Huckleberry Finn – Mark Twain

Pressée de découvrir James de Percival Everett (Pulitzer 2024), j’ai préféré commencer par Huckleberry Finn qui a inspiré Everett. Précédemment, j’ai lu On m’appelle Demon Copperhead (Pulitzer 2023)de Barbara Kingsolver sans avoir lu David Copperfield et j’avais regretté de ne pas avoir en tête le roman-source. Bizarre, cette attribution consécutive pour deux « réécritures » de classiques !

Comme pour tous les classiques du XIXème siècle, l’édition numérique est très bon marché mais elle est aussi aléatoire. Le fichier arrivé sur la liseuse traduit par WL Hughes, est une adaptation pour la jeunesse. J’aurais préféré l’œuvre intégrale. En revanche, elle est très joliment illustré avec des gravures anciennes. Il aurait été préférable de lire en VO le texte original puisque la langue de M. Twain est( selon Wikipédia) fondatrice de la littérature  américaine.

Huck, le copain de Tom Sawyer est le narrateur. Au début du roman, il a une douzaine d’années. Les deux compères ont découvert un trésor. La part de Huck est en dépôt chez l’avocat en attendant sa majorité. Huck est un sauvageon qui préfère dormir dans un tonneau et mener une vie libre. Miss Watson tente de lui inculquer une bonne éducation et de l’envoyer à l’école tandis que Tom Sawyer, grand lecteur de romans,  l’enrôle dans sa bande pour des aventures rocambolesques – jeux assez enfantins où on fait « comme si... » 

« Avec tout ça, dis-je à Tom, je n’ai pas vu un seul diamant. — Il y en avait des masses, répliqua-t-il, et des Arabes et des dromadaires aussi. — Pourquoi ne les avons-nous pas vus alors ? — Si tu avais lu les Aventures de Don Quichotte, tu saurais pourquoi. C’est la faute des enchanteurs. Les soldats, les mules et le reste étaient là ; mais les magiciens ont transformé la caravane en école du dimanche, par pure méchanceté. »

Ces aventures livresques ne m’ont pas passionnée.

L’histoire prend une tournure dramatique avec le retour du père  ivrogne et violent qui le bat et le séquestre, espérant mettre la main sur la fortune de son fils. Huck s’évade et se fait passer pour mort. Plein de ressources, il se cachera en pleine nature dans l’île en face de Pitsburg de cueillette, pêche et chasse. Il va rapidement découvrir un autre fugitif sur l’île : Jim, l’esclave de Miss Watson, qui veut le vendre à un planteur, le séparant de sa femme et sa fille. L’action se situe vers 1840, avant la Guerre de Sécession, dans le Missouri, état du Sud esclavagiste. Jim pense trouver la liberté dans un état du nord et racheter sa femme et sa fille. Les poursuites des habitants de Pittsburg devenant pressantes, les deux fuyards s’embarquent sur le Mississipi sur un radeau et un canoë. Ce périple sur le fleuve m’a embarquée littéralement : les dangers du fleuve, courants, brouillard, orages, épaves ou trains de bois, les péripéties n’ont pas manqué de me ravir. 

Au fil de l’eau Jim et Huck font des rencontres : deux aventuriers qui se présentent comme un Duc Anglais et même comme le dauphin Louis XVII. Ces personnages vivent d’expédients et de filouterie, ils entraînent Huck dans leurs supercheries et le lecteur tremble pour Huck parce que cela risque de très mal tourner. Huck est aussi entraîné dans une sorte de vendetta entre deux familles tandis que Jim est caché non loin de leur radeau.  Finalement après des méprises et un hasard extraordinaire, Huck arrive chez la tante et l’oncle de Tom Sawyer qui détiennent Jim dans un cachot en attendant que le planteur viennent récupérer son esclave. Contraste entre la gentillesse de ces gens et la cruauté vis à vis de Jim.

Tom Sawyer aidera à la libération de Jim. Il voudra donner un aspect « littéraire » à cette nouvelle aventure. J’ai trouvé assez pénible la tournure de cette libération avec corde à nœuds, araignées, tunnels, inutiles alors qu’il aurait été si facile d’ouvrir la porte maintenant Jim en captivité. 

Oui ; mais vous avez promis de ne pas me dénoncer. — Si l’on apprend que je t’ai gardé le secret, on me
traitera de canaille d’abolitionniste et on me montrera au doigt. N’importe, j’ai promis, je tiendrai… —
Vous vous êtes sauvé aussi, massa Huck. — Oh ! ce n’est pas la même chose ; je n’appartiens à personne ;
on ne m’a pas acheté.

Au fil de leur navigation, Huck prend conscience de la condition d’esclave de son ami. Au début, il a des remords de ne pas renvoyer Jim à sa propriétaire, Miss Watson qui est aussi sa bienfaitrice. Les abolitionnistes sont des canailles très mal considérés dans le Missouri. Les deux fugitifs tissent une relation d’amitié. A plusieurs reprises Huck va sauver Jim.

puis, je songeai à moi. On saurait que Huck Finn avait aidé un nègre à prendre la clef des champs, et si,
un jour ou l’autre, je regagnais ma ville natale, je n’oserais plus regarder les gens en face. Tom Sawyer lui même refuserait de me serrer la main. Plus j’y songeais, plus ma conscience m’adressait des reproches et
plus je me sentais coupable. D’un autre côté, je pensai à ce long voyage durant lequel Jim avait si souvent
tenu le gouvernail à ma place plutôt que de me réveiller. Je le voyais sautant de joie le matin où nous
avions failli nous perdre dans le brouillard.

Anti-esclavagiste, Huck? Il le devient progressivement mais les très, très nombreuses assertions racistes témoignent des mentalités du Sud

Je vis que ce serait perdre mon temps que de vouloir discuter avec Jim. On ne peut pas apprendre à un
nègre à raisonner.

Et ce n’est pas gagné, Huck veut sauver son ami. Il reste prisonnier des préjugés et il s’étonne même de la bienveillance de Tom Sawyer.

Voilà un garçon bien élevé, ayant une réputation à perdre, dont la famille avait toujours manifesté un
profond mépris pour les abolitionnistes et qui n’hésitait pas à se couvrir de honte, lui et les siens, en
protégeant un nègre évadé ! Non, je n’y comprenais rien. Moi, c’était différent. Jim était mon ami,

En tout cas, si on veut supprimer le n-word et récrire Huckleberry Finn, il y a du boulot!

Et maintenant la suite à venir dans James!

Toutes les époques sont dégueulasses – Laure Murat

A la suite de la lecture de Demon Copperhead, Je lis je blogue m’a signalé que le Masque et la Plume  l’avait cité à propos de James de Everett. CLIC

Comme la lecture en miroir de David Copperfield/Demon Copperhead m’a intéressée, j’ai conçu le projet de renouveler l’expérience avec Huckleberry Finn/James. Avant de me lancer dans l’aventure, j’ai fait le détour par l’essai Toutes les époques sont dégueulasses de Laure Murat dont le thème est justement la récriture/réécriture dans le cadre de la Cancel Culture. 

Laure Murat,  s’est intéressée à James Bond, Miss Marple, Tintin, ainsi qu’aux ouvrages de  Road Dahl(que je ne connais pas).Ces œuvres  posent de graves problèmes de racisme, sexisme et colonialisme et ont fait l’objet de récriture.  Elle a également cité Ourika (1823) de Claire de Duras.  Huckleburry Finn et James  sont plutôt un cas de récriture. Enfin, elle évoque l’appel fait aux sensitive writers par certains écrivains pour une écriture politiquement correcte. 

En préambule intéressons nous à ces deux concepts : réécriture et récriture

 le verbe réécrire (ou le substantif réécriture) pour désigner l’action qui consiste à réinventer, à partir d’un
texte existant, une forme et une vision nouvelles – comme l’a fait, par exemple, Racine en écrivant La
Thébaïde, Iphigénie, Andromaque ou Phèdre à partir d’Euripide.

récrire (ou le substantif récriture) pour désigner tout ce qui a trait au remaniement d’un texte à une fin
de mise aux normes (typographiques, morales, etc.) sans intention esthétique.

Réécrire ou Récrire procèdent de deux démarches très différentes. 

réécriture relève de l’art et de l’acte créateur, la récriture de la correction et de l’altération.

La Réécriture est acte de création, on s’inspire d’une œuvre connue du public pour en écrire une nouvelle, originale. Le plus souvent, l’auteur situe l’action dans une autre époque, un autre contexte politique. Le lecteur qui a déjà des références culturelles appréciera, ou non. Personne n’ira reprocher à Joyce d’avoir utilisé Ulysse. 

La Récriture, en revanche, est la correction de l’œuvre originale sans forcément l’assentiment de l’auteur. On débarrasse le texte des mots choquants principalement les n-words ou les remarques racistes, antisémites, grossophobes et autres. Ces corrections sont aléatoires et très approximatives. Pourquoi ne pas blesser les Noirs et blesser les  Coréens? Remplacer un patronyme juif par un autre (qui se trouve juif aussi) dans Tintin. La correction sera toujours imparfaite à moins de vider le texte de toute saveur et de tout sens. Laure Murat démontre que le but de la récriture est commercial :

C’est exclusivement pour conserver leur valeur lucrative que les éditeurs ont procédé à ces nettoyages
approximatifs, avant que les héros canoniques comme Miss Marple ou James Bond, notoirement racistes
et sexistes, ne deviennent complètement ringards.

L’effacement du texte original est aussi dangereux.

Car éliminer ce qui gêne aujourd’hui au motif que cela nous offense, c’est priver les opprimés de l’
histoire de leur oppression. Faites de James Bond un féministe ou seulement un homme respectueux
des femmes, et dans cinquante ans, on ne comprendra plus rien à l’histoire de la misogynie ordinaire
dans les années cinquante. 

Refus de l’appropriation culturelle et relecture par les sensitive writers, censure de la cancel culture ne sont qu’un volet de la censure qui règne aux Etats Unis d’aujourd’hui. La Censure officielle qui enlève des bibliothèques scolaires des milliers d’ouvrages. Celle qui supprime les travaux comme els études de Genre ou de Diversité est beaucoup plus perverse. 

Je ne vais pas copier/coller le texte de Laure Murat plus longtemps.

Lisez-le! Il est court et percutant. Et si le titre vous choque c’est à Artaud qu’elle le doit.

L’Affaire de la rue Transnonain – Jérôme Chantreau

On ne tue pas le peuple dans son lit

« 4 au 14 avril 1834, des émeutes ont ensanglanté le pays. Le premier foyer s’est allumé chez les ouvriers
lyonnais. C’est la deuxième fois en trois ans que les canuts se révoltent, »

Le règne de Louis Philippe ne s’est pas déroulé tranquillement. J’avais retenu les Jours de Juillet 1830, qui avait mis fin au règne de Charles X, et plus tard à la Révolution de 1848. L’Affaire de la Rue Transnonain met en lumière des évènements moins bien connus. 

Depuis quarante huit heures de l’Hôtel de Ville jusqu’au Temple, les insurgés ont érigé plus de six mille barricades […]Mais au moment où l’on pense que la paix est revenue, un coup de feu est tiré, un simple coup de feu. Et les hommes du 35e de ligne pénètrent au numéro 12 de la rue Transnonain.

La Rue Transnonain n’existe plus actuellement, confondue avec la Rue Beaubourg élargie au cours des modernisations de Paris. Une seule plaque  rappelle son existence

numéro 62 de la rue Beaubourg, un immeuble cossu a remplacé le numéro 12 de la rue Transnonain. 

Joseph Lutz, policier de la brigade des Mœurs, ancien « chien de Vidocq« est chargé de l’enquête de l’Affaire de la rue Transnonain. Ainsi, commence le roman que je croyais roman policier. Le 14 avril, quand les policiers et le médecin légiste viennent constater le massacre. 

Il s’attendait à examiner les dépouilles d’insurgés, décidés à vivre libres ou à mourir. Pas une maisonnée de commerçants.

Douze victimes massacrés sauvagement, des bons bourgeois, des artisans, une femme,  un enfant, le fils de la concierge, un jeune homme dans son lit….Pourquoi les militaires se sont-ils acharnés sur les habitants de cet immeuble? Officiellement, un coup de feu a été tiré et un officier est décédé, la troupe se serait précipitée pour lui rendre justice.

Une enquête est ouverte, des témoins entendus, des militaires principalement, des voisins qui répètent tous la même histoire. Officiellement on tient le nom du tireur qui a tué le capitaine. Fin de l’histoire, en attendant un procès.

Tout serait rentré dans l’ordre si Ledru-Rollin, n’avait pas publié un mémoire affirmant que Transnonain est un crime d’Etat et que Daumier n’avait pas réalisé une lithographie représentant une famille entière gisante dans son sang. La Presse s’est emparée de l’Affaire qu’il s’agit maintenant de classer. 

Joseph Lutz n’est pas convaincu des résultats d’une enquête bâclée. La balistique contredit les hypothèses. Il est impossible que Louis Breffort, exécuté au 5ème étage, soit l’auteur du tir mortel. Les voisins n’ont pas été interrogés…un témoin-clé, Annette Vacher, la compagne de Louis a disparu…Le policier, malgré les consignes de sa hiérarchie, va mener ses investigations et chercher la jeune femme aux cheveux rouges dans les maisons closes. 

 je chercherais d’abord l’identité de celui qui a tiré le coup de feu. Il faut un certain cran, ou une bonne dose
de folie, pour ouvrir une fenêtre et tirer sur un officier, au milieu d’une émeute. — Nous ne vous
demandons pas de trouver les responsables, interrompt Gisquet. Nous les connaissons. Nous traînons
cette affaire depuis quatre mois, et le ministre de l’Intérieur veut une résolution rapide. Vous savez l’
essentiel. Une agression des insurgés,

Sur une intrigue assez mince, le romancier va construire un roman historique très documenté. Il va aussi évoquer de manière très fouillée des personnages  de fiction : Joseph Lutz et sa famille et Annette Vacher. Nous allons suivre ces héros pendant presque tout le siècle, des guerres napoléoniennes où Joseph a été blessé, à la Commune et même après. De Bayonne à Paris, pour Annette. Bien sûr, des figures historiques vont intervenir : Adolphe Thiers, ministre et le Général Bugeaud qui a déjà réprimé dans le sang la Révolte des Canuts. 

L’enquête conduit Joseph dans le Paris encore médiéval du Marais, mais aussi dans les carrières de Gypse de Montmartre, dans la zone, aux portes de Paris où arrivent les immigrants, auvergnats ou bretons….Estaminets et bordels, imprimeries et autres artisanats. la reconstitution est très vivante et pittoresque. Argot des bouchers…

Sans oublier les Saint- Simoniens et le procès qu’on intenta à Enfantin eainsi que les premières feuilles féministes œuvres de Saint Simoniennes

Une bibliographie en fin de volume peut être consultée.

Je m’attendais à un roman policier, je me suis laissée embarquée dans un roman historique puissant et très documenté.

La mare au diable – George Sand

Un court roman paysan ou une longue nouvelle? La Bonne dame de Nohant nous conte son Berry dans une jolie histoire toute simple : le mariage du fin Laboureur, Germain, avec la jeune Pastourelle. Germain, 28 ans, est veuf, père de 3 enfants, à qui il doit donner une « mère » . Mariage arrangé, mariage de raison. Mais quand il va visiter sa promise rien ne se passe comme prévu.

Je vous laisse découvrir l’histoire.

Résumée ainsi, l’œuvre semble simplette. Une bluette pour les collégiens?

Pas seulement, George Sand l’inclut entre un avant-propos au ton sérieux et un appendice ethnographique.

Pour la Mare au Diable en particulier, le fait que j’ai rapporté dans l’avant-propos, une gravure d’Holbein, qui m’avait frappé, une scène réelle que j’eus sous les yeux dans le même moment, au temps des semailles, voilà tout ce qui m’a poussé à écrire cette histoire modeste, placée au milieu des humbles paysages

Pas si simple : en introduction, George Sand attire il faut enfin que la mort ne soit plus ni le châtiment de la prospérité ni la du lecteur sur une gravure de Holbein, Les simulachres de la mort. Peinture de la dure condition des paysans avec la seule perspective de la mort. George Sand apporte son optimisme et ses convictions sociales. 

« nous voulons que la vie soit bonne, parce que nous voulons qu’elle soit féconde. Il faut que Lazare quitte
son fumier, afin que le pauvre ne se réjouisse plus de la mort du riche. Il faut que tous soient heureux, afin que le bonheur de quelques uns ne soit pas criminel et maudit de Dieu.[…] Il faut enfin que la mort ne soit plus ni le châtiment de la prospérité, ni la consolation de la détresse. « 

Elle est attentive à l’évolution politique (1846) et se soucie de la mission de l’art.

La conclusion du livre,  en appendice, est la relation des Noces de Campagne décrites avec la précision d’une ethnographe. George Sand raconte la tradition des Livrées où les réjouissances ont pour héros le chanvreur (broyeur de chanvre) qui défend la maison de la fiancée contre l’assaut mené par les camarades du marié avec à sa tête le fossoyeur. Joutes verbales et comédie bien réglée.  De pittoresques traditions président à l’échange des anneaux. Puis on revient au burlesque pour l’arrivée du Chou. Cavalcades, déguisements pendant trois jours  rappelant les Saturnales antiques. 

Cette description détaillée des noces m’a ravie!

 

Aimer Israël, soutenir la Palestine – Nir Avishai Cohen – trad. Bertrand Bloch – l’Harmattan

 APRES LE  7 OCTOBRE … 

Depuis le 7 Octobre, l’actualité s’impose avec des images très douloureuses. Grâce à Facebook, j’obtiens des documents, au jour le jour, sur la page de LA PAIX MAINTENANT, la Newsletter de +972,. Je guette les prises de parole des écrivains israéliens que je suis depuis longtemps. Après la stupeur, les voix ont mis du temps à se faire entendre : David Grossman et sa tribune dans La Repubblica, Dror Mishani, Au ras du sol. Les paroles prémonitoires d’Amos Oz.  Et récemment, de nombreux officiers. 

Aimer Israël, soutenir la Palestine est un court essai de 212 pages, écrit et publié à compte d’auteur en 2022, traduit récemment par Bertrand Bloch avec un addendum rédigé après le 7 Octobre.

En 12 chapitres, Nir Avishaï Cohen présente son soutien à la solution à deux états et une analyse très pointue de la situation politique en Israël. Cet essai est très agréable à lire parce qu’il se lit comme un roman. Nir Avishai Cohen se raconte depuis son enfance dans un moshav, puis son service militaire, ses périodes de réserve, et son engagement politique au sein du parti Meretz et dans « Breaking the silence » organisation d’anciens militaires témoignant de l’action des militaires dans les Territoires occupés. 

Bien qu’il ait été vilipendé, traité de traitre, même insulté de kapo, Nir Avishai Cohen se présente comme un patriote, un combattant, un officier de Tsahal qu’il ne renie jamais.

« Oui, c’est comme ça aujourd’hui dans de nombreux endroits en Israël: si vous ne faites pas partie du courant dominant, vous êtes automatiquement quelqu’un qui hait les Juifs et un ennemi de votre pays. »

Il raconte comment il a pris conscience des aspects négatifs de la colonisation au fil de son histoire personnelle et de ses faits d’armes. Jeune recrue, il n’a pas eu conscience tout de suite des conséquences de ses actions, au Liban d’abord puis dans les territoires :

« au plus profond de moi que les deux valeurs fondamentales dans lesquelles j’avais grandi, l’amour de la terre et l’amour de l’autre, étaient bafouées. Ces valeurs n’étaient pas prises en compte à Jénine en 2002. Mes actions militaires n’avaient rien à voir avec cet amour de la terre et mon respect de l’autre. »
Cette prise de conscience n’a pas été immédiate du fait du lavage de cerveau que tous subissent.
C’est un véritable lavage de cerveau orienté à droite, qui glorifie les colonies, et maintient ces jeunes dans une ignorance certaine. Moins ces garçons et ces filles en savent, plus le système peut introduire dans leur cerveau le mantra “Les Arabes sont mauvais et les Juifs sont bons”.
Ajouter à ceci qu’il n’est pas souhaitable de douter ou de discuter. Un militaire agit d’abord et réfléchit (peut-être) après….
Il découvre finalement un véritable apartheid. Son sens moral, et ses conviction démocratiques, ne sont pas les seuls arguments. Selon lui, défendre les colonies est aussi une très mauvaise stratégie pour la défense d’Israël :
de plus, les colonies nuisent à la sécurité du pays puisque leurs positions rendent impossible le tracé d’une frontière solide entre les Palestiniens et l’État d’Israël.
Les colonies constituent aussi un véritable obstacle, probablement le seul, à un traité de paix entre Israël et les Palestiniens
Le lecteur suit le cheminement de la pensée dans ces témoignages criants qui débouchent sur l’action militante. Une voix discordante porteuse d’optimisme quand même.
J’aime mon pays, mais je n’en suis pas fier. J’aspire à ce moment où je serai fier d’Israël, où je pourrai parcourir le monde et dire fièrement que je suis Israélien. Je crois que ce jour viendra; le bien finira par prévaloir.
d’avoir présenté cet ouvrage illustré d’une belle carte.

Lire David Copperfield – Charles Dickens après Demon Copperhead de Barbara Kingsolver

UN CLASSIQUE  DE LA LITTERATURE ANGLAISE 

Je viens de terminer On m’appelle Demon Copperhead de Barbara Kingsolver avec grand bonheur mais un certain regret : je n’avais pas lu David Copperfield . Le podcast de France culture : Barbara Kingsolver , écrivaine : » Je voulais parler de ce nulle part que sont les Appalaches » CLIC raconte que l’écrivaine a eu l’inspiration dans la maison de Charles Dickens qu’elle a visitée, elle s’est assise au bureau du célèbre écrivain …

Il était  urgent de télécharger David Copperfield .  On se rend toute suite compte de l’épaisseur d’un livre, d’un fichier numérique, non .  David Copperfield peut figurer dans le Pavé de l’été et même dans les Epais (+ de 700 pages) .11 jours de lecture et pourtant je suis immobilisée par une sciatique! Lecture au long cours. 

Je n’ai pas l’ambition de faire une critique de ce classique de la littérature anglaise. J’ai commencé cette lecture-miroir David Copperfield/Demon Copperhead comme un jeu, en cherchant les clins d’œil de Kingsolver à Dickens, jeu des ressemblances et des différences. Les deux héros  n’ont jamais connu leur père et perdent leur mère très jeunes, les deux tombent aux mains de beaux-pères violents et autoritaires, battus, ils le mordent puis sont placés dans des institutions cruelles : David en pension, et Demon en famille d’accueil. 

« prenez garde, il mord »

« je vous demande bien pardon, monsieur, je cherche le chien?

-Le chien! dit-il quel chien?

Non, Copperfield, dit-il gravement, ce n’est pas un chien. C’est un petit garçon. J’ai pour instruction,
Copperfield, de vous attacher cet écriteau derrière le dos. Je suis fâché d’avoir à commencer par là avec
vous, mais il le faut. »

Les deux histoires racontent le lamentable calvaire de ces enfants maltraités puis utilisés comme des esclaves, forcés de gagner leur vie très jeunes. Tous les deux y croiseront les personnages secondaires qui vont jouer un rôle dans chacun des romans Steerforth, fils de bonne famille, doué et insolent, Fast-Forward, le champion, qui seront les protecteurs des enfants mais aussi leur « mauvais ange », dans les deux livres Tommy ou Thomas Traddles seront des copains fidèles…Les secourables voisins de Demon seront la famille Peggot tandis que Peggotty, la fidèle servante leur a sûrement prêté les noms. Il y aura dans les deux livres une Emmy, amie d’enfance, qui tournera mal. Les analogies sont nombreuses et je ne les relèverai pas toute. Les deux jeunes vont s’enfuir, vivre des expériences éprouvantes avant de retrouver leur tante qui deviendra leur bienfaitrice…

Si Barbara Kingsolver a calqué le canevas initial du déroulement du roman d’apprentissage, elle a placé l’action dans un milieu bien précis dans les Appalaches du XXIème siècle, tandis que le roman victorien se situe à Londres, Douvres, Cantorbery dans l’Angleterre victorienne  de la Révolution Industrielle. Chacun de ces livres s’ancre dans cette réalité sociale ou dans la géographie spécifique. Les cours de justice, les offices notariaux londoniens nous renvoient plus à Balzac avec la satire des procédures, des actes calligraphiés, grouillots ou procureurs…

Ma « lecture-miroir » m’a fait anticiper les drames à venir. Moins surprise par les évènements, j’ai été plus attentive aux détails. Au milieu du livre, je me suis laissée embarquer par Dickens et j’ai complètement lâché le jeu des ressemblances pour me noyer dans le roman-fleuve avec les nombreux personnages qui vont évoluer dans le temps. David Copperfield, jeune adulte, par amour pour Dora va chercher son indépendance et découvre l’écriture. David Copperfield devenu écrivain est-il inspiré de Charles Dickens? 

J’ai été impressionnée par la richesse, l’abondance des personnages qui ne sont jamais secondaires, jamais ébauchés mais analysés finement, caractères, décors, langage. Leur personnalité évolue pendant les années. Certains resteront positifs tout au long du roman. Finalement David Copperfield a croisé des vrais méchants mais beaucoup de bonnes personnes. Certains sont ambivalents comme les Micawber dont le héros doit se méfier mais qui se révèlent bien meilleurs que je ne l’imaginais. Certains, énigmatiques, comme Dick. 

J’avais des idées préconçues sur la place des femmes dans la société Victorienne, j’ai  été étonnée par la variété de personnages féminins avec la femme-enfant Dora, bien agaçante pour la lectrice du XXI ème siècle, mais aussi les fortes personnalités de la tante Betsy, les mégères terrifiantes, les servantes débrouillardes et voleuses…. et bien sûr, la vierge déshonorée. 

Une lecture au long cours qui a su m’emporter!

Georges Mathieu – Geste Vitesse Mouvement – à la Monnaie de Paris

Exposition temporaire jusqu’au 7 septembre 2025

La bataille de Bouvine (250cmx600cm)

Mathieu est un plasticien familier par le Logo d’Antenne2, le revers de la pièce de 10F, les Affiches d’Air France, le trophée des 7 d’Or

Revers de la pièce de dix francs

C’est aussi le personnage mystérieux qui habitait Rue Léopold II dans un hôtel élégant devant lequel je passait en allant au Lycée Molière, dont nous guettions les apparitions et les voitures somptueuses.

 

 

Cette rétrospective à la Monnaie de Paris me semblait tout à fait à sa place mais je ne soupçonnais pas l’œuvre monumentale. Les trois énormes tableaux de 6 m de longueurs qui occupent la plus vaste salle : La Bataille de Bouvine, Les Capétiens partout, La victoire de Denain m’ont étonnée.

Capétiens partout

 Je n’imaginait pas une telle résurrection de la peinture d’histoire et surtout pas dans cette version abstraite  d‘Abstraction lyrique. Autre originalité : ces tableaux ont été peints en public, en un temps record, avec des mises en scènes spectaculaires. Pour la Bataille de Bouvine; Mathieu était costumé et a fait traverser Paris au tableau sur une carriole.

La victoire de Denain

Le happening a été filmé. On voit Mathieu sauter brandir de très longs pinceaux, comme des lances ou des épées et danser une étrange chorégraphie. Les thèmes m’interpellent comme cet Hommage à Louis XI.Un peu plus loin, une salle entière, L’Attrait du Grand siècle rend hommage au Maréchal Turenne, à Delalande à Vauban, et toute une composition présente Louis XIV  en majesté dans l’appartement de la Rue Léopold II

Louis XIV

Dans la salle intitulée Limbes les œuvres sont plus anciennes des années 40 montrent la proximité avec le dripping de Pollock et avec l’allemand Wols. Un voyage au Japon inspire des calligraphies presque orientales, beaucoup plus sobres noir et blanc avec parfois une touche de rouge. 

la Tour de Villebon

Frédéric Rossif a réalisé un portrait du peintre, lui donnant largement la parole pour qu’il explique sa création et sa théorie de l’abstraction lyrique. Il l’a filmé peignant un tableau : la technique est corporelle et très physique? Il commence à se frotter à la toile imprimant deux bandes colorées de son corps, puis il imprime de grands motifs tournant, sorte de calligraphie. Des gants de toilettes en guise de pinceaux XXL pour des tracés épais, des pinceaux de peintre en bâtiment puis des pinceaux plus fins montés sur de longues tiges. il saute, recule, avance. Enfin il écrase des tubes de couleur (acrylique ou gouache) pour donner du relief. Ecrase, recommence, frotte…C’est une gestuelle surprenante. Improvise-t-il ou a-t-il un plan préconçu? 

La Libération d’Orleans par Jeanne d’Arc, presque figurative

Je suis perplexe : impressionnée par ces oeuvres puissantes Impressionnée mais pas franchement convaincue. D’abord je n’ai aucune empathie pour le personnage imbu de lui-même. Presque à l’égal de Dali.  C’est peu dire! Le génie en moins. C’est aussi répétitif. Décoratif mais répétitif. De plus, l’exaltation des batailles médiévales, du faste des rois, n’est en rien ma tasse de thé. Par tradition, ou par provocation, Mathieu s’affirme royaliste. je fais fonctionner à fond mes convictions anti sectaires, et ouvre mon esprit. Cela ne fonctionne pas avec moi!

En revanche, l’exposition Street Art où 4 plasticiens actuels ont peint les cimaises présentant des oeuvres de plus petites tailles de Mathieu, fonctionne bien.

Histoire d’un Ruisseau – Elisée Reclus

 

L’histoire d’un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l’histoire de l’infini. Ces gouttelettes qui scintillent ont traversé le granit, le calcaire et l’argile ; elles ont été neige sur la froide montagne, molécule de vapeur dans la nuée, blanche écume sur la crête des flots ; le soleil, dans sa course journalière, les a fait resplendir des reflets les plus éclatants ; la pâle lumière de la lune les a vaguement irisées ; la foudre en a fait de l’hydrogène et de l’oxygène, puis d’un nouveau choc a fait ruisseler en eau ces éléments primitifs. Tous les agents de l’atmosphère et de l’espace, toutes les forces cosmiques ont travaillé de concert à modifier incessamment l’aspect et la position de la gouttelette imperceptible ;

Le podcast de RadioFrance : Avoir raison avec Elisée Reclus…CLIC

m’a accompagnée, en 5 épisodes de 30 minutes, pendant mes promenades en forêt. Elisée Reclus (1830 -1905)géographe, explorateur, homme de lettres, anarchiste est une personnalité fort intéressante. J’ai eu envie de le lire dans le texte. 

L’Histoire d’un Ruisseau , en 20 courts chapitres, suit le cours d’un ruisseau de la Source au Fleuve, en passant par le Torrent de la montagne, la Grotte, le Gouffre, puis enfin Le Moulin et l’Usine, et L’Eau dans la Cité. 

chaque nouvel élan, le ruisselet prend une autre physionomie ; il se heurte sur une saillie de rocher et
rebondit en paraboles de perles ; il s’égare entre les pierres, puis s’étale dans un petit bassin sablonneux ;
ensuite, il s’élance en cascatelles et baigne les herbes de ses gouttes éparses.

C’est un plaisir de lire ce récit poétique qui s’émerveille avec les yeux de l’enfant qui découvre le monde pendant « les heureux jours de vacances » , se baignent dans les flaques, puisent à pleines mains dans le sable brillant les paillettes de mica, or ou argent…ou franchissent les ponts naturels que forment des arbres déracinés.

Le regard naïf de l’enfant se double de la culture scientifique du géographe et du géologue. les phénomènes d’érosion, de transport et de sédimentation sont expliqués très clairement et agréablement. Elisée Reclus est un géographe reconnu par ses pairs. Ses ouvrages de vulgarisation ont reçu un vaste accueil dans le public. 

les gamins assis sur leurs bancs d’école lèvent souvent les yeux de leurs livres d’étude et regardent avec avidité du côté du sentier qui descend vers le ruisseau>. Puis quand ils sont libres enfin, comme ils s’élancent avec joie…

Le ruisseau est aussi symbole de liberté, d’égalité quand dans Le Bain, les militaires, dépouillés de leurs uniformes et galons s’ébaudissent dans la rivière. Attentif à la liberté des hommes en anarchiste, il est aussi attentif à la dimension sociale.

Si les opprimés n’avaient pu retremper leur énergie et se refaire une âme par la contemplation de la terre,
et de ses grands paysages, depuis longtemps déjà l’initiative et l’audace eussent été complètement
étouffées.

A mesure que s’écoule le ruisseau dans la campagne, les préoccupations économiques de l’auteur sont abordées, dans l’Inondation qui peut également être bénéfique, Le Moulin et l’Usine où la force hydraulique est analysée. Quand il décrit le Train de Bois, l’explorateur nous entraîne dans la montagne mais aussi en Amazonie où il a voyagé.

Ce livre est d’une grande densité  et d’une grande richesse. Etonnante modernité quand il traite de l’assainissement et du retraitement des eaux usées, le comparant à un organisme vivant qui regénère dans les poumons le sang appauvri en oxygène. Modernité quand il évoque la spectrométrie de masse pour analyser la composition chimique de l’eau. Je ne savais pas que le procédé existait déjà.

Certes, nous n’osons point dire que de nos jours la vie est devenue moins pénible pour tous les hommes.
Des multitudes d’entre nous, déshérités encore, vivent dans les égouts sortis des palais de leurs frères
plus heureux ; des milliers et des millions d’individus parmi les civilisés habitent des caves et des réduits
humides, grottes artificielles bien plus insalubres que ne le sont les cavernes naturelles où se réfugiaient
nos ancêtre

Et toujours ce souci de justice sociale récurrent dans le récit!

A lire et à relire, selon l’humeur du jour, poésie, voyage  ou révolution?

 

On m’appelle Demon Copperhead – Barbara Kingsolver

Mon pavé de l’été : 624 p ou 824 selon les éditions!

Ne pas s’effrayer, il se lit très bien.  Vers la moitié, quand on est bien accroché, on ne veut plus le lâcher.

Malheureusement, je n’ai pas lu David Copperfield de Dickens dont Barbara Kingsolver s’est inspirée. C’est un classique que tout lecteur anglophone a lu ou étudié. La lecture est sûrement plus riche quand on le connaît, je viens donc de le télécharger. 

Demon Copperhead est né dans les Appalaches, dans le County de Lee, en Virginie, zone rurale plutôt déshéritée : mines de charbons abandonnées  et culture du tabac. Les habitants ont pour surnom Rednecks , ce qui n’est pas vraiment un compliment, ploucs ou péquenauds, dirait-on. 

Demon n’a pas connu son père. Sa mère, junkie, accro aux opioïdes, n’est pas toujours en état de l’élever. Elle succombe à une overdose quand il a dix ans. Il sera confié à des familles d’accueil par les services sociaux, débordés et incompétents. Encore à l’école primaire, Demon doit travailler, avec les vaches, dans les champs de tabac, réduit en  esclavages comme les autres enfants placés chez  ce fermier. Confié à  une autre famille, c’est encore pire! A douze ans, Demon est capable de travailler comme un adulte et décide de fuir.

Je ne vais quand même pas dévoiler tout le livre!

Le début, très sombre, m’a fait craindre un misérabilisme déprimant. Loin de là! Demon a de la ressource,  il fait de belles rencontres et devient même une vedette de football américain. Un accident le plonge dans les opioïdes, sur ordonnances. Dépendance aux comprimés, drogue, alcoolisme font des ravages dans tout le comté de Lee.

Barbara Kingsolver a su créer tout un monde tout autour du personnage principal. Loin de tout manichéisme. Parmi les personnages secondaires, il y a des méchants, mais aussi de très belles personnes. Il y a surtout une solidarité familiale et villageoise qui ne laisse personne de côté. On s’attache à tous ces gens qu’on a le temps de voir évoluer pendant une vingtaine d’années . On découvre une Amérique méconnue, complexe, aux prises avec le chômage, les addictions et le mépris des élites urbaines. 

Tout ce qui pouvait être pris a disparu. Les montagnes avec leurs sommets explosés, les rivières qui coulent noires. Les miens sont morts d’avoir essayé, ou pas loin, accros que nous sommes à l’idée de rester en vie. Il n’y a plus de sang à donner ici, juste des blessures de guerre. La folie. Un monde de douleur, qui attend qu’on l’achève.

Barbara Kingsolver ne m’a jamais déçue.  Elle sait créer des mondes variés autour de thématiques différentes avec de vrais personnages. Un prix Pulitzer bien mérité!

promenade sur la Butte aux Cailles

TOURISTE DANS MA VILLE

Le Boulevard Blanqui, métro Corvisart, la Rue Barrault à l’ouest, la Rue de Tolbiac au Sud et la Place d’Italie délimitent le  périmètre d’un quartier charmant : La Butte aux Cailles avec des rues pentues, parfois pavées entre des maisons basses, souvent agrémentées de verdure. 

Le Street art décore les façades, décors très variés : quelques grands graffs colorés mais finalement assez peu, beaucoup de petits éléments, mosaïques ou pans de miroirs posés en relief, des pochoirs 

La Rue de la Butte aux Cailles est bordée de terrasses de cafés, restaurants, mais aussi d’une bibliothèque, d’un atelier de poterie et arts plastiques, une librairie…des affiches vantent un Théâtre, proposent des improvisations. Rue vivante, sympathique

Et au bout de la rue : la place Verlaine avec son puits artésien, un petit square tranquille, plein de bancs et de sièges et la très belle piscine. Piscine construite en 1922-1924, alimentée par le puits dans la nappe de l’Albien (-582 m) chauffée par le chauffage urbain et « les ordinateurs ». Belle piscine Art Déco avec un bassin extérieur pour cette journée estivale. Les plages horaires sont larges, les prix minimes et l’accueil chaleureux. Cela fait très envie. 

En redescendant vers Corvisart, nous détaillons le street-art, il y a même une artiste qui peint un grand mur ; on se congratule, merci pour égayer notre promenade, merci pour les compliments….

 

En face de la station de métro, sous un porche rectangulaire très haut dans un bloc d’immeubles récents des escaliers montent à la butte. La photo est à l’honneur puisque le passage est la rue Atget qui conduit aux jardins Brassaï, espace vert bien caché.

Dernier souvenir attaché à la Butte aux Cailles : le souvenir de la Commune de Paris qui fut le théâtre de luttes sanglantes le 25 mai 1971. Une place est nommée Place de la Commune de Paris et un restaurant : Le Temps des Cerises, restaurant coopératif et militant