Notre-Dame de Paris – Victor Hugo

CHALLENGE VICTOR HUGO

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Esmeralda, Quasimodo, la Cour des Miracle font partie de notre imaginaire si  bien que nous croyons connaître Notre Dame de Paris sans même l’avoir lu. Des adaptations au cinéma et au théâtre, une comédie musicale récente, contribuent à cette impression. Pourtant le roman mérite vraiment une lecture attentive.

Encore une fois, le challenge de Claudialucia m’a entraîné à  télécharger Notre- Dame de Paris. Avantage de la lecture électronique, c’est gratuit, et léger. Inconvénient : les notes sont inaccessibles et dans cet ouvrage, pourtant elles sont nombreuses et nécessaires. Le vocabulaire employé par Hugo m’a donc plongée dans une certaine perplexité : qu’est-ce que  le surcot de tiretaine, le hoqueton de camelot, ou la cotte-hardie, la brigandine ou le bicoquet, la passequille? des vêtements et des tissus, d’après le contexte mais j’aspire à plus de précision.

Jubilation de lecture du style imagé et foisonnant de Hugo. La fête donnée aux ambassadeurs de Flandre dans Paris avec la représentation  d’un mystère  au Palais de Justice  est un début étourdissant. Nous faisons connaissance avec Pierre Gringoire, l’auteur du mystère, le mari à la cruche cassée d’Esmeralda. Les nombreux dialogues, le chahut des écoliers et des clercs ou des commères dans un langage moyenâgeux m’ont beaucoup amusée.

« L’algarade du chaussettier flamand, en humiliant les gens de cour, avait remué dans toutes les âmes plébéiennes, je ne sais quel sentiment de dignité encore vague et indistinct au quinzième siècle. » 

Le concours de grimaces, épreuve pour devenir le pape des fous est tout aussi divertissant.  Quasimodo le sonneur des cloches de Notre Dame,bossu, contrefait et sourd, en est le gagnant.

Enfin, La Esmeralda, la bohémienne qu’on appelle plutôt l’Egyptienne avec sa jolie chèvre Djali met fin au mystère et entraîne tout le monde dans les rues. Péripéties, enlèvement, délivrance par le chevalier Phoebus. L’intrigue est mise en place avec ses personnages principaux.

L’arrivée de Pierre Gringoire à la cour des miracles continue la cohue pittoresque  qui m’a charmée. Dans ce monde interlope tous les langages ont cours. je me régale des inventions langagières de Clopin-Trouillefou, le Roi de Thunes qui fait régner son ordre sur les argotiers et les truands.

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Après ces deux livres endiablés, Victor Hugo change de ton pour présenter le sujet du roman: la cathédrale, elle-même, avec ses pages architecturales, façades, statues, gothiques ou altérées par les ajouts Renaissance ou classiques. Engouement romantique pour le Moyen Age et le style gothique. Réflexion sur le sens caché de l’architecture :

« les plus grands produits de l’architecture sont moins les œuvres individuelles que des œuvres sociales ; plutôt l’enfantement des peuples le travail que le projet des hommes de génie »

L’architecture occupe une partie importante dans Notre-Dame-de-Paris, architecture  détrônée par l’invention de l’imprimerie qui annonce justement les Temps Modernes et la fin du Moyen-Âge.

« l’imprimerie tuera l’architecture »

« C’était l’effroi du sacerdoce devant un agent nouveau, l’imprimerie.C’était l’épouvante et l’éblouissement de l’homme du sanctuaire devant la presse lumineuse de Guttemberg »

« Du temps de l’architecture, elle (la pensée) se faisait montagne et s’emparait puissamment d’un siècle et d’un lieu. Maintenant elle se fait troupe d’oiseaux, s’éparpille aux quatre vents, et occupe à la fis tous les points de l’air et de l’espace »

Victor Hugo pousse encore l’analyse et l’étend à la littérature :

« Dante, au treizième siècle, c’est la dernière église romane ; Shakespeare au seizième, la dernière cathédrale gothique » 

J’ai bien aimé cet éclairage.

Encore une fascination pour l’architecture : celle de Pierre Gringoire vers la fin du roman quand il a quitté la truanderie et qu’il n’est plus amoureux d’Esmeralda.

En revanche je me suis un peu ennuyée à son « Paris vu du ciel » reconstitution savante du Paris du quinzième siècle, trop détaillée.

Après ces parenthèses théoriques, l’action reprend. Nous faisons connaissance avec un autre amoureux d’Esméralda : Claude Frollo, l’archidiacre, l’érudit, le véritable maître de la cathédrale, le prêtre amoureux qui effraie tant la gitane, le protecteur de Quasimodo…

Roman d’amour, roman d’action. Rebondissements . Chevauchée, enlèvement, prise d’assaut de Notre Dame, fuite dans la nuit….il faut le lire.

Lecture commune avec Claudialucia, Nathalie, et Laure.

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D’Alep à Paris -les pérégrinations d’un jeune syrien au temps de Louis XIV – Hanna Dyâb

VOYAGE EN ORIENT

d'Alep à Paris

Plutôt qu’un voyage en Orient, c’est le voyage d’un oriental vers Paris de1707 à 1710. Après une expérience ratée dans un monastère libanais,Hanna Dyâb  rencontre Paul Lucas, explorateur au service de Louis XIV, entre à son service et le suit dans un périple qui le mènera à Chypre, en Egypte, à Tripoli, Tunis puis Livourne, Marseille et enfin Paris

Contrairement  à Evleya Celebi qui était un érudit-musulman, Hanna  est chrétien maronite. Il parle et écrit en Arabe, il s’exprime  aussi en Turc,  Français,Italien,  Provençal et sert d’interprète à Paul Lucas qui lui promet un poste à la bibliothèque arabe à Paris. Hanna connait les marchands marseillais pour qui il a travaillé avec son frère à Alep. La civilisation occidentale lui est moins exotique. Il semble partout chez lui.

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Antoine Galland

C’est un conteur merveilleux. A Paris, il a rencontré Galland qui traduisait les contes des Mille et unes Nuits, on pense même que certains contes comme Aladin ont été inventés par Hanna Dyâb. La relation de son périple n’est pas un journal de bord, il le raconte 50 ans plus tard, dans ses vieux jours, à la manière des contes orientaux mêlant des descriptions précises,  les récits des aventures et des histoires, des rumeurs qu’il a entendues ou tirées de la vie des saints.

C’est aussi un excellent observateur. Il rapporte  la vie courante dans les pays traversés.C’est surtout à Paris où il est resté de longs mois qu’il raconte le grande hiver 1709 et la famine qui l’a suivi. Il décrit l’étiquette à la cour où il a été accueilli en apportant des gerboises..  Vie quotidienne comme l’installation des boutiques de café par des Syriens.

Les voyages sont périlleux, par terre comme par mer. Sur la mer,  les Corsaires rôdent. Paul Lucas et Hanna Dyâb ne les évitent pas. Le récit d’une attaque par les corsaires fait du récit un roman d’aventure. Son retour avec une caravane à travers l’Anatolie d’Istanbul à Alep en est encore une autre.

Les éditeurs et la traductrice ont ajouté une introduction et  tout un corpus de notes de bas de page enrichissant beaucoup ce livre. Certaines  concernent le choix du vocabulaire d’Hanna Dyâb, arabe syrien, turc, d’autres critiquent la chronologie en comparant les dates fournies par Hanna Dyâb à celles de Paul Lucas, d’autres, enfin, situent les épisodes racontés dans l’histoire, ce sont ces dernières qui m’ont passionnée.

C’est donc une lecture très agréable et un livre très sérieux.

 

 

Semmelweis – Louis Ferdinand Céline

HISTOIRE DES SCIENCES

« la lumière est faite. Les mains, par leur simple contact, peuvent être infectantes. chacun désormais, ayant disséqué ou non dans les jours qui précèdent, doit se soumettre à une désinfection soigneuse des mains par la solution de chlorure de chaux.

Le résultat ne se fait pas attendre, il est magnifique. Dan s le mois suivant la mortalité par puerpérale devient presque nulle… »

semmelweisJe m’étais promise de de rien lire de Céline.

J’ai donné un exposé à mes élèves de la cordée sur Semmelweis et l’asepsie. Cet ouvrage s’est imposé. j’avais oublié que Louis Ferdinand Céline était médecin. La biographie de Semmelweis est sa thèse. Thèse hautement littéraire. Il s’est plus attaché à la persécution dont le découvreur du lavage des mains a fait l’objet plutôt qu’à la découverte elle même.

Semmelweis est un personnage attachant. Sa folie est tragique.

Celine a choisi la version de sa mort due à une coupure pendant une autopsie dans un accès de folie.Ironie tragique du destin.  D’autres versions existent.

La vie, la mort, la vie – Louis Pasteur – Erik Orsenna

 

 

 

HISTOIRE DES SCIENCES

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Dans le cadre de la Cordée de la Réussite j’étais justement à la recherche d’une biographie de Pasteur pour mes élèves qui préparent des exposés d’Histoire des Sciences.

Orsenna est un merveilleux vulgarisateur, aussi bien dans son voyage au Pays du coton que dans l’Avenir de l’eau il sait raconter l’économie ou la science avec clarté et talent. Cette biographie de Pasteur est donc de lecture facile, avec de courts chapitres, dans une langue vivante et simple.

Orsenna  évite l’hagiographie trop cocardière souvent de mise avec notre génie national, en replaçant les découvertes dans leur contexte, citant les précurseurs ou les collaborateurs qu’on a trop souvent oubliés. Il n’oublie pas les pasteuriens qui ont poursuivi les recherches après la mort de Pasteur. Hommage au grand travailleur, à l’observateur exceptionnel, déjà adolescent il saisissait les expressions des visages en portraiturant ses proches, à l’esprit ouvert sur toutes les sciences, aussi bien la chimie et la cristallographie qu’à l’agronomie, ou à la médecine.

Il replace le savant dans son temps, fils de soldat de l’Empereur, il reste bonapartiste. Catholique et conservateur, il entre parfois en conflit avec les notables d’Arbois.

Un chapitre le place face à Victor Hugo, autre génie national, qu’il n’aimait pas.

Pourquoi Orsenna, l’économiste, le voyageur, navigateur, a-t-il consacré un livre à Pasteur?

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« treize ans durant, chaque jeudi après-midi, la chance m’a donné d’avoir pour voisin de droire François Jacob[….]Mon abyssale ignorance en biologie le fascinait. […] C’est lui qui m’a donné l’idée de ce livre. « Puisque , par on ne sait quel désolant hasard tu occupes le fauteuil de Pasteur plonge-toi dans son existence, tu seras bien obligé d’apprendre un peu! »

J’avais oublié que Pasteur comme Orsenna étaient académiciens!

Lisbonne (8) parc Edouard VI – Estufa fria

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Nous bouclons les valises et les laissons à la réception de l’hôtel. J’ai les cartes d’embarquement sur le téléphone avec l’appli TAP. Il suffit d’être à l’aéroport à 17h30. Il reste une belle journée à Lisbonne.

J’avais fait un programme complet : Musée Gulbenkian et Estufa Fria dans le parc voisin. Métro Marquès de Pombal, occasion de faire connaissance avec le métro lisboète.

Visit Portugal, l’appli miracle, m’annonce que le Musée Gulbenkian est fermé le mardi.  On passera la journée dans le parc !

Le métro est décoré de céramiques abstraites, pas de publicité, un éclairage insuffisant ; Notre métro parisien est plus gai et plus fréquent !

La place Marquès de Pombal est un très grand carrefour autour d’une statue géante. Le jardin Edouard VI  est un grand polygone allongé dans l’axe perpendiculaire au Tage. Deux contre-allées sous de grands arbres. Des massifs arborés sur des buttes parallèles au milieu du buis taillé pour dessiner une sorte de frise. On monte la contre-allée pour trouver de hauts piliers portant des roues (gerbe de céréales ou engrenage ?). En haut la  fontaine moderne n’est  pas très réussie.

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Sous des lattes de bois portées par de hauts montants métallique, dans l’ombre et l’humidité des arroseuses,  où l’eau court dans des ruisselets et des petites cascades ou des bassins où nagent des poissons et où s’ébattent des canards, une végétation tropicale exubérante s’épanouit : hauts bananiers, fougères arborescentes, philodendrons, hortensias, strelitzias, bégonias de toutes espèces. Nous passons près de deux heures à nous perdre dans la « jungle » à dessiner, à faire des photos, à lire…

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Juste en dessous de la serre une cafetaria dans le parc propose pizzas, toasts et salades.

Ma salade :saumon fumé, cubes de feta sur un lit de mesclun, roquette et oignon décoré de graines de sésame et traits de vinaigre balsamique artistiquement tracés.

Le toast est au pain poilâne fromage jaune en tranche beaucoup de thon cuit dans une machine à croque-monsieur et servi avec des chips.

Toutes les salades sont appétissantes, poulet pêche tranchée, avec tomate en rondelles et mozzarella.

Retour bus 736 jusqu’au Rossio. Mieux que le métro.

Nous terminons l’après midi à la terrasse de la pastelleria de la rue Calçada do Carmo. Je remarque la boutique d’un coiffeur pour hommes. Officient deux artistes septuagénaires en blouse bleues. Les clients sont encore plus vieux Une vieille dame entre ; vient-elle chercher son mari ? Quelques temps plus tard, je la vois avec une blouse bleue. C’est la manucure. Elle coupe, lime tandis que le coiffeur devenu barbier, manie le rasoir, taille les sourcils aux ciseaux, coupe les poils du nez. Le vieux monsieur est un coquet !

Lisbonne (7) Baixa – Chiado, flânant dans les rues

CARNET PORTUGAIS

Sur les bords du Tage : street art
Sur les bords du Tage : street art

Selon, le guide fourni par l’appli booking.com, notre pass de transport s’appliquerait aussi aux ferries et aux trains. Nous prenons le bus pour Cais Sodre – la gare fluviale. N’importe quel ferry passant le Tage ferait l’affaire. En validant le pass au portillon cela ne marche pas. Si on achète un billet le ferry partira sans nous.  On rentre à l’hôtel vers 16h recrues de chaleur.

Cas de Sodré
Cais  Sodré

A 17h30 me voilà rafraîchie et prête pour une exploration de la Baixa et du Chiado. Je ne veux pas quitter Lisbonne sans avoir flâné devant les vitrines pittoresques des rues de la Baixa et surtout sans avoir exploré le Chiado juste derrière l’hôtel.

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Dans la Baixa je parcours la Rua dos Sapateiros (des cordonniers), la Rua Aurea (de l’or), j’arrive sous l’Arc de Triomphe de la Praça do Comercio. De là, je suis l’itinéraire du tram 28. A pied cela grimpe dur ; je me retrouve place Camoes et de là me promène dans les rues au hasard pour trouver les théâtres du Chiado. Non loin du San Carlo il y a un nombre incroyable de salles, comme il y a beaucoup de Musée de peinture et plusieurs musées archéologique. Lisbonne est vraiment une capitale culturelle.

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Je me retrouve sur le Largo do Carmo. Le « musée archéologique » de l’église Carmo est ouvert jusqu’à 19h (3.5€) . la belle église gothique du 14ème siècle a perdu la voûte de sa nef fors du grand tremblement de terre de 1755. Les moines ont essayé de la reconstruire mais avec la mode romantique des ruines on a préféré laisser les arches se déployer dans le ciel. Dans la lumière du soir, elles se détachent sur le ciel d’un bleu intense.

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Pour ce qui est du « musée » ce serait plutôt une collection lapidaire hétéroclite. Des stèle romaines la margelle d’un puits, des gargouilles, des anges, une fenêtre manuéline sont dans le plus grand désordre. Dans les pièces fermées c’est encore plus éclectique : la pierre tombale du chanoine voisine avec deux momies péruviennes, une autre salle contient des outils préhistoriques. La boutique vend toutes sortes de livres, poèmes, carnets de voyages ; C’est fouillis mais très sympathique.

L’automne du commissaire Ricciardi – Maurizio deGiovanni

LIRE POUR L’ITALIE/ IL VIAGGIO (le retour)

l'automne du commissaireRicciardi

Terminé un jour trop tard pour LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE, livre de saison puisque’il se déroule entre le 23 octobre et le jour de la Toussaint.

Maurizio de Giovanni nous transporte à Naples en 1931 dans l’Italie de Mussolini, justement le duce annonce sa venue prochaine, ce qui met le commissaire divisionnaire dans tous ses états. 

Publié dans la collection Rivages/Noir on ne peut pas imaginer de collection plus appropriée, pour la géographie mais surtout pour la noirceur de ce roman policier. Nous n’irons pas à Mergellina, ni à Capri, ni même au San Carlo…n’entendrons pas de chansons napolitaines…très loin de la cité ensoleillée que j’ai découverte comme touriste. A Capodimonte, quand même, puisque c’est là qu’on a trouvé le petit garçon sans vie. sous une pluie incessante qui confère au roman une atmosphère encore plus triste.

Le Commissaire Ricciardi ému par la fragilité et l’abandon du petit cadavre, contre l’avis de tous veut élucider le mystère du décès de l’enfant. Qui se soucie d’un enfant des rues, maigrichon, tellement mal en point que sa mort paraît à tous,naturelle?

Enfant des rues, il y en a tant à Naples, les scugnazzi, qui se soucie d’eux? On évolue dans une ambiance à la Dickens, frère de Gavroche, enfant des trottoirs de Bombay ou d’ailleurs.. Le commissaire découvre un orphelinat patronné par un curé peu charitable, un sacristain ivrogne, des riches et nobles dames patronnesses , des colporteurs voleurs, les habitants des bassi, un travesti un peu indic, des malfrats, un noble déclassé, des enfants cruels….tout un monde interlope. La personnalité de la petite victime se dessine au fil des pages. N’importe qui aurait pu être responsable de la mort de l’enfant. les hypothèses se succèdent.

Je n’en dis pas plus!

Les caractères sont un peu convenus. L’intrigue un peu lente. Mais c’est un bon polar distrayant.

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Lisbonne (6) Tramway N°28 – Alfama

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Tramway en bois de Llisbonne
Tramway en bois de Llisbonne

Le tramway 28 parcourt toute la ville. C’est un vieux tram en bois : 20 places assises 28 debout. Si on veut profiter du parcours, il convient de se lever tôt et la meilleure façon de choisir sa place est de le prendre au terminus place Martin Morim située derrière la place Figueira.

8h40 – le chauffeur est une dame africaine. Elle connaît sa machine. Dès les premiers tournants elle arrête le tram et sort avec une sorte de long pied de biche. Une panne ? Non c’est la routine. Que fait-elle ? Déplace-t-elle un aiguillage ou enlève-t-elle quelque chose de coincé ? Cela se produira plusieurs fois sans que j’élucide la question.

A bord du tram!
A bord du tram!

Le tram suit d’abord une rue bien large bordée d’arbres. Dès qu’il s’engage dans les petites rues, c’est toute une aventure. Il gravit les pentes raides pour s’élancer ensuite dans une descente vertigineuse. Parfois il n’y a qu’une voie, il faut laisser passer le tram qui vient d’en face. On voit une voiture foncer droit sur nous, mais le tram tourne à angle droit brusquement. Parfois, il y a juste la place pour le petit tram jaune. Comment fait-on pour déménager dans cette rue ? Heureusement, il fait bon. On peut baisser la vitre pour prendre des photos.

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laSé

Je suis le trajet sur le plan de Lisbonne mais ne l’ouvre pas. Je préfère me laisser brouetter, attentive aux façades carrelées, aux magasins pittoresques, aux échappées sur le Tage qu’on appelle aussi la Mer de Paille. Le parcours du 28 fait deux boucles : la première sur la colline du château passe devant la Sé, il descend à la grands Praça do Comercio pour monter au Chiado jusqu’à la place Camoes où le poète est couronné de lauriers. Les quartiers devient ensuite plus aérés, plus « modernes » avec des immeubles carrelés et d’’autres Belle Epoque ou Art Nouveau. On passe devant une très grande église très blanche puis devant l’énorme bâtiment de L’Assemblée du Peuple, le jardin d’Estrela pour arriver au terminus de Prazeres où nous nous dépêchons de descendre du tram pour y remonter aussitôt et reprendre les mêmes places.

Vue du mirador sur l'Alfama (le musée du fado en rose)
Vue du mirador sur l’Alfama (le musée du fado en rose)

Au deuxième passage, j’ai ouvert le plan. Nous descendons au Mirador du Largo das Portas do Sol en face du Musée des Arts décoratifs – bâtiment rouge avec un beau portail –  où nous avons vu une belle terrasse de café. La Cathédrale nous servira de repère pour nous préparer à descendre.

Au Largo das Portas do sol un panneau porte un plan des murailles du château tout proche. Un minibus y monte que nous négligeons. Les rues aux abords du château sont soignées, fleuries, décorées mais un peu trop touristiques. On se croirait à Montmartre ! Je pensais que le château Saint Jorge serait fermé le lundi. C’est ouvert 8.5€. Le prix nous fait reculer. Nous avons visité récemment de nombreux châteaux forts avec chemins de ronde, murailles crénelées. On aurait pu chercher la porte que Martin Morim empêcha de se refermer pendant l’attaque d’Afonso Henriques…si j’avais lu le siège de Lisbonne de Saramago j’aurais été plus motivée !

le castello
le chateau

Nous négligeons aussi la qu’on avait vue à notre précédent passage. Avec ses deux tours carrées elle ressemble aux cathédrales d’Evora et de Porto.

Le Mirador de Santa Luzia offre un très beau point de vue sur l’Alfama. Une vigne soutenue par une colonnade, des azulejos et des petits sièges ménagé dans le mur font un endroit commode pour dessiner. Plus bas, un bassin rectangulaire turquoise, de gros bougainvillées violets, des cyprès se détachent. Bel endroit !

mirador Sa Luzia
mirador Sa Luzia

Le Musée des Arts décoratifs est ouvert le lundi. Le menu du restaurant installé dans le patio nous tente. Le caissier n’est guère aimable. Il déclare que la visite se termine dans 20minutes et que pour manger il faut prendre le ticket de la visite. On renonce.

Descendons dans l’Alfama

Ruelles de l'Alfama
Ruelles de l’Alfama

Nous descendons l’escalier le long de la muraille pour arriver derrière l’église S. Miguel, centre d’un petite « village » de maisons blanches avec la lessive étendue au soleil. Un chien attaché en haut d’un escalier, une arche s’ouvrant sur des marches me donnent des envies de dessin.

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S’approchant du Musée du fado, les rues redeviennent touristiques, se meublent de tables de restaurant. Du fado s’échappe d’une cave. Nous retrouvons la petite place que j’ai dessinée vide hier ; Elle est pleine de tables. C’est là que nous déjeunerons au restaurant tipico Lautasco. Un caoutchouc a étendu ses branches pour donner de l’ombre à toute la place. Des sarments de vignes s’y sont mêlés.  Pour égayer les grosses feuilles sombres on a tendu des guirlandes de papier rose, bleu, jaune.

Le restaurant tipico est cher sardines 9.9€. Qu’importe ! Nous avons envie d’un bel endroit. Nous refusons les olives le pain et le beurre qu’on apporte sans qu’on n’ait rien demandé – chaque article est payant 0.9€ ! Ici, le vin se vend à la bouteille et non pas au verre.

Sardines et omelette de gamba, ½ bouteille de blanc : 27€

Et je t’emmène – Niccolo Ammaniti

LE MOIS ITALIEN D’EIMELLE

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Avec ce challenge c’est toute l’Italie que nous avons parcouru! Niccolo Ammaniti nous emmène en Maremme, à Ischianno Scalo, petit bourg enclavé entre mer, marais et l’Aurelia – la route qui va de Rome à Gènes- village où tout le monde se connaît et où il ne se passe rien.
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Le monde de Niccolo Ammaniti est moche et dégueulasse!

Mais le livre se lit bien, bon rythme, rebondissements inattendus, je tourne les pages….

Comme La Fête du siècle la construction s’organise en tissant deux histoires autour de deux personnages qui finiront par s’entremêler. Histoires de deux losers, Graziano, dealer minable, don juan des discothèques, champion de la drague, musicien de club de vacances…Pietro, 12 ans, fils d’un père alcolo d’une mère dépressive, dont le plus grand talent est de pédaler sur sa bicyclette, gamin rêveur, trop gentil, trop timide, harcelé au collège par les caïds de sa classe. 

Le personnages secondaires sont tout aussi minables et antipathiques, Italo, le surveillant du collège, violent, les deux policiers, qui surveillent la vitesse sur l’Aurélia et manquent de se tirer dessus, personnel enseignant autoritaires et faibles, les copains de Graziano. Aucun pour racheter les autres.

C’est un roman bien masculin, imprégné de testostérone et de sauce tomate. Parfois, cela me lasse. Les femmes ne sont pas beaucoup avenantes, mamas obsédées par la cuisine, bimbo sans cervelle, putain au grand cœur, mais sans papier, adolescentes boutonneuses, vieille fille…Une humanité peu avantagée.

Ammaniti  excelle dans le burlesque, certaines scènes m’ont fait rire aux éclats.  

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Lisbonne (5)autour du Rossio-elevador Sa Justa – Gare

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Elevador Santa Justa

Elevador Santa Justa

Notre forfait des 7 collines nous donne droit à l’ascenseur qui se trouve juste au bout de notre rue. Petite queue raisonnable. Pour 1.5€ de plus on accède au Mirador : escalier en colimaçon métallique qui conduit à une plateforme d’où le panorama est spectaculaire. On domine le Rossio et tout le quartier de la Baixa on voit très bien le Château et la avec ses deux tours carrées qui ressemble à la Sé de Porto et à celle d’Evora.

Les ruines les plus romantiques de Lisbonne!
Eglise do Carmo – Les ruines les plus romantiques de Lisbonne!

Un pont métallique relie le parvis de l’église de Carmo notre » église »  puisque notre hôtel Estrela do Mondego est au 25 Calçada do Carmo. Cette église est ruinée. De la nef, il reste des arcs en ogive vides. Un musée archéologique y est installé. Contournant le monument, on aboutit sur une très jolie placette avec des arbres, une fontaine, des terrasses. De là une descente bien raide bordée de boutiques désuètes , librairie d’occasion, friperie de vêtements chics, vintage, …

Gare du Rossio

On fait un crochet par la Gare du Rossio  c’est une vraie gare, un train sur deux a pour destination Sintra. Si nous restions plus longtemps….La façade est très ouvragée, flanquée de tours, ornées de décors manuélins.

Puisque le déjeuner a été gastronomique, le dîner viendra de Pingo Doce où je trouve un cornet de radis frais et des yaourts. Mais comme nous sommes au Portugal, je redescends acheter des rissois aux crevettes des bolhinos de bacalau et des croquettes de viandes à la pastellaria  du bas de la rue. Aux terrasses des restaurants cinq jeunes brésiliens font une démonstration de capoeira. Le temps d’aller chercher l’appareil photo, ils ont disparu.