Paros : Lefkes, Prodromos, Marpissa et les carrières antiques de Marathi

CYCLADES

Lefkès
Lefkès

Temps radieux.

Lefkes, village de montagne au centre de la ville mérite bien son nom..  Village tout blanc adossé à la montagne en amphithéâtre, dominé par l’imposante église Aghia Triada (19ème)aux clochers en dentelle de marbre. Trois moulins montent la garde à l’entrée de Lefkes. Les voitures sont sagement retenues dans de grands parkings sous les pins et le village est interdit à la circulation. Le village est très pittoresque  partout des maisons blanches et des escaliers.  Un kafénéion jaune et bleu tranche.

un kafénéion coloré dans le village blanc
un kafénéion coloré dans le village blanc

Le sentier byzantin (monopati visandini) est facile à trouver, très bien tracé mais pas toujours dallé de marbre. Ces dalles ne ressemblent pas aux allées modernes plutôt à celles des via romaines. Combien d’ânes, de mulets ont-ils passés sur le petit pont byzantin. Le chemin embaume la sauge et les fleurs sauvages.

le sentier byzantin
le sentier byzantin

Le centre de l’île de Paros, plus préservé des constructions touristiques est encore agricole. Avant d’arriver à Lefkes, nous avons vu de beaux oliviers très vieux. La colline que je traverse à pied est le domaine des pistachiers lentisques  des cistes et de la myrte. C’est toujours avec une grande tristesse que je contemple les terrasses abandonnées. Pendant des siècles, des millénaires, les hommes on rendu la terre cultivable pour le blé, l’olivier et la vigne, ces cultures primordiales qui donnent le pain et l’huile pour se nourrir et s’éclairer. Le spectacle est splendide, les collines pointues, les baies échancrées, partout la mer et les îles. La route court sur le versant d’en face et fait une grande boucle. Le sentier grimpe raide pour franchir un petit col.

Prodromos

pour entrer dans le bourg ancien passer sous l'arche!
pour entrer dans le bourg ancien passer sous l’arche!

Le petit village de Prodromos est lui aussi précédé par deux moulins. Des maisons modernes cachent le centre traditionnel auquel on accède par une arche accolée à une église blanche aux chevets cylindriques qui dépassent sur la place. Le village est bien tranquille,  nous ne rencontrons pas de touristes seulement des dames qui font leurs courses, des enfants en vacances désœuvrés.

les ruelles et les arches de Prodromos
les ruelles et les arches de Prodromos

Nous prenons place sur une petite table ronde devant un kafénéion, à l’intérieur deux hommes jouent au tavli , les pions claquent dans les boites en bois, deux vieux messieurs s’arrêtent à notre table pour nous saluer, puis le pope s’assied à la table des joueurs…Je dessine les chaises , a table, un vieux vélo. Dessiner au café est un de mes plus grands plaisirs en Grèce. J’en oublie même de boire mon café frappé. Pendant que je suis affairée j’écoute les conversations.

bougainvillée et son ombre
bougainvillée et son ombre

Les rues de Prodromos sont prétexte à photographie : plantes grasses sur une fenêtre, une branche de bougainvillées qui se détache sur le mur blanc d’une chapelle, les clochetons ouvragés de marbre. On prendrait tout !

Prodromos clocheton
Prodromos clocheton

Marpissa

Marpisssa et Prodromos se touchent. Le guide vert nous a appâtées promettant de belles fresques du 18ème siècle ddans une église, un petit musée…Nous ne trouvons pas le Musée de la Sculpture, l’église est fermée et nous aboutissons à l’arrière du village en suivant les flèches marron Ag. Antonios.  Trois moulins se touchent presque. L’un d’eux a gardé sa toiture mais pas ses ailes, les deux autres montrent leur mécanisme et engrenages de bois.

avoine et moulin
avoine et moulin

L’église est perchée au sommet de la colline pointue. La route parvient à mi-hauteur à un calvaire. Les trois grosses croix se voient de loin. Ensuite la piste est étroite mais très carrossable. Une famille marche à notre rencontre. L’église est fermée, nous ne verrons pas les fresques mais on peut monter en voiture jusqu’au monastère. Il ne faut pas avoir le vertige et pousser le moteur pour escalader la pente. Presque en haut, sur une plateforme, nous sommes récompensées : la vue est magnifique. A nos pieds, l’Egée turquoise, la côte découpée, des plages de sable, les îles dans le lointain. Autour de nous des sauges de Jérusalem jaunes, des bouquets d’anthémis jaune d’or, des mauves et des liserons roses, des sauges violines pâles.

Piquenique panoramique au dessus de Marpissa
Piquenique panoramique au dessus de Marpissa

A côté des croix du calvaire je découvre à la descente le sentier aménagé avec des marches pour monter au monastère et regrette la promenade à pied.

Les carrières de marbre antiques

les latomies antiques de Marathi
les latomies antiques de Marathi

Les latomies archaïques se trouvent à Marathi . Dans les environs des carrières modernes sont encore employées, l’une d’elles par les Ciments Lafarge.

Une allée monumentale pavée de rectangles blancs brillant ne conduit nulle part. Une maisonnette très décorée avec des courges peintes et d’autres fantaisies, ne ressemble pas à un guichet de site. Partout des bâtiments en pierre en ruine ressemblent à des usines désaffectées depuis bien longtemps, des tours à section carrées rappellent des cheminées. Pas de panneaux touristiques ; nous errons au hasard quand un groupe de touristes sortis d’un car arrive par l’allée. Ils parlent français, je demande la permission de me joindre à eux. Leur guide contourne un grillage rouillé portant une interdiction ambigüe. On entre à ses risques et périls. Elle annonce qu’elle n’emmènera que ceux qui se sentent physiquement capables et qui ne porteront pas plainte en cas d’accident. Je passe à l’avant du groupe des intrépides et nous nous engageons dans le couloir qui pénètre dans la montagne de marbre. L’entrée est très large consolidée par de la maçonnerie moderne. J’ai du mal à imaginer les esclaves des Grecs anciens remontant les blocs destinés à l’Hermès de Praxitèle ou à la Venus de Milo. Je n’ai pas vu le bas-relief des Nymphes. Peut être la maçonnerie date-t-elle de l’extraction du marbre du tombeau de Napoléon ? Le livre de Paros nous apprend qu’au 19ème siècle une « petite Europe industrielle » s’était établie sur place avec ses ingénieurs britanniques, autrichiens ou allemands. Le mathématicien Krispis battait même monnaie pour payer ses ouvriers. Tous ces bâtiments en ruines sont sans doute les restes de la « petite Europe ».

marbre de Paros
marbre de Paros

Par cette belle journée nous retournons à la plage près de chez nous. Les employés de la taverne ne servent pas encore de consommations (sauf de l’eau gratuite) mais nous laissent utiliser les lits de plage.

Magnifique coucher de soleil vu du balcon.

Paros : circuit sur la côte SE et l’intérieur de l’île

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Baie de Parikia vue de la montagne. Sauge de Jérusalem au 1er plan
Baie de Parikia vue de la montagne. Sauge de Jérusalem au 1er plan

La météo est orthodoxe !

Le ciel est encore bien gris ce matin. Vers 9h, le plafond nuageux se déchire timidement. Je demande les prévisions à Stratos. Il me répond avec un long dicton grec. Les nuages, pendant la Semaine Sainte rappellent les souffrances du Christ. Samedi, pour Pâques il fera beau (prévisions de la télévision). Ce n’est pas très encourageant pour nous qui restons à Paros jusqu’auVendredi Saint !

Monastère de Christou Dassous

Monastère Christou Dassous
Monastère Christou Dassous

A la sortie de Parikia nous grimpons au Monastère de Christou Dassous. Une énorme église blanche avec deux hautes tours et une grande coupole se dresse derrière une vaste esplanade. Peu enthousiasmées par ce sanctuaire, nous nous intéressons à la flore : plantes bizarres, orchidées bleu-mauves très discrètes et curieuses pontes d’animaux sur les graminées.

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Le monastère est ouvert, calme, blanc, fleuri. Personne ne fait attention à nous. Nous pouvons flâner dans les courettes et les escaliers. Une femme en civil nous aborde, quémande des cigarettes. Pas de chance avec nous qui ne fumons pas. Une autre, pantalon et Nikes sous sa robe de nonne, sans voile est affligée d’une maladie de peau. En haut se trouve l’église – fermée – et le cimetière des moniales. Point de vue magnifique sur l’île voisine d’Antiparos dont les sommets ont couverts de forêts verdoyantes. On distingue les cultures. La petite ville est toute blanche. Un petit bac fait la navette. Le portique soutenant les cloches et les cyprès servent de cadre au croquis. J’aime dessiner dans la paix du monastère.

Antiparos vue du monastère
Antiparos vue du monastère

Derrière un col, nous descendons sur la Vallée des Papillons, vallon planté d’arbres fruitiers et arrosé d’une source où des milliers de papillons viennent se reproduire à la belle saison. En avril  il n’y a pas de papillons comme c’était prévisible mais l’endroit privé est enclos par un grillage, le portail cadenassé.

Une orchidée mais quelle espèce?
Une orchidée mais quelle espèce?

Nous reprenons la route de l’aéroport – vraiment petit –  pas un avion.

Nous cherchons une plage à Pounda où part le bac pour Antiparos. La route serpente dans une campagne très construite de très grande maisons de vacances blanches « cycladiques » à l’architecture un peu baroque, hautes cheminées, arcades, séparation entre les balcons en ciment ondulé. Les architectes ont de l’imagination ! Ces maisons blanches sont mises en valeur par une végétation standardisée de bougainvillées rose fuchsia et de succulentes jaunes couvrant tout le terrain, thuyas et cyprès. Les rares maisons habitées ont de beaux potagers. Les serres sont celles des jardineries. Beaucoup de vignes sont abandonnées. Les champs d’avoine et de blé sont rares, les olivaies,  avec de petits arbres bien taillés sur de petites surfaces. Paros devient- elle essentiellement balnéaire ?

Nous laissons la voiture à l’embarcadère. Un chemin le long de la mer conduit au Paros Kite Surf entouré par de belles villas, un restaurant, un centre équestre. La plage de sable fin est merveilleuse. L’eau est presque tiède. Un timide soleil apparaît. Enfin la plage !

Alyki

Filets à Alyki
Filets à Alyki

Déçues par Naoussa, nous sommes séduites par Alyki. A l’entrée du village, nous pique-niquons devant un mini-port : dans un bassin peu profond sont amarrés 5 ou 6 barques à rames colorées, une tour miniature garde le petit havre caché de la route par une rangée de tamaris. Salade de pommes de terre, thon et poulpe. La plage de sable fin est ombragée de tamaris, à l’arrière il y a des tavernes pour une ombre plus fraîche. De nombreux bateaux de pêche sont amarrés au milieu du port, les petites barques permettent d’y accéder. Les quais  et les pontons de pierre sont colonisés par les tavernes, tables bleu opaline, chaises grises.

Taverne d'Alyki
Taverne d’Alyki

Le restaurant à l’enseigne d’une sirène est très beau avec ses maquettes de bateaux, ses enseignes peintes, le patron barbu et ventripotent en tablier fait très bien dans le décor avec ses deux tables rondes sur une estrade. Il nous envoie en face sur le ponton chez le concurrent. Le garçon accourt, une nappe en papier à la main. Il est déçu, nous ne commandons qu’un café et un verre de vin blanc. Le vin blanc vient du restaurant à la sirène et le café d’à côté. Hors saison, on s’arrange entre voisins !

L’examen du menu  nous fait bien envie. Hier nous avons mangé des gyros aujourd’hui nous avons le pique-nique et voilà que nous découvrons un restaurant à notre goût pratiquant des prix raisonnables.

Alyki: nous nous promettons de revenir déjeuner ici!
Alyki: nous nous promettons de revenir déjeuner ici!

De l’autre côté d’Alyki, une plage de galets et bordée de tamaris jusqu’à une grande taverne très vaste et très chic. Les galets ne sont pas ronds et roulés mais plutôt irréguliers et anguleux, souvent en marbre parfois en schiste. Le marbre est souvent veiné de gris ou blanc pur. Il y a aussi de gros blocs, je rêve de sculpture. Quel plaisir pour l’artiste de travailler avec un tel matériau !

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La promenade est malaisée. Après 25 minutes j’arrive à une pointe. Pour le retour j’emprunte un sentier dans les buissons plus doux pour les pieds.

Un peu plus loin à Fagaras, les jolies plages se voient de la route mais elles sont difficilement accessibles. Jamais une flèche « paralia » ! Les pistes sablonneuses y conduisent-elles ou vers une maison ?

De retour à Parikia, courses chez Vidalis en front de mer. Entre Vidalis et la Poste il y  un cimetière antique partiellement inondé/ Deux ou trois sarcophages au décor sculptés se voient derrière le grillage.

Nous dépassons l’Asklipion et les appartements Stratos et descendons une route bien pentue vers la plage Delfini où deux tavernes préparent la saison. Un promontoire s’avance dans la baie. De petits voiliers se succèdent en régate. Peut être les jeunes « Amis de la mer de Thessalonique »  qui logent chez Stratos ?

Kolymbithrès Naoussa

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Naoussa sous les nuages
Naoussa sous les nuages

 

Réveil sous un beau soleil malgré les prévisions météos pessimistes d’Internet et de la télévision. La surface de la mer est un miroir opalin et les côtes se détachent très nettement.  Le dimanche, à 8h30, le pain n’est pas encore sorti du four. Au petit supermarché, près de la caisse, je trouve  de curieux sachets colorés d’une marque mystérieuse Anatoli au design moderne. Je déchiffre avec peine l’inscription : c’est du colorant alimentaire pour les œufs de Pâques !7

9h, les nuages s’amoncèlent le petit « temple de l’Asklépion »est tout triste.

10h Le loueur de voiture nous conduit à l’hôtel une petite Hyundai, couleur sable doré.

Direction Naoussa.

Nous découvrons la petite baie de Kolymbithrès à l’eau bleu pâle, peu profonde, bordée de plages. La colline qui lui fait face a une allure étrange. Les rochers semblent labourés de sillons en diagonale. Plis ou diaclases ? C’est un chaos granitique, haché donc de diaclases. Les blocs sont curieusement évidés en cavités rondes.

affleurement de granite haché de diaclases au dessus de Kolymbithrès
affleurement de granite haché de diaclases au dessus de Kolymbithrès

Nous suivons les flèches marron indiquant le  site mycénien de Koukounaries, introuvable. Toujours à sa recherche nous gravissons de mauvaises pistes. Pour alléger la Hyundai, je grimpe à pied. Sur le versant d’en face, les chèvres sautent de bloc en bloc. Dans le creux le troupeau de moutons nous a repéré et nous appelle avec des bêlements déchirants alertant les chiens. Je remonte d’urgence en voiture. Trois ânes montent la garde. Hangars et bergeries de tôle s’entassent en contrebas de la route. Dès que le terrain est plat on a cultivé du blé ou de l’avoine. Je continue à pied la piste jusqu’à un grillage et découvre un cercle de pierres : tholos mycénienne ou enclos des bergers pour parquer les bêtes ? Un homme travaille à son jardin avec une houe. Il m’appelle et me fait signe de rentrer dans son terrain : « Beautiful view, many islands, Delos, Mykonos, Tinos ! » Je crois reconnaitre les maisons blanches de Mykonos et au loin celle en longueur doit être Tinos. Et de se féliciter de l’hospitalité et de la gentillesse grecque,  philoxenia !  Aurait-on vu en France des gens invitant les passants à contempler la vue de leur jardin ?

immortelles
immortelles

Sous les nuages menaçants, Paros, avec ses murettes de pierre sèche et ses moutons, a un air irlandais ou écossais. Nous n’avions pas imaginé que les journées radieuses auraient pu avoir une fin.

Naoussa est précédée par de nombreux resorts , lotissements de luxe, maisons cycladiques autour d’une piscine abritée par un vrai-faux-vieux mur, de bon goût mais désert hors saison. Les Québécois nous avaient prévenues : « les Grecs sont en train de peinturer ! ».

Naoussa, tavernes sur le port
Naoussa, tavernes sur le port

Aujourd’hui, dimanche, les restaurants sur le port ont sorti les tables et les menus. Il fait bien froid pour déjeuner dehors d’autant plus que dans les restaurants ce n’est pas donné. Sous un soleil radieux, on s’autoriserait une folie, un poisson grillé. Mais dans ce froid…Tout le monde a dû raisonner ainsi : les terrasses sont désertes. Le port a une vague ressemblance avec Mykonos, la voisine, très chic, très cher…

Naoussa sous les nuages (bis)
Naoussa sous les nuages (bis)

L’intérieur du village est plus vivant. Les palmes des Rameaux forment des arcs de triomphe. Les enfants des écoles vendent des cierges décorés pour Pâques et des gâteaux sur un stand qui barre la rue principale piétonnière (les voitures sont au parking à l’extérieur de la ville). Nous trouvons un petit restaurant fast-food Pita Frank qui sert souvlakis et gyros sur une pita dans du papier. Nous y retrouvons des familles françaises avec le Guide du Routard. Un verre de vin, une petite bouteille d’au, 1 gyros et 2 souvlakis pour 6.5€. Déjeuner économique. A 18h on sentira la faim.

promenade au Phare
promenade au Phare

Malgré les nuages nous faisons la Balade au Phare balisée par le Parc Environnemental sur le cap vers  Kolymbithrès, juste après le petit chantier naval. Les sentiers sont très bien balisés. Une carte permet de planifier les promenades et des variantes relient les trois circuits principaux :

N°1,  45mn pour le Phare

N°2, un peu plus courte

N°3 tour du cap 50mn

Je choisis le sentier n°1 qui court en balcon au dessus de l’eau dans un tapis d’immortelles mauves, de très petites fleurs roses très découpées, d’oxalis jaunes, de composées ressemblant au pissenlit mais roses, et d’iris nains bleu que j’affectionne. La colline est recouverte  de  coussins épineux secs en été mais vert en avril. De place en place les cistes sont en fleur et le serpolet fait des boules roses .

Feuilletage et trous-trous
Feuilletage et trous-trous

les rochers sont feuilletés, micaschistes et gneiss avec de gros yeux de quartz, des cristaux bien visibles à proximité de l’affleurement granitique de Kolymbithrès. Cela ne m’étonne pas. Le marbre est aussi une roche métamorphique.  Tout en marchant j’élabore un cours sur le métamorphisme avec mes souvenirs lointains. Les micaschistes aussi sont évidés en grandes cavités arrondies ou en petit trous. La surface de la roche ressemble parfois à une passoire ou à un mille-feuilles criblé de trous. Le phare se voit de loin. Le sentier serpente. Les points de vue sont nombreux, vers le large, vers Naoussa, sur des criques à l’eau turquoise. Au bout du cap je retrouve les îles. Cette randonnée de 1h30 est très facile et très agréable.

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Parikia : promenade dans la vieille ville

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Sur le port de Parikia un moulin nous attend
Sur le port de Parikia un moulin nous attend

 

Il fait frais en avril dans les Cyclades. A 5h du matin je suis raide de froid et sors de l’armoire une magnifique couverture bleu marine et bleu clair figurant un tigre ressemblant à celles que nous avons vues à Naousa (Macédoine) l’été dernier.

8h, réveil : le soleil perce par les fentes des persiennes. Il fait un temps superbe.

9h, petit déjeuner sur la terrasse du restaurant de Stratos : fromage jaune en tranche, jambon carré, jus d’orange et yaourt grec. Simple et consistant. Parfait !

Stratos, l’hôtelier, nous descend au port dans son minibus en compagnie de Québecois. Il nous montre la Cathédrale et le Musée. Le Blue Star Paros est à quai et embarque pour Naxos. L’Office de tourisme est fermé le week end.

Saint Constantin
Saint Constantin et l’assise du temple archaïque

A l’arrière du port, une place moderne est bordée de banques, de là nous découvrons les ruelles de la Vieille Ville. Dans une rue commerçante, une cordonnerie propose des chaussures artisanales 35€ qui me font bien envie ainsi que nombreuses sandales à lanières qui sont un supplice pour celles qui marchent longtemps. Les galeries d’art sont fermées, c’est trop tôt dans la saison. Une église attire notre attention, toute blanche fondue dans la masse des maisons blanches : Panaghia Semptemvriani, une des plus anciennes de Parikia .

le kastro : les Vénitiens n'ont pas hésité à tronçonner les colonnes
le kastro : les Vénitiens n’ont pas hésité à tronçonner les colonnes

Une curieuse ruine est construite de blocs de marbres hétéroclites et même de curieux tronçons de colonnes. Derrière une placette, dominant la mer, la coupole d’une église plus imposante dépasse les toits des maisons. Son pignon est décoré d’une croix de faïence d’Iznik. Son portail est encadré de fins bas reliefs. Une galerie est composée de fines arcades. Je suis séduite et dessine l’église et la placette où un très vieux bougainvillier est enfermé dans une grosse jarre à côtes badigeonnée de blanc. Dans la rue située à l’arrière, une dame nous renseigne en Français : c’est Aghios Constantinos, fermée ouverte seulement pour la fête du saint le 21mai.

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Elle est ravie de nous faire découvrir les richesses archéologiques de son quartier : le mur de pierres sèches disjointes est l’assise du Temple archaïque d’Athéna. On a regroupé derrière un grillage les anciennes pierres du temple pour empêcher les riverains de s’en servir pour la maçonnerie de leur maison. Les Vénitiens n’ont pas eu ces scrupules : le mur hétéroclite est la ruine du Kastro vénitien bâti en 1260 par le Duc de Naxos avec les matériaux antiques de Paros. Un écriteau nous apprend qu’il avait la forme d’une ellipse avec une tour rectangulaire. Au sommet une tholos du 5ème siècle. Tout le long de la rue, le soubassement des maisons actuelles est formé d’énormes blocs de marbre fin, poli ayant gardé leurs frises et leur décor. Les fûts de colonnes tronçonnées forment des roues étrangement empilées.

Kastro et maisons actuelles reposent sur les ruines antiques
Kastro et maisons actuelles reposent sur les ruines antiques

Au fil des ruelles tortueuses, les églises sont nombreuses. La porte de l’une d’elle (1150) est encadrée de fines rosaces. Une bougainvillée pourpre se détache sur le mur blanc. L’église Taxiarchon est en pleine effervescence. Popes et dames d’un certain âge la briquent et la décorent pour le Dimanche des Rameaux, demain. Le programme de la Semaine Sainte (la Grande Semaine, disent les Grecs) esrt punaisé sur la porte. Les cierges sont ornés de graminées tressées (nous avons vu un décor analogue dans le Vieux Caire Copte). Des feuilles de palmiers sont stockées dans le Presbytère.

La rue Gravaris est bordée de nombreuses boutiques de mode et de bijoux. Elle conduit à une curieuse placette où une merveilleuse fontaine de marbre sculptée portant la date de 1711 se trouve à l’avant d’une église à coupole bleue. Sur une chaise du kafenéion,  un borsalino négligemment posé, composera une photo parfaite.

Placette: fontaine et borsalino
Placette: fontaine et borsalino

Se perdant dans les ruelles  tranquilles,  une autre placette ombragée a, elle aussi, sa fontaine  de 1711. Au milieu de la rue, sur une estrade, en haut de plusieurs marches, un café ravissant a installé sa terrasse. Nous y prendrions volontiers le premier apéritif des vacances (ouzo et café frappé) mais l’établissement s’intitule « crêperie » et on nous tend le menu du Breakfast (à midi).

Bougainvillée et chapiteau
Bougainvillée et chapiteau

Au hasard de cette promenade sans but ni boussole (nous avons bien une carte mais les noms de rue n’y figurent pas, seules les boutiques) nous aboutissons à la grande basilique où Stratos nous a déposées ce matin. Non loin, sur une grande place, la Librairie Internationale vend des cartes postales, des cartes et guides et même des romans en grec, anglais et français.

13h, apéro ou déjeuner ?

Ce sera déjeuner Chez Zorba qui sert gyros et souvlakis. 4 souvlakis, une assiette de tsatsiki, du pain un verre de vin blanc et une petite bouteille d’eau 13€. Nous cherchons un supermarché avant que tout ne ferme (et peut être jusqu’à lundi). Nous remontons à pied le trajet du minibus et arrivons au « périphérique » . Miracle. Stratos nous klaxonne et s’arrête. En route pour le port pour l’arrivée du ferry. Stratos nous emmène au grand supermarché Vidalis du front de mer en face du port de pêche. Nous voici parées pour au moins trois jours.

Asklepion au coucher du soleil
Asklepion au coucher du soleil

Je savoure mon premier café grec avec le plaisir des goûts retrouvés. Sur la colline en face d l’hôtel se trouve un petit édicule avec un fronton triangulaire classique. Dominique l’appelle le « temple » alors que je lui trouve plutôt les dimensions d’un cabanon dans les vignes. Renseignement pris auprès de Stratos : c’est vraiment l’emplacement de l’Asklepion mais le site est fermé au public. A l’aplomb de notre balcon se trouve la plus charmante des chapelles blanche et bleue au dessus de l’eau turquoise. Pour y descendre c’est un peu compliqué. Des murs barrent le chemin. La troisième tentative est la bonne. Le bord du littoral est fleuri de grosses succulentes roses ou jaunes (Mesembryanthemum edule ouCarpobrotus edulis ) qu’on appelle également des griffes de sorcières selon mes recherches sur Internet cette plante exotique originaire d’Afrique du sud serait invasive et une peste en milieu méditerranéen. Elle est très décorative. Il y a également des agaves des immortelles violettes et blanches, de petites fleurs mauves. Un sentier longe la côte devant  de belles maisons qui ont chacune un accès à la mer. On rêverait de baignades….

la baie de Parikia en dessous de Stratos.Au premier plan griffes de sorcière
la baie de Parikia en dessous de Stratos.Au premier plan griffes de sorcière

Sur notre balcon je pourrais dessiner mais le temps manque. A 19h j’ai rendez vous avec un blogueur avec qui je corresponds depuis de nombreuses années ; la blogosphère devient de moins en moins virtuelle !

Parikia agave et ilets
Parikia agave et ilets

A 18h30 j’emprunte les raccourcis pour descendre en ville. Je quitte dès que je peux  la route qui passe devant l’hôtel (route de l’aéroport) très passante. J’aboutis à une sorte de canal cimenté à sec en ce moment – peut être se remplit-il quand il y a des orages. De nombreux restaurants sont installés sur la corniche, certains chics, d’autres moins certains livrent à domicile à scooter gyros et souvlakis. Ce soir les terrasses sont vides. Une énorme église est illuminée. Les palmes des Rameaux dessinent une arche triomphale à l’entrée. Deux femmes s’affairent devant un monceau de branches d’olivier( ?) en tas à l’intérieur j’entends les chants des liturgies sans m’attarder puisque je chronomètre le parcours de l’hôtel jusqu’au port (15mn) .

La soirée se termine fraichement ; dès que le soleil se couche je me rappelle que l’on est en avril. Mon châle n’est pas suffisant et je prends congé de mes nouveaux amis parce que je suis congelée.

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Dîner sur le balcon de beefsteak surgelé (par paquet de 10, c’est très économique et cela  nous assure de la viande chaque jour) avec une salade grecque. Les reflets dans l’eau du port offrent un beau spectacle.

De Créteil à Paros en passant par le Pirée: avion, bus, bateau

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Arrivée au Pirée
Arrivée au Pirée

 

Taxi : Créteil 5h – Roissy CDG 5h20 (66€)

Enregistrement

Mauvaise surprise à la dépose-bagage, la valise enregistrée sur Internet ne s’est pas débitée sur ma carte bleue: il en coûte 30€ à la place de 15€ pour une seule valise. Air France s’est mis au diapason des compagnies Low Cost « pour le prix de votre billet » a soupiré le monsieur du guichet. Il propose qu’on ouvre la valise et qu’on rajoute du poids. Moralité : si on paie un bagage en soute, autant qu’il soit bien lourd ! Ce qui ne ferait pas du tout notre affaire  à Athènes où nous devons prendre l’autobus, ni dans le ferry.

En vol

Par le hublot, la visibilité est mauvaise, le paysage embrumé. Je lis le Monde . Les Alpes italiennes sont encore bien enneigées. Je reconnais le delta du Pô avant que les nuages ne cachent l’Adriatique. Dommage! les îles croates et la côte des Pouilles sont un spectacle dont je ne me lasse pas. Enfin la Grèce! l’Isthme de Corinthe, l’avion longe la côte Attique pour atterrir en douceur sous une belle journée. 15°, vent léger.

Le Pirée

Quincaillerie grecque
Quincaillerie grecque

A l’aéroport, j’achète le billet du ferry Blue Star Paros pour 1€ de plus qu’au port mais ce sera bien utile de le montrer au conducteur de l’autobus au Pirée. Le bus 96X est direct, il passe des zones commerciales, longe la grande carrière de Koropi puis la côte vers Glyfada. On voit les installations des jeux Olympiques de 2004,  des immeubles cossus dont les balcons débordent de verdure, des marinas avant d’arriver au Pirée qui beaucoup moins chic avec de vieux immeubles gris de ciment au crépis lépreux. L’avenue qui borde le port est très animée . Au bas des immeubles, agences de voyages,  boutiques et des restaurants(fast-food grec, Everest, Gyros, et sandwiches variés). A l’arrière, les petites rues m’amusent avec les magasins vieillots, les inévitables chaises en plastique blanc, les devantures des boutiques de marine, bouées et balises, manomètres et les cuivres et les quincailleries à l’ancienne avec la ferblanterie, les burettes à huiles, les entonnoirs, les bidons en métal brillant. Dans dix jours ce sera Pâques. A Athènes, la rue Athinas regorgeait de barbecues et rôtissoires pour l’agneau pascal à la broche. Pas trace ici, peut être est-ce trop tôt. Ou est-ce l’effet de la Crise ?

Pour les Cyclades, embarquement porte E7. Un bureau de Blue Star Ferries se trouve dans un container peint en jaune et bleu, mais la salle d’attente est vide, cadenassée. Dans un coin, une petite cantine a installé des tables sous des parasols rouges Coca-Cola juste en face du débarcadère. J’achète un  feuilleté aux épinards chez Everest. C’est toujours ce que je choisis à l’arrivée en Grèce.

Blue Star Paros, notre navire
Blue Star Paros, notre navire

Quand je rentre de ma promenade, le Blue Star Paros est à quai, vraiment très imposant. Les marins nous délestent de nos valises. Nous nous installons sur le pont supérieur l’arrière. Rapidement le froid nous chasse derrière le bar.

17h30 – le Paros quitte le Pirée en lâchant un gros nuage de fumée noire. Le ciel est couvert. La mer grise. Dès la sortie du port des crêtes blanches hérissent la surface de l’eau. Ce ferry est énorme. L’eau brisée par le passage de son étrave est bien plus abondante que les vagues.

Le Blue Star quitte le Pirée
Le Blue Star quitte le Pirée

Difficile de se repérer dans le Golfe Saronique. En face d’Eleusis de nombreux pétroliers attendent. Quelques voiliers croisent. Le spectacle est merveilleux l’été. Le vent est très frais, rapidement nous sommes congelées et nous prenons place dans des sièges-avion (on apprendra le lendemain qu’il aurait fallu payer un supplément à la Réception). Nous somnolons éveillées de temps en temps par des annonces au micro. Le restaurant Goody’s sert des hamburgers très corrects pour moins de 3€ et des salades pour le double.

Le bateau a pris du retard et n’arrive qu’à 10h à Parikia. Impatientes nous piétinons dans la cale étouffante avec nos valises dès 9h30 quand la musique de la  « chicorée Leroux » se fait entendre accompagnant la descente du hayon avant même d’arriver à quai.

L’hôtelier brandit une pancarte Stratos. Nous le suivons jusqu’à un vieux minibus. Conversation en Grec. Je n’ai pas tout oublié !

La chambre est très simple, presque monacale mais les serviettes sont présentées avec un pliage « papillon » le lit est pris dans un cadre de ciment bleu. Une plaque de marbre fait office de coiffeuse sous un miroir encadré de blanc. Le mur en face est bleu. Rideaux blancs, persiennes bleues. Seul le couvre-lit mauve jure un peu. Le balcon donne sur la mer toute proche. Une petite chapelle est construite sur une avancée dans l’eau. De l’autre côté de la baie des maisons sont dispersées dans la colline. Au loin, une île, laquelle ?

Un héros de notre temps – Lermontov

CHALLENGE ROMANTISME

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Lecture commune initiée par Claudialucia

A la découverte du romantisme russe?

 

 

 

 

 

 

 

 

Le héros de « notre » temps est Petchorin

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« J’ai une âme gâtée par le monde, une imagination sans repos et un cœur insatiable. Tout me paraît petit; je m’habitue facilement à la souffrance comme au plaisir et mon existence devient de plus en plus monotone de jour en jour. il ne me reste plus qu’une ressource : c’est de voyager »

déclare-t-il alors que Béla, la jeune caucasienne, se consumait d’amour à l’attendre lorsqu’il partait à la chasse.

Le roman ressemble plutôt à un recueil de nouvelles ou de contes. J’ai beaucoup aimé les premiers récits qui se déroulent dans les montagnes du Caucase, monts inaccessibles chemins improbables, Géorgiens, Circassiens, Tatars, peuples exotiques dont on ne sait s’ils sont soumis ou hostiles. Pris dans la neige dans un refuge, l’attente rapproche les voyageurs et pousse aux confidences.

L’histoire de Béla, avec noce, chevaux,cosaques, enlèvements et bien sûr une histoire d’amour, est très touchante. Petchorin, jeune officier, ne laisse pas transparaître sa nature cynique tout de suite.

Au cours des retrouvailles de Maxime et de Petchorin, on se rend compte que ce dernier, oublieux de son ancien ami, presque méprisant est un personnage singulier et plutôt antipathique.

« ne vous est-il jamais arrivé de remarquer cette chose étrange chez quelques hommes? C’est l’indice d’un caractère méchant ou d’un chagrin profond et permanent A travers ses paupières à demi-baissées, ils brillaient d’une certaine clarté phosphorescente sil’on peut s’exprimer ainsi. »

Taman, un autre récit exotique nous conduit chez des contrebandiers, onirique et étrange

« quelle bizarre aventure, gaie et triste en même temps »

Lermontov_russe_herosEn revanche la suite se déroule dans une ville d’eaux Piatigorsk. Que peut-il se passer dans une ville d’eaux?Mondanités et ragots.

 

 

 

 

Nous retrouvons Petchorin en compagnie d’un jeune officier noble

 

 

« Son arrivée au Caucase a été la conséquence de son exaltation romanesque. Je suis sûr que la veille de son départ du village paternel, il a dû dire avec tristesse à ses jolies voisines, non pas qu’il entrait tout simplement au servie mais qu’il allait à la mort »

Les manœuvres de séduction des deux officiers m’ont bien agacées. le mépris dont il tiennent les femmes n’a d’égal que la vacuité de leurs propos:

« – Tu parles de jolies femmes comme de chevaux anglais, m’a dit avec indignation Groutchnitski

-mon cher? lui ai-je répondu, m’efforçant de copier sa manière, je méprise les femmes pour en pas les aimer, car autrement la vie serait un mélodrame trop ridicule. »

duel
duel

Qui séduira la princesse, de Petchorin ou de Groutchniski? Petchorin retrouvera-t-il son ancienne maîtresse ou préférera-t-il la jeune princesse riche? Ou peut être jouera-t-il sur les deux tableaux.

Rivalités, cabales, duels, j’ai plutôt décroché. Ce romantisme-là, même avec références à Byron m’agace plutôt.

 

Le Roi des Montagnes – Edmond About

LIRE POUR LA GRECE

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Le Roi des Montagne, Hadji-Stavros est un bandit qui sévit aux portes d’Athènes. Pallikares, klephtes, armatoles, haidouks, les bandits grecs ont résisté à l’occupant turc, combattu pour la liberté de la Grèce et n’ont pas été désarmés à l’indépendance.

« Clephte aux yeux noirs descend dans les plaines : son fulsil doré sonne à chaque pas ; il dit aux vautours : « Ne me quittez pas, je vous servirai le pacha d’Athènes »

Le narrateur, un botaniste allemand Hermann Schultz, parti herboriser sur le chemin du Pentélique, rencontre deux Anglaises, la mère et sa fille, avant de tomber aux mains d’Hadji-Stavros qui les capture pour en obtenir rançon.

L’Anglaise est très imbue de ses origines et commence toutes ses phrases par « Je suis anglaise et je veux être bien servie… »

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Le jeune Allemand est conforme à ce qu’on attend d’un scientifique et s’il est d’un milieu modeste, il n’en souscrit pas moins à la misogynie:

« Le portique d’Erechtée repose sur quatre Athéniennes du siècle de Périclès.

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Les femmes d’aujourd’hui sont de petits êtres ailés, légers, remuants et surtout pensants, créés non pour porter des temples sur leur tête, mais pour éveiller le génie, pour égayer le travail, pour animer le courage et pour éclairer le monde aux étincelles de leur esprit »

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La lecture naïve est celle d’un roman d’aventures exotique bien amené et plein de rebondissement.Comment les trois otages seront libérés? avec la rançon ou par l’intervention des gendarmes, ou bien en s’évadant? On se laisse prendre à l’action, regrettant les préjugés et les lieux communs : les bandits sont sales, boivent beaucoup mais sont chevaleresques et pieux, les Anglais bornés et fiers de leur supériorité…

On peut aussi passer au deuxième degré et voir l’ironie et l’humour d’Edmond About.Il  se moque des touristes, naïfs, des Anglais se voulant les maîtres du monde, des savants allemands….

« -il cherche des herbes – c’est un apothicaire. – non madame : c’est un savant; – Ah! sait-il l’anglais<, Oui, madame, très bien – Ah! les trois « ah »de la vieille dame furent dits sur trois tons différents »

L’auteur se moque aussi bien du brigand qui tient bureau en plein air sous le soleil mais qui place l’argent de ses rançons dans une banque anglaise et qui fonde même une société par actions. On peut même imaginer un clin d’œil, à la corruption du pouvoir, à l’impuissance des politiques grecs tandis que » les puissances qui avaient mis la Grèce en liberté essayaient de fonder un royaume » en plaçant un roi Allemand.

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Hadji-Stavros, ami des militaires et des politiques affirmait:

« Alors le brigandage ne sera plus qu’un impôt sur la circulation : impôt juste car il sera proportionnel ; impôt normal, car il a été perçu depuis les temps héroïques ».

Et au Nième degré de lecture on goûte d’autant plus la plaisanterie!

 

« Moi, Auguste, empereur de Rome » – Exposition au Grand Palais

 

Auguste
Auguste

LE MONDE EN EXPOS

 

De retour d’Arles, de Glanum, et après avoir vu tant et tant de villes romaines….je me suis précipitée au Grand Palais pour l’exposition sur Auguste. Surprise : pas de queue, du tout! Des familles avec enfants prennent une leçon d’histoire antique. Le Romains font moins recette que Braque, sans parler de Picasso.

la bataille d'Actium
la bataille d’Actium

Pourtant c’est une fort belle exposition, très intéressante qui analyse aussi bien les luttes de pouvoir avant qu’Octave ne devienne Auguste que l’instauration du culte de la personnalité ou plutôt de la divinité impériale. Politique et religion.

Auguste prêre
Auguste prêre

Grand bâtisseur également, Auguste se vantait d’avoir trouvé une Rome de brique et l’avoir remplacée par une Rome de marbre.

procession et sacrifice
procession et sacrifice

A côté de l’histoire officielle, l’exposition fait aussi la place aux objets de la vie quotidienne, bijoux, monnaies, fresques.

Auguste bâtisseur de théâtres à Rome
Auguste bâtisseur de théâtres à Rome

Il y a beaucoup à voir et beaucoup à lire.

 

A propos de livre, à défaut du catalogue, merci  à Arthur de Graaw  voici le lien vers le dossier de presse

Le rocher de Tanios – Amin Maalouf

LA VOYAGE EN ORIENT

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Au temps où Lamartine et Nerval ont décrit la société féodale de la Montagne libanaise, Maalouf raconte l’histoire d’un village Kfaryabda où règne le Cheikh Francis

« Des Cheikh Francis il y en avait eu à chaque génération depuis le 16ème siècle, depuis le jour où le roi de France avait obtenu de Soliman le Magnifique, un droit de regard sur le sort des minorités chrétiennes du Levant »

Les villageois lui prêtait allégeance

« De même que chaque homme devait monter ne serait-ce qu’une fois par mois « voir la main » du cheikh, toutes les femmes devaient fournir leur journée au château pour aider aux travaux courants ou saisonniers »

Les femmes qui voulaient échapper aux assiduités du cheikh avaient inventé « une panoplie de ruses ».

seule le muletier Nader, colporteur érudit, maudissait ces traditions :

« sale vie! devoir baiser des mains pour ne pas perdre son gagne-pain! »

Dans ses voyages il avait entendu parler de la Révolution:

« C’était quelque chose la Révolution française, toutes ces têtes de cheikh qui tombent…. »

Un mystère entourait la naissance de Tanios. Était-il le fils de Gérios, le trop docile intendant du cheikh? ou le fruit des amours de la belle Lamya et de ce dernier?

Qui aurait pensé que ce village de la Montagne, loin du monde et de l’Histoire, deviendrait le nœud de la géopolitique mondiale? Enjeu des luttes d’influences entre la France et la Grande Bretagne qui se constituaient des empires, entre Méhémet-Ali, vice-roi d’Egypte et le sultan d’Istanbul.

L’arrivée d’un pasteur anglais au village marque l’entrée de cette politique:

« Un pasteur anglais dans notre village! comme dit le proverbe. qui vit longtemps verra beaucoup de merveilles. Il faudra que je revienne avec de l’eau bénite pour purifier le château » Dit le curé du village!

La scolarisation de Raad, le fils du cheikh et de Tanios à l’école anglaise devient un enjeu politique.

« Ce n’était pas à l’école qu’il (Tanios) allait mais au seuil du vaste univers… » […] »le lourdaud de Raad n’avait pas entendu parler de Lamartine, mais Lamartine avait entendu parler de Raad »

Tanios, intelligent et curieux, marginal à cause de sa possible bâtardise, se trouve au cœur de l’histoire quand le Patriarche a intrigué pour que le cheikh Francis retire son fils de l’école hérétique, il voit son avenir se refermer.

« alors Tanios on réfléchit avec les pieds » l’interpelle Nader le muletier

« moi aussi je réfléchis avec les pieds. Forcément je ne fais que sillonner les routes. Les idées que tu forges avec les pieds et qui remontent à la têtete réconfortent et te stimulent. Celles qui te descendent de la tête aux pieds t’alourdissent« 

Les soldats égyptiens se déploient dans la montagne libanaise:

« à les entendre ce n’était pas une guerre de conquête mais un combat pour la renaissance des peuples »

promettant d’abolir les privilèges.

les Puissances ne restent pas indifférentes : « l’Angleterre, l’Autriche, la Russie se consultaient sur la meilleure façon de protéger le Sultan ».

C’est dans ce contexte que Tanios tombe amoureux. encore une fois, le fils du cheikh se trouve sur sa route et le drame se noue. en cascades, les catastrophes s’abattent sur le village.

Et Tanios? Entre deux mondes Tanios, entre deux vengeances….

Mais je ne raconterai pas la fin!

Dernier après midi à Séville – Guadalquivir et musée archéologique

ANDALOUSIE Pâques 2009

Sur le bord du Guadalquivir, par temps de chaleur

Séville tour de l'Or

A notre exploration de Séville, il nous manquait une promenade sur le Guadalquivir. A 16h,  sous un soleil estival, nous cherchons les bateaux qui appareillent sous la Tour de l’Or. Un beuglant convoque les touristes à une promenade bien sonorisée à grand renfort de musique de foire. Cela nous dissuade, nous aurions rêvé une croisière tranquille et reposante. La Tour de l’Or ne se visite que le matin. Le plan de visite est foireux. Il y a peu d’ombre.  Le thermomètre dépasse largement l 30°C.
J’improvise : suivant le fleuve, sur le Paseo de las Delicias, je rejoins les Jardins de l’Exposition de 1929. En cas de canicule, le secret est de rester à l’ombre. Le pavillon de Buenos Aires me fascine. Il est occupé par une académie de danse, ne se visite pas.

 

Musée Archéologique de Séville après Italica

romajns anonymes
romains anonymes

C’est un vrai plaisir de visiter le Musée Archéologique le lendemain de notre sortie à Italica.

Les mosaïques sont merveilleuses, certaines statues de marbre sont énormes. On imagine le site ainsi meublé (pourquoi ne fait on pas des copies ?). Les  têtes des romains anonymes sont très émouvantes, tellement proches des visages actuels. Nous aurions pu les croiser en costume moderne dans la rue, sur le pas d’une boutique, derrière le comptoir d’un bar…contrairement aux Grecs idéalisés, ils sont souvent bourrus et pas toujours amènes.

Le Musée comporte aussi des sections de Préhistoire. Ma visite était dédiée aux Romains. Je passe donc vite devant le Trésor de Tartessos. Pourtant les Phéniciens m’intéressent bien.