, la jeune fille d’Andijan, traumatisée par le massacre de 2005, dont le mariage arrangé est suspendu à une éventuelle grossesse. Destin flamboyant de Tamara Khanoum, danseuse célèbre du temps de l’Union soviétique, arménienne qui exportait la culture de l’Union soviétique, comme les chœurs de l’Armée rouge, contribua à l’effort de guerre pendant la Seconde Guerre Mondiale. Bibi Khanoum – femme préférée de Tamerlan – construisit pour lui une mosquée gigantesque (que nous avons visitée quelques semaines après la soirée du livre).
Lutrin mosquée de Bibi Khanoum Samarcande
Les histoires se mêlent comme les conversations à bâton rompu…
Lyane raconte l’histoire de l’Ouzbékistan, de sa période soviétique qui a marqué toutes les femmes présentes à la fête, de la Perestroïka et de l’indépendance de la République d’Ouzbékistan. Tachkent, grande ville cosmopolite abrita l’intelligentsia russe en 1941 pendant le siège de Léningrad. Les populations sont extrêmement diverses, ouzbeks, russes, tadjiks, coréens, juifs…les religions aussi, si l’Islam est majoritaire, les chrétiens sont aussi présents. mais c’est l’empreinte soviétique qui les unit.
De nombreux problèmes actuels sont abordés, celui de la Mer d’Aral et de la culture du coton, la corruption et l’enrichissement des affairistes et des mafias. En filigrane aussi, le wahhabisme. Le séisme de 1966 n’a pas encore été oublié. C’est à la suite de la reconstruction que Tachkent a doit son urbanisme avec les grandes avenues, les esplanades.
C’est une lecture très agréable et distrayante. Aux paroles des femmes s’ajoute aussi le défilé des plats de ce repas de fête, détails culinaires . J’ai retrouvé des goûts, des images pas encore oubliés. C’est le livre idéal pour préparer un voyage sur la route de la soie!
Moins dramatique que La Fin de l’Homme Rouge d’Svetlana Alexevitch, plus centré sur l’Ouzbekistan que Par les Monts et les Plaines d’Asie Centrale d’Anne Nivat qui sont deux témoignages majeurs.
Au petit déjeuner, j’ai résolu l’énigme du pain : on n’en trouve jamais dans les épiceries pourtant, il existe une boulangerie industrielle dans chaque île. On se demandait bien où on pouvait se le procurer . Ce matin tout le village défile chez Fatima, un torchon à la main pour acheter des petits pains. Les dépôts de pain se trouvent dans des lieux inattendus !
8h, ponctuel, un grand HIACE (15 places) rouge nous attend. Au volant, Gabriel, métis très clair, jeune grassouillet, en jeans. Il parle beaucoup moins bien français qu’on ne l’avait cru hier, il est ravi que je comprenne un peu le Portugais. A moi donc de faire les efforts de conversation si nous désirons une visite commentée. A Fogo, Albino avait été un guide remarquable mais il était polyglotte ? le prix a aussi augmenté .
Ribeira : fermer perchée
Pour arriver à Ribeira Grande nous roulons sur quatre kilomètres de corniche au dessus d’une mer agitée de belles vagues blanches. Il n’y a pas de vent du tout, par jour de tempête cela doit être impressionnant !
Ribeira Grande est une agglomération assez laide. Impossible d’en saisir le plan de prime abord : nous passons par une ruelle devant un petit marché, arrivons sur une rue commerçante avec des banques le bureau de TACV, deux hôtels minables. Plus loin un quartier plus moderne, un marché africain installé dans des baraques de tôle grise, beaucoup d’aluguers, un garage. Gabriel stoppe au garage pour voir le loueur de voitures, peine perdue, tous ses véhicules sont occupés. Peut être, n’inspirons nous pas confiance. En voyant l’état des pistes, je le regrette moins.
Ribeira grande : canne à sucre
Le minibus s’engage dans la Ribeira Grande, vallée assez large et cultivée surtout de canne à sucre, de manguiers magnifiques, je découvre les arbres à pain. Parmi les légumes du dîner, j’avais trouvé une tranche verdâtre d’un légume inconnu un peu farineux au goût situé entre la patate douce et l’artichaut. Fatima m’avais expliqué que c’était le fruit de l’arbre à pain. Ces arbres sont très grands aussi hauts que les manguiers mais plus larges avec de belles feuilles découpées très décoratives et des fruits vert clair hérissés de piques.
Les maisons sont perchées sur des pentes incroyables, parfois sur des arêtes vives où il y a tout juste la place de construire une maisonnette. Elles sont toutes très fleuries. Les fleurs d’agave –ou de sisal- donnent du pittoresque aux photos. Les plus anciennes sont en pierre noire couvertes de paille (cela se dit pareil en Portugais), les plus soignées sont peintes en blanc, rose ou vert vif, la plupart sont en parpaing.
Cha de igreija : terrasses
Les hommes façonnent sur place les briques de parpaing en tamisant les graviers ou le sable prélevés dans le fond de la ribeira en faisant des trous disgracieux. Des cadres métalliques percés de trous faits à la main servent de tamis primitifs. Ils mélangent au ciment le gravier sur le bord de la route et remplissent des moules rudimentaires. Les parpaings sèchent, alignés. Peut être les maçons sont ils des professionnels mais il semble que chacun construit avec l’aide de sa famille ou des voisins sa maison, rehausse d’un étage, rajoute une pièce, tout en habitant les pièces terminées . Cela confère aux villages un aspect inachevé, de chantier perpétuel. Quand il y a du travail aux champs ou du grogue à distiller, quand il n’y a plus de sous, le chantier s’arrête et la maison reste en attente… Les harmonieuses maisons basses aux frontons portugais se transforment en immeubles à étages avec des terrasses hérissées de ferrailles qui dépassent et rouillent, d’escaliers qui ne mènent nulle part . Les animaux, eux, sont logés dans des abris traditionnels souvent arrondis, muret de moellons grossier avec un toit de paille couvrant à moitié l’ouverture ronde.
Les nuages , accrochés aux sommets se détachent. Il fait beau .. Je dois me gendarmer pour ne pas tout prendre en photo . Gabriel s’arrête volontiers (quand la route le permet) Une excursion en voiture est une sorte de torture pour le photographe. Vu de mon siège un cadrage me plaît, descendue sur la route, je ne le retrouve plus. Le premier plan a disparu . dans le viseur, le sujet paraît lointain. et quelconque .
Cha de igreija village
La route s’élève vite à flanc de la montagne. Nous passons devant notre première trapiche (distillerie de grogue) Demi tour à Garça de Cima ..
Point de vue magnifique sur Horta da Cima, village au fond d’une vallée très verte. Puis descente en lacets rapide, la route devient piste et plonge dans un canyon étroit : scènes de western : un cavalier sur un magnifique cheval marron, encore plus insolites ces deux colporteurs très noirs sans doute sénégalais tenant un portoir sur lequel sont accrochés des montres des lunettes, des bricoles, un bandana stars and stripes. Je ne suis pas assez rapide pour sortir l’appareil-photo, dommage …
Pour atteindre Cha da Igreja, le minibus gravit une pente incroyable, nous faisons silence, chauffera ou chauffera pas ? Bravo Toyota! le Hiace est monté sans encombre . J’en fais part à Gabriel qui dit que les Peugeot sont bonnes à Sal ou à Sao Vicente mais qu’elles n’auraient pas supporté l’ascension . Il me montre le thermomètre du compteur.
Dans la canne à sucre toute une troupe est occupée à construire une levada. J’ai oublié de parler des levadas que nous suivons dans le paysage depuis Ribeira Grande. Certaines sont suspendues sur des ponts très fins Elles ne ressemblent pas à celles de Madère : ce sont des rigoles d’une vingtaine de cm de largeur et de profondeur avec une fine bordure de ciment de chaque côté . pas de chemin qui les accompagne comme à Madère .Comment travaillent les levadeiros chargés de leur entretien ?
Après la campagne riante, nous traversons une ribeira, et arrivons au village de pêcheurs de Cruzinhas da Garça : un port minuscule abrité par un gros rocher, quelques barques à quai . le village est gris parpaing, noir basalte, très sale et très misérable. La mer envoie des paquets d’écume. Gabriel propose une promenade à pied. Distribution de crayons . Je descends seule au port . Sur le rocher humide grouillent des dizaines de tout petits crabes.
Nous repassons par Cha da Igreja, le soleil est déjà haut, la lumière moins belle.
Trappiche
Coculi : nous nous engageons dans une petite ribeira cultivée, nous visitons une trapiche. Un jeune commente la fabrication de l’Agua Ardente. La canne est écrasée entre des rouleaux (moteur électrique) le jus arrive dans des barriques stockées dans un appentis. . Pendant la fermentation, de grosse bulles soulèvent la surface. du liquide grisâtre .Elle dure plusieurs semaines puis on distille dans alambic primitif. Un four alimenté par des paquets de feuilles de canne chauffe une sorte de chaudron (un bidon métallique) le refroidissement s’accomplit le long d’une gouttière creusée dans du bois où coule l’eau . Au bout d’un vulgaire tuyau en plastique noir (comme les tuyaux d ‘irrigation) on récupère l’agua ardente. Comment échapper à la dégustation et à l’achat ? le plus simplement du monde : j’explique qu’il est beaucoup trop tôt pour boire et que l’alcool à jeun nous assommerait par cette chaleur (je mime) . je renifle la grogue :cela sent très bon . Ils n’insiste pas du tout. De toute façon la grogue est dans de grosses barriques, si nous avions voulu en acheter il aurait fallu apporter notre propre bouteille.
Ribeira Grande : bananeraies
Gabriel nous conduit jusqu’au dernier village au bout de la route, croisant des enfants qui sortent de l’école portant leurs cahiers, les objets confectionnés pendant l’année, cartons, tableaux de nouilles ou de coquillages, boutures dans des pots de conserves. C’est le jour des vacances, ils lancent des vivats qui doivent dire que l’école est finie.
Dominique essaie de photographier une petite fille portant une belle bouture sur sa tête, ses copines sont jalouses et se placent devant elle. On a bien du mal à les disposer pour que la « vedette » soit visible.
Nous descendons la piste à pied .Gabriel nous attend plus bas avec ses copains de la distillerie. Nous déjeunons sous un manguier, à nos pieds une petite levada . Des gamins nous importunent ‘ »money « la grande sœur ou la mère les éloigne. Spectacle inattendu : un âne s’est échappé, descend la piste au grand galop poursuivi par un gamin pieds nus.
Sur le gué cimenté, plein de bouteilles de bière cassées, le Hiace se retrouve avec un pneu crevé. Heureusement Ribeira Grande est toute proche . Gabriel porte le pneu au garage et nous en profitons pour aller changer de l’argent à la banque.
Le ciel s’est couvert, il fait tout gris .
Dernière expédition : la petite Ribeira de Torre qui aboutit à la Ribeira Grande encore plus verdoyante que les autres . Des bananeraies se pressent sur ses flancs . dans son creux, coule de l’eau qui arrose des ignames . les arbres à pain sont encore plus majestueux, je crois reconnaître un avocatier. Fin de la ballade sous un tout petit pic, une aiguille volcanique ( ?) comme un obélisque
Notre lampe de chevet est inénarrable : sur un socle de laiton, la lampe est en porcelaine, un bouquet de fleurs en plastique orange sert d’abat jour . Pas d’interrupteur, quand on tape faiblement sur le socle, la lampe s’éclaire faiblement, au deuxième coup, elle s’éclaire bien, au troisième coup tout s’éteint. D’où provient cette merveille ?
Un très beau titre m’a attiré ainsi que la couverture vieux rose, comme un sépia encore défraîchi, Istanbul et la Corne d’Or?
André Tubeuf, musicologue que j’avais entendu sur France Musique, (clic vers le podcast ICI) raconte son enfance en Orient. Né à Smyrne en 1930, il a suivi son père ingénieur dans ses affectations en Orient, sur les bords de la Mer Noire, à Alep et à Beyrouth avant de partir eétudier Paris à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C’est une évocation de cette Méditerranée orientale, et un roman d’apprentissage de cet enfant français d’Orient qui se cherche et « s’incorpore » dans son école des Jésuites de Beyrouth…
La première partie « TROIE »raconte Smyrne. Lecture délicieuse. Evocation merveilleuse de la lumière dorée, des senteurs d’abricots et de raisins, de la douceur des baignades de la première enfance. Smyrne-Troie a brûlé lors de la Catastrophe en 1922, Smyrne-Troie-Atlanta d‘Autant en emporte le vent, incendie terrible et spectaculaire que l’enfant n’a pas vécu mais dont le souvenir plane, souvenir homérique, Pergame proche.
LA COTE PERDUE : Sur les bords de la mer Noire, l’enfant grandit libre entre son jardin sauvage et les baignades, ses chats, ses frères et quelques camarades. Il n’y a pas d’école pour enfermer les petits. Une religieuse lui apprend à chanter en latin, puis est expulsée par les autorités d’Atatürk. Un frère des écoles chrétiennes improvise un semblant de classe avant que, en 1939, le déménagement ne soit inévitable pour les expatriés français.
Ce n’est pas en France où ils n’ont pas d’attaches – que les Tubeuf se réfugient, mais dans dans la Ville, Stamboul comme ils l’appellent, Istanbul. C’est là qu’ils se retrouvent en famille. A peine 9 ans, André est scolarisé en 6ème, chez les séminaristes. Le plus petit, et pourtant bon élève. Evocation poétique non pas des monuments ou des sites de la Ville. Plutôt des goûters dans les salons des dames stambouliotes…J’ai adoré ce récit de la vie levantine, cosmopolite, hospitalière.
Alep 1941, étrangement l’enfant se découvre français. La Syrie est sous mandat. Dans les années 40, règne une étrange guerre franco-française entre les loyalistes pétinistes et la France libre, gaullistes ou simples résidents d’Outre-mer qui ne dépendent pas de Vichy. J’ai découvert cet épisode que je ne connaissais pas. Nouvelle installation, nouvelle maison, nouvelle école et découverte du théâtre, de Corneille et Molière.
A Beyrouth la famille passe l’essentiel de la guerre. La scolarité de l’enfant se stabilise chez les Jésuites de USJ. Il a enfin des camarades, presque de son âge. Il « s’incorpore » dans les camps (presque des préparations militaires) que les Jésuites organisent pendant les vacances. L’enfant déraciné se cherche des semblables dans les enfants français d’expatriés.
Enfin le récit se termine par un pèlerinage « ITINERAIRE DE JERUSALEM A PARIS » . Les références cathos et claudéliennes n’ont pas trouvé d’écho chez moi comme les récits levantins . Pluriel, mosaïque de religions, ouvert et hospitalier, le Liban n’en est pas moins très confessionnel. L’enfant , qui parle turc dans la rue, et grec avec sa mère, me séduisait plus que l’apprenti-combattant des camps d’été. Mais il faut bien grandir….
Le vent s’est levé hier dans l’après midi et a soufflé toute la nuit. La mer sera-t- elle agitée pour la traversée ?En tout cas, je me lève tôt, ce n’est pas le jour d’être en retard. A 7h25, tout est prêt pour le départ, Elisabeth nous fait un petit déjeuner rapide, pas de café ni de Thé, pas de pain frais non plus, c’est trop tôt .A la place un croque monsieur au fromage, délicieux . Dominique est hantée depuis quinze jour par cette traversée – nous voulons être les premières pour choisir nos places, il faut donc arriver tôt ! Elisabeth nous emmène à bord de sa petite Suzuki.
Déjà 14 caddies chargés attendent devant le nôtre à la gare maritime, je me précipite et monte la première à bord du ferry .Nous nous installons à l’avant sur le pont du haut. Nous avons la surprise de retrouver Daniel, le jeune qui nous avait été confié à Orly, il nous a gentiment saluées.
Le bateau prend de travers les vagues avec de beaux creux. Des giclées d’embruns inondent le pont du bas. Nous fixons la mer et l’île de Santo Antao qui s’approche, sans un regard pour les autres passagers derrière nous. Les poissons volants sont au rendez- vous. La traversée dure une bonne heure . La croisière aurait été très agréable sans l’idée que les Capverdiens ont le mal de mer. Je n’ai rien remarqué jusqu’au moment de descendre.
Santo Antao : carte
Sur le bateau les « adjudants » des aluguers recrutent des passagers. L’un d’eux prétend nous avoir déjà vu dans l’avion et propose de nous prendre jusqu’à Punta do Sol pour 350$.A la descente du bateau à Porto Novo, un autre se présente comme le représentant de Fatima et baisse le prix jusqu’à 300$ . Nous le suivons avec une famille française avec deux petites filles.
Le trajet est spectaculaire : la route s’élève très rapidement dans un désert de pierres . Près de la crête, une surprise : une vraie forêt de grands pins, des cyprès, des eucalyptus magnifiques et d’autres essences. Cette verdure est insolite et réjouissante. Arrêt à Cova pour le cratère de l’ancien volcan, cirque profond cultivé de petits champs et de jardins. La route de Corda emprunte une arête rocheuse avec des précipices des deux côtés de la route étroite,. Impressionnant surtout d’imaginer comment elle a été construite et pavée à la main. On n’ose pas se demander ce qui se passerait si une voiture surgissait en face. Le chauffeur klaxonne à chaque tournant. Le klaxon suffit à déclencher une chute de pierres et le Hiace se trouve caillassé . Heureusement les valises , sacs à dos et ballots divers sur la galerie amortissent les chocs.
Route de corda
Comme le minibus est plein de touristes il y a des arrêts photo.
Entre Cova et Ribeira Grande, la montagne est entaillée de ribeiras et sculptée de terrasses. les maisons sont accrochées sur ces pentes abruptes.
Après ce voyage époustouflant, le minibus traverse un village fantôme et s’arrête devant une bâtisse jaune derrière un camping car rouillé immatriculé en France. On nous débarque dans un couloir sombre . Une femme allongée sur un canapé se lève et nous montre notre chambre et la salle de bain de l’autre côté du couloir ? L’accueil est minimal . parle-t-elle mal français ? Peut-être dérangeons nous ?
La chambre est décevante : la fenêtre, perchée tout en haut, a vue sur le camping car . C’est propre et correct, mais nous séjournons six nuits. De retour de promenade, allons nous rester enfermées dans cette cellule ? Dominique déprime sérieusement . Nous avons été mal habituées : balcon à Santa Maria, courette rua Banana, terrasse sur mer à Tarrafal, chambres magnifiques à Sao Felipe et Mindelo. On nous avait prévenues que le confort serait rudimentaire mais on ne s’attendait pas à cela.
Je n’ai qu’une hâte , sortir et explorer le village .
Punto do Sol
La mer est à 20 m.
Malheureusement, c’est dimanche, le village est vide sous la chaleur de midi. Nous croisons un couple de touristes blonds arrivés par le même bateau qui ont l’air aussi perdus que nous. La moitiés des mercerias sont fermées aujourd’hui. Nous visitons celles qui sont sur notre chemin (il y en a beaucoup), toutes sur le même modèle, quelques conserves, du thon, de l’huile, jamais de pain . Après avoir visité trois boutiques nous avons rassemblé les ingrédients pour un déjeuner acceptable : des bananes, yaourts, de la mimolette et des biscuits secs, genre choco BN sans le chocolat.
La place, au centre, est plus pimpante : la Poste est neuve, un beau bâtiment administratif peint en jaune, un petit snack moderne à l’enseigne Coca Cola et surtout un beau jardin public ombragé de palmiers de toutes sortes, tamariniers, cocotiers, fleuri d’hibiscus et d’arbustes colorés, crotons coléus et d’autres. Nous nous installons sur un banc à l’ombre, les frondes des palmiers claquent dans le vent. C’est un endroit très agréable pour un pique-nique.
Quand nous retournons chez Fatima, nous sommes ragaillardies, le Mercalm et le voyage nous avaient complètement abruties. Dominique aimerait changer de chambre pour avoir au moins de la vue. Ce n’est pas possible. Fatima nous annonce que nous pourrons utiliser la terrasse, mais elle ne peut pas nous la montrer maintenant pour des raisons mystérieuses ( c’est la sieste, elle n’a pas envie de monter les deux étages).
Après la sieste nous sommes d’attaque pour une promenade en direction de Fontainhas sur la route ( !) chemin côtier en balcon au dessus de l’océan.
Nous avons des projets, demain nous prendrons une voiture avec chauffeur, après demain randonnée à pied, ensuite nous louerons une voiture … L’optimisme est revenu.
La carte Téléfacil fait encore parler d’elle. Sans avoir jamais appelé en France voilà qu’elle est déjà vide ! 1500$ sont partis à Sao Felipe en un seul coup de fil sur le portable de Bettinho . Dominique ne peut pas appeler ses parents de la cabine. Fatima connaît Téléfacil, après dîner nous appellerons du bar.
La salle à manger est remplie et nous demandons à dîner chez nous dans la chambre. Le poisson est cuisiné avec des carottes, des choux des tomates des poivrons avec comme d’habitude du riz. C’est trop copieux comme d’habitude. Nous n’arrivons pas à identifier le poisson. Cela fait du bien de trouver des légumes ! Je félicite Fatima pour les carottes.
LE POUVOIR AU FEMININ – MARIE -THERESE D’AUTRICHE – 1717 -1780 L’impératrice -reine
Du Siècle des Lumières, j’ai toujours eu un éclairage très franco-français, Louis XV, Louis XVI, la Révolution, Bonaparte….pour ce qui est du pouvoir politique. Voltaire, Diderot, Rousseau, les Encyclopédistes…. peut être Casanova? Evidemment j’ai entendu parler des souverains célèbres comme Frédéric II, la Grande Catherine, mais toujours en rapport avec Voltaire, despotes éclairés.
Un coup de projecteur sur Vienne, plus que nécessaire, donne une vue plus centrée sur l’Empire Austro-Hongrois, et l’émergence de la Prusse. Les Guerres de Succession d’Autriche (1740-1748) et la Guerre de Sept ans (1756-1763) sont apparues en filigranes à de nombreuses occasions sans que je n’y comprenne rien. Voilà un ouvrage qui répare ces lacunes ! Enfin, j’arrive à situer la Silésie annexée par la Prusse alors que la jeune Marie Thérèse venait d’accéder au pouvoir – la Reine nue – et dont la reconquête par l’Autriche a été le motif de ces deux guerres. Je comprends mieux aussi le fonctionnement du Saint Empire Romain-Germanique et les manœuvres des elections de l’Empereur.
Le livre d‘Elisabeth Badinter est un livre d’histoire détaillé. Les notes en bas de page, les référence dans les correspondances d’époque, la liste des sources et la bibliographie en annexe, témoignent du sérieux de l’ouvrage. Il est très loin des romans historiques aux détails croustillants, aux fêtes en costumes, aux aménagements de Schönbrunn. Si vous comptez suivre l’enfance de Marie Antoinette, ses tenues, son éducation vous serez déçu! Peu de frivolité, de la politique, de la diplomatie! J’ai eu du mal à me repérer dans les premiers chapitres du roman parmi les nombreux personnages de la famille de Habsbourg. A l’avènement de Marie Thérèse au pouvoir, je me suis attachée à sa personnalité.
Elisabeth Badinter est une historienne féministe. Elle analyse le Pouvoir au Féminin de cette souveraine exceptionnellequi sut concilier son métier de reine et ses maternités. Elle mit au monde 16 enfants et ne négligea pas leur éducation. Reine amoureuse de son mari François-Etienne, duc de Lorraine, dont elle partagea la couche jusqu’au décès de ce dernier (ce qui n’était pas l’usage dans les cours de l’époque). Elle était enceinte pratiquement tout le temps, redoutant plus les accouchements que les périls de la guerre. Marie-Thérèse mit à profit sa féminité. Séductrice dans sa jeunesse, on ne pouvait rien lui refuser quand elle se présentait en larmes près de perdre Prague et la Bohème. Mère de son peuple, elle était aimée tandis que François-Etienne était méprisé. Solidarité féminine? Elle acquit de solides réseaux dans les cours auprès des femmes.
Tableau de la vie quotidienne :maternités, mortalité infantile et fièvres puerpérales. Petite véroles. Un tableau clinique de la santé au 18ème siècle. Les cours ne sont pas épargnées.
Journée lessive, avant de découvrir une autre île, il faut remettre de l’ordre dans nos affaires. C’est agréable d’utiliser un bac à linge même si on économise l’eau.
Nous visitons au Centre Culturel une très jolie exposition de Luisa Queiros, surtout des acryliques (avec jus de citron ! !) et des collages . Ce que j’avais lu sur cette artiste dans Notes Atlantiques « femme noire, fils blanc, femme blanche, fils noir » me l’avait rendu très sympathique .Je ne suis pas déçue par son œuvre sauf que j’aurais aimé voir ce tableau qui ne figure pas dans cette exposition.
En revanche l’atelier de Tchalê et la Maison de Manuel Figueira sont fermés . Dommage ! j’avais beaucoup aimé le tableau aux Alizés à Santa Maria . Quant à Manuel Figueira, ce que j’ai vu au marché au poisson ne m’a pas vraiment enthousiasmé, j’aurais aimé en voir plus.
Tour au marché aux vêtements africain : les petites échoppes en ciment sont décorées d’azulejos très portugais, légendés en Anglais rappelant le temps où Mindelo ravitaillait la flotte anglaise .. Les « rues » sont attribuées aux pays africains. Au centre deux placette et des kiosques, des bancs, de l’ombre. les Capverdiens ont l’art d’aménager des placettes..
Nous trouvons un jeu d’Awélé pour 1800$, c’est beaucoup moins que ce que demandait le Sénégalais de Sao Felipe, mais la boîte est moins bien sculptée. Nous faisons toutes les boutiques d’art africain avant d’en acheter un, gros et lourd pour 2000$ mais avec une sculpture originale .C’est assez curieux, il n’y a vraiment rien pour les touristes, ni cartes postales, ni souvenirs . Tous les marchands de souvenirs sont sénégalais . Les batiks sont parfois fort beaux et me tentent, les vêtements en batiks sont assez quelconques.
A midi, belle baignade avec le masque. Dominique reste à l’ombre d’un acacia sans se mouiller.
Le soir nous répartissons les affaires que nous emmenons à Santo Antao et celles que nous laisserons ici dans la valise.
Vers 6h, peinture sur le port.
Dîner de Cuscus : tranche de semoule qu’on mange chaude avec du beurre de fromage de chèvre et de la mélasse.
Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt les récits et les écrits des grands voyageurs. Mais les exploratrices me passionnent encore plus. J’attendais avec impatience l’exposition du Musée Guimet qui vient tout juste de commencer. Il ne s’agit pas d’une grande exposition mais seulement dans la Rotonde du 2ème étage (décor prestigieux avec cariatides).
Alexandra David Néel (1868-1969) féministe, anarchiste, exploratrice, écrivains et « dame-lama » trouve toute sa place au Musée Guimet puisque c’est à la suite de la visite de ce musée après sa création en 1889 qu’elle découvre le bouddhisme. En 1891 Emile Guimard organisa des cérémonies bouddhiques au Musée et Alexandra David Néel adopta le bouddhisme en 1892.
A cette époque elle se consacrait au chant lyrique. De belles photos et sa tenue de cantatrice datent de la décade 1890-1900.
L’exposition se compose surtout de photos de ses deux grands voyages en Asie de 1911 à 1925. Son voyage à lhassa (1923-1924) en hiver est le plus aventureux, à 56ans elle effectue ce voyage clandestin dans une région interdite aux étrangers et non cartographiée, 2000km à pied et souvent de nuit se faisant passer pour une tibétaine. . Dans des vitrines on voit aussi ses petits carnets et des lettres rédigées avec une impeccable calligraphie.
Elle légua au Musée 8 panneaux peints de toute beauté, des objets. On voit aussi des objets provenant de Digne-les Bains où elle passa ses dernières années entre autre deux masques effrayants et une belle statue à tête de lionne.
En 1959 Marie Madeleine Peyronnet entre à son service. Elle a contribué à l’élaboration de deux bandes dessinées retraçant ses aventures par Fred Campoy et Mathieu Blanchot ed Grand Angle. Je ne suis pas très fan de BD et je n’ai pas beaucoup aimé leur graphisme.
En revanche je garde un souvenir ébloui de L’Inde où j’ai vécu que j’ai lu il y a quelques temps en rentrant des voyage au Rajasthan.
La route de Sao Pedro, route de l’aéroport, asphaltée, aucun intérêt, traverse une zone industrielle embryonnaire, puis, en ligne droite un territoire plat, grisâtre plantée des acacias du reboisement. La plage, en revanche, est magnifique, sable blanc, mer turquoise, écume éblouissante du rouleau, obstacle impressionnant, interdisant toute baignade. A l’arrière de cette barre, la mer est d’un bleu profond lisse. Selon les guides, des tourbillons traîtres la rendent particulièrement dangereuse. La règle du jeu est ne se baigner que si les cap-verdiens se baignent et surtout pas seules. Aujourd’hui, la plage est déserte.
les maisons colorées de San Pedro
C’est un plaisir inouï que de marcher pieds nus sur le sable mouillé, se laisser lécher les orteils par la vague. Dominique m’attend au village à l’extrémité de la plage. Là, quatre ou cinq barques reposent sur le sable. Sur une banquette rocheuse, des maisons pittoresques : l’une d’elles est particulièrement curieuse, ressemble à un visage avec deux yeux et le nez avec ses fenêtres carrées cerclées de vert. J’entreprends de peindre les barques et le village. Bien entendu, les fillettes de sept ou huit ans accourent avec des garçonnets et m’entourent. Comme ceux de Cidade Velha ou ceux de Tarrafal, ils sont très sensibles aux ressemblances, peu leur importe que ce soit beau ou laid, ce qui leur plaît c’est qu’on identifie les barques et les maisons. Pour cela, ils me dictent les numéros des barques me donnent le nom des propriétaires des maisons.
Au bout de la piste : la plage de Flamingos
Pour arriver à la plage Flamingos juste derrière le promontoire, il faut retourner presque jusqu’à Mindelo et emprunter la piste sableuse au pied des éoliennes modernes. Le sable clair poussé par le vent du nord forme de toutes petites dunes qui se détachent sur la roche ocre, marron et rouge nous rappelant le Sud Marocain. Nous avons confiance dans notre 4×4 et ne craignons pas de nous enliser (aventure récurrente dans nos voyages) . Ce sable est sujet d’étonnement : d’où provient il ? Sa position au nord est de l’île me suggère une origine saharienne, peut être est il marin ? j’aimerais bien résoudre cette énigme .
La plage de Flamingos
Cette piste aventureuse n’est pas très longue (6kmx2) mais très amusante. On s’imagine perdues quelque part dans le Hoggar ou dans le Sahara, l’immensité en moins. De temps en temps, un arbre très vert se détache. Comment fait-il pour être si vert ? Sans doute le lit de la ribeira contient de l’eau. Le vent lui modèle la silhouette. Arrivées à la plage, encore du sable blanc et des vagues. Le retour est aussi beau, quoique moins aventureux, puisque nous connaissons le chemin.
Pendant que je peignais, Dominique a trouvé dans le Petit Futé une plage dont le guide dit le plus grand bien. Sur la route de Lazaretto, après la zone industrielle, nous tombons au beau milieu de manœuvres militaires. Les soldats s’exercent avec des mitrailleuses lourdes sur des chariots tirés à bras. Le plus étrange est qu’ils laissent passer notre voiture en plein milieu de leur exercice . Je n’ose quand même pas prendre des photos. Moro Branco n’est vraiment pas l’endroit sympathique décrit dans le guide, accès difficile à l’eau et environnement industriel, chantier et terrain militaire. usines
Retour vers midi au residencial , je vais seule à la plage faire une rapide mais rafraîchissante baignade.
Au fond le petit village de Salamansas
Nous retournons l’après midi à Baia das Gatas, la belle piscine naturelle. L’eau est plus agitée qu’hier, plus trouble aussi. Je nage longtemps, pour les photos sous marines c’est un peu loupé. En fin d’après midi, nous remontons au Monte Verde . sous la lumière du soir, tout semble différent . la montagne a perdu ses couleurs roses et rouges, elle est marron et beige. La baie de Mindelo brille d’un éclat métallique, les crêtes sont bleutées et noyées dans la brume . On ne voit plus les autres îles noyées dans la brume. Au sommet du Monte Verde, une nappe de brouillard très dense nous engloutit, il ne reste plus qu’à redescendre.
plages de Sao Vicente
J’aime beaucoup nos « révisions » : du haut du Monte Verde nous avons pu revoir tous les lieux visités : la belle plage de Calhau et ses rangs de vagues blanches, ses triangles de sable blanc sur le basalte noir, Baia da Gatas et l’eau turquoise enserrée dans les rochers, les cratères érodés et les cônes de Calhau … Nous pourrons rendre la voiture sans regret.