Santorin – promenade d’Oia à Fira sur le rebord de la caldeira

CYCLADES

Oia
Oia

 

Un sentier rejoint Oia à Fira sur le bord de la caldeira, 9km – 2h15 selon la dame de l’Office de Tourisme ( plutôt 12km – 3h si on va jusqu’au parking au bout de Fira).

On le trouve  à la bifurcation occupée  par une épicerie ; les voitures à gauche, les piétons à droite. Il quitte Oia après l’hôtel Atlantide.

C’est un très bon sentier muletier ou ânier ou de contrebandiers ? ou de douaniers ? . Il est pavé de petits pavés noirs et brillants, les marches sont bien taillées et les bords bien marqués. Impossible de se perdre. Parfois les pavés sont remplacés par la pouzzolane rouge ou noire.Il monte régulièrement jusqu’à une chapelle et son clocher en portique à l’écart. La colline embaume fleurie d’anthémis jaunes, de thym rose, de liserons roses aussi, de petites fleurs inconnues. Je vois passer le Delos des Blue Star Ferries (notre bateau). Un bateau de croisière mugit et s’éloigne.

cyclades 14mp 114 - Copie

Le sentier rejoint la route près d’un kiosque Coca-Cola puis remonte, une vingtaine de mètre au dessus de la route. Deux parapets maçonnés de moellons noirs encadrent le chemin pavé qui rejoint la chapelle du Prophète Elias (encore !) puis redescend en une large piste cimentée. Une caravane klaxonnante vient à ma rencontre : c’est un mariage dans une petite église surplombant la caldeira. La mariée arrive en dernier, de magnifiques bouquets décorent le capot de sa voiture.

cyclades14dt 234 - Copie

J’arrive ensuite à une zone construite : les hôtels se succèdent, tous plus luxueux les uns que les autres, dans des « maisons traditionnelles ». Depuis quand les piscines à débordement, les bains bouillonnants sont-ils une tradition grecque ?

Je ne croise que des Asiatiques – Chinois ou Japonais – je ne sais pas bien. Pas un regard amical, pas un bonjour, pas un « Hi ! » ni « Ya Sas ! » rien !  je dois être transparente. Les jeunes femmes minaudent devant l’objectif de l’appareil photo de leur compagnon. Les vieilles se prennent pour des top-model, cueillent les anthémis pour fleurir leur boutonnière ou leur chapeau ridicule. Certains trainent des valises à roulettes sur les pavés. Loger dans un studio de rêve se paie et pas seulement en €. Le ciel est gris. Aucun espoir de coucher de soleil. Bien fait ! Depuis un bon moment le sentier se perd dans le dédale des résidences. Je commence à en avoir ma claque des « traditional houses » avec terrasses toutes semblables, façades blanches, piscines turquoises, lits de plage gris ou petite tables bleues avec leurs deux chaises assorties. Gris c’est 4* ou 5*,  bleu trois seulement ! Évidemment c’est plus décoratif que les grands Hôtels-clubs, joli, esthétique, recherché, inabordable et finalement très agaçant ! Les Canadiens rencontrés à  Paros nous avaient raconté les robes de mariées des Chinoises, je vois des shorts effrangés très courts, des vestes fleuries, des talons inadaptés et des bibis incroyables.

Santorin : Pâques grecques à la plage

CYCLADES

14h, retour au studio à Perivolos pour déjeuner aux « heures grecques », sauf que nos agapes sortent d’une boîte de conserve de dolmas avec tomates et fromage tandis que les Grecs ont passé la matinée à tourner la broche de l’agneau pascal en famille. De la musique nous parvient des environs.

15h30, découverte du sud de l’île en passant par la plage. Un curieux embouteillage nous arrête : des gens dansent sur la chaussée devant une taverne et bloquent le trafic. Changement de programme ! Nous nous invitons à cette fête improvisée, nous installons sur les lits de plage pour écouter l’orchestre composé de deux ouds, une guitare, un violon et une chanteuse. Les clients ont terminé l’agneau. Ils en sont au raki,  servi dans de petits flacons de verre et de tout petits verres.

De temps en temps, quelqu’un se lève pour danser, souvent des vieux. Les hommes dansent seuls faisant des figures compliquées. Quand un homme se lance dans une démonstration, les spectateurs cassent des assiettes et les lançent à ses pieds.  Les femmes font des rondes. Parfois deux rondes se forment. La cuisinière en toque se joint à eux.

Je passe une bonne partie de l’après-midi à dessiner les tables  carrées, les nappes à carreaux bleus et blancs, les bouteilles, verres, flacons de raki. J’aime aussi les accumulations de chaises quand les Grecs s’installent à leur aise sur deux ou trois chaises à la fois. Des enfants s’échappent pour jouer au sable. Deux petites filles ont de mignonnes sandales vernies blanches dans le sable noir. Une toute petite en collants roses, robe rose s’agrippe aux jambes de son papa. Un jeune adolescent allume des pétards.

Promenade le long de l’eau. Je m’enfonce quand la granulométrie est grossière, dans le sable fin on marche mieux. Hier matin, la plage me semblait sauvage. Pour Pâques, les restaurants ont sorti tables et lits de plage, non pas les légers en tissu et aluminium, mais les lits de bois bien lourd qui supporteront les intempéries et les tempêtes. De même les parasols ne sont pas du genre à s’envoler, ils sont en paille bien épaisse, en feuilles de palmier, sur des piquets de bois bien solides.

Je dépasse notre rue en marchant vers Perissa. Wet Stories, restaurant de plage plus branché a mis une sono et joue du rock. Ici aussi on danse. La clientèle est plus jeune. Personne n’est attablé. Les gens sont debout autour de tables rondes hautes.

18h30, il fait encore bon au soleil sur les bancs de ciment de la terrasse devant la maison. De partout on entend de la musique, le rock de Wet Stories se mêle aux orchestres traditionnels. A la nuit ils allumeront des feux d’artifice et des pétards.

Santorin – 1ère visite à Fira

CYCLADES

Fira : carte postale?
Fira : carte postale?

Fira est un décor de cartes postales.

Maisons blanches, coupoles bleues, accrochées à la falaise volcanique multicolore au dessus de la mer bleue. Très pittoresque, très touristique. Ruelles, corniche étroites, marches…Evidemment la rue est interdite aux voitures et étirée toute en longueur.

Venant d’Emborio, un parking à l’entrée de la ville (devant Carrefour) accueille les visiteurs. Nous el négligeons, pensant en trouver un autre plus central. Grave erreur ! La route principale se rétrécit, fait des virages et les poteaux indicateurs donnent des directions étranges et contradictoires ; Nous quittons Fira pour Firostani, des flèches mentionnent le port et l’aéroport mais rien ne nous aide. Après plusieurs virages nous repassons devant les mêmes restaurants, les mêmes agences de voyage. Nous avons fait un tour complet sans nous en être rendu compte. Dans les rues en pente, l’aiguille de la jauge à essence passe dans le rouge. C’est dimanche de Pâques, les stations-service ferment, quand on en trouve ! L’idéal serait de retrouver le parking près de Carrefour. Impossible avec les sens uniques !

Nous en sommes déjà au deuxième tour complet ! Nous allons tomber en panne. En désespoir de cause nous suivons la direction de l’aéroport et trouvons enfin une pompe à essence. Un tracas en moins. La pompiste nous remet dans la bonne voie sur la « main road ». Nous retrouvons le premier parking après avoir perdu une heure.

Du premier hôtel (4*) sortent des chinois endimanchés. Certains ont loué des décapotables, la grande frime !

cathédrale orthodoxe
cathédrale orthodoxe

Le vendeur du kiosque dessine un grand rond sur notre carte. Nous sommes au centre, juste derrière le Musée Préhistorique –fermé pour Pâques – derrière la Cathédrale Orthodoxe : grosse coupole blanche en ciment sur des arcades sans grâce, fresques récentes. La cloche sonne avec instistance pour Pâques. Les fidèles sont déjà installés ; Nous n’avons rien à y faire. Les ruelles sont encore vides. Les boutiques ouvrent à peine. Nous croisons en dehors des Chinois quelques couples français. Un bateau de croisière a jeté l’ancre devant le port. La marchandise est très haut de gamme : bijoux de très belle facture, vêtements de prix et quelques T-shirt horribles, des aimants criards ; Rien qui puisse nous plaire. Les éponges sont hors de prix : 9€ pour une toute petite toute moche Je trouverai mieux à Athènes à Monastéraki. Le vendeur de cartes postales est très aimable mais n’a pas les timbres.

terrasse classieuse
terrasse classieuse

La corniche st surtout occupée par des terrasses de restaurants et de cafés fermé à cette heure matinale (11h du matin). Les Asiatiques sont pressés. Les Grecs ont veillé pour allumer leur cierge à minuit. La promenade est donc tranquille. Tout serait parfait si un gros nuage menaçant, très noir n’avait pas caché le soleil. Quand il reviendra, les maisons éclateront de blancheur mais la batterie de l’appareil photo sera à plat. Nous arrivons à la gare du téléphérique. Un train de 5 bennes monte les arrivants au port, passagers des bateaux de croisière. Est-ce que d’autres bateaux s’arrêtent à ce port ? Trois troupeaux d’ânes joliment harnachés descendent le chemin passé chercher les touristes, peu  nombreux aujourd’hui.

église catholique
église catholique

 Au dessus de la station se trouve la jolie église catholique au campanile ajouré blanc, à filets bleus et jaunes. L’intérieur est peint en bleu avec des décors très baroques. La Messe est affichée à 10h, à 11h20 quand je monte, elle n’est pas terminée. L’église est comble, une sonorisation extérieure est bilingue, italien traduit en anglais. J’y suis retournée à midi. Le curé, encore revêtu de son aube, chantait à tue tête, un gamin dans les bras, s’entretenant en grec avec ses paroissiens. Je n’ai pas trouvé le couvent des Dominicaines, sans doute fermé le jour de Pâques.

terrasse poèmes d'Homère
terrasse poèmes d’Homère

Après le grand Centre de Conférences rouge, la corniche pavée est presque vide, plus de Chinois. De rares touristes français font des photos. Le quartier est beaucoup plus calme. Les terrasses des restaurants se font rares. Il y a surtout des « chambres de rêve » à louer. Des écriteaux dissuadent les passants de s’aventurer dans les escaliers «for guests only ». Rien n’empêche de regarder les terrasses blanches, éblouissantes où un objet, une sculpture ressortent sur la blancheur : ici un hippocampe de verre dépoli, là, une vieille barque à la peinture délavée par le temps, sur ses rames on a peint « Homer’s poèms », plus loin dans une belle potiche un bouquet de strelitzias, un aloès aux formes décoratives….

strelitzia et plantes grasses
strelitzia et plantes grasses

Les escaliers sont gris soulignés de bandes blanches, parfois rehaussés de motifs de fleurs. Tout ce blanc se détache sur le bleu profond de la mer et sur la paroi volcanique aux teintes rouges et violettes. Il semble qu’il soit possible de continuer la promenade sur le rebord de la caldeira pendant des kilomètres. Au dessus, le « quartier catholique » a adopté le crépi jaune et parfois le rose à l’italienne. Des moulures blanches soulignent les façades des grandes maisons néo-classiques.

cyclades14dt 172 - Copie

Nous choisissons une terrasse pour notre apéro : le café frappé est mousseux à la perfection. L’ouzo est servi avec d’excellentes olives violettes. Je sors le carnet moleskine. Dessiner me permet de guider mon regard  de compter les coupoles, les différencier, de découvrir des arcades, de hauts palmiers, des campaniles. Je prends tout mon temps. Cette terrasse est si agréable qu’il nous vient l’envie d’y déjeuner. Le moindre plat coûte 9€ et je me méfie des moussakas et pasticcios destinés aux touristes, souvent décevants. La salade grecque à 8€, je me la préparerai pour 10 fois moins cher au studio !

J’entreprends un autre dessin avec le petit volcan Hephaistio pour sujet  central avec les îles qui bordent la caldeira.

Santorin : Emborio et ses moulins, Vlichada Limanaki et coucher de soleil

CYCLADES

 

Les moulins d'Emborio, églises et vigne
Les moulins d’Emborio, églises et vigne

amari – piétonnier en saison – les restaurateurs ont remisé les tables des terrasses. Peu de tavernes bon marché. Seul le chic a pignon sur rue ! Nous décidons donc de rentrer au studio et d’acheter des feuilletés. Depuis le temps que nous venons en Grèce, je devrais pourtant savoir qu’on ne trouve plus de tyropita après midi. C’est un plat pour le petit déjeuner. Sofia l’hôtelière de l’hôtel Thrassa à Tichero s’était moquée de nous et nous avions eu la même expérience en Bulgarie avec la banitsa.

15h, après une courte sieste nous partons explorer les environs.

Grain et moulin
Grain et moulin

Au dessus d’Emborio – le bourg le plus proche de Périvolos -où nous faisons nos courses – une colline est coiffée de 8 moulins à vent. La route court sur l’arête et se termine devant une petite église perchée sur la falaise, presque dans le vide. Cubique, surmontée d’un clocheton à trois cloches, ramassée sur elle-même. Un vent terrible souffle tant que j’ai du mal à cadrer les photos. Impossible de dessiner.

8 moulins et une chapelle dans le vent
8 moulins et une chapelle dans le vent

 Les blés sont agités devant les moulins. La campagne est plantée de vignes. Avec le vent, les ceps ont pris une curieuse forme, enroulés sur eux-mêmes, ils forment une corbeille au ras du sol. Vues d’en haut, les parcelles forment un curieux puzzle dont les pièces seraient décalées verticalement. Ces marches sont-elles le résultat de séismes ? (il y en a eu un très destructeur en 1956) ou de l’érosion ? Ou simplement des terrasses édifiées par les viticulteurs ? La strate superficielle qui affleure est une couche de téphras très claire, de ponces très poreuses dans laquelle les habitants ont creusé des habitations troglodytes ou des caves. Les moulins ont tous perdu leurs ailes et souvent leurs toits. Sous l’enduit, on voit qu’ils sont construits de gros moellons noirs de basalte. La balade sur la route est très agréable malgré le vent ; les fleurs et le blé embaument. La vue est très étendue.

Vilchada : falaise de ponces rongée par l'érosion
Vilchada : falaise de ponces rongée par l’érosion

Un peu plus loin, la route de Vlichada descend vers le petit port Limanaki traversant des vignes et au détour de la route des chantiers navals.  De vraiment très gros bateaux de plaisance sont sur cale. Plus loin, deux cheminées d’usine, des bâtiments industriels très ruinés, l’un d’eux recrépi de neuf et transformé en habitation. La falaise de ponces a un aspect très étrange sous l’effet de l’érosion.

Sur le quai sous un auvent quatre tables, et quatre autres au soleil. Exactement l’endroit rêvé pour un café – café grec – le café frappé ne me dit rien par cette température.

Le patron est déçu, il arrivait déjà avec sa nappe en papier à la main. L’endroit est délicieux mais nous avons déjà déjeuné sans compter que els prix sont particulièrement élevés 8€ pour une salade grecque et 55€ le kg de poisson. U peu plus loin, dans le petit port attendent de gros voiliers et un magnifique catamaran. Les skippers viennent sans doute dîner ici !

En attendant le coucher du soleil
En attendant le coucher du soleil

Nous cherchons un endroit pour admirer le coucher du soleil sur la caldeira. Entre Emborio et Megalochori, un écriteau publicitaire invite au coucher de soleil à la terrasse d’un hôtel. La route bifurque le long de la falaise devant des villas luxueuses avec piscines à débordement d’une eau verte opaline dans une cour pavée de galets.

Retournant sur nos pas, dépassant une église, nous trouvons un pré fleuri encore sauvage juste au dessus de l’eau. C’est là que nous attendrons. D’un côté un sentir part en balcon sur le bord de la falaise, de l’autre il se prolonge vers une pointe rocheuse et se termine en escalier qui descend vers la mer. Les giroflées violettes, les anthémis jaunes, la mauve apportent leur touche de couleur. Nous nous installons dans la voiture pour nous réchauffer. Vers 19h30, le soleil est happé par un banc de nuage. Inutile de prolonger l’attente.

Santorin : Archaïa Thira

CYCLADES

Agora de la ville antique
Agora de la ville antique

 

Deux grands coups de tonnerre et une pluie diluvienne nous ont éveillées à 5h30. A 8h le soleil est revenu. Les bancs et la table de la terrasse sont secs.

Pas de petits pains chez l’épicier. « local people » ne mangent pas cela.

Peut-être y-a-t-il des supérettes sur le front de mer ? Il y en a, mais,  en saison. La plage est très belle dans le petit matin avec son sable noir et le bleu profond. La lumière d’après l’averse donne des contours francs aux objets et des couleurs vives. Belle promenade. On se contentera des yaourts pour le petit déjeuner.

A vol d’oiseau, le site de l’ancienne Thira est proche, juste au dessus de Perissa, le village voisin. Un sentier les relie en 1h30 d’une belle grimpette. En voiture, il en va tout autrement. L’ancienne Thira est perchée sur un rocher abrupt qu’aucune voiture ne peut gravir. Il faut donc contourner par Kamari. Juste derrière ce rocher (Mesa Vouno 366m) se trouve le sommet de l’île qui culmine à 567m au Profitis Elias. Pour contourner le massif montagneux il faut retourner sur le bord de la caldeira, traverser la largeur de l’île par Pyrgos et Exogonia.

Perissa et Perivolos vus du Mesa Vouno, rocher où est perchée la ville antique
Perissa et Perivolos vus du Mesa Vouno, rocher où est perchée la ville antique

A Kamari une chaussée tantôt pavée, tantôt cimentée monte en lacets serrés à l’assaut du rocher. Un panneau « sens interdit » barre la route. Je décide donc de monter à pied maudissant les automobilistes peu respectueux des lois qui me doublent. Une heure plus tard, j’arrive au parking à la fin de la route. Ce n’est pas tout ! Un sentier continue tout droit, puis un escalier.

Entrée 2€, le site est ouvert jusqu’à 15h fermé pour Pâques et lundi. ­Avec le billet, on donne un plan de la ville antique 1h30 pour le petit parcours +1h si on veut flâner dans les maisons ;

Je découvre d’abord une petite basilique chrétienne 4ème -6ème . Au 8ème pendant les incursions arabes la cité offrit un abri puis devint inhabitée.

le lion gravé du Heroon d'Artemidoros
le lion gravé du Heroon d’Artemidoros

Le sentier conduit ensuite à la ville antique. Je passe devant le sanctuaire heroon d’Artemidoros : un lion, un faucon et un homme de profil sont gravés dans la roche. Je passe devant des villas hellénistiques et arrive à l’agora qui a conservé de nombreuses colonnes doriques et de belles stèles. En-dessous, accolé à la pente le théâtre est envahi de crucifères jaunes (genre diplotaxis) . Je rebrousse chemin avant d’avoir atteint les sanctuaires d’Apollon et des dieux égyptiens. Un vent glacial souffle. Les Grecs plus avisés que moi sont montés en anorak et parka. Je les envie.

Santorin – Vendredi saint à Perissa

CYCLADES

église de Perissa
église de Perissa

 

Une drôle de manifestation occupe la chaussée : des hommes exclusivement, deux tiennent les extrémités de tube métallique tandis qu’un troisième tape avec un marteau ou un burin. Variante : le tuyau est suspendu aux épaules. Certains portent des tambours et même une étrange crécelle en bois. Cette procession fait un vacarme de tous les diables. Les femmes se tiennent sur le trottoir. L’une d’elle porte un plateau avec des petits gobelets à la disposition des assoiffés. Une manifestation sans slogan ni banderole, sans femme ? Quand le cortège est passé je demande à la dame au plateau de quoi il s’agit. C’est une tradition locale des villages de Perivolos d’Emporio et de Perissa : le Vendredi Saint, avec tout ce tintamarre il chassent le Mal en l’honneur de Jésus qui a été crucifié.

curieuse procession
curieuse procession

A l’église de Perissa, l’épitaphios est fleuri de lys blancs, d’orchidées, les plus belles fleurs et les plus précieuses n’ont pas été économisées. Deux jeunes filles de noir vêtues mais aux minijupes extra-courtes et aux bas noir assez provocants, montent la garde à côté du catafalque fleuri.

« Quand sortira-t-il ? » demandons-nous.

 – « vers 7 heures »

La procession bruyante passe puis se disperse. Deux jeunes filles ne suffisent pas. N’ayant pas la patience d’attendre, nous rentrons au mary’s rooms.

De Paros à Santorin sur le Blue Star Delos

CYCLADES

A bord du blue Star Delos, escale à Naxos
A bord du blue Star Delos, escale à Naxos

Dernier petit déjeuner sur le balcon. Le soleil est de retour. Dernier petit tour en voiture aux plages voisines de Parasporos et d’Aghia Erini que nous n’atteignons pas parce la piste a été détrempée par la pluie d’hier.

10h, nous rendons la voiture à l’Agence Cyclades qui propose de garder nos valises dans leur bureau. Nous nous promenons sur les quais. Je monte revoir Saint Constantin. Dernière photos à l’Ekatondapilon, mais ce n’est pas le moment, on célèbre des liturgies pour le vendredi saint. Je film pour enregistrer les chants.

Le Delos, frère jumeau du ferry Paros avec lequel nous sommes venues, arrive à 11h25. Il est plus confortable que le Paros avec ses escaliers roulants. Nous devons garder les valises avec nous (comme cela nous n’irons pas à la cale à l’arrivée). Nous nous installons sur le pont arrière mobilisant 3 chaises comme les Grecs.

Le spectacle est somptueux. Le Delos navigue très près des côtes de Paros. Nous reconnaissons la chapelle vue hier soir,  les sentiers de nos promenades, le phare, …A peine avons-nous quitté Naoussa que les côtes de Naxos se rapprochent. La ville de Naxos est très belle, surmontée du château des Ducs de Naxos – une pensée pour Joseph Nassi le narrateur de la Señora de Catherine Clément . Sur un îlot rattaché à la terre se dresse un portique de colonnes antiques, d’un sanctuaire. De l’autre côté, une plage interminable…La prochaine île que je visiterai sera Naxos ! Naxos est une grande île avec de hautes montagnes. Tandis que le Delos longe Naxos on découvre encore d’autres îles. Il faut être grec et habitué des Cyclades pour les reconnaître. Mais les Grecs ne s’intéressent pas au paysage. Ils travaillent avec l’ordinateur, jouent aux cartes, dorment ou mangent.

Escale à Ios – tout petit port. Sur un piton trois églises s’étagent en escalier. Un petit ponton, quelques restaurants. L’arrêt est court. Peu de passagers descendent. Une dizaine de touristes-sac à dos montent à bord. Va et vient de cartons, sacs postaux et paquets divers. Ios est rocailleuse, les falaises montrent leur schistosité. La végétation semble clairsemée sur des terrasses anciennes.

entrée dans la Caldeira
entrée dans la Caldeira

La mer Egée est bleu très foncé hérissée de crêtes d’écume blanche. On sent le vent, je ferme mon K-way jusqu’en haut. Le Delos est un tellement gros bateau que, la mer serait d’huile, nous ne ferions pas la différence – tout au moins c’est ce que je pense tant que nous restons sur le pont arrière ! Pour voir arriver Santorin, je traverse les beaux salons à l’avant. La vitre est toute salie par les embruns ; un paquet d’eau la frappe violemment. Le salon est au 6ème niveau mais les vagues sont assez hautes pour l’atteindre. Les passagers assis ne semblent pas incommodés mais j’ai du mal à rester debout tant le bateau bouge. Le volcan se profile devant nous ! On voit d’abord la forme caractéristique des sommets volcaniques qui apparaissent comme couverts de neige. Illusion vite dissipée le rebord de la falaise est tapissé de maisons blanches.

Dans la caldeira
Dans la caldeira

Depuis longtemps, j’attends ce moment. En 2011, un volcan islandais nous avait fait renoncer à Santorin. Venir l’été n’est pas envisageable. Attente. Ile très(trop) désirés. J’ai peur d’être déçue. L’entrée dans le cratère est magique. Les cendres, les coulées de couleurs, textures, très différentes s’empilent. Certains niveaux très reconnaissables servent de repères puis sont décalés par des failles. Orange, noir, violet, rouge, gris foncé ou clair, cendres presque blanches. Toute une symphonie de couleurs. De l’autre bord on peut voir un petit volcan récent avec ses laves très sombres, le petit cône, le cratère, les champs de lave noire qu’on dirait labourée. J’ai tant filmé que la batterie de l’Olympus est épuisée juste quand on se rapproche des villages aux terrasses blanches et aux coupoles bleues.

cyclades14dt 132 - Copie

Puisque nous avons gardé les valises nous laissons descendre les passagers pressés. La foule est compacte, les voitures pare-chocs contre pare-chocs. Un camion a raté sa manœuvre, il est tombé dans la mer. Le propriétaire de Mary’s-room-on-the-beach nous explique où on pourra faire els courses. Les petits magasins sont fermés aujourd’hui Vendredi Saint mais Carrefour est ouvert. Demain samedi tout sera opérationnel en revanche Dimanche de pâques et lundi tout risque d’être fermé. Il fait un détour sur la plage de sable noir de Perivolos pour nous montrer les restaurants.

L’appartement est situé au rez-de-chaussée d’un immeuble d’un étage et 4 studios par étage. Volets bleu marine, tour des fenêtres jaune, une terrasse sur le devant avec des bancs chaulés blancs, une terrasse à l’arrière avec une table bleue et un sèche-linge. Le studio est très spacieux, un grand lit double, un petit d’une personne, un canapé. Un bar sépare le coin cuisine. C’est simple trois murs blancs et un orange, lits et mobilier de bois clair. Des tables de chevet, une coiffeuse. La petite télévision est accrochée en hauteur (pas de sortie vidéo, les chaines sont assez brouillées, on capte mieux Chypre que la Grèce)Deux plaques électriques, une casserole, une très petite poêle (demain on en aura une grande). Basique mais tout ce qu’il faut.

 La déception, c’est la vue. La mer est cachée par un mur de parpaing, une rangée de tamaris et des constructions disgracieuses. Après avoir passé une semaine sur le balcon de Stratos nous avions l’habitude de guetter les bateaux et le coucher du soleil.

Le loueur de voiture nous apporte une Chevrolet matiz verte 20€ la journée, l’agence est à côté en cas de problème. Nous faisons nos courses sur la route d’Emporio : essence, distributeur de monnaie, Carrefour.

Paros :circuit autour de l’île par le sud-est

CYCLADES

lupin au dessus de Lefkes
lupin au dessus de Lefkes

 

Ciel très gris au réveil, pluie au petit déjeuner et cela ne s’est pas arrangé.

Nous avons mis trop de carburant dans la voiture (10€ par jour auraient suffi d’après le loueur). Notre objectif de la journée est donc les plages du sud est de l’île ainsi que les révisions dans les endroits que nous avons aimé Lefkes et Alyki.

Trois églises

Trois églises à l'entrée de Parikia
Trois églises paléochrétiennes à l’entrée de Parikia

A la sortie de Parikia en direction de Naoussa. Ces trois églises paléochrétiennes furent construites au 4ème siècle en remploi de matériaux antiques : belles colonnes de marbre fin, dalles de marbre. Vues de la route de dessus on voit bien les trois églises de petite taille.

Lefkes

Les environs de Lefkes
Les environs de Lefkes

A l’entrée, les oliviers sont très vieux, leur troncs noueux sont presque monstrueux par rapport à leur ramure. Technique pour faciliter la cueillette ou influence du vent ? Ici, les oliviers, jeunes comme vieux sont taillés très bas (contrairement à Corfou où ils deviennent des arbres immenses). Je compte les moulins : 5 alignés sur un épaulement et 3 sur le versant d’en face. Malheureusement on les laisse en ruine. Comme il pleut, nous renonçons à la promenade prévue dans le village. Sous le soleil, avant-hier, il était gai, propret nous resterons sur cette impression. Une route s’élève dans la montagne en direction de Ag. Yoannou et Aspro Chorio. Sur les bords de cette route fleurissent de très beaux lupins bleus. Les terrasses dans les hauteurs sont bien cultivées. Dans les prairies il y a des vaches mais c’est surtout la vigne qui domine. Les ceps sont très bas et plantés écartés les uns des autres, taillés très courts eux aussi. Quand on s’élève vers les sommets les rochers sont présents (granité) et le maquis est très ras, surtout de la sauge et des coussins épineux. Le panorama est fantastique sur la côte découpée, les collines pointues : nous reconnaissons celle qui domine Marpissa où nous avons pique-niqué. Les nuages occupent les sommets (730m) inutile de monter plus haut !

Musée des sculptures de Marpissa

cyclades 14mp 072 - Copie
Nikos Perantinos

Nous l’avions cherché en vain à notre premier passage. Il faut dépasser les moulins puis entrer dans la ville ancienne. Le musée se trouve dans une très belle maison classique peinte en jaune.

Nikos Perantinos (1910-1991) est un sculpteur reconnu à son époque internationalement. En 1941, il devient le sculpteur officiel du Musée Archéologique d’Athènes. Des photos racontent comment il a reconstitué une sculpture antique d’un cheval et d’un petit eros cavalier à partir de fragments bien lacunaires. Les sculptures présentées ici sont surtout des portraits, têtes et bustes ainsi que des figures féminines en pied. Dans une petite salle on passe entre deux rangées de bustes d’hommes en nœud papillon  ou costume cravate- sûrement des personnages grecs éminents – ce qui n’est pas passionnant pour qui n’a jamais entendu parler d’eux ! Plus intéressants : Maria Callas et une médaille à son effigie, d’Alexandre le Grand dans le plus beau marbre. Quelques bronzes représentant des femmes sont beaux mais trop classiques à mon goût. Cette athlète tirant à l’arc, est-elle une amazone ?

Maria Callas
Maria Callas

Le Guide de Paros signale une randonnée le long de la côte de Piso Livadi à Drios. La marchande de graines, essences de plantes et autres produits bio m’explique : il faut prendre la plage, au bout le chemin entre deux murettes conduit à la plage suivante (Pounda), chercher le sentier et passer toute une série de plages de sable séparées par des rochers. Malheureusement la pluie s’intensifie et le vent se lève compromettant mes velléités de marcher.

Golden Beach

Golden Beach
Golden Beach

Je remonte donc en voiture jusqu’à la belle plage Chrissy Akti (Golden beach). Le sable est vraiment doré même sous le ciel gris. La pluie a faibli, avec mon K-Way, marchant à bon pas l’aller-retour fait déjà une belle promenade. Avec du soleil nous aurions profité des lits de plage bleus sous les parasols de paille.

Drios

le port de Drios
le port de Drios

Retour à la route principale, détour par le petit port de Drios  désert sous la pluie battante. Nous pique-niquons dans la voiture devant deux bateaux de pêche qui tanguent et se balancent. Nous nous réjouissions à l’avance de déjeuner à la taverne sur le port d’Alyki, nous avions déjà choisi la table et le menu ! Sur la carte figure un site archéologique avec cette mention « parts of ancien ship-makers » aucune trace du site à Boutari

Après Drios les constructions « cycladiques » se font plus rares. La campagne est encore très agreste. Les champs de céréales ont été moissonnés : en avril ! Les bottes de paille sont bien là et les champs non moissonnés portent des épis. Qu’a-t-on récolté : le grain ou la paille ? Cette précocité m’étonne.

Cap Pyrgos

La route secondaire est fléchée Pyrgaki . Sur le cap se dresse une jolie chapelle à deux pignons relevés de bleu et un demi-cylindre bleu. Un peu plus loin, le sentier continue sur la falaise jusqu’à la pointe. La couleur des rochers est étonnante : certains sont verts, d’autres rouge vif, au sol on marche sur du marbre. La géologie de cette île est vraiment complexe. J’ai toujours eu du mal avec le métamorphisme. A l’abri du petit cap se trouve un port de pêche où se balancent une bonne douzaine de bateaux.

Glifa

Après Aspro Chorio, village encore bien rural et traditionnel, pas encore touché par la folie des promoteurs une flèche indique une plage. La petite route traverse les champs puis un village qui a l’air de se consacrer à l’élevage des volailles. Partout sont perchés de magnifiques coqs et poules, les tourterelles flirtent avec les pigeons vulgaires, des canards et d’autres volatiles se promènent. Les chiens de chasse attachés sont perchés sur des bidons, sans doute craignent ils la boue par ce jour pluvieux.

la plage de Glyfa
la plage de Glyfa

Sur le bord de la plage de Glyfa on a planté deux rangées de tamaris, une plus ancienne aux épais troncs noircis, une plus récente de très jolis arbres fins et aérés par une taille soignée. A travers leur fin feuillage la mer argentée fait un beau tableau.

Après Glyfa, l’accès à la côte est plus difficile. La pluie ne nous a pas empêchées de faire le circuit prévu. Nous nous arrêtons donc à Alyki pour le café sur la taverne du port. La dame nous reconnait et nous accueille chaleureusement. Pour lui faire plaisir je commande un kadaïfi, un peu trop copieux, j’ai du mal à en venir à bout.   Heureusement sa terrasse est abritée sous du plastique transparent. La pluie tombe sans discontinuer.

Le musée Skorpios est fermé. Dommage, nous aimons bien les maquettes !

Les collines du côté Nord ouest de la baie de Parikia

Tous les soirs, du balcon, nous regardons arriver les bateaux et tomber le soir sur les collines d’e face. Nous profitons de cette dernière soirée pour aller les voir de plus près. A la sortie de Parikia, la plage est bordée d’hôtels qui semblent moins pimpants, plus modestes (et plus à notre goût). On imagine une clientèle familiale allant à la plage en saison. La route s’élève ensuite en décrivant des festons vers les résidences plus huppées des collines – maisons mi-pierre /mi-ciment cachées par des jardins soignés – et les petites plages de Martselo et de Krios. A la pointe, vers la mer se tient une chapelle aux murs de pierre et à la coupole bleue, enclose d’un mur blanc faisant une vaste enceinte. La chapelle est ouverte fleurant bon la cire et l‘encens.

Temple d'Apollon
Temple d’Apollon

Temple d’Apollon

A l’arrière du cap fermant la baie de Parikia, le long de la côte en direction Nord Est, vers Kalami et plus loin Kolymbithrès, se dresse une chaine de collines sauvages, rocailleuses sur lesquelles on a installé des éoliennes. C’est à son extrémité sud ouest qu’est perché le sanctuaire d’Apollon Délien dont j’ai vu les vestiges au Musée Archéologique de Parikia. La route – cimentée parce qu’il y a des constructions neuves – grimpe une pente très raide puis se transforme en piste juste sous le site. Il faut alors grimper à pied un sentier bien marqué mais très pentu. Le sanctuaire est sur l’acropole surtout qu’on y vénère Apollon, dieu du soleil. Le site est plutôt ruiné et vide. On le devine plus qu’on ne le voit. Le panorama est à couper le souffle : on voit Parikia, Naoussa et les îles environnantes. Je suis très contente d’y être montée même si je ne reconnais pas grand-chose. Il suffit de mobiliser mon imagination.

A Parikia j’achète les billets du ferry de demain.

Paros : Parikia – musées et sites

CYCLADES

clocheton d'Ekatondapialani
clocheton d’Ekatondapialani

 

Ekatontapyliani et musée byzantin

On entre dans l’enclos de la basilique par un portail dans un mur blanc surmonté de clochetons de marbre ajouré. La cour ressemble à un cloitre. L’église de pierre à la coupole couverte de tuile de très grande dimension a de larges ouvertures. L’édifice actuel remonte au 6ème siècle mais son histoire est encore plus ancienne. On raconte qu’Hélène en route vers les Lieux Saints fut contrainte à une escale à Paros à cause d’une tempête et fit vœu d’y construire une magnifique église. Une autre légende raconte que l’architecte avait été apprenti du maître d’œuvre de Sainte Sophie. Le nom Ekatondapyliani  veut dire 100 portes, elle en aurait 99, la 100ème serait ouverte  à la « libération » de Constantinople.

la nef décorée pour Pâques
la nef décorée pour Pâques

Les dimensions de l’église sont saisissantes. La nef et la coupole sont très haute. On a utilisé, non pas le marbre blanc comme on aurait pu s’y attendre mais 3 ou 4 sortes de pierres colorées donnant un effet très agréable. L’iconostase est en marbre blanc très ouvragé, une véritable dentelle portant deux grands icônes revêtues d’argent curieusement entourées de petites icônes de bois. Des têtes accompagnent l’icône de la Vierge dans des sortes de nuages. L’église est décorée pour Pâques avec de grands nœuds violets, des bouquets de fleurs blanches. Ces décors masquent les icônes qu’il faut chercher. Celles qui représentent les évangélistes autour de la chaire sont très délicates. Soutenant la coupole on devine des fresques derrière l’iconostase. Un moyen de les découvrir et d’avoir un beau point de vue sur l’église est de monter à l’étage sur la galerie par un escalier extérieur. De là on voit les fresques et les icônes cachées dans le chœur. Sur le côté, la chapelle Saint Nicolas, de dimensions réduites est plus sobre mais elle s’orne de très belles coloones et de chapiteaux antiques. Selon le guide de Paros, chapiteaux, pilastres et cimaises proviendraient du Tempsle de Démeter qui se trouvait dans le port de Parikia.

j'aimerais bien connaître le nom de cette fleur au coeu noir
j’aimerais bien connaître le nom de cette fleur au coeu noir

Comme toujours pendant la semaine Sainte, des femmes sont occupées à faire des bouquets pour les célébrations ; Aujourd’hui elles utilisent des fleurs blanches au cœur noir Mavromates.

Le Musée Byzantin

dans le cloître le Musée Byzantin
dans le cloître le Musée Byzantin

Le musée byzantin expose de nombreuses icônes du 16ème et 17ème siècle (jusqu’au 19ème) posées sur des supports très simples rouge ou noir ;  cette présentation très sobre met en valeur les couleurs. Nombreux Saint Georges terrassant le dragon. Mes préférées sont 17ème : une Nativité de la Vierge : dans un coin en bas à droite deux servantes versent de l’eau. Celle qui est assise et voilée e rouge et tient une belle aiguière au bec contourné ressemblant à une tête d’oiseau. L’autre jeune fille est debout : elle verse de l’eau dans une vasque, le mouvement de l’eau est remarquable, la surface de l’eau n’est pas lisse et plane comme elle le devrait amis ressemble à un écheveau de laine ou à des bandes de guimauve.

A côté, de la même époque, dans  une Présentation de la Vierge au Temple,  j’ai remarqué une procession de femmes brunes aux cheveux découverts portant des flambeaux.

Ces détails me touchent plus que les figures saintes stéréotypées.

Musée Archéologique

Gorgone
Gorgone

A deux pas de l’église, en haut de la rue, dans une vaste cour où sont entreposés des sarcophages et stèles, le Musée Archéologique présente ses collections provenant de l’île de Paros,  dans trois salles vieillottes.

Certains objets sont fort anciens, préhistoriques. La colonie mycénienne de Koukounaries dont nous avons cherché le site sans le trouver, date 12ème 13ème av. JC. Lames d’obsidienne, céramiques, agrafes. Les objets préhistoriques m’ennuient un peu. Il faut une mise en scène spectaculaire pour les faire parler et ici, la muséographie est noyée sous la poussière. Les pièces présentées, les explications peuvent convenir à des archéologues, mais le touriste s’ennuie. Qui sont cette Artémis et  cet Apollon déliens, viennent-ils de Paros ou de Délos ? Ces minuscules   objets égyptiens ont sûrement quelque chose à raconter, mais quoi ? Qaund sont-ils arrivés sur Paros ? comment ?

Les salles suivantes présentent des marbres, la moindre des choses à Paros ! Les statues sont très abimées et grossières comme ces bustes de Kouros . la Gorgone 6ème siècle, est spectaculaire : elle dans sa main droite tient la tête d’un serpent qui s’enroule autour de sa taille. Gorgone était fille de Phorkys et de Kéto (il faudrait que je cherche la légende !).

J’aurais aimé en savoir plus sur l’Archilocheion et sur ce poète Archiloque.

La stèle des tables de Paros est un monument historique : document de premier plan dit le panneau mais très mal expliqué. Les grands sarcophages familiaux auraient aussi mérité une meilleure présentation.

Nous déjeunons de belles petites sardines très fraîches achetées chez le poissonnier d’épinards frais (Vidalis) les plus tendres et les plus jeunes que j’aie jamais mangés.

Sous un franc soleil, nous retournons au Parc environnemental au nord de Kolymbithrès pour faire le circuit n°3 autour du cap qui fait face à Naoussa. Le sentier démarre dans un affleurement de granite entrelardé de schistes (ou le contraire) toutes les variantes entre schiste et granite s’entremêlent, filons recoupant l’encaissant, œil de quartz dans le granite…au bout du cap, on trouve le marbre, la végétation change : coussins épineux, buissons de sarriette. De petites plages sont encadrées par des rochers plats. Un panneau signale l’emplacement des batteries russes de 1770à 1774. C’est la première fois que je rencontre des témoignages de ces guerres russes. La promenade est moins longue que prévu : 20 minutes pour arriver au cap, 30 pour le tour, et 20mn retour ;

J’ai vu sur une carte postale les rochers de Kolymbithres qui m’a bien plu. Des parasols bleus présents sur la photo signalent l’endroit précis. Les rochers bizarres sont bine là, seulement le photographe devait être dans l’eau. En cette saison je rentre jusqu’au genou, pas plus !

16h, un peu tôt pour rentrer. Nous décidons d’explorer l’autre pointe nord e l’île après Naoussa. Sur la carte figurent deux plages Santa Maria et Alyki ainsi qu’une grande zone sans route et probablement sauvage. On dépasse l’usine électrique avec sa grosse cheminée pour trouver une jolie plage de sable que nous dédaignons à cause de la proximité de l’usine. Très vite  nous atteignons l’autre côté du cap, des quads pétaradent et font des figures sur la plage. Suivant les indications « Santa Maria » nous nous retrouvons dans des lotissements cachant la mer. Le cap s’est urbanisé depuis l’impression de la carte ; des routes et pistes ont été tracées dans le maquis des lentisques pistachiers. Le seul accès à la mer est l’entrée d’un beau restaurant. Ouvert ? Ou fermé ? Après plusieurs tentatives nous renonçons, retrouvons la plage des quads, entrons dans un complexe de bungalow pas trop laids mais c’est privé, pour nous arrêter finalement à la première plage proche de l’usine que nous avions méprisée. Deux petites filles font des ricochets. Après deux allers-retours les pieds dans l’eau, nous décidons que notre balcon sea-view est bien plus agréable ! par mégarde, à Naoussanous prenons la route du Sud et rentrons à Parikia par Kostos et le centre de l’île encore agricole avec ses vignes, ses champs de blé et ses montagnes qui nous enchantent ; le littorral est à la limite de la saturation en matière de constructions touristiques !

Sites archéologiques mineurs

Il reste des sites archéologiques à Parikia à visiter : les 3 églises à l’entrée de la ville, des villas hellénistiques, un atelier de poterie et un de sculpture hellénistique sans oublier un « open-air sanctuary » assez énigmatique.

Les mosaïques sont décevantes : rectangle carrelé de blanc, un peu comme dans une salle de bain contemporaine, un autre rectangle entouré de vagues avec un losange noir au milieu.

L’atelier de poterie se trouve dans les fondations d’une maison d’habitation mais bien visible de la rue. On devine les installations, il reste d’énormes cuves, on signale les étuves.

L’atelier de sculpture est difficile à interpréter pour un non-spécialiste. On voit els carrés et les tranchées des archéologues ainsi que les repères qu’ils ont placés. C’est un peu frustrant de penser que le marbre qui y a été sculpté ait laissé si peu de témoignages visibles sur place.

La Fille du Capitaine – Pouchkine

CHALLENGE ROMANTISME

filleducapitaine

Lecture commune avec Claudialucia

La semaine dernière, la lecture commune m’a entraînée avec Lermontov dans les montagnes du Caucase. Pouchkine m’emmène dans la steppe kirghize, aux frontières de l’Europe et de l’Asie centrale,, dans les années 1773 lors de l’insurrection paysanne de Pougatchev.

La Fille du Capitaine commence comme un roman d’apprentissage: Piotr Andréitch, âgé de 17ans seulement, est envoyé par son père à Orenburg faire son service militaire, chaperonné par son fidèle précepteur Saveliitch. A sa première rencontre il apprend à jouer au billard:

« c’est, dit-il, indispensable pour des soldats comme nous. je suppose qu’on arrive dans une petite bourgade ; que veux-tu qu’on y fasse? On ne peut pas toujours rosser les juifs. il faut bien, en définitive, aller à l’auberge et jouer au billard… »

Expérience qui lui coûtera cent roubles..

Neige kibitka

 

Nouvelle aventure pendant le voyage dans la neige, le bourane qui peut engloutir des caravanes entières. Rencontre avec un vagabond, cosaque ou brigand, qui les guide à l’auberge. L’enfant, de bon cœur, lui laisse son touloup en peau de lièvre.

A Orenburg, chez l’ancien camarade de son père, Piotr Andreitch découvre les instruction de son père « le tenir avec des gants de porc-épic » et il est envoyé « dans un fort abandonné sur la frontière des steppes kirghizes-kaïsaks ».

C’est dans ce fort que le roman d’amour va naître.  Chez le capitaine débonnaire et de sa femme,  une dame très brave, il est reçu familièrement. Il semble que rien ne peut arriver dans ce petit fort:

« Les Bachkirs sont un peuple intimidé, et les Kirghizes aussi ont reçu de bonnes leçons »

Amour contrarié :  Piotr Andréitch rencontre un rival, le perfide Chvabrine – duel.

« comme les hommes sont étranges! pour une parole qu’ils oublieraient la semaine ensuite, ils sont prêts à s’entr’égorger, et à sacrifier non seulement leur vie mais encore l’honneur et le bonheur de ceux qui.… »

Ses parents ne veulent rien entendre des projets de mariage du très jeune homme.

Arrive Pougatchev et le roman historique, roman de cap et d’épée: 

« On avait élevé des forteresses dans les lieux favorables, et dans la plupart, on avait établi à demeure fixe, des Cosaques, anciens possesseurs des rives du Iaïk. mais ces Cosaques qui auraient dû garantir le calme et la sécurité des contrées, étaient devenus depuis quelques temps des sujets inquiets et dangereux pour le gouvernement impérial »

Pougatchev, se faisait passer pour le défunt empereur Pierre III. Le capitaine, sa vaillante femme et leur unique canon, ne résisteront pas longtemps aux cosaques….

Retournement de situation :  Pougatchev est justement le bandit rencontré dans la tempête de neige, homme d’honneur, ce n’est pas un ingrat….et le roman d’aventures se complique.

Je me laisse prendre à tous les rebondissements….je me suis laissé entraîner dans toutes les péripéties avec un plaisir d’enfant.

J’ai beaucoup aimé certains personnages secondaires, Vassilissa Iegorovna, vaillante combattante qui meurt du sabre d’un  cosaque, Saveliitch sage mais trop conscient de sa place de serviteur. Si un  certain manichéisme noircit Chvebrine, le traître ou au contraire pare de toutes les qualités Maria Ivanovna, Pouchkine sait aussi créer des personnages plus complexes et plus ambigus comme Pougatchev ou Zorine.

Alexandre-Pouchkine_4220

Je me suis aussi régalée à l’exotisme russe de certaines expressions intraduisibles sans lesquelles on ne se sentirait pas transporté si loin, les touloups, et le bourane.. les proverbes aussi dont les hommes simples abusent »comment vont les nôtres? répliqua l’hôtelier en continuant à parler proverbialement. on commençait à sonner les vêpres mais la femme du pope l’a défendu : le pope est allé en visite et les diable sont au cimetière… »

…. »tant qu’il y aura de la pluie, il y aura des champignons, et quand il y aura des champignons, il y aura une corbeille pour les mettre…. »

Dur monde aussi où on torturait, où on coupait les narines…où les forçats avaient la tête rasée et étaient défigurés par les tenailles des bourreaux!

logo romantisme