Le Temple de Malachittu est situé sur un terrain privé. La visite se fait accompagné deux fois par jours à 9h125 et 17h45 et dure approximativement deux heures
La promenade est très jolie. On suit une allée poudreuse à l’ombre des oliviers menant à un agriturismo ravissant. Après avoir ouvert et refermé deux portillons de bois, on a grimpé dans la colline sur un chemin. Un gros rocher biscornu coiffe son sommet. Le temple se trouve juste derrière. On doit donc le contourner.
le temple se cache derrrière le gros rocher
Construit à l’époque nuragique, il se trouvait à proximité d’un village dont on n’a retrouvé qu’une seule cabane circulaire. Ses habitants occupaient aussi des grottes dans les cavités du rocher de granite évidé. Un nuraghe construit sur le rocher sommital s’est écroulé à la fin de l’âge de Bronze. Il surveillait les terres cultivables aux alentours ; Le contrôle des terres était important dans cette civilisation agricole. Après la chute du nuraghe, le village fut abandonné.
Le petit temple est très bien conservé. Seule la toiture en bois a disparu. L’atrium est délimité par deux murs bien visibles. L’entrée est surmontée d’un linteau avec une petite fenêtre de décharge. Une petite fenêtre oblique dans l’épais mur permet de contrôle les arrivées par le petit sentier.
Le temple à megaron est rectangulaire. Quelques grosses pierres servaient sans doute e banquette. Le foyer au centre dans un recttangle permettait de cuire les offrandes. L’absence de texte écrits fait qu’on ne sait que fort peu de chose sur le culte.
Le retour est une descente dans les rochers, presque de l’escalade. La vue est magnifique sur les chaos granitiques.
caverne habitée dès l’époque nuragique
Le reste de notre dernière journée en Sardaigne est prévue à la plage. Nous avons repéré un restaurant Le Lampara à Canegionne qui sert des pizzas sur la plage sur des tables de plastique sous des parasols. 3€ la demi pizza et des glaces.
La plage est fréquentée par des habitués. Les enfants jouent dans l’eau peu profonde. Je nage encore à côté des bouées dans l’eau profonde tranquille. La baie d’Arzachena est longue et échancrée, donc bien abritée. En revanche l’eau est très fraîche. A plusieurs reprises je dois sortir pour me sécher et me réchauffer.
Le Saline
Fin de l’après midi à la plage delle Saline , longue plage avec un petit marais à l’arrière.
Retour tôt pour faire les valises. Les consignes de sécurités pour les bagages en cabine et le prix exorbitant de la valise en soute sur Easyjet font de l’opération un casse-tête. On laisse à regrets le beau parasol jaune, cadeau des Tchèques, le pare-soleil en alu bleu qui aurait bien convenu à la 207 bleue ainsi que toute sortes de choses.
Vers 15h nous abordons la partie balnéaire de la journée : l’exploration des plages de Palau réputée pour ses côtes magnifiques en face des îles de la Madeleine. Nous allons rendre visite à l’Ours du Cap de l’Ours, rocher énorme connu depuis l’Antiquité comme amer pour les marins et cité par Ptolémée.
Pour la baignade, premier essai à Cala Capra toute petite crique au pied de l’Ours. Une route très soignée serpente dans une résidence très chic avec des parkings ombragés et numérotés, des massifs de bougainvilliers et des palmiers cachant les villas invisibles. Au bord de l’eau, un gardien de parking très stylé aux allures de majordome ou de réceptionniste de palace, nous fait comprendre très poliment qu’il est impossible de garer la voiture. Calme et volupté sur le bord de la petite plage (bien peuplée) parasols tous pareils et bambins pataugeant dans l’eau limpide.
Porto Mannu : on traverse une nouvelle résidence (un peu moins chic ?) pour aboutir à un vaste parking. Coup de chance : une famille remballe son matériel et libère un emplacement. Une allée conduit à la plage 50m plus loin. La plage est partagée en deux, à droite parasols bleu marines, lits alignés pelouse verte et beaucoup d’enfants, à gauche une plage moins aménagée avec quelques rochers, des tamaris, des parasols multicolores et sièges de plage, aimable désordre. La baie est bien abritée par la Punta Bianca et le Golfo del Saline et en face les îles de la Madeleine. Le vent lève quelques rides à la surface de l’eau, rien de méchant. De très gros yachts sont à proximité. Comme d’habitude, je longe les bouées parallèlement à la plage éprouvant le grand plaisir d’être assez loin de la foule, de nager seule mais dans un espace sécurisé. Je croise deux jeunes sur un matelas pneumatiques et un homme d’un certain âge. C’et tout ! Je regarde le paysage, les rochers de granite sans me lasser. Les jolies villas au toit de tuiles brunes presque plats s’intègrent dans la colline sans que rien ne dépasse si ce n’est la touffe d’un palmier ou la tache violine d’un bougainvillier trop vif. Ces villas, bien construites, pas choquantes, jolies mais bien présentes m’agacent. Quand nous les avons traversées j’ai remarqué les poubelles du tri. Parce qu’on trie beaucoup en Sardaigne. C’est même une véritable obsession. Partout sont alignés les containers en plastique multicolore, jaune papier, vert le verre, bleu les plastiques, grise alu, brune….Il faut un mode d’emploi que personne ne nous a donné. Ploucs, nous ne savons que faire des reliefs du pique-nique ni des pelures d’oranges du petit dèj. Il faudrait les sacs spéciaux biodégradables pour « umido », les ordures organiques. Nous utilisons les sacs des légumes des supermarchés. Nous avons tout faux ! Tandis qu’ici chez les riches, on trie au risque de voir les poubelles dépasser. On brûle du carburant dans les Porsche Cayenne ou les grosses Mercedes, mais on trie ! On a la clim, mais on trie ! On bétonne écolo. Je ressasse ces pensées en nageant.
Nous cherchons d’autres plages. Plusieurs criques minuscules sur le bord du Golfo del le Saline. Des voitures stationnent sur les deux côtés de la petite route. Chaque fois qu’il est possible de descendre , une famille a planté son parasol, un pêcheur ses cannes. Le vent souffle. Il fait un peu frais après mes exploits de tout à l’heure.
On arrive à Cannegione qui dépend d’Arzachena : longue plage plate, restaurants lettini, vraiment beaucoup de monde. Peut être simplement parce que c’est dimanche 17h. Peut être lundi ce sera désert. Retour par la montagne parsemée de rochers granitiques, parcours très pittoresque sous la belle lumière de la fin de la journée.
Sept sites archéologiques aux environs d’Arzachena : trois Tombes de Géants, deux nuraghes, une nécropole très ancienne et un petit temple nuragique.
Nous n’avons jamais vu de Tombe de Géants nous commencerons par la Tombe de Géants Tomba Coddu Ecchiu. On y parvient par la route de Sant’Antonio.
maquette de tombe de Géant (musée de Sassari)
Coddu Ecchiu ou cuddu vecchiu veut dire vieille colline. La tradition populaire attribuait à ces monuments la croyance qu’un géant était enterré dans ce grand monument. C’est une tombe collective et il n’y avait pas de géants chez les sardes.
La construction se fit en deux phases :
1) Une allée couverte 1800-1600avJC, sorte de dolmen dont le couloir serait abrité par des dalles
2) A l’âge nuragique, après 1600, il subit des transformations : la construction de murs périphériques puis de l’exedra formé d’une haute stèle centrale et de pierres orthostatiques de tailles décroissantes vers l’extérieur.
3) Enfin, il faut couvert d’un tumulus de pierre et de terre.
La forme est symbolique, rappelant la tête et les cornes d’un taureau, divinité masculine de force et de virilité tandis que la Déesse-Mère symbolisait la fertilité. La stèle centrale (4mx1.9m) est orientée Est/ouest. L’Est face au lever du soleil représente la vie tandis que le coucher du soleil à l’Ouest, la mort. L’exedra serait le passage entre la vie et l’au-delà.
Dans cette tombe granitique, les ossements n’ont pas été conservés du fait de l’’acidité du sol. L’étude d’autres tombes de géants montre qu’il s’’agissait de tombes collectives pour tout le village. On ensevelissait els morts en soulevant les dalles du couloir puis on les repoussait vers le fond sans faire de distinctions de rang social.
Devant l’exedra, des rites funéraires des déroulaient. Il n’existe pas de textes nuragiques mais la tradition orale a rapporté que les Sardes dormaient plusieurs jours devant la tombe espérant obtenir des réponses de l’au-delà au cours de transes. Ils déposaient aussi des offrandes. On a retrouvé des céramiques.
Le tumulus a été retiré parce que les découvreurs n’avaient pas compris qu’il faisait aussi partie du monument.
Tombe de Géant vue de profil
Tournant autour, nous découvrons le couloir (10mx1m) séparé par une petite entrée, le dromos où peut être, étaient déposées les offrandes. La guide explique dans un français très correct, quelquefois hésitant. En sortant elle nous offre des mûres. Nous lui demandons conseil pour la plage. Comme c’est dimanche, nou redoutons la foule. Elle craint plutôt le vent »le Mistral comme chez vous, mais il y a aussi le Grec, le sirocco… »
Village nuraghe la Prisgionia
La Prisgiona : nuraghe
Le nuraghe La Prigionia se trouve tout près. Notre guide parle très bien français, son enthousiasme est communicatif. La visite passionnante.
Le Nuraghe est une tour qui ressemble à un château-fort sans qu’on ait retrouvé de preuve de guerre. D’ailleurs, l’intérieur est beaucoup trop petit pour servir de refuge aux villageois. Le nuraghe serait plutôt un palais c’est la résidence du chef de tribu. Un chef non pas un roi, insiste-t-il. La vie communautaire serait le mode d’organisation sociale nuragique : tombes collectives à l’extérieur du village, vie communautaire dans le nuraghe ainsi que le témoigne une salle de réunion de 12 (16 selon un papier) pouvaient s’asseoir sur la banquette circulaire. Autour du nuraghe on a retrouvé une centaine de structures : habitations comme structures commerciales. On a mis à jour le marché au pied du nuraghe avec le four pour cuire le pain, des ruelles. Le puits de 8m de profondeur contient une source encore aujourd’hui. On y a trouvé des récipients originaux. Pour quel usage ? quel rituel ? L’eau était vénérée par les nuraghis, ainsi que la Déesse-mère et le système matriarcal.
la Prisgiona : marché
Le guide nous fait entrer dans le nuraghe. Il nous montre son architecture : s’appuyant sur des rochers, puis avec des gros blocs pour former des murs cyclopéens enfin avec des moellons de plus en plus petits. Des connaissances en architecture permettaient à ces constructeurs de tenir compte des problèmes de décharge : au dessus du linteau, une fenêtre de décharge allège la structure, de même à l’intérieur, les couloirs et des niches évident le nuraghe. Autour de la salle centrale il y a trois chambres : dans l’une d’elles on a retrouvé les anneaux pour tisser le lin (on a trouvé des évidences de ce végétal), une autre sans doute la chambre froide contenait des céramiques avec des os d’animaux.
Pour mieux nous faire connaitre les nuraghis, le guide montre les photos de bronzetti. Le chef est identifié avec son bâton, le prêtre , la prêtresse, les guerriers…puis des bateaux sardes retrouvés dans toute la Méditerranée jusqu’à Chypre. Une inscription en
« sémite de l’ouest » atteste du nom de « Sarde »
– « en phénicien ? » je demande.
– – « non en sémite de l’ouest « corrige-t-il
sémite de l’ouest
Je reconnais les lettres hébraïques déformées mais tout à fait identifiables le chin, le resh et le dalet qui forment les lettres de Sarde, se lisant de droite à gauche comme il se doit.
« La guerre est arrivée avec les Carthaginois ! » affirme le guide. Dans la rivalité entre Rome et Carthage, la Sardaigne occupait une position stratégique.
Autre mystère : »pourquoi si peu de sites romains en Sardaigne ? » Demande-t-il.
Après ces considérations historiques, le guide revient aux fouilles qui se déroulent en ce moment. On voit des pierres en surface depuis longtemps patnées et celles qu’on vient de dégager et de remettre en place. Les fouilles n’ont débuté qu’en 1994. Ls méthodes les plus modernes ont pu être mises en œuvre. Tandis que des archéologues anciens auraient pu détruire des indices pendant la fouille. La reconstruction (il y a une grue sur le site) est assistée par ordinateur. Il est désormais plus facile de scanner d’identifier et de répertorier chaque fragment plutôt que de le dessiner comme autrefois. Le site a encore beaucoup à dévoiler.
Necropoli Li Muri
Selon le papier prêté :
« Site Néolithique moyen (4000 av JC) un des sites les plus anciens de la Sardaigne. Composé de 4 tombes circulaires appartenant à la « culture des cercles ». On trouve des sites analogues en corse et dans les Pyrénées. Les tombes portaient chacune un menhir. C’étaient des tombes individuelles. Le mobilier éttait composé de lames de silex, d’une coupe de stéatite et d’une boîte d’offrrande contenant de l’ocre rouge rappelant la couleur du sang ».
Je n’ai pas voulu attendre ¾ d’heures la visite guidée. Même avec le papier explicatif, les anciennes pierres parlent peu. Il aurait fallu un archéologue fervent pour leur communiquer un peu de vie.
Tomba Li Loghi
Cette tombe de Géants ressemble beaucoup à celle de Coddu Ecchiu. J’ai réclamé une viiste guidée avant l’heure (12h) car j’ai peur qu’on n’arrive pas à temps au Supermarché qui ferme le dimanche après midi.
Le guide donne des explications analogues à celles de ce matin. Chaque fois, je pioche un nouveau détail ajoutant des pièces à mon puzzle nuragique.
La stèle centrale joue donc le rôle de porte de l’au-delà. La petite ouverture était consacrée aux offrandes. Plus de précision quant aux cérémonies devant l’exèdre : l’incubation : les fidèles dormaient pour entrer au contact avec les défunts, autre coutume :en brisant de la céramique ils pensaient attirer la bonne chance comme le font encore actuellement les Grecs qui cassent de la vaisselle ou dans les mariages juifs.
Selon ce guide, la longueur de l’allée couverte dépendait de l’importance du village voisin, un village et un nuraghe devaient se situer dans les environs.
Après les explications concernant le site, nous continuons à bavarder et à comparer ce site aux autres que j’ai visité ailleurs en Sardaigne. Lui aussi a été impressionné par les géants de Cabras expressifs avec leurs yeux ronds, tellement différents des bronzetti. Comme je fais une comparaison entre les déesses-mères exposées à Sassari et les idoles cycladique il note deux références sur mon cahier Leonardo Melis et Gigi Sanna.
Quelques longueurs dans la piscine du Citty hotel .
Nous quittons notre studio et la place du Centro Storico d’Ossi sans la moindre nostalgie. Nous nous sentions enfermées dans ce rez de chaussée. Les premiers jours j’avais sorti ma chaise sur le seuil de la porte pour écrire et observer l’animation de la place devant le bar ornée de drapeaux italien et de la Communauté Européenne qui s’est avéré être le siège local du parti démocratique. Tous entrent, sortent, fument ou simplement prennent le frais sur le banc de bois encadré par deux jardinières géantes carrées. Au début, nous les avions trouvés sympathiques. Dès que nous n’avons plus trouvé de place pour la voiture, l’ambiance a tourné au vinaigre. Personne n’a compris notre insistance à se garer devant la maison. De plus, notre Golf est grande, peu maniable. Plusieurs FIAT 600 ou de petites Kia ne bloquent pas le carrefour même si elles sont déposées au milieu, pas notre monument !
Nous suivons le circuit de l’extrême nord (Guide Vert p.258) Isola Rossa à Arzachena environ 110km.
Isola Rossa, rochers rouges
Pour parvenir à Isola Rossa, le GPS nous a fait prendre la direction d’Oristano, puis celle d’Ozieri passant devant la grande Saccargia et son campanile si grand qu’il est presque disproportionné, enfin la route de Tempio Pausanas traversant des collines cultivées de grands champs de céréales aux chaumes paille. Les arbres isolés sont déformés par le vent. Les sommets sont plantés de chênes-lièges. Nous passons près d’un nuraghe sans nous arrêter, blasées de tours, nuraghes ou tours espagnole…Une chaîne de sommets bizarres barre l’horizon, portant la tour carrée de Casteldoria. Descendons sur Santa Maria Coghinas qui a une jolie église ancienne et une neuve originale mais laide.
Isola Rossa est une jolie station balnéaire encastrée dans des rochers roses avec une tour aragonaise. Une crique à l’eau transparente me tenterait bien si je n’avais résolu de visiter Saint Therèse de Gallura « un amour de station balnéaire » selon un de nos guides. Je me baignerai plus tard. Sainte Thérèse est bien embouteillée ce dernier samedi de juillet. Il y a partout touristes et estivants ce qui nous dissuade d’entrer dans la ville.
Capo Testa
Capo Testa
Nous préférons visiter le Capo Testa, presqu’île faisant face aux Bouches de Bonifacio reliée à la ville par une sorte de tombolo séparant deux plages magnifiques mais très fréquentées. Le Capo Testa est sillonné de chemins pédestres que nous négligeons faute de temps et dans la chaleur de midi, pour poursuivre jusqu’au phare. Enfin, nous nous autorisons une pause et une promenade dans les rochers spectaculaires où l’érosion a sculpté des volumes étranges. Des cavités régulières ont été évidées. Certains rochers rappellent des têtes monstrueuses. On imagine des profils humains, des animaux. Je photographie un pingouin géant. Chaque fois le granite se détache sur le bleu profond du large ou sur une crique turquoise. C’est un enchantement. Il y a du monde, l’accès à l’eau est difficile, la chaleur écrasante. Rien n’y fait. Je suis conquise.
Pingouin de pierre!
Par hasard, nous nous installons sur la plage de Santa Reparata : sables et rochers, eau transparente mais un peu agitée.
Le circuit propose d’autres visites. Cherchant Portobello, nous parcourons une petite route pour la trouver barrée d’un portail « resort ». Privé ! On ne passe pas. Mêm scénario un peu plus loin à Val Erica . C’est agaçant de faire des détours pour rien. Frustrant. Le littoral a-t-il été entièrement privatisé ? Heureusement non. La troisième tentative est la bonne sur une route très étroite, très tortueuse, à travers le maquis touffu vers la Plage de Liscia. Nous trouvons une plage occupée par les véliplanchistes. Le vent souffle fort. La surface de l’eau est hérissée de vaguelettes. Un peu plus loin, une très longue plage de sable borde la baie arrondie. Quatre énormes yachts attendent. J’essaie de nager le long de la ligne de bouée qui protège les nageurs des incursions des planches et des bateaux. Je nage vigoureusement pour…faire du surplace. Je croyais arriver à la tour de guet du maître-nageur et je suis toujours devant le petit tas formé par mes tongs et ma robe de plage. Impossible de nager contre le vent. Je marche dans l’eau qui m’arrive jusqu’à la poitrine jusqu’au bout de la plage. Pour rentrer le courant me porte sans effort.
Le maquis, sur le substrat granitique n’est plus composé des mêmes espèces. Les lentisques sont plus rares et moins hauts. Les espèces dominantes sont les hautes bruyères, les arbousiers et les cistes desséchés.
nager à contre-courant?
Palau , port des îles de la Madeleine, est annoncé par un très gros rond-point, une petite zone commerciale et de nombreux supermarchés. La ville est très jolie avec ses maisons basses et ses boutiques. Accueil parfait et francophone à l’office de tourisme qui m’offre de nombreuse cartes et dépliants sur les plages et les sites archéologiques.
La route d’Olbia ,t la S125 que nous avons prise pour Orosei, relie tout droit Palau à Arzachena qu’elle traverse sous le nom de Via Costa Smeralda où se trouve le Citty Hotel réservé par Booking.com (*** 70€/nuit). C’est un grand bâtiment de briques rouges, sans grâce, carré, un peu vieillot. Les chambres ne sont pas dignes d’un 3* : pas de frigo, une climatisation bruyante et pas efficace, peu de rangements. En revanche, la présence d’un parking, la belle piscine ont du faire la différence. La décoration blanche à bordure bleue avec de grandes bandes fleuries brodées au point de croix et les tapis sardes bleus assortis, est de très bon goût. L’accueil est familial et chaleureux. On découvrira au petit déjeuner que la clientèle est également familiale et simple. Pas de chichis. Pas de restaurant non plus. Le bar vend de l’épicerie, du jambon des boîtes de thon si l’envie nous prenait d’un sandwich. Arzachena est une petite ville très commerçante, nous trouverons le nécessaire dans les nombreux supermarchés.
Pour le plaisir de l’hébreu, je n’aurais pas raté ce film qui a de bonnes critiques.
J’en sors perplexe.
Est-ce un bon film?
Un bon film raconte une histoire. Certes, l’histoire est originale, le rythme de la narration accroche et je ne m’y suis pas ennuyée malgré la durée(c’est la mode en ce moment les films de 2h!). Un bon film offre de belles images, des points de vue inattendus, presque : la pluie « à hauteur de chat », les arbres du quartier de la balançoire, rien d’exceptionnel. Un bon film défend une idée, ici, c’est la poésie. De la poésie dans un monde de soldats, c’est une bonne idée, encore faut-il de la bonne poésie…
Et là, je suis moins convaincue. Craquant avec son zozotement enfantin. Mozart de la poésie comme le présente Nira,? Sûrement pas. Comment a-t-il eu l’idée de la corrida, et ses transports amoureux? J’aurais aimé y croire, le lion orange, pourquoi pas? Mais le reste….
Ambigu, malsain, le rapport de l’institutrice à l’enfant. Que cherche-t-elle? A faire s’épanouir le don? En le malmenant pendant la sieste, alors qu’il ne songe qu’à dormir, en l’effrayant avec une fourmi. Cherche-t-elle à s’approprier ses poèmes en les lisant à son club de poésie comme si elle en était l’auteur? Manipulatrice. Jalouse, quand elle évince la belle nurse qui utilise, elle aussi les créations de Yoav.
Ce n’est pourtant pas une femme en mal d’enfant, elle est mère d’un brillant officier et d’une lycéenne sympathique. Ses rapports avec les hommes sont aussi empreints de séduction. Dans la première scène, on voit le pied de son mari, regardant une émission vulgaire, on l’imaginerait méprisé, non pas, leurs rapports sont tendres et érotiques. Que cherche-t-elle avec l’oncle de Yoav, le journaliste poète, avec le père, restaurateur pour VIP, le professeur de poésie., dans la boîte de nuit?
Vers 15h nous abordons la partie balnéaire de la journée : l’exploration des plages de Palau réputée pour ses côtes magnifiques en face des îles de la Madeleine. Nous allons rendre visite à l’Ours du Cap de l’Ours, rocher énorme connu depuis l’Antiquité comme amer pour les marins et cité par Ptolémée.
Pour la baignade, premier essai à Cala Capra toute petite crique au pied de l’Ours. Une route très soignée serpente dans une résidence très chic avec des parkings ombragés et numérotés, des massifs de bougainvilliers et des palmiers cachant les villas invisibles. Au bord de l’eau, un gardien de parking très stylé aux allures de majordome ou de réceptionniste de palace, nous fait comprendre très poliment qu’il est impossible de garer la voiture. Calme et volupté sur le bord de la petite plage (bien peuplée) parasols tous pareils et bambins pataugeant dans l’eau limpide.
Porto Mannu : on traverse une nouvelle résidence (un peu moins chic ?) pour aboutir à un vaste parking. Coup de chance : une famille remballe son matériel et libère un emplacement. Une allée conduit à la plage 50m plus loin. La plage est partagée en deux, à droite parasols bleu marines, lits alignés pelouse verte et beaucoup d’enfants, à gauche une plage moins aménagée avec quelques rochers, des tamaris, des parasols multicolores et sièges de plage, aimable désordre. La baie est bien abritée par la Punta Bianca et le Golfo del Saline et en face les îles de la Madeleine. Le vent lève quelques rides à la surface de l’eau, rien de méchant. De très gros yachts sont à proximité. Comme d’habitude, je longe les bouées parallèlement à la plage éprouvant le grand plaisir d’être assez loin de la foule, de nager seule mais dans un espace sécurisé. Je croise deux jeunes sur un matelas pneumatiques et un homme d’un certain âge. C’et tout ! Je regarde le paysage, les rochers de granite sans me lasser. Les jolies villas au toit de tuiles brunes presque plats s’intègrent dans la colline sans que rien ne dépasse si ce n’est la touffe d’un palmier ou la tache violine d’un bougainvillier trop vif. Ces villas, bien construites, pas choquantes, jolies mais bien présentes m’agacent. Quand nous les avons traversées j’ai remarqué les poubelles du tri. Parce qu’on trie beaucoup en Sardaigne. C’est même une véritable obsession. Partout sont alignés les containers en plastique multicolore, jaune papier, vert le verre, bleu les plastiques, grise alu, brune….Il faut un mode d’emploi que personne ne nous a donné. Ploucs, nous ne savons que faire des reliefs du pique-nique ni des pelures d’oranges du petit dèj. Il faudrait les sacs spéciaux biodégradables pour « umido », les ordures organiques. Nous utilisons les sacs des légumes des supermarchés. Nous avons tout faux ! Tandis qu’ici chez les riches, on trie au risque de voir les poubelles dépasser. On brûle du carburant dans les Porsche Cayenne ou les grosses Mercedes, mais on trie ! On a la clim, mais on trie ! On bétonne écolo. Je ressasse ces pensées en nageant.
Porto Mannu, yachts et au fond les îles de la Madeleine
Nous cherchons d’autres plages. Plusieurs criques minuscules sur le bord du Golfo del le Saline. Des voitures stationnent sur les deux côtés de la petite route. Chaque fois qu’il est possible de descendre , une famille a planté son parasol, un pêcheur ses cannes. Le vent souffle. Il fait un peu frais après mes exploits de tout à l’heure.
On arrive à Cannegione qui dépend d’Arzachena : longue plage plate, restaurants lettini, vraiment beaucoup de monde. Peut être simplement parce que c’est dimanche 17h. Peut être lundi ce sera désert. Retour par la montagne parsemée de rochers granitiques, parcours très pittoresque sous la belle lumière de la fin de la journée.
« Sur les bords de la Havel vivait, vers le milieu du XVIème siècle, un marchand de chevaux nommé, Michael Kohlhaas, file d’un maître d’école. Ce fut un des hommes les plus intègres, en même temps l’un des plus redoutables de son époque. »
Conduisant ses chevaux au marché, il se trouva en face d’une barrière qu’il n’avait jamais remarquée. « C’est un privilège seigneurial » ,péage nouvellement institué par le baron, maître du château, à peine eut-il qu’on lui réclama un laissez-passer, puis que le baron de Tronka, ne jeta son dévolu sur deux jeunes et magnifiques chevaux loirs qu’il confisqua, sorte d’otages en attendant que le maquignon ne revienne pourvu du laissez-passer. De retour du marché, Kohlhaas eut la désagréable surprise de voir que son domestique avait disparu et que ses poulains étaient devenus des haridelles épuisées par les travaux des champs.
Kohlhaas n’eut de cesse de saisir la justice pour le préjudice subi. Il rédigea donc une plainte avec l’aide d’un avocat, persuadé de l’appui de nombreux amis et de son bon droit. Des mois passèrent, puis on lui fit valoir que le baron Wenceslas de Tronka était parent de seigneurs influents. Kohlhaas se rendit donc auprès du commandant et rédigea une supplique à l’Electeur de Brandebourg. Cette nouvelle démarche n’aboutit pas plus que la première. Sa femme Lisbeth proposa de porter une nouvelle requête fut repoussée brutalement et décéda du mauvais traitement qui lui fut infligé.
C’est alors que Kohlhaas, sûr de son bon droit, excédé par l’injustice se transforma en justicier de sa propre affaire, détruisit le château du baron de Tronka et entraînant une troupe de valets et d’hommes d’armes incendia Wittenberg et la province, mettant à feu et à sang châteaux et villes mettant en déroute le prince de Meissen venu avec une armée l’arrêter.
« C’est dans ces conjectures que le docteur Martin Luther entreprit d’employer l’autorité que sa position dans le monde lui donnait, à faire rentrer Kohlhaas dans l’ordre en lui adressant des paroles énergiques et propres à réveiller les sentiments généreux dans le cœur de l’incendiaire »
L’intervention de Luther mit fin aux désordres, permit à Kohlhaas de bénéficier une amnistie pour que se tienne enfin son procès. Kohlhaas malgré ses succès militaires ne veut qu’une seule chose : que justice lui soit et que les deux chevaux noirs lui soient restitués dans l’état où il les avait laissés. Cependant, la justice entre un maquignon et de grands seigneurs est bien inégale et les tracasseries ne cesseront pas !
L’analyse dans la préface d’une œuvre est parfois frustrante, je n’aime pas qu’on me raconte l’histoire à l’avance. La collection MILLE.ET.UNE. NUIT offre une présentation différente. A la fin de la nouvelle (roman ?) tout un dossier concerne l’adaptation cinématographique d’Arnaud des Pallières. Ce dernier explique ses choix, entre autres de dépayser l’action dans les Cevennes, le casting . Le long entretien avec Mads Mikkelsen est aussi intéressant ;
Cela me donne vraiment envie de visionner le DVD à mon retour.
J’ai téléchargé le Combat contre le Démon de Stefan Zweig, je n’ai lu que la partie concernant Kleist. Zweig, avec sa culture immense, son esprit de finesse, l’éclairage freudien qu’il donne à la psychologie, ne me déçoit jamais. Seul bémol, Zweig écrit pour ceux qui possèdent une bonne culture allemande, ce qui n’est pas mon cas. Beaucoup de références manquent pour en apprécier davantage l’analyse. Zweig décrit Kleist en homme traqué « Il n’est pas de contrée de l’Allemagne que cet éternel vagabond n’ait habité »…. »c’est dans ce même état d’esprit que Rimbaud court d’un pays à l’autre, que Nieztsche change perpétuellement de ville et d »appartement, que Beethoven va de continent en continent : tous sont fouettés par une effroyable inquiétude qui fait l’instabilité tragique de leur vie ». … »toute son existence n’est qu’une fuite, une course à l’abîme »
Il oppose Kleist à Goethe.
Kleist se trouve « dans un état d’exaltation et de refoulement;cet intolérable tourment d’une âme trop pleine … »
Il attribue cela à une ambiguïté sexuelle – une pathologie sexuelle, écrit-il –
« Même en amour, Kleist n’est jamais le chasseur, amis toujours la victime, traquée par le démon de la passion ».
A propos de Michaël Kohlhaasil écrit :
« Quelle que soit la chose qui l’agite, elle tourne à la maladie et à l’excès : même les pendants spirituels pour la pureté, la vérité et l’équité, il les déforme ; le désir de justice devient chicane …. » « Mais Kleist – et c’est là, uniquement là, la racine du tragique kleistien – oppose à son tempérament passionné une volonté tout aussi passionnée, tout aussi démoniaque… »
Il faudra que je revienne à Zweigquand j’aurai comblé certaines lacunes!
Toujours Michaël Kohlhaas, une bien curieuse rencontre : dans le texte de présentation du film LEVIATHAN d’Andreï Zviaguintsev, le cinéaste déclare que la lecture de Michaël Kohlhaas l’a inspiré pour écrire le scénario.
Leviathan est sorti mercredi dernier. Séduite par la bande annonce, je n’avais pas voulu lire les critiques pour avoir un regard neuf.
Depuis, j’ai lu avec grand intérêt l’article du Courrier Internationalet ceux de Télérama qui a poussé la curiosité en allant voir les lieux du tournage à Kirovsksur la mer de Barents, nuançant un amalgame trop facile Russie/corruption/ alcoolisme que le film très noir suggère.
Le Leviathan,monstre biblique, symbolisé par la baleine de l’affiche, est-il la corruption? ou le Pouvoir corrompu qui broie Kolia? ou le bulldozer détruisant sa maison? L’alcool noie la révolte, engourdit les corps, abrutit les esprits. Zviaguintsev a eu l’idée du film en apprenant l’histoire de Marvin Heemeyer un américain du Colorado, désespéré de se voir exproprié, qui était monté sur un bulldozer et avait détruit des bâtiments administratifs. Cette révolte lui avait rappelé Michael Kolhlhaas de Kleist ai-je lu dans le 4-pages de l’AFCAE présentant le film.
Leviathan est riche en symboles. Le titre lui même fait allusion à Job et à Hobbes.
Loin de son modèle américain, Kolia ne se rebelle pas, il délègue son avocat, puis, ayant perdu tout recours, noie sa peine dans la vodka. Comme nombreux héros de la littérature russe, il est emprisonné. Le personnage de Kolia n’est-il pas Job? En face de Kolia, le Maire. Est-il le Leviathan du livre de Job :
« Nul n’est assez hardi pour provoquer le Leviathan :Qui oserait me résister en face? qui m’a obligé, pour que j’aie à lui rendre? tout ce qui est sous le ciel est à moi »
Pourtant on le voit tituber, ivre, provoquer Kolya sans sortir victorieux. L’avocat le fait douter. Le pope le conforte. Est-ce l’alliance avec l’Eglise qui le rend victorieux. Ou la violence. Ou la terrible soumission de la Justice qui, par deux fois, dans les mêmes termes, mécaniques et impersonnels déboute Kolya de ses deux recours.
Les images sont magnifiques, opposition entre la mer dure, sauvage, et les constructions des hommes imparfaites et fragiles. Parfaite symétrie des plans encadrant la tragédie. soulignée par la musique de Philip Glass.
Deux routes pour Castelsardo : l’une par Sorso et les vignes, l’autre le long de la côte et une très belle forêt de pins.
L’arrivée sur Castelsardo est spectaculaire le château-fort couronne un éperon rocheux accompagné d’un très haut et mince campanile. Les maisons colorées se blottissent au flanc des collines en amphithéâtre au dessus du port de pêche. Le port s’insinue dans la terre par une étroite échancrure. Arrêt photo : des casiers sont posés sur le quai : Castelsardo a pour spécialité la langouste. La plage de Marina di Castelsardo juste au dessous du bourg est en sable blanc entre des rochers de trachyte rouge, de l’eau transparente. Une petite buvette avec des chaises en plastique rouge.
Castelsardo vu du port
Le château-fort a été restauré. Je recopie les indications d’un panneau :
« – 1102 : la République de Gênes a donné Castelgenovese à la famille Doria
– 1297 : le Pape Boniface VIII a échangé la Sardaigne à Aragon avec la Sicile. Les Doria n’ont pas voulu céder la place conquise avec de grands sacrifices.
– Mariage entre Eleanor Arborea et Brancaleone Doria
– 1448 : conquête définitive par Aragon. Le château prend le nom de Casteslaragonese
– 1720 : transfert à la Maison de Savoie il devient Castelsardo.
Castelsardo, rampe et murs du château
Le château contient peu de témoignage de cette histoire glorieuse. Un musée de la vannerie occupe les très belles salles médiévales. Les plus belles pièces sont très bien mise en valeur : les paniers confectionnés par les bergers, utilisés par les paysans, les grands silos cylindriques tissés, les corbeilles pour faire le pain et pour tous les usages, les nasses pour les anguilles ou les langoustes. Les barques en roseaux des pêcheurs de Cabras sont exposées.
Nous déployons le magnifique parasol jaune offert par les Tchèques d’Orosei et nous installons sur les rochers rouges de Marina de Castelsardo pour un nouveau piquenique venant de chez le traiteur d’Auchan avec des arancini (boulettes de riz aux pois et jambon) et des brochettes de « poisson » qui s’avère être du surimi.
L’eau est merveilleuse de transparence et de calme. Je nage en parfaite sécurité et observe à loisir le décor : dans un sens les roches percées de grosses cavités rondes avec des cristaux et inclusions de roches blanches et au retour je regarde la colline, le château, les maisons multicolores. On a porté un soin particulier aux couleurs. Les façades sont presque toutes polychromes : l’intérieur des balcons est différent de la façade, parfois les murs changent de couleur selon l’étage. Le jaune domine souligné par du marron, vert sur beige, même bleu…Sur la corniche, se sont installées les terrasses de nombreux restaurants aux enseignes blanches peintes de lettres rouges. C’est très gai.
15h30, on reprend la route pour refaire un arrêt sur la dune où je fais une bonne heure de marche le long de la plage de Marina di Sorso.