Notre gîte au moulin de Fanhais

CARNET PORTUGAIS 

Le moulin de Fanhais
Le moulin de Fanhais

Nous suivons les flèches « Coimbra » puis » Lisbonne » pour retrouver l’autoroute A1 que nous quittons à Leiria. J’appelle Maria, notre hôtesse, qui ne sait pas comment expliquer la route mais  livre le sésame,  Fanhais : « FE-NA-I-CH ». Nous suivons les flèches « Nazaré ». A l’approche de Nazaré, je demande « fe-na-ich » et cela marche !

la pinède à notre porte
la pinède à notre porte

Fanhais est un village dans une très belle forêt de pins à proximité de Nazaré. Petit village tranquille à l’écart de la circulation et des constructions balnéaires. Le silence n’est troublé que par le passage du train (pas souvent) et rythmé par le carillon de l’église tous les quarts d’heure, une petite chanson, pour l’heure c’est Ave Maria plus long et la cloche de l’horloge.

Maria nous attendait près de la rotonde, rond point ave le monument aux morts, et un azulejo avec des paysans chargeant du bois sur un char à bœufs, collé » sur un triangle rose (une voile ?)

Maria porte une robe courte bleue. Elle nous embrasse et nous fait les honneurs du Moulin.

C’est un tout petit moulin de ciment blanc avec le tour des portes et des fenêtres souligné de bleu. Il n’a jamais vu ni grain ni farine. C’est un petit moulin de fantaisie. Nous y serons plus Marie Antoinette que meunières. En bas trois pièces se succèdent en enfilade : une fausse cheminée dans le salon masque l’escalier. Un canapé orange lui fait face. Sur le buffet se trouve tout un bric à brac. On pense à la boutique d’un antiquaire. Aux murs,  encadrés gravures et tableaux. La petite entrée est aussi bien décorée. La cuisine est grande et bien équipée : frigo, microonde, cafetière, toaster mais tout sur multiprise. Electricité bricolée.

la jolie chambre ronde
la jolie chambre ronde

La plus belle pièce est la chambre ronde à l’étage : table de nuit et commode jaune d’or éclatant avec des cœurs en décalcomanie maison. Tour des fenêtres jaunes et guirlande de fleurs naïves. La glace dans  un beau cadre doré reflète un amour qui porte un abat-jour de verre gravé. De nombreux cadres égaient la pièce. Dans un vase, un bouquet d’hortensias bleus.

Nous sommes aux antipodes du confort gris et blanc de la Casa Chaos au sol de granite brillant où sobriété et dépouillement étaient les mots clés du décor contemporain. Ici, fantaisie, couleurs, fouillis sympathique mais improvisation électrique et escalier raide. Dehors, une table et des bancs sous la treille et un appentis pour la machine à laver.

Maria nous fait ensuite visiter sa piscine carrelée de mosaïque turquoise (frise à la grecque et dauphin). Sur la pelouse des chaises longues confortables à l’ombre de grands arbres. Devant sa maison, un merveilleux mélange d’hortensias, de volubilis et d’agapanthes. Wifi à la piscine, pas au moulin.

Derrière la maison, Maria et Amerigo élèvent toutes sortes d’animaux, plusieurs chiens, bergers et labradors, un âne, des poules, des oies et des canards.

Nous ne prenons pas le temps de nous installer et filons aux courses à Nazaré. A l’entrée de la ville Continent et Lidl nous faciliteront la vie.

La mer nous attire. Avant les courses, la plage !

La station balnéaire s’est bien construite depuis 1999 et surtout depuis 1981 où il y avait encore des barques sur la plage et où nous avions assisté à la criée. En Juillet, le samedi de surcroit, c’est l’embouteillage. Les femmes de Nazaré ont sorti leurs chaises sur le bord du trottoir et brandissent des panneaux de bois proposant chambres et appartements T1, T2 ou T3 en 4 langues, portugais, Espagnol, Français et Anglais. Elles tricotent et bavardent, hèlent les voitures ? Le petit port de pêche avec ses barques colorées s’est métamorphosé en station balnéaire. Pendillocheries et articles de bains ont remplacé le poisson.

la plage de Nazaré
la plage de Nazaré

Impossible de se garer près du centre, là où la plage est remplie de tentes rayées. On va plus loin vers le port et je fais ma promenade pieds dans l’eau. Il y a beaucoup de vent. Les vagues sont fortes. Personne dans l’eau. Il fait aussi très frais.

Buçaco

CARNET PORTUGAIS 

kitchissime! le château de Buçaco
kitchissime! le château de Buçaco

Nous avons quitté à regret notre belle maison de granite et la piscine aux grenouilles. J’ai oublié de parler de ce granite si particulier, très clair à cause des feldspaths énormes (3, 4 voire 5cm) très nombreux, probablement de l’orthose, avec des micas noirs dispersés.

portugal mp1 127 - Copie

Le téléphone (Googlemaps) nous mène par les plus petits chemins improbables jusqu’à l’autoroute à Guimarães évitant la grande route qui traverse des zones urbanisées. Au Portugal, le réseau d’autoroutes est très dense, la signalisation souvent incompréhensible. On suit « Porto », on se trompe, le téléphone vexé se tait et ne se réveille pas. Comment a-t-il fait sans Wifi ni données mobiles ?

Nous suivons l’autoroute jusqu’à Porto qu’on traverse : j’aperçois le pont Luis 1er et même les gabares. Sur la recommandation du péagiste, direction Lisbonne A1. Plusieurs itinéraires sont envisageables: A1, A17 ou N1. Je n’ai pas souvenir qu’en 1999 il y ait eu tant d’autoroutes parallèles. Pourquoi en a-t-on construit tant ? Samedi midi, mi Juillet, elles sont vides !

portugal mp1 131 - Copie

280km entre Povoa et Nazaré. On peut intercaler une belle visite. Ce sera Buçaco et son parc magnifique. On quitte l’autoroute A1 par l’autoroute de Viseu puis la nationale N1. Ensuite c’est facile.

Buçaco

Buçaco bignonnia et sphère armiliaire
Buçaco bignonnia et sphère armiliaire

La chaussée pavée monte au château sous des arbres magnifiques. . Autrefois résidence d’été royale, construit entre 1886 et 1907, le palais est maintenant un hôtel 5*. L’extérieur est kitchissime avec la sphère armillaire surmontant une tourelle fine, ses fenêtres décorées de colonnettes, torsades et décors manuélins. Les jardins qui l’entourent sont de toute beauté : un parterre de buis en broderie (comme à Vaux le Vicomte) des tonnelles charmantes, des fleurs variées parfois exotiques comme des strelitzias.

portugal2015dt 079 - CopieOn ne visite pas l’hôtel. Aujourd’hui se prépare ne noce. Les employés installent de petites tables rondes sur la terrasse et mettent le couvert. Nous poussons la grille. Personne ne nous chasse. Nous pouvons donc admirer les azulejos de la galerie qui illustrent des pages littéraires, des citations  que je ne comprends pas. La jeune fille mélancolique pourra me servir pour mon billet Amour de Perdition.

les lys et la fontaine
les lys et la fontaine

 

A l’arrière de l’hôtel, une fontaine ornée d’une mosaïque de petits moellons de meulière marron, de blanc et de noir,  moussue, est fleurie de lys ? de là, un sentier descend dans le parc.

Fonte Fria
Fonte Fria

 

J’atteins après quelques temps la Fonte Fria qui est un double escalier encadrant un filet d’eau qui cascade, alimente des bassins avec des ilets moussus, plantés de fougères, enjambés par des petits ponts. C’est charmant, rafraîchissant.

hortensias et fougères
hortensias et fougères

Au pied de la fonte Fria, se trouve un petit lac dans les hortensias. La Vallée des fougères se trouve dans le creux. Des fougères arborescentes bordent le sentier. Je m’en souviens très bien. C’était la première fois que j’en voyais. Des palmiers complètent cette flore tropicale. Un lac plus grand que le premier se niche dans un creux, on y a bâti un ponton romantique sous un saule pleureur. Le parcours se poursuit jusqu’à la Port de Coimbra mais je reviens sur mes pas. Nous avons encore de la route à faire. Je ne reverrai donc pas les cellules des ermites tapissées de liège des Carmes Déchaussés, ni le chemin de Croix de la Via Sacra.

vallée des fougères
vallée des fougères

Deux œufs durs et des prunes sous une tonnelle nous serviront de déjeuner. On a eu tort de ne pas aller au Café de la grande maison rose ; Les sandwiches étaient à des prix raisonnables. Nous  mangeons une glace.

Les chansons que mes frères m’ont apprises

TOILES NOMADES

Les chansons que mes frères affiche

 

 

la petite Jashaun est merveilleuse, son frère est aussi un acteur dynamique.

Les paysages de Badlands ravinés sont aussi très beaux.

Mais le reste est bien triste.

Sur la réserve indienne peu d’avenir s’ouvre aux adolescents. Le professeur interroge les jeunes sur leurs projets. Curieuse classe, chacun joue avec un animal, serpent, une mygale ou un scolopendre. De quoi rêvent-ils? De faire du rodéo, de la boxe. Seule une fille veut étudier le droit.

Pas d’avenir pour les jeunes; les adultes sont rongés par l’alcoolisme et la pauvreté. Il faut croire que les Américains n’ont rien compris avec la Prohibition. Sur la réserve indienne, l’alcool est interdit. Bootlegger est la seule profession lucrative, engendrant luttes de clans et violence et n’interdisant aucunement les abus. Les enfants qui ne sont pas encore atteints deviennent les seuls responsables. La petite Jashaun traverse le film avec beauté, dignité.

 

Promenade à Povoa de Lanhoso

CARNET PORTUGAIS 

Maria da Fonte héroine de Povoa de Lanhoso
Maria da Fonte héroïne de Povoa de Lanhoso

Réveil gris. La température a chuté. Hier accablante, ce matin 19°. Je revêts un sweat pour déjeuner sur la terrasse.

Dernier jour à Povoa, nous allons visiter les curiosités locales. En plus du Castelo et du Castro préhistorique, on peut voir travailler les artisans bijoutiers spécialisés en filigrane, et 16km de voie romaine.

POVOA boules rond point

Pour ne pas tourner en rond (décidément le GPS fait défaut !), nous allons à l’Office de Tourisme pour nous faire expliquer le chemin de la Voie Romaine. Le jeune homme parle bien anglais mais c’est surtout un adepte de Google maps. Il me fait passer derrière son comptoir et me montre le trajet sur l’écran de l’ordinateur en street view. C’est très fastidieux et je n’y comprends rien. Plusieurs départs sont envisageables, près du château après le rond point des boules (allusion gigantesque au filigrane) à la sortie du village sur la route 103. Il lui vient une idée :

le chêne de Caves
le chêne de Caves

-«  avez-vous vu le chêne ? »

Un centre d’interprétation est à côté à proximité et la via Romaine y passe. En tout cas, c’est un repère fiable, le Centre d’Interprétation est bien fléché. Il faut suivre les indications Carvalho de Cavos , les balises de GR rouge et blanches sont visibles à partir de la petite chapelle Sa. Marta.

Le chêne est vraiment impressionnant. Pas moins de dix poteaux métalliques lui servent d’étais. Ce serait le plus grand chêne de la péninsule ibérique d’après l’animatrice du Centre d’Interprétation (beau bâtiment, exposition de panneaux sur le thème de la forêt et de la biodiversité).

L’animatrice me fait cadeau d’un topoguide cartonné pour le circuit Maria da Fonte qui suit la voie romaine sur un tronçon.

Le GR est bien balisé. Me voilà partie pour une balade non seulement sur les traces des Romains mais aussi sur celles des femmes du Minho qui se révoltèrent en 1846 avec Maria da Fonte pour porte drapeau. Je ne connaissais pas cette héroïne avant d’avoir ouvert Amour de Perdition de Camilo Castelo Branco. Le traducteur y fait clairement allusion dans la préface. Au second rond point, j’avais vu la statue d’une jeune paysanne mais je ne la savais pas si célèbre.

Le GR emprunte une petite route pavée de petits pavés cubiques de granite. Plus portugaise que romaine, cette route ! Elle rejoint un  groupe de maisons devient asphaltée. Au virage je la quitte pour une descente sur de très grosses dalles : les dalles romaines.

Via romaine de Braga à Astorga
Via romaine de Braga à Astorga

Granite à gros cristaux de feldspath comme tous les granites ici. Peut être verrai-je  une borne miliaire comme sur le document ? Je n’en n’ai pas  vu, mais j’ai vu un lavoir qui sert encore, sur le rebord il y a une brosse et du savon. Vu aussi deux vaches à la robe jaune avec des longues cornes recourbées et effilées. Le sentier passe par de nombreux groupes de maisons. C’est fou comme le Minho est construit. On est en campagne mais il y a des maisons partout, des vieilles en granite, des neuves en ciment et même de très belles maisons de vacances. Il y a aussi des chiens. Heureusement ce sont des petits bâtards  ressemblant un peu aux Jack Russel, petites pattes courtes, poil ras blanc avec des taches jaunes. Petits mais gueulards. Je ne suis pas très effrayée quand ils tentent de me barrer la route. Une chienne va même chercher ses chiots à la rescousse pour me chasser. Il suffit que je me saisisse d’un bâton ou d’une pierre pour les faire fuir. Les chiens de la campagne craignent les pierres et connaissent ce geste. Même si je suis bien incapable de les lancer.

Le sentier entre en forêt. Il est encadré par deux murettes de granite très moussu. Genêts et ajoncs égaient la promenade de leur floraison jaune. Fougères-aigles vert tendre, bruyère rose. Le parcours est fleuri et coloré. Dans la forêt,  les eucalyptus sont plus nombreux que les chênes ou les pins. Cela m’attriste un peu. Ils appauvrissent la forêt. Que fait-on de leur bois ? A leur décharge, ils sentent bon. Le sentier grimpe. Aurai-je une belle vue au sommet de la colline ? Le sentier redescend dans les eucalyptus. Pas de panorama.

Dix mille guitares – Catherine Clément

LIRE POUR LE PORTUGAL ou POUR L’EUROPE?

10000_guitares

J’aurais aimé être plus enthousiaste!
Ce livre avait tout pour me plaire.
De l’auteure j’avais lu avec grand plaisir la Senora (2fois) et la Promenade avec les dieux de l’Inde, Martin et Hannah, Sissi….
Un thème intéressant : une traversée de l’Europe, du Maroc en Suède, en passant par le Portugal, l’Espagne, Prague… toute l’histoire des Habsbourg de Philippe II à Rodolphe…Descartes. Un siècle d’histoire de 1577 à la mort de la Reine Christine en 1689.
Un très joli titre que ces Dix Mille guitares.
Et pourtant une certaine déception.
Quelle idée que de choisir comme narrateur un rhinocéros puis sa corne transformée en coupe royale! Déjà l’animal grossier qui chie et pète c’était risqué, mais la corne qui passe de main en main de cour en cour, je n’arrive pas à y croire.
Le mystère de ce Sébastien, roi de Portugal,  Désiré puis caché. Quelle formidable histoire! Le dépucelage de la reine Christine par Descartes, encore une autre histoire! Mais j’ai du mal à suivre. Entre temps on croise le Golem à Prague. Too much!
C’est cependant un livre fort instructif. Je n’avais jamais entendu parler de ce Pourim des chrétiens célébré au Maroc, J’ai bien apprécié la révision historique concernant cette Guerre de Trente ans, l’abdication de Christine…
rhinoceros de Dürer
Lire le billet d’Eimelle qui m’a donné envie de lire ce livre.

 

Bom Jesus et Braga dans la canicule –

CARNET PORTUGAIS

Bom Jesus
Bom Jesus

Nous partons de bon matin pour grimper au Bom Jesus de bonne heure dans la fraîcheur. La météo annonce une journée caniculaire. Il est encore dit qu’on tournicotera avant d’arriver. La signalisation routière est vraiment déficiente. On reparle de racheter un GPS à la FNAC de Braga !
Enfin, la route quitte la zone urbanisée et les quartiers modernes de hauts immeubles pour monter à l’assaut d’une colline boisée. Nous nous croyons arrivées ! La montée n’en finit pas.

Sanctuaire du Mont Sameiro
Sanctuaire du Mont Sameiro

C’est que nous montons le Mont Sameiro qui culmine à plus de 600m au dessus de Braga et qui porte un dôme blanc : la Basilique de Sameiro. Puisqu’on y est, autant visiter ! Le sanctuaire est immense, les pavillons d’accueil, de prière ou les kiosques sont dispersés autour d’une très vaste esplanade pavée garnie de statues géantes. La première « chapelle » fut inaugurée en 1880, puis remplacée par un édifice plus grand dix ans plus tard. La nouvelle église fut consacrée en 1941. Faste et grandiloquence de cette époque ne me disent rien. En revanche le panorama est à couper le souffle. Je reconnais les éoliennes perchées sur les crêtes vues hier.
De Sameiro au Bom Jesus, la route est facile. Mais où laisser la voiture ? Au sommet, les hôtels se réservent les parkings, nous n’avons pas trouvé le parking du funiculaire. On s’arrête le long de la route à mi-pente. Le funiculaire est une antiquité, inauguré en 1882, il utilise un système de ballast hydraulique, rempli au niveau haut, il se vide en descendant, monte à vide etc…

chemin de Croix du Bom Jesus
chemin de Croix du Bom Jesus

A mi-pente, nous avons un beau point de vue sur les escaliers des 5 sens et des 3 vertus. Plus bas, les escaliers sont dans l’ombre de très beaux arbres. Le chemin serpente entre les chapelles du Chemin de Croix construit entre 1722 et 1811. L’escalier comporte 570 marches et 116m de dénivelée. Il commence sous un portique(1723). Les stations du chemin de croix sont de petites maisons coiffées d’un toit pointu et moussu parfois fleuri de grosses fleurs violettes. A l’intérieur des statues à taille humaine racontent la Passion. La première reconstitue la Cène, puis la Flagellation, la couronne d’épines…En ce moment, le sanctuaire est en réfection. Des pots de peintures et des matériaux de construction entreposés là masquent les statues. Il ne faut pas oublier de regarder le pavage du chemin à dessin géométrique.

Fontaine des 5 sens
Fontaine des 5 sens

Les deux escaliers monumentaux sont éblouissants de blancheur. Il n’y a plus d’ombre, l’eau des fontaines procurent une certaine fraîcheur. La Fontaine des 5 sens fait allusion aux 5 plaies du christ et aux 5 besants de l’écusson du Portugal. Chaque fontaine figure la vue : l’eau coule par les yeux, le goût, par la bouche, etc… une citation latine et une statue illustrent aussi chaque sens.

la vue
la vue

Les degrés supérieurs forment l’Escalier des 3 vertus. A l’intérieur de l’église un calvaire avec trois croix rappellent le chemin de Croix.

Braga : la Arcada
Braga : la Arcada

Se rendre au Centre-ville de Braga et se garer a été très facile au parking souterrain sous l’Avenida Central . Une foire aux livres installée dans des sortes de boîtes orange et noires masque la façade de la Arcada.

Brasileira
Brasileira

Dans la zone piétonnière,  le beau café La Brasileira au rez de chaussée d’un immeuble carrelé de blanc et de bleu est un café très chic. Les maisons sont jolies mais les magasins des marques chics et mondialisées gâchent la promenade : le quartier perd son âme. Je trouve des lunettes à 3€ en soldes qui remplaceront celles (fort chères)  perdues dans les fourrés hier.

Baroque!!
Baroque!!

On arrive à une église. Laquelle ? A Braga il y a partout des églises, des façades baroques. Les colonnes dorées du chœur portent chérubins et grappes de raisin. Cette église-ci n’est pas répertoriée dans les « incontournables » de la ville. Un peu plus loin, une façade est intéressante, percée de plusieurs fenêtres ouvragées, toutes différentes, l’une est bordée de cordes marines, l’autre de petites rosaces, une troisième de petites sculptures. C’est la Casa dos Coimbras , un restaurant.

Façade de la Cathédrale de Braga
Façade de la Cathédrale de Braga

Plus loin, une église porte des statues sur le toit. Nous allons de surprise en surprise et arrivons rapidement à l’arrière de la Cathédrale. Deux tours carrées portent chacune une coupole, les arcatures sont évidées. Entrée payante 2€ la cathédrale, 3€ pour les chapelles et le chœur. La visite est guidée mais les guides sont très jeunes et débutantes. Celle qui se présente comme anglophone débite à toute vitesse un texte incompréhensible qui est peut être de l’anglais. Dans le chœur, je suis seule, je prends consciencieusement des photos pour faire plaisir à la guide que j’effacerai plus tard . Dans les chapelles,  une famille italienne et une autre dame blonde nous rejoignent. Après 2 ou 3 phrases d’ »anglais accéléré », la dame demande à la jeune fille de recommencer plus doucement. Elle recommence, même débit. De dépit, l’Italienne lit son guide à haute voix. Il en résulte que je comprends qu’une chapelle est dédiée à S. Giraldo et qu’un évêque est momifié dans son cercueil. Rien de bien passionnant. Ce Gérard m’est inconnu et la momie me dégoûte. La Cathédrale est immense plutôt sobre malgré sa rangée de saints ou d’apôtres, son orgue doré à 500 tuyaux et le retable doré. A la sortie de la Cathédrale, il est midi, on se croirait cuire dans un four.
J’aurais aimé, comme à Guimarães, trouver une jolie terrasse à l’ombre y déjeuner et aller me promener dans les rues. Décidemment il fait très chaud !37° annoncés, 32° mesurés dans la voiture. On rentre.
Tandis que je nage mes allers et retours à la piscine, le ciel se charge. Un nuage a une couleur étrange, plus brune que grise. Il traverse le ciel, s’installe, obscurcit tout. Il y a un incendie dans la montagne. De la terrasse de notre chambre, on voit les flammes. Pas d’avion, pas d’hélicoptère. C’est trop loin pour distinguer les pompiers. Le soir à 22h le brasier rougeoie encore. La forêt brûle

Se perdre dans le parc de Peneda Gerès?

CARNET PORTUGAIS 

Rio Cavado
Rio Cavado

J’avais « trop » bien préparé la journée, avec la carte, le téléphone, les documents du propriétaire. J’avais trouvé des randonnées parcourant  la voie romaine qui allait de Braga à Astorga en Espagne. Nous devions découvrir des bornes miliaires, des inscriptions. Tout cela était fort excitant.

Googlemaps m’avait donné l’itinéraire : 4.5km après la sortie de Povoa nous devions trouver la route 205 et arriver très vite à Terras de Burro. A la sortie de la ville, le GPS s’emballe, nous le faisons taire et prenons la première route à gauche.

Le mystère est que nous nous retrouvons au sud de la ville croyant être au nord. On arrive à un petit lac, je crois que nous passons le Rio Cavado (c’est le Rio Ave). Comme je me crois au nord, je ne retrouve rien sur la carte (au 1/800 000ème) puisque je ne cherche pas du bon côté.

La campagne est très encaissée, très verte. Il y a de l’eau partout, du vignoble, c’est-à-dire des rangées de vigne entourant des champs de maïs ou de choux.

Nous arrivons enfin quelque part, dans un village très animé – pour cause d’enterrement ! – impossible de demander notre chemin Le père et son fils repeignent une grille. Je leur demande Terras de Burro, le père fait un vague geste, puis soupire « c’est loin ». On poursuit donc dans la direction indiquée. Collines, barrages, plage fluviale, belles forêts. Et toujours aucune indication !

Un homme soude dans son garage. Il nous trace un plan : à8km à la station service, tourner puis 12km prendre Viera do Minho. Enfin une ville figurant sur ma carte !

Viera do Minho malgré son parc floral, sa place monumentale avec sa sculpture de l’Homme dominant la Nature – en l’occurrence une chèvre – malgré sa maison-musée (maison d’un écrivain dont je n’ai jamais entendu parler) malgré tout cela, Viera do Minho est un trou ! La dame de la Maison-musée-université du 3ème âge me renseigne volontiers, elle ne sait que me conseiller : « Allez donc à Gérès ! ».

Caniçada

Au dessus de Caniçada une flèche indique la promenade n°9 vers S. Bento. En face, il y a un ravissant café avec une très belle vue sur le lac de barrage. Dominique peut m’attendre en regardant le lac.

Le Trelho S. Bento s’avère être une très mauvaise piste sans aucun balisage. C’est un sentier très raide et très glissant. Après la route, il s’enfonce dans les fourrés. Des ronces s’accrochent à mon chapeau. Peu après, le sentier disparaît complètement dans un débarras de tôles et d’orties. Je renonce et grimpe à grand peine. Arrivée sur la route, éblouie par le soleil, je cherche mes lunettes. Sans doute dans les ronces. Je retourne les chercher : introuvables !

Récréation au petit café Taskinha paraky où je dessine le lac et une jolie petite église qui pointe dans la verdure – orangers, oliviers, magnolias en fleur. Plus loin, beaux châtaigniers et coiffant la sierra des forêts de résineux.

Nous reprenons la route, espérant trouver un restaurant au bord de l’eau. Nous poussons jusqu’à Gérès. Des locations, des campings, mais pas de restaurants au bord de l’eau. Au bord de la route, cela ne manque pas, mais nous voulons voir le lac !

Finalement après avoir bien cherché, nous trouvons un restaurant perché, plus classe (donc plus cher). Demi-poulet avec beaucoup de frites. Omelette jambon fromage. Avant on nous a apporté (sans qu’on ait rien demandé) du pain, du beurre, des olives (payants en plus de la carte). Avec une ½ bouteille de vin blanc l’addition monte à 18.4€ (raisonnable pour un restau chic !).

Le retour s’effectue facilement sur les conseils d’une portugo-française qui nous indique la route de Braga . Nous traversons Terras de Burro (que nous avions tant cherché) sans nous y arrêter. Après Amares, Povoa est indiqué. Un beau pont de pierre enjambe le rio Cavado. Nous découvrons le Castelo de Povoa au dernier moment. Je comprends ma méprise. Nous avons confondu entrée et sortie de Povoa, nous étions bien sur la route 205 mais dans l’autre sens! Pas étonnant que tout soit inversé !

Esto es lo que hay, chronique d’une poésie cubaine – Lea Rinaldi

TOILE NOMADE

esto es lo que hay3

Un tour à Cuba en musique cela ne se refuse pas! Le titre annonçait de la poésie. Le résumé du hip hop et du rap. Si j’apprécie le hip hop, le rap me casse souvent les oreilles.

J’ai tenté et bien aimé. Ces musiciens dégagent une énergie et une chaleur incomparable. Parce qu’il en faut de l’énergie à la Havane, pour se produire lorsque leur concerts sont interdits, puis permis? Lorsqu’ils veulent diffuser leur musique sur Internet alors que la connexion se fait à la vitesse de la tortue. Ils se veulent libres, déjouent les pièges qu’on leur tend en cherchant à les récupérer. irrécupérables!

Documentaire? Bien sûr, mais surtout un film avec des personnages sympathiques et de temps en temps une sublime image de la Havane qui m’a fait flasher.

ESTO ES LO QUE HAY

 

 

 

Une journée à Guimaraes

CARNET PORTUGAIS 

Castelo de Guimaraes
Castelo de Guimaraes

Ma mémoire me joue parfois des tours et me conforte dans l’idée de tenir mes carnets. Nous avions visité Guimarães par une journée pluvieuse. Je n’avais le souvenir que du Palais de Dom Afonso le premier duc de Bragance. Et encore ! Je me souvenais avoir couru sous la pluie entre le palais et le parking. Mémoire infidèle : le parking est situé en haut sous le Castelo (le château fort). Le Palais Ducal  est beaucoup plus loin. Il me semblait aussi que Guimarães était une petite cité. Quand nous arrivons c’est toute une histoire de quitter l’autoroute. De hauts immeubles ceinturent l’agglomération bien avant d’arriver à Guimarães proprement dite.

Le château perché se voit de loin mais il semble s’éloigner chaque fois qu’on l’approche. Un donjon carré, des tours, des remparts à créneaux, il ressemble en beaucoup plus grand que le Castelo de Povoa de Lanhoso visité hier. Trop rénové, trop bien conservé. Je passe sans m’arrêter. Je veux avoir tout mon temps pour le Palais ducal. Un petit stop quand même pour une photo de la statue de Dom Afonso à l’entrée du parc.Il fit construire le Palais  en 1420-1422. Fils illégitime de roi, il a beaucoup voyagé et l’architecture du Palais a été influencée ée par les châteaux Normands et Bourguignons. Habité jusqu’à la fin du 15ème siècle, le Palais fut abandonné au 16ème siècle. Restauré en 1937, sous Salazar, il devint Résidence Présidentielle. Il est donc très rénové. Hautes cheminées cylindriques de briques, boiseries, toitures, tout paraît neuf.

Palais ducal
Palais ducal

La visite n’est pas tant historique  à part l’évocation de dom Afonso 1er (Afonso Henriques)1139-1185, puis les conquêtes africaines d’Afonso V (1438-1481). L’aspect historique n’est pas privilégié : le mobilier est 16ème et 17ème époque où le palais était en ruine. C’est plutôt une collection d’œuvres d’art est présentée dans de très belles salles.

palais ducal
palais ducal

Deux immenses tapisseries couvrent le mur du Salon des Pas Perdus- tapisseries de Pastrana réalisées à Tournai en Belgique illustrant les conquêtes d’Asila et de Tanger(1471). La première raconte le débarquement à Asila. On voit un magnifique navire et l’étendard royal avec une roue projetant des gouttes. La seconde décrit le siège de cette ville : à droite Afonso V est à cheval, à gauche le futur roi Jean II. Asila est représentée comme une ville européenne avec des toits de tuiles rouges. En bas on vit le déploiement d’artillerie. En haut les mâts des voiliers dépassent les maisons.

la prise d'Asila
la prise d’Asila

Des porcelaines fines et des tapis persans complètent le décor de la pièce.

La Salle du Passage est meublée dans le style portugais du 17ème siècle, bois de châtaignier sièges de cuir clouté.

la salle des banquets
la salle des banquets

La Salle des Banquets est apprêtée pour de nombreux convives. Selon le nombre de commensaux on réunissait plusieurs  tables – ici, une douzaine accolées – c’est ce qu’on appelait « dresser la table ». la vaisselle est d’étain on voit de beaux pichets et des plats ornés.

Les cabinets à tiroirs ou cabinets à secrets sont remarquables : 4 rangées de 4 petits tiroirs s’empilent. Ils sont faits de bois précieux incrusté de nacre d’ivoire ou de fils de métaux précieux.

Le salon noble est orné de la Prise de Tanger, prise sans bataille. On voit les Maures quitter la ville, les Portugais y entrer, sans bateau, sans roi ni étendard royal.

Dans la salle de Scipion, 4 tapisseries racontent l’histoire de Scipion et d’Hannibal, œuvre d’Andrea Van Dries. François 1er commanda 22 tapisseries sur ce thème. Scipion était considéré comme le guerrier parfait auquel tout monarque voulait s’identifier.

Une autre série de tapisserie sur un thème romain est dispersée dans d’autres salles.

Au sortir du Palais, je fais un détour par la Chapelle saint Michel dallée de pierres tombales.

maure ou matamore? sur la façade de Santa Clara
maure ou matamore? sur la façade de Santa Clara

La vieille ville est au bas du palais. La circulation automobile est restreinte aux résidents. C’est donc une promenade piétonnière très agréable qui nous mène d’abord sur la place bordée par le couvent Santa Clara qui a une grande façade blanche aux parements de pierre très sculptés, style rocaille (1741). Au dessus d’une statue de Santa Clara brandissant une sorte de lampe, deux guerriers manient le sabre, à leurs pieds trios têtes, anges ou victimes (?) et des coquilles Saint Jacques. C’est un peu incongru. Les bureaux de la Mairie sont installés dans le couvent. On peut visiter dans le cloître une exposition de tableaux d’un peintre local contemporain. Des tableaux, rien à dire. Le cloître, en revanche, est charmant avec ses roses et ses buis (en bon état phytosanitaire).

rue médiévale de Guimares
rue médiévale de Guimares

La petite rua Santa Maria passant sous une arche sous une loggia conduit au Largo Oliveira « une des plus jolies place médiévales d’Europe » selon nos guides. Elle est bordée de belles maisons et de l’église Nossa Senhora de Oliveira. L’Hôtel de ville ancien est posé sur des arcades à cheval sur la Place Sao Tiago. Près de l’église se trouve un curieux monument gothique abritant une croix commémorant la bataille de Salado(1349)où les troupes portugaises et castillanes alliées défirent le roi de Grenade. L’église N. SA de Oliveira est fermée, j’en découvrirai l’intérieur de retour au gîte grâce au livre que le propriétaire nous a laissé. Elle fut bâtie par Jao 1er à la suite d’un vœu en 1388 avant la bataille d’Ajubarrota,  en empiétant sur le cloître.

Place de oliveira
largo de oliveira

Nous choisissons une table au « Salad Bar » en face du petit monument gothique. Je pars explorer les rues de la ville médiévale. Les toits sont biscornus avec des mansardes rajoutées ou des pièces ressortant du toit. Linge et pots de fleurs égaient les façades. La ville historique est peu étendue. Je débouche fréquemment sur la grande promenade plantée et les places qui ceinturent la vieille ville. La place Toural a de belles façades, à une extrémité, un immeuble à deux coupoles a une silhouette originale.

autour de la ville médiévale
autour de la ville médiévale

A la recherche de l’église  Sao Francisco, je parcours la promenade plantée. L’église est fermée et rien n’indique quand elle ré ouvrira. Je ne verrai donc pas le décor d’azulejos et d’or du livre.

Pour déjeuner, nous commandons des bolhinos de bacalhau (acras avec du persil) servis dans une grande assiette carrée avec un œuf dur en quartiers, des rondelles de tomate et une salade de petits haricots très fermes assaisonnés d’oignon haché et de persil. (6.5€)

Le Musée Sampaio s’ouvre dans le cloître de N.S. de Oliveira. Sous les arcades, musée lapidaire avec des gisants, des chapiteaux, Jessé sans son arbre. Dans la première salle sont exposée de très belles sculptures de bois peint et doré surtout une émouvante Fuie en Egypte de petit format. La deuxième salle contient de l’argenterie sacerdotale dont je ne suis pas fan. L’étage contient des fresques provenant des églises des environs. Tout le reste de l’étage est organisé autour du Thème de la Bataille d’Ajubarrota. La pièce maîtresse est un triptyque doré, au centre la Nativité sur le côté droit une annonciation et une Adoration des Mages , à gauche Présentation de l’Enfant sous une autre Annonciation. Les personnages sont très soignés, très expressifs et les décors somptueux. Le Roi Jao 1er offrit à la Vierge ce triptyque en remerciement pour la victoire. La tunique que portait Jao et son armure sont aussi exposés avec une série de tableaux sur ce thème qui ne m’ont pas tellement plu.

fuite en Egypte
fuite en Egypte

Il fait chaud. Il reste encore de nombreuses curiosités à voir à Guimarães mais je n’ai qu’une envie : nager dans la belle piscine écolo.

Soajo et Lindoso : villages de montagne à la frontière espagnole

CARNET PORTUGAIS 

portugal2015dt 040 - Copie

Mon téléphone se prend pour un GPS même sans Wifi, sauf qu’il refuse de s’adapter. Quand nous lui désobéissons à Braga refusant de prendre l’autoroute, il devient muet.  La petite ville  de Villa Verde est dans une campagne assez peuplée. Puis la route continue vers le nord, franchit un petit col. Dans les hauteurs, elle passe par des forêts d’arbres magnifiques : très hauts eucalyptus, chênes énormes, pins châtaigniers. Ici, les arbres se développent bien. Dommage que le feu ravage de nombreux sommets. Ensuite, la campagne est très verte avec des vues très plaisantes sur les sommets déchiquetés. A Ponte da Barca on remonte le cours de la rivière Lima qui forme de véritables lacs de barrages dans la vallée resserrée.

Nous franchissons la rivière Lima au barrage de Lindoso où il y a une vieille centrale électrique pour arriver à Soajo.

Ermelo
Ermelo

Juste avant le village, un écriteau nous détourne vers le Monastère de S. Bento à Ermelo. La route en corniche passe nettement au dessus du village et du monastère que nous ne découvrons qu’en rebroussant chemin. C’est un beau monastère cistercien en pierre claire – il vient d’être restauré – dans un village de très vieilles maisons accessible uniquement par une rampe « interdite aux tracteurs » équipée d’un escalier en son milieu et de deux rampes pour aider à la remontée. Récemment s’est tenu une fête, des arches en contreplaqué peint portant de petites ampoules électriques enjambent la rampe. En bas, on s’affaire pour ranger les décorations et les supports des cierges. Dans l’église, le Saint se tient sur son brancard avec un bouquet d’œillets rouges.

La date de fondation du monastère est inconnue.  La première référence est 1220.  On sait qu’au 14ème siècle il fut en crise à cause de la Guerre de Cent ans et de la Peste Noire et qu’il fut concédé à l’église de Britelo. Dès 1441, il fut reconstruit et plus tard il fut décoré par des peintures 17ème siècle et le chœur lambrissé avec des colonnes dorées. Sur un écran informatif, on voit une très belle fresque que j’ai cherchée mais pas trouvée. Les moines cisterciens introduisirent dans la vallée d’Ermelo la culture de l’orange qui a prospéré grâce à un microclimat très doux. Le village est niché dans les orangeraies.

vignoble
vignoble

Soajo

Soajo est un village niché dans la montagne qui culmine à 1400m. L’habitat est aussi dispersé avec de nombreux hameaux. Soajo est recommandé par l’appli VisitPortugal mais ce n’est pas du tout un village touristique. C’est un village tout simple avec de vieilles maisons de pierre et de grandes maisons neuves, des routes goudronnées, des ruelles dallées proprement. C’est un village tout simple ; pas riche mais pas miséreux. Deux curiosités : un pilori sur la place de l’église, gros poteau de granite brut portant un visage grossièrement taillé, sculpture minimaliste fort ancienne.  L’autre curiosité est une concentration d’espigueiros(greniers à maïs ). Nous en avons vus en Galice. En forme de petites maisons longues perchées sur des pilotis, ils sont en granite avec des fentes verticales pour le séchage ; longs de 3 ou 4m, ils sont juchés sur des poteaux et reposent sur des disques. Ils sont regroupés sur un rocher granitique. En regardant par les portes de bois, on voit les restes du mais de l’an dernier entassé au fond.

Espigueiros
Espigueiros

Je vais me promener dans les petites rues à la recherche d’un restaurant ou d’un bar. Dans un bar, des ouvriers déjeunent au fond de la salle. La boulangerie fait aussi épicerie de dépannage avec du jambon blanc et du chorizo.

Nous trouvons notre déjeuner sous un saule tortueux, sur une terrasse ne payant pas de mine en contrebas de la route à l’écart du village. Sur une ardoise le menu est annoncé : 5.5€ plat du jour, soupe boissons. Le plat du jour est du lapin avec des pommes de terre. Je commande une demie -dose (comme l’a recommandé la dame de l’avion) trois gros morceaux.

Lindoso

les rues pentues sous les tonnelles de Lindoso
les rues pentues sous les tonnelles de Lindoso

Lindoso, à la frontière espagnole, est un village très pentu construit à flanc de montagne, caché derrière ses tonnelles de vigne. Les Portugais conduisent leurs vignes en hauteur à parfois 3 même 4m sur des piquets de granite ou de ciment ou sur des tiges métalliques, parfois de grands arbres. Les tonnelles vont d’un champ à l’autre, d’une maison à l’autre formant un tunnel au dessus de l’étroite route pavée. Monter à Lindoso en voiture est une hérésie pourtant plusieurs voitures sont garées sur des parkings improbables. Comment font-ils ? Contrairement à Soajo qui s’est adapté à la modernité Lindoso au flanc de la montagne reste plus traditionnel. Les pavés cachent les canalisations d’eau. Quand nous étions venues il y a 16 ans j’avais gardé dans mon souvenir les grosses dalles inégales et le ruisseau qui coulait au milieu de la rue qui ressemblait à celle de Citânia de Briteiros. Peut être ma mémoire avait exagéré ? Le GR rouge et jaune traverse le village. Je me promène tranquillement, dérange deux ou trois chats qui faisaient la sieste au milieu du chemin puis je descends sous les tonnelles ;

portugal mp1 087 - Copie

Dominique est installée au café sous la vigne et sous les kiwis. Dans la salle, des vieux jouent aux cartes. Le long du mur, une famille est installée. Le gamin a l’air terrible. Trois chiots se roulent par terre.