Corinthe et Acrocorinthe

CARNET PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 

Sur les bords du Golfe de Corinthe : Hôtel Nerantza

 

En route à travers le Péloponnèse

Nous traversons le Péloponnèse du sud vers le Nord, par Sparte dans des collines de terre rouge. Puis la route s’élève dans des montagnes couvertes de maquis. Autour de Tripoli, une plaine fertile plantée d’arbres fruitiers, surtout de poiriers. Nous roulons ensuite sur l’autoroute dans des montagnes très pierreuses.Vers Corinthe apparaît le vignoble, ce qui n’est pas vraiment une surprise ?

Trouver un hébergement

Pour trouver un logement, direction : la mer. Nous avons le choix : rive sud du Golfe de Corinthe ou rive Nord
Golfe de Salamine : Au hasard nous optons pour la route de Patras qui longe le Golfe de Corinthe. Ce rivage n’est pas vraiment touristique. Des stations balnéaires plutôt minables avec des plages de galets sans intérêt se succèdent. Apparemment,  plutôt destinées aux Athéniens, peu ou pas d’hôtels, des locations, mais rien n’est prévu pour une seule nuit. Je visite une location : 12000 drachmes pour un appartement meublé, cher et peu enthousiasmant. Un écriteau en anglais « garden rooms » nous attire, sympa, mais complet. La propriétaire nous adresse à une copine qui nous montre un meublé vide, sale et lugubre pour 12000 drachmes, sans les draps.

Pour le même prix un peu plus loin nous trouvons un très joli hôtel avec la clim – luxe inutile – il fait très frais, la télé (en grec) et une grande terrasse donnant sur la mer. Comme à Tolo, on peut s’asseoir sur la terrasse du restaurant à quelques pas de l’eau. Des parasols en paille donnent de l’ombre à des chaises longues. La clientèle est uniquement grecque, beaucoup plus simple qu’à Tolo, les gens très sympathiques. Nous serons très bien demain pour attendre l’heure du bateau au Pirée. Nous pique-niquons sur la terrasse de la chambre devant une eau très calme. Sieste traditionnelle.

Ancienne Corinthe

Ancienne Corinthe

Vers 4 h, nous partons visiter les ruines de l’Ancienne Corinthe. Six colonnes doriques monolithiques d’un vieux temple d’Apollon dominent l’Agora et le Forum romain. Les boutiques romaines sont encore très bien conservées. Maintenant nous retrouvons facilement les différents éléments d’une ville antique : les Propylées, la via romaine dallée avec ses trottoirs, les thermes, les latrines, le Sénat, les fontaines. La plus belle est la fontaine Pyrène.  En contrebas, on voit encore une jolie piscine rectangulaire. On imagine les jets d’eau, les parements de marbre, les colonnes corinthiennes. Au fond, des bassins creusés dans la roche avec des grilles de pierre limitent une caverne où la source coule encore. Dans la chaleur écrasante de la fin de l’après midi, il fait frais. J’entre dans la caverne. J’ai la surprise de découvrir une chienne noire et ses six petits chiots noirs et blancs.

chapiteaux corinthiens

Nous sommes un peu blasées : les villes antiques se sont succédées. Toutefois la promenade  est bien agréable, ombragée par des pins très odorants, des amandiers portant des amandes. Nous avons apprivoisé le soleil de l’été avec force bouteilles d’eau, en nous déplaçant  d’ombre en en ombre.

Le Canal

Nous allons jeter un coup d’œil au Canal. Pas de chance, cette fois ci, nous ne reverrons pas les gros bateaux et leurs remorqueurs.
Nous terminons la soirée sur la terrasse de notre chambre devant le Golfe de Corinthe turquoise. Les lumières s’allument une à une dans les montagnes et sur la rive opposée.

 

Lever à la fraîcheur /je sors ma chemise en jeans de la valise.  Autre première : le thermoplongeur pour le café.

Acrocorinthe

Encore des marches!

Acrocorinthe est perchée sur un rocher à 421 m au dessus de la plaine.

Heureusement, la route conduit à la première porte des remparts.  Pour pénétrer dans la citadelle, nous  devons franchir trois portes monumentales. La dernière est encadrée par deux tours carrées, énormes, bâties de blocs géants. A l’intérieur, les quartiers turcs sont en ruine mais il reste une petite mosquée carrée avec son dôme recouvert d’herbes folles, crevé en son centre. Plus loin, un minaret. La ville fortifiée est très vaste, le temps nous manque pour tout explorer. J’aimerais retrouver la source de l’autre fontaine Pyrène,  jaillie du sabot de Bellérophon. Dominique reste auprès du minaret tandis que je grimpe au jugé vers le donjon et longe les remparts, mais du mauvais côté. Je lie connaissance avec des Français que nous reverrons ce soir sur le bateau.

En haut du minaret!

Une surprise m’attend à la descente : Dominique est juchée au sommet du minaret. Elle a vaincu sa claustrophobie et s’est engagée dans un trou entre des blocs éboulés et a trouvé l’escalier en colimaçon.

 

Golfe de Corinthe –

Farniente à l’hôtel

A midi, nous devons libérer notre chambre mais nous pouvons rester sur la terrasse de l’hôtel. Nous profitons donc des chaises longues et des parasols pour nous baigner dans une mer d’huile. Il y a très peu de nageurs, on peut voir le fond. J’ai un peu l’impression de nager en piscine : c’est tellement facile que je pourrais traverser le Golfe. Comme je suis seule à m’aventurer je renonce vite.

Pour le déjeuner, encore une fois, il faut faire confiance au chef qui nous apporte du veau cuit à la tomate avec du riz et une assiette de petite friture. C’est très bien servi et cela ne coûte que 4200 drachmes avec le café.

Nous restons donc toute l’après midi sous nos parasols devant une mer pastel turquoise, le ciel bleu tendre et la montagne mauve. Curieusement une ligne bleu foncé délimite le continent et souligne l’horizon.

canal de Corinthe

16ème jour – Mystras

CARNET  PÉLOPONNÈSE ET CRÊTE 1999

 


On nous avait si bien prévenu de la chaleur étouffante à  Mystras que nous partons à l’assaut de la colline tôt le matin, dès l’ouverture.

Le château fort avec ses remparts crénelés est posé sur une petite montagne pointue qui se détache sur le massif violacé du Taygete (2400m) qui domine la plaine de l’Eurotas où les oliviers sont cultivés sur des terrasses de terre rouge. Dans la lumière du matin, toutes ces couleurs sont vives et gaies.

Afendiko

Nous nous  promenons dans la verdure, de monastère en chapelle. Le jardin de la Métropole est planté d’orangers et de jasmin. Dans une première cour, une jolie fontaine de pierre, une galerie couverte décorée de grosses potées de fougères et de plantes vertes  qui donnent une note de fraîcheur. L’église s’ouvre sur un cloître fleuri. L’ensemble est tranquille. C’est un enchantement.

Evangelisteria

Les églises ont des noms qui me ravissent : l’Evanghelistéria, Saint Théodore, l’Hodigitria.

Chacune est décorée de fresques qui ont une valeur décorative et documentaire extraordinaire. Contrairement aux icônes, mosaïques et fresques que nous avons l’habitude de voir, celles-ci sont très expressives et variées. J’étais étonnée des visages stéréotypés et des regards inexpressifs. Ici, c’est le contraire chaque personnage est vivant. Mystras était la capitale du Péloponnèse, on a sans doute fait appel à des artistes de renom tandis que les fresques trahissent plutôt des codes et des conventions dans les églises de campagnes. Il faudrait avoir tout son temps pour étudier une à une chacune des compositions. Il faudrait aussi avoir une meilleure connaissance de l’Histoire Sainte pour apprécier tous les détails. Nous découvrons chaque peinture, admirons et passons à autre chose. Cela donne envie d’approfondir.

Nous montons vers la ville haute par de nombreuses marches, faisons de nombreuses haltes pour     admirer les coupoles et les toits de tuiles.

Au premier plan: palais du Despote, 2ème plan monastère de Pantanassa, sur la crête le château des Villehardouin

  La porte de Monemvasie marque l’entrée de la Ville haute. Le Palais du Despote est en restauration – en reconstruction ? – les tuiles neuves choquent dans le paysage, il faudrait revenir dans quelques années voir le résultat. Nous atteignons Sainte Sophie.

Les premiers cars déversent leur cargaison de touristes qui  font la visite en descendant et sont tout frais sortis de l’hôtel tandis que nous commençons sérieusement à transpirer.Nous continuons vaillamment jusqu’au château.

Grâce à notre entraînement,  nous arrivons sans trop peiner. C’est vraiment un fort imprenable, le versant caché est une falaise. Il y a encore de l’eau dans les citernes. Créneaux et meurtrières gardent le flanc accessible de la montagne.

La descente est plus pénible que la montée. On cherche les WC, il y a urgence. En route on passe par le couvent de Pantanasssa encore occupé par des nonnes. Dans cette ville fantôme, c’est un petit îlot soigné, fleuri où des chats innombrables se prélassent. Je demande les toilettes, une petite bonne sœur me répond dans un excellent français qu’il faut redescendre et sortir du site. Parlons en de la charité chrétienne ! Nous traversons rapidement leur cour avec les portes des cellules soigneusement laquées de beige.

Dominique descend en vitesse tandis que je monte à l’église pour profiter de la visite d’une conférencière, je suis bien déçue : peu d’explication sur les fresques byzantines (ce que je cherche) seulement quelques commentaires sur la religion orthodoxe. J’apprends qu’il existe encore à Istanbul l’équivalent du Vatican où vit le Patriarche, chef de l’Eglise Orthodoxe Grecque. Ensuite la guide se lance dans des diatribes hystériques contre les A

Mystras : fresques et coupoles

lbanais, voleurs, criminels, violeurs qui envahissent la Grèce, je préfère donc m’éclipser.

Je retrouve Dominique en bas, il est près de midi et il fait très chaud. Nous ne voulons pas quitter Mystras sans avoir tout vu. Nous retournons à la Métropole visiter le Musée où les icônes sont très belles. Dernier monastère Périvleptos ? Nous ne regrettons pas le détour les fresques sont très belles.

Retour par Sparti, que nous négligeons pour déjeuner à la Pension Gina : sardines et salade grecque.

Dernière baignade sur une nouvelle plage bien cachée derrière la montagne : une grande baie de sable et gravier. Le sable n’est pas très propre des feuilles d’eucalyptus et les rubans desséchés des posidonies apportées par la mer. Nous sommes presque seules sous de grands eucalyptus, l’eau est agitée, il y a du vent, cela fait du bien après notre expédition du matin.

 

15ème jour – villages sur la route de Kalamata : baignades

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eau limpide très tentante!

 

 

Pour la troisième fois, nous reprenons la route d’Aeropoli et, enfin nous nous faisons le détour pour voir le fort de Kélépha : il ne reste pas grand chose, un mur d’enceinte rectangulaire avec deux grosses tours rondes . Impossible d’imaginer les Turcs qui ont élevé cette forteresse qui domine le village d’Itylo et la mer.

Liméni est un très joli petit port/ Sa taverne est sur un plancher au dessus de l’eau. Nous faisons des photos d’une charmante église au toit crevé.

Nous remontons dans la colline pour visiter le vieux village d’Itylo avec ses belles maisons de pierre avec de vertes tonnelles. Les austères tours du Magne semblent loin.

village d’Itylo

La route de Kalamata longe la côte de très haut, les montagnes sont arides ; dans le petit matin elles sont violettes et roses. Nous suivons un panneau « beach »et descendons une pente très raide dans une forêt de chênes verts. Nous avons l’impression de foncer dans l’eau, c’est assez effrayant. Jolie baignade dans une eau transparente pour moi mais Dominique est si préoccupée par la remontée qu’elle n’en profite pas.

Le Guide Bleu promet monastères et églises le long de la route. De monastère, point. Les églises sont ravissantes, dispersées dans les oliviers ou sous les pins mais elles sont presque toutes sur le même modèle de briques mêlées à la pierre en jolis motifs de croisillons avec des toits de tuiles. Malheureusement elles sont toutes fermées.

Peu de ravitaillement, dans les épiceries de village rien qui nous convienne et pas de supermarché ni taverne. Nous descendons vers la mer. Au début nous sommes déçues, la plage est hérissée de rochers très pointus, et pas bien propre . Face à une chapelle toute blanche, deux maisons cubiques au toit de tuile en pyramide, tonnelle de vigne, nous trouvons enfin un endroit accessible.
Une femme coiffée d’un chapeau de paille est dans l’eau et bat ses tapis, elle parle toute seule.

Jour de lessive!

Encore une baignade parmi les algues, les poissons et les oursins, mais après le cap Matapan nous sommes blasées.

14ème jour – Le Magne

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le Magne, rivage

 

Le Magne est la péninsule formant le doigt du milieu entre le golfe de la Laconie et le golfe de Messenie
Pour en faire la tour à partir de Ghythio, il faut traverser la péninsule au Nord en prenant la route d’Aéropoli. On traverse une région montagneuse faisant penser au Dévoluy. Je me  croirais au col de Saume. Au sud d’Aéropoli, la côte est découpée de falaises claires sur l’eau bleue.

Grotte de Dirou

9h  J’irai seule visiter la Grotte de Dirou, Dominique ne veut pas risquer sa claustrophobie. J’embarque avec deux familles d’Allemands sur une rivière souterraine dans une galerie éclairée artificiellement. Au début, on pense à la « rivière enchantée » du Pré Catelan, accompagnés par le bavardage incessant des Allemands. Rapidement nous traversons des salles plus hautes, hérissées de fins stalactites. Nous naviguons entre des colonnes, du plafond tombent des draperies. Je me laisse séduire par la beauté du spectacle. L’eau est très claire  c’était une promenade très cool.

Baignade

Belle plage à l’eau transparente. Au début je ne distingue aucune vie animale, puis je découvre un poisson plat sur le sable au fond, puis un Bernard-l’ermite.

Les tours du Magne

Tour du Magne

Vers le sud, se dressent  les villages fortifiés avec les hautes tours carrées souvent tronquées comme si on les avait écrêtées à la manière d’un œuf à la coque. De loin l’allure des villages est étrange.
Pour prendre des photos je ne suis pas inspirée, à 11 h du matin le soleil écrase tout, l’air est humide et les teintes grisâtres.

Un chemin qui mène à un port minuscule échancré dans la falaise.
La piste devient franchement mauvaise, la Fiat souffre. Nous aboutissons à une de ces fameuses tours rénovée (portail électronique), bifurquons à pied et découvrons une petite chapelle toute en coupole et en rondeur. La porte est entrebâillée les fresques sont en bon état : c’est une jolie surprise.

Dans l’oliveraie, les cigales stridulent en un vacarme assourdissant, de très grosses sauterelles mesurent près d’un décimètre, nous dérangeons des oiseaux, peut être les fameuses cailles de Bertrandon de La Borderie ?

Tours du Magne

Kita

Vantée par le Guide Gallimard pour ses six quartiers fortifiés, correspondant aux différents clans, nous déçoit un peu. Les « quartiers » sont des hameaux dispersés dans la campagne. Beaucoup de rénovations sont en cours. Au lieu de villages déserts, nous découvrons des tours flambant neuves avec grillages en fer forgé alarmes et grosses voitures. La poésie en a pris un coup !

Un souvenir littéraire me harcèle Avril Brisé de Kadaré, c’est exactement le décor que j’imaginais pour cette histoire lugubre de vendetta avec les tours de protections familiales. C’est peut être une erreur car le roman se déroulent en Albanie.
Les villages sont construits à l’écart des côtes, les attaques des pirates, des turcs, sont sans doute la raison de ce retrait.

Nous n’avons pas emporté de pique-nique. Impossible de se ravitailler ici. Il n’y a même pas de taverne sauf à Kita où je suis mal reçue (peut être ma tenue en short ne plaît pas ?) Dans la seule épicerie, il n’y a pas grand-chose. On achète la moitié d’un gros pain, un fromage, une tomate. Le fromage s’avère dur salé, immangeable. Pour trouver un coin pique-nique, nouvelle galère, il n’y a pas d’ombre. Après une heure nous finissons par trouver un banc en plein village. Il est deux heures, sous un soleil de plomb. L’air est saturé d’humidité, des nuages noirs s’amoncellent sur les sommets de la chaîne du Tagetes. Nous expédions notre maigre pitance et rentrons sous un ciel lourd dans une atmosphère étouffante.

Porto Kagio, le Port aux cailles des Normands

Un orage en juillet

Dès les premières minutes de la sieste, les cigales se taisent, les première gouttes tombent sur la vigne. L’orage gronde et la pluie dure une petite heure. Notre terrasse est trempée mais la terre sous les oliviers est toujours aussi sèche et poudreuse.

Le poissonnier m’a vendu deux grosses dorades grises, Dominique les couche sur un lit d’oignons et de citron et les fait cuire à l’étouffée dans une poêle avec un couvercle. Le résultat est excellent.
Après le dîner, Gina nous annonce qu’une pièce de théâtre se joue dans le théâtre antique.

Gythio : théâtre antique mais pièce moderne

Il y a beaucoup de monde le soir dans les rues de Gythio, en Italie on aurait appelé cela la passagiatta. Les rues latérales ne sont pas éclairées elles montent en pente très raide, nous demandons le chemin du théâtre à plusieurs reprises.
C’est un tout petit théâtre tout plat mais très bien conservé. Il est plein. Sur la scène le décor est très moderne et ingénieux : une sort d’échafaudage avec des anneaux de séparation suggère un immeuble avec ses différents appartements, les acteurs sont costumés XVII° ou XVIII° le public rit de bon, cœur

13ème jour – Gythio

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Gythio, vue de notre terrasse

 

Après les montagnes arides entourant Monemvassia  nous arrivons dans la plaine fertile de Laconie à l’embouchure de l’Eurotas. . Aux vergers d’oliviers et de figuiers succèdent les orangeraies et les cultures maraîchères. Les Tomates sont sous des serres de plastique, ce qui me laisse perplexe comme en Sicile.

Gythio

A la sortie de Gythio, nous découvrons le plus joli domicile qui soit. Nous occupons le rez de chaussée d’une maison adossée à la colline bâtie sur trois niveaux. Notre balcon  donne directement dans les oliviers. Pour y accéder nous descendons un des deux escaliers 39 marches de marbres sous une tonnelle à droite de bougainvillier, à gauche de vigne. Sur les marches des pots de basilic, de jasmins, d’hibiscus,  Nous disposons d’une sorte de balcon couvert par la treille, de grosses grappes pendent et une passiflore en pleine floraison grimpe sur la vigne et même sur l’olivier le plus proche. Sur notre terrasse une table de jardin et deux fauteuils. Notre maison a deux pièces, ne petite chambre à coucher et une cuisine où nous pourrons préparer les repas Nous pourrons enfin manger du poisson à un prix raisonnable !
Gina, notre hôtesse est une dame charmante qui parle un anglais parfait, elle a vécu en Australie.
Après le déjeuner sur la terrasse nous faisons la sieste à la Grecque.

Nous explorons Gythio, tout d’abord au petit musée du Magne installé sur un îlot dans une toutde pierre. Une très belle exposition montre les compte rendus des voyageurs, du XV° au XX° siècle,. Nous avons la surprise de lire une lettre en vers et en ancien français de Bertrandon de la Borderie à une Damoiselle Françoise que Dominique a recopiée.
Nous flânons sur les quais animés. A la terrasse d’un restaurant du port on sert l’ouzo avec des poulpes grillés.
La ville de Ghythio est adossée à la montagne, les immeubles de deux ou trois étages sont plutôt misérables : vu de la mer cela forme un bel ensemble. De près, c’est sale et délabré .

Les poissonneries ne manquent pas mais le poisson est caché dans les chambres froides. Nous achetons dix sardines et des pâtisseries orientales.

 

Monemvassia

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monemvassia

 

15h : Monemvassia ou plutôt dans la petite ville qui lui fait face.

Le village dort, sieste oblige. Pour trouver une chambre, il nous faudra réveiller les gens.
Nous choisissons le meilleur endroit : 12000 drachmes,  un studio climatisé avec terrasse à l’ombre donnant sur un jardin. Au bout du jardin : la mer. A l’intérieur, un frigo, la télé et même de quoi se faire un café.
Nous nous précipitons à la plage : une toute petite crique de galets entre des rochers.trois personnes se baignent. L’eau est limpide. Je découvre de nouveaux poissons. Je ne suis pas assez téméraire pour explorer les rochers parce qu’il y a des vagues.

Nous faisons d’abord un tour en voiture pour découvrir la presqu’île de loin.

Une digue qui mène à Monemvassia.  Après la digue, un hôtel de pierre, puis une courte route parking mène à la ville close. Dominique se gare sous un panneau « interdiction de stationner ».

La ville close

moneùvassia ville basse

Derrière ses remparts, la ville close est en partie restaurée. Dans la rue principale, quelques magasins de souvenirs sur une centaine de mètres, puis de très belles maisons aux façades de pierre blonde avec des patios, des terrasses fleuries. Dans de grosses jarres en terre cuite poussent des géraniums, plumbagos, hibiscus, les bougainvilliers débordent des murs. Les entrées sont souvent décorées de petits bas-reliefs sculptés. Des moulures encadrent les fenêtres des maisons vénitiennes.

ville haute

monemvassia ville haute : une ville fantôme

Une rampe escarpée de pierres très glissantes, polies par les ans, conduit à la ville haute. Elle n’est plus que ruines envahies d’herbes folles, de fenouils géants roussis sous le soleil, de chardons sauvages monstrueux gros comme des artichauts, les grosses boules des fleurs de l’ail ont gardé leur couleur bleue violacée .

Hagia Sophia

Monemvassia Hagia Sophia

La seule construction restaurée  est la basilique Hagia Sofia, Sainte Sophie, ou Sainte Sagesse  Les Francs et les Venitiens ont fait des ajouts à la basilique byzantine .D’un côté une aile rectangulaire s’appuie sur les volumes arrondis et compliqués des absides de la partie  byzantine. La vue sur la mer est magnifique, les montagnes bleutées se détachent des deux côtés dans la brume.

Au retour une contravention de 10000 drachmes nous attend sur le pare brise.

 

Monemvassia

Monemvassia rue étroite de la ville basse

Une grosse boule rouge se lève sur la mer Egée : nous prenons le petit déjeuner sur la terrasse. Nous retournons nous promener dans la ville basse. La lumière est belle et nous pouvons faire des photos des ruelles, des maisons vénitiennes, des églises étranges avec leurs coupoles ou les campaniles italiens. Cette ville a été très florissante et le centre du commerce entre l’Orient et l’Occident, elle a été successivement byzantine, franque, vénitienne et ottomane. Quand on regarde les belles demeures on imagine les riches armateurs et commerçants. Ce dont il ne reste rien c’est du port où arrivaient toutes les marchandises. Elles devaient bien débarquer quelque part ? Peut être même pas ? Ce qui étonne aussi, c’est l’absence d’eau. Comment une telle population se débrouillait elle uniquement avec l’eau de pluie de ses citernes. D’ailleurs, où sont elles, les citernes ?

Contravention

monemvassia

Nous allons à la police pour régler la contravention mais elle est encaissée aux impôts à Moloi. C’est bien compliqué et nous laissons courir et payer Reliable.

 

Baignade
Baignade dans notre petite crique dans les vagues assez fortes, on fait du sur-place montant et descendant au gré de la houle comme des phoques.

12ème jour – la route de Leonidio , Kosmos, Geraki

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monastère au dessus de la route qui traverse l’Arcadie

 

Nous quittons Tolo vers 9 heures par la route de Léonidio sans nous arrêter. La Fiat Punto semble filer et la route nous paraît courte. Après Léonidio, la route s’enfonce dans des gorges étroites dans la montagne calcaire. La rivière est à sec.
Pas de village prévu avant Kosmos: une cinquantaine de kilomètres dans traverser un village.

Dominique remarque
–  « il n’y a même pas un monastère! »
Justement, il y a un, accroché en haut de la montagne. Le bâtiment fait corps avec la falaise on voit des cordes pendre pour le ravitaillement.

Kosmos

Kosmos kafenéion sous les platanes

La route s’élève maintenant dans des forêts de sapins nous sommes en altitude, la végétation rappelle celle de la moyenne montagne en France. Kosmos est un village isolé dans la montagne on retrouve les mêmes maisons de pierre qu’à Léonidio en pierre calcaire blonde avec les balcons en fer forgé.le village est groupé autour de la place ombragée par trois platanes plus que centenaires (1863). Sous les platanes des tables carrées et des chaises de bois.

 

Geraki

Nous redescendons sur la Laconie en pente douce, croisons des troupeaux de chèvres. Des oliveraies occupent tout le paysage. Avant de rejoindre la mer nous traversons des villages dans la campagne.

Visite à Geraki :

Le village aux rues étroites et en pente n’est pas fait pour la circulation automobile ni pour le tourisme. Nous nous engageons à l’aveuglette, faisons deux fois le tour du village. Nous sommes pas spécialement bien accueillies:

– « pou peis ? », demande l’ânier.

En effet, ce qui se visite ne se trouve pas dans le village, mais sur la colline d’en face, au Kastro. Après avoir cherché en vain les 5 églises byzantines promises par les guides nous reprenons la voiture pour le Kastro.

le Kastro

Geraki – kastro

Nous découvrons une sorte de ville fantôme, une femme nous fait visiter une basilique du XII° siècle Hagia Paraskevi (sainte vendredi) elle détaille les fresques en Grec « ici saint Nicolas, ici Saint Georges, … » les fresques sont en bon état mais nous manquons de repères pour les apprécier.

Je monte à l’assaut de kastro – forteresse franque de Guillaume de Villehardouin–  dans une ville fantôme parmi les ruines et quelques églises qui tiennent encore debout. Le château franc est encore plus mal en point. Le ciel est couvert et pour une fois il ne fait pas bien beau ni bien chaud.

Geraki – église

11ème jour -La nouvelle voiture et la recette des aubergines

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monastère Métamorfosis, Tolo

A 15 h nous sommes de retour à l’hôtel pour réceptionner la nouvelle voiture.

Baignades, préparatifs de voyage, le temps s’écoule tranquillement, mais rien ne se précise de la part de Reliable. Demain  sera le 14 juillet ? les bureaux  d’Atsaro seront fermés à Paris. Je décide d’appeler Labbro avant qu ‘il ne soit trop tard.

8 heures, du soir, toujours rien, j’appelle Reliable à Athènes.  Soit disant la nouvelle voiture serait en route. Mais dès que j’ai raccroché, je me rends compte que mon interlocuteur est un menteur : il était incapable de citer la marque de la voiture. A 9 heures et demie nous avons faim et toujours pas de voiture, il n’y a pas 150 km entre Tolo et Athènes et l’ai appelé il y plus d’une heure et demie !
Enfin ! Téléphone! Maria demande si le chauffeur pourra prendre la Panda pour rentrer à Athènes ; la nouvelle voiture se trouverait à Porto Héli, et devrait arriver vers 2 heures du matin.

Farcis

Nous pouvons enfin dîner : tomates et poivrons farcis et une omelette aux poivrons pour .


Je demande à Maria la recette des aubergines :

faire tremper 10 minutes les aubergines coupées en tranches dans de l’eau salée, faire frire dans l’huile d’olive les aubergines, faire revenir les oignons. Mettre dans le plat à four aubergines, oignons, ail et menthe, sel poivre et un peu de sucre. L’herbe qui parfume les boulettes et les tomates est tout simplement de la menthe fraîche

 

Notre nouvelle voiture

Notre nouvelle voiture nous attend sur le parking, Fiat Punto blanche qui a meilleure allure que la Panda bien qu’elle soit toute sale.
Dominique essaie de la mettre en route : pas de batterie.

Le matin, c’est Georges qui remplace Maria. Il est très efficace. Il appelle Reliable et le garagiste.  Il paiera tout le dépannage. Le garagiste met au moins une heure pour arriver. Heureusement que nous n’avions pas prévu de visite aujourd’hui ! On lui demande de vérifier tous les niveaux : il n’y a plus une goutte d’huile ni d’eau. Heureusement que nous sommes tombées en panne de batterie !
Au garage on nous fait patienter en nous offrant un café dans un salon moquetté avec des meubles de jardin.
Nous constaterons rapidement que l’aiguille du compteur de vitesse est bloquée et que le compteur kilométrique est inerte. Ce n’est pas bien grave.
Nous faisons un petit tour au monastère Métamorphosis situé dans la colline derrière Tolo. L’endroit est charmant : une toute petite église basse avec des fresques noircies par la fumée. A l’arrière, une source avec un pichet en cuivre attaché par une chaîne.
Pour déjeuner on nous sert sur la terrasse des boulettes frites délicieuses. L’après midi est consacré à la baignade après toutes ces péripéties.

 

Nauplie : fort Palamède, vieilles rues

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Dominant Nauplie, le fort Palamède

Devant la porte du fort Palamède, Dominique s’aperçoit qu’elle a égaré le sac à dos bleu. Je visite seule la citadelle. C’est un édifice gigantesque et très compliqué des tours, des murs des escaliers des souterrains s’emboîtent les uns dans les autres épousant le relief de la colline. Sans plan et pressée par le temps je ne cherche pas à comprendre la logique des fortifications, je m’attache seulement à prendre des photos. Les conditions sont idéales dans la lumière du soir. L’édifice  sculptural  s’y prête. Je dois me surveiller, j’userais des mètres de pellicule. La photo est plus facile que sur les sites antiques, où trop de pierres très blanches éblouissent et où il manque souvent du relief et de la végétation.

neuf cent marches!

Finalement je descends les 900 marches sans m’en apercevoir, la vue est magnifique sur les toits de tuiles et les coupoles de Nauplie. L’îlot Bourzi se détache vu du haut.

Du fort la vue sur Nauplie est magnifique

Les  rues tranquilles sont bordées de boutiques hors du temps. Sur la place d’une église, une vitrine est occupée par des rangées de moulins à café cylindriques en laiton et en cuivre, des rangées de finjans, des services à café, dans la vitrine suivante, s’alignent les salières en verre coloré. Cela semble d’un autre âge. Les maisons sont en pierre, carrées dans le même style que celles de Jérusalem avec des balcons de ferronnerie, quelques portes sont sculptées. Une fontaine turque porte des caractères arabes.

Je trouve Dominique sur la place qui fait face au port avec les beaux cafés. Elle a fait les courses : des boulettes, des beignets d’aubergine, du tzatziki.

Nous retournons dans la petite anse voir le soleil se coucher avec la vue sur l’arrière du fort Palamède.

10ème jour : Epidaure

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voie sacrée et Propylées

Baignade du matin

Nous n’avons pas pu renoncer à la baignade du matin. C’est vraiment un moment privilégié : il n’y a personne dans l’eau sauf les pêcheurs sur leurs embarcations à rames. L’eau est lisse complètement transparente. Avec le masque, nager prend un nouvel intérêt. Chaque jour, je découvre une nouvelle variété de poissons, de nouvelles couleurs, de nouvelles rayures. Ils sont paisibles, broutent le fond de l’eau. Dominique me montre comment observer en s’accrochant à un rocher. J’ai l’impression d’être tombée à l’intérieur de l’aquarium :  abondance de vie insoupçonnée. Le rocher est tapissé d’anémones de mer au contact bizarre quand je les frôle. Les poissons sont très nombreux.  L’un d’eux a des couleurs très vives : vert, orange, jaune. J’ai pris de l’assurance avec le masque. J’économise mes gestes. Je flotte entre deux eaux, quasiment immobile .C’est très reposant.

Théâtre d’Epidaure

 

Théâtre d’Epidaure

Pour arriver à Epidaure, le matin nous avons le soleil dans les yeux. La route était plus belle vendredi soir ; le parking est déjà occupé par de nombreux cars quand nous arrivons. Nous suivons donc un groupe francophone dans le théâtre. La guide dessine sur le sable des triangles isocèles pour expliquer les calculs d’acoustique des architectes. Il y a 12000 places ? Démonstration : le bruit d’un papier froissé, d’une pièce, s’entend du haut des gradins. Puis elle donne rendez-vous à ses ouailles 10 minutes plus tard dans le car. Nous sommes délivrées des groupes dès que nous dépassons le musée

Restauration de la Tholos

Le travail des archéologues ou des tailleurs de pierre : anastylose.

Le site d’Epidaure fait l’objet de restaurations importantes. Plusieurs équipes d’archéologues, des tailleurs de pierre, des maçons, des terrassiers travaillent à remonter la Tholos, rotonde très curieuse figurant au sol une sorte de labyrinthe avec plusieurs cercles de colonnes et de murs . Les colonnes ont disparu mais on remonte les murs avec les blocs pris sur le site. Comme il manque de nombreuses pièces, des artisans façonnent de nouveaux blocs dans lesquels s’imbriquent les vestiges retrouvés. On utilise les techniques en vigueur au IV° siècle, les burins, coins marteaux et les matériaux trouvés sur place : du calcaire rose très dur. Bien sûr il manque la patine, mais c’est un des principes de la restauration : on doit pouvoir faire la différence entre l’authentique vestige et ce qui a été rajouté, sans que l’oeil ne soit choqué, la restauration doit rester visible.

Le calme et la paix qui avaient tant impressionné Miller sont troublées par tous ces travaux, les bruits des pelles, des marteaux, des chaînes et des poulies. Mais c’est un joyeux bruit. C’est fascinant de voir les archéologues, plans et calques en main, retrouver l’emplacement précis d’un tout petit bloc tout cassé qu’on aura enserré dans un gros parallélépipède de calcaire frais dans lequel on a sculpté un vide. Et tout s’encastre. De grosses mâchoires en fer suspendues à des chaînes ne doivent pas différer beaucoup des engins de levage antiques. Seule concession au modernisme : un pont roulant permet d’aligner les gros blocs. Peut  être existait il aussi ?

Pèlerins d’Asclépios

Nous ne croiserons que trois personnes sur la grande place. Nous prenons notre temps pour lire que les serpents d’Asclépios étaient gardés dans la petite Tholos. Nous retrouvons les thermes grâce au système de canalisation des eaux et aux rigoles d’évacuation des eaux. Les abatons sont étonnants : ce sont  les dortoirs où étaient logés les pèlerins d’Asclépios. Après avoir été purifiés et avoir jeûné ils dormaient là et faisaient des rêves qu’ils faisaient interpréter par les prêtres d’Asclépios. Ici ce n’était pas Lourdes, mis plutôt Freud. . L’endroit paraît très indiqué pour envoyer une carte à Roberte.

Bois sacré

Nous trouvons la Voie Sacrée et les Propylées à l’entrée du sanctuaire. Le charme d’Epidaure, c’est son site boisé. Dès l’Antiquité, il y avait un Bois Sacré. Nous nous trouvons à l’ombre de très grands pins qui embaument. Dans les zones très visitées on a planté des rangées de lauriers roses, magnifiques très touffus, j’avais oublié leur parfum. Quand la chaleur est intense, les vapeurs exhalées par les pins, les cyprès, les lauriers roses épaississent l’air d’un parfum presque suffoquant. Je retrouve ici les odeurs d’Israël. Des images très nettes surgissent un court instant. Peut être est ce aussi une des magies d’Epidaure que de faire émerger des rêves ou des images de l’inconscient ? Pour moi, point de sommeil à l’abaton, il suffit les senteurs.

Pour le pique-nique, nous avions repéré à l’aller une petite chapelle blanche au dessus d’un village. Nous la retrouvons assez facilement. Une piste sablée très raide mais en bon état. Je suis un peu déçue parce que la « vieille chapelle » est toute neuve et que les tuiles rouges qui couvriront la coupole blanche ne sont pas encore posées mais sont empilées à proximité. Pour ce qui est de déjeuner, l’endroit est idéal, la vue est dégagée. Il y a longue table et des bancs, un robinet et de l’eau fraîche. De notre perchoir nous voyons encore des ruines d’une cité mycénienne, nous observons les cigales.