« A travers ce roman de politique-fiction, Boubacar Boris Diop fait un bilan des années Senghor : celles de deux décennies de fausse indépendance du Sénégal.
la multiplicité des temps et des points de vue narratifs nous offre une vision à facette d’une société en décomposition.
une critique habile d’une pernicieuse domination culturelle et linguistique, à la façon des romanciers sud-américains… »
La période m’intéresse. Maïmounade A Sadji, avant l’oragede S Badian lus récemment, se déroulaient avant les Indépendances. Les livres de Abasse NDionesont plus récents mais je n’ai rien lu des premières années des Indépendances.
Cependant la multiplicité des points de vue et surtout le parti pris de politique-fiction complique la compréhension de la lectrice lointaine qui n’a pas connaissance des faits réels. Roman à clés peut être? Clés que je ne possède pas! Les premiers chapitres m’ont d’abord déconcertée. Grotesque du Conseiller François Navarro, caricature de ministres-courtisans, d’un président solennel mais dépassé, je suivais à peu près…mais les documents d’époque (la narration se déroule en 2063) sont bien obscurs, une certaine lassitude de n’y rien comprendre m’a gagnée.
J’aurais eu tort d’abandonner. C’est bien après le milieu du livre que les personnages s’individualisent, qu’on s’attache au héros principal N’Dongo, révolutionnaire, gauchiste, romancier raté, et à ses camarades. C’est à la fin que le titre de Temps de Tamango s’explique. Tamangoest le héros d’une nouvelle de Prosper Mérimée que je me suis empressée de télécharger.
Prosper Mérimée a créé des personnages mythiques archétypes comme Carmen. Moins connu, Tamango, a pourtant marqué les imaginations africaines. Nouvelle très dense, réquisitoire contre la traite négrière, décrivant les odieuses conditions de traversée atlantique dans les détails les plus monstrueux, la marche des prisonniers soutenant le prisonnier suivant, les menottes inrouillables, l’invention originale de Ledoux , les économies d’espace pour faire rentrer le plus d’hommes dans la cale….Certes, Tamango n’est pas une victime innocente : c’est lui qui a vendu les esclaves et même sa femme Ayché alors qu’il était ivre. Menant la mutinerie à bord du bateau, massacrant les marins, Tamango se montre un chef de guerre redoutable et un bon stratège. Malheureusement, un mauvais marin. La révolte victorieuse ne permettra pas aux esclaves de revoir les côtes de l’Afrique.
Si la nouvelle de Mérimée est marquante dans le contexte historique, j’avoue que j’ai plus goûté l’histoire de Tamango racontée par l’écrivain Sénégalais, il donne des détails encore plus frappants, surtout dans la vie de Tamango à Joal. Le personnage de Tamango a-t-il échappé à son créateur? Ou Tamango a-t-il vraiment existé? C’est un peu le destin de Carmen dont on connaît plus l’opéra que la nouvelle.
une blogueuse s’est attachée au rôle d’Ayché la femme de Tamango: ICI
Dès les premiers chapitres, j’ai pensé au film de Moussa Touré récemment sorti sur nos écrans : La Piroguequi a été primé au Festival de Ouagadougou en mars 2013 (je l’ai appris sur la plage de M’Bour). Ceci n’est pas l’effet du hasard:Abasse NDione est à l’origine du scénario.
A l’assaut des vagues de l’Atlantique (2006) est le roman des boat people, de ceux qui tentent leur chance à bord des pirogues et abordent l’Union Européenne sur les côtes des Canaries.
Douze chapitres courts, sobres, des personnages bien campés, humains, vrais. Une histoire bien racontée. Est-ce un documentaire? Est-ce un roman? On apprendra le prix de la traversée, les précautions des marins-pêcheurs, experts en navigation, la vie à bord, les espoirs, le drame, la solidarité, aussi.
Un film politique: ainsi commence le livre:
« Cette année-là, il y avait eu un bon hivernage. les pluies avaient été très abondantes. malheureusement, les récoltes avaient été mauvaises. par manque de bonnes semences; l’état avait décidé de tuer tout bonnement la culture de l’arachide. la société nationale des graines avait été dissoute et le stock des semences sélectionnées supprimées…. »
La pénurie de poisson, la diminution des prises est aussi la cause de l’exode:
« – je savais que tu finirais par admettre l’évidence! les ressources de la mer sont en train de disparaître peu à peu. bientôt il n’y aura plus de poisson… »
Le manque de travail et d’espoir pour les jeunes :
Comment vont les affaires? demande le pêcheur à Lansana :
– » Rien de neuf! tout est monotone, on continue à compter les poteaux… »
Les risques énormes qu’ont pris les cultivateurs – qui n’avaient jamais vu la mer – ont été calculés, assumés par toute la collectivité villageoise qui s’est cotisée. Les 40 jeunes qui partent portent l’espoir de 4 villages. On comprend que l’émigration n’est pas le mirage de la société de consommation mais répond à l’urgence.
Dans la première partie, Abdoulaye Sadji raconte l’histoire de Maïmouna, petite fille de Louga, fille d’une marchande de légumes au marché. Petite fille simple, sa vie se déroule avec sa poupée, dans la cour avec la volaille, au robinet où elle remplit sa bassine avec les petites filles de son âge qu’y si rassemblent « comme des hirondelles« . On voit Maïmouna se prépare pour une fête, fixer le hénné à ses talons, se faire coiffer par Lalla, danser…. Charmante évocation de l’éveil de la puberté, de la découverte de son corps.
L’adolescente rêve de Dakar où sa soeur richement marié tente de l’attirer. Sa maman Yaye Daro ne voudrait pas se séparer de sa petite fille. Devant son insistance, Daro cède. Maïmouna dans la splendeur de ses seize ans, prend le train pour la ville.
La seconde partie est la découverte par la jeune fille de la vie citadine. Sa sœur Rihanna la pare, lui ouvre ses salons, et se réjouit des succès de jeune beauté qu’on élit même Étoile de Dakar. Elle fréquente les riches parvenus de Dakar, bourgeoisie noire qui entretient dans la cour de la villa tout un cortège de flatteurs, de vrais ou faux dévots, mendiants et pique-assiettes, prétendants à un riche mariage. Rihanna et son mari Bounana, ont trouvé un mari convenable Galaye, riche, prévenant, amoureux.
Maïmouna n’aime pas Galaye, elle a consenti au mariage mais se laisse séduire par Doudou Diouf, le fin, jeune homme occidentalisé, croisé au cinéma, puis dans la rue sur sa bicyclette. Séduite…enceinte…abandonnée.
J’ai moins aimé cette deuxième partie, plus conventionnelle et plus attendue. Danger de la ville pour une innocente jeune fille, refrain connu!
Une claque,! Même prévenu , le spectateur sort anéanti de cette séance.
Prologue: un enfant dans Jérusalem, des pigeons, symboles de paix, une déflagration, – noir – un attentat. De l’autre côté, en Palestine, l’occupation dans sa brutalité ordinaire commence au checkpoint. Une femme passe, Chloé, canadienne, humanitaire, obstétricienne dans un dispensaire de Ramallah. La soldate qui vérifie ses papiers est justement sa voisine, une amie. Le long du mur qui sépare Israël des Territoires palestinien, un dépotoir. Rand, enceinte, et les enfants récupèrent des objets encore utilisables, chiffonniers d’une société de consommation qui jette des jouets, des bidons. Rand est une patiente de Chloé qui a noué des liens d’amitié avec sa famille qui est reçue dans leur maison ainsi que dans la boutique de Faysal, le frère où l’on imprime les affiches des martyrs. Le mari de Rand attend son jugement dans une prison israélienne.
Deux enfants, ou plus, mourront, sans que la nouvelle ne soit publiée à la radio et ce n’est pas faute d’écouter les nouvelles! Chloé change de poste, écoute en hébreu, en arabe, en français, rien sur l’enfant qui a été écrasé sous ses yeux! Il faut voir la rage de ces enfants qui ont perdu depuis longtemps le regard innocent et le sourire de tous les enfants du monde. L »un d’entre eux, rêveur, en déguisement de superman m’a inquiété pendant tout le film, j’avais peur qu’il ne se croie capable de s’envoler dans les collines.
Selon les points de vue deux questions se posent?
Comment peut-on être médecin humanitaire, sans prendre parti? Comment naviguer entre les deux mondes. Chloé habite à Jérusalem, sa voisine Ava, la jeune soldate est la copine qui l’emmène se détendre en boîte, danser, faire la fête, oublier la tension de la journée. Quotidiennement Chloé passe le checkpoint et se trouve dans une réalité différente. Réalité de son cabinet où elle exerce en professionnelle sous la direction d’un médecin qui lui fait la leçon, lui rappelle son devoir de neutralité. Réalité de la famille de Rand, du dépotoir, de l’occupation militaire, brutale, arbitraire, des frustrations quotidiennes. Chloé navigue dans l’ambiguïté. « ce n’est pas ta guerre!« lui assène Rand. On a l’impression que Chloé dérive, qu’elle perd tout repère, son visage se marque.
Si c’est Rand, l’héroïne, une toute autre question se pose. Comment devient-on terroriste, kamikaze? Devant le blocage de la situation, tellement bien suggéré par l’embouteillage monstrueux où Rand accouchant se trouvera coincée, y a-t-il une autre issue? Mourir pour exister, alors qu’elle se sent devenir un « rat ».
Très grande performance des actrices: Chloé joué par la québecoise Evelyne Brochu; visage connu de Sabrina Ouazani (l’Esquive, puis la Graine et le Mulet) et charmante Sivan Levy, Ava la soldate.
Je ne serais pas allée de moi-même voir ce film après avoir lu les critiques. On m’y a poussé. Plaisir d’écouter de l’hébreu et de le comprendre encore. Par ailleurs, je savais que je me sentirais agressée par ce film violent.
Même filmé très près avec beaucoup (trop?) d’empathie et de tendresse (on pense à Rengaine) les héros sont insupportables. film de petits mecs, de petits fachos qui font terrorisant le quartier à coup de battes de base-ball ou pire. Ordre religieux en punissant celui qui a gardé sa boutique ouverte quelques minutes après le début du Chabat. Ordre moral en chassant le vendeur de DVD-X. Ordre des mecs en décidant de la longueur des shorts des filles. Ordre raciste quand il s’agit de faire une ratonnade contre les Arabes de Yaffo, et éventuellement contre les Russes qui ne sont pas de leur bande.
Ils sont étonnants ces trois copains, Avi, Kobi et Yaniv – s’ils ne portaient pas la kippa voyante blanche crochetée, ils ressembleraient comme des frères à ces Arabes qu’ils pourchassent et à nos racailles de banlieue. Même dégaine, joints et musique hip hop un peu orientale à plein tube, foot et Thora. Enfin, pour ce qui est de l’exégèse, ils laissent cela à leur rabbin charismatique qui les entraîne dans la danse. Plutôt la transe que l’étude!
Nous ne sommes pas à Jérusalem dans une yeshiva traditionnelle mais à Bat Yam, banlieue de Tel Aviv. Ce ne sont pas des érudits blafards mais un vendeur de légume d’origine turque, un copain marocain, et leur spécialité est plutôt le chechè-bech (jeu de tric trac oriental.
Pourtant le film fonctionne bien, il y a une jolie histoire d’amour avec une fille qui n’est pas religieuse mais qui a assez de personnalité pour s’opposer à la violence des trois héros. Avi fera sont introspection – plutôt une prière gueulée au bord de la mer. Mais Miri, elle aussi fera des concessions, vestimentaires, et même religieuses. Complaisance?
Pendant que nous suivions un circuit de rêve. Pendant que Bouba enchantait notre séjour de campements de brousse, qu’il nous livrait les sésames dans les langues Peules, Sérères, Maures, pour des rencontres fabuleuses….Et, que, les touristes béates, s’ enthousiasmaient devant la gentillesse, l’hospitalité, la cuisine…. la blogueuse cherchait à sortir du monde enchanté du tourisme et à tendre l’oreille à la radio. Malheureusement, les informations étaient le plus souvent en wolof! Sur la route de la Réserve du Djoudj, Bouba a bien voulu mettre RFI.
RFI livrait ses informations sur la guerre au Mali, et aussi sur l’incendie à Dakar qui a fait des victimes chez les petits talibés? J’ai prêté une oreille attentive aux mesures que les officiels dakarois proposaient: interdire la mendicité des enfants-talibés . Je ne voulais pas ignorer cette réalité-là, comme nous étions passées, au Bénin, devant des enfants au travail sans voir le triste sort des enfants-esclaves Vidomégons. Autrefois, un prêtre italien nous avait mises en garde mais nous ne l’avions pas écouté, toutes enthousiastes à nos découvertes. Ce n’est que deux années plus tard que nous avions remarqué ces petites vendeuses qui auraient dû être à l’école. Pour les talibés, quand une dame française, dans le 4×4 qui nous ramenait de Lampoul, m’avait raconté sa mission humanitaire auprès de ces enfants, Bouba n’avait pas apprécié la teneur de notre conversation. Ces petits mendiants, peut être les avons nous croisés sans les voir?
De Dakar vers la Somone sur la RN1 dans la chaleur, sans évènement marquant. Un peu ensuquées, nous découvrons notre dernière étape, notre dernier hôtel : La Lagune .
Notre case ronde, couleur terre, recouverte de chaume, au milieu d’un jardin fleuri, est partagée en deux chambres. Un très grand lit occupe toute la chambre mais il y a une penderie dans le couloir de la salle d’eau. Nous réglons la climatisation sur 25° et négligeons la grande moustiquaire. Mal nous en a pris ! A minuit, un bourdonnement désagréable nous a éveillées. Catastrophe ! 15 jours, au bord de l’eau, en brousse, nous n’avons pas été piquées et ce serait sur la Petite Côte, bien touristique que nous craindrions le palu ! Nous, qui avions décidé d’arrêter la doxycycline au retour puisque nous n’avions pas été piquées !
La salle à manger se trouve dans une grande paillote ronde. Au centre : le bar avec d’énormes fauteuils de rotin, on dîne sur une dizaine de tables disposées à l’extérieur en couronne, sous des lustres métalliques évidés comme des citrouilles ou des masques allongés cachant des tubes de néon. Après une vingtaine de bassins dans la piscine, une belle promenade le long de l’eau, nous dînons de calamars et d’un filet de poisson avec des crêpes.
Samedi 16 mars : La Lagune
Une journée de farniente sous les cocotiers: faire le tri dans les photos, mettre à jour mon carnet de bord, profiter de la jolie piscine et de la plage. Quand la mer est haute, les vagues se brisent sur une barrières rocheuse avec une belle écume mais il n’y a presque plus de plage. L’érosion gagne même les murs des hôtels et des villas dont certains escalier s’effondrent. Pour protéger la plage, on a disposé de gros blocs de roche volcanique brun-rouge en brise-lames. Quelques rochers affleurent, insuffisants pour retenir le sable.
Comme souvent au Sénégal, la plage n’est pas lieu de baignade, ni de bronzette mais plutôt le domaine des sportifs qui développent une musculature sculpturale. Tous les exercices sont bons pour ces athlètes : course, avec ou sans chaussures, pompes, mouvement de gymnastique, de préférence accomplis collectivement. Certains jouent au foot (deux paires de chaussures suffisent pour matérialiser les buts). Des lutteurs combattent deux à deux. Le sport national est la Lutte sénégalaise. Une trentaine d’enfants s’exercent aux combats. Il y a même du foot féminin(en maillot et short réglementaire). Malheureusement l’une des joueuses est handicapée par sa petite sœur-bébé dans les bras.
J’aime marcher dans la frange d’écume. Mais je suis souvent importunée ; Chaque fois la même technique d’approche :
– « Ca va ? – Ca va ! – comment t’appelles-tu ? »
après cela varie :
– « j’ai des belles oursins »
-»viens voir ma galerie ! »…
Je me débarrasse des vendeurs : en robe de plage sans poches, je n’ai pas d’argent. Plus difficile d’éconduire ceux qui offrent des coquillages ou leur amitié, qui prétendent qu’ils veulent seulement bavarder avec les touristes. L’un d’eux raconte que la police espagnole aux Canaries l’a recueilli et renvoyé à Dakar ; C’est l’histoire du film « La Pirogue ». Peut -être, est–ce la sienne ? Je lui dit qu’il y a plus de 3 millions de chômeurs en France en ce moment et que l’hiver a été très long. Il insiste :
– « Voulez vous aller au marché de M’bour, j’ai un copain qui a une voiture ? », « voulez vous faire de la pirogue ? J’ai un copain qui vous fera un bon prix. » »il n’y a pas de travail pour nous. Nous n’avons que vous, les touristes… »
J’ai honte d’être désagréable. Est-ce qu’ils importunent les hommes qui se promènent sur la plage ?
La cuisine de La Lagune, la gentillesse de Ibou et des serveuses nous ont conquises. Tout le monde se met en 4 pour nous faire plaisir. Au déjeuner : salade d’espadon, poivrons et rondelles d’oignon, une truite de mer meunière, et une assiette de fruits découpés, ananas frais, melon quart d’orange et pomme ; Au dîner calamar à la sicilienne avec de la crème aigre-douce, deux soles meunières et encore une assiette de fruits.
Dimanche 17 mars : lagune de la Somone, retour en avion.
La Somoneest aussi une rivière dont l’estuaire se termine par une jolie lagune de 8km ? Nous avons réservé une promenade en barque à 10h30 (marée haute. Les barques partent de l’hôtel Baobab Lookea qui est une structure monstrueuse occupant au moins 500m en bord de plage. les bungalow sont jolis, fleuris. Le restaurant est immense. il y a une très grande piscine, des magasins…Les lits tous identiques et parallèles sous un parasol de chaume inamovible ne sont pas choquants. Ce qui l’est, ce sont les vigiles chaussés de rangers, en uniforme paramilitaires, installés tous les 150m. Que font-ils sur la plage ?En tout cas pas maîtres-nageurs avec leurs grosses chaussures. Cela agace Ibou, de La Lagune, qui dit que cette bunkérisation introduit un sentiment d’insécurité qui n’a pas lieu d’être. Sont-ils là pour décourager les marchands ambulants ou les sportifs sénégalais?
La promenade en pirogue est plaisante, nous avons toujours plaisir à observer les oiseaux. Le piroguier nous montre les belles villas des gens riches et des Français. Nous sommes loin des réserves! Il y a même des parcs à huitres pour les restaurants.
Il reste quelques heures pour profiter de la plage, des cocotiers. Les pêcheurs ont hissé les pirogues sur le sable, peu de temps plus tard, une très jeune fille arrive avec une bassine métallique pleine de poissons encore vivants sur la tête. Nous les mangerons à midi. Pour cette raison, le chef est incapable d’écrire le menu du jour avant la pêche : des soles excellentes.
A l’enregistrement, on nous prévient:
– « votre avion aura du retard. Si vous habitez Dakar, rentrez chez vous! »
En lot de consolation, un bon pour une boisson (une canette de coca) et un sandwich (petit). Nous nous traînons sans trouver où nous asseoir. C’est pareil dans tous les aéroports, avant de passer les sécurités et la police, il n’y a de salut que dans les restaurants, et encore! Dans les salons d’embarquement trois avions partent en même temps, celui d’Istanbul, de Casablanca et le vol Corsair. Les sièges ne sont pas suffisants. Comme nous sommes arrivées très en avance je m’allonge sur deux sièges, munie de mon matériel – masques et bouchons d’oreilles – Quelques temps après, une jeune femme me réveille, je plaide que demain je dois être fraîche, devant mes élèves.
Elle est charmante, aucune raison pour ne pas lui permettre de s’asseoir avec nous. D a mal à la tête, elle a de l’aspirine mais pas d’eau puisqu’on doit jeter les bouteilles à la sécurité. Une jeune femme nous a entendu. Elle tend un fond de bouteille :
– « c’est ce qu’il reste du biberon du bébé, je n’en ai plus l’usage »
tout le monde attend de longues heures, personne ne proteste, on fait connaissance, on s’entraide. Une jeune femme en vêtements très amples veut faire lever une de nous trois.
– « j’ai très mal dans le dos! »
–« mais tu es enceinte! comme j’aimerais l’être aussi, viens! » dit la jeune prof d’histoire.
On se tasse maintenant à 4 sur la banquette qui ne comporte que trois places. Les deux jeunes femmes bavardent maintenant en wolof. De temps en temps elles repassent au français pour que l’on puisse participer à la conversation et nous ennuyer un peu moins. Une dernière manifestation de la gentillesse et de la solidarité sénégalaise.
Le port de Gorée est minuscule, la chaloupe accoste à un ponton de ciment tandis que deux petits bateaux se balancent et que les pirogues ressemblent à celles des pêcheurs en miniature et dans moteur. Des bâtiments jaunes aux volets de bois vert alternent avec des maisons roses ou rouge foncé, balcons de bois des maisons coloniales ressemblant aux sobredos capverdiens. Quelques unes sont en ruine, façades écaillées, toits crevés. Les restaurations sont sous le contrôle de l’UNESCO il faut respecter les couleurs d’origine et cela décourage les bonnes volontés. A l’extrémité se trouve une batterie militaire – fort d’Estrée, arrondi portant encore des canons.
l’Hostellerie du Chevalier de Boufflers
L’Hostellerie du Chevallier de Boufflers occupe un angle, le restaurant est très bien situé, la vue st merveilleuse de la terrasse. Ce n’est pas vraiment un hôtel, plutôt des chambres d’hôtes dans des maisons rénovées (mais pas trop) peintes en rouge sang dans des rues étroites bordées de plantes vertes : caoutchoucs, sansevierias et hibiscus. , Rue de la Pointe et rue de Hesse. Gorée est soignée, ls rues possèdent toutes des plaques. On pousse un portail de fer forgé, entre dans un noir couloir , gravit un étroit escalier aux hautes marches malaisées et parvient sur une terrasse de bois meublée de deux fauteuils de cuir, deux tabourets et une table basse. Une haute porte protégée de persiennes bleu-vert s’ouvre sur une pièce très vaste, très haute de plafond, au parquet laqué de blanc cassé au plafond de bois reposant sur des poutres apparentes. Deux grands lits recouverts de batik bleu, un canapé, une décoration murale du même batik. La taille des pièces, la hauteur de plafond me font penser à Cuba.
place du gouvernement
Sans tarder nous visitons les environs. On fait le tour du bastion circulaire, découvrant de minuscules plages où on loue parasols et nattes. Les petites rues agrémentées de verdure sont très calmes dans le soir. Des vendeuses nous proposent d’aller voir leur petit marché, sans insistance, Gorée ne manque pas de touristes. La rampe qui monte au Castel est un peu la Butte Montmartre locale : des tableaux sont suspendus des deux côtés ou étalés sur le sol. La plupart sont stéréotypés, faits en série, certains sont intéressants : collages de tissus africains repeint ensuite à l’acrylique à motifs de baobab ou villageois. D’autres intègrent toutes sortes d’objets, téléphones ou cuillers. J’aurais bien aimé en photographier mais c’est impensable. Les artistes sont très vigilants. La seule solution est de filmer à la sauvette.
Pour notre dernier repas ensemble, Bouba a revêtu sa plus belle tenue africaine. J’ai oublié dans la valise qui est restée à Dakar le haut de ma tenue béninoise, je n’ai qu’un chèche marocain bleu à revêtir en drapé pour faire un semblant d’élégance. Les crevettes à l’ail sont délicieuses ainsi que les brochettes de lotte et les crêpes. Bouba a commandé pour nous nos plats favoris.
Vendredi 15 mars : Gorée
Dans la salle à manger de l’Hostellerie du Chevalier de Boufflers je trouve le portrait du Chevalier : Stanislas-Jean, Chevalier de Boufflers (Lunéville, 1738 – Paris, 1815), gouverneur de Saint Louis, poète qui s’installa à Gorée avec sa concubine signare (à propos vois le film Caprice d’un Fleuve de Bernard Girodeau) .De très mignons tableaux naïfs « sous-verres » encadrés artistiquement dans du bois brut, cloué de travers, me plaisent bien. Ils sont à vendre (pas de photo) 15.000CFA le plus petit, 40.000CFA le plus grand. Pour la plupart ce sont des scènes de rue de Gorée.
9h, Baye, notre guide pour Gorée paraît. Il a grande allure avec son boubou sans manche, sa chemise blanche impeccable au col mao, sa cafiyiah et son grand chapelet. Fière allure, mais mal embouché. Dans une première altercation avec le garçon, au milieu du wolof j’entends « enculé ». Baye nous conduit d’abord sur la place du gouvernement de Gorée. Il présente l’île : 900m dce long, 300m de large, 1800 habitants, 2/3 musulmans, 1 /3 catholiques. Avant l’arrivée des Portugais l’île était habitée par des pêcheurs. Les Portugais la nommèrent Las Palmas, les Hollandais Goede Reede(bon port) dont la déformation donna Gorée. L’histoire de Gorée fut complexe. Le congrès de Vienne 1815 l’attribua à la France , attribution confirmée lors du partage de l’Afrique en 1885.
Une plaque est dédiée à Blaise Diagne, le 1er député du Sénégal à l’Assemblée Nationale (1914-1935). Natif de Gorée il bénéficiait de la nationalité française (comme ceux de Saint Louis, Rufisque et Dakar). C’est sur son intervention que les tirailleurs sénégalais participèrent aux combats de la Première Guerre mondiale. Sur cette Place du gouvernement un autre monument rappelle le souvenir des médecins et pharmaciens qui donnèrent leur vie en combattant l’épidémie de fièvre jaune en 1878. Un côté de la Glace du gouvernement est occupé par le Palais du Gouverneur Roume en piteux état qui fut transformé dans les années 50 en hôtel ; Il est question qu’on le restaure pour lui redonner cette fonction.
Les premières constructions de l’île furent donc portugaises puis hollandaises, les françaises ne datent que de 1857. Au centre de la place se trouve un vieux kiosque à musique. L’école Normale d’Instituteurs et un petit commissariat de police ferment le quadrilatère. Ce dernier occupe une ancienne chapelle portugaise.
église Charles de Borromée
En chemin vers le Castel on passe devant l’Eglise Saint Charles de Borromée, bâtie sous Charles X, très simple bâtiment jaune. Dans une maison jaune se trouvait une école de médecine africaine où étudia Houphouët Boigny . Le chemin du charroi qui monte à la colline fut équipé d’un rail pour hisser les lourdes pièces d’artillerie installées au sommet de l’île.(36m d’altitude – coulée volcanique dont les prismes de basalte se voient de la mer). Les galeristes installent leurs tableaux. L’un d’eux rince au jet les acryliques. Des milans planent au dessus de nous. Au tournant de la route, Baye nous montre les toits de Gorée. On surplombe l’école des filles Mariama Bâ (100% de réussite au bac, le seul internat féminin du pays). Nous trouverons dans la chaloupe du retour ces jeunes filles en uniforme soigné.
au sommet du Castel, monument coque de navires esclavagistes et carapace de tortue
Au tournant suivant du charroi, le sémaphore. Le castel, sommet de la colline est coiffé d’une sculpture moderne de ciment peint en blanc avec des alvéoles creusée : deux parties : une demi-pirogue pointue, coqué rappelant les bateaux négriers transportant les esclaves, à l’arrière la carapace d’une tortue symbolisant la patience.
En plus du gros canon, trois télémètres destinés à en régler le tir. Le canon fut installé en 1907 par la Marine française (240mm – 14km de portée). Il n’a servi qu’une fois, servi par les pétainiste qui coulèrent un navire gaulliste de ravitaillement. L’épave repose toujours dans le port de Dakar et les navires marchants doivent le contourner. « Vue panoramique » de Dakar(on découvre de loin les Mamelles et la très grande statue. Baye nous montre la petite mosquée sana minaret 1892, le Palais du Chevalier de Boufflers qui accueillit le Premier Festival d’Art Nègre. Dans le patio d’origine on a installé des gradins de bois pour les spectacles. Dans un jardin entre la Maison des Esclaves et une autre esclaverie, actuellement le presbytère, se trouve la statue symbolisant la Libération des esclaves réalisé par Jean et Christian Morsa, guadeloupéens : un homme brandit ses chaines et serre dans ses bras une femme en pagne- une africaine ? tous deux sont debouts sur un djembé.Le djembé avait son importance dans les plantations. Les tambours permettaient aux esclaves de communiquer sans être compris du Maître.
l’esc lave brandit ses chaînes
Près de la statue, sur une plaque le poème d’un écrivain canadien
Celui qui a dit « Gorée est une île »
Celui-là a menti
Cette île n’est pas une île
Elle est continent de l’esprit
La Maison des Esclaves de Goréeest mondialement connue. De la Porte du Voyage sans Retour, le pape Jean PaulII a imploré le pardon pour l’Eglise. C’est sur l’image de cette porte que s’ouvre le film Little Senegal. Cette maison est classée au Patrimoine mondial de l’Humanité
« Le Peuple sénégalais a su garder
L’actuelle maison des esclaves
Afin de rappeler à tout africain
Qu’une partie de lui-même a transité par ce sanctuaire. »
Jo N’Diaye (conservateur de la Maison des Esclaves)
La maison des esclaves n’est pas la seule esclaverie sur l’île. Il y en eut sur Gorée jusqu’à 28. Gorée ne fut pas le port esclavagiste le plus important à cause du manque d’eau douce. Au Bénin Ouidah et Alladah, au Ghana Elmira, Fort James en Gambie.
la maison des esclaves
150 à 200 esclaves étaient prisonniers au rez de chaussée de la Maison des Esclaves. Les familles étaient dispersées ; femmes et enfants vendus séparément et parfois pour des destinations très éloignées comme le Brésil ou les Antilles. Ils prennent ensuite le nom de l’acquéreur. Dans la chambre des hommes 15 à 20 hommes étaient enchaînés nus, assis. On ne les laissait sortir sur la plage qu’une fois pour se soulager. Dans ces conditions la mortalité était élevée. En 1779, la peste décima les esclaves. L’ethnie la plus chère était les Yorubas qui apportèrent au Brésil et aux Antilles le vaudou. Les propriétaires usaient du droit de cuissage. Si une jeune fille était enceinte d’un exploitant elle était libérée. Ces métissent libres devenaient les Signares. Un poids minimum de 60kg pour un homme était exigé. Ceux qui n’atteignaient pas ce poids étaient engraissés avec des haricots africains farineux dans la cellule des Inaptes temporaires. Sous les escaliers dans de petits réduits sans fenêtre était le cachot des récalcitrants : le conservateur raconte que Nelson Mandela s’y glissa, y resta quelques temps et ressortit les larmes aux yeux, se remémorant peut être son séjour carcéral.
Le conservateur essaie d’expliquer la responsabilité des Africains dans la traite. Sans la nier il la relativise. D’une part, l’esclavage a toujours existé en Afrique ; cet esclavage africain a toujours existé mais il était moins violent et moins systématique. L’autre argument est que les souverains africains ont collaboré par la contrainte : les Européens divisaient pour régner exacerbant les guerres tribales et dispersant les armes à feu qui n’existaient pas avant leur arrivée.
Les esclaves sortaient par la Porte du Voyage Sans Retour sur un ponton sur pilotis car les navires ne pouvaient pas approcher du rivage rocheux. Ceux qui tentaient de fuir étaient dévorés par les requins attirés par les cadavres de ceux qui étaient morts dans les cachots.
A l’étage, vivaient les exploitants de l’esclaverie. Comment vivre quand des hommes étaient détenus en dessous, est un mystère. Ces vastes pièces sont maintenant des salles d’exposition avec des tableaux explicatifs illustrés par des gravures d’époque (provenant souvent du Musée de Nantes).
Baye nous conduit ensuite au Jardin Botanique. Michel Adanson (1727-1808), élève de Jussieu, employé de la Compagnie des Indes, a aménagé ici un jardin botanique en 1750. Il publia en 1763 un tome sur la flore et en 1777 dans l’Histoire Naturelle du Sénégal un tome sur les coquillages.
Gorée vue du bateau du retour
La promenade avec Baye s’arrête là. Je complète la visite de Gorée au Fort d’Estrée (fort rond à l’extrémité de l’île) transformé en Musée Historique.
J’ai regretté d’avoir peu de temps pour tout lire. Deux salles sont consacrées à la Préhistoire : outils de pierre taillée qui se ressemblent tous et partout et qu’i n’intéressent que les spécialistes. Beaucoup plus originales, les salles racontant l’histoire des différents royaumes africains. Des listes des rois ont été établies depuis le 13ème siècle. Pour punition au calamiteux discours de Dakar on devrait y enfermer Sarkozy et lui faire recopier et apprendre ces listes ! Il est tout à afit étonnant que les noms et les dates précises aient traversé les siècles en l’absence d’archives écrites ; Ceux qui étaient musulmans savaient écrire, mais les animistes ? Est-ce l’œuvre des griots que d’avoir maintenu ces généalogies ?
Une salle est consacrée à la christianisation (statue de bois de Saint Charles de Borromée). Uen autre à l’Islam avec des explications détaillées sur les confréries et Touba.
Les portraits des différents hommes politiques et des acteurs de la décolonisation sont aussi présentés . Je découvre un autre Senghor (Lamine) qui fut communiste.
Malheureusement, j’ai bâclé la visite. Après avoir soigneusement noté tous les détails plus tôt, je n’ai ni le temps ni la patience de continuer à recopier les explications. J’aurais du faire cette visite hier à notre arrivée.
Autre visite hors programme : sur une terrasse dominant la Place du Gouvernement et surplombant le port, sou l’égide du Musée Dapper, des photographies et des sculptures.
Déjeuner dans une petite cantine : salade de tomates, poulet grillé au barbecue et une banane.
La chaloupe quitte Gorée à 14h. Les élèves de l’école Mariam Bâ sont toutes endimanchées
la maison des Esclaves vue de la mer et la Porte du voyage sans retour
Il reste encore 80km pour Dakar sur la Route Nationale 1 . Un pèlerinage draîne les fidèles de tout le pays vers l’est du Sénégal où ils vont prier sur le tombeau d’une sainte mouride (Bouba ne nous dit rien de plus ). Il nous montre les cars bondés qui se succèdent et se doublent dangereusement. La RN est la plus fréquentée du pays. Des camions lourdement chargés de terre ou de matériaux de construction se traînent dans les côtes de la région de Thiès, un peu plus escarpée. Sur d’autres camions on a empilé des sacs de paille d’arachide bien au dessus de la hauteur de la benne défiant les lois de la gravité, mais rien d’extraordinaire comme en Inde ou au Bénin. Après avoir traversé une zone broussailleuse et poussiéreuse, la route aborde les jardins des maraîchers verts et pimpants près de Rusfisque qu’on évite en s’engageant sur l’autoroute. Nous avons bouclé le circuit des vacances, je reconnais le carrefour de la première nuit avec les flèches indiquant le Lac Rose. Bouba nous montre la banque et le distributeur où nous avons tiré des CFA.
L’arrivée à Dakar est interminable, nous traversons des quartiers de maisons basses en parpaings qui attendent que leur propriétaire ait les moyen de les surélever d’un étage, donnant une impression de chantier, alors que le rez-de-chaussée est habité. Rues sableuses. Plus loin des immeubles se dressent sans ordre apparent.
Le minaret carré vert et blanc, le monumental Théâtre National annoncent le Centre-Ville. L’Hôtel de Ville de style colonial est une construction élégante malheureusement écrasée par un très haut immeuble de ciment gris, édifié trop près. Je note le nom des rues. Place de l’Indépendance Bouba raconte l’histoire des tirailleurs sénégalais ayant combattu pendant la Seconde Guerre Mondiale, manifestant pour leur dû d’ancien combattants et se faisant mitrailler. Le Monde a publié récemment un article sur le camp de Thiaroye qui relate cet épisode. Nous empruntons l’avenue Léopold Sedar Seghor. Les immeubles sont clairs, crème. Des caïlcédrats bordent certaines artères. Après le Palais Présidentiel et la cathédrale nous passons devant des bâtiments officiels. On aurait pu deviner que la Rue Pasteur soit celle de l’hôpital. Des villas coloniales tapies dans leurs jardins fleuris très prospère rappellent celles d’Indochine, en bien meilleur état. Le tour de Dakar se boucle sur la Corniche d’où on aperçoit l’île de Gorée, elle est bordée de restaurants chics. De petites plages sont nichées dans les rochers noirs. La végétation est luxuriante avec les bougainvillées colorées.
Le terminal maritime pour Gorée et la Casamance est moderne et propret. La chaloupe Coumba castel (350 places) se remplit vite avec quelques touristes de toutes couleurs qui filment et se photographient mais surtout avec des écoliers. Je suis fascinée par les gros cargos, le plus imposant est immatriculé à Palerme et porte des étages de containers empilés, un autre de Monrovia quitte le port, on en dépasse un autre de Hongkong. J’aime que les ports me rappellent que la terre est ronde et qu’il reste tant de destinations à découvrir.
Belle promenade matinale sur la plage dans l’écume de la vague. Le petit déjeuner est servi avec un jus de mangue dans un verre à pied, du pain croustillant et du vrai café. Délicieux.
Nous traversons Salyet ses villas cachées derrière les bougainvillées exubérantes, ses hôtels standardisés du tourisme de masse….un autre monde !
A la sortie de Saly sur la roue de Dakar, commence la forêt classée de baobabs. Malheureusement, il y a beaucoup de parpaings. Il est interdit de couper les baobabs mais pas de construire autour. Ensuite, s’ouvre la Réserve de Bandia . Un guide animalier monte à bord. Des baobabs dominent une savane arborée plantée d’acacias mimosas.
phacocnères et merles métalliques à longue queue
Première rencontre : les phacochères en compagnie de merles métalliques à longue queue (choucador, Lamprotornis caudatus). Puis on voit des élans de Derby (Torotragus derbianus) la plus grande antilope du monde dit Wikipédia, aux cornes torsadées, la robe rayée de blanc, assez massive. L’un d’eux porte une demi-douzaine d’oiseaux accrochés à ses flancs le débarrassant des parasites.. De l’autre côté de la piste, le rhinocéros blanc est placide, sauf qu’il n’est pas blanc, il est gris !
Au bout de l’allée, deux autruches se dandinent pour une parade nuptiale. Le mâle danse fait gonfler ses plumes, on dirait même qu’il soulève la poussière. La femelle dédaigne ses avances et disparaît dans les buissons ; Le mâle passe au ras de nos portières. Les guides font remonter les glaces, l’autruche est un animal dangereux. Nous revoyons une autre troupe d’autruche qui ne fait pas cas de nous. Un grillage sépare la Réserve proprement dite de la savane où des animaux domestiques paissent. Un troupeau de très nombreux zébu se déploie, en longue file. Toute occupée par les zébus je rate la première girafe – un grand mâle à la robe foncée qui broute la canopée d’un acacia sans se préoccuper des épines ; Bouba manœuvre la voiture sur piste et hors piste pour trouver les autres girafes. Après un long détour on tombe sur le girafon et sa mère puis sur le reste du troupeau qui se déplace avec élégance.
Les buffles ruminent sous un arbre. Les hippotragues se laissent approchés grandes antilopes-cheval ce sont d’anciennes connaissances pour nous, il y en avait beaucoup à la réserve de la Pendjari (Bénin). Le guide animalier dirige Bouba à la recherche des zèbres qui sont vraiment jolis. J’apprends que leurs rayures varient selon les individus.
La hyène est enfermée dans un enclos comme dans un zoo. Elle est magnifique, beaucoup plus grande que je ne l’imaginais, mais captive. Autour du restaurant une pièce d’eau est habitée par des crocodiles auxquels je prête peu d’attention, eux aussi prisonniers. Nous déjeunons en compagnie d’un singe chapardeur (on a prévu des vaporisateurs pour éloigner les singes d’un jet d’eau). Au menu, salade mélangée puis des brochettes de zébu « façon haoussa » et une merveilleuse salade de fruits frais et même un véritable espresso.