Wadi Natroun : Souriani

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Par chance, une troupe de pèlerins français (grandes croix) accompagnée d’éminents spécialistes visite le monastère en même temps que nous.

La conférencière s’exclame :

–    « le chef d’œuvre a disparu! »

Les portes de l’iconostase, très fameuses, ont été déposées.

Les fresques

La Nativité a pour cadre une Grotte comme pour toute les nativités coptes. Grotte noire mais paillasse rouge : le rouge symbole de la pourpre des empereurs byzantins.

Les Saints Cavaliers, (on croit reconnaître Saint Georges) sont au nombre de 12.

Sur un autre panneau un saint médecin guérit un aveugle.
La conférencière pointe une Vierge allaitante ornant un pilier. Un spécialiste explique que cette Vierge est exceptionnelle parce que l’enfant Jésus est assis sur le mauvais genou.

Devant tant d’érudition, je fuis. C’est sûr, ils vont pinailler pendant des heures.

Je glane donc des détails : le bassin rond de marbre gris sous une ouverture dans le dôme n’est pas là pour recueillir l’eau de pluie comme je l’avais soupçonné. C’est un accessoire liturgique pour le lavement des pieds utilisé le Jeudi Saint, à la Pentecôte et en une 3ème occasion que j’ai oubliée.

Toute une hiérarchie présidait à l’occupation des « chœurs » successifs : au fond de l’église, derrière l’iconostase, officie le prêtre, la salle suivante était celle des baptisés qui recevront la Communion, puis les catéchumènes, enfin les enfants et les non-baptisés.

Wadi Natroun : L’histoire de Saint Bischoï

 

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Deir Amba Bshoï est tout proche :  visite guidée en français par le Père Joakim  plein d’humour qui nous conte l’histoire de Saint Bishoï,  illustrant son propos en nous montrant les icônes peintes:
Saint Bischoï  porte le Christ comme Saint Christophe (d’ailleurs en dessous, en lettres grecques, je déchiffre Christophoros).
Saint Bischoï accueille un étranger et lui lave les pieds pour le délasser de la fatigue du voyage. (je comprends mieux maintenant cette histoire de lavement de pieds). Il découvrit alors les stigmates et comprit qui était le visiteur. Pour avoir porté le Christ, ce dernier lui promis que son corps resterait in-corrompu après sa mort.

En 407, à la suite d’une invasion Barbare, St Bishoï partit en Moyenne Egypte où il mourut. Son corps et les reliques de Saint Paul de Temou furent rapportés des siècles plus tard au Wadi Natroun.

Wadi Natroun – La vie des moines d’après le Père Joakim

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Les moines vivent dans un monde chargé de symboles.

Le demi-sourire des icônes

Le Père Joakim nous montre que les apôtres sur les icônes esquissent un demi-sourire. La joie sera pour le monde à venir! Mais il y a aussi de la joie sur terre, d’où le petit sourire…

Le pain de la communion

C’est un  gros pain rond décoré de cercles concentriques. Au centre une croix pour les prêtres , les points pour les stigmates, 12 cases pour les apôtres…

Psalmodie

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Triangle et cymbales accompagnent les psalmodies. Les moines commencent la journée à psalmodier . Le Père Joakim nous fait participer et nous apprend le salut à la Vierge qui commence  par « chere chere » et me fait lire le texte en copte. On a ajouté 7 lettres démotiques à l’alphabet grec. Le copte  a permis à Champollion de déchiffrer la Pierre de Rosette.

Sous la chaire antique Joakim tape du pied : cela sonne creux. Un tunnel menait au monastère de  Souriani au temps des invasions barbares.

Je suis très étonnée d’apprendre qu’il existe encore des ermites dans le désert : ils ne mangent qu’une fois par jour et on les ravitaille une fois par semaine.

Alexandrie promenade hivernale sur la corniche

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Arrivée à Alexandrie

A l’entrée de la ville de nombreuses industries bordent le lac, des complexes pétrochimiques, des usines sidérurgiques. Puis des roselières. La ville est précédée d’un  beau centre commercial avec des pelouses, un magasin Carrefour et un  pseudo-phare d’Alexandrie.
Le bâti est  moderne, serré, très homogène, de très hautes tours
des ronds-points, des voies rapides.

hôtel Windsor

L’hôtel Windsor est situé sur la Corniche non loin du célèbre Cecil. Comme le Cecil c’est un immeuble blanc Belle Époque. Les salons aux hautes fenêtres habillées de draperies s’ouvrent sur la mer. Des marquises en fer forgé abritent les entrées. Les deux ascenseurs en bois  grillagés et  marquetés sont souvent bloqués comme à Cosmopolitan ; il manque le liftier préposé à la fermeture des portes.

Notre chambre est pomponnée à l’anglaise, draperies vertes et roses masquant une fenêtre aveugle, papier peint à rayure rose bonbon, moulures dorées.

Corniche

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Le long de la corniche jusqu’à Qaitbay sous le crachin. Début mai 2008, il faisait un temps radieux, chaud et ensoleillé, la circulation était très dense et les passants nombreux. Aujourd’hui, peu de voitures. Les jeunes nous identifient comme touristes « Welcome to Alexandria ! » et même un « kalimera ! » qui me fait plaisir.

Une calèche nous emboîte le pas.  Un jeune garçon  porte des barbes-à-papa roses dans des sachets cylindriques suspendus à un bâton qu’il porte comme une palanche. Étudiants ou Lycéens flânent, les filles en longues jupes en jeans égayés d’un voile fantaisie et coloré, les livres de classe sous le bras, le téléphone portable vissé à l’oreille.

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Un musée d’un autre âge présente des vitrines des fonds marins autour des ossements d’une baleine, belle collection de coquillage.

Nous rentrons en calèche après avoir âprement marchandé le prix de la course.  Notre cheval a pour nom Prince ce qui s’accorde avec le Windsor !

A la nuit tombée, je sillonne le quartier. Aucun intérêt, des magasins de chaussures ou de téléphonie mobile. Vide vers 19h30, presque sinistre. J’achète des nuggets chez KFC qu’on dévore devant TV5 Monde.

La route d’Alexandrie à El Alamein

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Sur la terrasse du Windsor, le petit déjeuner est somptueux,avec vue sur la baie d’Alexandrie ensoleillée.

Le littoral se bétonne jusqu’à El Alamein. Une barre uniforme s’étend sur des kilomètres et remplace les dunes de sable blanc.

Il faut croire que c’est l’Espagne qu’on imite ici ! Les résidences s’appellent Granada Resort, Valencia ou Marbella, Costa del Sol. Elles  sont aux couleurs espagnoles jaune et rouges avec des rayures.  Hier, illusion de Californie, aujourd’hui plutôt Benidorm !
Les publicités géantes de l’autoroute faisaient allusion aux Marinas et à la vie des riches égyptiens qui paient très cher pour se retrouver entre eux sur cette côte méditerranéenne.

El Alamein : cimetières militaires

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El Alamein cimetière britannique

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–    « Quel cimetière militaire préférez-vous ? » demande Samer
–    – « britannique ! », sans hésitation.

Il est hors de question d’aller honorer les morts des forces de l’Axe

A ma grande surprise la promenade est agréable et l’endroit beau. Des bougainvillées bordent l’allée centrale. Les tombes de pierre blonde sont gravées au nom du soldat avec l’emblème de son régiment. Dans le premier  carré une fougère marque les Néo-Zélandais, les plus nombreux sont Anglais ou Ecossais. Des aloès, des graminées décoratives, des succulentes alternent si bien que je suis prise d’une frénésie photographique.

El Alamein : musée militaire

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Nous avons peu de goût pour les armes, les insignes et les uniformes. Une leçon d’histoire n’est pas superflue.

El Alamein fait partie de ma saga familiale. Alors que Rommel menaçait Le Caire, le Grand Père avait demandé un  visa britannique « Anywhere in the British Empire » Ils auraient pu se réfugier en Inde ou en Birmanie ! Tous prirent le train. Montgomery arrêta Rommel alors qu’ils étaient en Palestine ; l’exode s’arrêta à Beyrouth chez les cousins.

Un tableau synoptique et une grande maquette de l’Afrique du Nord  retracent les six étapes de ces campagnes. Des ampoules clignotantes  signalent  les différentes batailles : Siwa, Tobrouk. Au lieu se cantonner à la stratégie locale l’approche historique globale a été privilégiée. Les cartes de l’ensemble du bassin Méditerranéen montrent les véritables enjeux de la campagne africaine de l’Axe. Algérie et le Maroc neutralisés par Pétain, les troupes italiennes occupant Érythrée et la Libye, Rhodes italienne, la Grèce, les Balkans, la Crète sous contrôle de l’Axe, Égypte était vraiment encerclée. Je comprends mieux le danger que représentait alors l’avancée de Rommel.

A la sortie de El Alamein nous passons encore devant des marinas. Enfin! arrivons dans le désert – désert relatif avec des maisons plates, des vergers de figuiers, des buissons rabougris et quelques oliviers.

Marsa Matrouh : étape

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Marsa Matrouh plage et mosquée

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La petite ville de Marsa Matrouh n’a pas encore été défigurée par les promoteurs. C’est une cité balnéaire à l’ancienne avec des maisons blanches surlignées de bleu, un peu à la grecque, des ronds-points carrelés de mosaïques multicolores, un marché de légumes et de fruits, coloré sous des parasols et des charrettes à ânes. En cette saison, les plages sont désertes magasins et restaurants pour les estivants fermés.

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Samer nous accompagne au marché, il commande, paie (et porte les sacs). Les prix sont fixes et écrits bien visibles . Pour une livre de dattes fraîches, un kilo d’oranges, un kilo de pommes et des bananes cela coûte 15£E (2€). Nous achetons chez l’épicier trois boites de thon, une boite de fromage fondu et  6 bouteilles d’eau : nous voilà parées pour le désert !
Pendant que Samer et les chauffeurs vont au restaurant manger du poisson, nous profitons de la mer sur une plage minuscule au sable très blanc. Deux femmes sont assises sur des chaises en plastique, deux fillettes jouent à s’éclabousser dans l’eau. Je vais me tremper les pieds : l’eau est presque tiède.

Une petite fille  nous apporte une chaise, puis l’autre. Sa mère s’est installée sur le rebord pierreux.. Pour remercier on lui offre une sucette au caramel, elle revient avec des chicklets emballés. Échange de sourires. La dame propose sa bouteille d’eau. J’apporte les dattes.

de Marsa Matrouh à Siwa

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le désert entre Marsa Matrouh et Siwa

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Enfin c’est le vrai désert!

Sans figuiers, sans chantiers.

D’abord des étendues de cailloutis et quelques épineux. Un troupeau de chameaux broute les maigres buissons. Les petits tètent leurs mères. Ils semblent libres et sans entraves.

Mirages! Classique qui fait voir de l’eau sur la chaussée, mais aussi  « fuite » des buissons en sens inverse comme les trains dans une gare.

Etendue plate  teintes rosées, rien n’accroche le regard.

Une seule buvette,  pylônes et  antennes GMS.

Mustapha et Cherif bavardent en croquant des pépites, l’endormissement du chauffeur est un danger automobile.

Je pense à Cambyse et son armée perdue dans une tempête de sable.
D, vaguement inquiète envisage une panne.

De temps en temps  on voit les traces des chenilles des engins qui ont tracé la route aussi des cairns, le départ d’une piste ? A quel rythme l’érosion fera-t-elle disparaître ces artefacts. Une tempête de sable les enfouira-t-elle ou au contraire les traces subsisteront pendant des milliers d’année ? La géologue en moi se creuse la tête : et si les artefacts humains faisaient disparaître les causes naturelles. Désert, lieu de méditation.
Le soleil descend, le ciel est incandescent, les ombres accentuent les reliefs.

Arrivée à Siwa

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De la lecture de l’Oasis de Blottières, j’avais retenu le choc de l’arrivée  après 300km de désert.

La nuit est tombée, nous privant de cette surprise. Le retour à la civilisation et à la lumière électrique se fait presque sans qu’on s’en rende compte.

Le minibus s’arrête sur la place du village occupée par les carettas tirées par des ânes. Les boutiques multicolores sont illuminées, olives dans de gros bocaux, oranges dans des cageots ou suspendues dans des sacs, dattes. Au dessus de la place les silhouettes étranges de la ville de Shali qui a « fondu » dans un orage cataclysmique en 1926.La campagne est dominée par une montagne multicolore éclairée par des projecteurs ce qui lui donne un aspect artificiel pas forcément  plaisant au début. Ensuite on s’habitue.