Le tout nouveau testament de Jaco van Dormael

CINÉMA BELGE 

Le tout nouveau testament

Décidément les belges ont des idées!

Et de l’humour!

Franchement, j’hésitais beaucoup, Yolande Moreau, oui, Poelvoorde, moins. J’avais peur d’une comédie lourdingue,  la bande annonce ne m’avait pas convaincue. La critique favorable de Dasola a joué en sa faveur.

Et je n’ai pas regretté.

C’est du bon cinéma, avec des trouvailles incongrues et plein de surprises. Deneuve avec le Gorille c’est moyen, mais le reste est vraiment original. Trouvailles visuelles,  idées iconoclastes, Dieu comme un sale type, la Cène en équipe de base-ball américain…

Il faut que j’arrête : l’effet de surprise est capital.

 

Atlantique : Praia de Areia – Peniche – Nazaré

CARNET PORTUGAIS

plage déserte au pied des falaises
Caniçal : plage déserte au pied des falaises

La plage la plus proche, Praia de Areia, ne nous séduit pas au premier abord. Un haut et unique immeuble domine les toits rouges des maisons balnéaires. Le sens unique nous interdit de nous approcher de la plage où des surfeurs s’ébattent dans les vagues. Nous cherchons plus sauvage vers le nord.  Une route très étroite court en corniche sur les  hautes falaises variant de rouge à vert, en passant par gris à beige là se trouvent les niveaux fossilifères ayant livré les dinosaures. Au pied des falaises,  la mer semble tranquille, il y a de belles plages désertes. Personne sur la plage de Caniçal, les aménagements se limitent à une poubelle et deux pancartes, prévenant en 4 langues que la baignade n’est pas surveillée, et avertissant : « chutes de pierres ». Je parcours avec délice le sable vierge avec aussi un pincement d’appréhension : je ne sais pas si la mer monte ou descend. Le sable sec n’existe pas. Au fond de la plage j’ai peur d’être prise dans un piège. Je ne m’attarde pas.

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Un peu plus au nord, il y a un petit fort carré et en dessous quelques barques. C’est la plage de Paimogo d’où viennent les œufs de dinosaures.

Fin de la route.

Plage d'Areia Branca
Plage d’Areia Branca

Retour à Praia de Areia Branca. Nous nous attablons à la première terrasse pour déjeuner ; Tables et chaises jaunes, protégées du vent par des cloisons de verre. Plat du jour : escalopes aux champignons et à la crème (6.5€). Au pied de la terrasse, une promenade piétonnière avec des douches et des bancs. Sur la plage, les tentes sont carrées, en toile rayée, comme en Normandie. Drapeau jaune. Les baigneurs les plus intrépides se tiennent debout alignés et attendent que la vague les mouille. Au bout de la digue, je découvre une très longue plage avec quelques tentes et quelques parasols (cela se dit chapeu). J’aimerais aller plus loin sur cette plage déserte au sable fin et tiède. Au lion, se profilent encore des falaises.

Peniché : les rochers étrange de Ca
Peniché : les rochers étrange de Carvoeiro

Retour par Peniche. A l’entrée de la ville, on goudronne le rond point, provoquant un embouteillage monstrueux. Que sommes-nous faire ici ? Finalement c’est notre tour et nous poursuivons sur Carvoeiro qui est un curieux affleurement de calcaire gris aux strates horizontales et fines que l’érosion a attaquées dégageant des empilements pittoresques. Au bout du cap se tient un petit phare métallique rouge. Sur l’autre côté, les figures d’érosion sont différentes : lapiaz ? Un GR est tracé, des poissons de bois jaunes signalent les descentes à la mer pour les pêcheurs.

De Peniche, nous apercevons la marina (porto de diversion). Nous cherchons le port de pêche ! Nous nous perdons et râlons, énervées parce que l’embouteillage nous a contrariées. C’est dommage parce que nous ne profitons pas de la découverte de quartiers de pêcheurs aux maisons modestes (pêcheurs ou conserveries). Les gens sont encore habillés de façon traditionnelle, ls dames tout en noir avec leur fichus et leurs grosses lunettes. On finit par retrouver le rond point, entre temps la police a mis en place une déviation : nous découvrons un peu tard le port de pêche derrière des grillages. Il y a de gros bateaux, un grand bâtiment peut être la criée. C’est vraiment un gros port plus grand que celui du Guilvinec que nous avons visité récemment.

La plage de Nazaré vue de Sitio
La plage de Nazaré vue de Sitio

Une voie rapide nous conduit à Nazaré (2.1€ péage). Le temps est couvert, il fait très frais. Après les courses nous suivons la flèche marron portant des jumelles « sitio », imaginant un point de vue (à cause des jumelles). Le quartier est pavé. Les maisons sont anciennes. Il y a de nombreux restaurants de coquillages. Sur une petite place les arènes sont blanches peintes aux couleurs espagnoles rouge et jaune. La prochaine corrida est le 25 juillet mais la porte est ouverte. On jette un coup d’œil à l’arène bien ratissée. Les corridas portugaises sont plus sympathiques parce qu’on ne met pas à mort le taureau.

On se gare entre le théâtre et l’hôpital. Le théâtre est surmonté d’un macaron avec masque et trompette/ l’hôpital est une bâtisse blanche fin 19ème . On accède à la grande place en passant le long de la grande église perchée sur un haut perron arrondi construite de belles pierres roses et blanches. Au milieu de la place, le kiosque à musique est peint en jaune, accompagné de quelques palmiers. De nombreuse boutiques proposent des souvenirs bon marché : torchons aux motifs stéréotypés de coqs portugais, tabliers rouge ou verts… les marchandises les plus originales  sont de belles vestes tricotées mail, grises ou beiges, des ponchos aux aiguilles ou au crochet, des petites capes courtes en côtes anglaises.

la vendeuse de fruits secs
la vendeuse de fruits secs

Le dernier côté de la place est le Minadouro point de vue dominant la plage/ Des marchandes de fruits secs, de lupins et d’arachides salées sont habillées en costume traditionnel la jupe courte est gonflée par plusieurs jupons, un foulard à carreaux est noué en turban sur la tête ; Elles attirent les passant en chantant et dansant. Un autre mirador est installé plus haut à l’arrivée de l’ascenseur qui est un funiculaire reliant la plage au Sitio. On surplombe les tentes carrées alignées deux par deux, le sable d’or et l’eau transparente. On voit au fond, le port. Il est loin, le temps où les barques étaient hissées sur le sable, tirées par des bœufs. De vieilles cartes postales témoignent de ces anciennes pratiques.

Plus bas, sur une petite avancée ; le phare de Nazaré est construit sur un petit fort de pierres aux murs de beaux moellons aux arêtes aiguës. Pour 1€, le phare se visite. Musée très petit mais très bien fait ! Des panneaux racontent les guerres napoléoniennes. En 1808 les troupes françaises attaquèrent  le fort défendu conjointement par les Portugais et les Anglais de Wellington. Les panneaux racontent également les « guerres libérales » opposant libéraux et absolutistes dans les années 1840. La salle suivante est dédiée à un curieux phénomène : les vagues géantes de Nazaré et le Canyon sous-marin de Nazaré. On essaie de répondre à cette question : pourquoi de si grandes vagues jusqu’à 30m de hauteur à Nazaré ? D’autres panneaux racontent l’origine du sable sur les larges plages et tracent les courants marins alimentant en sable le rivage.

 

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Un audiovisuel montre les exploits d’un champion de surf.

A la sortie du phare, je découvre la belle plage du Nord. Comment y accéder?Peut être en traversant la pinède. En face de la route de Fanhais il y a une route mais elle se transforme en piste qui tortille dans la pinède.

Tsili film d’Amos Gitaï

TOILES NOMADES

Tsili

Je suis une fan inconditionnelle d’Amos Gitaï et de Aharon Appenfeld qui a écrit le roman  Tsili. Il fallait donc que je voie le film. Mais peut être aurais-je dû lire le livre avant. J’aurais sans doute mieux suivi cette oeuvre a-typique. Amos Gitaï sait raconter une histoire en utilisant les canons du cinéma habituel. Il peut aussi produire une installation avec des vidéos comme celle dédiée à son père avec le documentaire Lullaby to my father qui m’avait beaucoup émue.

Le générique de Tsili est une chorégraphie, une jeune fille (Tsili?) danse sur fond noir en chemise de nuit blanche. Long plan-séquence. Je sais que ce ne sera pas un film d’action, plutôt un film contemplatif. Tsili vit dans les bois, dans ces forêts où étaient les Partisans  d’Appenfeld. Elle mange des baies, se fabrique un nid. Visuellement il ne se passe rien, en revanche la guerre est présente dans la bande sonore. C’est autant un film à écouter qu’à regarder.  Arrive un jeune homme, Marek, qui essaie de nouer un dialogue, offre du pain, leurs rapports sont très étranges. Scène de viol. Tsili ne veut pas. Très pénible pour moi. Succède une scène très tendre où les amants dorment dans un nid de branchages. Compliqué : Tsili est joué par deux actrices aux longs cheveux mais qui ne se ressemblent pas; Pourquoi? 

 

Une colonne de réfugiés marche vers la mer. La mer Noire ou la Méditerranée. Ils s’abritent sous un hangar.

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Puis suivent des images d’archives. Des enfants de diverses communautés d’Europe Centrale, prises avant la guerre. Très émouvantes.

Il faut que je lise le livre!

Lire la critique ICI

 

Les dinosaures de Lourinha

CARNET PORTUGAIS

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Lourinha se trouve au sud de Caldas da Rainha. Sur A8 on dépasse Obidos dont la silhouette nous est familière, on la quitte à Bombarral sud. Le Musée de Lourinha est au centre ville piétonnier. Il faut se garer un  peu loin. Le quartier est très vivant, il n’y a pas de boutiques à touristes mais des boucheries, des coiffeurs….

Nous avons fait le voyage pour les dinosaures mais il y a également une fort jolie section ethnographique que nous parcourons , talonnées par un groupe d’enfants en visite guidée. Les environs de Lourinha comptent de nombreux gisements de fossiles. Une des vedettes du Musée est Lourinhosaurus antunesi  matéus (allausaure) découvert en 1982 par un agriculteur. Le fossile est incomplet, on a trouvé les vertèbres cervicales, dorsales sacrales et caudales, la ceinture pelvienne, un fémur, un tibia et péroné. IL mesurait environ 4.5m, était carnivore et vivait il y a 150Ma limite

os d'embryon de dinosaure dans l'oeuf
os d’embryon de dinosaure dans l’oeuf

Tithonique/Kimméridgien. En 1977, un nid comprenant 120 œufs a été découvert sur al plage de Paimogo ; plusieurs embryons ont été identifiés : on voit les minuscules vertèbres et deux fémurs en position encore dans l’œuf.

En 2013, à Porto das Barcas, des œufs et embryons de Torvossarus ont été mis à jour.

Mais ce n’est pas tout !

Un autre dinosaure a été nommé d’après le toponyme de Lourinha : Supersaurus Lourinhensis Jurassique supérieur (152Ma). Super dinosaure, donc énorme ! Dans son estomac il y avait des gastrolites aidant à la digestion.

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Miragaia Longicolum (ornithoschia) a également été retrouvé à Lourhina. C’est un dinosaure au long cou et à épines : sur le haut du dos il portait des épines triangulaires et plates tandis que vers le bas c’étaient de fines pointes.

Enfin, le Musée présente aussi Zby Atlanticum (150Ma).

Six dinosaures d’espèces différentes pratiquement contemporains c’est vraiment une grande richesse pour un petit musée.

Et ce n’est pas tout !

Metoposaurus algarvensis (fin du Trias 220Ma) vient d’un  peu plus loin. Ce n’est pas un dinosaure mais plutôt une salamandre géante.

Le Musée de Lourinha est aussi partie prenante dans deux projets africains depuis 2005. PALNIASSA au Mozambique et PALEOANGOL. Cette collaboration a permis des découvertes significatives dont le Niassodon, un petit mammifère de 30cm de long trouvé au Lac Niassa et daté du Permien. A côté du fossile encore dans sa gangue on a reproduit l’animal avec une imprimante 3D. Le résultat est impressionnant : un petit squelette blanc en plastique bien plus parlant our la profane que je suis ; On imagine la taille, la démarche du petit animal.

En plus, on présente la tête d’une tortue jurassique, des restes de crocodiles et une jolie collection d’invertébrés : des oursins et leurs piquants dans une argile fine< ; plus étonnant encore : les tentacules d’un céphalopode.

cephalopode
cephalopode

Les végétaux ne sont pas oubliés : equisetum (prêles) fougères et bois fossiles retracent une frise de l’Evolution des végétaux.

Ce musée est très bien présenté. Les panneaux illustrés sont bilingues (Portugais/Anglais). Des répliques des animaux permettent d’imaginer la silhouette à côté des restes fossiles (forcément incomplets).

J’ai oublié de noter le nom du petit reptile volant suspendu au plafond.

paléontologues en herbe
paléontologues en herbe

Pour compléter cette intéressante visite, on voit les techniciens et les paléontologues au travail, dégageant les fossiles, les nettoyant à la brosse à dents ou aux outils de dentistes, vernir ce qui a été dégagé. Des enfants se sont joints aux spécialistes(leurs propres enfants ou ceux d’un club local ?

Tomar – forteresse des Templiers – monastère énorme

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Tomar : l'église des Templiers
Tomar : l’église des Templiers

71km entre Nazaré et Tomar en passant par Alcobaça et la route IC9 toute neuve, vide qui traverse un massif – collines ou montagne ? – plutôt montagne à cause du relief malgré la faible altitude. Ds bancs calcaires sont en saillie.

C’est un paysage très différent de ceux que nous avons vus au Portugal. L’olivier confère un goût de Méditerranée. La vigne est plantée en rangs parallèle assez bas alors que dans le Minho elle grimpe. Villages perchés dispersés. Beaucoup moins de construction que dans la zone côtière. De grands viaducs enjambent les vallées creusées par des rivières invisibles mais nombreuses. On passe à quelques km de Fatima sans s’arrêter. Les apparitions et les sanctuaires du 20ème ne me disent rien.

Le couvent de Tomar est au sommet de la colline. On y accède par une rampe pavée très raide, crest toute une ascension pour découvrir en haut un grand parking, une route et des voitures. Une flèche indique le Castelo.  Château fort ou couvent ? C’est la même chose dit la jeune fille de la cafétéria. Les grosses tours carrées et les remparts ressemblant à ceux d’Obidos cachent le couvent pourtant énorme. Le Castelo était une forteresse des Templiers fondé en 1160 sur un fort maure du 9ème siècle au 12ème. L‘influence proche-orientale se remarque dans les renforcements inclinés des murailles qu’on voit en entrant par une chicane qui ne laisse voir qu’une échauguette surmontant le rempart.

Tomar : murailles
Tomar : murailles

En 1319, l’Ordre des Templiers est dissous et le château passe à l‘Ordem de Cristo.

On découvre après l’église des Templiers bâtie au 12ème siècle sur le modèle du Saint Sépulcre  – la Charola . Le nouveau bâtiment fut érigé par Jao III au 16ème siècle.

Tomar : porche de Joao de Castilho
Tomar : porche de Joao de Castilho

Avant d’entrer on est rempli d’admiration devant la finesse du porche plateresque de l’Espagnol Jao de Castilho : les angelots musiciens grimpent dans les feuilles d’acanthe tandis queu les personnages sont finement ciselés.

La visite est fléchée. Elle commence par le Cloître du cimetière dallé de pierres tombales. Au milieu quatre orangers et un massif sont dans des jardinières d’azulejos qui rappellent les zelliges mauresques. Les arcades sont gothiques avec de petites colonnes géminées aux chapiteaux végétaux. Les murs sous les arcades sont carrelés d’azulejos bleus et blancs aux motifs végétaux.

Cloître du Cimetière
Cloître du Cimetière

Le Cloître des Ablutions (1420 agrandi au 16ème) tient son nom de la présence d’un puits entouré de quatre massifs de romarin. Les arcades sur deux niveaux sont gothiques.

La toute petite chapelle Portocarneiros est entièrement carrelée. Le jaune éclaire cette pièce aveugle.

La Sacristie possède un magnifique plafond à caissons de bois peint (1629-1630). Un long lavabo occupe un mur. L’eau sort de 5 têtes expressives même rigolardes.

Tomar : croix des templiers dans l'église manueline
Tomar : croix des templiers dans l’église manueline

L’église manuéline (16ème siècle) est construite sur deux niveaux. Du chœur haut on découvre la rotonde des Templiers. Dans l’église manuéline  j’admire la finesse des sculptures aux motifs des Navigateurs : cordes, nœuds marins, sphère armillaire ainsi que les croix des Templiers que l’ordre du christ a adoptée.

Charula : église byzantine des Templiers
Charula : église byzantine des Templiers

Une somptueuse fresque précède la Rotonde. Cette Rotonde dorée, surchargée de motifs brillants de bois peint doré est qualifiée de byzantine. Au centre 8 colonnes se rejoignent pour former une sorte de chœur circulaire. Tout autour il y a des statues de bois peint. Une sorte de déambulatoire est orné de tableaux et de fresques.

 

Tomar : cloître principal
Tomar : cloître principal

Le Cloitre Principal (16 ème) a été dessiné par Diogo de Torralva, admirateur de Palladio. Il a un air d’Italie avec ses colonnes « toscanes » premier niveau, ioniennes à l’étage. Les arcs sont ornés de caissons. Une certaine sobriété contraste avec l’exubérance manuéline. Par des escaliers en colimaçon évidés on parvient à la terrasse – terrasse de cire – on y faisait sécher la cire d’abeille. De cette terrasse on découvre deux autres cloîtres : le Cloître des Corbeaux et le Cloitre de Micha. On est aussi très roche des pinacles de la nef manuéline. Je peux photographier les motifs marins. Au centre du grand Cloître la très belle fontaine a une vasque en forme de la Croix des Templiers ;

Le Réfectoire est à l’échelle du couvent : immense ! De longues tables occupent toute la longueur. On peut imaginer les moines dîner en silence tandis que le lecteur se trouvait dans l’une des deux petites chaires finement ciselées.

Les cellules sont réparties de chaque côté de deux couloirs qui se coupent en croix et qui sont ornés d’azulejos. Au croisement, on trouve une curieuse pièce Calefactorie où on allumait du feu pour que les moines  assis sur des bancs puissent se réchauffer.

Tomar : fenêtre manuéline
Tomar : fenêtre manuéline

De l’une des cellules s’ouvrant sur le cloître Sainte Barbara (ou sainte Barbe), on découvre le chef d’œuvre du monastère : la Fenêtre Manuéline. A sa base le « capitaine » soutient à bout de bras deux mâts aux multiples décors. On reconnait des chaînes, des coraux, des algues, des cordes et des câbles. Les cordes sont nouées de nœuds marins. Au sommet la croix de l’Ordre couronne la fenêtre. Tous ces symboles glorifient la puissance et la richesse des Navigateurs.

Il reste encore deux cloîtres à explorer, beaucoup moins ornés que les précédents. Du cloitre des corbeaux il n’y a pas grand-chose à dire. Le cloître de Micha, en revanche est très différent. Il est pavé plus grossièrement et les arcades sont également plus frustes. Le patio n’est pas planté. Son dallage creusé d’une rigole destinée à conduire les eaux de pluie dans une citerne. Nous avons vu récemment en Tunisie des citernes analogues dans la cour de palais ou de mosquées.  Le nom de « Micha » vient de la distribution de miches de pain aux indigents, ce qui explique la relative sobriété du décor .

Il faut descendre par la rampe bien raide aux pavés irréguliers et glissants. On rase les murs pour trouver un peu d’ombre.

Rues de Tomar pavoisées pour la fête des Tabuleiros
Rues de Tomar pavoisées pour la fête des Tabuleiros

La Praça de la Republica est bordée d’un côté par l’église Sao Jao Baptiste au délicat portail manuélin que nous négligeons après toutes les splendeurs du monastère. De chaque côté des boutiques et les terrasses de trois pâtisseries. Le projet était de déjeuner en ville. On ne sert ici que des gâteaux. Le choix est : s’installer sur es terrasses aérées de la place mais ne manger que du sucré (ou presque) ou chercher u n petit restaurant dans les rues étroites par cette chaleur étouffante. On choisit la première solution avec des petits pâtés à la viande et aux crevettes et une sorte d’omelette sucrée au lait caramélisée sur les deux faces, sorte de crème brûlée délicieuse.

Nous avons de la chance : la semaine dernière s’est déroulée la Fête des Tabuleiros qui n’a lieu que tous les deux ou trois ans. Toute la ville est décorée de fleurs, pompons, guirlandes en papier crépon< ; Certaines rues ont une véritable allée couverte avec arcades et guirlandes et même un tapis de fleurs ; Certaines boutiques ont une tapisserie de fleurs en papier ;

La ville moderne commence en delà de la rivière ou une grande roue avec des cruche tourne sur elle-même.

A Tomar se trouve une des plus anciennes synagogue du Portugal, transformée e Musée hébraïque. J’aurais beaucoup aimé la visiter; Fermée quand nous sommes descendues du monastère

Much loved – film marocain de Nabil Ayouch

TOILES NOMADES 

Film sur la prostitution au Maroc. Politiquement incorrect? En tout cas interdit par la censure et ayant déclenché des réactions violentes dans son pays. Sorti aujourd’hui sur nos écrans parisiens. 

MUCH LOVEDJ’ai passé un excellent moment. Des filles belles, chaleureuses, pleines de vie, joyeuses et généreuses. La vie ne leur fait pas de cadeau, mais elles ont décidé d’en profiter et de donner à ceux qui sont moins bien lotis qu’elles, et même de prendre des vacances!

 

 

Obidos

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Il fait bien gris et frais (16°). Sous les nuages, nous longeons la côte vers le sud jusqu’à Caldas da Reinha – station thermale depuis le 15ème siècle – maintenant, ville active avec grandes surfaces, zones piétonnières et embouteillages. Au retour, on prendra l’autoroute pour l’éviter !

Obidos est un village très touristique qui se voit de loin avec ses tours carrées et ses remparts crénelés coiffant une colline. A l’entrée, un étrange bâtiment attire notre attention : le Sanctuaire Senhor da Pedra(1740-1747) au plan octogonal selon le Guide Vert. Etrange octogone dont aucune face ne ressemble à une autre. Difficile de trouver une symétrie. Deux arcades encadrent une belle vue de la ville close. La façade bombée s’ouvre par un magnifique porche baroque aux volutes et pompons de pierre. Les architectes ont conçu de curieuses fenêtres mises – deux à deux –  ressemblant à un  sablier, les concavités se touchant ; A l’arrière les décors sont moins soignés. Les toits sont de tuiles bicolores rouge et vertes.

Senhor da Pedra
Senhor da Pedra

Deux femmes avancent, balais à la main, un gros bouquet de marguerite et une énorme clé. Elles viennent faire le ménage et sont assez gentilles pour nous laisser un coup d’œil à l’intérieur. (Lundi c’est fermé). Je filme la coupole décorée de bleu, les balustres et les arches. Poliment mais fermement on nous met à la porte.

Il faut laisser la voiture au parking à l’entrée du village. On peut louer des véhicules électriques 20€/h.  Tous les visiteurs se concentrent dans la rue principale la Rua Direita où les échoppes se succèdent. Une sur deux propose la spécialité locale la Ginja – liqueur de cerise servie dans une coupelle de chocolat (principe du Mon Chéri). Il y a aussi de belles fringues et même une librairie d’occasion, des restaurants, des marchands de souvenirs.  On se bouscule. Touristes de toutes nationalités – souvent avec enfants et épées de bois – Moyen Âge oblige – se pressent dans une ambiance Concarneau. Un accordéoniste chante, assis sous la Porta da Vila, un autre musicien a un curieux instrument à percussion métallique. Des personnages sont déguisés en moyenâgeux sorcière ou médecin avec un masque bec d’oiseau. Des jeunes chevelus fabriquent des bijoux en macramé –fort jolis mais fort chers.

Porta da Vila
Porta da Vila

Il faut s’attarder dans les ruelles  et les venelles perpendiculaires étroites et vides pour profiter du charme des maisons blanches soulignées de jaune ou de bleu. Bougainvillées violettes, bignones orange, géraniums rouges ou mauves dégoulinent par-dessus les murs ou s’échappent de poteries au sol ou accrochées aux murs. On aimerait tout prendre en photo.

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le pilori et l’églises

La Praça Santa Maria se trouve sous le pilori calcaire orné du « filet d’Obidos ». Le roi Dinis en visite en 1282 fut séduit par la ville et l’offrit à la Reine Isabelle qui l’accompagnait. Depuis Obidos fut l’apanage des reines. En 1491, l’Infant se noya à Santarem dans le Tage et fut retrouvé dans les filets des  pêcheurs. Sa mère, la reine

le filet d'Obidos
le filet d’Obidos

Leonor vint chercher l’apaisement de son deuil à Obidos. Le filet sculpté sur le pilori rappelle ce drame. La place sous le pilori est calme :une belle fontaine, en face l’église Santa Maria, à droite, une belle maison et la Poste.

Avant le tourisme, nous entrons à la Poste payer nos péages d’autoroute. Curieuse coutume. La plupart des autoroutes ont  des péages avec des cartons, on paie en sortant à un employé ou à une machine. Il existe au Portugal un autre système : des portiques flashent les véhicules. On dispose alors de 5 jours pour s’acquitter du péage soit à la Poste soit dans les Payshops des supermarchés. Il existe aussi un abonnement – Europcar nous l’avait proposé pour 18€.

Eglise Santa Maria

D’après le guide Vert, Afonso V y épousa en 1444 sa jeune cousine de 8 ans. Depuis el 15ème siècle, l’église a subi des transformations. Les murs furent recouverts complètement d’azulejos (17ème s). les tableaux de Jao Da Costa ne m’ont guère intéressée. Les décors du plafond, en revanche, m’ont étonnée. Les anges ou putti m’ont semblé très bronzé, Africains ou métis, rappellent- ils l’empire portugais d’Afrique des îles ou du Brésil ? Belle piéta sculpté délicatement attribuée à l’atelier de Chantereine.

la prison
la prison

Au bas de la place, une maison à arcade avec un escalier extérieur était la prison.

Continuant la rua Direita, nous arrivons en haut de la ville sous le château – maintenant une pousada .J’accède aux remparts dont je fais le tour complet en ¾ d’heure. Ils datent des Maures mais ont été restaurés à nombreuses reprises et sont en excellent état. La vue sur les toits est merveilleuse. Je découvre l’intérieur des cours,  parfois un néflier ou des orangers, des placettes avec les tables d’un restaurant où je déjeunerais volontiers, les piscines des maisons d’hôtes.

vue des remparts
vue des remparts

Nous avions imaginé déjeuner à la mer, sur les quais d’un port ou sur une plage.

Négligeant la voie rapide A8 (que Maria appelle familièrement Oitou)nous nous engageons sur les petites routes qui tortillent dans la direction de Peniche. A force de tournicoter, nous remontons sur Oitou en direction de Bombarral, c’est-à-dire à l’opposé, vers l’intérieur des terres. Nous regrettons le GPS cassé ! Reprenons l’autoroute vers Peniche et sortons à Praya del Rey (qui figure sur la carte). La route traverse des vergers : pommes, poires, cerises, toute la région en est plantée. Puis des forêts très denses d’eucalyptus et de pins. Sur les dunes, près de la mer, on a installé deux golfs . L’herbe très verte contraste avec la dune. Posées ici et là, les belles pancartes bleues du Marriott5*indiquent le front de mer ; La plage est merveilleuse. On y accède par un ponton de bois ,au dessus des chardons bleus qui embaument ; la plage de sable blanc est protégée par une falaise. Il y a quelqeus parasols carrés. Pas de bar de plage. Rien. Les parasols sont ceux du Marriott. Ce n’est pas là que nous déjeunerons. UN minibus débarque un groupe de Chinois. Demi-tour.

Deuxième golf, hôtels 5*…on tourne le dos à la mer, direction la lagune d’Obidos. On trouve es lotissements moins luxueux que ceux des golfs, enfin deux tavernes, une petite typique mais complète. La seconde Le Restaurant d’Edgars, plus contemporaine avec Wifi. Nous nous attablons passé 14h. Le menu est alléchant ; Il y a des fruits de mer. Plat du jour sardines 9.5€. Bien cher pour des sardines ! Le serveur ne parle que Portugais mais communiquer est facile avec le menu en main ! Il annonce qu’avec les sardines, vient aussi la soupe et le dessert et même la boisson et le café sont compris. Dans la soupe orange nagent des feuilles de chou. Quatre belles sardines dorées grillées à point et 4 petites pommes de terres nouvelles décorées de lanières de poivron rouge sont disposées sur une assiette rectangulaire. Dommage que le pudding d’œufs soit terminé (il est passé 15h), je prends une glace.

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La plage est grande. Il faut beaucoup marcher dans le sable sec pour atteindre l’eau, pas assez profonde pour nager. Les enfants pataugent. Les hommes trainent des filets et pêchent à pied. Je marche le long de l’eau espérant atteindre la passe sur l’océan ouvert et les grandes vagues. Mais il faut contourner des bassins. Pour rentre, je remonte les jambes de mon pantalon et traverse un bras de mer. C’est juste !

Sur le sable, un seul bateau échoué, la coque bleue, et plein de couleurs en haut. Allons- nous trouver la dernière des barques colorées qui nous avaient enchantées il y a 35 ans ? je fonde, appareil photo sorti ! Ce n’est pas du tout une barque mais trois parasols et un paravent bleu !

Une barque????
Une barque????

Pour le retour je demande à Googlemaps de remplacer le TomTom défaillant. Jusqu’à Obidos il nous promène dans marais et vergers sur de jolies petites routes. Le soleil est sortion refait les photos d’Obidos sous le soleil. Sur la A8 (oitou) le téléphone perd le signal. Aucune importance puisque Nazaré est bien signalé.

A la sortie du rond point il y a même un panneau « Fanhais ». la route s’engage dans la belle pinède, il y a même un petit lac. Nous arriverons directement au gîte croyons nous. A une fourchette nous choisissons la gauche, roulons, roulons dans les pins. Le revêtement se détériore ; IL y a d’énormes nids de poule. Une petite dune a même recouvert la chaussée. Nous enjambons l’A8 sur un pont qui ne mène nulle part. Cela ressemble à un cauchemar. Finalement nous revenons en arrière jusqu’à la fourchette, prenons à droite, passons sous l’autoroute et reconnaissons notre village.

Fin d’après midi à la piscine.

la Reine morte – Henry de Montherlant

CARNET PORTUGAIS 

Tombeau d'Inès de Castro
Tombeau d’Inès de Castro

Après la visite d’Alcobaça, la lecture de la pièce s’imposait!

De Montherlant, je n’avais qu’un vague souvenir du Maître de Santiago, grandeur, style, impressions adolescentes.

Je croyais trouver une sorte de Roméo et Juliette , tragédie de l’amour fou, impossible. C’est plutôt le Roi Lear! 

Pedro et Inès ne sont pas les héros de la pièce.

Montherlant a campé la figure du roi Ferrante – roi vieillissant – qui impose un mariage politique avec l‘Infante de Navarre à son fils qui ne peut le conclure puisqu’il est déjà secrètement uni à Inès de Castro. Ferrante est le personnage principal de la pièce, monarque, il incarne l’Etat et la raison d’Etat. La raison d’Etat s’opposant à l’amour, c’est classique dans la tragédie. Il ne s’agit pas uniquement de cela. Ferrante, vieillissant délire, il signe un pacte avec Aragon, sachant que ce traité lui sera défavorable, il convoque ses conseillers, courtisans flatteurs ou félons auxquels il n’accorde aucun crédit. Il exerce son pouvoir absolu et capricieux plus par le goût du pouvoir que par souci de l’intérêt du Portugal. Il se grise de son pouvoir, il méprise aussi bien son fils que ses courtisans. Il a pouvoir de vie et de mort sur l’évêque de Guarda, sur Lourenço Payva, sur Inès. S’il épargne l’évêque par politique vis-à-vis du Pape, il est seul maître du destin des deux derniers. Pourquoi ordonnera-t-il l’exécution d’Inès? Pour prouver qu’il est le roi? Parce qu’il a été défié par son conseiller? Parce qu’enceinte, elle porte la vie alors qu’il est au seuil du trépas?

L‘infante de Navarre est l’autre personnage fort de la pièce qui commence par ses stances. Personnalité royale, elle aussi. Offensée par le refus de Pedro, elle ne cherche pas à nuire à sa rivale. Au contraire! Elle cherche à l’attirer à elle en Navarre. Elle en tombe amoureuse.

Inès est autant mère qu’amoureuse. Amoureuse, certes quand elle va voir Pedro en prison, mais c’est en tant que mère qu’elle irrite Ferrante. C’est l’évocation de l’enfant à venir qui cèlera son arrêt de mort.

La Reine morte m’a donc réservé des surprises!

J’ai été très intéressée par les présentations de la pièce de l’édition Folio THEATRE, imaginer Madeleine Renaud dans le rôle d’Inès, imaginer aussi l’impatience des spectateurs en 1943 sachant que le métro passait à 11h20 à Palais Royal. Allusion du film de Truffaut!  J’ai hâte de voir la pièce en entier!

 

http://television.telerama.fr/television/la-reine-morte-ressuscitee,42727.php

http://television.telerama.fr/television/la-reine-morte-ressuscitee,42727.php

PS je viens de visionner le film. Il s’agit bien de film et non de captation de théâtre. Beaux décors, je reconnais Tomar. La fin m’a surprise. La mort de Ferrante très plastique voulue par Montherlant et le rôle du page a été modifiée. Le metteur en scène a préféré terminer sur l’hommage de la cour à la Reine Morte, comme on m’a raconté la légende à Alcobaça.

Alcobaça – la Reine morte et installation de Cristina Rodrigues

CARNET PORTUGAIS 

Eglise d'Alcobaça
Eglise d’Alcobaça

Le monastère occupe tout un côté d’une vaste place, la façade baroque de l’église est encadrée par de très longs bâtiments sobres.

Passé le porche surchargé de décors, dépassés les grandes silhouette de Saint Bernard et de Saint Benoît, on entre dans un monastère cistercien, donc dépouillé. La nef de l’église est haute. Les arcs brisés annoncent le gothique mais on n’a pas ouvert les verrières qui éclairent les cathédrales gothiques. Les chapiteaux sont romans. Il faut se dépêcher de visiter l’église, la Messe va bientôt commencer et on chassera les touristes.

Le tombeau de Dom Pedro
Le tombeau de Dom Pedro

Les tombeaux d’Inès de Castro et de Dom Pedro se font face dans le transept. Ce sont les protagonistes de la pièce de Montherlant, la Reine Morte. Dom Pedro ; fils du roi Afonso V, marié à l’infante d’Espagne Constança, tomba amoureux d’Inès, la suivante de l’Infant, Inès de Castro. Afonso V éloigna Inès. A la mort de Constança, Pedro alla vivre avec Inès à Coimbra. Afonso fit assassiner Inès et Pedro se rebella contre son père. A la mort du roi Afonso, Pedro, révela son mariage secret, fit exhumer Inès, la couvrit de pourpre et la couronna. Il contraignit les nobles de la cour de baiser la main de la reine morte et fit arracher le cœur de ses meurtriers.

Baldaquin dans la salle des Rois : Christina Rodrigues
Baldaquin dans la salle des Rois : Cristina Rodrigues

Cette histoire – macabre – donne un éclairage particulier à la visite. C’est aussi le fil rouge pour une autre visite : celle de l’installation de la plasticienne Cristina Rodrigues dans les murs du monastère. Je suis souvent sceptique à propos de ces installations dans des lieux prestigieux. Parfois le cadre magnifie une sculpture quelconque, parfois il la ridiculise comme à Blandy- les- Tours, j’avais accouru sur le conseil de Télérama pour voir quelques bouts de ferraille. Le travail de Cristina Rodrigues m’a beaucoup intéressée. J’y ai prêté autant d’attention qu’au monument lui-même.

Dans la Salle des Rois, un baldaquin de pompons bleus, blancs et jaunes ; de lacets et de galons de dentelle rayonnaient d’une couronne centrale figurant la royauté. Autour de la salle, les rois du Portugal, en statue grandeur nature, se tiennent debout et racontent l’histoire de  Portugal. En dessous des azulejos 18ème siècle, racontent la bataille de Santarem gagnée par Afonso 1er en 1147 qui fit appel à Bernard de Cîteaux. On voit les moines mesurer les futures fondations du monastère.

dans le cloître : les raisins de la colère
dans le cloître : les vignes de la colère

Le cloître de Dinis ou cloitre du silence est planté de quelques orangers dans des carrés limités par des buis, mais son aspect général est plutôt minéral. En son centre, la plasticienne a disposé une sculpture faite avec des bouteilles à l’envers sur une sorte d’égouttoir et l’a titrée Les vignes de la colère. Quelle colère ? Celle de Dom Pedro contre son père après l’assassinat d’Inès ? Je l’imagine puisque je lie l’installation à l’histoire de la Reine Morte.

chimère romane
chimère romane

Le cloître est bordé d’arcades avec des chapiteaux romans figurant des végétaux et un besstiaie de dragons et chimère. Les chapiteaux romans me touchent.

Dans la Salle Capitulaire se trouvent de grandes statues de terracotta, des anges musiciens.

cuisine
cuisine

Les cuisines sont impressionnantes par leurs dimensions, la hauteur des cheminées carrelées qui font des hottes gigantesques au dessus de la rôtisserie. Combien de bœufs pouvaient tourner à la broche ? Les éviers ont la taille d’une grande baignoire de pierre. Leurs robinets sont des têtes à taille réelle. Le bruit de l’eau est très présent : on a détourné une rivière pour que le monastère puisse boire et cuisiner.

coeurs blancs
coeurs blancs

C’est ici que l’installation est la plus frappante : dans la rôtisserie, sur des tringles sont alignés des sachets de plastique transparents alternant avec des rubans blancs. Le contenu du sachet n’est pas évident à première vue. Je pense à des gargoulettes de céramique blanche. Intriguée, je regarde mieux et découvre des tuyaux à la partie supérieure. Un doute m’effleure : on dirait des cœurs avec les veines et les artères. Le doute est levé quand je découvre une rangée de ces vases en céramique noire accompagnés de rubans rouges posés sur la grande table de pierre. D’autres sont suspendus au dessus de la fontaine. Ce sont bien des cœurs. Equivoque cuisine qui embroche des cœurs ! Me vient l’image de Dom Pedro arrachant les cœurs des assassins d’Inès. Cœurs noirs  et cœurs blancs. Cœur symbolisant l’amour des royaux amants. Le titre de l’installation est parlant : Os amantes !

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Le Réfectoire est dans la pénombre, les moines y dinaient en silence, écoutant la lecture des Saintes Ecritures.  La plasticienne y a dispersé six chandeliers laqués soit de noir soit de blanc. En place des cierges elle y a suspendu des chaines dorées qui scintillent où sont accrochés des bijoux de filigrane. Couchés dur les socles, des angelots, putti, ou bébés batifolent avec des feuilles de vigne, des grappes de raison, bébé laqués de noir ou de blanc.

Dans le Dortoir, à l’étage, la plasticienne a placé des sièges formant un U. Au pied de chaque chaise, se trouvent des pieds en résine noire, des chausses creuses. Chaque chaise est enrubannée, double de crépon. Sur certaines elle a déposé de petits paquets. Scène plus difficile à interpréter. Elle m’évoque un tribunal (rien ne le prouve). Les assassins d’Inès seraient ils jugés ici. A moins que ce soit ici que dom Pedro ait réuni la Cour pour prêter hommage à la Reine Mort.

Bien sûr, ces interprétations sont entièrement personnelles. En dehors des titres, rien n’est explicité. Et tant mieux !

Nous continuons la visite et découvrons par hasard le Cloître des Novices(ou des évêques) ecore plus vaste que le premier, classique et austère (fin 16ème – 17ème ) planté de rosiers dans des carrés de buis.

La plasticienne m’a guidée dans cette visite. J’aurais aussi bien pu emprunter l’audioguide et m’intéresser plus à la vie des moines ou aux aspects historiques. Tout est dans les guides, inutile de les recopier.

Beauté Congo 1926-2015 à la fondation Cartier

LE MONDE EN EXPOS 

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Très belle exposition à la Fondation Cartier (Bld Raspail) regroupant de nombreux peintres, photographes et sculpteurs congolais de 1926 à 2015.

beauté congo fondation Cartier 003 Les styles ont beaucoup évolué du temps de la colonisation où les premiers artistes dessinaient plutôt des motifs animaliers naïfs jusqu’à nos jours.

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beauté congo fondation Cartier 011Dans les oeuvre les plus récentes, les  couleurs flashent, la critique sociale et politique se fait plus violente, les photos sont sophistiquées.

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De grandes maquettes occupent la salle en sous sol, tout à fait originales.

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