Site néolithique de Kalavasos et la route côtiere vers Larnaca


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  Une sorte de wigwam en bois gigantesque abrite le site néolithique de Kalavasos. 

Les habitations au plan circulaire, collées les unes aux autres forment une sorte de nid de guêpes. On a retrouvé un tableau représentant une silhouette humaine dessinée à l’ocre .Je n’avais jamais vu d’habitations si anciennes.

Route côtière

Port de  Zigi nous sommes déçues : l’armée chypriote est en manœuvre. Plus loin, sur une jetée déglinguée, un gros bateau de bois échoué sur des étais, gisant sur la plage depuis quand ? La jetée brise-lames est très efficace. Alors que le vent souffle presque en tempête et que des petites crêtes blanches rident la mer jusqu’au large, l’eau sur la plage est tranquille, calme et transparente. Si le vent n’avait pas été si froid, je me serais bien baignée.
La route traverse des champs de blé avec de grands caroubiers magnifiques.
Nous repassons à Kiti devant l’église « construite par les anges » sans nous arrêter .J’ai hâte d’arriver à Larnaka pour voir la ville  active. A notre arrivée, c’était dimanche et tout était fermé.

 

Retour à Larnaca

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Le patron  de l’hôtel Onisilios nous fait un très bon accueil :
–    « vous n’êtes plus une étrangère à Larnaka, c’est ici votre home »
Il s’inquiète du sac à dos perdu et me donne la clé de la 216,
–             « vous êtes chez vous »
pensant nous donner notre ancienne chambre. C’était la 218 qui avait une vue sur Saint Lazare et le Castro, alors que la 216 donne sur la piscine qui ne nous tente pas  aujourd’hui.

Le Fort
A l’intérieur, un jardin, une fontaine, des arcades. Le petit musée est vieillot : quelques céramiques anciennes, des panneaux avec des photos en noir et blanc du patrimoine architectural de l’île. Révisions de fin de vacances. Nous retrouvons les chapelles, églises et monastères que nous avons visités.

La suite de l’après midi est décevante. Je me suis trompée dans les horaires d’ouverture du musée Piérides (3étoiles au Guide Bleu) fermé. On  voulait bronzer sur la plage. Des averses de grosses gouttes tombent. Les boutiques de Larnaka me déçoivent . Les souvenirs sont affreux. Dans les librairies, rien sur les fresques byzantines. Les vitrines sont mal fichues.

Dernière promenade pieds nus sur la plage
Les ruines de Kition sont bouclées, quittons la ville par l’Est. Après avoir traversé une zone portuaire, un terminal pétrolier nous découvrons de belles plages de sable fin. Le soleil perce, Cette plage est en sursis, des grands hôtels sont construits ainsi que des maisons de vacances, cubes tous pareils, alignés, serrés, sans même l’espace d’un jardin. Je suis un peu morose. Qu’est ce qui gâche le plus le paysage ? Les grands hôtels de 8 étages ou ces lotissements ?

La Fête de Saint Lazare

C’est la fête de Lazare aujourd’hui. De l’hôtel, nous parviennent les chants de la messe. Là nous attend une bonne surprise : l’église est décorée de palmes et de bannières. Un grand tableau de la Résurrection de Lazare décore un mur. Sous les arcades, des marchands vendent des cierges, des raisins secs des pralines, dattes fruits secs. L’église est bondée ainsi que ses abords immédiats malgré la pluie. La foule se tient debout. Trois groupes d’hommes chantent, les popes s’affairent, le plus vieux a revêtu une chasuble rouge brodée, un autre, tout d’or vêtu, entre et sort de l’iconostase. Nous écoutons longuement les chants magnifiques.

Richard III – Looking for Richard – Al Pacino (DVD)

CHALLENGE SHAKESPEARE

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Al Pacino filme sa quête à grands pas pressés dans les rues de New York.

Que  cherche-t-il au juste? le Roi Richard III, héros de la pièce de Shakespeare qu’il est en train de monter?

Pas sûr!

Au début, il interroge les passants. Cherche-t-il un public?  Peut-on encore monter Shakespeare à New York? Les réponses des inconnus qu’il aborde font parfois douter… puis, un homme édenté, à l’allure de clochard s’emporte, les yeux brillants, pour lui Shakespeare est essentiel, un autre le compare à la Bible! tandis que la plupart des jeunes le trouvent ringard.

Peut-on jouer Shakespeare quand on est américain? Ce n’est pas l’accent qui importe: les acteurs sont des pros et soignent leur diction (démonstration des iambes pentamétriques ta-ta-ta-ta-ta ). C’est plutôt une question de culture, un complexe d’infériorité par rapport aux Anglais: Al Pacino s’envole donc pour Londres, un théâtre du Globe au milieu du chantier des bords de la Tamise (le film date de 1996). L’acteur déclame au centre précis de la scène, entre grues et buildings. Interviews des grands shakespeariens que sont John Guielgud ou Kenneth Brannagh. Visite de la maison du dramaturge, on sent les acteurs presque intimidés.

Ayant trouvé William, il faut décortiquer Richard III, peut être moins le personnage (joué par Al Pacino qui est aussi réalisateur) que la pièce. Répétitions dans un cloître pour la mort d’Edouard, répétitions en costumes ou débats autour d’une table. Le rythme du film est endiablé. Jamais il ne cède à la facilité d’une scène de théâtre filmé. La reine Margaret est une véritable sorcière. Al pacino apparait tantôt en costume de scène claudiquant (mais dans la rue) tantôt coiffé d’une casquette à l’envers (mais récitant des vers) .

Analyse de texte, oui mais infernale. Ce n’est pas un cours en amphi, c’est une poursuite haletante qui se termine en extérieur dans une bataille de Bosworth en armures dans des prairies qui pourraient être écossaises

Mon royaume pour un cheval!

Un film éblouissant à voir et à revoir en DVD pour saisir les facettes de la pièce

Richard III – Retour au texte

CHALLENGE SHAKESPEARE

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J’ai abordé Richard III par la mise en scène contemporaine de David Gauchard. Esthétiquement très réussi, mais fidèle à Shakespeare?

Une pièce historique

J’ai donc emprunté le texte, et l’ai lu d’une lecture laborieuse et lente – ce qui n’est pas si mal parce qu’une lente imprégnation me familiarise avec l’oeuvre.

Ignorante en histoire anglaise j’ai donc découvert la fin de la Guerre des Roses, (1483) York et Lancastre dont le souvenir devait être encore vif, cent dix ans plus tard, (1593) quand Shakespeare a écrit son Richard III. Le spectateur élizabethain se  repérait dans les Edouard, les Henry et les différents York, les allusions historiques, les anecdotes suggérées devaient être plus savoureuses, on devait sourire par avance aux mots à double sens (heureusement les notes du traducteur les signalent, ne pas les négliger).

Une foule de personnages

David Gauchard avait pris le parti de centrer la mise en scène sur le personnage de Richard et de laisser en filigrane les silhouettes des protagonistes. Le texte donne une vraie dimension à Clarence, frère de Richard, et frère du roi, la première victime  de ses machinations. Il fait discourir les assassins, le peuple de Londres, les hommes d’église…Loin de l’épure contemporaine, tout un monde apparaît.

Les personnages féminins sont aussi une découverte , non pas éffacées, au contraire des intrigantes, des femmes fortes, point de mièvreries, le verbe haut, promptes à la malédiction, politiques aussi. Lady Ann cède à Gloucester, certes, faiblesse ou calcul? Certaines répliques sont dignes d’un sort jeté par une sorcière avec crapauds et venin, la vieille reine apparaît comme une prophétesse. Sorcières comme dans Macbeth? En tout cas, les rêves prémonitoires, les fantômes complètent ces visions.

Les enfants d’Edouard, les enfants de la Tour

Aux touristes qui visitent la Tour de Londres, on  parle des enfants d’Edouard. Lors de ma dernière visite, impressionnée par toute la richesse du site je ne leur avais prêté qu’une attention distraite. Maintenant me revient le souvenir des lieu, des corbeaux bien sûr, mais des bourreaux!

Richesse et complexité de Shakespeare

A chaque lecture je mémerveille des trouvailles langagières, de l’humour, de la complexité du texte, du génie de Will…

Comment monter ces pièces géantes? Comment  les rendre accessibles cinq siècles plus tard à un public qui ne sait plus rien de York et de Lancastre? Autant de mises en scène possibles? Pourquoi chercher alors la fidélité à Shakespeare? Puiser dans la richesse proposer et monter sa propre vision, est-ce trahir?

Marchand de Venise – film de Michael Radford , Al Pacino (DVD)

CHALLENGE SHAKESPEARE

Ce n’est pas du théâtre : c’est du cinéma!

Film très vénitien, jouant merveilleusement bien du décor naturel de Venise, recréant  aussi des peintures vénitiennes dans les intérieurs, plaisir des yeux.p2094990024119.1296114316.jpg

Al Pacino est Shylock, très convainquant, poignant même. Sa présence sauve l’oeuvre d’accusation d’antisémitisme. Mention spéciale à Portia, Lynn Collins, blonde vénitienne, belle et astucieuse à souhait.

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Toutefois,  si l’adaptation est fidèle dans l’ensemble, je n’ai pas retrouvé la verve de Shakespeare dans certaines scènes mineures comme le dialogue entre Bassanio et Antonio qui m’avait étonné. Le caractère de Lancelot est effacé. La richesse de Shakespeare est aussi sa capacité à changer de registre de langage, à faire côtoyer gens du peuple, serviteurs et nobles seigneurs.

Richard III – d’après Shakespeare mise en scène David Gauchard – l’Unijambiste

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Mise en scène en noir et blanc pour un Richard d’une noirceur absolue.

Mise en scène violente, de bruit et de fureur, pour représenter le Chaos que Richard provoque, le meutre.

Seul Richard occupe le devant de la scène, Richard le contrefait, le manipulateur, tantôt séducteur, tantôt menaçant.

Richard démultiplié, Vincent Mourlon, Arm et Olivier Mellano, 3 personnages incarnent le duc de Gloster : l’acteur qui enjôle et éructe, le guitariste et le rappeur qui scande des paroles maléfiques.

les autres personnages apparaissent en négatif, sur un écran noir, silhouettes blanches, personnages stylisés, détourés.

Le décor est minimaliste : cet écran où sont parfois projetés les textes, les silhouettes et qui s’illuminent de flashs difficilement supportables par le spectateur, un trône (ressemblant à une chaise d’arbitre de tennis), deux podiums occupés par les musiciens. la musique est lançinante. On ne sort pas indemne de cette plongée de cette évocation infernale.

la traduction de Markowitz est hallucinée,d’une puissance qui entre en résonnance avec le rap. D’ailleurs que rappe-t-il? Shakespeare ou des incantations personnelles, on ne sait plus bien.

Mon royaume pour un cheval!

Richard III meurt dans la fureur du combat

Liban : Beaufort – Ron Leshem -une lecture antimilitariste?


Sortie sonnée de la séance du film Incendies,attristée par la lecture des actualités au Liban,  je suis retournée à mes anciens  billets écrit pour voix-nomades le 01 Juin 2009

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Je n’ai pas vu le film, la violence et la guerre au cinéma m’agressent.

Beaufort évoquait un château des Croisés, comme ceux que nous avions vus à Rhodes, l’an passé.

Je savais quand même que Beaufort était au Sud-Liban.

Souvenirs anciens d’une autre guerre :  je montais au château de Yekhiam quand l’alerte était donnée. Plutôt que de m’enfermer dans l‘abri,  j’ai peint des aquarelles sous le vrombissement des avions de chasse.

La première partie du livre « Il ne pourra plus… » m’a étonnée, choquée, comme si j’avais reçu un coup par surprise. Ce n’était pas l’état d’esprit de Tsahal que j’ai pu connaître même aux heures noiresde la guerre de Kippour. Jamais je n’avais pu imaginer que les soldats seraient devenus des fauves de guerre. Naïve que je suis ! Je n’aime pas spécialement les récits de guerre et le livre a failli me tomber des mains après une cinquantaine de pages. Héros et héroïsme, fraternité machiste, humour bidasse, m’insupportent. Ce « cacou d’Afula » dressant sa section à devenir des combattants disciplinés et aguerris ne m’était nullement  sympathique.


La seconde partie : « Retour au Front » prend une autre tournure. En 2000 après 18 ans d’occupation, la question du retrait du Liban fait son chemin dans le public israélien. Les soldats de la section d’Ezer subissent des pertes que l’auteur ne minimise pas. Avançant dans le récit on se rend compte qu’ils sont morts pour rien. Est-ce ma lecture qui est antimilitariste ? Ou est-ce l’intention de l’auteur ? Au fil des pages, la lecture au second degré se précise. L’horreur de la guerre. Et surtout le gâchis. La fin de Beaufort est une déroute….

« my country? right or wrong,..” au Liban, n’a aucun sens.Cette lecture me conforte dans le sentiment de révolte devant mon poste de télévision quand l’expédition au Liban de 2006, nous avait surprises au Vietnam. Images prémonitoires des terribles images de Gaza.

Je m’étais toujours étonnée de l’absence de la guerre dans les romans israéliens que j’avais lus.

Ron LESHEM : BEAUFORT roman Seuil 342p

lire pour l’Egypte- Paula Jacques : Rachel-Rose et l’officier arabe – Gilda Stambouli souffre et se plaint

 Romans d’une Egypte disparue qui a bercé les récits de mon enfance, dont on retrouve les traces dans l’architecture du Caire, histoire vieille de moins de 50 ans qui reste encore dans les mémoires

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Rachel-Rose et l’officier arabe

Le Caire, 1956, fin d’une époque pour la communauté juive égyptienne. La famille Cohen, de nationalité égyptienne, exploitant un prospère magasin de meuble, ne peut se résoudre à l’exil, inévitable, mais sans cesse différé.

L’officier arabe, venu notifier l’ordre du commissariat au père de Rachel-Rose qui n’est pas venu à la précédente convocation, connaît très bien la maison. C’est le fils de la bonne qui logeait sur la terrasse décédée il y a longtemps. Mais personne ne le reconnaît.

Ce roman est-il le roman d’amour entre une jeune fille impatiente de devenir femme qui tombera amoureuse de celui qui persécute et protège sa famille ? N’est il pas plutôt le roman implacable d’une vengeance de celui qui a été humilié et qui détient maintenant le pouvoir de tenir à sa merci les responsables de son humiliation.

C’est un livre amer. Seule la vieille Nonna manifeste son sens de l’humour. J’avais pourtant beaucoup ri dans les autres ouvrages de Paula Jacques malgré le tragique du thème de l’exil toujours présent dans ses romans

Paula JACQUES : Rachel-Rose et l’officier arabe Mercure de France 414p

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Gilda Stambouli souffre et se plaint

Après Suez, les réfugies juifs d’Egypte vivent dans les hôtels du Faubourg Montmartre aux crochets d’organisations de bienveillance juives. Gilda Stambouli a laissé sa fille en Israël dans un kibboutz. Je me sens très proche des héros de l’histoire. Contrairement aux romans qui se passent en Egypte, pas d’humour, peu d’occasion de rire. L’atmosphère est pesante, Gilda est assez antipathique, hystérique, égoïste, mais pourtant très touchante. Le personnage de sa fille se sentant complètement abandonnée et refusant de s’acclimater en Israël est tragique.

Comme souvent dans les romans de Paula Jacques, cela finit très mal.

 

lire pour l’Egypte : Paula Jacques – Les femmes avec leur amour – Déborah et les anges dissipés

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Les femmes  avec leur amour

Octobre et Novembre 1956 au Caire dans une famille juive.Roman à deux voix, une très jeune fille  découvre sa féminité, et sa bonne arabe qui raconte sa dure vie,  son excision, la misère d’un village, puis sa vie au Caire. La guerre éclate. Les Juifs vont quitter l’Egypte.

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Déborah et les anges dissipés

Je n’ai pas retrouvé la touche intimiste du livre précédent.  C’est plutôt la verve des Valeureux de Cohen, avec moins de  noblesse et de style peut être, mais le même parler oriental, la naïveté, les débordements, les combines des Bénéfactors de la Cara, une œuvre de bienfaisance dont les fonds sont allègrement dilapidés. L’action se situe en avril, mai 1948, avec la visite de la mécène américaine d’une institution pour orphelines qui n’a jamais existé. Les aigrefins, pour leurrer la visiteuse décident de maquiller un bordel pour donner le change. On est en pleine loufoquerie ! En toile de fond, le vieux quartier juif du Caire où sévissent la misère et le choléra, les Bénéfactors s’enrichissent grâce aux subsides américains et laissent les juifs pauvres croupir dans la pauvreté prétextant des hôpitaux misérables, des cantines et des loteries truquées. La tragi-comédie bascule avec l’approche de la déclaration d’Indépendance d’Israël. L’Américaine démasque les escrocs mais le scandale est bien vite effacé devant la rafle des juifs quand éclate la guerre d’Indépendance. La fin du livre change complètement de registre, c’est très touchant et bien triste.