Voyage et arrivée à Arolithos

CARNET CRÉTOIS

 

Arolithos, village crétois transformé en hôtel


Vol Transavia 14h45/19h10 Orly/Héraklion

Non-voyage : les nuages ont masqué les Alpes, Venise, la côte Croate et ses îles. J’attendais Santorin . Rien. A l’approche de la Crète, l’avion a plongé dans le brouillard. Au dernier moment, la côte crétoise s’est dévoilée,  les montagnes encore enneigées. Survol des vergers, orangeraies, cultures sous plastique, gros complexes hôteliers aussi.

Il me plait que l’aéroport s’appelle Nikos Kazantzakis. La Lettre au Gréco, son autobiographie, est dans la valise.

Notre hôtel Arolithos, est à côté de  Tylissos.

New Road, direction Rethymnon. Sortir à Gazi et prendre à gauche vers l’intérieur.

Nous loupons la sortie annoncée quelques mètres avant seulement. On prend la suivante et on grimpe au juger. Je branche le GPS : il ignore la Grèce. Nous l’aurons emporté pour rien !

La route serpente dans la montagne  entaillée de carrières.  Une arche éclairée au néon bleu souligne l’entrée de l’Hôtel. Des petites maisons de pierres aux arches arrondies, des marches soulignées de chaux  blanche, des grenadiers et surtout  des orangers en fleurs qui embaument.

Le  réceptionniste écoute les liturgies du Vendredi saint à la télévision, la bougie qui brûle devant le poste, son visage encadré par une fine barbe et des cheveux longs,  lui donnent un air ecclésiastique. Accueil en Grec, c’est sympa cela change du globish international.

Il y a un perroquet comme dans l’auberge d’Hortense dans Zorba le Grec !

19 marches raides mènent au  balcon. Notre chambre est au bout. Une vieille clé ouvre la porte de bois. La pièce est très grande, les murs roses, les meubles paysans simple de bois foncé, paysans. La  belle cheminée d’angle  arrondie, à l’âtre surélevé, paraît être fonctionnelle. Petite télé sur le frigo blanc sans façon. Pour décoration,  des broderies, au dessus de la cheminée et une nappe sous verre. Le sol est dallé de belle pierres grises, luisantes, aux formes irrégulières.

notre chambre N°1

Le restaurant est une grande salle prévue pour les groupes ou les cérémonies familiales. Une estrade accueille des musiciens et des danseurs. Les longues tables sont disposées comme pour un banquet. Un menu spécial est prévu pour Vendredi Saint : haricots noirs ou lentilles, escargots, pieuvre grillée, crevettes et pour dessert, des fruits frais (20€).  A cette heure tardive nous n’avons pas envie d’un repas complet. Je discute avec le patron : une salade grecque et de la pieuvre suffiraient. Pour 20€   avons aussi une carafe de vin blanc, un assortiment de pains,  biscottes, croutons au  sésame et au pavot, une pomme et une orange.

Elytis : Petite mer verte

HERAKLION/BUCAREST/PARIS

Petite mer verte
Joli brin de mer si verte à treize ans
Je voudrais de toi faire mon enfant
T’envoyer à l’école en Ionie
Approfondir absinthe et mandarine
Joli brin de mer si verte à treize ans
À la tourelle du phare à midi tapant
Tu ferais tourner le soleil en sorte d’entendre
Comment le destin s’agence et comment
Savent encor l’art d’entre eux se comprendre
De crête en crête nos lointains parents
Qui telles des statues résistent au vent
Joli brin de mer si verte à treize ans
Avec ton col blanc et tes longs rubans
Tu rentrerais par la fenêtre à Smyrne
Me calquer au plafond ce qui l’enlumine
Reflets de Glorias Kyrie Matines
Puis un peu la Bise un peu le Levant
Vague à vague retournant au loin
Joli brin de mer si verte à treize ans
Nous irions dormir hors la loi tous deux
Pour que je découvre au fond de ton sein
Éclats de granite les propos des Dieux
Éclats de granit les fragments d’Héraclite

Odysseus Elytis
L’arbre lucide et la quatorzième beauté
traduction Xavier Bordes et Robert Longueville, Poésie-Gallimard
La traduction en Roumain envoyée par George
Mică mare verde

Mică mare verde de treisprezece ani
De mult aş fi vrut să te înfiez
Să te trimit la şcoală în Ionia
Să-nveţi mandarina şi absintul
Mică mare verde de treisprezece ani
În turnuleţul farului de la amiază
Să-nconjuri soarele şi să auzi
Cun soarta se dezleagă şi cum
Din deal în deal se înţeleg
Rudele noastre îndepărtate
Care opresc vântul precum statuile
Mică mare verde de treisprezece ani
Cu guler alb şi cu panglică
Să intri pe fereastră la Smirna
Să-mi copiezi reflexele bolţii
De Kyrielesion şi Slavă Ţie
Cu puţin Boreas şi cu Levantul
Val cu val să te-ntorci iarăşi
Mică mare verde de treisprezece ani
Ca nelegiuit să te culc
Să aflu adânc în braţele tale
Bucăţi de piatră cuvintele Zeilor
Bucăţi de piatră fragmentele lui Heraclit.

Incendies de Wajdi Mouawad – Stanislas Nordey à Ivry – Antoine Vitez

j’avais été frappée, émue, par le beau film de Villeneuve sorti il y a un peu plus d’un an. j’en avais gardé un vif souvenir. C’est avec beaucoup d’impatience et de curiosité que j’ai abordé cette soirée théâtrale.

Comment l’incendie, clé de la tragédie, pourra-t-il être représenté au théâtre? Comment cette guerre civile libanaise sera-t-elle montrée?

Finalement, rien ne sera montré. La mise en scène est d’une sobriété exemplaire. Un décor blanc cassé, nu. Seulement des bidons, des objets métalliques, rappelleront un univers guerrier ou carcéral. Costumes en noir et blanc. Noirs, les fantômes. Blancs, les vivants. Seules couleurs: la veste bleue que Nawal lègue à sa fille et qui est plutôt un indice qu’un vêtement, rouge le cahier que Simon, le jumeau n’acceptera qu’à la fin.

Tragédie antique, sans les dieux, cependant. Eschyle, Sophocle. Si les dieux sont absents Chamseddine ou le guide Fahim, joués par le même acteur Frédéric Leidgens, m’évoquent Tiresias. Je pense à Antigone aussi. Incendies n’est plus la pièce d’une guerre civile, c’est une tragédie classique.

Fin  dramatique et combien émouvante, bravo à Véronique Nordey, qui joue Nawal 60 ans et qui nous a émus aux larmes.

Partie à Héraklion à la recherche d’un écrivain Kazantzakis, j’y trouve un poète : Elytis

J’étais partie à Heraklion avec la Lettre au Gréco de Kazantzaki décidée à le pour guide.

Le matin du retour, je lui devais encore une visite au Musée Historique qui a reconstitué son bureau et sa bibliothèque.

Et voilà qu’il y avait une exposition pour le centenaire d’Elytis ( 2011, natif d’Heraklion). A la poursuite d’un écrivain, je découvre un poète (prix Nobel 1979, quand même!).

Elytis ne m’était pas tout à fait inconnu. Merci à Amartia qui m’avait fait connaître ce poème quelques jours avant notre départ. J’avais écouté en boucle Delaras pour être un peu en Grèce.

 

« Omorphi ke paraxeni patrida ». 1971
Belle mais étrange patrie
 Que celle qui m’a été donnée
Elle jette les filets pour prendre des poissons
 Et c’est des oiseaux qu’elle attrape
 Elle construit des bateaux sur terre
 Et des jardins sur l’eau
Belle mais étrange patrie
 Que celle qui m’a été donnée
Elle baise le sol en pleurant
 et puis elle s’exile
 aux cinq chemins elle s’épuise
 puis toute sa vigueur reprend
Elle menace de prendre une pierre
 Elle renonce aussitôt
 Elle fait mine de la tailler
 Et des miracles naissent
Belle mais étrange patrie
 Que celle qui m’a été donnée
Avec une petite barque
 Elle atteint des océans
 Elle cherche la révolte
 Et s’offre des tyrans
Elle enfante cinq grands hommes
 et puis elle leur brise l’échine
 quand ils ne sont plus
 elle chante leurs louanges
Belle mais étrange patrie… Traduction : Angelica Ionatos

A la poursuite d’Elytis, j’ai navigué sur Internet et j’ai trouvé un article passionnant sur l’exposition d’Heraklion.

Et cet autre blog très complet sur la poésie grecque : Elytis mais aussi Cavafy, Seferis...et sur d’autres aspects de la culture et de la vie en Grèce

Et avec la permission de l’auteur, un emprunt sur ce blog

Le jardin était dans la merLe jardin était dans la mer
Œillets d’écume cap profond
Ta main s’en allait avec l’eau
Comme une traîne nuptiale
Ta main libérait tout le ciel

Des anges à onze épées
Flottaient à côté de ton nom
Coupeurs de vagues à leurs crêtes
Et les voiles blanches penchaient
Aux courtes rafales du vent

Avec des épines de roses
Tu cousais les rubans de l’attente
Aux cheveux des collines de ton amour
Et disais ; celle qui peigne la lumière
Est une cascade ici qui s’amuse

Flèche voleuse scandale du rire
O petite enfant du jour qui n’en finit pas
Dans les arbres rayonnants tu jouais avec les racines
Tu ouvrais les cornets de l’eau
Gaulant les jujubes de l’oubli

Et quand venait la nuit aux prodigues violons
Dans les moulins à demi-détruits tu parlais
Tout bas avec une magicienne
Dans tes seins tu cachais un cadeau
Qui était la lune elle-même

Lune de-ci lune de-là
Énigme que lisait la mer
Sans aucun mal et pour ton seul plaisir
Œillets d’écume cap profond
Le jardin était dans la mer.

 

(Soleil Premier)

Ο κήπος έμπαινε στη θάλασσαΟ κήπος έμπαινε στη θάλασσα
Βαθύ γαρίφαλο ακρωτήρι
Το χέρι σου έφευγε με το νερό
Να στρώσει νυφικό το πέλαγος
Το χέρι σου άνοιγε τον ουρανό.Άγγελοι μ’ έντεκα σπαθιά
Πλέανε πλάι στ’ όνομά σου
Σκίζοντας τ’ ανθισμένα κύματα
Κάτω μπατέρναν τα λευκά πανιά
Σ’ απανωτές σπιλιάδες γραίγου.Μ’ άσπρα τριανταφυλλαγκάθια
Έραβες φιόγκους προσμονής
Για τα μαλλιά των λόφων της αγάπης σου
Έλεγες: Η χτενίστρα του φωτός
Είναι πηγή στη γη που διασκεδάζει.

Κλέφτρα σαΐτα σκάνταλο του γέλιου
Ώ εγγονούλα της γρια-λιακάδας
Μέσ’ απ’ τα δέντρα πείραζες τις ρίζες
Άνοιγες τα χωνάκια του νερού
Ραβδίζοντας της λησμονιάς τα τζίτζιφα.

Ή πάλι νύχτα μ’ άσωτα βιολιά
Μέσα στους μισοχαλασμένους μύλους
Κρυφομιλούσες με μια μάγισσα
Στους κόρφους σου έκρυβες μια χάρη
Που ήταν το ίδιο το φεγγάρι.

Φεγγάρι εδώ φεγγάρι εκεί
Αίνιγμα διαβασμένο από τη θάλασσα
Για το δικό σου το χατήρι
Ο κήπος έμπαινε στη θάλασσα
Βαθύ γαρίφαλο ακρωτήρι.

(Ο Ήλιος ο Πρώτος)

Traduction de Dominique Grandmont
in 37 poètes grecs de l’Indépendance à nos jours,
Oswald éditeurs, 1972.

 

Je reviendrai à Elytis, mais savourons d’abord ces deux poèmes.

Et merci aux blogueurs!

 

Pourquoi les livres de Nikos Kazantzaki en français sont-ils épuisés, indisponibles?

GROSSE COLÈRE!

image venant du blog de claudialucia

A la préparation de notre dernier voyage en Crète, je vais confiante à la Bibliothèque  et cherche sur les rayons à la lettre K, pas de Kazantzaki! « Il est sans doute dans les réserves. » me dit-on. Le fond est informatisé : après recherche je finis par dénicher Zorba qui n’est pas celui que je cherche puisque je l’ai quelque part à la campagne. Zorba (DVD) lui est sorti!

En librairie, Zorba est en rayon mais rien d’autre, épuisés me dit-on.

Pourquoi ne pas le télécharger? Je n’ai pas trouvé!

Je cherche la Liberté ou la Mort puisque je me prépare à visite le Monastère d’Arkadi où s’est déroulé le massacre de 1866 dont il est question dans le livre.

A Mirtia – musée Nikos Kazantzaki (Crète) et au Musée Historique d’Héraklion où j’espérais acheter ces livres, des traductions allemandes, anglaises en français : Zorba, c’est tout!

Au retour,  Amazon il m’a fallu plusieurs navigations pour trouver La Liberté ou la Mort état « bon, acceptable » un exemplaire d’occasion livrable sous 3 semaines…Même recherche pour les Frères ennemis, même délai.

Il me semblait que Kazantzaki était un des plus grands auteurs de la Grèce moderne, un classique. Pourquoi ne le réédite-t-on pas? Je sais qu’on va m’objecter la demande, le stock, l’impossibilité de conserver des livres invendus, la place….que sais-je? mais comment le lecteur peut-il demander au libraire un livre qui n’existe pas?

 

 

Veulette et le sentier des douaniers

BALADE NORMANDE

la plage de Veulette

Veulette notre « port d’attache »

 

l’Hôtel « Les Frégates »

L’hôtel « Les Frégates » fait face à la mer. Sur la digue, de belles tables en bois clair permettent de manger près de l’eau. Le bâtiment blanc a été bâti à l’origine de style normand avec un haut pignon pointu. Une aile a été ajoutée.

Notre chambre est parfaite : une grande baie vitrée occupe toute la façade, la vue est merveilleuse, grand bureau sous la fenêtre,  lit et  tables de chevets  modernes, fonctionnels. Sur la tapisserie  beige, des affiches: Sorrente en camaïeu de bleu, sur la seconde, des personnages sous la pluie sous parapluie, sobre de bon goût.

l’hôtel : les Frégates

59€ est le prix affiché auquel il faudra ajouter les petits déjeuners.

Veulette

Veulette est une petite station balnéaire à droite de la vallée de la Durdent– dans  un creux de la falaise de craie face à une belle plage de galets. La route arrive à droit sur la digue qui borde la belle plage de galets. Deux séries de cabanons de bois aux toits de tôle ondulée ou de fibrociment  sont alignés. Tous laqués de blanc, seule tache colorée: un  triangle laqué en couleur qui porte le nom du cabanon. Version désuète, miniature et charmante des bungalows. Autant un alignement de mobil homes ou de caravane aurait défiguré  les abords de la plage, autant ces cabanons adossés les uns aux autres, presque identiques mais tous différents, ressemblent à des cabines de plage et se fondent dans le décor.

Pas un immeuble moderne. Toutes les maisons de brique ou de silex semblent avoir été construites à la Belle Époque. Rien ne dépare cet ensemble. Seule la corniche est contemporaine mêlant bois et ciment, très sobre et légère.

Sentier des douaniers

le GR s’éloigne de la falaise et serpente dans la campagne. Sur le plateau surmontant la craie, de grosses fermes cultivent du blé. De la route, on ne voit pas la mer. Le premier chemin de traverse mène à un dépotoir, ensilage. Laissant la voiture, nous marchons le long des barbelés de clôture d’un  pré. De temps en temps on devine la mer. Un trou d’eau où nagent des canards de bois, sorte de bunker, des cages. Pas de randonneurs mais des chasseurs en bord de falaise !

 

 

|

le Port : une échelle vers la mer

L'échelle à la mer

 

Nouvel essai un peu plus loin. Une route goudronnée fléchée « Le Port » mène à un  terre-plein. Le sentier  s’enfonce dans une échancrure de la falaise et  aboutit à une échelle métallique. Vertige ? Je commence la descente rassurée par les rampes. A mi-hauteur, plus de rampe. Il est plus sécurisant de descendre face aux barreaux plutôt que de regarder le vide. Pas très motivée, je ne me retourne pas et remonte.  A quoi bon descendre sur la plage puisque je ne vais pas me baigner ?
Un  éleveur donne à boire à ses chevaux. Il déverse des bidons dans un gros abreuvoir rond. Selon lui, le sentier côtier est trop dangereux. Il empêche les chevaux d’y monter. Il nous recommande d’aller aux « Petites Dalles »

Petites Dalles et sentier des douaniers vers les Grandes Dalles

BALADE NORMANDE

L'échelle à la mer

Hameau construit dans une étroite vallée, un accès à la mer, une petite plage.

De grosses villas cossues se dressent.  Plusieurs étages, deux parfois trois, avec des balcons, des pignons, des tourelles. Virtuosité des maçons qui ont joué avec la brique pour dessiner des motifs géométriques. Fantaisie des boiseries, des carreaux de céramique vernissée comme on savait le faire au début du XXème siècle.

villas normandes des Petites Dalles

Le sentier des douaniers relie les Petites Dalles et les Grandes Dalles.85m de dénivelé, grimpette pour se hisser sur le plateau. Un panneau explique Dalle vient du temps des Vikings, la racine scandinave Dal signifie Vallée.

Le GR continue sur Fécamp, loin de la falaise à travers les champs de blé déjà bien vert, de colza ou de maïs de l’an passé. De curieux sillons viennent d’être tracés, plutôt des levées bien plates. Que va-t-on y repiquer ? Le GR n’est pas balisé. Je me retrouve sur la route au calvaire à l’entrée de Saint Pierre en Port. Je retourne vers la côte : beau point de vue et jolie descente, occasion d’admirer les belles falaises blanches.

pas de falaise mais des chemins creux avec des talus fleuris

6km  encore à travers champs jusqu’à la prochaine vallée. Je suis déçue par le sentier si loin du bord de l’eau. Jolie surprise : des talus recouverts de primevères jaune pâle. De très beaux hêtres sont plantés sur le bord de la route.

Retour à 18h : promenade sur la digue. La mer qui descend,  découvre les rochers. Coucher de soleil, les flaques deviennent orangées entre les algues noires.

Saint Valéry en Caux

BALADE NORMANDE

Cabines sous la brume

Brouillard! Il fait bien gris et bien froid sur Saint Valéry en Caux. Le vaste parking se trouve sous le Monument de la Seconde Guerre Mondiale. Un blockhaus a été coupé par le recul de la falaise, l’intérieur suggère une maison, maintenant occupée par des mouettes.

Tout un quartier a été reconstruit dans le triste style des années cinquante, un peu comme Brest. Immeubles gris, plats.

Le casino est moderne tout en verre. Sur les vitres, les  affiches des mêmes films qui se jouent à Paris, sorties nationales.

La digue a été aménagée avec des piscines et des jeux pour les enfants. A l’extrémité, des cabines de plages à grosses rayures verticales bleu roi.

le port à marée basse

Le port est séparé de la mer par un chenal et une porte à écluse datant du 15ème siècle surmonté d’un pont-levis. Le chenal est à sec à marée basse. Sous la porte, une grosse mare verte. Sur les quais petits étals à poisson font la joie des goélands qui se perchent sur la toile cirée bleue. Le pêcheur qui vend son poisson ne les chasse même pas quand ils piétinent sa marchandise.  Le dernier étal ne vend que du requin : petites roussettes avec leur peau et chiens de mer.

les poissonniers du port

|

Saint Valery en Caux – maison Henri IV

maison Henry IV

 

De l’autre côté du pont se trouve la Maison Henri IV, le monument le plus réputé de Saint Valéry. C’est une maison à colombages, toute en longueur, avec un étage. Les boiseries sont décorées de figurines de bois sculpté, certaines sont en bon état mais les plus émouvantes sont des femmes érodées par le temps aux figures énigmatiques. A l’étage des personnages d’Amérique du Sud rappellent les voyages de Guillaume Ladiré qui fit bâtir la maison.

Saint Valéry en Caux vieux quartier

Vieux quartier brique et silex

 

Un circuit nous conduit dans les vieux quartiers, maisons de marins ou de pêcheurs, serrées.
Le couvent des Pénitents est visible de la rue : 14 arches de grès bordent le cloître surmonté par l’ancien hospice, s’ouvrant sur un jardin fleuri de tulipes. Le dépliant offert par l’Office de Tourisme donne une leçon d’histoire : le couvent des Pénitents fut occupé par le Club des Jacobins. Tout le quartier Saint Leger fut acquis aux idées de la Révolution, on accédait au club par la ruelle de l’Humanité ! en 1870, la ville transforma le couvent en hospice.
La promenade s’élève dans les hauts quartiers.

Nous n’irons pas visiter la Chapelle Saint Léger au clocher dynamité par Rommel puisqu’il servait d’amer aux marins (A El Alamein, on avait présenté les généraux ennemis Rommel et Montgomery comme des gentlemen) Rommel, ici, est fort peu gentleman ! Un escalier dans des jardins fleuris nous reconduit aux petites maisons de briques du quartier des pêcheurs.

Sur la Place de l’Hôtel de Ville, nous trouvons tout pour un piquenique de luxe : langoustines et crevettes, un melon. Une église très moderne est décorée d’un voilier. Ses murs sont allégés par  vitraux modernes.

 

Sentier côtier de saint Valery en Caux

Puisque le GR s’éloigne de la falaise, je décide de tenter le sentier côtier en bordure des  champs. De nombreux panneaux découragent les promeneurs : les éboulements sont une réalité. Néanmoins, les cultivateurs conduisent  de lourds engins jusqu’au bord de l’eau. Je longe donc champs de blé, de colza ou de fèves/ Même s’il y a peu d’échappées sur els falaises je sens la proximité de l’eau. Près d’une valleuse, le sentier est effondré : un épais taillis de ronces barre le passage. A droite, à la place des champs ouverts, une pâture close de six rangs de barbelés. Heureusement pas de bétail, je me faufile dans un creux sous les fils. Vais-je trouver la sortie ? Finalement oui ! Des randonneurs ont écarté les barbelés avant moi.

 

 

Veules-les-roses – Sotteville -Saint Aubin

BALADE NORMANDE

Veules les Roses

 

Veules les roses : chaumière

Veules les Roses est un charmant village.

Son titre de gloire :  le fleuve le plus court de France, la Veule longue de 1 100m.

Passé midi, sous un beau soleil? nous déballons notre pique-nique marin, assises sur les marches de la digue.

La promenade remontant le petit fleuve jusqu’à sa source  est bien expliquée sur un panneau, mais elle n’est pas balisée. Suivant le mouvement général des touristes, je monte au belvédère. De là, dispersion des visiteurs ! Certains s’égaient dans la  campagne suivant les marques du GR, d’autres errent lamentablement. Je descends au village, flâne devant les boutiques fermées et les restaurants dans les rues pimpantes.  Ici aussi, on fait bon usage de la brique, du pavé de silex, du grès et des poutres de bois en combinant ces éléments avec fantaisie et bonheur.

La Veules: le plus petit fleuve de France

A l’église, les panneaux indicateurs se font plus nombreux. D’un château, il reste quelques murs. Une grosse tour ronde combine la fonction de colombier et celle de four à pain. Le couvent a été démantelé. Un fronton triangulaire garde quelques statues. Dès qu’on franchit le porche, on pénètre dans l’enceinte du tennis club.

Veules : fleurs et moulins

Vers la campagne, les maisons se desserrent, les jardins prennent leurs aises. Je découvre enfin le ruisseau qui serpente dans les cressonnières, un  premier moulin et enfin les sources : une fontaine empierrée.  D’élégants panneaux de bois et  des tableaux explicatifs accompagnent mes pas. J’y apprends le marcottage du cresson qui forme des chignons.
Le retour s’effectue sur la berge opposée de la rivière. Malgré la petitesse du cours d’eau, truites et saumons y trouvent leur frayère. Je repère des truites de belle taille. Des moulins se succèdent. La plus grande liberté a été accordée à l’architecture. On a construit de belles villas normandes à pignon pointu et à balcons avec des corniches de bois qui se parent de toutes les fantaisies, mansardes, balcons bizarres, plaques de céramiques. Côté campagne, surtout des longères normandes à poutres apparentes et torchis. Leurs toits de chaume  est surmonté d’une rangée d’iris. Le long du ruisseau, un salon de thé se cache derrière des tonnelles et des terrasses couvertes, sous des poutrelles laquées de vert d’eau. Partout jonquilles et  tulipes jaunes et rouges s’épanouissent. Le circuit s’achève sous le grand restaurant au nom de Victor Hugo et Adèle qui domine la plage.

Ici encore, un canon commémore les guerres mondiales. De là, je retrouve le sentier côtier, vers 16heures, très fréquenté. Cela me rassure.

 

Sotteville – Saint Aubin

Mouettes et silex dans la falaise

 

En moins d’une heure j’atteins Sotteville- sur -mer  que je dépasse sans traverser. D’un petit parking part un escalier qui descend dans la falaise, 240 marches entre les parois de craie et de silex. Un grand père et sa petite fille filment un couple de goéland dans une anfractuosité
–    « Il revient : » annonce la fillette avec excitation à chaque retour de l’oiseau.
Nous poussons jusqu’à Saint Aubin : une grand digue fort laide longe la mer, un immense parking. Les maisons sont construites à l’écart moins soignées que dans les coquettes stations. Sur la digue, ici aussi , des étals à poissons mais ce n’est pas l’heure. Des flèches préviennent « Attention aux câbles », sur un plan incliné, les bateaux  des pêcheurs sont hissés jusqu’en haut de la digue.

 

Soir à Veulette

BALADE NORMANDE

De retour à Veulette, le soleil est encore haut. Pas envie de m’enfermer  dans la chambre d’hôtel! Un aller-retour sur la digue (3.4 km) ne fait pas de mal.

D’un côté, l’estuaire de la Durdent est domestiqué avec des portes à la mer. De l’autre, un panneau m’apprend qu’il y avait un autre cours d’eau : la Veulette qui causait des inondations. On l’a donc détourné pour en faire un affluent de la Durdent au moment de la construction de la digue. Un village de pêcheurs,  Claquedent, a été emporté par une tempête, il y a plus de 200 ans. Le golf miniature et les tennis, en contrebas sont sans doute installés dans l’ancien lit de la Veulette.  A l’extrémité de la digue, le casino est ouvert, même en cette fin d’avril. Son néon violet souligne la destination équivoque de cet établissement.

Au journal télévisé, les informations sont rassurantes : des avions décollent à nouveau, le volcan crache son panache moins haut. Peut être verrons nous la Mer Egée ?
Le coucher de soleil est splendide nous l’admirons de notre chambre.