Certains livres me touchent et entraînent dans leur sillage d’autres lectures. Il en est ainsi du livre de Benny Ziffer :Entre nous levantins.Les références littéraires ne manquent pas et j’ai lu Le Bruit de nos pasde Ronit Matalon. Comme Benny Ziffer, MarioLeviest turc. Il écrit en turc même si de nombreuses langues se mêlent dans cet ouvrage.
Istanbul était un conte est un très gros volume de 700 pages, en petits caractères, sans paragraphes, des chapitres qui ne prennent même pas le temps de s’arrêter sur une page blanche. Il enchaîne histoires sur histoires à perdre haleine.
Un conte?
On songe tout de suite aux Mille et une nuits? Peut- être? Mais il n’y aura pas de Shéhérazade ni de Palais. Il se déroule dans les quartiers commerçants d’Istanbul, sans Topkapi, ni Mosquée bleue ni Bazar pour touristes.
Les contes s’emboîtent les uns dans les autres, se mêlent, se tressent. Les personnages se croisent, sous différents éclairages, vieilles photographies, souvenirs de uns et des autres, repas de famille, de fête ou de deuil…
Personnages d’une famille juive stambouliote de leurs voisins, leurs associés en affaires…les conjoints, les parents des conjoints.
Ville cosmopolite et polyglotte. On parle turc (le livre est traduit du turc) et grec mais aussi espagnol aussi yiddish et français, et anglais….
On voyage aussi, de Riga à Alexandrie, de Londres à Mexico.
On se perd, on se retrouve. On se ruine, on joue, on cuisine.
Qui est qui?
Claudialucia l’a envoyé, puis Gwennaëlle, puis Eimelle, puis…..Il est arrivé chez moi enrichi de beaux marque-pages, je l’ai dévoré, il va bientôt repartir et je vais le regretter – enfin pas trop puisque je vais l’offrir pour Noël à mes proches et que je saurai ainsi où le retrouver….Je me suis interdit de lire les billets de leurs blogs pour me réserver encore la surprise. Maintenant, c’est bien difficile d’ajouter quelque chose aux analyses si complètes venant de lectrices nourries de Montaigne. ICI l’article de A sauts et à Gambades
Je recopie quelques passages que j’ai notés (j’aurais pu en choisir d’autres tant le livre est riche)
L’Obèle
« – Voyez ce signe Marie. Trois traits y suffisant. Une barre verticale ferrée de deux traits brefs à chaque extrémité. Tant me plait cette petite broche que les copistes alexandrins dénommaient obélos. J’ai fait mien de leurs hésitations sur l’authenticité de tel ou tel vers d’Homère. Il saura vous parler quand je me serai tu. Suivez le à la trace. Il indique le point de bifurcation où enchâsser mon ajout dans mon texte. Prenez garde toutefois qu’il m’arrive de mettre des additions aux allongeails, non par goût de vous compliquer la lecture mais par devoir de précision et volonté de ne rien celer de l’acheminement de la pensée vers son terme…. »
Montaigne explique à Marie de Gournay comment elle éditera les Essais quand il aura quitté ce monde. Marie de Gournay y consacrera sa vie à cette tâche.
Malgré son grand âge, elle conserve un regard acéré, et beaucoup d’humour, sur le siècle et sur la vie littéraire.
Ainsi commence le roman :
« La peste soit de l’Académie et des Académiciens! Aussi soumis à la voix de Richelieu que fille transie à son galant. »
Richelieu dont elle dresse un plaisant portrait:
« Ma foi, il était à peindre. le cabinet tendu de damas purpurin, la robe cramoisie le grenat de sa bague, le carmin de ses lèvres et contre ça, l’éclat immaculé d’un roncier de dentelles fines blanchies à mourir, de son visage glabre sous un trait de moustache un pinceau de barbe charbonneux à souhait autant que prunelle d’encre qui m’examinait jusqu’à l’os, non moins impertinent que la mienne…. »
Quand son récit se noue avec les mots des Essais, il m’est difficile de dénouer ce qui appartient à Marie et ce qui vient de Michel. Amitié amoureuse en miroir avec le lien de Michel de Montaigneet de La Boétie. Citations des Anciens, parfois savoureuses quand Saint Augustin est convoqué à propos de pets, ridiculisant au passage les Précieuses…
Une gazelle poursuivie par des combattants dans un pick up.Sa course effrénée ouvre le film qui se terminera sur la course de ces deux enfants, petits bergers.
Entre temps, on verra comment les djihadistes occupant Tombouctou font régner la terreur : interdites les cigarettes, interdite la musique, interdits les jeux de ballon. Voiles noirs, gants et chaussettes. Des hommes voilés sans visage prétendent régler la vie quotidienne.
Qui sont ces hommes? Ils s’expriment pour la plupart en arabe, mais certains se plaignent de cet arabe déplorable à peine compréhensible : au téléphone, l’interlocuteur invisible préfère parler en anglais. Un d’entre eux avoue venir du « Pays vert », la Libye. Leur brutalité n’a d’égale que leur ignorance. Pusillanime plaisir de conduire le 4×4 qui cale dans le sable pour l’un des chefs. l’arrivée en chaussures et en armes dans la mosquée leur vaut les remontrances de l’imam.
La population terrorisée résiste comme elle peut. Résistance dérisoire et pourtant héroïque de cette marchande de poisson sommée de porter des gants, de la jeune fille fouettée pour avoir chanté qui reprend sa chanson sous les coups. Chorégraphie que ce match de foot sans ballon…Une femme très étrange, fêlée….folle ou sorcière?
Ce n’est pas un documentaire, il y a aussi une histoire, une famille d’éleveurs, Kidane, femme Satima, et leur fille adorée Toya. Quand leur vache GPS est tuée par un pêcheur, le drame se noue.
Abderrahmane Sissakoest le réalisateur du très beau Bamako (2006) – procès du FMI dans une cour de la capitale malienne. Il faut l’écouter parler, dire que les djihadistes à Tombouctou ont « pris en otage une culture et une religion » comment il filme « à hauteur d’homme » prenant soin de ne pas diaboliser le bourreau, sa confiance dans la résistance des femmes et des enfants qui le rend malgré tout optimiste.
On a toujours l’image de Victor Hugo dans sa vieillesse, on imagine moins l’adolescent qui déclara « je veux être Chateaubriand ou rien » à 14 ansou qui, en 1818, paria avec ses camarades qu’il écrirait un roman en 15 jours. C’est Bug-Jargal, ce premier roman de Victor Hugo paru d’abord en 1819 puis remanié en 1826.
Est-ce que les esclaves sont quelque chose? – Oui monsieur, dit le vieux maréchal de camp de Rouvray, oui les esclaves sont quelque chose ; ils sont quarante contre trois ; et nous serions à plaindre si nous n’avions à opposer aux nègres et aux mulâtres que des blancs comme vous
Toussaint L’ouverture
l’insurrection des esclaves est un contre-coup de la chute de la Bastille.
Moins abouti que ses œuvres les plus célèbres, Bug-Jargal est un livre à part entière.
Bug-Jargalraconte la révolte des esclaves à Saint Domingue en Août 1791. J’ai eu enviede lire la vraie histoire. Victor Hugo s’est très bien documenté : le héros Bug-Jargal est sans doute imaginaire, mais les autres chefs de l’insurrection, Biassou, Boukmann ont bien existé. Les cérémonies étranges, les messes burlesques de l‘Obi correspondent au culte vaudou qui a réellement été célébré au début du soulèvement. Coïncidence amusante : en juin 1794, une expédition commandée par Victor Hugues, libérera les esclaves- la proximité des patronymes m’a fait sourire.
l’esclave se libérant de ses chaînes – Gorée
Bug-Jargal, qui a donné son titre à l’oeuvre a une personnalité exceptionnelle, son aura, son autorité digne d’un fils de roi africain qu’il est. Le capitaine d’Auverney, le narrateur rivalise de chevalerie et de noblesse. L’art de Victor Hugo est de ne pas avoir construit une oeuvre manichéiste avec tous les bons dans un camp, les méchants dans l’autre. Les personnages sont complexes. L’histoire d’amour – un peu mièvre – pour la parfaite Marie se complique dans la rivalité des deux héros qui s’estiment et s’appellent même frères. Les « méchants » se répartissent dans les deux camps aussi bien dans celui des colons blancs que chez les insurgés, la sauvagerie et les massacres sont dénoncés. Dénoncée l’horreur de l’esclavage. Raillée, l’hypocrisie de certains « négrophiles », confrontés au soulèvement, retrouvent les intérêts des planteurs. Moquées aussi, les pratiques militaires qui veulent asseoir l’autorité des officiers sur une prétendue « connaissance du latin ». Dénoncés aussi les massacres de la Terreur.
Sur la route de l’esclave à Ouidah Bénin
Cette oeuvre de jeunesse anticipe certains des thèmes hugoliens.
Dans le personnage du bouffon Habibrah,je crois deviner l’Homme qui rit. Encore un personnage complexe:
« Crois-tu donc que pour être mulâtre, nain et difforme, je ne sois pas homme? Ah ! j’ai une âme, et une âme plus profonde et plus forte que celle dont je vais délivrer ton corps de jeune fille! J’ai été donné à ton oncle comme un sapajou…. »
Il a campé ces personnages forts et complexes dans la nature exubérantes des îles Caraïbes
Souvent même ses eaux étaient cachées par des guirlandes de lianes, qui, s’accrochent aux branches des érables à fleurs rouges semés parmi les buissons, mariaient leurs jets d’une rive à l’autre, et, se croisant de mille manières, formaient sur le fleuve de larges tentes de verdures
La grotte dans laquelle est réfugiée Marie me fait penser à la celle de Gilliatt des Travailleurs de la mer
Au dessus de cette salle souterraine, la voûte formait une sorte de dôme tapissé de lierre d’une couleur jaunâtre. Cette voûte était traversée presque dans toute sa largeur par une crevasse à travers laquelle le jour pénétrait, et dont le bord était couronné d’arbustes verts, dorés en ce moment des rayons du soleil. ….
J’ai été un peu agacée des scènes où Léopold d’Auverney était prisonnier aux mains de Biassou, j’ai trouvé le grotesque trop outré, un peu condescendant. mais peut être était-ce vraiment comme cela? Ces uniformes déguenillé, ce latin de cuisine, ces drapeaux dépareillés.
Ouidah, porte du non-retour
Le souffle n’est pas encore celui des chefs d’œuvres les plus célèbres mais c’est celui de la révolte des esclaves, de la Révolution, avec toutes ses contradictions.
J’aime la peinture de Turner et j’aime le cinéma de Mike Leigh. Un film de 2h30 ne me fait pas peur. Toutes ces bonnes raisons pour aller voir le film
Je suis perplexe. Le film n’est ni aimable, ni plaisant. Turner est un personnage assez désagréable à regarder, à la mine porcine, aux grognements et aux grimaces forcées. Pour éviter l’hagiographie, Leigh est tombé dans la caricature. Deux agonies pénibles. la maladie de peau de la fidèle servante s’aggrave au cours du film. Les altercations avec les peintres et amateurs de peinture sont récurrentes.
Et pourtant ce film est passionnant. Génial générique où un tableau se découvre dans des volutes de fumées. Recherches sur la lumière, expériences d’optique. Images sublimes dans la nature et dans le studio de l’artiste. On retrouve les tableaux avant même de les voir. Lumière d’un coucher de soleil, marines…
le dernier voyage du Téméraire
Il s’inscrit dans l’avancée de la technique : le vapeur qui mène Turner à Margate, les premiers trains et finalement la photographie… chaque fois le peintre s’intéresse à ces nouvelles inventions, saisit le spectaculaire du nuage de vapeur, cherche à comprendre le cliché du daguerréotype. On voit même la jeune reine Victoria.
Exposition temporaire Musée de l’Orangerie du 17 septembre 2014 au 5 janvier 2015
Je ne connaissais pas Emile Bernard (1868-1941). Cette exposition a été une grande leçon de peinture en plus du plaisir de voir de très belles toiles et de découvrir une personnalité intéressante.
Emile Bernarda fréquenté les plus grands Toulouse Lautrec:le grand pastel qui accueille le visiteur rappelle les dessins de Toulouse Lautrec.
Le Père Tanguy dont on voit le portrait n’est pas un inconnu. C’est le marchand de couleurs de Vincent Van Goghet de tant d’autres. Je l’ai croisé dans les lettres de Vincent à son frère. La naturemorte à la cafetière bleue et oranges sur une table verte (1888)a aussi été décrite par Vincent.
Renvoyé de l’atelier Cormon il part à pied en Bretagne. Peint des bretons et bretonnes en costumes pittoresques, le rivage et ses rochers de granite, peint à Saint Briac et se lie avec les peintres de l‘école de Pont Avenentre autres avecGauguin. Comme ce dernier il peint avec des à-plat cernés d’une ligne noire, produit des tableaux très colorés. Puis il se brouille avec eux.
En quête d’exotisme il part en Orient, Italie, Constantinople, et enfin en Egypte où il se marie et reste quatre ans. Son sujet de prédilection de cette période Orientaliste est le portrait des Égyptiennes.
Puis c’est l’Espagne où il s’inspire de Zurbaran et peint une famille de mendiants. A Venise il imite les peintres de la Renaissance Italienne et change complètement de style. oubliant les à-plats et les couleurs éclatantes il revient à une peinture beaucoup plus classique qui m’a beaucoup moins plu. Impossible d’entrer en compétition avec Titien ou Véronèse!
A son retour d’Egypte en France, en 1904, il rencontre Cézanne qui est encore une nouvelle source d’inspiration quand il peint Tonnerre où il s’installe avec sa nouvelle compagne Andrée Fort.
L’exposition a titré les dernières salles Face aux maîtres (les artistes de la Renaissance) et Retour à l’ordre. Salles sombres,grands tableauxexprimant un « témoignage rendu aux chefs d’œuvres et à la défense des principes qui les ont fait naître » où je me suis franchement ennuyée.
Je suis sortie perplexe de tant d’habileté, tant d’éclectisme, tant de styles parfaitement maîtrisés pour finalement arriver à cette conclusion ennuyeuse.
Ithaque, pour Amadeo, écrivain qui n’écrit plus, c’est La Havane. Une terrasse au dessus du Malecon
Il retrouve ses copains après une absence de 16 ans sur la terrasse d’Aldo. Le film commence par des retrouvailles, souvenirs de jeunesse, de fêtes de concerts mais aussi de travaux aux champs. Alors, ils croyaient participer à la Révolution. Ils étaient joyeux, deux écrivains pleins d’avenir Amadeo et Eddy, un peintre reconnu Rafa, Tania ophtalmologiste, Aldo,ingénieur. Ils faisaient la fête ensemble, écoutaient de la musique, même de la musique américaine proscrite….
Amadeo est parti en Espagne, a perdu l’inspiration.
Pénélope, Angela, est morte d’un cancer, ce que Tania ne se lasse pas de reprocher.
Cela aurait pu être un film de copains, autour de la nostalgie, des illusions perdues, des souvenirs des années difficiles lorsque les Cubains mourraient de faim. Cela aurait aussi pu être le film de la débrouille, des compromissions. Qui n’en a pas fait dans le groupe? Lesquelles sont avouables, lesquelles non?
Padura nous réserve une surprise. Il écrit des romans policiers, une énigme est cachée. Le film tourne au thriller. Huis clos(ou presque puisque nous sommes sur une terrasse où parvient la rumeur de la ville). Pas d’action. Seulement les départs et retour d’Eddy. Unité de temps, le drame se joue en une nuit. Et pourtant un suspens!
film adapté du Palmier etl’étoilelu il y a bien longtemps dont le souvenir reste flou mais que je relirais avec plaisir.
Je connaissais bien sûr ses Nanas, et la Fontaine Stravinski à Beaubourget le Cyclopeprès de Milly-la-Forêt réalisé avec Tinguely. L‘exposition d Grand Palaispermet de découvrir de nouvelles facettes, des techniques inconnues et d’appréhender l’oeuvre de Niki de Saint Phalle dans une dimension plus globale. Variété des œuvres et des inspirations.
Moi je vois une femme paysage enceinte d’un bateau mais ce n’est pas le titre du tableau
Collages et montages d’objets dans du plâtre, scies, couteaux, objets de morts ou jouets colorés, sortes de mosaïques avec grains de cafés ou cailloux pour des paysages et des femmes paysages, femmes enceintes de bateaux ou de paysages. Fonds noirs avec taches blancheset drippings inspirés de Pollockqui me rappelle que Niki de Saint Phalle est aussi américaine
Inquiétante parturiente
. Mariées et parturientes incorporant des objets divers du quotidien, fleurs ou jouets d’enfants. Ces femmes sont plutôt inquiétantes. La condition féminine ici n’a rien de réjouissant ni d’enviable. Ces maternités n’ont rien de tendre ni de « maternel ».
Au contraire, la Honfemme-maison de Stockolm- 28m – quand même! figure une femme en rondeur, accueillante, bienveillante comme les Nanas occupant la grande salle, nanas dansantes sur un piédestal tournant, immense nana noire,
Nana-Rosa Parks figure desluttes anti-ségrégationnistes. L »oeuvre de Niki de Saint Phalle s’inscrit dans les luttes des années soixante, politiques, féministes. Ces nanas joyeuses par leur taille énorme, leur formes exagérées écrasent la masculinité. Elles prennent le po
Imposante Rosa Parks, la femme qui a refusé de céder sa place dans l’autobus
luttes anti-ségrégationnistes. L »oeuvre de Niki de Saint Phalle s’inscrit dans les luttes des années soixante, politiques, féministes. Ces nanas joyeuses par leur taille énorme, leur formes exagérées écrasent la masculinité. Elles prennent le pouvoir dont elles sont exclues. Ceci sans acrimonie. Sur les murs sont exposés de véritables lettres d’amour graphiques destinées à l’amoureux, l’amant ou le mari?
On quitte cette salle chaleureuse par un intermède plus grinçant des mères dévorantes,
elles mangent, elles mangent
vieillissantes. Vision amère de la famille se terminant par la mort du père dans son cercueil tandis qu’un oiseau rouge est crucifié
On arrive enfin dans la section la plus violente de l’exposition, celle que rappelle l’affiche : l’art à la carabine. La plasticienne a inclus des sachets de peinture, des oeufs dans du plâtre et le public est inviter à tirer sur l’oeuvre préparée d’où dégoulinera de la peinture. Violence politique, non pas gratuite?
Reconnaissez vous les Maîtres du Monde?
Enfin Niki elle même assise dans un coque, fauteuil, serine :
« Moi, je m’appelle Niki de Saint Phalle et je fais des sculptures monumentales »
nous invitant à découvrir ses sculptures d’extérieur, Golem de Jérusalem, jardin des Tarots en Toscane rappelant Gaudi.
Prémonitoire, ce ptérodactyle sur New York?
Une oeuvre variée, politique. Une personnalité marquante de la fin du 20ème siècle.
Une nouvelle édition rassemblant les trois récits du voyage de Fermor de Londres à Istanbul vient de paraître!
J’ai lu le Temps des Offrandes et Entre Fleuve et Forêt il y a bien longtemps. j’attendais la suite depuis des années.
Patrick Fermor – 18 ans – est parti de Londres en décembre 1933 à pied vers Constantinople.
Fermor est décédé en 2011.
Surprise : en 2013, la fin du voyage est enfin parue : The Broken Road
J’ai choisi de la télécharger en anglais sur ma liseuse. Je préfère lire en VO, même si le texte est littéraire et comporte tout un vocabulaire choisi que je ne possède pas. Magie de la liseuse : je clique et les dictionnaires m’aident.
c’est donc une lecture, lente, savoureuse, jubilatoire.
Fermor quitte la Serbie et les Portes de Fer, arrive à Sofia.
Rila
Au monastère de Rila il fait connaissance avec une étudiante de son âge qui l’invite à Plovdiv. Puis, il marche dans la campagne, entre dans une épicerie à Tarnovo, le fils est étudiant également, ils sympathisent. De Routschouk – ville natale de Canetti – il traverse à nouveau le Danube et rejoint Bucarest où il est reçu dans la meilleure société…puis longe la Mer Noire et arrive pour la nouvelle année à Istanbul, dont nous n’apprenons presque rien.
Le périple n’est pas terminé puisqu’il se poursuit au Mont Athos.
C’est un livre de randonnées, Fermor raconte ses aventures. il raconte surtout ses rencontres.
De la haute société de Bucarest, francophone, proustienne et snob il passe à une grotte occupée par des pêcheurs grecs et des bergers bulgares avec leurs troupeaux avec le même bonheur – et pour le nôtre! Nous ferons enfin connaissance avec des moines russes, bulgares ou grecs…
J’ai d’abord cru lire un témoignage. Ce n’est que dans la post-face située habilement à la fin du récit, que j’ai découvert qu’il s’agissait d’un roman. Roman poignant.
Saga d’une famille palestinienne originaire de Galilée, contrainte à un premier exil en 1948, à Jenine, puis dispersée quand les hommes prennent les armes en 1967 et poursuivent au Liban.La narratrice s’installe aux Etats Unis.
Famille décimée.
Naqba, Septembre noir, Sabra et Chatila, occupation ordinaire, chaque catastrophe prend son lot de victimes.
Le manichéisme primaire est évité par l’irruption dans l’histoire d’Israéliens proches et mêmes parents. Si l’amitié du jeune palestinien et du juif de Jérusalem dans les années 40 est tout à fait crédible, l’enlèvement du bébé donné à une femme rescapée de la Shoah l’est moins. Les retrouvailles improbables.