Tarrafalsemble être au bout du monde,. Ville sans queue ni tête, une promenade le long du port, une rue large bordée d’acacias perpendiculairement à la mer allant jusqu’à de la mer à l’église. Ailleurs, les maisons sont construites n’importe comment sans former des rues bien définies. Procession interminable des enfants qui portent des bidons et des seaux allant aux fontaines publiques.
Nous cherchons une plage vers le nord. Marchons environ deux kilomètres pour arriver sur une magnifique plage déserte de sable noir réputé guérir les problèmes articulaires. Un seul rouleau, véritable mur liquide vert, lisse, s’enroule avant de venir se fracasser, très impressionnant d’autant plus que le reflux est très fort. Je me cramponne en enfonçant mes pieds dans le sable mouillé pour ne pas perdre l’équilibre. Quand la vague se retire, l’eau m’arrive tout juste au dessus des chevilles . C’est très agréable de sentir ce sable mou sous mes pieds.
Le rouleau
En ouvrant la porte sur le couloir pour faire un courant d’air et avec l’aide du ventilo, il fait presque frais . La veille nous avions été surprises par la chaleur pour la première fois au Cap Vert
Jeux d’enfants sur la plage
Surf de bidons
La plage de Tarrafal, ce matin, était vide. Elle nous avait paru sale et triste. A quatre heures de l’après midi elle est remplie de gamins qui ont bricolé des planches de surf très ingénieusement : une dizaine de bidons rectangulaires vides dans un sac de maïs en plastique, une ficelle et deux bâtons forment un flotteur rigide . De belles vagues déferlent avec une belle écume blanche sur laquelle ils se laissent glisser. Les vagues sont moins puissantes et je suis en confiance avec tous les enfants. Je m’amuse beaucoup à sauter dans les vagues. Sur le sable, le spectacle est partout : les surfers, les petits avec ou sans slip noirs se roulent dans le sable noir . Certains jouent au cerceau avec des jantes de roues de vélo. L’un d’eux est très rigolo avec son slip qui lui tombe aux genoux, tout couvert de sable, et sa bouille effrontée. Vers six heures les adultes arrivent, des jeux de volley s’organisent. A un moment tous les occupants de la plage convergent vers une bagarre, on sépare les combattants.
l’enfant au ceerceau
Nous rentrons pour nous installer sur la terrasse en compagnie du chien Orféo attendre que le soleil se couche sur les îlots. Au dernier moment la boule jaune avant de virer au rose disparaît dans la brume . L habitants ont la promenade sur la route qui longe la mer. Les bateaux rentrent au port, les pêcheurs sur leurs petites barques . Des filles font une partie de foot.
Une centaine de voyageurs emerge à Cergy le Haut au terminus de la ligne du RER A, dont une bonne dizaine d’habitants de Cergy désireux de nous faire partager leur expérience…
Ce qui reste de Mirapolis
Notre premier étape sera Mirapolis ou ce qu’il reste du parc d’attraction qui n’a fonctionné que 4 ans (1987-1991) détrôné par Disney, mais dont la tête du Gargantua est restée encore sur place après la fermeture du parc. Quelques éléphants décorent encore les grilles de la friche.La nature retrouve ses droits et la végétation conquièrent l’espace bétonné.
Les voies rapides, l’autoroute A15 et les lignes à haute tension encerclent la ville nouvelle de Cergy aussi bien que les remparts des villes médiévales. Une zone labourée par les pneus de gros engins et des plaques de plastique concassées témoignent d’un camp nomade détruit. Au delà : la campagne du Vexin. Les agriculteurs ont fait de la résistance pour que la ville nouvelle ne s’étende plus, un peu plus loin commence le Parc Régional du Vexin.
Nous retournons vers Cergy par des quartiers construits mais aérés de larges routes plantées et même d’une belle coulée verte qu’on n’empruntera pas à mon grand regret. On passe devant la mosquée qui a un vrai minaret (pas comme à Créteil où un pignon symbolique le remplace). Les rues ont des noms d’oiseaux aquatiques, hérons ou chevalier-gambette. On a fait des efforts pour varier les constructions et éviter les barres et tours. Certaines résidences d’apparence assez modeste sont enfermées par des grilles qui barrent des allées avec digicodes- pas très convivial cet aspect sécuritaire!la promenade sous le soleil nus emmène à la gare de Saint Christophe (RER A) qui porte l’horloge emblématique (1985) .
Cergy le marché et le beffroi
En face, le marché occupe la rue qui passe sous le beffroi de briques aux curieuses avancées , dans l’axe la tour de Karavan. Marché de fringues exclusivement dans cette rue amis avec une densité et une coloration africaine. Si mon porte-monnaie n’avait pas été dans mon sac à dos je me serais laissé tenter par un foulard à 2€, pas par les soutien-gorge fluos ni par les guêpières criardes rouge , il y a même d’authentiques robes africaines en wax multicolores. Une dame portant chapeau est tellement élégante que je lui demande la permission de tirer son portrait, « volontiers mais pas sur Internet! » accepte-t-elle.
Souk à Versaille? Dakar cheze bofill?
Sans transition nous arrivons de Dakar à Versailles – ou plutôt sur la place monumentale de Bofill – demi-cercle de bâtiments blancs avec frontons néoclassiques et colonnes – moins spectaculaires que les Palais d’Abraxas de Noisy-le-Grand mais aussi voué au logement. Ce qui frappe, après l’animation du marché, c’est le vide de la place. La pelouse très verte, interdite. Pas d’enfants pour jouer ni d’adolescents pour tenir les murs. Le vide. les seuls êtres animés sont les voyageurs métropolitains qui se sont donné rendez-vous après 20 minutes de flânerie (et d’achats) dans le marché.
Bofill et Karavan
La colonne de Karavan se reflète fractionnée dans les miroirs des fenêtres, penchée de 1.5° rappelant la Tour de Pise(ce n’est pas spectaculaire) . Cette Tour-Belvédère est la première station de l‘Axe Majeur qui en comporte 12 et qui a été construit en plus de 30 ans. Nous parcourons l’axe en passant par le verger des Impressionnistes ou 295 pommiers en espaliers rappellent les tableaux de Camille Pissaro. Nous traversons l’Esplanade de terre battue, vide et immense pour parvenir aux 12 colonnes cylindriques. La vue sur la Défense, le Mont Valérien, et la forêt de Montmorency forme un panorama magnifique. Le Jardin des Droits de l’Homme dédié à Mendès-France fut inauguré par le Président Mitterrand. en 1990. Il domine le bassin, une passerelle surmontée d’arceaux carrés rouges continue l’axe majeur. L’île et la pyramide sont aussi des stations de l’Axe majeur. Le rayon Laser est émis de la tour.
L’Axe Majeur : l’étang, la pyramide et la passerelle
Nous pique-niquons sur la plateforme ronde de l‘Amphithéâtre. Le triporteur de Saveurs des quartiers apporte les desserts et le café. Le soleil brille, la journée est printanière. Les péniches croisent sur l’Oise.
les douze colonnes et la vue sur la Deféense
Nous traversons les prairies herbues qui longent l’étang rond et arrivons presque à la base nautique. Un pont traverse la rivière. on aborde le quartier du Port Cergy qui est une marina touristique actuellement arrivée saturation, un agrandissement est planifié. Terrasses de restaurants sur les quais sous le soleil, on se croirait en bord de mer. Les facades sont avenantes colorées de pastel, fausse Normandie….air de vacances.
L’Oise : Port- Cergy
Changement d »ambiance : un authentique village avec uneéglise ancienne Saint Christophe(1130-1140). Le porche Renaissance est tout à fait étonnant, il s’ouvre sur la cour : l’extension Renaissance a été interrompue pendant les Guerres de Religion et l’église commencée est restée inachevée.
Saint Christophe : porche Renaissance
Nous retrouvons un peu plus loin la ville nouvelle avec des bâtiments universitaires : une Ecole de chimie et plus loin l’Essec. Cergy est une ville universitaire. Nous traversons ensuite un quartier de briques, immeubles de taille raisonnable et maisons mitoyennes avec jardinet, en duplex rappelant de loin les corons. La variété des styles et des matériaux rend la balade plus amusante.
la Prefecture (1977)avec sa structure de pyramide inversée à la base est précédée par un parc très agréable et animé par cette belle journée de familles qui flânent. A l’arrière on découvre des bâtiments administratifs, une médiathèque verte , un parvis on arrive au Centre Commercial des 3 Fontaines (1973) qui est la première étape de la ville nouvelle. A proximité se trouve encore une gare du RER A. Les animateurs de la Randonnée proposent de monter sur les toits. Espérant une belle vue, je les suis avec enthousiasme. Nous traversons les allées commerçantes du Centre commercial. Il n’y a pas de voyage métropolitain sans Centre commercial. sans doute est-ce la constante de l’urbanisme contemporain. On peut imaginer une échelle de prospérité : luxe à Parly2, dégradé puis fermé aux Flannades de Sarcelles, ici 3 Fontaines, c’est rénové, actif mais sans prétention. C’est notre dernière étape à Cergy.
Cergy 3 Fontaine : tour des Jeunes mariés
Après avoir passé un quartier administratif : Tribunal de Commerce, gendarmerie, très ennuyeux; et un chantier sur une ancienne caserne où on construit du logement social peu intéressant, nous arrivons à Pontoise.
Pontoise, c’est une tout autre histoire! On franchit la Via romaine – la chaussée Jules César- qui relie Lutèce à Rouen, encore visible sur des photos aérienne dans le Vexin. Evidemment il ne faut pas s’attendre à voir les grosses dalles ni les bornes miliaires, mais cela me fait toujours rêver.
Au détour d’une petite rue, on découvre une curieuse tour ronde qui abritait un puits: la Fontaine d’amour avec sa légende des amants maudits. Encore du rêve. Décidément je dois vieillir et les villes anciennes m’attirent davantage que les constructions contemporaines. On n’aura pas le temps de visiter les grandes églises anciennes de Pontoise mais on remarque les portes de bois du Carmel : « sonner et attendre » encore un couvent! Je remarque les petites boutiques même si elles sont plutôt occupées par des kebabs, des agences immobilières ou d’intérim que par du petit commerce.
J’ai plaisir à me tordre les pieds sur les rues étroites pavées qui conduisent bien raide au belvédère du Musée de Pontoise. Photo de l’Oise et de ses ponts! Un coup d’oeil au jardin des simples, en fin de journée je fatigue.
Pontoise : un pont sur l’ Oise
Tellement que je quitte le groupe pour trouver la gare. Malheureusement à la Gare de Pontoise, il n’y a pas de RER A tous les 20 minutes comme à Cergy mais la ligne C qui tortille, et les H et J qui vont respectivement à la Gare du Nord ou à Saint Lazare. Calvaire des trains de banlieue : les retards! Je passe du quai 13 au quai 17 pour revenir au 13 puis au 14, les hauts-parleurs annoncent ordres et contre-ordres, pannes d’alimentation, train retardé….je renonce à la correspondance à Saint Denis avec le RER D qui est souvent erratique pour rentrer par la Gare du Nord et le métro après plus de 2 heures.
Le dimanche, Mindélo est endormie. Nous allons prendre en photo les azulejos du marché africain. Baignade très agréable : pas de vagues. Le ciel est couvert, il fait frais. Après une omelette-salade, en attendant le taxi dans le jardinet de Che Guevara, je passe le temps en faisant de la couture.
A l’aéroport, il nous faut encore attendre deux heures.
Le vol est très agréable. Nous survolons Mindelo, les nuages nous cachent l’île déserte de Santa Luzia et les deux îlots mais ils se dispersent à l’arrivée à Sao Nicolau. Géologie en vue aérienne : des canyons entaillent la montagne. Je devine les accumulations d’alluvions de rivières disparues, érosion du temps où il pleuvait sur le Cap Vert, volcanisme lisible, coulées, prismes de basalte, pics déchiquetés.
Pas de transport collectif pour nous, un taxi pour 2000$. Nous n’avons pas choisi le chauffeur le plus gracieux. Il conduit à toute allure, téléphone en roulant. Nous sommes pressées d’arriver avant la nuit et ne profitons pas du paysage comme il le faudrait. Il y a très peu de verdure. On doit attendre la pluie, les champs beaucoup plus grands qu’à Santo Antao sont prêts pour de nouvelles cultures. Les fermes sont isolées, très peu de parpaing. Les maisons sont jolies, allongées avec des toits en pente, des jardinets et souvent de très beaux paysages.
Les dragonniers sont bien là. Je les attendais, j’en avais déjà vu un au dessus de Passage.
Avant Tarrafal, nous retournons dans le désert de pierre. Le soleil se couche entre deux pitons. C’est notre premier coucher de soleil depuis que nous sommes au Cap Vert.
Le taxi nous dépose au pied d’une bâtisse fermée chez Aquinino. Rien n’indique que nous sommes dans un hôtel. Notre chambre à l’étage est très vaste. Elle a une belle vue sur la mer. L’installation est très simple : un cabinet de toilette-douche dans la chambre des murs blancs sans décoration, deux grands lits, un cosy, une table de jardin en plastique. Seul élément de décoration : des fleurs artificielles. Beau ventilateur au plafond. Aquinino parle très bien anglais.
Nous partons de nuit explorer le village et trouvons des yaourts à la boutique Shell. Quatre femmes en noir nous souhaitent bonne nuit. Elles se présentent et ont envie d’engager la conversation et veulent savoir si nous sommes des sœurs (c’est une question qui revient souvent).
Un hakawati est un raconteur de légendes, de mythes, de fables (hekayât). Un conteur d’histoires, un amuseur, quelque’un qui gagne sa pitance en charmant l’auditoire. Comme le mt « hekayeh » (histoire, fable, nouvelle) « hakawati » vient du libanais « haki » qui signifie « discussion » , « conversation ». Ce qui suggère qu’en libanais le simple fait de parler consiste déjà à raconter une histoire »
Ce gros livre (572 p) raconte plusieurs histoires qui s’emboîtent comme les contes des mille et unes nuits. Histoires vraies (ou arrangées) d’une famille libanaise. Saga familiale sur plus d’un siècle, commençant à Urfa (près d’Edesse)au temps de l’empire ottoman, puis dans la montagne druze, se déroulant à Beyrouth sur plusieurs générations, racontée par Osama, fils revenu de Los Angeles au chevet de son père mourant. Le récit est entrecoupé d’autres histoires : la légende de Baybar,( 1223-1277 ) mamelouk, racontée autrefois par le Grand-père d’Osama, le hakawati, et un conte fantastique mettant en scène des sorcières, des djinns, des tapis volants, des perroquets aux noms de prophètes,.
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Bien entendu, en plus des fils des trois histoires qui se dévident, se tressent, s’emmêlent, d’autres contes viennent se greffer, parce qu’il y a toujours matière à conter….on saute d’une époque à l’autre sans transition…
Rabih Alameddine raconte le Liban dans sa complexité, de la domination ottomane, le mandat français, les guerres civiles, mosaïque de peuples.La famille a aussi des origines très mélangées, arméniennes, druze, maronite, albanaise, anglaise. A l’hôpital les tantes fêtent l’Aid et la famille se réunit pour Noël, grande tolérance religieuse…Il nous fait aussi découvrir les curieuses façons des colombophiles.
Une lecture au long cours très dépaysante qui fait voyager dans le temps et l’espace….
Après Cova, nous quittons la forêt et retrouvons le désert, les cônes éruptifs, les acacias au feuillage, si léger qu’on ne les voit que quand le Hiace s’approche. Travail titanesque de terrassement pour une végétation invisible !
Nous sommes en avance au bateau
Au bateau : pas de touristes, déménagement des miséreux : vieilles chaises, bidons en plastique, cartons scotchés, bassines plastiques… Pas de vent, la mer est lisse et pourtant la houle fait des vagues que le bateau aborde de côté. Nous avons retrouvé la meilleure place à l’avant sur le pont.
Mindelo Palais du peuple
Nous retrouvons nos habitudes à Che Guevara
Elisabeth nous redonne notre belle chambre avec les poutres qui soulignent la tourelle, les baies vitrées donnant sur deux orientations pour faire courant d’air, le lustre aux pendeloques de verre et la vaste salle de bain. Je vais me baigner puis nous déjeunons d’une salade et d’une omelette. Nous faisons une sieste prolongée avant une nouvelle baignade bien rafraîchissante.
La maison de Cesaria Evora
Promenade à la fraîche en ville
Nous nous promenons à la fraîche dans Mindelo animée seulement par les cortèges de voitures klaxonnant pour deux mariages. Le soir tombe, le port est illuminé, on tire deux fusées rouges.
Quand nous retournons à l’hôtel, tout est fermé. Les propriétaires sont invités à un mariage. Pas de dîner, nous nous contentons de yaourts.
« ...vous venez d’écrire un roman policier d’un genre nouveau, le polar marrant pour ne pas dire déconnant!… »
Un polar marocain? (c’est dans le rayon polar que je l’ai trouvé) Et bien non!
C’est un livre léger, drôle, qui raconte comment un écrivain de polars à succès – Brahim Orourke – marié à une écossaise et revenu depuis peu au pays se prépare à accueillir et reçoit ses beaux-parents à El-Jadida.
Confrontation des cultures! Un regard amusé sur un Maroc quotidien, loin du folklore pour touristes. Aimable divertissement!
A 7h30, l’aluguer de Porto Novo nous emmène à Cova pour 500$.
Cette route mérite à elle seule le voyage : nous roulons sur les crêtes au dessus d’une mer de nuages. J’avais un peu oublié la route de l’aller ou plutôt, j’avais tout télescopé : le cratère, le chemin de crête… Dans mon souvenir tout était situé dans le même coin et nous aurions pu marcher ensemble sur la route de crêtes après avoir fait le tour du cratère, erreur ! Une dizaine de kilomètres séparent les deux sites. Le cratère est beaucoup plus près de Porto Novo, dans une belle forêt de pins, cyprès, tamaris et eucalyptus.
A la descente du HIACE , une douzaine d’ânes gris clair et blanc, très petits et très poilus, passent portant des bidons. Deux enfants galopent pour rejoindre la troupe. Cavalcade sympathique. Nous descendons dans le cratère pour en faire le tour. Mais ce n’est pas une balade occupant toute une journée.
Nous partageons le pique-nique et nous séparons. Je ferai la descente mythique seule et Dominique me rejoindra à Passagem en aluguer.
J’escalade le rebord du cratère sur un mauvais sentier (il en existe un meilleur mais je ne l’ai vu qu’après). Pierres blanches, poussière claire. A mi-pente, je me retourne pour regarder les champs de maïs formant une mosaïque, on dirait la piste d’un cirque, les ânes galopent ; deux cavaliers à cheval semblent sur un hippodrome.
Au petit col, sur le rebord de la crête, je découvre le fameux sentier aux 77 virages. Le panorama est magnifique mais je n’ai aucune impression de vertige : un parapet en bon état protège le chemin muletier pavé. Si j’avais mes chaussures de randonnée j’aurais pu dévaler la pente, avec mes tennis je sens chaque pavé. Il n’y a aucun danger. Les gens ont exagéré la difficulté sans doute pour magnifier leur exploit. La est balade merveilleuse. Le sentier épouse tellement la paroi qu’on ne le voit même plus quand on se retourne.
Je compte les tournants : au 19ème, trois jolies vaches rousses paissent sur une petite terrasse. 50ème, de magnifiques champs de choux bleutés bien pommés et une levada ruisselante. Au 60ème, un jeune homme habillé de blanc, cheveux longs bouclés, se présente : « je suis Laurino, ma profession, agriculteur, voici la maison de mon père« . Il me montre fièrement les terrasses. Deux tournants plus tard une petite fille m’offre un bouquet de fleurs rouges et jaunes ressemblant à des giroflées géantes, puis un petit garçon, des capucines. J’apprécie à leur juste valeur les présents, les fleurs sont un véritable trésor dans cet archipel désertique. Après avoir descendu la muraille minérale, je suis dans un jardin fleuri. Les caféiers sont aussi en pleine floraison : bouquets blancs sur des arbustes plus hauts que moi aux feuilles sombres et brillantes. A la première maison, on me propose de l’eau de source fraîche « qui sort de la montagne » dans une bouteille décapsulée. Ce n’est pas gratuit 120$ (en ville le tarif des restaurants est seulement de 100$). Comme je n’ai pas de monnaie, c’est 150$. je n’ose pas la boire pensant m’en débarrasser dès que je verrai la première merceria.
Un petit garçon me conduit chez Sandro qui attend les touristes devant sa porte et me fait monter au premier étage de sa maison rose. Il a envie de bavarder et n’insiste pas pour me vendre les souvenirs qu’il confectionne lui même : des allumettes collées sur des bouteilles qu’il ponce et vernit ensuite et remplit de grogue. C’est très laid. Les napperons brodés de sa copine capverdienne ne valent pas mieux, maladroits, j’en aurais fait autant… Sandro est français, de Hyères. Il me questionne sur notre périple au Cap Vert.
15
J’ai mis une petite heure pour rejoindre le premier village (après les 77 tournants). Il reste 8 km pour arriver à la ville de Paul. Sandro m’assure que j’y serai avant Dominique. Je trouve rapidement le village au dessus de Passagem où nous nous étions arrêtées avant hier. Je reconnais le manguier où les enfants jouaient à l’awélé. Au manguier suivant, une petite fille m’offre des mangues que j’achète 20$. Elle est ravie. Je m’installe sur le muret où nous nous étions arrêtées pour manger les fruits mais le parapet est en pente, une mangue roule, la petite fille accourt m’en donner une autre et les enfants me tiennent compagnie.
Au moment de reprendre la route, je m’aperçois que je n’ai plus mes lunettes. Je remonte le chemin en courant. Peut-être les ai-je laissées chez Sandro ? Les enfants les ont peut-être ramassées. Je suis toute rouge et essoufflée de la remontée quand je trouve Dominique dans un vieux pick up. Nous essayons de retourner chez Sandro. C’est loin. Au village, j’ai l’idée d’appeler Sandro qui m’a laissé sa carte avec son numéro de téléphone. Nous demandons où il est possible de trouver un appareil. Le téléphone se trouve dans une curieuse maison ronde dont les murs sont en bouteilles de bière et le toit en paille. Le propriétaire, blond, européen, anglophone, a toute les commodités modernes : téléphone et ordinateur.
Nous reprenons le chemin connu et déjeunons sous un bel arbre à pain repéré la première fois. Un pick up s’arrête. On nous propose de nous emmener à Ponta do Sol mais nous voulons nous arrêter à Ribeira Grande pour passer à TACV et remplacer les lunettes de soleil perdues.
Un Hiace transporte des passagers. C’est la poissonnerie ambulante. Nous voyageons à l’arrière avec un carton plein de merlans séchés, des bassines de mangues ainsi qu’une balance. A chaque hameau, le chauffeur klaxonne, des enfants échangent les mangues contre du poisson séché, une femme vient avec un saladier vide qu’on lui remplit pour 50$. C’est très sympa, deux garçons assis avec nous croquent dans les mangues, nous nous arrêtons dans tous les villages. Nous sommes ravies de ce nouveau mode de transport. A Paul, un autre passager monte, souliers cirés, belles fringues. Il propose de parler à Sandro de mes lunettes et de me les faire parvenir.
Sur la corniche, Dominique veut prendre en photo en souvenir de ce voyage sympathique. Je trouve tout de suite des lunettes noires au marché africain pour 500$ mais même avec une pile neuve ma montre ne fonctionne plus. Le vendeur reprend sa pile et ne fait rien payer. Le bureau de TACV est fermé, tout le personnel est à Ponta do Solpour l’atterrissage du seul avion de la semaine. Dommage, nous avons raté cet événement !
Dominique aujourd’hui a prix six aluguers différents et a confirmé le vol ce matin.
Il fait lourd et humide à Ponta do Sol, ailleurs il faisait beau. Pour me rafraîchir je retourne me baigner avec les enfants sur le port. Je suis la seule blanche.
Pour dîner Fatima nous sert un magnifique garupa, beau poisson rouge à chair délicieuse.
Hisham Matar rentre en Libye en mars 2012 à la recherche de son père Jallaba Mataropposant au régime de Khadafi enlevé en Egypte en 1990 dont il n’a aucune nouvelle depuis 1996. Mis au secret. Abattu en 1996 en même temps que 1270 prisonniers de la prison d’Abou Salim? Malgré une campagne médiatique internationale avec le soutien de personnalités même Desmond Tutu, jusqu’à la Chambre des Lords exigeant des explications sur sa disparition. Même après la chute du dictateur, Hisham n’obtiendra pas les preuves qu’il cherche.
Ce récit très intime, quête du père.10
Il retrace l’histoire récente de la Libye, de la colonisation italienne à la dictature de Khadafi pour se terminer aux Printemps arabes de 2011. Il évoque sa famille, la figure du grand père , héros de la lutte contre les Italiens, ses oncles, ses cousins. Les plus jeunes furent des combattants du printemps 2011. la figure de la mère est aussi héroïque. On pénètre dans l’intimité d’une famille libyenne, dans la maison de famille.
Un récit de l‘exil. Hisham Matar a passé plus d’une trentaine d’années en Egypte, en Angleterre, même au Kenya. Citoyen britannique. professeur de littérature, il vit à cheval sur les deux cultures .
Nous avions prévu de monter au cratère mais les nuages cachent les sommets. La « petite mousson » se prépare. Drôle de mousson qui ne donne qu’un fin crachin pendant quelques minutes. Juste suffisante pour humidifier l’air, pas assez pour laver la poussière. Rien à voir avec celle d’Asie !
L’aluguer nous emmène à Ribeira Grande. Le chauffeur prétend qu’on ne trouvera rien pour Xoxoet fait le taxi privé pour 700$ (c’est archi-faux, on verra des aluguers toute la journée).
Nous descendons au pied de l’aiguille volcanique fine et verticale comme une tour : est-ce elle qui donne le nom à la ribeira ? Nous sommes venues ici avec Gabriel mais j’avais bien envie de me promener dans cette vallée exceptionnellement arrosée : le chemin est même inondé.
Miracle de l’eau dans ces îles arides. Dans les flaques, des gyrins tournoient à grande vitesse, auto-tamponneuses brillantes aquatiques qui filent. De grosses libellules rouges volettent. Dans les nombreuses citernes cimentées s’ébattent des grenouilles bruyamment. Le chemin pavé monte jusqu’à un hameau perché puis continue dans les bananeraies jusqu’à un autre, sans fin. Au fur à mesure qu’on monte, les bananes laissent la place à la canne. Sur les petites terrasses, on a planté du manioc avec les cannes. Puis apparaissent les haricots-congos qui forment ici de très gros arbustes presque des arbres. Le manguier donne une belle ombre pour se reposer.
Rencontre sympathique : un jeune homme m’adresse la parole en français : » je m’appelle Pierre, Pedro, et vous ?« . Son compagnon, sourd muet, me tend une mangue toute astiquée que je refuse. J’ai laissé le porte monnaie à Dominique. Pedro a envie de me raconter sa vie : sa mère demeure en haut dans un village, invisible dans la montagne. Son père est décédé trois mois auparavant. Il monte couper la canne et entretenir les culture de sa mère : « mon patron m’a donné des petits jours pour aider ma mère« . Il fait à pied les 19 km qui séparent Cova où il vit avec ses cinq enfants. Je lui aurais donné 20 ans. Je lui souhaite bon courage. On se serre la main. Il est tout content d’avoir bavardé en chemin. J’emporte avec moi son histoire triste et émouvante.
Nous repassons devant la piscine. Des grenouilles qui flottent le ventre en l’air, crevées. Cela me paraît bizarre. En regardant mieux, je découvre qu’elles sont accouplées. Le mâle beaucoup plus petit est cramponné sur le dos de la femelle énorme et gonflée sous le poids du mâle. Ils chavirent tous les deux. Je ramasse un caillou et leur jette. Ils esquissent des mouvements de brasse maladroite sur le côté. Ils sont donc bien vivants. Mais une nuée de têtards attaque un cadavre déjà à moitié décomposé. L’accouplement les épuise-t-il au point de les faire mourir ? Dans le ruisseau les pontes forment de minces rubans d’œufs alignés en guirlandes.
Nous nous installons sur un mur cimenté à l’ombre, je peins les sommets pointus au loin, les villages perchés, les terrasses, au premier plan, les grosses feuilles des bananiers et des ignames. En face, une cascade, de temps en temps on libère un bouchon de terre dans une levada, l’eau ruisselle sur une terrasse. Des fougères délicates poussent sur les murs. Dominique descend un peu plus bas devant une jolie trapiche entre de gros rochers. Exceptionnellement, cela sent bon la mélasse. Je suis déçue par la peinture et m’applique au dessin.
Arrêt dans les bananiers au bord d’un ruisselet puis pique-nique en haut d’une murette sous un arbre à pain. Il fait bon.
Le retour est un peu long le long de la route au fond du lit de la rivière crevée de carrières de graviers. Les pick-up et les Hiace soulèvent de la poussière. Nous rencontrons un vieil homme portant une sorte de corde tressée. Nous avions remarqué au marché de telles cordes suspendues avec les saucissons. Je lui demande ce que c’est : du tabac.
Tout à coup, nous entendons parler français, une Capverdienne d’Aulnay sous bois et ses deux filles nous rejoignent. La mère est très bavarde, fière de son village et de son île. Les deux adolescentes ressemblent à nos pires élèves : déplaisantes, râleuses. Le chemin est trop long ; visiblement elles n’apprécient pas la promenade à pied.
Après la douche, lessive à la Capverdienne : dans des bassines avec la planche de bois et le savon bleu. L’eau sale est récupérée dans une autre bassine. On n’a pas le droit de la jeter. Sert-elle pour d’autres usages ? En tout cas, nuitamment et illégalement, elle est balancée dans la rue.
arbre à pain et son fruit
Nous nous reposons, allongées sur le lit. Dominique se lève brusquement et fonce à la fenêtre. Il manque une de ses vieilles Addidas Nastase, introuvables ! Crevées, grisâtres et puantes (garées sur le rebord de la fenêtre pour éviter d’être asphyxiées). Qui a pu voler une seule chaussure ? Et surtout celle là ! Je file à la cuisine exposer le problème à Fatima. Signe de croix, elle sort illico et raconte à qui veut l’entendre l’histoire de la godasse disparue.
Tout le monde est sur le pas de la porte, Fatima, ses bonnes, les jeunes qui réparent une mobilette, les menuisiers qui travaillent de l’autre côté de la rue… Fatima hèle les enfants qui traînent. Nous regardons sous le camping-car poussiéreux et rouillé qui est le domaine réservé d’une chatte noire maigre et hargneuse. Pas de chaussure. Dominique exhibe la deuxième tennis, minable.
C’est une blague, tout le monde en convient. Les enfants cherchent. Dominique en envoie un grimper sur le toit du mobilhome. Puis, idée géniale : nous offrons une récompense à qui la rapportera.
C’est un jeune menuisier qui a l’idée de regarder sous l’essieu du camper. Je sors un paquet de chewing gum qu’il partage avec les enfants. Maigre récompense, nous nous ravisons et lui offrons un fanta au bar.
Happy end. Nous en rigolons rétrospectivement des heures après, regrettant de ne pas avoir pris la photo de la vieille godasse, du vieux camping car et de tout le quartier sur le pied de guerre.
Nous profitons du premier aluguer qui emporte les touristes au ferry pour aller à Ribeira Grande(50$) où un autre HIACE nous conduit à Paul (50$) en suivant la corniche. Nous devenons expertes en taxis collectifs. Au passage, nous traversons Synagoga, vilain village de parpaing, qui n’a que son nom d’attrayant. Sur une pointe se trouvent les ruines de ce qui a été une synagogue puis une léproserie, rien à visiter.
Paul est un gros bourg le long d’une plage où déferlent des vagues impressionnantes, une poste, un dispensaire, une promenade aménagée sur le bord de l’océan.
Dans la ribeira règne une grande activité : on extrait des galets et du sable du lit de la rivière, à sec. On tamise sur place sur de la tôle percée à la main placée sur des chevalets. Des hommes transportent de grosses pierres à bras. Il semble que la moitié des hommes en activité sont des maçons !
La route pavée quitte le lit de la rivière pour s’élever vers de jolis villages avec des maisons soignées et bien crépies.
chaumières
De part et d’autre de la route, on remarque de nombreuses chaumières très jolies sous des cocotiers et des arbres à pain. Les étables pour des petites vaches noires et blanches, les abris pour les chèvres et les cochons sont coiffés de paille. Près des maisons, des installations pour la distillation de la grogue sont repérables aux grands tas de feuilles de cannes séchées et à la fumée qui s’échappe de l’alambic.
Les cultures sont florissantes dans cette vallée, la canne pousse drue et très haute. Des hommes la récoltent à la main avec des machettes. Ils travaillent en groupe, alignent les cannes débarrassées de leurs feuilles et font des sortes de fagots que les femmes transportent sur leurs têtes. Les enfants, en vacances, circulent un tronçon de canne à la main, mâchonnent et crachent.
Agave
La route pavée monte vers Passagem. Nous faisons des haltes fréquentes sous les manguiers et les arbres à pain qui sont de grands arbres dispensant une ombre épaisse et fraîche. Sur les bords de la route, canalisée dans les levadas, suintant des roches, en piscines dans des citernes rectangulaires, en flaque dans le lit du ruisseau, partout comme un miracle, la présence de l’eau. Ce sont les ignames avec leur beau feuillage vert vif qui sont les plus gourmands. Les bananiers paraissent plus vigoureux qu’ailleurs. Les régimes sont de belle taille, ce qui n’empêche pas les femmes de grimper allègrement la côte, un régime en équilibre sur le petit coussin porté sur leur foulard. Elles se prêtent simplement à la photo. Notre étonnement les fait rigoler, cela leur paraît si naturel de porter de 35 à 50 kg, pieds nus sur les sentiers grimpant vers leurs maisons.
Dans le fond de la vallée, autre occupation : la lessive. Des draps, couvertures serviettes ou vêtements sont étendus directement par terre sur les galets ou les graviers.
Etranges fruits
Les sujets de photo ne manquent pas : fleurs de cactées ou de frangipanier, fruits, maisons couvertes de chaume, sans compter les petites filles qui réclament « photo, photo ». Un hameau aux chaumières basses dispersées parmi de gros rochers nous paraît spécialement joli. Nous y pénétrons et les habitants doivent retenir leurs chiens.
Une petite fille offre des mangues. J’en prends 4 et lui donne 40$. Elle n’avait rien demandé. C’est la saison de la cueillette des mangues, les enfants ramassent celles qui sont tombées, mais elles sont cueillies avec des petits sacs pour éviter qu’elles ne s’abîment. Pas d’échelles. Un homme et son fils grimpent dans un immense manguier. Nous ne les aurions pas remarqués si le jeune ne nous avait appelé « bonjour !« . On cherche celui qui nous interpelle. Il est très haut dans le manguier et saute de branches en branches aussi lestement que les macaques de Tarrafal.
Au loin, sur les terrasses, les hommes binent la terre avec des binettes à très court manche.
Les pick-up montent et descendent, chargeant des sacs de mangues, les fagots de canne. Le poisson est aussi vendu sur la route ? Tandis que je dessine et que Dominique observe la cueillette des mangues, nous voyons passer une assiette de maquereaux.
Cette route est très animée, à côté de ceux qui travaillent aux champs, de celles qui portent ou qui lavent, il y a aussi une pléiade d’enfants qui vont, viennent, nous rendent visite, sont assis sur le parapet. Certains jouent à l’awélé, d’autres aux cartes, deux au baby foot.
Une vieille femme nous tient compagnie tandis que je peins. Attend t-elle l’aluguer ? Elle lui fait signe mais ne monte pas. Surveille t-elle la cueillette des mangues ? Elle parle toute seule, peut-être récite t-elle des prières ?
A Passagem, le jardin tropical est décevant, la piscine est vide. Avec ses bougainvillées, il n’est pas plus fleuri que les maisons aux alentours… Nous nous rapprochons de la muraille rocheuse haute de plus de 1000 m. Le paysage devient plus austère, les terrasses de canne moins fournies, les arbres plus dispersés. Nous redescendons tranquillement, le ciel se couvre. Quand nous pique-niquons quelques gouttes tombent. Le pique-nique est écrasé, les bananes sont en purée peu ragoûtante, Dominique renonce à son sandwich. Le ciel est maintenant tout gris, peut-être allons-nous avoir de la vraie pluie ?
Nous trouvons tout de suite un aluguer direct pour Ponta do Sol à Paul(100$). Deux femmes très pittoresques montent à Ribeira Grande. Elles balancent sur la galerie leurs cuvettes en plastique contenant des carottes, puis bavardent très fort. Elles descendent en même temps que nous sur la place de Ponta do Sol. L’une d’elle nous parle en français. Elle l’a appris à Paris Saint-Germain : « très chic, très cher« . Elle est vêtue d’une minijupe vert brillant d’un T-shirt de basket et d’un bandana aux couleurs américaines. Nous l’interrogeons. Elle peut porter jusqu’à 35 kg : « cela tient tout seul », puis elle s’éloigne en parlant toute seule. Nous la retrouvons chez Fatima chez qui elle livre ses carottes.
Les nuages sont très bas, la lumière est sinistre : grosse déprime.
Fatima nous fait dîner à 19h30 de poisson bouilli plein d’arêtes. Après le dîner, promenade nocturne. Tout le monde est dans la rue, surtout les enfants et les jeunes. La ville s’anime. Nous restons sur la belle place écoutons les frondes des palmiers qui claquent au vent.